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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 13:11
hassen-chalghoumiL'habitation d'Hassen Chalghoumi, imam à Drancy, a été saccagée en mai 2006 au lendemain de sa déclaration sur la Shoah lors d'une cérémonie commémorative au camp de Drancy à laquelle il avait apporté sa solidarité. Il avait tout simplement osé rappeler qu’Isaac (ancêtre « généalogique » des Juifs) et Ismaël (censé être celui des Arabes) étaient frères. Depuis, il est, pour certains de ses coreligionnaires, « l’imam des Juifs » ! Ce que rappelle ce jour un article du Point.

Il est l’auteur d’un livre à paraître en février « Imam et républicain » aux éditions du Cherche-midi. Voir entre autres à la FNAC (lien)

Voici que, maintenant, ce lundi 25 janvier 2010, dans le cadre de sa mosquée, des musulmans inhabituels des lieux, venus de l'extérieur de Drancy, ont demandé, à la fin de la prière, à prendre la parole afin de répondre aux propos "anti-burqa" de l'imam en question. Celui-ci étant absent, Yassine Aouidet, qui avait dirigé la prière du soir, chercha à le joindre par téléphone. On peut imaginer que l'iman ainsi interpellé esquiva l'invitation à venir dans un tel débat aussi improvisé et qui ne pouvait qu'être houleux.

Il le fut effectivement, notamment lorsqu'un nommé Abdelhakim Sefrioui, du collectif Cheikh Yassine, venu dit-il lui même de 70 km et dont l'intervention a été filmée  dans une vidéo amateur, assura au micro que M. Chalgoumi est "esclave de Sarkozy", est acquis "à la cause de Sarkozy, c'est-à-dire des sionistes. (...) [à noter l'amalgame Sarkozy = sionistes] Cet homme est là contre les intérêts des musulmans, pour servir les ennemis de Dieu", bigre ! suivent des phrases en arabe qui ont tout l'air d'être aussi violentes. Pour certains journalistes, ce seraient là tout bonnement des "noms d'oiseaux" (= des injures qui volent bas).

Pour nous, ce sont bel et bien des propos anti-sionistes et politiques, indignes d'un intervenant à un débat au sein d'un lieu de culte, et qui, plus est, intervient ainsi intempestivement dans une communauté qui n'est pas la sienne
.

L'imam Hassen Chalghoumi étant absent, on peut supposer que des fidèles ont du lui rapporter la scène, peut-être en la dramatisant encore plus. Suite aux propos violents qui avait été effectivement tenus et en en connaissant toute la portée, l'imam a porté plainte pour menace de mort (soit, précisera-t-il, une "main courante" déposée au commissariat de Drancy).

Le président de l'UOIF, Fouad Alaoui lui a benoîtement recommandé la plus grande prudence face aux extrémistes si l'on en juge les propos rapportés par Le Monde : M. Alaoui "condamne l'agression contre l'imam de Drancy", tout en estimant que ce qui s'est passé "n'est pas très étonnant". "Nous l'avons mis en garde à plusieurs reprises pour qu'il équilibre ses paroles parce qu'il risquait d'attirer les réactions des extrémistes." (rapporté par Le Monde). Ah bon ! il ne faudrait plus dire de que dicte la conscience car ces messieurs extrémistes, eux, dictent leur loi ? En tout cas, cette déclaration de F. Alaoui, pourtant par ailleurs vice-président du Conseil français du culte musulman (CFCM), accorde bien hâtivement les circonstances atténuantes aux supposés agresseurs !

Aujourd'hui, la communauté musulmane de Drancy qu'on imagine sous le choc, apparemment unanime dans la langue de bois, jure aux journalistes qu'il ne s'est rien passé, qu'il y avait un simple débat (ah bon ! organisé, prévu à l'avance ou spontané, provoqué ? certes présidé séance tenante par le second imam), que le micro a été donné à des personnalités "religieuses" qui étaient invitées (ben voyons ! bonjour aux conférenciers) : pas même un éclat de voix ? Ce qui semble bien surprenant dans une situation aussi ... tendue. Les journalistes retiennent surtout que l'imam a "menti" puisqu'il a déposé sa plainte en laissant penser qu'il était présent et en mentionnant l'irruption avec violence dans la salle de prière d'un commando de 80 personnes ; mais les mêmes journalistes ne vont guère plus loin dans l'investigation, contents qu'ils sont de leur manchette toute trouvée.

