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12 mars 2011 6 12 /03 /mars /2011 18:07

cathares_illustratiions_musee_du_catharisme_a_mazamet.jpg

 

Les connaissances accumulées par les historiens concernant les cathares ne rendent-elles pas désormais possible une résurgence cultuelle cathare ? Non point du « néo-cathare » - ce qui supposerait que la tradition est perdue et qu’il faut en récréer une par reconstruction – mais bel et bien du « cathare » proprement dit.


L’idée est en tout cas dans l’air puisqu’une « Eglise de Dieu cathare » a fait son apparition sous la forme d’un site de la plate-forme Skyrock en avril 2010 à l’initiative du Frère G.H. et de Soeur Célia-Violaine (lien). Pour l’instant, une association cultuelle selon la loi de 1905 a été déclarée et le site présente déjà 9 articles. Sœur Célia-Violaine se déclare « évêquesse » de la communauté orientale de cette Eglise.

Toutefois, ce site, pour l'instant, n’organise pas d’activité cultuelle ni même un espace de méditation et ne fonctionne pas comme le lieu de rencontre d’une assemblée comme l’ont fait par exemple les unitariens francophones avec l’Eglise unitarienne francophone (lien), fondée en juin 2008. Or, lancer une Eglise suppose qu’il y ait effectivement une communauté qui se réunit physiquement ou à défaut sur la Toile. Il s’agit donc plutôt d’un appel et d’un projet ; la dernière actualisation du site date de juin 2010.


Ce lancement d’Eglise s’accompagne ici d’une affirmation confessionnelle : il y aurait, selon ses promoteurs, une voie « orientale » distincte et sensiblement différente de celui des « Albigeois » : moins radicale dans le dualisme, acceptant les évolutions par rapport aux origines (1), prenant ses racines dans la communauté essénienne de Qumran (donc antérieure au gnosticisme chrétien de la fin du 1er siècle) et dans un gnosticisme « alexandrin » plus « mitigé » et moins « absolutiste » (2) que celui des Albigeois, etc.

 

« Nous pensons sincèrement que le catharisme albigeois n'est pas un schisme en soit du catharisme oriental, mais une autre approche du Catharisme dont l'origine se précise avec les recherches, mais dont on pense que c'est Nicétas, évêque bulgare qui, en passant en Italie et dans les Balkans s'est converti au Drugonthisme (absolutisme), et qui entre 1170 et 1180 a établi l'Albigéïsme en Occitanie. » (Célia-Violaine).

 

On est donc en pleine « diversité cathare ». Nous laissons bien entendu aux spécialistes le soin de vérifier ces origines, filiations et héritages et de mesurer le degré des différences (3).


(1) « L'église de Dieu cathare, dont la communauté orientale se présente comme l'héritière du gnosticisme alexandrin, prône une évolution des mœurs et des attitudes car, dit-elle, nous ne pouvons vivre comme nos ancêtres du Moyen-âge. » (Frère G.-H.)
(2) les Albigeois seraient « dyarchiens » et le gnosticisme alexandrin serait « monarchien ».
(3) entre autres, le prêtre alexandrin Arius (256-336) nous semble curieusement embauché dans ces enjeux gnostiques, alors qu’il est connu pour le débat trinitaire (pour lui, le Christ est Dieu, mais reste subordonné à Dieu le Père).


Dans ce cas là, faut-il donc faire une Eglise confessionnelle – l’Eglise cathare orientale - quitte à ce qu’il y ait place à une Eglise « occidentale » ? C’est une solution à la protestante : à chaque Eglise sa confession de foi et ses croyances spécifiques. Ou bien en rester à une Eglise latitudinaire (voir notre article « les Eglises entre exclusivisme et inclusivité », lien) qui, comme l’Eglise réformée française (ERF) admet plusieurs théologies voisines ; une sorte de tronc commun acceptant au-delà les spécificités, voire les différences ? Les unitariens ont une bonne expérience de cette gestion des diversités, surtout au niveau de leurs congrégations unitariennes-universalistes qui prônent l’interfaith *
 * l’Eglise unitarienne francophone (lien) s’inspire en partie de cette expérience et admet elle aussi toutes les fois et sagesses dès lors qu’il y a échange et partage des identités des uns et des autres ( lien).
 

