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10 juin 2010 4 10 /06 /juin /2010 18:28

Le bureau de l’Observatoire international de la laïcité, contre les dérives communautaires s'est prononcé le 17 mai 2010 contre le voile intégral dans les espaces publics. Le bureau de cette instance est composée de Jean-Michel QUILLARDET ; Fabien TAIEB ; Patrick KESSEL ; Alain VIVIEN ; Catherine KINTZLER ; Gérard FELLOUS ; Pascal LALMY; Jean-Daniel GODET. Cet observatoire affiche sa devise : "

" La laïcité est le droit et le devoir de parler haut et ferme au nom de la raison"


Burqa MinnieAu moment où le Parlement [français] examine une résolution et où le gouvernement s’apprête à proposer une loi portant sur le voile intégral, l’Observatoire international de la laïcité se déclare favorable à une législation interdisant le port du voile intégral dans tous les espaces accessibles au public.

Nous estimons qu’une décision politique consensuelle doit être prise, sans tarder, marquant clairement la ligne rouge au-delà de laquelle la laïcité française est bafouée d’un triple point de vue, philosophique, sociologique et juridique.


Nous tenons à souligner que le port du voile intégral est contraire, en bien des points, à ce que l’on appelle l’esprit laïque, à une façon de concevoir les rapports avec autrui dans un modèle républicain. Le voile intégral est en ce sens bien plus qu’un signe religieux et bien plus qu’un masque. Il n’est pas seulement une remise en question de la sécurité publique. Il n’est pas seulement le symbole intolérable de la soumission des femmes  qui bafoue la liberté et l’égalité. Il est contraire à la fraternité républicaine qui est une forme de civilité. Il n’affecte pas seulement celles qui le portent, il a pour effet de rejeter l’autre à une distance infinie. Il ne s’agit pas d’un quant-à-soi : c’est une façon de signifier que toute relation avec autrui est une « souillure », que l’autre est, par principe, indésirable et qu’il doit donc être exclu. Il s’agit nettement d’un refus du « vivre ensemble ».


Plus qu’un masque, le voile intégral est un effacement de la société française. Ce vêtement ne se contente pas de celer la singularité d’une personne en faisant obstacle à son identification, car, à la différence d’un uniforme, il rend la personne totalement indiscernable, y compris par rapport à toutes celles qui porteraient également ce vêtement. Il signifie alors que celles qui le portent n’ont pas droit à la singularité la plus élémentaire et la plus personnelle, celle du visage, en dehors de l’espace intime, à l’abri du regard d’autrui, de la société.


Nous considérons que le port du voile intégral est un refus de l’esprit laïque qui rend les citoyens français si sensibles à tout ce qui stigmatise une portion de l’humanité, en particulier lorsque cela se manifeste par des marques visibles. Contrairement à une idée répandue, cette sensibilité n’est nullement un signe d’intolérance, mais au contraire un signe de profond attachement à la liberté et à l’égalité des individus.

D’un point de vue sociologique, le port du voile intégral constitue une déclaration séparatrice qui conteste même la notion de civilité républicaine et vise à instaurer une forme de communautarisme. Plus encore, il crée, de façon visible, une caste d’intouchables à proprement parler. Il est plus qu’un simple signe car en même temps qu’il fait savoir le refus de la civilité, il le met en acte.

Enfin, d’un point de vue juridique, il n’est nullement acquis que le bannissement du voile intégral de la sphère publique  puisse être contraire au principe constitutionnel de laïcité. Quant à l’avis du Conseil d’Etat, il faut remarquer que la jurisprudence de celui-ci a constamment évolué au cours des années et que, disant la loi, il ne la fait pas – prérogative de la représentation nationale. Rappelons que l’adoption, le 15 mars 2004, de la loi interdisant, dans les établissements scolaires, le port de signes manifestant une appartenance religieuse, s’était faite sans tenir compte de l’avis contraire du Conseil d’Etat.


L’Observatoire international de la laïcité estime, pour ces raisons, qu’une législation d’interdiction totale du voile intégral ne peut être qu’une bonne chose pour la laïcité en général.

 

Pour en savoir plus, voir le site  de l'Observatoire

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Published by Observatoire international de la laïcité - dans l'islam et le voile intégral
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10 juin 2010 4 10 /06 /juin /2010 16:54

linceul-de-turin_ian-wilson.jpgIan Wilson, mars 2010 - l'Enigme du Suaire, la contre enquête, chez Albin Michel, Paris, 416 p., 22,50 euros

 

Alors que toutes les analyses donnaient le linceul de Turin comme authentique à 99 % (chiffre scientifiquement "correct" qui veut dire à 100% ! ), la datation au carbone 14 donna une date complètement contradictoire, renvoyant au Moyen-Age. Bref, le cul entre deux chaises ! Non confirmation avec pourtant une technique très fiable, mais en même temps impossibilité d'en revenir à l'hypothèse d'un faux !


