Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Rechercher

Archives

29 avril 2011 5 29 /04 /avril /2011 19:24

oscar_romero_1.jpgOscar Arnulfo Romero Galdámez, né à Ciudad Barrios, dans le Département de San Miguel, au Salvador en août 1917, est ordonné prêtre le 4 avril 1942. Il est nommé évêque suppléant de San Salvador en 1970 ; puis, quatre ans après, il est envoyé comme évêque dans la région cafetière de Santiago de María ; enfin, en 1977, il revient à San Salvador comme archevêque. Il a alors la réputation d’un ecclésiastique studieux et modéré.


Comment est-il devenu un évêque « rouge » ? En mars 1977, son ami, le père Rutilio Grande, est assassiné par la Garde nationale, qui l'avait étiqueté " communiste subversif ". Dans ces dernières années 70, ce sont les prémices d’une guerre civile qui sévira dans son pays pendant plus de douze ans avec des centaines de milliers de morts. Du haut de sa chaire, il dénonce les assassinats et les disparitions de tous ceux qui veulent un monde plus juste, qui dénoncent les abus et s’insurgent contre un gouvernement entièrement au service des riches possédants.


Au printemps 1979, l’évêque, menacé de toutes parts, se rend à Rome, mais « Il ne trouva auprès du pape Jean-Paul II ni écoute, ni soutien. Profondément déçu, il dit : «Je ne pense pas revenir à Rome une deuxième fois. Le pape ne me comprend pas.» Jean-Paul II n’avait pas prêté attention à la photo d’un prêtre indien récemment assassiné, ni aux documents sur la persécution des chrétiens par les sbires des nantis. Au lieu de ça, le pape se contenta de l’exhorter à une coexistence harmonieuse avec le gouvernement salvadorien. »

« Je vivais alors à Managua au Nicaragua (...). Une religieuse me confia qu'elle avait rencontré à Madrid Oscar Romero qui revenait en 1979 d'une visite au Vatican. Il semblait détruit, affligé après l'audience que lui avait accordé le pape, a-t-il dit.
L'archevêque de San Salvador avait confié qu'il ne s'était jamais senti aussi seul qu'après cette rencontre. Il avait toujours été un modéré, mais il était indigné par le fait que les paysans autorisés à prendre possession de terres par la réforme agraire doivent affronter des gens en armes. Il avait mis à leur disposition la radio du diocèse où furent dénoncées des atrocités et violations des droits de l'homme, le meurtre de syndicalistes. Il apporta toute cette documentation au Vatican. Le pape se montra froid, il prit la documentation et la mit de côté en faisant ce commentaire: « j'ai dit mille fois que l'on ne m'apporte pas autant de documents que je ne pourrai lire ». (témoignage du théologien italien, Giovanni Franzoni* dans une interview à l'AFP, reproduit dans Romandie News, lien).

* Le père Franzoni, ancien abbé de la basilique Saint-Paul-hors-les-murs, fait partie d'un groupe de théologiens entendus lors du procès en béatification de Jean Paul II, qui exposa des arguments contraires à celle-ci.


Non soutenu par sa hiérarchie et ses collègues, l’archevêque devint une proie facile. Le 24 mars 1980, durant l’eucharistie dans la chapelle de l’hôpital de la Divina Providencia, un tueur à gages, commandité par Roberto d'Aubuisson, militaire et leader des escadrons de la mort. le visa en pleine poitrine, devant l'autel où il célébrait.


oscar-romero_icone.jpgEn 1996, Jean-Paul II se rendit sur sa tombe et lui rendit hommage. La même année, un procès de béatification de l’archevêque de San Salvador fut ouvert.


Tout récemment, ce 27 avril 2011, constatant que ce procès est bloqué par le Vatican, des théologiens contestataires ont lancé un appel pour sa relance ; appel signé notamment par l'évêque français Jacques Gaillot et le théologien suisse Hans Küng. Pour la vox populi, l’archevêque martyr est déjà le saint Oscar Romero d’Amérique. Un « Appel œcuménique  à l’occasion du 1er mai 2011 » circule présentement dans divers pays pour « Commémorer la canonisation du martyr Saint Oscar Romero par les pauvres de ce monde » à cette date. Il a été traduit en français et publié dans le bulletin n° 3, avril 2011, de Nous sommes aussi l’Eglise (NSAE). Il a été signé par la Fédération des réseaux du Parvis (dont les chrétiens unitariens sont membres).