 

A ceux qui se réfèrent au catharisme, bien entendu, d’en décider, mais avec cette initiative de Frère G.H. et de Sœur Célia-Violaine la question est mise sur le tapis. Les unitariens ne peuvent que souhaiter bonne chance et bonne organisation à la résurgence cathare.

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Published by Jean-Claude Barbier - dans les cathares
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11 mars 2011 5 11 /03 /mars /2011 15:32

musee-du-catharisme-copie-1.jpgJournée de conférences « Cathares ... en hommage à Jean Duvernoy » : « La découverte du registre d’Inquisition de Jacques Fournier », le samedi 16 avril 2011 à l’auditorium du Palais des Congrès de Mazamet, de 9h30 à 12h et de 14h à 17h, Entrée libre (participation aux frais)


Journée organisée par l’Association de Valorisation du Patrimoine Mazamétain, en partenariat avec le Musée du Catharisme de Mazamet.


Au programme, Pilar JIMENEZ, Julien ROCHE, Jean-Pierre ALBERT, Benoît BROUNS et Daniella MUELLER.


message du 11 mars 2011 de Sonia BENOIT, responsable de la Maison des Mémoires, rue des casernes

81200 MAZAMET, tel. 05 63 61 56 56, site ( lien)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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Published by Sonia Benoît - dans les cathares
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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 19:05

Jesus-qui-accueille.jpgContre les tortures, les maltraitances et les exécutions capitalesl’Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT) pourrait utilement proposer que le « vendredi saint », le jour terrible où Jésus a été malmené, humilié, crucifié, devienne pour nous le jour solennel de protestations contre les tortures, les humiliations, les exécutions capitales. Il semble évident que cela aurait un grand retentissement et que sur le plan spirituel ce serait une évocation très profonde, nous motivant à la solidarité spirituelle et donc à l’action.

    Roger Parmentier, disciple de Jésus,
    pasteur de l’Eglise réformée,
    Animateur biblique (Actualisations de la Bible)

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 19:43

Notez déjà cette invitation de Genre en Christianisme : mercredi 22 juin, 19h-22h, couvent Saint Jacques, 20 rue des Tanneries, 75013 Paris : Les théologies féministes et de libération, émergences internationales -   Apports de l’atelier du Forum social de Dakar, février 2011 et des travaux en Amérique du Nord, par Denise Couture, professeure titulaire à la Faculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Montréal (message du 6 mars 2011 de Jean-Pierre Schmiz).

 

Genre en Christianisme est un groupe animé par Femmes et hommes en Eglise (FHE) et Droits et libertés en Eglise (DLE), deux associations qui sont membres de la Fédération des réseaux des parvis (lien) et qui sont en cours de fusion.

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Published by Jean-Pierre Schmitz - dans catholiques libres en action
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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 11:05

plein_jour.jpgPlein Jour est l'Association qui aide les compagnes de prêtres et de religieux - et aussi les compagnons - et qui entend lutter avec d'autres contre cette règle inadaptée et dangereuse du célibat imposé. Elle est témoin d'innombrables souffrances d'hommes et de femmes déchirés mais aussi des découvertes d'hommes qui ont fait un choix. Certains continuent leur ministère mais grâce à cet amour partagé accèdent à une autre manière d'être au monde. Cette association est membre de la Fédération des réseaux du Parvis ( lien).

 

Les sites de stockage se multiplient. L'association Plein Jour a choisi de faire paraître ses bulletins mensuels sur le site ISSUU ( lien)

 

Voici comment procéder. Avec un moteur de recherche, comme Google par exemple, taper dans la fenêtre d'appel le mot "ISSUU". Dans la fenêtre qui s'ouvre (Search ISSUU) , taper 'plein jour" (en minuscules ). Notre  dernier bulletin apparaîtra. Cliquez sur l'image pour l’agrandir. Vous l'aurez ... en couleurs, ce que nous ne pouvons nous permettre pour l'édition papier ! Tournez les pages en cliquant sur les flèches/triangles situées à mi-hauteur sur les pages droite et gauche. Vous pouvez agrandir l'image en cliquant dessus ou avec la roulette de votre souris.Vous pouvez aussi l'imprimer (voir les icônes en dessous du document).

