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5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 11:18

Le texte qui suit date de 1905. Il est du père Lucien Laberthonnière, oratorien, célèbre philosophe (1860-1932) qui tenta en son temps de présenter un christianisme crédible pour ses contemporains en conjuguant fidélité à la source évangélique et les exigences de la pensée critique de son époque. Les responsables de son Eglise, crispés sur une doctrine figée, le condamnèrent au silence jusqu’à sa mort. On appréciera la justesse de son propos et son étonnante actualité : à cent ans de distance, l’enjeu est le même et le chantier à peine amorcé. Jacques Musset (Les Amis de Marcel Légaut)


"Ce qui caractérise notre époque au point de vue religieux, c'est incontestablement que pour la très grande majorité des esprits le christianisme a perdu son sens. Et ce n'est pas vrai seulement de la masse qui ignore, c'est vrai surtout et particulièrement de ceux qui savent, qui vivent dans les Académies, les Universités, les Écoles.(…)


C'est en nous laissant ainsi pénétrer par elle que nous pourrons la pénétrer à notre tour. C'est en cherchant avec elle que nous pourrons l'amener à retrouver avec nous le sens du christianisme qu'elle a perdu. C'est en participant à elle fraternellement, en prenant à notre compte ses misères, ses défiances, ses besoins, que nous pourrons faire apparaître en elle la vérité du Christ, non pas certes comme une étrangère qui viendrait on ne sait d'où, mais comme la parole de vie qui lui manque lors même qu'elle la rejette et la méconnaît. Le Christ nous a communiqué sa vérité en partageant notre humanité, en se faisant l'un de nous, le plus humble et le plus misérable en vivant parmi nous et en parlant notre langue. Pour la communiquer aux autres après l'avoir reçue, nous ne saurions légitimement prétendre à procéder autrement que lui : le levain ne fait toujours fermenter la masse qu'en s'introduisant en elle.

 

Mais aussi les autres ne seront pas seuls à en profiter. Nous ne pouvons pas considérer en effet qu'aller à eux pour chercher avec eux, ce soit simple condescendance de notre part. Rien ne mettrait plus de distance entre eux et nous qu'une telle attitude. C'est bien réellement pour nous comme pour eux nécessité : car pour être chrétiens nous n'en sommes pas moins des hommes ayant également à travailler et à lutter pour vaincre en nous l'ignorance et l'erreur.

 

La vérité du Christ ne nous éclaire toujours que dans la mesure où nous nous y appliquons de toute notre âme pour la faire fructifier. Elle a toujours besoin de grandir en nous et de se dégager des étroitesses qu'inévitablement nous lui imposons en la concevant. Et précisément elle grandit, elle se dégage, elle rayonne, en même temps qu'elle s'affermit, par les questions mêmes qui se posent en nous et autour de nous et que nous nous efforçons de résoudre. En descendant dans la mêlée, elle déploie, si j'ose dire, ses ressources ; elle se met en valeur par les aspects nouveaux qu'elle manifeste sans cesse et qui projettent leur lumière en perspectives infinies. Ainsi se constitue une foi profonde, large et forte, une foi qui, au lieu de se mettre à l'écart, de se faire craintive et défiante, comme si elle ne pouvait résister au moindre choc, affronte au contraire, simplement et hardiment, le tumulte des idées et se sert de tout pour s'approfondir, s'élargir et se fortifier encore. (…)


Nous ne devons donc pas attendre qu'on ait senti les difficultés, qu'on ait soulevé les questions autour de nous pour essayer seulement après coup d'y répondre. Notre rôle c'est de sentir nous-mêmes ces difficultés, de soulever nous-mêmes ces questions pour faire surgir les points de vue d'où nous les dominerons. Il ne suffit pas que nous prenions part de loin à la vie scientifique et philosophique de notre temps ; il ne suffit pas qu'à la suite nous entrions dans les préoccupations de ceux qui réfléchissent et qui pensent. Il faut que nous soyons des promoteurs, que nous introduisions partout, je ne dis pas autant que les autres, mais plus ou mieux que les autres, des initiatives intellectuelles.


Ne pas le faire, ce serait montrer que nous avons peur, ce serait supposer que nos croyances ne peuvent pas résister à l'épreuve, ce serait manquer de foi.  Nous devons marcher en avant, non point parce qu'on nous y pousse, non point parce qu'une force extérieure nous y contraint, comme si c'était malgré nous, malgré ce que nous sommes et ce que nous croyons ; mais au contraire parce qu'intérieurement et de nous-mêmes nous en sentons l'impérieuse nécessité, et pour obéir précisément à ce que nous sommes et à ce que nous croyons. (…)


Pour que la vérité ait prise sur les esprits et pour que les esprits aient prise sur elle, il faut qu'elle s'organise en doctrine vivante, c'est-à-dire en doctrine qui réponde aux problèmes réels qui, clairement ou obscurément, s'agitent dans la vie réelle des individus et de la société. Et ce travail-là n'est jamais achevé ; ce qui a été fait est en un sens toujours à refaire pour l'adapter, le compléter, le vivifier.


