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14 janvier 2011 5 14 /01 /janvier /2011 15:31

suite des articles précédents

 

Des discriminations se font dans des contextes de sécularisation parfois agressive ; se dire ouvertement chrétien dans certains milieux politiques et autres devient assurément mal vus, ou du moins font courir un risque de carrière. Le profil bas n’est plus seulement une affaire théologique d’immersion dans la cité, de refus de tout cléricalisme ou encore pour jouer le jeu de la laïcité, mais désormais le résultat d’une pression sociale.


Pour toutes ces raisons, un Observatoire de l’intolérance et de la discrimination contre les chrétiens en Europe a été créé en septembre 2010. La création de cette ONG a été annoncée par le cardinal Péter Erdö, archevêque d’Esztergom-Budapest et président du Conseil des conférences épiscopales d’Europe (CCEE), à la suite du constat d'une marginalisation sociale des chrétiens dans le débat public. Il s’agit d’une structure distincte de l'Eglise proposée par Gudrun Kugler, une jeune Autrichienne laïque qui dirige l’observatoire aux côtés de Mgr Andras Veres, l’évêque de Szombathely en Hongrie.


C’est lors de son travail pour l’ONG Europe for Christ, qui encourage les chrétiens à contribuer au débat public, que Gudrun Kugler explique avoir compris qu’en Europe existait un risque de marginalisation sociale des chrétiens. « L’Europe est un continent qui change. Aujourd’hui l’hostilité envers les chrétiens s’accentue à un niveau social. Nous sommes très loin des formes violentes que prend la répression contre les chrétiens dans d’autres parties du monde - nous ne parlons d’ailleurs pas de persécution en Europe mais d’intolérance et de marginalisation », explique cette docteur en droit international.

 

Marginalisation qui a également été la conclusion d’une étude sur la perception de l’Église, menée à l’issue de l’Assemblée plénière des évêques européens de 2008 qui avait pour thème « l’Église et les médias ».


croix_multiples.JPGUn premier rapport de 40 pages sur des faits observés ces cinq dernières années, a été publié le 10 décembre 2010 (voir sur le site « Indignations » en date du 10 décembre 2010 « Un rapport pointe les discriminations à l’encontre des chrétiens en Europe »,  lien). Le rapport rappelle que la notion légale de « chritianophobie » a été admise par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), qui a tenu en mars 2009 une réunion sur ce thème.


Ceci dit, c’est bien au niveau des valeurs universelles, partagées en principe par tous au sein des Etats démocratiques et laïcs que le combat doit être mené, encore faut-il que les Etats affirment sans ambiguïté leur laïcité. Il ne faudrait pas non plus que cet observatoire fasse l’objet d’entrisme de la part des éléments les plus rétrogrades du christianisme et des nostalgiques de la chrétienté ! Enfin, il s’agit d’une défense du christianisme et de ses valeurs et non seulement de l’Eglise catholique romaine ! Donc à suivre … (pour l'instant fin du dossier)

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Published by Jean-Claude Barbier - dans christianophobie
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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 11:04

Europe--European_Unitarian_Universalists_logo.gifL’European Unitarian Universalists (EUU) est une communauté unitarienne universaliste anglophone qui vit en Europe en divers pays. La plupart de ses membres sont des Nord-Américains qui résident en permanence en Europe, mais il y a aussi un nombre croissant de ressortissants européens [ndlr – des "nationaux" qui, eux aussi, utilisent la langue anglaise lors des rencontres].


L’EUU a été fondé en 1982 pour constituer un réseau de soutien à la communauté unitarienne-universaliste vivant en Europe. Environ la moitié de ses 200 membres actuels, en plus de leur appartenance à ce réseau, participe, au niveau local, à des communautés "laïques" (c'est à dire sans ministre du culte, lay-led fellowships) qui mènent des activités et ont des programmes notamment en ce qui concerne l’éducation religieuse. Il y a ainsi des communautés actives en France, en Allemagne, aux Pays-Bas, en Belgique et en Suisse ( lien). La plupart d’entre elles se réunissent au moins une fois par mois pour le culte et, dans l'interval, pour des réunions spirituelles et des activités sociales. En leur sein, les étapes de la vie (life transitions) sont célébrés. Les autres membres sont répartis sur la plupart des pays de l'Europe, à distance des communautés qui ont été citées.


L’EUU est organisé par un Comité de coordination composé de membres élus, des représentants des diverses communautés locales, et de représentants pour les membres isolés (members-at-large).


En tant que réseau, l'activité principale de l’EUU est une retraite (retreat) deux fois par an. Les retraites, qui se tiennent en divers lieux, commencent le vendredi soir et continuent jusqu’au dimanche avec un culte le dimanche matin suivi du déjeuner. Pour les membres de l’EUU, ces retraites sont souvent les meilleurs moments de leur année. L'une des principales activités de ces week-ends concerne le thème traité (theme talk) qui occupe toute la matinée du samedi. L'orateur est souvent, mais pas toujours, le célèbrant du culte du dimanche matin. Le week-end est rempli d'activités à la fois divertissantes et instructives (fun and meaning-filled activities). Il y a un programme musical, comprenant des chœurs, des moments de partage des évènements heureux et des difficultés vécues depuis la dernière retraite, des ateliers sur un grand nombre de sujets, et une visite des sites touristiques, culturels et historiques, qui existent à proximité . Les histoires évoquées et les chants sont tirées de diverses sources afin de refléter la diversité de la communauté.