Alors, ce 1er mai, qui est la Fête du Travail (et des travailleurs !) dans le monde entier, sera-t-il aussi la date de la béatification contestée * de Jean-Paul II ou bien celle de l’archevêque martyr ? Un face à face post mortem qui ne manquera pas d'inspirer les dramaturges ... et d'interroger les consciences chrétiennes.


* Comment un pape qui a soutenu en Amérique latine les régimes les plus autoritaires et les plus répressifs vis-à-vis des classes populaires, qui a encouragé l’Opus Déï et noyauté le Sacré collège de prélats de cette obédience (lesquels ont élu Benoît XVI comme une lettre à la poste !) (lien), qui a combattu la théologie de la libération et mis à l’écart nombre de théologiens de cette orientation, qui a interdit l’usage du préservatif et l’a répété entre autres aux foules africaines pourtant décimées par le Sida, comment un tel pape peut-il être présenté comme un modèle de sainteté ?

Repost 0
28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 09:56

A l'occasion du 500ème centenaire de la naissance de Michel Servet (1511-2011), l'Instituto de Estudios Altoaragoneses (IEA), organise un hommage avec conférences le 12 mai 2011, à 18 heures.

instituto_de_estudios_altoaragoneses.jpg" Servet, bouc émissaire ; chronique des luttes politiques dans la Genève calviniste ", par Sergio Baches, promoteur général de Estudios Sijenenses Miguel Servet.

" Unitarisme et servétisme : analyse historique de deux modes convergents de comprendre l'être humain ", par Jaume de Marcos, diplômé en Histoire des religions à l'Université autonome de Barcelone.

Repost 0
Published by Instituto de Estudios Altoaragoneses - dans à propos de Michel Servet
commenter cet article
18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 18:19

andre_gounelle_le_dynamisme.jpgAndré Gounelle, 2011 -  Le Dynamisme créateur de Dieu. Essai sur la théologie du Process ;  Paris, Van Dieden editeur, coll. « Références théologiques », 236 pages, 20 Euros. Il s'agit de la réédition d'un cahier spécial de la revue "Études théologiques et religieuses" paru en 1981, mais avec de nombreux remaniements et compléments. En vente en ligne à l'Arrêt aux pages (lien).

 

définition de la théologie du Process par l'auteur :

 

" La théologie du Process se caractérise par son insistance sur le dynamisme créateur de Dieu. Contre une forme de pensée statique (très forte en Occident), elle conçoit les réalités (personnelles ou impersonnelles) en termes de mouvement, de déplacement, de combinaisons multiples dans un flux incessant. Pour elle, l'événement l'emporte sur l'être, la révélation sur la substance, la marche sur la demeure, la temporalité sur la matérialité. Ce qui entraîne quantité de conséquences, que ce livre expose, sur la manière de comprendre Dieu, le Christ, l'homme et la vie chrétienne. La théologie du Process s'efforce en même temps de penser avec pertinence et profondeur la foi chrétienne, d'en actualiser les conceptions, et de susciter une prédication vivante et entraînante ".

 

Information transmise à la Correspondance unitarienne par Marie-Claire Lefeuvre

Repost 0
Published by d'après une présentation de l'éditeur - dans les protestantismes
commenter cet article
18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 17:45

michel_theron_La-Source-interieure.JPGMichel Théron - dans un entretien avec son éditeur Golias - présente en vidéo (en trois parties) son livre La Source intérieure (lien), paru il y a deux ans, et toujours disponible à la vente en librairie. La préface du livre a été rédigée par le théologien protestant libéral André Gounelle.

Repost 0
Published by Actualités unitariennes
commenter cet article
18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 13:52

Piss_Christ_15-04-11-74760.jpgPeut-être en panne d’inspiration bien que déjà célèbre, un artiste américain, tout en se disant par ailleurs bon chrétien mais n'expliquant pas son geste, a plongé un simple et vulgaire crucifix en plastique dans un bocal rempli de son urine ; puis, tout admiratif, il en a pris des photos. Celles-ci font le tour du monde et l'une vient d'être exposée dans une galerie « d’art » d’Avignon. Bien entendu les chrétiens et tous ceux qui ont de l’admiration pour Jésus n’apprécient pas, à commencer par l’évêque du lieu. La laïcité ne préconise-t-elle pas le respect des religions ?