Extrait du Bulletin trimestriel de la Conférence Hello, janvier 1905 "Un devoir de l'apologétique à l'heure présente". Transmis par Joseph Thomas suite à sa conférence sur le Père Laberthonnière aux journées de Pâques organisées à Mirmande en 2010 par l'Association culturelle des Amis de Marcel Légaut (ACML) (lien) . Publié dans le bulletin Quelques nouvelles n° 234, juin 2010, sous le titre "Un défi pour le christianisme de notre temps"

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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 10:52

edgar_morin_pour-et-contre-marx.jpgLa société éditrice « Temps Présent » fondée en 1937 et qui coédite la revue « Réseaux des Parvis », a été longtemps au centre de la réflexion de le pensée libre des intellectuels catholiques. Elle lance aujourd’hui la collection « Racines et Ruptures » qui se fixe comme objectif d’apporter des réponses aux questions : « Sur quoi reposent nos identités collectives ? Quels phénomènes contemporains contribuent à les recomposer autour de nouveaux axes ? Que nous dit le passé qui puisse venir éclairer l’avenir ? »


Un premier ouvrage était déjà sorti, dont les Actualités unitarienens ont déjà rendu compte, "La Réforme Grégorienne - De la lutte pour le sacré à la  sécularisation du monde", de Sylvain Gouguenheim (lien ). Un second vient de sortir, signé Edgar Morin : "Pour et contre Marx".


"Victime au plan théorique d’héritiers qui ont transformé une méthode critique et un regard prophétique en systèmes totalisants et souvent dogmatiques, Marx a vu son sort lié au « communisme réellement existant » et à sa faillite.


L’auteur explore les mécanismes à l’œuvre dans tout système clos, dogmatique et réducteur (stalinisme hier, fondamentalisme du Marché aujourd’hui) et explique la fascination qu’exercent de tels systèmes sur les intellectuels, le Pouvoir et ses opposants. Il donne à voir la fécondité de la méthode de Marx – traquer les contradictions sociales et penser leur dépassement – pour l’appliquer à Marx lui-même, y reconnaître les limites et les impensés, et ouvrir la voie à un nouvel avenir."


14 euros + 3 euros de port, chèque à l’ordre de Temps Présent  à envoyer à Temps Présent, 68, rue de Babylone- 75007 Paris - tél. : 01 45 51 57 13.

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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 17:10

Le pasteur Claude Baty, président de la Fédération protestante de France (FPF), lors de la visite du président Nicolas Sarkozy à la Faculté de théologie protestante de Paris et de l'inauguration du Fonds Paul Ricoeur (jeudi 27 mai 2010), a annoncé un prochain colloque, en novembre prochain, sur le néo-protestantisme – annonce sans doute inédite car les sites de la FPF et de l’hebdomadaire Réforme n’en disent mot !

claude_baty.jpg"Je viens d'employer le terme de néo-protestantisme. Il a toute sa signification aujourd'hui, puisque le protestantisme est clairement une famille recomposée, au point que la Fédération protestante de France organise un colloque sur le sujet en novembre. Le néo-protestantisme marqué par la mondialisation des idées et la communication sans frontière, profite largement de l'arrivée de nouveaux venus qui trouvent refuge dans la patrie de ceux qui leur ont annoncé l'Évangile. Le protestantisme se sent la responsabilité d'accueillir ces nouveaux membres, frères et sœurs dans la foi et en humanité. Aujourd'hui, le protestantisme français ne peut plus se définir seulement par son histoire mais, et certainement essentiellement, par sa foi, une foi qui se dit dans des cultures nouvelles. Au cœur des convictions du protestantisme, il y a la certitude que l'Évangile de Jésus-Christ est une belle espérance pour tous et que cette bonne nouvelle nous engage dans la cité au service de tous. Au-delà de leurs coreligionnaires, les protestants français sont préoccupés par la situation de tant de femmes, d'enfants et d'hommes qui ne trouvent nulle part où vivre, nul endroit pour être accueillis.".

A la suite du sociologue Ernst Troeltsch (1865-1923), tous les historiens ont, jusqu’à présent, utilisé le terme de néo-protestantisme pour souligner combien le protestantisme dans sa version libérale avait évolué, changé, s’était profondément modifié, voir avait carrément muté par rapport au calvinisme d’autrefois. D’une façon générale, il est rare de trouver encore des protestants qui se revendiquent théologiquement de Calvin ! Paraît-il quelques groupes attardés aux Etats Unis qui viennent en pèlerinage dévot au Musée de la Réforme à Genève.


L’ambiance dans les paroisses ERF entre autres est au rappel que nous sommes pêcheurs mais c’est pour ajouter aussitôt que la Grâce de Dieu est offerte à tous ! (c’est un alignement sur la théologie méthodiste) et on ne parle plus de l’enfer sinon pour signifier le refus jusqu’au boutisme de l'amour de Dieu (le théologie universaliste écarte toute punition car tout le monde est sauvé, y compris les méchants !). Les sermons catholiques, eux aussi, n’évoquent plus l’enfer ! Sinon dans les milieux traditionalistes. Le bons sens populaire a réussi à tordre le coup aux théologies restrictives du salut : pour les peuples chrétiens, Dieu est amour, basta !