Il y a habituellement un ministre du culte ou un conférencier, invité pour le service religieux, et un programme d'éducation religieuse pour les enfants et les adolescents. De nombreuses familles viennent d’ailleurs à ces retraites pour que leurs enfants puissent participer à des activités d'éducation religieuse. Les enfants et les jeunes animent la soirée du samedi soir avec leurs talents. Souvent, les bébés seront présentés à la communauté (dedicated), des mariages célébrés, ainsi que des cérémonies de passage à la catégorie des Jeunes (Coming of Age for Youth). Les participants sont ainsi encouragés à dire et à célébrer les étapes de leur vie au sein de cette communauté chaleureuse et ouverte.


Gretchen Thomas, membre de l’EUU, qui vivaient auparavant en Suède, compare les retraites « à une réunion de famille où les nouveaux arrivants sont toujours les bienvenus ". Elizabeth Breedlove, qui vit en Espagne, ajoute : « Nous attachons particulièrement de l’importance à l’accueil et à l’encouragement des participants à nos retraites ! ". Maggie Goodwin, membre de longue date de l’Unitarian-Universalist Fellowship of Paris (UUFP) et ancienne présidente de l’EUU, a écrit, "J'ai vu les bébés devenir des enfants, puis des adolescents, puis des adultes. J'ai partagé les joies et les chagrins de coeur avec tant de gens chaleureux et merveilleux. C’est, pour moi, la magie de nos retraites deux fois par an ". (Pour plus d'informations sur les retraites de l’EUU,  lien).


Mais l'EUU est plus qu’un coordonnateur de retraites pour ses membres ; c'est une véritable communauté religieuse dont les membres tirent leur inspiration les uns des autres. Un ancien participant des Pays-Bas, Riet Hartsuijker, considère que " la communication sur l'éthique, les croyances et notre façon de les vivre dans notre vie, et l'offre de soutien mutuel " fonde le mouvement unitarien-universaliste. John Hertz vivant à Vedbaek au Danemark, écrit: « C'est une question de bien et de mal. Les questions éthiques imprègnent tous les aspects de la vie humaine, et je ne pense pas que les gens devraient avoir à en débattre de manière isolée ". Lui et sa famille ont trouvé, en l’EUU, une véritable communauté.


Martha Hicks de Bielefeld en Allemagne, et Neil et Nanette Johnson, à Toulouse en France, racontent comment ils sont reconnaissants d'avoir une communauté pour élever leurs enfants avec les valeurs de tolérance, de pensée indépendante et l'ouverture à l'apprentissage de toutes les religions. Pour les Nord-Américains qui viennent en Europe pour des emplois ou des raisons personnelles, l'EUU offre un foyer religieux à distance (a religious home-away-from-home).


L’EUU a aidé, autant que possible, les membres isolés des pays d'Europe orientale, afin qu'ils puissent assister aux retraites afin qu’ils aient contact avec d'autres unitariens-universalistes. En outre, des conférenciers invités pour les retraites, en profitent pour visiter des communautés locales et y célébrer des cultes ou y faire des causeries.


L’EUU publie également un bulletin trimestriel, l’UNIfier (L'unificateur), pour informer ses membres et maintenir les relations.

L’EUU est membre fondateur de l'ICUU [en 1995] et a des liens étroits avec l’Unitarian Universalist Association (Association unitarienne universaliste, UUA) aux États-Unis et avec la General Assembly of Unitarian and Free Christian Churches of Britain and Ireland (Assemblée générale des unitariens et des Eglises chrétiennes libres de Grande-Bretagne et d'Irlande). De nombreuses personnes sont également membres de la Church of the Larger Fellowship (ndlr - Eglise pour les isolés, qui fonctionne par correspondance - voir notre document "Une Eglise par correspondance aux Etats-Unis", Correspondance unitarienne n° 37, novembre 2004, lien).


Maggie Goodwin conclut : « Les personnes et même des groupes s’inscrivent puis s’en vont (People and even fellowships come and go), mais j'aime à penser que l’EUU continuera longtemps encore, favorisant les occasions pour chacun de nous pour trouver ce dont nous avons actuellement besoin, que ce soit un renouveau spirituel, lae débat intellectuel, ou le plaisir d'être avec ceux qui partagent nos idées et nos idéaux ". Le site de l’EUU (lien).

 

Présentation de l'EUU parue dans le bulletin de l'Unitarian Universalist Fellowship of Paris (UUFP) du mois de janvier 2011, traduit en français par Jean-Claude Barbier (chrétien unitarien, Bordeaux)

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Published by article de l'UUFP - dans UUFP (Paris)
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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 15:58

Déclaration du "Manifeste des libertés" à propos des récents attentats contre des citoyens de confession chrétienne d'Irak et d'Egypte

Après la série d'attentats en Irak et en Egypte contre des citoyens de confession chrétienne, le Manifeste des libertés tient à exprimer sa solidarité avec toutes les victimes des violences perpétrées par des groupes extrémistes religieusement fanatisés. Nous sommes révoltés contre l'horreur que subit, aujourd'hui, une partie de la population de ces pays, à laquelle on ne donne comme choix que la mort, la survie dans la terreur, ou l'exil.

islam_en_noir_et_blanc.jpgMais, au-delà de cette indispensable solidarité, il nous faut tenter de cerner les causes de cette violence qui, loin de s'atténuer, ne cesse de s'exacerber partout dans les pays du monde arabe : en Irak, des groupes extrémistes musulmans terrorisent depuis des années les chrétiens ; en Egypte, la population de confession copte subit des discriminations de toutes sortes ; au Maghreb, les conversions au christianisme sont punies comme des délits. Partout, du Maroc à l'Arabie saoudite, l'intolérance est la règle, et la liberté de conscience inexistante. Et ne parlons pas d'autres pays musulmans non arabes comme le Pakistan, où le blasphème est puni de mort.