 

dessin de Biassu : tant qu'à faire, vous êtes invités à pisser aussi ... sur l'oeuvre incriminée

 

Il reste aux braves chrétiens (du moins ceux qui ne sont pas contents) d'aller déposer une plainte auprès de Dame Justice dont on connaît les lenteurs et les contorsions intellectuelles ; alors un commando (en fait deux jeunes gens à visage découvert) est passé par là et a cassé la croûte exposée au grand dam de notre ministre de la Culture. Blasphème pour les uns, œuvre « zéniale » pour d’autres !


Le commando est tout de suite qualifié d’intégriste, d'ultra-catholique (avant même qu’on en ait inculpé les membres !). N’empêche que beaucoup de chrétiens applaudissent, moi le premier (pourtant pas intégriste pour un sous !). Face à des fidèles anesthésiés, qui acceptent tout au nom de l’évolution des mœurs, faudra-t-il le retour des templiers ? La provoc fonctionne bien dans notre société qui a besoin de spectacles sans cesse nouveau et de buzz, mais certaines choses ne sont pas acceptables, qu’on se le dise ! Question de respect des autres – ce qui est, rappelons-le, le fondement de la démocratie.

 

Les Actualités unitariennes s'étaient déjà émues du développement d'une christianophobie en Europe avec une série d'articles dans la même rubrique "les dérives sectaires" (lien).

 

Pour un point de vue protestant allant dans le même sens ; celui del’indignation : « Une exposition franchement limite subventionnée par l’argent public ! », par Eric, le 31 mars 2011, dans « Lab'Oratoire. Idées, convictions et débats sur le parvis du temple de l'Oratoire du Louvre » (l’Oratoire du Louvre, à Paris, est une paroisse de l’Eglise réformée de France ERF) (lien)

 

Ou bien, toujours protestant mais dans un autre sens, avec le point de vue (non signé) du "blog de la rédaction d'Evangile et Liberté" (lien). Voir aussi les commentaires joints du Pharisien Libéré (avec renvoi à son propre blog) et de Nathalie Leroy-Maillart, lesquels sont deux commentateurs protestants habitués à la Toile.


Pour un point de vue catholique compréhensif, avec une excellente approche artistique à partir de l’auteur :
« Blasphème. A propos de Piss Christ d’Andres Serrano », 17 avril 2011 par Berulle, sur « Le blog de Berulle ; la parole d’un catho libre ! » (lien) 

 

Pour un point de vue également catholique, mais cette fois-ci mystique, s'appuyant sur l'oeuvre présentée pour dire sa foi (non celle de l'artiste qui, lui, ne dit rien !) : "Une Réflexion en chemin, Chapeau l'artiste ! " (l'artiste en question étant Jésus !), de Nathalie Gadéa, qui s'inscrit dans un débat sur "Piss Christ : nos garrigues s'enflamment pour un cliché" (voir aussi les commentaires) (lien). Le site "Garrigues et sentiers", localisé à Arles et région, se présente comme un espace de liberté, de foi et de réflexion" ( lien).

 

garrigues_et_sentiers.jpg

" L'exposition de cette photo violente et agressive (pas très récente) n'a toujours comme seul objet que de provoquer et faire du commerce. Aujourd'hui, l'art contemporain est complètement vicié par la logique marchande.
Il ne s'agit pas seulement d'un acte christianophobe mais bien aussi d'une attaque contre toutes les religions qui reconnaissent Jésus " (chritianisme, bahaïsme, islam, etc.). Nicolas Semaille, message du 19 avril au groupe Unitariens francophones (lien).

 

C'est l'Institut intégriste Civitas qui mène l'offensive contre cette exposition pour lui blasphématoire. Mais, exceptionnellement à cette occasion, il est rejoint par de très nombreux chrétiens qui, eux, ne sont pas du tout intégristes. Le site France Jeunesse Civitas comptabilise, depuis le 3 avril 2011, pas moins de 82 716 signatures. Certes, on peut rechigner face à cette action ultra-catholique, mais que font les autres chrétiens ?

 

Les Actualités unitariennes n'hésitent pas à s'engager dans les enjeux sociétaux ; c'est leur raison d'être. Elles le font toujours par des textes d'auteur, dûment signés, et elles tiennent compte d'autres points de vue qui peuvent être également intéressants même s'ils sont opposés ! Ainsi vont la démocratie et le respect des autres.