Drôle de situation qui n'a pas empêché de dormir les scientifiques dont certains confondent manifestement technologie d'un laboratoire de recherche et recherche scientifique proprement dite. Le Linceul fut tout simplement mis au placard ! En fait, c'est un artisan du textile qui a compris la contradiction : les analyses ont été faites sur des échantillons en bordure du linceul (l'Eglise n'ayant pas voulu que l'on touche plus à l'intérieur !). Mais voilà ! les échantillons ont été pris sur des bords ravaudés (car on y avait auparavant prélevé maintes reliques !) précisément lorsque le tissus était en France. Les analyses ont donc daté le ravaudage (au moyen de fils de coton légèrement teints en ocre), confirmant le travail de préparation avant la première ostentation du linceul à Lirey-en-Champagne. Retournement spectaculaire de situation car cette datation, finalement, confirme une importante étape historique.

 

Voir notre dossier sur le linceul de Turin (dit "Suaire"), dans les Etudes unitariennes (lien).

 

Quant aux religieux, ils nous disent fort doctement qu'on n'a pas besoin de preuves pour croire ! Ben, voyons ! Il faudrait les croire sur leur bonne mine et leurs bonnes paroles. Certains nous prennent vraiment pour des cons : il nous faut sans cesse prier pour avoir la grâce, la foi, pour adhérer les yeux fermés aux "saints" mystères, et patati et patata. De ce discours piétiste aux naïfs, nous n'en voulons plus.

 

Nous voulons savoir si Jésus a réellement existé historiquement, ce qu'il a fait, ce qu'il a dit, quel était son projet, comment il est mort, s'il est possible de ressusciter d'entre les morts ou bien si son corps a été enlevé (par sa famille ? par ses disciples ? par les esséniens ?). C'est le moins que des chrétiens d'aujourd'hui sont en droit de demander ! Est-ce trop exiger aux prédicateurs et autres sermonneurs cléricaux ? 


Alors, pour une fois qu'on a des vestiges archéologiques sur Jésus, eh bien étudions les !

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Published by Jean-Claude Barbier - dans le temps des évangiles
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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 21:18

Ils sont là, avec leur visage d’ange,

affiche-croire.jpgPrêchant, de ci, de là, la fausse vérité,

Le monde est foutu, ça vous dérange,

Et ce discours vous l’écoutez.

 

Alors, ils font promesse de vous sauver,

Leur Dieu est fort et vous promet l’éternité,

Ame fragile, corps affaibli d’une maladie,

Vous y cédez, inconsciemment, petit à petit.

 

Ils rentrent dans votre vie, vous désintègrent,

Vous les suivez, et vous soumettez,

Y engloutissez même ceux que vous aimez,

Vous êtes perdu, leur « foi » est allègre !

 

De vos enfants, ils feront des esclaves,

Et vous ne verrez aucune entrave,

Ils les violeront, et les marieront,

Avec plus vieux, c’est si bon !

 

De votre argent, il se serviront,

Pour pouvoir sucer ce sang,

Qu’un jour, ils vous interdiront,

Si vous en mourrez, leur dieu vous attends !

 

Voilà ce qu’ils ont promis,

A celle que j’ai aimée,

Voilà ce qu’ils ont manigancé,

Pour qu’elle me quitte, moi son ami !

 

Elle a été violée et meurtrie,

Par ces bonimenteurs qu’on oublie,

Aujourd’hui, ils l’ont rattrapé,

Et la condamnent au nom de l’unité !

 

Voilà la vraie et cruelle vérité,

De ceux qui se prétendent sauveurs du monde,

Ils ne sont que représentants de la bête immonde,

Combien d’autres vont-ils tuer ?

 

par Frédéric, posté le 27 novembre 2007 sur un site réservé aux poètes

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Published by Frédéric - dans les dérives sectaires
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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 18:20

La Fédération des vétérinaires d'Europe s'oppose aux abattages casher (par le judaïsme orthodoxe) et halal (prescrit par l'islam orthodoxe) qu'elle considère comme extrêmement cruels. Ces pratiques supposent en effet que l'animal ne soit pas étourdi avant sa mise à mort. Alors que l'étourdissement est obligatoire dans l'union européenne pour diminuer la souffrance de l'animal, dans un souci de tolérance vis-à-vis des groupes religieux, certains pays ont pourtant mis en place un régime de dérogation pour l'"abattage rituel". Heureusement certains pays n'autorisent aucune dérogation, mais hélas en France et en Belgique, ce n'est pas le cas. Il s'ensuit que les animaux sont directement égorgés sans anesthésie et qu'on les laisse se vider lentement de leur sang.

 

wassila-marque-distributeur-casino-100-hallal-L-1- Le bouddhisme et l'hindouisme, par respect de la Vie, s'opposent à la cruauté envers les animaux (et encouragent notamment le végétarisme).

- Quant aux chrétiens, dans la pratique, la viande casher leur a été interdite à plusieurs moments de leur Histoire mais seuls certains petits groupes s'y opposent aujourd'hui de même que pour l'halal.