Certes, on peut se réfugier derrière le fait que les exactions auxquelles on assiste sont commises par des groupes fanatisés. L'explication serait trop courte. En effet, ce ne sont pas ces groupes qui ont instauré partout une discrimination d'Etat envers les minorités religieuses, dont les membres sont, de fait, considérés comme des dhimmi et non comme les citoyens d'un Etat moderne. Ce ne sont pas ces groupes qui ont constitué l'islam en religion d'Etat et ont, de fait, introduit des degrés dans l'appartenance nationale. Ce ne sont pas ces groupes qui ont fait de l'islam l'instance ultime de légitimation dans le monde arabe. Non seulement ils ne sont pas à l'origine des discriminations, mais eux-mêmes ont pu se développer et acquérir l'audience qu'ils ont aujourd'hui en raison du contexte propice à l'intolérance instauré par les pouvoirs en place.

Il faut le répéter : depuis bien longtemps, le monde arabe a un problème avec la liberté, et une partie des musulmans un problème avec ceux qu'ils considèrent comme "les autres". Ces derniers ne sont acceptés que dans une posture d'infériorité et se voient dénier toute aspiration à l'égalité. Hélas, depuis des décennies, seuls quelques individus et quelques militants, trop souvent solitaires, ont défendu dans nos pays les principes de liberté absolue de conscience et d'égalité de tous, quels que soient, entre autres, la religion, le sexe, l'orientation sexuelle, et la langue. Les élites politiques, imprégnées d'un "islamo-nationalisme" érigeant l'islam et l'arabité en critères d'identité intransgressibles, et nombre d'intellectuels qui se sont rangés derrière elles ont brillé, depuis les indépendances, par leur silence devant tous les scandales : ils se sont tus devant toutes les dérives antisémites, devant les massacres de Kurdes dans l'Irak de Saddam Hussein, devant la politique d'extermination menée par le pouvoir soudanais au Darfour.

Il est trop facile actuellement d'afficher sa compassion vis-à-vis des victimes des derniers attentats anti-chrétiens en oubliant que ces violences ne sont pas des accidents et en les attribuant  - c'est commode - à la main de l'étranger. Certes, du déni des droits des Palestiniens à l'invasion de l'Irak par les Etats-Unis et aux destructions qui ont suivi, les citoyens des pays du monde arabe peuvent se sentir, à juste titre, victimes du cynisme des puissants. Mais le mal est plus profond, il vient de loin et s'inscrit dans l'histoire longue de la région. Il serait temps de le reconnaître.

Aujourd'hui, nous voyons avec inquiétude grandir arabophobie et islamophobie dans nombre de pays occidentaux. Mais leur dénonciation ne prend tout son sens que si, en même temps, dans les pays du monde arabe, des voix fortes s'élèvent contre les discriminations et violences que subissent chez eux leurs propres minorités. Le droit ne se divise pas, ni les principes. On ne peut réclamer aux autres l'égalité et la liberté tout en la refusant chez soi à ses propres "autres". Tant que les citoyens, les intellectuels, du monde arabe ne résoudront pas cette contradiction et ne se mobiliseront pas pour donner tout son sens à l'exigence de liberté de conscience, tant qu'ils ne reconnaîtront pas que l'égalité ne se divise pas, ils ne pourront se réclamer légitimement du droit pour eux-mêmes.

 

Paris, le 5 janvier 2011

 

Même constat de la part de l'Observatoire chrétien de la laïcité (OCL), qui est un groupe de la Fédération des réseaux du parvis

 

L'OCL refuse de faire  des persécutions  que subissent les  chrétiens non seulement en Irak ou en Egypte mais dans  de nombreux pays (Cf par exemple l'Algérie, le Pakistan, etc) seulement une affaire de solidarité entre chrétiens. C'est pourquoi il tient à étendre sa solidarité à l'ensemble des victimes des terrorismes d'Etat ou des groupes intégristes violents et à montrer en quoi la laïcité est la solution pour le vivre ensemble quels que soient les cultures et les pays. En ce sens elle est à la fois une valeur sociale et une proposition juridique de portée universelle .

 

Jean Riedinger, secrétaire général de l'OCL

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Published by Manifeste des Libertés - dans l'islam
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3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 03:31

Après la Tanzanie, c'est le Burundi qui est le théâtre d'une vague de meurtres rituels touchant les albinos (pas moins de 16 morts au Burundi depuis 2007). Un trafic d'organes est organisé pour confectionner des talismans chargés de procurer la richesse à leur détenteur ; du fait de leur différence, les albinos sont censés posséder des pouvoirs magiques. Des chasseurs d'albinos y trouvent leur profit.

 

albino_tanzania.jpgfemme albinos en Tanzanie

 

Seule la peine de mort à mis fin à ce trafic en Tanzanie ... mais la peine de mort a été supprimée au Burundi et le trafic s'est déplacé en ce pays. Les associations qui se mobilisent demandent - pour ces cas - le rétablissement de la peine de mort.


Pour en savoir plus, voir le site de Partenia 2000

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Published by Actualités unitariennes - dans en Afrique noire
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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 19:14

En Afrique et ailleurs, les chrétiens évangéliques louent les candidats aux élections et les princes règnant qui citent la Bible, voyant en eux des hommes politiques qui sont prêts à faire la volonté de Dieu ; ainsi en a t-il été vis-à-vis de Matthieu Kérékou (lorsqu'il fut réélu président après une présidence de Nicéphore Soglo), de Yayi Boni, actuel président du Bénin, et de Laurent Gbagbo, président sortant en Côte d'Ivoire. Je (*) me souviens, car j'étais alors au Bénin, Matthieu Kérékou passant de la langue de bois du marxisme léniniste, avec des discours fleuves à la Fidel Castro, aux citations bibliques - non moins langue de bois - laissa ses compatriotes pantois !