Repost 0
Published by Jean-Claude Barbier - dans christianophobie
commenter cet article
16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 17:50

Paul Pistre, 2011 – Catholiques et francs-maçons. Eternels adversaires ? aux éditions Privat, 157 p, 15 euros et 6,90 euros en version téléchargée chez l’éditeur.


Paul Pistre est historien. Il a déjà publié deux ouvrages, Francs-Maçons du Midi (Mare Nostrum, 1995) et Francs-Maçons à Toulouse, des origines à nos jours (Loubatières, 2002). Depuis 24 ans, il publie un bulletin diffusé à 150 exemplaire « Lettre aux catholiques amis des maçons » (le bulletin de Pâques 2011 en est le 84ème numéro)

* au rythme de 3-4 n° l’an, ce bulletin est très documenté. L’abonnement est de 10 euros. Contact : la correspondance unitarienne ( lien) qui transmettra.


 paul_pistre_catholiques_et_francs-macons.jpgPrésentation par l'éditeur :

 

"Moins secrète que discrète, la franc-maçonnerie nourrit d'étonnants fantasmes. L'opinion française la connaît mal. Sait-on qu'aujourd'hui la maçonnerie comporte un nombre important de loges en activité avec un effectif record de frères et de soeurs, et ce dans toute la France ? Ou encore que le Grand Orient de France, longtemps largement majoritaire, n'accueille que le tiers des initiés, aux côtés d'autres obédiences plus confidentielles ? La franc-maçonnerie est puissante, largement répandue et témoigne d'une capacité d'évolution surprenante.
Si l'Eglise romaine et la maçonnerie ont longtemps été adversaires, plusieurs entretiens récents, oraux ou écrits, très peu médiatisés, témoignent d'un évident rapprochement entre clercs et maçons... Paul Pistre dévoile ces conversations inédites dans cet ouvrage et vous y livre une définition de ce qu'est la franc-maçonnerie au XXIe siècle."

Cette publication a donné lieu à une conférence-débat à l’Institut catholique de Toulouse, en compagnie de Pierre Debergé, recteur de cet institut, Jean-Paul Bouche, conseiller de l'Ordre du Grand Orient de France, et du Père Jean-Michel Maldamé, dominicain ; ainsi que d’autres rencontres à la librairie l’Ombre blanche, et, dans le département voisin autour du théologien Gérard Bessière, etc.

 

Freimaurer_Initiation.jpg

 

Initiation d’un apprenti franc-maçon vers 1800. Cette gravure reprend la gravure de Gabanon sur le même sujet datée de 1745. Les costumes des participants sont modifiés à la mode anglaise du début du XIXème siècle et la gravure est en couleurs, alors que celle de 1745 ne l’était pas. Photo DP/Toulouse7.com


« Une querelle séculaire divise deux grandes familles spirituelles. Autour de 1900, sous la IIIè République, le conflit a connu sa période la plus intense. Depuis, les esprits se sont apaisés, passant de la guerre ouverte à une paix muette. C’est de cette histoire immédiate qu’il s’agit avant tout, présentant sept témoignages précis de cathos-maçons. Au-delà du constat, quelques suggestions sont proposées à l’Eglise comme aux obédiences maçonniques » (Paul Pistre, Lettre aux catholiques amis des maçons, n° 84).


Les relations entre la franc-maçonnerie et l’Eglise catholique seraient-elles entrain d’évoluer ? Certes oui, pour beaucoup, mais pour d’autres – certains évêques et les milieux intégristes - c’est toujours la condamnation ! Comme par exemple l’archevêque de Monaco Mgr Bernard Barsi mettant en garde ses ouailles contre l’installation, le 15 février dernier, d’une Grande loge nationale régulière (GLNR) de la Principauté de Monaco. Côté francs-maçons, on note dans la région de Toulouse et départements voisins une bonne contribution aux efforts de Paul Pistre, comme en a témoigné la Rencontre de Toulouse en novembre 2010 *, mais ailleurs des intolérances demeurent. Du chemin reste à faire, des deux côtés, mais les condamnations de la franc-maçonnerie par les autorités catholiques s'avèrent de plus en plus désuètes, d'un autre temps.