L'imam de Drancy a dénoncé les agissements du groupe Cheikh Yassine, du nom du fondateur du Hamas, tué en 2004 dans un raid israélien. Non sans raison, puisque le nommé Abdelhakim Sefrioui, dont nous avons relaté les propos, appartient à ce collectif. Ce groupe organise entre autres le soutien financier au Hamas. Il est bien entendu soutenu par les Frères musulmans dont l’UOIF est l’émanation pour la France (voir notre rappel d’un livre bien informé qui a eu le mérite en son temps de signaler ce rôle de masque). On comprend dès lors les dénégations véhémentes de Fouad Alaoui qui ne trompent décidemment que ceux qui ne sont pas au courant des coulisses de l’islam en France et en Europe.

Il ne s’agit pas seulement de mouvements, de lobbies et autres groupes de pression, mais nous avons à faire à des groupes qui font effectivement peur. Les musulmans de France sont les premiers à les craindre ; certains le disent en prenant le risque d’en parler ... mais on met cela au compte de l’islamophobie qui serait « ambiante » alors que ce n’est pas du tout la question de l’islam mais, précisément, de sectes politico-religieuses.

L'UOIF entend rester dans les limites de la légalité, se contentant pour l’instant d’exercer son emprise sur le Conseil français du culte musulman  CFCM. Force électorale, elle a su établir des alliances locales et tous ses membres ne sont donc pas des Frères musulmans, mais ce sont ces derniers qui « tiennent » la fédération. Ceux-ci font penser dans leur stratégie aux trotskistes ou autres communistes «révolutionnaires» : le moment venu, ils lèveront le voile * et enverront la démocratie couillonnée aux orties.
* allusion, non pas à la burqa car ce sont les salafistes qui s’en sont emparés, mais au voile des wahabites qui laissent la face visible (entre salafistes et Frères musulmans c’est en effet la lutte féroce pour la direction du radicalisme musulman).

La démocratie "marche pied" : les fascistes et les communistes de notre XXème siècle en ont monté allègrement les escaliers ; l'islam djihadiste n'en a donc nullement l’innovation ; il a été simplement à la bonne école de tout mouvement révolutionnaire qui se respecte. D'ailleurs, toutes les élites de l’extrémisme islamique sortent de nos Ecoles occidentales et pas des moindres. Ce sont des modernistes, des militants parfaitement conscients (et pas du tout des paumés) et convaincus (et pas seulement endoctrinés).

Certains pensent qu’il faut « composer » avec eux (à ne plus en finir ?) afin de ne pas « stigmatiser » l’islam, mais l’islam de France est la toute première victime de ces groupes : aidons la et soutenons ces imams libéraux qui osent dire tout haut ce que la majorité de musulmans pensent tout bas. Oui, l’islam de France a peur des commandos islamiques.

En Amérique du Nord, aux Etats-Unis et au Canada, toute une génération de nouveaux imams, décomplexée, n’hésite plus à participer aux débats télévisés, à faire des déclarations condamnant les extrémistes, à monter au créneau avec sa compétence intellectuelle et théologique.

Les imams des grandes villes de France pourront-ils être protégés comme il se doit par l’Etat afin qu’ils puissent s’exprimer librement ?

ndlr. cet article a été complété le 31 janvier 2010 afin de tenir compte d'informations plus récentes (articles de journaux et vidéos amateurs)

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Published by Jean-Claude Barbier - dans l'islam en Europe
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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 13:49

Bela Bartok, busteLe dimanche 27 décembre 2009, à 12 heures, a eu lieu, à la "Bela Bartok Unitarian Church" de Budapest, un premier culte en anglais. Les célébrants en étaient  : les révérends Sándor Léta et Knut Heidelberg (évêque de l'Eglise unitarienne de Norvège), Gyopár Pávai, Márton Szabó, et Osztováta Ensemble. Le culte fut enregistré en audio (lien)

Pour plus d'information sur les services en anglais au sein de cette congrégation, voir

L'information nous a été transmise par le révérend Roberto Rosso (Italie)

buste du célèbre musicien et compositeur hongrois Bela Bartok (1881-1945), qui fit carrière aux Etats-Unis. Il était unitarien et une congrégation unitarienne de Budapest porte désormais son nom.

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Published by Actualités unitariennes - dans U en Transylvanie et Hongrie
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21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 16:53
Terre du Ciel publie des revues de grande qualité, organise des stages d'initiation aux spiritualités, des colloques internationaux et des débats. Toutes les grandes religions et sagesses de l'Humanité y participent, avec des personnalités connues et reconnues dans le monde entier, et l'ambiance y est donc tout à fait plurielle, loin des emprises sectaires qui peuvent exister ailleurs.