* Jean-Claude Barbier, auteur de cette introduction

 

L'Eglise catholique en Côte d'Ivoire met en avant ses bonnes relations avec les musulmans de ce pays et essaie de garder une certaine indépendance. L'archevêque actuel d'Abidjan n'était pas présent lors de la prestation précipitée et hâtive de L. Bagbo en tant que président proclamée par un Conseil constitutionnel  manifestement à sa solde. Seul l'ancien archevêque d'Abidjan, émérite, nommé cardinal, continue un soutien ouvert à un chef d'Etat de plus en plus contesté, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, et dont le régime vire tragiquement à la dictature sanglante.

 

Cet archevêque émérite s'est attiré la réponse suivante de la part d'un journaliste indépendant ivoirien, Venance Konan (voir son site) :


venance.konan.gif

 

A son Eminence le Cardinal Bernard Agré

Le 23 décembre dernier, j’ai écouté le cardinal Bernard Agré à la télévision ivoirienne caporalisée par M. Laurent Gbagbo. Son Eminence a d’abord demandé que l’on ait une pensée pour les personnes qui avaient perdu la vie au cours des évènements des jours précédents, ainsi que pour leurs enfants et proches qui célèbreront Noël sans leur présence.

 

Sur la crise elle-même, Bernard Agré, qui s’est présenté comme un simple pasteur, a rappelé que dans tous les pays du monde il y a une constitution qui s’impose à tous, et que notre constitution dispose qu’en matière d’élection, c’est le Conseil constitutionnel qui a le dernier mot. Ce qui signifie que lorsque le Conseil constitutionnel s’est prononcé, tout le monde doit s’incliner. Et pour illustrer son propos, il a pris l’exemple de la France où c’est le Conseil constitutionnel qui avait déclaré M. Sarkozy vainqueur de Madame Royal. Il a aussi pris l’exemple des Etats-Unis où c’est la Cour suprême qui avait départagé Georges W. Bush et Al Gore. Enfin, le cardinal s’est insurgé contre les ingérences de la communauté internationale qui ne sait que semer le chaos, comme elle l’a fait en Irak, avant de citer l’exemple du petit Vietnam qui avait réussi à défaire d’aussi grandes puissances que la France et les Etats Unis.


Votre Eminence, dois-je vous rappeler que l’une des valeurs cardinales de la doctrine chrétienne est la Vérité ? Cette doctrine dit que Dieu a envoyé son fils Jésus sur terre pour dire la Vérité au Hommes. Et ce n’est pas par hasard que Jésus ponctuait tous ses sermons de ces mots : « en vérité je vous le dis ». Il est écrit dans le livre sacré des chrétiens, à Jean 14, « Et la Parole a été faite chair et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père. » Votre Eminence, les deux vérités que vous auriez dû dire à vos ouailles, et, au-delà d’eux, à tous les Ivoiriens, sont celles-ci.


La première est qu’en 2005, à Pretoria, devant la méfiance qui régnait entre tous les acteurs politiques ivoiriens, nos leaders politiques, avec à leur tête le chef d’Etat d’alors, M. Laurent Gbagbo, ont décidé que les résultats de ces élections-ci soient certifiés in fine par les Nations Unies. Et celles-ci ont traduit cela en 2007 par la résolution 1765. Cela veut dire que le dernier mot ne revenait plus au Conseil constitutionnel, mais au certificateur de l’ONU. Vous conviendrez avec moi, Votre Eminence, que si le dernier mot devait revenir à l’une de nos institutions, il n’aurait pas été nécessaire d’aller chercher un certificateur ailleurs. Et je remarque que vous-même n’aviez pas bronché lorsque le représentant de l’ONU avait certifié, après le Conseil constitutionnel, les résultats du premier tour qui plaçaient M. Gbagbo en tête du scrutin et éliminait entre autres M. Bédié.

 

Comment donc pouvez-vous parler d’ingérence, dès lors que ce sont les Ivoiriens eux-mêmes qui ont demandé, sans aucune contrainte, à l’ONU de venir certifier leurs élections ? Vous n’avez pas vu d’ingérence dans nos affaires intérieures lorsque cette même communauté internationale finançait notre processus électoral, des audiences foraines à la fourniture d’isoloirs et d’encres indélébiles en passant par les inscriptions sur les listes électorales ?


La seconde vérité que vous auriez dû dire à vos ouailles, aux Ivoiriens, et au monde entier, est que notre droit dit précisément ceci à propos du rôle du Conseil constitutionnel: « dans le cas où le Conseil constitutionnel constate des irrégularités graves de nature à entacher la sincérité du scrutin et à en affecter le résultat d’ensemble, il prononce l’annulation de l’élection et notifie sa décision à la Commission électorale indépendante qui en informe le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies et le Représentant spécial du Facilitateur à toutes fins utiles. La date du nouveau scrutin est fixée par décret pris en Conseil des ministres sur proposition de la CEI. Le scrutin a lieu au plus tard 45 jours à compter de la date de la décision du Conseil constitutionnel. » Votre Eminence, nulle part notre droit n’autorise le Conseil constitutionnel à annuler les résultats d’une région et à inverser les résultats d’ensemble du scrutin. Si tant est que le Conseil constitutionnel avait le dernier mot comme vous le prétendez, il l’avait pour dire le droit, pas pour l’inventer. Le législateur ivoirien n’a pas donné au Conseil constitutionnel le pouvoir d’annuler les voix des électeurs de quelque région que ce soit, et pour quelque motif que ce soit. Le droit de vote est sacré dans toutes les démocraties.