 

Bien entendu, vous trouverez aussi nos bulletins sur le site de Plein jour (lien)

 

En vous souhaitant une excellente lecture. Pour Dominique, la présidente, Jean Combe (message circulaire du 2 mars 2011).

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Published by Jean Combe - dans la culture Internet
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4 mars 2011 5 04 /03 /mars /2011 19:04

"Guetteur rebelle", au singulier, pour la référence Internet du site (lien), et cela correspond bien au tempérament, à la vie et aux activités du pasteur Roger Parmentier, avec un élargissement à d’autres puisque le bandeau du site met « guetteurs rebelles » au pluriel !
Le site est très bien fait. En plus d’une profession de foi en accueil, le lecteur trouvera une biographie de l’auteur à la rubrique « ACTUEL » (pour Actualisation de la Bible), (lien)


parmentier.site.jpg

 

Le lecteur trouvera tous les livres, émissions de radio et autres documents que l’auteur laisse pour nous alors qu’il a maintenant plus de 90 ans. Une très belle œuvre dont les Actualités unitariennes se sont souvent faites l’écho (taper Roger Parmentier ou Parmentier dans le moteur de recherche).

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Published by Actualités unitariennes - dans à contre courant - la page des prophètes
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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 08:16

Les sabbataires * de Transylvanie, par Bernard Le Calloc'h, publié en juillet 2009 aux éditions Armeline dans la collection « Peuples en péril », 184 p., vendu sur Amazon ( lien)

* chrétiens judaïsants


Constituée au XVIe siècle en principauté vassale de la Sublime Porte à la suite de la bataille de Mohács (1526) et de la disparition du royaume de Hongrie, la Transylvanie historique était une province singulière, sans autre unité que géographique. Avec ses 58 000 km2, elle était moins grande que la Lettonie actuelle (63 000 km2) que d’aucuns qualifient de lilliputienne, mais plus grande que le Danemark (43 069 km2) et représentait près du double de la Belgique (30 527 km2).


transylvanie_sabbataires.jpgCe n’est pas sans raison qu’on a dit d’elle qu’elle était « une mosaïque de nationalités », mais sa population n’est pas seulement divisée en quatre ethnies parlant chacune sa propre langue, elle est surtout éparpillée en dix religions chrétiennes distinctes. Même si le catholicisme romain chez les Hongrois et l’orthodoxie byzantine chez les Roumains dominent cet ensemble disparate, ce véritable patchwork confessionnel, on ne peut négliger ni le luthéranisme de la confession d’Augsbourg, ni le protestantisme calviniste, ni le baptisme, ni l’unitarisme anti-trinitaire, ni l’Église uniate gréco-catholique qui reconnaît l’autorité du pape tout en conservant la liturgie orientale, ni les deux Églises arméniennes, la grégorienne et l’apostolique, ni l’adventisme du septième jour, toutes Églises auxquelles il conviendrait


TABLE DES MATIÈRES

INTRODUCTION (p. 11) -Les Sabbataires de Transylvanie (p. 11). Chap. I - Naissance de l’hérésie sabbataire (p. 13). II - Les apôtres (p. 19). III - Les inspirateurs (p. 23). IV - Les dogmes (p. 35). V - La pratique (p. 41). VI. - La littérature (p. 47). VII - Le psautier (p. 59). VIII - Simon Péchi (p. 63). IX - L’épreuve (p. 77). X - L’essor (p.. 83). XI - L’oppression (p. 99). XII - La complanatio de Dés (p. 103). XIII - Le Dési terminus (p. 107). XIV - Le cas Simon Péchi (p. 111). XV - Péchi. Homme de lettres (p. 119). XVI - Approbatae constitutiones (p. 123). XVII - Offensive catholique (p. 129). XVIII - Religion non reconnue (p. 133). XIX - La rupture (p. 137). XX - L’ultime refuge (p. 143). XXI - 1867 : L’année du tournant (p. 149). XXII. - La désillusion (p.153). XXIII. - La reconnaissance (p. 159). XIV - Enfin libres (p. 163). XXV - Peuple en Péril (p. 167). XXVI - Le village englouti.(p. 171). BIBLIOGRAPHIE (p. 179).