- Les laïques y sont souvent opposés notamment parce qu'ils sont contre l'immixtion du religieux dans l'espace public.

 

Demandons l'interdiction de ces pratiques extrêmement cruelles et refusons l'imposition de ce type de viande dans les cantines, écoles, snacks, etc.

 

Deux pétitions sont ouvertes : celle de GAIA (Global Action in the Interest of Animals) contre l'abattage halal  (lien) et celle de PETA (People for the Ethical Treatment of Animals) contre les abus scandaleux se passant au cours de l'abattage la casher de bovins en Uruguay, premier exportateur de viande casher à la fois aux États-Unis et en Israël (lien).

 

Wassila est la marque distributrice des produits hallal à Géant Casino

 

"Nous devons apprendre à respecter la vie sous toutes ses formes : il ne faut détruire sans raison aucune de ces herbes, aucune de ces fleurs, aucun de ces animaux qui sont tous, eux aussi, des créatures de Dieu" (Théodore Monod)

 

Information transmise par Nicolas Semaille au forum des "Unitariens francophones" (lien), le 7 juin 2010

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Published by Actualités unitariennes - dans la défense des animaux
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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 15:17

Jean-Claude Barbier, vignette, mai 2008"Conseils aux communautés religieuses", par Jean-Claude Barbier, fondateur de l'Eglise unitarienne francophone et, entre autres activités, responsable des Actualités unitariennes (lien)

Aux premiers temps du christianisme, les apôtres (
Paul, Pierre, Jude) ou les Anciens (Jacques le frère de Jésus, Jean l’Ancien, un autre Jean), écrivaient des épîtres pour encourager les communautés naissantes, puis, au IIème siècle ce fut au tour des évêques (Clément de Rome, Ignace d’Antioche, Polycarpe de Smyrne, etc.) *

* voir les écrits des Pères apostoliques mis en ligne  par les éditions du Cerf, et, sur le rôle des évêques au IIème siècle voir notre article  « le montanisme face aux évêques »

Les Quaker ont maintenu cette belle tradition des épîtres envoyées aux autres communautés.

 

La salutation entre communautés rétablit la mosaïque fraternelle d’un christianisme multipolaire que cette religion a malheureusement perdue en ce qui concerne certaines confessions à cause des hiérarchies ecclésiales qui se sont mises ultérieurement en place, le cas de la papauté étant le cas le plus extrême.

Oui, il nous faut nous encourager mutuellement, échanger nos expériences, cheminer ensemble. Et ceci sans nous enfermer dans nos seules confessions : nous sommes d’abord des chrétiens * avant que d’être de telle ou telle confession, sinon la référence à Jésus devient un signe de discorde et non plus d’unité et de communion.

* Voir notre article sur "le christianisme post-confessionnel" mis en ligne sur le site Profils de libertés, le 20 janvier 2005, dans la rubrique " Chroniques "

Les mouvances libérales l’ont bien comprises qui pratiquent un œcuménisme d’emblée et des célébrations libres (lien). Au-delà des Eglises confessionnelles qui enferment le fidèle dans un credo communautaire, une liste de sacrements, une liturgie codée, des habitudes bien rôdées, il nous faut apprendre la communion au sein d’assemblées désormais hétérogènes, volontiers post-confessionnelles, où les opinions individuelles peuvent se dire, où les traditions peuvent s’exprimer avec leurs couleurs, où la diversité donne lieu à un partage.

* Voir le Cahiers Michel Servet n° 1, novembre 2004, Le culte chrétien de maison, le partage de la parole, du pain et du vin avec des amis et des voisins. Cahier préparé par Jean-Claude Barbier, Fraternité unitarienne de Bordeaux, nouvelle édition en septembre 2005, 12 p. + 4 de couverture (lien). Voir aussi les cultes mensuels de l'Eglise unitarienne francophone (EUfr) organisés sur ce principe (lien).

 

Dès lors les salutations sont transversales aux confessions, aux Eglises institutionnelles ; elles s’adressent à des communautés concrètes, vivantes, "en chair et en esprit" pour reprendre une expression chère à Ignace d’Antioche.

à suivre ...

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Published by Jean-Claude Barbier - dans épîtres d'aujourd'hui
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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 14:57

suite de l'article précédent


L’un des enjeux modernes de nos communautés religieuses réside dans la gestion de nos diversités internes. Il faut de la part des animateurs beaucoup d’attention aux uns et aux autres, ce que recommandait déjà Ignace d’Antioche au jeune évêque qu’était Polycarpe de Smyrne dans les années 110, mais aussi une bonne organisation démocratique : des responsables élus qui jouissent de la confiance effective de l’Assemblée et qui se situent au-dessus des courants et des sous-groupes s’il y en a, en tout cas qui soient ouverts à la liberté d’expression et aux diverses sensibilités.