 

Personne, pas même une institution, ne peut se substituer à la volonté du peuple qui s’exprime à travers son vote. C’est pour cela que, s’il y a des fraudes, mais qui ne sont pas de nature à affecter le résultat d’ensemble du scrutin, ce que la Cour constitutionnelle a à faire est de confirmer  les résultats donnés par la CEI. Si par contre ces fraudes sont de nature à fausser la volonté du peuple, on annule alors le scrutin et on redonne la parole au peuple. C’est tout simple, et tombe sous le coup du bons sens, me semble-t-il. Aussi je vous répète ce que vous savez d’ailleurs déjà, aucune disposition de notre droit ne donne l’autorisation au Conseil constitutionnel d’annuler les résultats d’aucune région.

 

En le faisant, il a agi de manière totalement arbitraire, illégale et dangereuse. Vous n’ignorez pas que cette crise dont nous espérions sortir avec cette élection est née du sentiment d’exclusion des populations du nord créé par l’ivoirité. En annulant arbitrairement les scrutins de toutes les régions du nord, le Conseil constitutionnel nie leur citoyenneté ivoirienne aux populations de cette partie de notre pays. En percevez-vous les conséquences ? Ne voyez-vous pas qu’en avalisant une telle forfaiture, vous êtes en train de cautionner la destruction à court terme de notre pays ?

 

Personne n’ignore les accointances entre les membres du Conseil constitutionnel et Laurent Gbagbo. C’est ce dernier qui nous a expliqué que le président de cette institution est l’un de ses amis et qu’il l’appelle affectueusement Pablo. Pablo et ses camarades se sont donc cru en devoir de sauver le soldat Laurent qui venait de perdre l’élection. Au mépris de la survie de leur pays. Dommage qu’ils n’aient pas fait leur cette phrase prononcée par Robert Badinter le 4 mars 1986, le jour où il prêtait serment en qualité de président du Conseil constitutionnel : « M. François Mitterrand, mon ami, merci de me nommer à la tête du Conseil constitutionnel. Mais sachez que dès cet instant, envers vous, j’ai un devoir d’ingratitude. »

 

Aveuglés par leur devoir de gratitude envers leur bienfaiteur Laurent Gbagbo, Paul Yao-Ndré - « Pablo » - et ses amis du Conseil constitutionnel ont été les seuls à voir depuis Abidjan des fraudes massives dans tous les départements qui ont voté pour Monsieur Ouattara, là où les préfets, sous-préfets, observateurs internationaux, diplomates et journalistes présents sur le terrain n’ont vu que des incidents mineurs. Et aujourd’hui, Laurent Gbagbo et ses inconditionnels, dont je vous soupçonne d’en être, sont les seuls à voir en lui le président élu des Ivoiriens, tandis que le reste du monde voit plutôt M. Ouattara. Vous connaissez bien entendu cette phrase de Laurent Gbagbo prononcée en 1999 à propos de Slobodan Milosevic : « quand dans un village tout le monde voit un pagne en blanc et que vous êtes le seul à le voir en noir, c’est que vous avez un problème. »


Votre Eminence, dois-je vous rappeler que c’est sous vos auspices que Laurent Gbagbo et feu Robert Guéï avaient passé en 2000 un pacte selon lequel Gbagbo acceptait que Guéï devienne président de la république tandis que lui-même se contenterait du rôle de Premier ministre ? Guéï a raconté cette histoire peu de temps avant d’être assassiné. A cette occasion, il vous avait attribué des qualificatifs peu élogieux que je me garderai bien de reproduire ici. Vous n’avez pas démenti.

 

L’accession de Laurent Gbagbo au pouvoir en 2000 s’est soldée par la mort de centaines de personnes. Jusqu’à ce jour je ne vous ai pas entendu condamner ces massacres.

 

C’est dans les sous-sols de votre cathédrale que Robert Guéï s’était réfugié le 19 septembre 2002, et c’est là-bas que les soldats de Laurent Gbagbo sont allés le chercher pour l’abattre comme un chien sur la Corniche de Cocody, sans que l’on sache encore à ce jour qui les avait informés de sa présence dans vos locaux. Je ne vous ai pas encore entendu condamner cet assassinat.

 

En mars 2004, Laurent Gbagbo a fait tirer sur les personnes qui avaient voulu manifester pour demander l’application de l’accord de Linas-Marcoussis. L’ONU a compté 120 morts. Je ne vous ai toujours pas entendu condamner ce massacre.

 

En 2008 Laurent Gbagbo a fait tirer sur les femmes qui manifestaient contre la vie chère. Toujours aucune condamnation de votre part.

 

Et en ce mois de décembre 2010, mois de la venue sur terre du fils du Dieu que vous adorez, vous n’entendez pas les cris des personnes que les mercenaires libériens assassinent et torturent toutes les nuits, des femmes qu’ils violent. L’ONU a compté à ce jour 173 tués, des centaines de blessés, des dizaines de cas de torture et de disparitions. Combien de litres de sang faut-il pour étancher la soif de pouvoir de Laurent Gbagbo ? Vous demandez que l’on prie pour toutes ces victimes, mais vous ne condamnez pas les auteurs que vous connaissez bien. Quel genre de pasteur êtes-vous donc, cardinal Bernard Agré ?


Votre Eminence, si vous étiez un homme de Vérité, un homme qui aime son pays, vous useriez de votre autorité pour faire comprendre à Laurent Gbagbo qu’il conduit la Côte d’Ivoire au chaos en voulant s’accrocher à un pouvoir que les Ivoiriens lui ont refusé par la voix des urnes. Nous autres qui tombons sous les balles des tueurs de Gbagbo pendant que des hommes comme vous se taisent, n’avons pas d’autre choix que d’appeler au secours cette communauté internationale que vous semblez détester.