 

La collection Peuples en péril aux éditions Armeline

 

Une collection publiée avec le concours scientifique du Groupement pour les droits des minorités (GDM) Le GDM est une association régie par la loi 1901 et affiliée au Minority Rights Group (MRG) International de Londres, ONG qui bénéficie d’un statut consultatif auprès des Nations unies, de l’Union européenne et du Conseil de l’Europe.


Le but de cette collection, consacrée aux minorités à travers le monde, en ce début de troisième millénaire, est de faire découvrir au grand public des peuples méconnus, plus particulièrement ceux menacés de disparition, soit physiquement, soit, c’est le cas le plus fréquent, par une assimilation aussi discrète qu’insidieuse et qui pourtant, dans bien des cas, paraît inéluctable ; la discrétion séculaire de nombreuses ethnies constituant bien souvent leur plus grande menace.


Un volume est consacré à chaque peuple minoritaire, quelle que soit son importance numérique, son rôle politique ou sa place dans l’actualité. Certaines de ces populations sont d’ailleurs en voie de disparition. Si réduites qu’au mieux elles ne pourront se maintenir qu’à l’état résiduel, n’étant plus qu’un lointain souvenir, l’ombre de ce qu’elles furent jadis, témoignage précaire de notre ancienne biodiversité humaine…


Éditions ARMELINE, Poul-ar-Bachet, 1, rue Louis Pidoux, 29200 BREST.
 

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Published by éditions Armeline - dans U en Transylvanie et Hongrie
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27 février 2011 7 27 /02 /février /2011 00:26

LA JÉRUSALEM SICULE, par Géza SZÁVAI, essai-roman sur l’identité, publié par Pont ; traduit du hongrois en février 2011 par Georges Kassai et Gilles Bellamy, présentation du livre par l'éditeur.

jerusalem_sicule.jpgEn Transylvanie, pays à la tolérance légendaire où plusieurs nations coexistent depuis des siècles, une communauté  hongroise s’est convertie au judaïsme vers la fin du XVIème siècle. Aucun lien de sang ne l’attachait aux Juifs, mais ceux-ci lui apparurent comme des frères spirituels. A la fin de la seconde guerre mondiale, cette communauté  ne comptait plus que quelques rares familles. Certains s’étaient fait baptiser, d’autres avaient rejoint dans les camps de concentration et dans les fours crématoires ceux dont ils partageaient la foi.


Les documents historiques portant sur la rencontre ou la découverte mutuelle d’individus et de communautés nous réservent quelquefois bien des surprises. Croisades et guerres de religion appartiennent à un lointain passé, mais nous sommes restés sensibles à l’histoire des communautés spirituelles. L’histoire que relate le présent ouvrage constituera sans doute une révélation pour bien des lecteurs.


Au XVIème siècle, la quasi totalité  [ndlr : plutôt une partie] de la population transylvaine embrassa la religion unitarienne. Gagnés par la fièvre de la Réforme, séduits par l’Ancien Testament, Simon Péchi et ses disciples allèrent jusqu’à adopter les rites de la religion juive. Dès lors, ils se considérèrent comme les  frères spirituels des Juifs. Ainsi débuta l’incroyable histoire de ces hommes et de ces femmes du pays des Sicules  qu’aucun lien de sang ne rattachait au peuple juif, mais qui devinrent  « Juifs dans leur âme», l’historien György Bözödi commente en ces termes la quête spirituelle de ces judaïsants ou « sabbataires » (c’est ainsi qu’on les appelait en Transylvanie) (ndlr - on peut dire aussi sabbatariens) :

 