Ce constat d’un protestantisme émancipé, humaniste, spirituel au meilleur sens du terme, héritier du Siècle des lumières et de l’exégèse historico critique de l’Ecole allemande des années 1830, puis ardent promoteur de l’Ecole publique au XIXème siècle et d’une laïcité radicale, est fait par tous les historiens.


En 1996, Pierre Gisel rappelle les analyses du sociologue allemand « Ernst Troeltsch : aboutissement ou dépassement du néo-protestantisme ? » dans la revue Laval théologique et philosophique, vol. 52, n° 3, p. 719-733.


En 1998, la Revue de théologie et de philosophie du 2ème trimestre (n° 2, vol. 130) porte sur les « Figures du néo-protestantisme : pourquoi relire le néo-protestantisme ? », avec la vision d'un âge éthique non ecclésial du christianisme de Richard Rothe (1799-1867), la théologie critique au service de l'émancipation bourgeoise : David Friedrich Strauss (1808 - 1874), Ernst Troeltsch (1865-1923), et quelques autres théologiens, tels Harnack et Ritschl. Toujours dans ce numéro, L. Kaennel, professeur à la faculté de théologie et l’université de Lausanne) présente une liste d'ouvrages et d'articles francophones sur le néo-protestantisme. La même année, l’historienne Elisabeth Labrousse dans la revue Théolib, n° 3, 3ème trimestre) (lien ).


En 2007, la Revue Réformée (n° 241, janvier) publie un dossier « Réforme et néo-protestantisme » : Incertitudes modernes et foi chrétienne. G. C. Berkouwer (1903-1996) - L'autorité des Saintes Ecritures - Réforme ou révolution ? - Incertitude moderne et foi chrétienne - La conception moderne du monde et les commandements de Dieu - Christ et son Eglise (lien ).

Mais Claude Baty parle-t-il de cela ? Que signifie l’abandon de toute référence historique à la fois des origines (si chères aux « orthodoxes ») mais aussi des progrès réalisés depuis que le néerlandais Jacob/Jacobus Herman/Arminius (vers 1560-1609) s’éleva contre la prédestination calviniste et la sous valorisation de la liberté et de la raison humaine ? La foi en Jésus-Christ, certes ! mais elle est l’affaire de tous les chrétiens et non des seuls protestants. Peut-on parler d’une confession chrétienne parmi d’autres, en l’occurrence la protestante, en faisant l’impasse sur l’histoire ? Bizarre !

 

à suivre ...

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Published by Jean-Claude Barbier - dans les protestantismes
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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 16:42

suite et fin de l'article précédant

 

En fait, le néo-protestantisme désigne AUSSI, mais pour d’autres auteurs, les nouvelles Eglises apparues aux Etats Unis et qui ne se revendiquent pas comme issues des Réformes européennes du XVIème siècle.


Sont issues de la Réforme : les Eglises luthériennes, les Eglises calvinistes / congrégationalistes (aux Etats-Unis) / Réformées (en France et pays voisins), les Mennonites (ayant hérités des anabaptistes), sans oublier les Eglises unitariennes de langue hongroise (héritières d’une autre Réforme radicale : l’anti-trinitaire). S’y sont ajoutées des Eglises catholiques qui se sont ralliées à la Réforme : les vaudois (qui étaient sous le coup de l’Inquisition), les anglicans / épiscopaliens américains, avec le rejeton méthodiste, les hussites en Tchécoslovaquie, etc.


Mais, aux Etats-Unis au XIXème siècle, d’autres Eglises sont apparues sans aucune filiation avec les Réformes européennes du XVIème siècle et dont les liens avec le protestantisme sont à géométrie variable. Les adventistes se disent volontiers protestants et participent aux fédérations nationales mises en place, mais les quakers, les mormons, les témoins de Jéhovah ne fréquentent pas les autres protestants et font bande à part. Les unitariens anglo-saxons et les unitariens-universalistes, héritiers du protestantisme anti-trinitaire, sont carrément sortis du giron protestant. Qu’en est-il des Eglises pentecôtistes et des chrétiens évangéliques du début du XXème siècle ?

Le dimanche 19 février 1999, le pasteur Pierre Bailleux, de l’Eglise réformée de l’Alliance (située à Braine l’Alleux, en banlieue Sud-Est de Bruxelles), adressa une lettre ouverte à l’Eglise protestante unie de Belgique (EPUB) dont son Eglise est membre et qui s’apprêtait à intégrer les Eglises évangéliques fondamentalistes en son sein ; exactement ce que souhaite aujourd’hui, ardemment, la Fédération protestante française (FPF). Sont cosignataires les membres du Consistoire et du Conseil d'administration de l'Église réformée de l’Alliance. Il y conteste très vigoureusement un tel élargissement au nom de l'identité protestante (lien ).