Une démocratie « compréhensive » qui doit aller jusqu’à prévoir des espaces libres pour que des voix minoritaires, voire particulières puissent se faire entendre : des articles d’auteurs et pas seulement les communiqués « officiels » d’un bureau, d’un évêché, d’une Eglise institutionnelle, des sites indépendants et pas seulement des sites officiels (en cela les blogs sont une nouveauté tout à fait opportune), des forums (les groupes Yahoo ont été par exemple mis à profit par les groupes unitariens en émergence), des rubriques réservées aux prophètes (tient, "on" les a oublié ceux là ! dans la plupart de nos communautés chrétiennes alors qu’ils étaient bien présents au Ier siècle), voire même pour des coups de gueule et de saintes colères, etc. (c’est ce que les Actualités unitariennes ont fait avec la rubrique « à contre courant, la voix des prophètes »)

 

Que les « gendarmes », qui ont toujours peur des débordements, se rassurent : il existe des modérateurs pour les forums et les éditeurs de site indépendant engagent aussi leur responsabilité et respectabilité ! Et puis les auteurs, étant responsables de leurs propres textes, ont tout intérêt à en soigner la rédaction dès lors que c’est publié !

Contrairement au modèle épiscopal qui se met en place au IIème siècle et qui, au nom de l’unité de la communauté, veut tout contrôler, les responsables doivent tolérer, accepter, permettre des voix divergentes, encourager même la formation d’autres groupes, associations ou mouvements si les contradictions ne permettent plus un travail en commun dans de bonnes conditions. Chaque famille de pensée, chaque courant doit pouvoir s’exprimer et approfondir sa réflexion.

 

C’est d’ailleurs par cette dynamique que les convergences peuvent s’opérer à terme. Théodore Monod disait que nous empruntons des chemins différents mais que c’était pour atteindre un même sommet de montagne. Le Mahamat Gandhi invitait chacun à l’excellence de sa voie. Là aussi, n’ayons pas peur des frictions de départ, des dissidences et autres étincelles : les séparations visent une meilleur identité et cohérence, mais toutes sont appelées à la transcendance.

Les relations peuvent être maintenues sur la base du respect réciproque et du désir d’échanger. C’est là un apport du congrégationalisme où chaque communauté se gère souverainement (comme celles du christianisme du 1er siècle), apportant aussi une décrispation en permettant à chaque contestataire, dissident, schismatique ou hérétique … ou tout simplement entrepreneur religieux, d’organiser son propre groupe.

Des instances de coordination nationale ou internationale, fonctionnant comme des réseaux peuvent ensuite proposer des espaces de rencontre en laissant les groupes libres d’y adhérer ou non.

 

Les mouvances unitariennes fonctionnent ainsi : sur près d’un million de fidèles et sympathisants et la présence des unitariens dans tous les continents (lien), les groupes qui se tiennent à l’écart des autres sont rarissimes. Chaque pays a une instance nationale qui n’est pas du tout une fédération qui parlerait au nom de tous, mais qui est minimaliste et fonctionne comme un réseau sans vouloir se suppléer à ses membres ; c’est, pour la France, le Conseil des unitariens et universalistes français (le CUUC, mis en place en mars 2008) (lien ), et au niveau mondial l’International Council of Unitarians and Universalists (ICUU), lequel réseau s’avère parfaitement capable de mobiliser en toute fraternité les Eglises historiques restées à 100% chrétiennes et qui se disent protestantes, les chrétiens unitariens des autres pays, les universalistes qui sont des chrétiens considérant que le Dieu Amour sauve toute personne inconditionnellement et enfin des unitariens-universalistes dont la majorité sont d’autres croyants provenant d’autres religions (soufis, bouddhistes, baha’is, etc.), des agnostiques et des athées spirituels (voir notre éloge  de l’unitarisme universalisme sur le site de notre Eglise francophone).

à suivre ...

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Published by Jean-Claude Barbier - dans épîtres d'aujourd'hui
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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 14:35

Une communauté ou famille religieuse (groupe, association locale, mouvement, Eglise locale, réseau, fédération, etc.) a parfaitement le droit de se réunir sur la base d’une théologie, d’un credo, d’un manifeste, d’une tradition, etc., même si elle émarge à un champs religieux plus vaste.

 

Au sein de la mouvance unitarienne contemporaine par exemple les diverses composantes maintiennent leur propre identité : les Eglises historiques (en Transylvanie et Hongrie) qui se disent protestantes, les chrétiens unitariens qui se situent en continuité et qui ont rédigé un manifeste en août 2007 (lien ), les universalistes qui sont héritiers de la théologie du salut universel (lien ), les unitariens-universalistes qui se réfèrent à la charte signée à Boston en 1961, etc.

 

Conformément à ses valeurs, à sa tradition, elle est habilitée à faire entendre sa voix dans l’espace publique, en qualité de mouvement, de famille spirituelle, de mouvance * organisée et disposant d’instance commune, etc.
* sur la notion de mouvance religieuse, voir notre article  dans la rubrique « le vocabulaire religieux » du site des chrétiens unitariens

 

Elle doit toutefois le faire conformément à sa nature : elle n’est pas un parti politique ! Elle n’est qu’une voix parmi d’autres au sein de la société civile, et doit donc respecter les autres et éviter les tentations intégristes et d’hégémonie. Etre non violente, etc.