« Les dévastations perpétrées par les Tartares, l’invasion turque, comme plus tard les exactions des troupes allemandes, avaient éprouvé une population déjà minée par ses querelles intestines. La Bible lui apparut alors comme une sorte de Rédemption et le sort du peuple juif comme un miroir que lui tendait Dieu. Les Sicules [ndlr. du moins une partie] se reconnurent dans les souffrances, l’esclavage et les destructions que décrivent les livres des prophètes. Le visage qu’ils y découvrirent était celui d’un frère rencontré dans l’adversité. Ce frère, ils apprirent à l’aimer. Jamais, ils ne s’en écartèrent. Ensemble, ils traversèrent les épreuves. Ces Sicules préféraient donner leur vie plutôt que de renoncer à la paix de leur âme. ».


En quelques années, la foi de ces « Sicules  judaïsants » se répandit sur tout le territoire de la Transylvanie, mais leur religion ne fut jamais reconnue officiellement. Les sabbatariens furent persécutés pendant des siècles. Lorsque, à la fin du 19ème siècle, ils purent enfin jouir de la liberté des cultes, il n’en subsistait plus que quelques rares familles, dans deux villages. Dans la quatrième décennie du XXème siècle, on ne trouvait plus que quelques survivants à Bözödújfalu, surnommée la « Jérusalem sicule ». En 1936, après son passage dans ce village, György Bözödi écrivait : « Bözödújfalu est la Jérusalem des Juifs sicules. Avec toutefois une différence : l’ennemi n’a jamais pu détruire cette Jérusalem-là, le seule village où survit cette religion ancestrale. ». Peu après, les lois anti-juives entrèrent en vigueur...


Frappés par un fléau semblable à ceux décrits par l’Ancien Testament, les Sicules judaïsants n’étaient plus représentés dans les années 80 que par quelques vieilles femmes. Un peu plus tard, Bözödújfalu allait être la victime de la politique de Ceaucescu visant à détruire systématiquement les villages de Roumanie. Si en 1936, avec cette fierté propre à son peuple, György Bözödi pouvait encore affirmer que l’ennemi n’avait jamais réussi à détruire cette Jérusalem-là, en 1989, il n’en restait plus rien, les autorités roumaines ayant ordonné que le village fût englouti au fond d’un lac. Une délégation s’était rendu  à Bucarest pour supplier le dictateur de revenir sur sa décision. En vain. La population fut évacuée. Les indemnités qui lui furent attribuées ne représentaient qu’une infime fraction de la valeur des maisons qu’elle avait dû abandonner.


Il leur fallait tout recommencer. Mais où ? Et comment ? La plupart des sabbataires se rendirent à Erdöszentgyörgy, le bourg le plus proche, où ils s’entassèrent dans les garçonnières de deux barres d’immeubles. Mais au moins étaient-ils près de Bözödújfalu. Ironie du sort : le surnom de « ghetto » qu’avaient préalablement reçu ces immeubles fut bientôt adopté par ces nouveaux occupants... Pourquoi fallait-il construire ce barrage et engloutir le village ? Nul ne le sait. Le barrage n’a jamais été mis en service. Une fois par an, les locataires du «Ghetto » (rejoints par ceux établis dans des localités plus éloignées) se retrouvent au bord du lac. Une fois par an, ils ont l’illusion de revivre l’histoire de la Jérusalem sicule.


Une histoire quatre fois séculaire, unique dans l’Histoire universelle, si, toutefois, il est permis de replacer dans celle-ci l’histoire de cette communauté de plus en plus squelettique. Certes, les «juifs dans l’âme » de la terre des Sicules qui, inspirés par la Bible, ont découvert une nouvelle voie menant à Dieu, n’ont jamais exercé une quelconque influence sur le cours de l’Histoire, mais leur rôle dans celle des idées (et de l’esprit, de la pensée et de la logique) n’est pas négligeable. Leur foi ne s’est pas répandue dans le monde. Celui-ci s’en est-il trouvé appauvri ? La question mérite d’être posée. « Cette conversion spirituelle et religieuse est unique dans l’histoire des religions chrétiennes » écrit un chercheur. Sans doute, la volumineuse littérature traitant de cette question s’enrichira-t-elle encore de nombreuses études savantes.