 

La Côte d’Ivoire ne sera pas un nouveau Vietnam. Il n’y a plus de lutte anticoloniale, plus de guerre froide. Il y a juste un peuple qui se bat contre un tyran et qui appelle le reste du monde à son secours, un peuple qui se bat pour sa liberté et qui veut que sa voix soit respectée. Et nous avons foi en ces paroles d’Appolinaire : « Jamais les crépuscules ne vaincront les aurores / Etonnons-nous des soirs, mais vivons les matins. »


Nous continuerons de nous battre, jusqu’à la dernière goutte de notre sang, nous ne baisserons jamais les bras, en ayant foi en ces mots de Barack Obama, le jour de son investiture : « Avec espoir et vertu, bravons une fois de plus les courants glacés et les orages à venir, afin que les enfants de nos enfants puissent dire de nous qu’au moment de l’épreuve nous avons refusé d’abandonner la route, nous n’avons ni reculé ni fléchi et, les yeux fixés sur l’horizon et forts de la grâce de Dieu, nous avons porté ce grand don de la liberté et l’avons transmis, sain et sauf aux générations futures. »

 

ndlr : en Côte d'Ivoire, le slogan de l'ivoirité a dressé les populations chrétiennes du Sud contre les musulmans du Nord du pays, dont de nombreux immigrés burkinabè. Il y a eu déjà 173 morts à Abidjan aux lendemains des élections présidentielles (les premières depuis 2000 qui ont vu L. Gbagbo accéder au pouvoir alors que la moitié du pays s'est abstenu à cause de l'éviction de Ouattara pour non ivoirité, bien que ce dernier ait été - pourtant ! - premier ministre d'Houphouët Boigny). L'ONU a lancé une enquête et tente de localiser les charniers. Un génocide se prépare avec marquage des maisons où habitent des "opposants" à L. Gbagbo. Les "patriotes", dont le leader populiste vient d'être nommé ministre, sont mobilisés et sur le pied de guerre.

 

ajout du 3 janvier 2011 : La publication d’un communiqué commun de la Conférence épiscopale de Côte d’Ivoire (Ceci) prévue pour jeudi 6 janvier a été repoussée. L’Église ivoirienne, divisée face à la crise qui touche le pays, a préféré attendre et réunir l’ensemble des évêques à Abidjan pour prendre la position commune attendue depuis des longs jours ( source : journal La Croix ).

 

ajout du 25 avril 2011 (après la chute de L. Bagbo) : du même journaliste, Venance Konan, "Laurent Gbagbo qu'as-tu fait de ta présidence ?", en date du 22 avril 2011 dans Slate Afrique (lien). Lire également, dans 20 minutes.com, un article du même auteur, du 7 avril 2011 : " Côte d'Ivoire : Pour Gbagbo, la religion est un artifice pour se maintenir au pouvoir " (lien).

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Published by Venance Konan - dans en Afrique noire
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23 décembre 2010 4 23 /12 /décembre /2010 04:54

Le point de vue d’Abdennour Bidar, professeur de philosophie à Sophia Antipolis (Alpes-Maritimes) publié dans Le Monde du 21 décembre 2010 : « Il est urgent de mettre en œuvre une véritable pédagogie de la laïcité »


Pourquoi la laïcité républicaine éprouve-t-elle aujourd'hui tant de difficultés à se faire respecter dans les différents espaces publics ? Pourquoi notre République semble-t-elle désormais contrainte à garantir ce respect en multipliant les lois d'interdiction ? Pourquoi ce même respect de la laïcité doit-il être défendu par des décisions de justice, comme dans l'affaire récente de la crèche de Chanteloup-les-Vignes (Yvelines) ? La question de la laïcité ressemble de plus en plus à une nouvelle version de la "guerre des deux France". L'Etat républicain semble en effet entraîné malgré lui dans une logique d'affrontement avec une forme de guérilla fondamentaliste qui pratique la provocation, le harcèlement, la pression diffuse et multiforme, en testant sans relâche les défenses de la laïcité.


Ce n'est pas l'ensemble des musulmans de France qui est entré dans cette contestation ouverte de la laïcité, mais une minorité active d'entre eux pour laquelle cette laïcité n'est qu'une idéologie concurrente de la leur, et contre laquelle, à ce titre, il leur paraît légitime de faire valoir leur droit à la différence.


Or, c'est bien là que le bât blesse. Là que la responsabilité de la République doit être désignée. Comment se fait-il qu'elle laisse se développer autant sur son territoire cette conviction que la laïcité n'est qu'une idéologie parmi d'autres ? Comment donc ceux qui nous gouvernent n'ont-ils pas prévu que dans une société de plus en plus multiculturelle, où prévalent l'affirmation de soi et la revendication de sa différence, le principe laïque rencontrerait des contestations toujours plus importantes ? Il aurait fallu renforcer dans des proportions considérables le travail d'explication des fondements de cette laïcité, et expliquer aussi qu'elle seule permet justement à une société multiculturelle de ne pas se diviser en communautés séparées. Mais comment faire comprendre que la laïcité n'est pas une vieille lune idéologique française, mais un principe universel de cohésion sociale, qui permet à tous de vivre ensemble au lieu de demeurer dans une simple relation de coexistence ?


La réponse légale ne suffit pas. Il faut une pédagogie de la laïcité, parce qu'il faut former des consciences laïques. Il faut que la laïcité devienne une vertu citoyenne en plus d'un principe politique - une vertu pour que le principe ait des chances de se faire valoir autrement que par la loi. En quel sens, cependant, entendre cette vertu ou conscience laïque ?