Enfin et surtout respecter les sensibilités de ses membres. Trop de positions hâtives mènent à des scissions après le forcing de meneurs militants ou des décisions sans concertation suffisante. Il vaut mieux des articles d’auteurs plutôt que des décisions d’appareil ; une liberté d’organisation locale plutôt que des règles uniformes, des synodes qui invitent à faire ceci ou cela plutôt que des décisions à appliquer du jour au lendemain. Au lieu de vouloir prendre des positions à l’instigation des militants à juste titre engagés, les assemblées se doivent plutôt de soutenir les engagements individuels ou de groupes, lesquels – en cas de conflit – peuvent opérer dans les camps opposés : à chacun alors de vivre cela en faisant œuvre de paix !


Les Actualités unitariennes par exemple n’hésitent pas à prendre position sur des questions de société ; elles ont entre autres mené campagne contre le port du voile intégral. Mais elles l’ont fait avec des articles d’auteur, et puis aussi parce qu’il s’agit d’un site non institutionnel, n’engageant donc pas « officiellement » toute la mouvance unitarienne française / francophone. Par ailleurs, l’existence d’un réseau (celui de la Correspondance unitarienne, fondé à Bordeaux en octobre 2002) et d’un forum (le groupe Yahoo Unitariens francophones, fondé en avril 2005 et qui a quelques 110 membres à ce jour) (lien) permet aux responsables et animateurs d’être attentifs aux avis, aux réactions des uns et des autres, de donc de tenir compte des sensibilités diverses, de mieux naviguer, d’éviter les excès, de ne pas faire du forcing par conviction personnelle, à tenir compte des avis opposés.


Au lieu de vouloir prendre des positions communes, une communauté religieuse a tout intérêt à soutenir les engagements individuels de ses membres, à les valoriser, à les faire connaître, même s’ils sont non seulement divers mais contradictoires – car la vérité n’est jamais d’un seul camp et les questions à résoudre sont plus complexes que les seuls faits qui ont motivé l’engagement initial des militants. Une réflexion élargie doit être organisée avec des débats contradictoires et des synthèses lorsque celles-ci sont possibles. A défaut de consensus, le compromis n’est nullement honteux lorsqu’il permet d’arriver à une étape en gardant la cohésion de la communauté et en attente d’autres progrès ultérieurs.

Loin des fanatismes, loin des forcing militants, mais aussi loin des ronronnements paroissiaux, les communautés religieuses peuvent être des milieux d’apprentissage du vivre ensemble, de la démocratie. C’était là une idée
forte du théologien unitarien américain James Luther Adams (lien) face à la montée du nazisme en Europe dans les années 1930.

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5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 19:12

Chaque ville européenne sait mettre en avant les héros de son histoire. Il en va de son image de marque, de son identité et de son tourisme. Des associations d’historiens locaux et d’universitaires reçoivent l’aide des municipalités. A l’occasion du Colloque internationale organisé par l’Association Giorgio Biandrata à Saluzzo, les 21-22 mai 2010 (lien ), ce fut une mise en relation entre plusieurs villes de mémoire : celle de Saluzzo où naquit G. Biandrata, Villanueva de Sijena, la ville natale de Michel Servet en Aragon (représentée par Sergio Baches Opi, secrétaire général de l’Instituto de estudios sijenenses Miguel Servet) et Genève (en la personne du pasteur Vincent Schmid, titulaire de la chaire du temple « cathédrale Saint-Pierre »).

Genève

Situé au coeur du Parc des Bastions, en plein centre ville, le Mur des Réformateurs (ou Monument international de la Réformation) a été construit en 1909, année du 400e anniversaire de la naissance de Jean Calvin (l'un des initiateurs de la Réforme protestante) et année du 350e anniversaire de l'Académie de Genève (ancêtre de l'université). Ce mur est adossé à l'une des murailles qui entourent la colline de la vieille-ville de Genève. Les quatre grandes figures du mouvement protestant sont représentées au centre du mur et ont une hauteur de cinq mètres : Guillaume Farel (l'un des premiers prêcheurs protestants), Jean Calvin, Théodore de Bèze (successeur de Calvin) et John Knox (initiateur du culte presbytérien en Ecosse), tous quatre vêtus de la robe de Genève et tenant la Petite bible du peuple chrétien à la main. Derrière elles, on peut lire la devise de la Réforme de Genève : Post Tenebras Lux, Après les ténèbres, la lumière.

 

Geneva_monument_international_de_la_reformation.jpg

 

De part et d'autre des figures centrales se trouvent les statues et bas-reliefs représentant les grandes figures protestantes des différents pays calvinistes et des éléments cruciaux dans le développement du mouvement : À gauche du groupe central, l'amiral de Coligny pour la France, Guillaume Ier Le Taciturne pour les Pays-Bas et Frédéric-Guillaume de Brandebourg, protecteur des réfugiés huguenots, pour l'Allemagne. À droite du groupe central se trouvent Roger Williams pour la Nouvelle-Angleterre, Olivier Cromwell pour la Grande-Bretagne et Itsvan Bocskay pour la Hongrie. Aux extrémités respectives de l'esplanade faisant face au monument, deux stèles rappellent le souvenir de Martin Luther, l'instigateur du protestantisme, et d'Ulrich Zwingli, l'un des hommes qui ont converti la Suisse à celle-ci.