Le présent ouvrage n’est pas l’oeuvre d’un historien. Mais dans le style des grands narrateurs transylvains, ce livre présente des problèmes communes pour tout citoyen européen, ce qui soutient que le livre soit traduit en français.

 

Ajout du 23 mai 2012 : l'Institut hongrois de Paris (92, rue Bonaparte 75006 Paris), organise une soirée le 1er juin à 19h pour présenter ce livre.

 


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Published by éditions Pont - dans U en Transylvanie et Hongrie
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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 17:07

La religion chrétienne, étant devenue minoritaire dans les pays d’Europe occidentale, se voit exposée de plus en plus à des attaques de ses lieux de culte et de pèlerinage : cambriolages d’œuvres d’art (statues, tableaux, stations du chemin de croix, etc.), mais aussi purs actes de vandalisme où l'obn casse pour casser, brule_ton_eglise.jpginscriptions anti-chrétiennes (« brûle ton église », «  Les curés au bûcher, les sorcières en liberté » ou « Ni Dieu ni maître » – cas de la basilique Saint-Donatien à Nantes et des murs d’enceinte du lycée catholique dans la nuit du 5 au 6 mars 2010), incendies criminels (crèches, chaises mises en bûcher, dossiers des sacristies, etc.), jusqu’aux actes de profanation proprement dits (attaque de l’autel, du tabernacle avec profanation des hosties, tombes taggées / cassées dans les cimetières – avec exhumation de deux cadavres en 2009 !).

 

Sans compter les festivals, financés par les collectivités territoriales, où des dérapages anti-chrétiens et anti-religieux se produisent : les chrétiens étant cool, on peut les injurier ! par exemple lors du Festival de l’enfer à Clisson au sud de Nantes contre lequel les Actualités unitariennes avaient poussé un coup de gueule, « La fête de l’enfer (Hellfest) à Clisson ou le satanisme au rendez-vous » ( lien), ou encore à Angers en septembre 2009 (lien).


En plus, dans la foulée des attaques d’églises au Moyen Orient à l’instigation du mouvement terroriste Al-Qaïda, des actes de provocation ont été commis : une assemblée catholique à Carcassonne, en novembre 2010, a été caillassée et une statue mariale visée ( lien) et, à Avignon, le même mois, une personne s’est permise d’uriner sur le seuil de l’église Saint-Jean en pleine célébration en hurlant « on va tous vous griller, vous et votre église ! » (lien)

Les vandalismes de ces lieux de culte sont recensés dans des rapports annuels de la Gendarmerie nationale (auxquels on doit ajouter ceux de la Police nationale concernant les communes urbaines). Le dernier rapport connu, celui de 2009 (lien), outre le grand nombre de faits, en progression d’année en année depuis 2004, met en avant l’extrême jeunesse des délinquants (83% des interpellés sont mineurs et 8% d’entre eux ont moins de 10 ans ! ) ; surtout des jeunes adolescents masculins, mais les filles ne sont pas en reste (deux sur dix !). Les méfaits se commettent souvent en groupe ; l’alcool fait partie des accélérateurs. Les départements du Bas-Rhin, de la Somme, d’Ille-et-Vilaine, de la Gironde, du Gard et des Vosges concentrent le plus grand nombre de violations.


vandalisme_eglises_catholiques.jpg

Dans un contexte général où l’on accuse sans cesse la morale « judéo-chrétienne » de conservatisme, d’empêcheuse de tourner en rond, s’ajoute – d’une façon précise – l’engouement des jeunes pour les contre-cultures, entre autres le satanisme. Les gendarmes ont remarqué des «pics» sur les douze derniers mois qui « correspondent, en partie, aux dates ou périodes symboliques célébrées par des groupuscules sataniques ou néonazis ». Ainsi, les profanateurs sont pris d’une singulière frénésie le 30 avril, date anniversaire de la fondation de l’«Église de Satan » aux États-Unis et de la mort d’Adolf Hitler. Ils se manifestent aussi davantage le 31 octobre, fête de Halloween et jour de l’an sataniste, ainsi que lors des solstices et des équinoxes ". L’idéologie néo-nazi va de pair, ou bien en complément, ou encore s’exprime seule ; avec elle l’antisémitisme.