* Les 12-13 novembre, à Toulouse, a eu lieu une importante rencontre entre trois groupes de francs-maçons de Bordeaux, Béziers et Lyon pour un échange d’expériences. Le théologien Jean-Jacques Péré y a donné une conférence (qui est disponible en DVD). Les Actes de la Rencontre de Toulouse (40 p. et photos) sont disponibles au prix de 15 euros, frais d’expédition inclus. Ils comportent  un additif sur l’Alpina (Suisse) et un DVD donnant la conférence sur "Foi et Raison". A paraître la première semaine de mai. S’adresser à Dominique Maurange, 108 rue Turenne, 33000 Bordeaux, tél. 06 07 57 78 28 (chèque à l’ordre de Maurange).

Repost 0
Published by Actualités unitariennes - dans vive l'inter-convictionnel !
commenter cet article
13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 14:51

michel_benoit_silence_oliviers_1couv.jpegBENOÎT Michel, 2011 - Dans le silence des oliviers, Paris, Albin Michel, 202 p., 19 euros, roman, paru en avril.

 

Jésus, peu de temps avant son arrestation, se remémore les deux années de sa vie publique. Un roman historique s'appuyant sur les recherches exégétiques de l'auteur et qui vient après d'autres livres qu'il a écrit sur Jésus : Dieu malgré lui, Jésus et ses héritiers, Le 13ème apôtre.

 

Michel Benoît tient un site et y publie des articles de grande qualité (lien).

Repost 0
Published by Actualités unitariennes - dans le temps des évangiles
commenter cet article
11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 19:18

Les valeurs évangéliques nous invitent à la paix. Les nobles polonais anti-trinitaires du XVIème siècle avaient adopté la même attitude que les anabaptistes de l’époque ; ils avaient troqué leur épée par une arme de bois purement honorifique, devant marquer leur rang, et refusaient les charges de guerre et de justice (les juges étant amenés à condamner à mort !). Mais les Turcs avaient déjà occupé une bonne partie de l’Europe chrétienne, dans les Balkans jusqu’à la Transylvanie et ils assiégeaient Vienne. Dans un tel contexte, nos pacifistes évangéliques n’eurent guère de succès et les anti-trinitaires de Transylvanie, quant à eux, ne les suivirent pas.


Refuser la guerre, cela peut paraître vertueux, mais n’est-ce pas se soumettre à ceux qui utilisent la force, soit de la part de compatriotes moins vertueux, soit de la part de pays voisins ou autres tentés par des hégémonies politiques ?


Dès lors, les pacifistes, voulant la paix à tout prix, sont parfois / souvent amenés à fermer les yeux sur des violations manifestes. Dans le cas ivoirien : déni de la nationalité ivoirienne aux immigrés burkinabè pourtant installés depuis plusieurs générations et auparavant déjà acceptés comme citoyens (durant le « règne » d’Houphoët-Boigny), reports des échéances électorales, déni des résultats pourtant confirmés par les observateurs internationaux de l’ONU, tirs aux armes lourdes sur des quartiers en ciblant des marchés pour faire le maximum de blessés et de morts et sans viser un objectif militaire précis, tirs à balles réelles sur des femmes qui manifestent, ou sur des manifestants non armés, négociations sans cesse remises en cause, etc.


Et pourtant, les Eglises chrétiennes n’ont rien dit, n’ont rien dénoncé, se contentant d’appeler à la paix, à la réconciliation des deux camps, aux négociations. Et lorsque la guerre s’avère finalement nécessaire pour dénouer une situation bloquée, elles se plaignent des dégâts collatéraux, des massacres de population, de la situation humanitaire de plus en plus dramatique, des blocus alimentaires qui touchent en premier les plus faibles, etc.


Cela n’est pas sans rappeler l’attitude de beaucoup d’Eglises chrétiennes et de chrétiens lors des hégémonies fascistes en Europe centrale, en Italie et en Espagne – par contre, reconnaissons que les Eglises chrétiennes furent résistantes dans les pays communistes ce qui fut tout à fait à leur honneur.