 

Ses arguments : une lecture encore littéraliste et naïve de la Bible aux antipodes de l’exégèse scientifique, l’affirmation de détenir une Vérité absolue à partir de la même Bible, traînant avec eux le créationnisme comme un boulet depuis le récit de la Genèse, une théologie éculée faisant croire aux châtiments divins chaque fois qu’il y a une catastrophe (le sida, etc.), la discrimination de la femme dans la gestion des communautés chrétienne, la réprobation sans l’ombre d’un doute l’homosexualité, sans ouverture aux autres religions, etc. La liste des griefs est longue !

Que de différences d’avec le protestantisme d’aujourd’hui qui, depuis longtemps, a largué Calvin aux oubliettes. Olivier Abel a bien été le seul à parler d'une soi disante « modernité » de Calvin en cette année du 500ème anniversaire de sa naissance où les Réformés ont voulu faire un effort de mémoire (voir son livre paru à Paris aux éditions Pymalion, en 2009). Mal leur en a pris d’ailleurs, car la pieuse commémoration a viré à l’éloge de Michel Servet (brûlé martyr à Genève en 1553) et de Sébastien Castellion (qui dût s’exiler à Bâle en 1544) ! Merci à Calvin, sinistre dictateur théologique, qui sert manifestement de repoussoir, sinon d’épouvantail à tous les chrétiens libéraux d’aujourd’hui (nonobstant ses qualités d’organisateur efficace, sa grande aisance dans le maniement de la langue française, la clarté de ses argumentaires, et sa connaissance de l’hébreux et de l’Ancien testament dont il ressortit tous les préceptes !).

olivier-abel-yod-2009-s.jpgCertes, des communautés de la nouvelle mouvance pentecôtiste - évangéliques n’en sont plus là et ont su évoluer, se faire plus tolérantes, mais le gros du bataillon reste dogmatique et conservateur. Avec un tel grand écart, peut-il y avoir travail en commun, voir même osmose ? Le vœux d’Olivier Abel semble fort pieux :


« De ces vieilles souches [protestantes européennes] pourraient alors surgir de frais rameaux et une résistance inattendue - alors que certains néo-protestantismes sont parfois comme des fleurs coupées, à l’efflorescence impressionnante mais qui s’étiolent bien vite. Afin de réussir cette greffe, cependant, il faudrait trouver un bon rythme entre ce vétéro-protestantisme et ce néo-protestantisme. » (
"Les cultures et le différend, Un rythme protestant ?", Réforme, n°3196 du 26 octobre 2009)


Le vœux semble d’autant plus pieux, que ces « néo-protestants » surfent sur leur succès et s’ennuient fermes avec un protestantisme qu'ils jugent essoufflé, où ils ne sentent pas les fortes manifestations de l’Esprit-Saint auxquelles, eux, sont habitués (le parler en langue, l’ondoiement, les guérisons miraculeuses, les alléluias à tout bout de champs, etc.), d’où la création récente d’un Conseil national évangélique français (CNEF) où ils ont manifestement le plaisir d’être ensemble et qui met à mal le projet de la Fédération de les racoler. Aux derniers débats, certains voulaient quand même rester au sein de la Fédération, pendant que d’autres n’y étaient pas du tout intéressés.


Faut-il forcer les choses, vouloir élargir les Fédérations, en faire des attrape tout ? où bien se contenter de mouvances religieuses cohérentes où la gestion des diversités n’empêche pas le travail, les échanges, la fraternité (voir notre définition des mouvances religieuses, lien) ?


Et si Pierre Bailleux (1942-2008) * avait raison ?

* pour en savoir plus sur Pierre Bailleux, voir la rubrique à son nom dans La Besace des unitariens.

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Published by Jean-Claude Barbier - dans les protestantismes
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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 04:07

Extraits du discours du président Nicolas Sarkozy lors de l'inauguration du Fonds Paul RICOEUR à l'Institut protestant de théologie de Paris, le jeudi 27 mai 2010.


Nous voici donc réunis dans ces locaux magnifiquement rénovés et modernisés de l’Institut Protestant de théologie pour inaugurer l’installation du fonds Ricœur. Nous ne célébrons pas seulement un legs de 15 000 volumes désormais accessibles à tous mais aussi la mémoire d’un penseur dont cette bibliothèque de travail et les archives personnelles témoignent de l’étendue de la réflexion et des connaissances, à la dimension de son œuvre qui le place parmi les plus grands philosophes français de la deuxième moitié du XXe siècle.


Après avoir évoqué la vie et l'oeuvre de Paul Ricoeur (1913-2005), N. Sarkozy embraie sur l'état du protestantisme français et son rôle dans notre société. Fidèle à sa conception d'une laïcité ouverte, il invite à des relations de franche collaboration et souhaite la reconnaissance par l'Etat français des diplômes de rang universitaire délivrés par les Facultés protestantes.