Se souvenir de ce qu'on appelle aussi "être laïque" est l'occasion de rappeler qu'avant d'être un principe politique, la laïcité est une "position de conscience" : est laïque la conscience critique ou conscience libre, c'est-à-dire capable de prendre la distance du doute et de la remise en question vis-à-vis de toutes les convictions, vérités, visions du monde, qui la sollicitent. En ce sens, Socrate était laïque, parce qu'il disait "je ne sais qu'une seule chose, c'est que je ne sais rien". Descartes était laïque, parce que avant de dire "je pense, donc je suis", il disait "je doute, donc je suis". Averroès (philosophe musulman 1126-1198) était laïque, parce que, dans son Traité décisif, il disait que la loi religieuse devait être soumise à l'examen de la raison. Lao-tseu était laïque, parce que le tao commence par dire qu'une voie de sagesse n'est jamais la Voie par excellence. La laïcité politique ou neutralité de l'Etat est simplement l'objectivation de cette position critique de la conscience qui est valorisée dans toutes les cultures pour sa capacité à se "neutraliser" elle-même afin d'interroger librement les vérités qui circulent parmi les hommes.


Or la situation que nous avons évoquée au départ est née de ce que la République n'a pas investi assez de moyens dans la formation de telles consciences laïques, c'est-à-dire critiques et libres. C'est la raison profonde pour laquelle l'Etat en est réduit à imposer la laïcité par la force de la loi et du tribunal. Le principe de laïcité est resté trop extérieur pour un certain nombre de consciences : il est demeuré une exigence abstraite et étrangère à l'univers mental et éthique de l'individu. Par conséquent, c'est cette relation d'extériorité entre le principe laïque et les consciences que nous devons travailler maintenant à réduire. Il faut que la laïcité soit comprise et admise par les individus, au lieu de leur être seulement imposée d'en haut.


C'est la nouvelle période historique dans laquelle doit entrer notre laïcité française. La période où le principe politique ferait l'objet d'une véritable intériorisation par les citoyens. Nous devons passer de l'âge politique à l'âge éthique de la laïcité - ce qui doit s'entendre bien entendu dans une logique de complémentarité entre les deux ; il ne s'agit pas de substituer l'éthique au politique. Quel est, en effet, le privilège de cette conscience laïque ?


Elle seule peut adhérer pleinement et d'elle-même au principe politique de laïcité. Car le principe politique hors d'elle rencontre le principe éthique en elle. Une conscience laïque comprend par elle-même, grâce à ce qu'elle est elle-même, que ce principe politique est la condition nécessaire du vivre ensemble. Il y a pour elle correspondance et harmonie entre la pratique de soi - la capacité à relativiser ses propres convictions - et la pratique sociale - le vivre-ensemble fondé sur le dialogue, le compromis, la capacité de comprendre que pour être compris d'autrui on ne peut pas laisser simplement libre cours à l'expression de sa propre identité.


PB140808.JPGSi notre République ne fait pas cet effort de former des consciences laïques, elle s'expose à rencontrer encore et encore le même adversaire, auquel elle donnera sans arrêt de nouvelles forces : en l'occurrence ce fondamentalisme islamique qui précisément ne veut pas négocier ses propres convictions, et qui les revendiquera de façon toujours plus radicale dès lors qu'il ne trouvera en face de lui que la réponse répressive. Mais la loi du plus fort n'est la loi que tant qu'on reste le plus fort, disait Pascal ...

 

cathédrale Saint-Jean, à Lyon : gargouille représentant un musulman proclamant sa foi en Dieu - par la voix et sur le bandeau au pied de la sculpture  Un bel exemple de bonne intégration. Le maître sculpteur, d'origine maghrébine, s'est représenté lui-même, au grand plaisir des ouvriers du chantier et des commanditaires (photo Jean-Claude Barbier, novembre 2010).


Si en France un effort de pédagogie laïque n'est pas conduit à la hauteur qui est aujourd'hui nécessaire, que peut-il se passer ? La pente naturelle des sociétés multiculturelles est de voir se former des communautés distinctes qui s'éloignent les unes des autres, et des consciences qui n'ont bientôt plus d'autre souci que d'affirmer leur propre différence.


Dans une telle société, l'exigence politique de laïcité risque de se heurter de plus en plus à l'incompréhension et à l'hostilité. Des individus qui n'auraient comme conscience de soi que le "droit à la différence" ne comprendraient plus du tout la loi laïque qui impose des limites à l'expression de ce droit, la jugeant absolument contraire à leur liberté. Le divorce latent entre la société multiculturelle et l'Etat laïque serait alors consommé.


Voilà à quoi nous expose le retard que nous prenons à former des consciences laïques. Un face-à-face ou dialogue de sourds aggravé entre l'Etat et les consciences. Et si ces consciences non laïques se multiplient comme elles le font actuellement faute de pédagogie, combien de temps encore la loi et le principe de l'Etat laïque auront-ils la force de s'imposer ? Combien de consciences en nombre suffisant continueront de la défendre en comprenant sa légitimité ?

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Published by Abdennour Bidar - dans l'islam en Europe
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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 19:05

Chaque champ religieux présente une très forte diversité, voire même un paysage fortement contrasté ! Parler des juifs, des chrétiens, des musulmans, etc., en général n'a guère de sens si on n'ajoute pas un qualificatif confessionnel ou si on ne précise pas le courant à qui on a affaire.