Que ce soit en Côte d’Ivoire, dans les pays arabes ou en Palestine, ne faut-il pas d’abord dénoncer les injustices flagrantes, sinon les incantations à la paix ne sont guère crédibles. La paix ne peut se baser que sur le sentiment que la justice est respectée et qu’il n’y a pas de discriminations et d'inégalités par trop criantes.


bagbo_famille.jpgL’Eglise catholique ivoirienne fut paralysée par des avis contradictoires entre ses évêques : il ne lui resta plus que la voie du pacifisme vertueux. Se faisant, elle passa à côté des valeurs fondamentales que sont la démocratie, la citoyenneté sans tribalisme, le respect dû aux mères lorsqu’elles descendent dans la rue pour protester, les actes de guerre limités aux objectifs militaires, etc. Nous ne savons pas ce que les protestants ivoiriens ont dit ; on ne les a pas entendu. Les chrétiens évangéliques, quant à eux, ont été facilement séduits par le discours patriotique et dévot de Mme Simone Gbagbo qui est l’une des leurs.

 

arrêtés ce jour, Laurent Gbagbo et sa femme auront très certainement à répondre de crimes contre l'Humanité.


Pauvres chrétiens, ballottés entre paix et guerre … parce qu’ayant oublié la justice. Reprenant à leur compte les argumentaires opportunistes et militants des uns et des autres comme s’ils ne savaient plus à quel saint se vouer ; ne disant pas autre chose que les camps qui s’affrontent, répétant les analyses des médias ; eux aussi prisonniers des solidarités tribales ou internationales, aboyant avec les loups ; finalement, ne faisant pas mieux que les autres.


Il faut souvent attendre le procès des dictateurs afin que le peuple aveuglé par les polémiques, chrétiens compris, comprenne, enfin, l’étendu des dégâts occasionnés par les ambitions et les vanités de certains dirigeants.


Rappelons nous, Jésus face à Pilate ne fit pas de concession.

Repost 0
Published by Jean-Claude Barbier - dans en Afrique noire
commenter cet article
11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 14:59

Prions pour les coptes d’Egypte et d’une façon générale pour tous les chrétiens brimés et persécutés dans certains pays musulmans. Les révoltes de ce printemps dans les pays de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient ont été menées pour les libertés et contre la corruption des dirigeants, mais la laïcité reste toujours la grande absente, ainsi, par ailleurs, que le respect dû aux homosexuels. Même si les Frères musulmans ne sont pas à l’origine de ces mouvements populaires, ils n’en participent pas moins à la rédaction des nouvelles constitutions, comme par exemple récemment en Egypte, et les soutiennent. Les coptes en Egypte sont toujours des parias ! Prions pour eux et demandons une réelle démocratie pour ces pays, une liberté de leur peuple au sens où l'entend la théologie de la libération. Prions aussi AVEC eux.


Prions avec les chrétiens d’Egypte


Ô Eternel, que mes ennemis sont nombreux :
Quelle multitude se lève contre moi !
Combien qui disent à mon sujet :
« Plus de salut pour lui auprès de Dieu ! »
Mais Toi, ô Eternel, tu es mon bouclier.
Tu es ma gloire, et Tu relèves ma tête.
De ma voix je crie à l’Eternel et Il me répond de sa montagne sainte .
Je me couche et je m’endors ; je me réveille,
Car l’Eternel est mon soutien.
Je ne crains pas les milliers de personnes qui m’assiègent de toutes parts.
Lève-Toi, Eternel ! Sauve-moi, mon Dieu,

car Tu frappes à la joue tous mes ennemis.
Tu brise les dents des méchants.
Le salut est auprès de l’Eternel.
Que Ta bénédiction soit sur Ton peuple.
Alléluia.


Cette prière des heures de l’Eglise copte orthodoxe, inspirée des psaumes bibliques, est diffusée par l’Aide à l’Eglise en détresse (AED), 29 rue du Louvre, 78750 Mareil-Marly, tél. 01 39 17 30 10, courriel, site

 

AED.pngCette association catholique est reconnue par le Saint-Siège et est membre associé du Conseil national de la solidarité des évêques de France. Œuvre internationale de l’Eglise, l’AED a été fondée en 1947 par le Père Werenfried, religieux prémontré hollandais, décédé en janvier 2003.