Évoquer la grande figure de Paul Ricœur c’est donc évoquer aussi les plus hautes vertus intellectuelles, morales et spirituelles du protestantisme français. Ce n’est pas faire injure au principe de laïcité dont les protestants, mieux que quiconque, connaissent la valeur, parce qu’ils se sont battus pour elle, parce qu’ils en sont parmi les principaux artisans. Ce n’est pas faire injure au principe de laïcité que de reconnaître dans le protestantisme une pensée de la liberté et de la responsabilité humaines.

 

nicolas_sarkozy_republique-religions-esperance.JPGUne éthique forte, rigoureuse, exigeante.
Un esprit d’indépendance.
Une volonté de résistance à toutes les oppressions.
Une fidélité sans faille à la Nation et à la République.


Voilà ce que le protestantisme a gravé dans l’esprit et le cœur de tous les enfants des morts de la Saint-Barthélémy, des Camisards traqués dans les Cévennes, des femmes protestantes enfermées dans la Tour de Constance à Aigues-Mortes qui écrivaient « Résister » sur le mur de leur prison, des Justes du Chambon-sur-Lignon qui cachaient les enfants juifs parmi leurs propres enfants ... Le protestantisme fait partie de notre histoire, de notre culture, et oserai-je le dire, il est partie intégrante de notre identité nationale.

Comment ne pas penser à ce que disait ici-même Jules Ferry lorsqu’il inaugura en 1877 les locaux que l’État venait d’offrir à la nouvelle Faculté de Théologie Protestante de Paris ? : « Le protestantisme a été, dans l’histoire moderne, la première forme de la liberté (…). La Révolution de 1789 (…) a été faite en partie pour vous : elle est pour vous la date de l’affranchissement définitif ».  Il ajoutait : « l’État est ici à sa place, il a ici sa part, non pour fixer le dogme, qui ne lui appartient pas, mais à un double titre qui lui est propre, celui de gardien de la cité terrestre et celui de gardien du savoir humain… »

C’était avant la séparation de l’Église et de l’État… Mais quelque chose de profondément vrai demeure dans ces paroles prononcées par le grand républicain qui inventa l’École laïque. Nous sommes ici dans un lieu d’étude et de réflexion non dans un lieu de culte. Ce qui est en jeu ici, dans cette Faculté de Théologie Protestante de Paris plus que séculaire, qui appartient à toutes les confessions protestantes et qui est ouverte à tout le monde, c’est la transmission d’une connaissance et d’un savoir qui représentent un véritable trésor d’humanité et qui fait partie de l’héritage d’une civilisation que nous voulons garder vivante. Croyants ou non croyants le legs de 2 000 ans de pensée et de civilisation chrétiennes nous concerne tous.

A une époque où l’on s’émeut à juste titre du risque de disparition de certaines espèces vivantes, de certaines langues et de certaines cultures, comment pourrions-nous rester indifférents au risque d’assèchement d’une tradition spirituelle à laquelle nous devons notre idée de l’Homme ?

Et ne voyons-nous pas aussi que la théologie telle qu’on l’enseigne ici nous préserve du charlatanisme, de l’esprit sectaire et rétrograde qui menacent de dénaturer le sentiment religieux et de l’engager sur des chemins peu compatibles avec les idéaux et les valeurs de notre civilisation ? Laissons tous ceux qui éprouvent le besoin de croire entre les mains de n’importe qui, n’ayant reçu aucune formation théologique sérieuse ancrée dans une longue tradition intellectuelle et c’est la société tout entière qui aura à en souffrir.

C’est vous dire combien je me réjouis de voir la vieille faculté de théologie protestante si vivante, si moderne.
C’est vous dire combien je me réjouis de constater l’esprit d’ouverture et l’esprit œcuménique qui règne ici.
C’est vous dire combien je trouve légitime votre demande de voir reconnaître les diplômes délivrés par l’enseignement supérieur protestant et fixer la liste de leurs équivalences comme cela a été fait pour l’enseignement supérieur catholique. Je souhaite qu’un groupe de travail soit rapidement constitué pour faire des propositions en ce sens au Gouvernement.


Mesdames et Messieurs,

Alors que l’économie et la société redécouvrent dans la crise sans précédent qui secoue le monde, un profond besoin d’éthique, alors que le progrès des sciences et des techniques met nos valeurs chaque jour à l’épreuve et que le capitalisme est en quête de morale, le silence des grandes religions serait incompréhensible tant elles sont dépositaires ensemble d’une partie essentielle de la sagesse humaine.

Elles n’apporteront rien en se dressant contre la science et contre l’économie. « La théologie que nous enseignons ici, disait en 1877 le doyen de votre faculté, accepte avec confiance les procédés et les méthodes auxquels est tenue de se soumettre la science moderne ».  C’est dans des lieux comme celui-ci que ce dialogue confiant entre la science et la religion peut s’organiser. C’est peut-être ce que nous avons de mieux à opposer à la mort lente d’une certaine idée de la civilisation et d’une certaine idée de l’Homme.