Terre de ciel c'est une structure : "L'université Terre du Ciel des savoirs et sagesses du monde" qui se consacre, depuis vingt ans, au développement d'une spiritualité incarnée, dans un esprit pluraliste et alternatif. Elle gère depuis une dizaine d'années le domaine de Chardenoux, centre d'accueil pour des stages, séminaires et retraites, organise chaque année un Forum et publie deux revues d'objectifs complémentaires : Sources, à tonalité plus spirituelle, et Alliance (pour une Europe des consciences) , à tonalité plus alternative.

Or une perquisition a eu lieu le jeudi 7 janvier avec un important déploiement de gendarmes ... comme s'il s'agissait d'une secte ! Comme on dit, il y a eu manifestement erreur d'adresse ! Aucune explication n'a été donnée pour cette intervention.


Terre-du-Ciel_bandeau-horizontal.jpg
"Artisans de paix" Je pense que c'est un peu l'objectif de Terre du Ciel... parce qu'on y rencontre des gens qui appartiennent à des traditions différentes, et qui ne sont pas là pour s'opposer ni même pour essayer intellectuellement de trouver des voies de rapprochement. Mais pour mettre en commun ce Souffle qui les habite les uns et les autres. Philippe Maillard

Communiqué de presse de Terre du Ciel : "mis en arrêt de travail par l’État - sans jugement -"

Jeudi 7 janvier à 8h45, 3 voitures déboulaient à toute allure dans la cour d’honneur du Domaine – avant de repartir vers les bureaux. À 9h précise, une vingtaine d’hommes intimaient au personnel l’ordre de ne plus toucher à rien – ni papier, ni ordinateur, ni téléphone – tandis que 2 fourgons bleus de la gendarmerie se positionnaient devant les 2 entrées du Domaine, et qu’en descendaient des hommes armés, en treillis d’opération militaire : défense d’entrer et de sortir. C’était une perquisition.

Il y avait là des hommes et femmes de la brigade de recherche, brigade financière, Urssaf, inspection du travail – avec un spécialiste de l’informatique et – ce qu’on découvrira à la fin - un médiateur psychologue.
L’ambiance fut celle d’une véritable opération militaire qui mit tout le monde en situation d’hors-la-loi et créa une ambiance de culpabilité traumatisant l’ensemble du personnel pour plusieurs jours.

La perquisition dura de 9h à 18h sans interruption. La moindre pièce et le moindre placard furent visités et fouillés. Des cartons de dossiers furent mis sous scellés et emportés, tous les ordinateurs – (sauf un sauvé in extremis) – soit 16 appareils – furent débranchés et emportés, ainsi que le serveur central, les sauvegardes, les disques durs annexes et tous les logiciels. Chaque membre du personnel était en permanence encadré de 3 personnes et harcelé de questions ou de remarques ironiques : Est-ce qu’on vous oblige à porter un uniforme ? Est-ce qu’on vous oblige à faire de la gymnastique ? Les repas sont-ils végétariens ? Sont-ils bons ? D’où viennent les stagiaires ? À l’évidence, les gendarmes avaient une idée bien précise derrière la tête : nous n’étions pas une entreprise classique et il y avait un « big boss » tout puissant sur les corps et les esprits.

Quelques incidents cependant ébranlèrent leur conviction :
- dans la bibliothèque, il y avait des livres sur toutes les traditions et sur tous les sujets. Cela les étonna.
- ils trouvèrent chez le gérant 2 petites salles de méditation : « Oui, car mon mari et moi, nous ne suivons pas la même voie ». Le gendarme resta très perplexe sur cette réponse. Cela ne cadrait pas avec le monolithisme culturel et intellectuel supposé du lieu.

Les années précédentes, nous avions déjà eu 2 contrôles fiscaux, 2 contrôles URSSAF et une visite de l’inspection du travail. C’étaient des contrôles « civilisés » où l’on se quittait sur une poignée de mains. Ce fut, cette fois, une opération militaire.

Pourquoi cette différence ? La nature des questions posées et des remarques rend la réponse très claire : les contrôles précédents concernaient une entreprise. Cette fois, il s’agissait d’une « secte », le grand satan de la société actuelle. Les gendarmes ont cherché partout de la drogue, ouvrant et reniflant tous nos flacons de pilules ayurvédiques et d’huiles essentielles, ils ont cherché des virements à l’étranger citant l’Inde à plusieurs reprises, peut-être ont-ils aussi cherché des armes ?