 

Elle répond aux demandes émanant de chrétiens de 145 pays. Elle est notamment active en Haute-Egypte où elle aide les 35 écoles regroupées au sein de l’Association de la Haute-Egypte pour l'éducation et le développement (AHEED)°, organisation non confessionnelle fondée en 1940 par le Père jésuite Henry Ayrout. Elles accueillent aujourd’hui gratuitement et quelle que soit leur religion, 11 000 élèves âgés de 9 à 15 ans dont les familles ne peuvent pas prendre en charge la formation. L’objectif ? Enseigner les matières classiques, mais aussi la solidarité et la responsabilité, afin que ces enfants puissent un jour participer efficacement au développement de leur communauté. Une approche éducative globale qui vise à former la classe moyenne de demain en Egypte.

Repost 0
Published by Actualités unitariennes - dans chrétiens en terre d'islam
commenter cet article
10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 19:18

Georges Lemaître (1917-1965), professeur de physique à l’Université catholique de Louvain de 1927 à 1933, abbé de son état, a été reconnu mondialement pour ses travaux scientifiques, maths et physique. Il a publié en 1946, « L’hypothèse de l’atome primitif », à l’époque où l’univers était livré au jeu du hasard et qu’on se refusait à en chercher l’origine comme s’il flottait dans l’espace et le temps de toute éternité !


Une série d’articles parue dans la revue Ciel & Espace évoque son œuvre. L’épisode IV, signé Jean-François Robredo, du n° 488, janvier 2011, pp. 66-69, est intitulé « L’abbé Lemaître, l’homme qui a inventé le big bang ».


georges_lemaitre.jpgL’abbé Lemaître eut le soucis méthodologique de séparer clairement physique et métaphysique, science et religion. C’est avec ce principe qu’il participe au début des années 1930 dans ce qui s’est appelé « le débat cosmologique ». L’univers dans son ensemble est alors devenu « un objet de science » ; mais il ne peut y avoir de cosmologie sans cosmogonie, c’est-à-dire d’interrogation sur la singularité initiale. Raconter le « récit » de l’histoire de l’univers, son « évolution » depuis son « origine ».


Or, selon Einstein, dans son article de 1917, la « constante » cosmologique rend l’univers théoriquement « éternel ». A l’opposé, Laplace avait parlé d’une « chiquenaude » et Jeans du « doigt de Dieu » pour évoquer l’intervention créationniste de Dieu dans l’espace-temps. Les chercheurs chrétiens citent alors le Livre d’Isaïe où Dieu est caché, même au début de son œuvre. Après, ce qui est une naissance, l’univers peut continuer à exister de manière autonome et l’abbé Lemaître distingue entre ce qui est du domaine de l’être réel (Dieu) et ce qui est de domaine de l’existence évolutive (physique). Alors que le philosophe Pascal connaissait « l’effroi devant l’univers », le vertige entre l’infiniment petit et l’infiniment grand, le physicien, lui, s’engage résolument dans la découverte. Autre époque !


Mais cette vision évolutive, avec un commencement, un univers en pleine expansion, ne fut pas du goût de l’astronome anglais Fred Hoyle, principal promoteur de la théorie de l’univers stationnaire. Dans une émission radiophonique de 1948, il utilise le terme de "big-bang" en dérision d’une origine explosive de l’univers. Dans une conférence de 1960, il va jusqu’à traiter l’abbé de « big-bang man ». Il meurt en 2001, plus que jamais opposé à cette théorie.


Le pape Pie XII, en 1951, évoquera la « fiat lux de la Bible » (que la Lumière soit et la Lumière fut …de la Genèse) pour saluer les travaux d’abbé sur l’atome primitif, mais il sera alors tout de suite accusé de concordisme (vouloir établir une relation entre les littératures sacrées et les connaissances scientifiques) comme si on n’avait plus le droit d’établir des parallèles entre des champs différents ! L’abbé, quant à lui, plus prudemment, parlait des « deux chemins de la vérité ».


Aujourd’hui, la théorie du Big-bang est très largement admise … comme quoi on peut être à la fois religieux et excellent physicien. Le physicien belge André Berger a depuis pris la succession de l’abbé et se retrouve directeur d’une unité de recherche et d’enseignement qui porte le nom de ce dernier : l’Institut d’astronomie et de géo-physique Georges Lemaître à l’Université catholique de Louvain.


Pour en savoir plus sur ce physicien devenu prêtre en 1923 puis chanoine honoraire en 1935 , consulter l’article à son nom sur le site de Wikipedia (lien)

Repost 0
Published by Jean-Claude Barbier - dans le Dessein intelligent
commenter cet article

Articles Récents