Il faut s’attendre, pour le rapport de 2010, à une explosion avec la mode "goth", la montée de l’anarchisme libertaire, de l’islamisme djihadiste, les conséquences antisionistes de la crise palestinienne (qui touche tous les alliés supposés des sionistes) … et aussi – peut-être – des scandales liés à la pédophilie de clercs au sein d’institutions éducatives et catholiques.


indignations.jpg

 

Ces actes de vandalismes sont suivis par le site Indignations ( lien), créé en juin 2005 après un simulacre de mariage homosexuel célébré dans le chœur même de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Ses auteurs se présentent ainsi :
« Nous sommes des croyants et des agnostiques qui réprouvent la violence, en particulier faite contre les lieux de cultes qui font partie du patrimoine spirituel et culturel de notre pays, et qui s'émeuvent du trop grand nombre de persécutions qui secouent le reste du monde, le plus souvent dans un silence étourdissant.
Dans un pays qui prône et enseigne le respect de l'autre et la protection de la liberté religieuse, nous voulons alerter l'opinion sur les faits de violence dont sont victimes les chrétiens, tant sur le sol français, qu'à l'étranger, où la violence est souvent d'une radicalité effrayante.
Notre but est donc de recenser autant que possible les actes de profanation qui ont lieu chaque semaine en France dans l'indifférence générale, et les actes de persécutions qui ont lieu dans le monde.
Meri de l'attention que vous y porterez. »

à suivre ...

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Published by Jean-Claude Barbier - dans christianophobie
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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 15:49

... suite de l'article précédent

 

Par ailleurs, les manifestations publiques chrétiennes sont de plus en plus limitées : un confinement dans la sphère privée (pour certaines mairies : pas de crèche à l’extérieur des églises !), un non traitement des faits concernant les chrétiens par les média (à commencer par le silence assourdissants de ceux-ci en ce qui concerne les faits de vandalisme et de profanation des lieux de culte que nous venons d’énumérer), à la négation pure et simple de l’histoire chrétienne (l’importance du baptême catholique du roi des Francs, Clovis, dans la genèse de la France ; les racines de l’Europe avec le Saint-Empire romain germanique de Charlemagne ; la Croisade pour libérer les lieux de culte de Jérusalem qui n’étaient plus accessibles aux pèlerins – présenté abusivement par certains historiens comme une guerre « contre les musulmans » * ; et, tout récemment, la Fête des lumières à Lyon qui, à l’origine, fut bel et bien un remerciement de la population à la supposée protection mariale,  lien, etc. ).

* tant en Espagne durant la Reconquista que dans l’aventure des Etats latins de Palestine, des alliances locales se nouèrent au gré des circonstances avec des alliés musulmans. Réciproquement, l’empire ottoman occupa une bonne partie du sud-est de l’Europe et menaça l’Europe entière au siège de Vienne et à celui de l’île de Malte, une conquête militaire et politique de grande ambition sans que cela ait été pour autant une affaire purement religieuse.


L’affaire des agendas européens pour la jeunesse est révélateur : non seulement certains Européens ont honte de l’origine chrétienne de leur civilisation (qui est pourtant un fait historique et non pas une question de militance) *, mais ils sont pris d’engouement pour d'autres civilisations jusqu’à en oublier la leur.

* il s’agit là de l’origine d’une civilisation ; mention doit bien entendu être faite des patrimoines antérieurs (civilisation gréco-romaine et religions « païennes »), ainsi que des apports ultérieurs (musulmans en Andalousie et Ottomans dans les Balkans, juifs au Moyen-âge, francs-maçons, socialistes utopiques, etc.).