De Paul Ricœur, on a dit que cet homme si austère dans son travail, si plein de probité et de rigueur, aimait beaucoup rire. Peut-être tout simplement parce qu’il aimait la vie et que cet amour de la vie était plus fort que toutes les peines et toutes les souffrances. Peut-être ce rire fut-il la forme la plus irréfutable de sa sagesse. Peut-être était-ce pour cela que ses élèves l’aimaient tant. Peut-être que c’est ce qui manque le plus à notre époque.

Poser la question c’est dessiner déjà l’ampleur du défi que nous avons personnellement et collectivement à relever et la part qui peut être la vôtre à la croisée de tous les savoirs qui concernent l’homme le plus directement, oserai-je dire, le plus intimement. C’est une tâche redoutable.

Dans la stricte fidélité aux principes de la laïcité, vous pouvez compter sur le respect, la compréhension et le soutien de cette République qui vous doit tant. Et vous pouvez aussi compter sur moi.

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Published by Nicolas Sarkozy - dans les protestantismes
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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 18:35

thora.jpgDans la tradition hébraïque, puis juive, puis chrétienne des deux premiers siècles, les prophètes ont joué un grand rôle en face des institutions et de la communauté ... puis la chrétienté les a fait disparaître ; gênants qu'ils étaient ! C'est ce rôle qu'il convient de remettre en exercice. Il ne s'agit pas d'houspiller les responsables institutionnelles à tout propos, ni de vouloir jouer les grands à leur place, mais de rappeler des choses essentielles. A propos du rôle historique de Giorgio Biandrata et de Ferenc David, au XVIème siècle, à l'aube de l'Eglise unitarienne de Transylvanie, nous avons été amené à faire la distinction de ces rôles au sein des communautés chrétiennes : "Le prophète et l'évêque : entre vérité et institution" (communication de Jean-Claude Barbier au colloque international de Georges Biandrata, Saluzzo, 21-22 mai 2010 (lien ). Vive donc les prophètes : nous avons besoin de leur vigilance et de leurs appels.

 

Dans cette perspective nous avons l'honneur de publier, avec son accord et en inédit, une lettre que Roger Parmentier vient d'adresser au nouveau responsable de l'Eglise réformée de France, Laurent Schumberger. Elle est respectueuse ; elle apporte au destinataire sa collaboration fraternelle ; elle est un bon exemple du positionnement du prophète au sein de sa communauté. Accueillons la parole des prophètes.

 

Roger Parmentier, pasteur de l’Eglise Réformée (retraité), animateur Biblique (en activité)  - Association A.C.T.U.E.L. (actualisations Et transpositions culturelles de la Bible) - au pasteur Laurent Schlumberger, président du Conseil National de l’Eglise réformée de France  et au Conseil national, Raynaude (Ariège), le 24 mai 2010,

Cher Laurent, cher Président,
Chers frères,


Peu suspect, j’imagine, d’être un inconditionnel des autorités, ecclésiales et autres, je me sens d’autant plus poussé à vous adresser tous mes encouragements pour la charge, spirituellement difficile et lourde, à laquelle vous avez été appelé et que vous avez acceptée, ce dont je vous félicite. Je vous assure de ma solidarité fraternelle et critique.

Quand, semble-t-il, le navire prend l’eau, quand notre Eglise a perdu la moitié de ses membres et un nombre analogue de pasteurs (à peine compensée par l’appel heureux et réussi des ministères féminins), et quand ceux qui demeurent dans notre Eglise sont très majoritairement comme on dit, des « sexas », « septuas » ; « octos » (c’est un « nona » qui vous écrit) les perspectives sont inquiétantes. Il y faut bien du courage spirituel je suis convaincu que vous l’avez et qu’il vous sera renouvelé.

Ne conviendrait-il pas que nos Synodes et nos Conseils s’efforcent de mettre en lumière les causes de ce désamour ? N’est-ce pas avant tout parce que nous n’avons pas su accueillir la parole des prophètes qui nous avait été donnée ?


Celle des pacifistes, comme Henri Roser et Théodore Monod, des anti-colonialistes, comme Etienne Mathiot et des frères du christianisme social, des anti-capitalistes comme Francis Bose, Xavier-Michel Jaffard et autres militants de la Mission Populaire (d’autrefois) et des « Chrétiens pour le socialisme » ou « marxistes », comme Georges Casalis et les siens ; les partisans d’un christianisme religieux dans la ligne de Bonhoeffer, comme André Dumas et Jean Baubérot ; et bien d’autres courants, bien d’autres aspirations données à des membres de nos Eglises, mais étouffées, non prises en compte, rejetées… n’ayant pas fait l’objet d’une proposition d’étude par les Synodes et les Conseils.


Et que dire du refus d’entendre les messages de la révolution culturelle de mai 68, dont bien des fidèles et des pasteurs ont été les porteurs des surdités et des éliminations ? Et en particulier de l’incompréhension de la « révolution sexuelle » qui a pris son essor à ce moment-là, incompréhension qui a chassé plusieurs générations qui font cruellement défaut aujourd’hui à nos Eglises ...