 

Le 3 novembre 2002, lors de la fête de la Réformation, ont été gravés dans la pierre du mur le nom de trois autres précurseurs de la Réforme : Pierre Valdo, John Wyclif, Jean Hus et celui de la première femme à y figurer, au titre de théologienne et historienne de la Réforme, Marie Dentière, originaire de Tournai. D'une longueur de cent mètres, le mur est un voyage à travers un demi-siècle d'histoire du protestantisme. L'ensemble est protégé par une pièce d'eau rappelant le fossé des anciennes fortifications.

 

En plus, en avril 2005, un Musée international de la Réforme (lien ) a été ouvert dans la prestigieuse maison de Gédéon Mallet, Cette demeure bourgeoise date de 1722 et a été construite par le descendant d’une famille huguenote réfugiée à Genève au XVIème siècle, sur l’emplacement même du cloître de Saint-Pierre où les Genevois adoptèrent la Réforme en 1536.

 

Et puis, à l'écart, sur les pentes de la colline de Champel, en repentance des calvinistes, la stèle dédiée à l'Espagnol Michel Servet érigée le 1er novembre 1903 sur le lieu de son martyr.

 

Villanueva de Sijena (Aragon, Espagne)


salaberri.gifL’Instituto de Estudios Sijenenses “Miguel Servet”, fondé en 1976 par D. Julio Arribas Salaberri (1911-1984), professeur de Commerce et fonctionnaire local (photo jointe), anime un musée consacré à Michel Servet dans sa maison natale ; le père de M. Servet était notaire royal desservant le Monastère de Sijena, au sud du village. Ce monastère avait été fondé en 1188 par la reine Doña Sancha, épouse de Alfonso II El Casto, et servit de panthéon pour la famille royale ; puis Doña Blanca, fille de Jaime II de Aragón, le donna à l’Ordre Saint-Jean de Jérusalem. L’institut est de statut laïc et à un caractère culturel. Il est activement soutenu par la municipalité d’une petite localité de 500 habitants, dans la région des Monegros, au nord de l’Elbe.


Un monument à Michel Servet y a été érigé en 1975 sur la place du village. Il est la réplique d’une des quatre statues qui ornent la façade de l’auditorium de l'Université de Saragosse, anciennement Ecole de Médecine et des Sciences. La statue représentant Michel Servet fut commandée à Dionisio Lasuén, grand sculpteur aragonais de la fin du XIXème siècle. Il représente le héros en penseur assis sur une chaise.

Saluzzo (Piémont, Italie)


saluzzo participants 4Le projet d’un colloque autour de la figure de G. Biandrata a été initié en 2008 par l’Association Giorgio Biandrata - Saluzzo, parallèlement avec la composition d’une pièce de théâtre par la Compagnie du Marquis avec Ugo Rizzato comme auteur et Vater Scarafia comme metteur en scène : « Giorgio Biandrata : la Volpe ed il Leone » (le renard et le lion).

 

Quelques participants du colloque en visite de la Casa Cavassa, photo J.-C. Barbier

 

Cette association a été fondée par Gigi Ferraro, un journaliste italien de rang national, et a reçu le soutien d’universitaires de Turin réunis autour de Massimo Firpo qui y enseigne les sciences des religions et d’universitaires de Gêne. Sergio Carletto, directeur du CeSPeC (centre d’étude sur la pensée contemporaine) à l’université de Turin fut la cheville ouvrière de ce colloque.

Par leur participation à ce colloque, les chrétiens unitariens d’Italie, de Transylvanie et de France ont montré leur sensibilité à l’histoire des Réformes protestantes du XIVème siècle européen où leur confession émergea, en Pologne et en Transylvanie, du courant anti-trinitaire.

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Published by Jean-Claude Barbier - dans à propos de Michel Servet
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5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 12:26

" [...] Il y a de plus en plus de catholiques qui n’attendent plus l’autorisation de leur hiérarchie pour exprimer publiquement ce qu’ils pensent être fidèle au projet évangélique de Jésus.


C’est avec la même sérénité que nous poursuivons depuis la Pentecôte 1991 notre travail de Libre pensée chrétienne.  D’éminents théologiens nous éclairent sur le chemin de notre recherche et un des aspects les plus importants de notre entreprise est de mettre leur travail à la portée de ceux et celles qui n’y ont pas accès, pour différentes raisons.


Ainsi, par exemple, des personnes qui fréquentent des musulmans dans la vie quotidienne se trouvent souvent confrontées à la question du monothéisme.  En effet, comment pouvons-nous espérer convaincre ces musulmans - et c’est la même chose pour les juifs – que nous sommes monothéistes si nous continuons à exprimer notre foi dans le langage de la dogmatique trinitaire de Nicée-Constantinople ?