 

joel_anti-sioniste.jpgAlors que les juifs ultra-orthodoxes sont accusés de promouvoir le Grand Israël au détriment des Palestiniens, voici que des pieux juifs, au coeur de Jérusalem, dans un quartier à eux - les Naturei Karta - disent qu'Israël est avant tout une réalité spirituelle et n'a pas besoin d'une terre ! Ils attendent la venue du Messie - lequel doit tout arranger. C'est ce que j'ai cru comprendre en regardant ce surprenant reportage intitulé "Yoël, Israël et les pashkavils" (lien) :

http://www.dailymotion.com/video/x4pdpo_les-vrais-juifs-du-livre-saint_fun

 

Ils sont furieusement contre l'Etat d'Israël, n'ont pas de cartes d'identité et les refuseraient si on leur en proposerait. Ils souhaitent le désengagement des Juifs du pays. Ils vivent entre eux, consommant le lait de leurs vaches ; vivant le plus possible en autarcie ; ne demandant aucune aide à l'Etat, ni salaire ni allocation. C'est l'existence même de l'Etat "sioniste" qu'ils mettent en cause.

 

Ultra-orthodoxes, habillés en tenue traditionnelle comme tous les autres ultra-orthodoxes, ils accusent l'Etat d'Israël (pour eux les sionistes) de séculariser la religion. Ils sont contre le port des perruques, coupent les cheveux des femmes le jour de leur mariage. Accusent les autoroutes du pays de passer sur les tombes des morts. Ils déconseillent aux touristes de venir visiter la cité car c'est une ville sainte. 

 

Ils tirent des affichettes de protestation qu'on appelle "pashkavils" avec des slogans violemment anti-sionistes : "Nous sommes les âmes en deuil d'Israël brûlées dans les fours sionistes" ; "Tout l'Etat sioniste doit être déraciné !" ; "la peste sioniste". Avec métaphores animalières : " les sionistes mordent !" ; "Sionistes = chiens. Deux mots, un seul sens. L'animal sioniste n'appartient pas à la race humaine !". Fichtre, on se croirait à Téhéran avec les discours les plus sectaires de son actuel président !  A l'entrée de leur quartier, des inscriptions : "entrée interdite aux sionistes" ; "Sionistes dehors". Ils vont jusqu'à rendre les sionistes responsables de l'Holocauste !

 

Le mouvement existe aussi au Etats-Unis (lien)

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Published by Actualités unitariennes - dans le judaïsme
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7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 18:21

semeurs_du_vivant.jpgParaît aujourd’hui un livre qui marquera pour nous : l’aventure de Terre du Ciel racontée par Alain Chevillat.

Devant beaucoup d’incompréhensions, Alain a ressenti une urgence à expliquer, et pour cela à raconter – et à se raconter.
« Ce livre-témoignage sera lu et aimé car il est authentique. Il restera dans les mémoires et les bibliothèques de toutes celles et ceux qui, de près ou de loin, sont entrés en contact avec Terre du Ciel. Ils apprécieront de lire ce témoignage qui est à la fois, le roman d’une vie, celui d’une expérience collective, mais aussi d’un combat “idéologique” et concret au service du Vivant. » a écrit Yacine Demaison, philosophe, soufi et ancien président de la fédération du scoutisme français.

Le côté novateur de cette aventure est joliment exprimé par Marguerite Kardos dans sa préface : “Terre du Ciel n’est pas une fleur à classer dans le grand livre de la botanique. Terre du Ciel est le printemps qui inaugure une saison d’éveil du Vivant en plein hiver.”

 

novembre 2010, 256 pages, format 16 x 24, 80 photos, 19€ (22,50 € franco)

 

Pour en savoir plus, voir le site du mouvement ( lien)

 http://www.terre-du-ciel.fr/semeurs_vivant.htm

 


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Published by Terre du Ciel
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7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 18:01

VS-maison-natale-de-MS-affiche-du-450---anniversaire-2003.jpgPour continuer à faire connaître Michel Servet, l'Institut, dont le siège est la maison natale de celui-ci, lance un appel à dons.

 

Vous pouvez faire vos dons par virement (numéro de compte ci-dessous) ou avec Western Union.


Nous vous remercions de votre atention et soutien, et vous souhaitons un joyeux Noël.

Sergio Baches Opi, directeur de l'Institut Michel Servet / Michael Servetus Institute

Villanueva de Sijena, Huesca, Aragón (Espagne)

site : htt://www.miguelservet.org (lien)

 

BAN or account number beneficiary: ES07 2085 2516 84 0300304715

Name of beneficiary: INSTITUTO DE ESTUDIOS SIJENESES MIGUEL SERVET

Address of beneficiary: CALLE RAMÓN J. SENDER, 21.

Postal code and city of benificiary: 22231 VILLANUEVA DE SIJENA-SPAIN

Details of payment (if needed):

BIC beneficiary bank: CAZRES2Z

Bank code: INCLUDED IN THE BIC BANK

Name bank benificiary: IBERCAJA

Address bank beneficiary: PLAZA MIGUEL SERVET, 1.

City bank benificiary: 22231 VILLANUEVA DE SIJENA-SPAIN

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Published by Onstituto de estudios sijenenses Miguel servet - dans à propos de Michel Servet
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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 11:26

Sur fond d'entretien d'une journaliste, Anne Kerléo, pour "Contre courant", une émission de Radios Chrétiennes Francophones (RCF) - "Les chrétiens du parvis : peuvent-ils être une chance pour l'Eglise ? Reportage lors du Rassemblement à Lyon du Réseau des parvis, à l'occasion de ses 10 ans" - , 71 photos de Claude Naud, dans un montage vidéo de Gérard Warengheim . Cliquer ici

 

domaine lyon saint joseph PB140778

Domaine Saint-Joseph à Sainte-Foy-lès-Lyon où eut lieu le rassemblement, photo. Jean-Claude Barbier, novembre 2010

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Published by Gérard Warengheim - dans les chrétiens se rassemblent
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