Au plus haut niveau de la Communauté européenne, préfacé José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, cette commission propose depuis 7 ans un agenda aux élèves du Secondaire des 27 pays de l’Union ; soit pour l’agenda 2010-2011, aux 3,2 millions de lycéens et collégiens de plus 21 000 établissements dont les chefs d’établissement ou des enseignants ont fait la demande. Il contient des informations susceptibles d'aider les élèves dans les différents domaines de leur vie quotidienne ainsi que des illustrations mettant en scène les grands événements ayant jalonné l’histoire de leur civilisation.


agenda_europe.JPG

 

L’affaire a été confiée à Generation Europe Foundation, l'une de ces multiples structures privées qui gravitent autour de la Commission européenne et qui en vivent. Son propos est de mieux faire connaître l'Europe aux jeunes ; elle anime six bureaux en Europe et un réseau d'une trentaine « d'ambassadeurs », et convie ses membres à « une communication, ouverte, honnête et non partisane ». Le président pour la France en est Guy Guermeur, ancien député, et militant toujours actif de l'enseignement catholique.


Partant du principe que les enfants européens connaissaient déjà les fêtes chrétiennes (ah bon !), cet agenda, dans sa dernière livraison, ne les mentionnent pas ; par contre, par soucis d'ouverture, il cite les fêtes des autres religions : on y apprend que le ramadan commence le 11 août ; on y trouve le nouvel an juif, le nouvel an chinois, et même la fête des lumières chez les hindous et les sikhs. Pour le 24 décembre figure une mention historique : «Le premier sapin de Noël public a été érigé sur la place centrale de Tallinn (capitale de l'Estonie) en 1441» , information dûment illustrée d’un beau sapin de Finlande. Pour le 25 avril, jour de Pâques, juste une petite devinette et une légende sur Zeus. Halloween (le 31 novembre) est bien entendu mentionné, mais sans être reliée à la fête irlandaise de Samain. On parle de Gandhi, de l'introduction de la tomate au Pérou, de l'Antarctique, etc.

Le ministre français aux Affaires européennes, Laurent Wauquiez, ce jeudi 13 janvier, a tenu à faire part du point de vue français " L’Europe, ce n’est pas une coquille creuse, c’est une communauté de valeurs, de grands personnages de l’Histoire, de grandes dates. Assumons cette identité ".

 
Cet universalisme forcené, altruiste quand il est le fait de chrétiens qui se veulent progressistes, est destructeur des identités ethniques, régionales et nationales. Tout particularisme est vilipendé ou plutôt occulté … mais, deux poids deux mesures ( !), les mêmes ferment bien souvent les yeux sur le communautarisme revendicatif musulman.

 

Que dire aussi des mafias ethniques qui revendiquent des indépendances bidons comme en Corse ou en pays basque, et que l’on n’ose pas dénoncer comme telles ; des filières claniques pour fournir des prostituées, de la main d’œuvre pas cher, pour approvisionner les marchés en automobiles volées ou autres biens, sinon en organes pour greffe, en bébés volés dans les maternités pour être revendus, en « petites bonnes » pour les bourgeoisies africaines immigrées en Occident, ou tout simplement pour voler de l’argent dans les poches des voyageurs des transports en commun ou le quémander aux carrefours importants ; filières pourtant bien connues, faisant l'objet de documentaires télévisées de qualité, utilisant enfants mineurs et femmes, et qui - dans les discours politiques - sont toujours recouvertes du voile pudique de la généralité afin de ne pas « discriminer » telle ou telle population. L’universalisme est parfois doté d’une langue de bois fort hypocrite !

 

Ici, la tradition paulinienne rencontre la culture des droits de l'Homme et du citoyen et l'idéologie marxiste léniniste : il n’y a plus ni juifs, ni hellénistes, ni païens, car tous unis dans le Christ ... ou dans le peuple libre dirigé par la République ou le Prolétariat ! Les chrétiens seraient-ils donc piégés par leur universalisme altruiste ? Sont-ils assez naïfs pour ne pas voir comment certains courants radicaux anti-chrétiens s’engouffrent immédiatement dans les portes entrouvertes ? Les voilà désormais dilués eux-aussi dans une masse de citoyens anonymes, victimes de faits généraux qui relèvent d'une délinquance à tout vent ou d'une discrimination prétenduement non ciblée.

à suivre ...

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Published by Jean-Claude Barbier - dans christianophobie
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