La seconde préoccupation, proche de la première, c’est qu’il me semble que nous n’avons plus d’Evangile crédible sauf pour les crédules, les ignorants volontaires, les traditionnalistes, les naïfs de bonne volonté. A qui peut-on faire croire aujourd’hui les articles du Symbole des Apôtres ? Comment présenter ce véritable Evangile, celui de Jésus, dans des cultures et des sociétés en voie de sécularisation radicale ? Nous avons hérité du barthisme de l’époque héroïque, celle du combat spirituel et physique contre le nazisme, un « fondamentalisme rampant » ou triomphant, aujourd’hui envahissant et totalement inadapté.

Frères, cherchez et proclamez avec hardiesse le véritable Evangile, celui de Jésus, pas celui de pseudos disciples. Et qu’il fasse de nous tous des Samaritains venant au secours de toutes les détresses de nos sociétés malades. Et aussi des guetteurs prophétiques, dont parle Ezéchiel, sachant voir toutes les nouvelles menaces et sonner l’alarme pour leur faire face. « Yes we can » comme dit notre frère Obama. Avec la lumière et le courage qui donne l’Esprit de Jésus.

En toute bonne fraternité, Roger Parmentier, pasteur retraité (parait-il).

 

Le journal La Croix a consacré un article  de présentation au nouveau chef de file de l'Eglise réformée de France.

 

A défaut de communautés unitariennes locales, plusieurs unitariens trouvent accueil auprès de paroisses de l'ERF, d'autant plus que cette Eglise accepte plusieurs théologies, dont l'unitarienne même si elle ne l'a met pas en avant. Grande et belle Eglise chrétienne, l'ERF, a su développer en son sein une approche libérale des religions. Nous présentons nous aussi nos voeux de succès au pasteur Laurent Schlumberger pour sa nouvelle fonction.

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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 21:20

Se dire notre amitié, le dire à tous, en public. Oui ! c'est un droit. Cela ne fait de mal à personne, sauf aux grincheux, aux jaloux, aux talibans et autres tyranneaux. Les Actualités unitariennes soutiennent le droit de vivre en respirant à l'air libre, loin des miasmes des totalitarismes. Laissons vivre les couples homosexuels ; ils font partie de l'Amour avec un grand "A". Vive les amoureux quelqu'ils soient. Nous reproduisons volontiers le communiqué suivant :


Voici les faits : une nouvelle agression lesbophobe à Paris !

 

Paris le 25 mai 2010. Alors qu’elles se promenaient le long du Canal de l’Ourcq, samedi 23 mai aux alentours de 21h30, deux lesbiennes ont été victimes d’une agression à caractère lesbophobe perpétrée par plusieurs hommes. L’endroit est très fréquenté, pourtant elles ont été insultées et frappées à la tête dans l’indifférence générale avant que n’intervienne un cycliste et qu’elles puissent alors s’enfuir. Elles ont interpellé une patrouille de police qui ne les a pas escortées, pas plus qu’elle n’a tenté d’interpeller les agresseurs. Depuis elles ont porté plainte au commissariat du 19ème.


 Les agressions à l’encontre des personnes LGBT sont fréquentes.  Le 28 avril dernier les actrices Trans du film "Mourir comme un homme" étaient agressées en plein jour, au niveau du Parc de Belleville à Paris. Nous avons également déploré des agressions de gays même dans les 3ème et 4ème arrondissements de Paris. Cette fois, il s’agit d’une agression lesbophobe. Ce type d’agression n’est pas isolé et d’autres lesbiennes ont été sauvagement agressées dans différentes villes en France et en particulier à Segré et Epinay-sous-Sénart.


Il est temps de prendre toutes les mesures préventives et d’éducation nécessaires et ce dès le plus jeune âge à l’école, afin que chacun apprenne à respecter l’autre dans toutes ses différences. Ces agressions à l’encontre des lesbiennes, des gays et des trans. n’ont que trop duré, elles sont véritablement intolérables.


Un comité de soutien appelle à se mobiliser le samedi 29 mai en proposant un pique-nique entre 18h30 et 22h00, sur le bord du canal, devant le restaurant "O KAY café", là où a eu lieu cette agression (*Petite place avant l'écluse, 41 quai de la Loire, Paris 19ème (métro Laumière ou Crimée). Cette initiative a pour objet de permettre aux deux femmes agressées de se réapproprier l’espace entourées de leurs amies et d’un soutien plus vaste, également d’interpeller les passants sur les actes sur lesquels ils ferment les yeux refusant d’apporter leur aide. Vous pouvez les contacter au courriel 

 

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Centre Lesbien, Gai, Bi & Trans. de Paris et Ile-de-France • 61 / 63 Rue Beaubourg • 75003 Paris •

Accueil : 01 43 57 21 47 • Administration : 01 43 57 75 95 • Site Internetcontact

L'association à but non lucratif Loi 1901 est membre de l’ILGA-Europe, de l'Inter- LGBT et du SNEG, déclarée au J.O. le 7 avril 1993. Elle a reçu l'agrément ministériel au titre de la Jeunesse et de l’Education Populaire depuis le 11 juin 1999. Elle est soutenue par la Mairie de Paris, Sidaction, le GRSP IDF, la Région Île-de-France.