[...] Plus que les musulmans et les juifs, ce sont sans doute les agnostiques et les incroyants qui nous incitent à cet effort d’actualisation du message chrétien dans notre culture contemporaine.  Car toutes les religions sont confrontées au même problème : leurs ‘fondamentalistes’ pensent que, pour être fidèles au message de leur foi, il faut aussi l’exprimer dans les formes ou dans le langage de leurs sources de référence. Autrement dit, ils étendent le caractère sacré de l’expérience mystique de leurs ‘fondateurs’ à ces prophètes ou visionnaires eux-mêmes et à leurs paroles et gestes.  On retrouve ce phénomène de ‘sacralisation’ vis-à-vis des Saintes Ecritures, de la Sainte Tradition, et même de l’institution confessionnelle à laquelle on appartient.  Dans le cas de l’Eglise – non seulement catholique – c’est particulièrement remarquable : notre Mère la Sainte Eglise, Sa Sainteté le Pape, etc…


Finalement, un aspect majeur de l’échec fréquent du dialogue croyants/incroyants réside dans le déplacement des notions de sacré ou de transcendance.


Souvent les religions ont dénié à l’humanité son caractère sacré si elle ne passait pas par les modalités confessionnelles qu’elles avaient absolutisées.  Souvent, encore aujourd’hui, le discours religieux limite le champ de la transcendance aux expériences mystiques du passé qu’il idéalise et sur lesquelles il fonde son autorité.


Voici à ce sujet quelques lignes de Gabriel Ringlet  : "Il faut… que des chrétiens et des laïcs, des croyants, des agnostiques, des athées, osent interroger ensemble le ‘sacré’ qui les réunit, la ‘transfiguration’ qui les dépasse, la ‘transcendance’ qui les habite.  J’ai dit d’entrée de jeu la difficulté d’utiliser ces mots, mais vous en devinez le sens, même en balbutiant.  Comment, en d’autres termes, approcher, chacun à sa manière, chacun selon sa foi, et même pour des motifs différents, l’intériorité de l’homme ?
.


Je suis convaincu que, les uns comme les autres, nous avons avantage à nous rencontrer dans une quête que j’ose appeler spirituelle et qui, loin d’exclure la démarche scientifique et les lumières de la raison, les appelle en renfort.  Serait-ce la ‘spiritualité manquante’ ou ‘authentique’ dont parle Luc Ferry
(L’Homme-Dieu ou le sens de la vie. Paris Grasset 1996). Pour le chrétien, l’enjeu porte évidemment sur la possibilité de concilier ‘libre examen’ et ‘révélation’, car il n’y a pas de demi-libre examen !  Pour le laïc, ce peut être une révolution de ‘réconcilier enfin humanisme et spiritualité, souci de la liberté de conscience et sentiment de la transcendance des valeurs les plus profondes’.  Comme Ferry, je choisis de me tenir à ce point de croisement…" (L’Evangile d’un libre penseur, Albin Michel 1998) 

 

Il est clair que nous sommes ici au cœur de la démarche de Libre pensée chrétienne.


Il a été possible autrefois de penser que les facultés humaines de discernement – souvent limitées dans les termes "l’intelligence" ou "la raison" - devaient s’effacer devant cette faculté dite "surnaturelle" qu’est la foi, chaque fois qu’il s’agissait d’aborder les domaines du mystère ou de la transcendance.


La revendication qui s’exprime de nos jours est en quelque sorte celle de l’abolition des frontières entre des domaines que des hommes ont décrétés sacrés ou profanes, naturels ou surnaturels…


Le côté positif de cette revendication est de sortir de ce que Bernard Feillet appelait "les certitudes simplifiantes du discours", d’oser remettre en question ce que Marcel Légaut appelait "les présupposés philosophiques sur lesquels est construite" la doctrine de nos institutions religieuses. [...]


André VERHEYEN   " Pourquoi Libre pensée chrétienne ? " (sans date, 2004 ?), reproduit dans la revue Libre pensée chrétienne n° 10, avril-mai-juin 2010, dans la rubrique "Le mot d’André …".  Fondé à la Pentecôte 1991, ce mouvement perdura après la mort de son fondateur, le père André Verheyen décédé en 2007 (voir le site de LPC).

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5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 11:39

Comment ne pas se sentir solidaire des mouvements de protestations qui se font jour actuellement dans l'Église catholique à propos des nombreuses décisions autoritaires prises par l'institution. Celle-ci dans le passé s'est montrée incapable de préparer le peuple de Dieu à assumer les temps difficiles auxquels l'Église est affrontée aujourd'hui. Tant de questions ont été trop longtemps éludées.