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20 mai 2010 4 20 /05 /mai /2010 02:21

L'humaniste italien Georges Biandrata, né à Saluzzo en 1516 et décédé en Transylvanie, à Gyulafehervar (= Alba Julia en roumain) le 5 mai 1588, promouva l'anti-trinitarisme en Transylvanie en collaboration avec Ferenc David, fondateur et premier évêque de l'Eglise unitarienne de Transylvanie.


saluzzo_rue.jpgL'Association italienne Biandrata organise en sa ville natale, les 21 et 22 mai 2010, à l’Ancien palais communal (via Salita al Castello), un colloque international sur « La liberté de conscience au cœur même des droits de l’homme ; hommage à Michel Servet et à Georges Biandrata » où seront évoquées les figures historiques de l'Espagnol Michel Servet (1511-1553), du français Jean Calvin (1509-1564), de l'Italien Georges Biandrata (1516-1588) et du Hongrois Ferenc David (vers 1510/1520 - 1579).


Le colloque sera animé par des universitaires italiens des universités de Turin (Sergio Carletto *, Graziano Lingua, Massimo Firpo, Lucas Addante) et de Gêne (Roberto Celada Ballanti), par Alessandro Parola (Fondazione Giovanni Goria - Asti). Plusieurs intervenants viendront d'autres pays : Sergio Baches-Opi, directeur de l'Institut Miguel Servet à Villanueva de Sijena (Aragon, Espagne), Vincent Schmid pasteur de la cathédrale Saint-Pierre à Genève et auteur d'un livre sur Michel Servet, Ferenc Miko, ministre du culte de l'Eglise unitarienne de Transylvanie (lien) et Jean-Claude Barbier, fondateur de l'Eglise unitarienne francophone.

* Sergio Carletto dirige le Centro studi sul pensiero contemporaneo (CeSPeC)


Une table ronde aura lieu sur le thème « Servet, Biandrata, Calvin et la tolérance : l’actualité d’une leçon ». J.-C. Barbier y participera avec une contribution intitulée "L’unitarisme est-il une religion libérale ?". Par ailleurs, le film documentaire d'Olivier Eckert sur "La vie de Michel Servet" sera projeté et la Compagnie du théâtre du Marchesato jouera la pière d'Ugo Rizzato : "Biandrata Giorgio. La volpe e il leone" (le renard et le lion).

 

Les unitariens italiens participeront à la manifestation avec le révérend Roberto Rosso, Pier Luigi Servida, Alessandro Falasca, Ian Mc.Carthy, etc.

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20 mai 2010 4 20 /05 /mai /2010 01:32

Le point de vue de Bertrand Mathieu, professeur de Droit à la Sorbonne et constitutionaliste sur le projet du Gouvernement français contre le port intégral du voile à lire dans le journal  La Croix du 19 mai 2010.

 

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Les Actualités unitariennes mènent compagne contre les intégrismes religieux, musulmans ou chrétiens ou autres au nom de la laïcité, de la démocratie et du respect des religions.

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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 19:53

Les analyses au carbone 14 qui renvoyaient à une date du Moyen-âge ont été réalisées à partir de bords du linceul qui ont été effectivement ravaudés à cette époque. Il convient donc de recommencer l'opération avec des échantillons plus centraux. Un récent documentaire diffusé sur ARTE a fait le point sur cette question d'une façon scientifiquement convainquante.


Les Actualités unitariennes joignent leur voix à d'autres pour réclamer que les recherches se fassent jusqu'au bout : la science avant tout afin de connaître ce qui a bien pu être le linceul de Jésus. C'est là une démarche scientifique conséquente et non pas une attitude dévote. Les vestiges archéologiques, çà s'étudient. Il n'y a pas là à avoir d'états d'âme religieux ou anti-religieux ou autres contorsions.


Nous ne comprenons pas les réticences de l'Eglise romaine face à son devoir de propriétaire détenteur de cette relique et nous ne pouvons qu'être surpris par le scepticime religieusement correct de nombre de chrétiens et de leurs principaux médias, qui s'en tiennent à une version antérieure désormais obsolète, des connaissances scientifiques. La prudence n'est pas de mise ; il faut passer aux actes, à savoir une nouvelle analyse au carbone 14.

 

Mardi 25 mai à 20h 30, à l'église Saint-Sulpice (Paris), le père Henri d’Antin (de retour du pèlerinage diocésain à Turin) et Arnaud Upinsky (mathématicien, épistémologue, spécialiste du Linceul de Turin, auteur de « L’Église à l'épreuve du Linceul »), proposent une soirée sur le "Saint Suaire".

 

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Les Etudes unitariennes présentent également une rubrique  sur le "Linceul de Turin" (car il s'agit d'un linceul et non pas d'un suaire) où les chrétiens unitariens suivent attentivement cette question, sans a priori, jusqu'à son terme scientifique.

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