Beaucoup d'interventions aujourd'hui sont justes et utiles. Mais elles sont faites de l'intérieur des milieux catholiques. Pour qu'elles soient encore plus efficaces, il faudrait qu'elles concernent un public ni seulement catholique, ni seulement enraciné dans certains courants sociopolitiques. C'est pourquoi j'ai cru que, en liaison fraternelle avec d'autres interventions, il serait bon d'adresser un semblable appel à un public plus vaste, celui du Monde, catholique ou non, car l'avenir de l'Église concerne tout homme. Il faut que ce mouvement d'inquiétude et de protestation puisse être le fait de tout homme, épris de liberté et de dignité ; car l'Église, indirectement, retentit sur tout le devenir social et culturel de mon pays, et bien au -delà.

Les Eglises ont toujours à se remettre en cause. Le passé du christianisme ne garantit en rien de l'avenir des Eglises. La foi en Jésus ne conduit pas à affirmer que l'Église catholique demain ne sera pas fort différente de celle d'hier.

Mon Église sera-t-elle capable de la mutation qui lui est nécessaire pour ne pas être condamnée à devenir seulement une secte enfermée sur elle-même sous le couvert de doctrines incompréhensibles pour la plupart des hommes, à s'enliser peu à peu dans la société des hommes, qui en viendront à l'ignorer, ou à ne voir en elle que du folklore ?

Ou encore mon Église se réduira-t-elle sans se l'avouer à n'être qu'une entreprise humanitaire à la remorque d'organisations qui, bien avant elle et souvent malgré elle, se sont efforcés de faire régner plus de justice dans le monde ? Elle en a certes la tentation en faveur des pays du tiers-monde, où elle espère trouver, à moindres frais doctrinaux un accueil plus favorable que celui des milieux plus cultivés de l'Occident. Trop souvent, des positions doctrinales ou des décisions pastorales de haut niveau viennent contredire, effectivement et pratiquement, quelques déclarations, ponctuelles et théoriques, de solidarité avec la cause des pauvres.

Ou encore se limitera-t-elle aux liturgies festives qui permettent aux individus de célébrer les grandes heures de la vie ? Se bornera-t-elle à jeter en pâture à la foule les réjouissances des pèlerinages et les kermesses des grands rassemblements ?

 

Faudra-t-il que mon Église ait à passer par une sorte de mort pour que, du milieu des ruines qui se seront accumulées au long d'un lent et continuel effondrement, jaillisse de nouveau une véritable source de vie ?

Tout porte à le craindre, quand on constate combien les autorités religieuses de mon Eglise ont peine à regarder la situation avec sérieux et réalisme, à reconnaître l'importance des causes qui sont à l'origine de la crise actuelle, et à tenir compte, à cet effet, des connaissances, des techniques et des conditions de vie nouvelles.

Avec quelle assurance, sans saisir leurs dimensions, ne tranche-t-elle pas de questions toujours plus complexes ! Avec quelle résolution, sous-tendue de violence, elle se refuse à faire confiance aux chrétiens qui cherchent à trouver des solutions à des problèmes radicalement nouveaux ! Avec quelle hauteur elle les traite lorsqu'ils n'acceptent pas de se laisser lier aux manières de penser et aux comportements de discipline du passé ! Quel gaspillage dans le rejet de tant de bons serviteurs qui comptent souvent parmi les meilleurs

Ce gaspillage conduit insensiblement et inéluctablement mon Eglise, malgré la présence en elle de quelques fortes et solides personnalités, à une médiocrité généralisée... Pour préparer l'avenir les autorités actuellement en place ne savent plus que se tourner vers le passé qui les a formées, qui les a promues, dont elles sont issues et qui les gardent prisonnières. C'est ainsi que meurent toutes les aristocraties !

Et par ailleurs, avec quelle facilité le peuple chrétien n'emboîte-t-il pas le pas à ceux qui le gouvernent, qui le rassurent en se rassurant eux-mêmes. Comme il fait de leur cécité et de leur optimisme l'occasion de l'exercice de sa foi et de son espérance !

Sans nul doute, plus ou moins rapidement dans les temps qui viendront, les croyants qui resteront chrétiens auront à vivre leur foi dans l'isolement. Dans cette situation de diaspora, puissent-ils à quelques-uns, se rencontrer en esprit et en vérité. Réunis au nom de Jésus, souffrant ensemble de voir dans quel état de pauvreté culturelle et spirituelle se trouve leur Eglise, sans désespérer, ils recevront de lui un avenir plus digne de l'Evangile.

Un nouveau regard sur l'avenir sera ainsi donné à ces êtres de foi et de fidélité pour qui Jésus cst le vivant qui a montré à tout homme le chrétien à découvrir pour s'accomplir dans son humanité. Et si, par malheur, mon Église, momifiée par un conservatisme matérialiste, manquait à sa mission, les réactions seraient tellement fortes que jamais ne s'évanouira la percussion spirituelle provoquée par Jésus. Non ! jamais ne passeront la présence active, le souvenir actif de Jésus.

 

texte reproduit dans le bulletin n° 234, juin 2010 Quelques nouvelles de la mouvance des Amis de Marcel Légaut (lien)

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