Je crois qu’ils ont été impressionnés par le calme et la dignité de l’ensemble du personnel. Leur psychologue, censé travailler sur ceux qui « pètent les plombs » dans une telle situation, n’a pas eu à intervenir. Tous ses collègues le blaguèrent à ce sujet à la fin de la visite.

On peut penser qu’une telle opération militaire est parfois nécessaire. L’était-elle en ce qui nous concerne ? Ce présupposé manifeste de « secte dangereuse » est-il justifié par les faits ? Pourrait-on alors comprendre l’amitié et la collaboration régulière de tant de personnalités du monde de la culture, des sciences et des arts ? Peut-on comprendre le partenariat officiel que nous accorde la NEF, fondateur de la future « banque éthique européenne » ? Peut-on comprendre l’amitié profonde qui nous lie à de si nombreux religieux de tous bords : catholiques, protestants, orthodoxes, musulmans, bouddhistes, hindouistes et autres ? Terre du Ciel est au contraire bien connu pour sa large ouverture, son désintéressement et son haut niveau d’exigence en terme de qualité de programmes.

L’un des hommes de la perquisition sauva peut-être l’honneur du groupe. S’adressant à Evelyne : « Je regrette, Madame, d’avoir à faire mon travail dans de telles circonstances ». Un fait demeure : la Gendarmerie a emporté tous les ordinateurs, tous les fichiers, tous les carnets d’adresses, beaucoup de dossiers en cours, et beaucoup d’argent provenant du règlement des stages et des abonnements aux revues, et en instance de partir à la banque. Nous sommes pratiquement dans l’impossibilité de continuer à travailler. Nos programmes d’été doivent être bouclés dans un mois. Si ce n’est pas fait nous frôlons la catastrophe, et aujourd’hui nous ne pouvons rien faire. Aucune date ne nous a été donnée pour la restitution du matériel : « l’enquête prime ». Une requête en restitution a été introduite auprès du procureur et nous sommes dans l’attente d’une suite. Nous avons proposé que tous les fichiers soient copiés et sommes prêts à collaborer avec la justice sur ce point.

Je pose la question : l’État français peut-il tuer légalement une entreprise et mettre au chômage 18 salariés avant que celle-ci ne soit jugée ? Est-ce cela l’État républicain, démocratique et laïque dont on nous demande d’être fier ? Est-ce cela la justice de notre pays ? Un Etat, qui se dit de droit, peut-il bafouer délibérément la présomption d’innocence ?

J’en appelle à l’opinion publique.

Chardenoux, le 19/01/2010, Alain Chevillat, Gérant
A suivre sur www.terre-du-ciel.fr
contact : alain.chevillat@terre-du-ciel.fr
Avocat : Maitre Hincker - Strasbourg

Les unitariens souscrivent totalement aux objectifs de Terre du Ciel. Ils militent pour les religions libérales et ouvertes les unes aux autres, pour des spiritualités plurielles en toute transparence et partage réciproque, loin de toute emprise sectaire.

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Published by Alain Chevillat - dans interfaith
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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 13:11
EXIT GODFRIED

Il fallait s’y attendre. L’archevêque de Malines-Bruxelles, primat de Belgique, cardinal de surcroît, n’a pas échappé à la vindicte des frères Ratzinger, car ils sont deux, et le moins connu, petit monseigneur bavarois, n’est pas le moins vindicatif, tant s’en faut. Ils ne lui avaient pas pardonné les réserves qu’il s’était permis de formuler tout au long du dernier conclave et la déception qu’il n’était pas parvenu à dissimuler, à la fin de celui-ci, dans une conférence de presse, qui fut sans doute, quoi qu’il en dise, un des meilleurs moments de vérité de sa carrière. Un des derniers cardinaux qu’on appelait « libéraux », pour leur reconnaître une certaine personnalité et signifier qu’ils n’étaient pas toujours rigoureusement bien alignés, comme tous les autres, dans la ligne pontificale, le petit doigt sur la couture de la soutane, a donc été éliminé. Ce fut également le cas,  récemment, de Martini l’archevêque de Milan, bien connu pour ses positions progressistes en matière de morale et de théologie. Lui aussi a été fermement invité à prendre sa retraite à soixante-quinze ans, sans atermoiement ni tergiversation.

Cela veut simplement dire que le progressisme n’a plus aucun avenir dans l’Eglise catholique. On s’en doutait d’ailleurs, depuis que, sans relâche, et avec l’obstination qu’on lui connaissait, Jean-Paul II avait cadenassé toutes les nominations importantes, dans la hiérarchie de cette Eglise, du côté le plus traditionnel et le plus conservateur. Il n’y a pas de miracle, à Rome encore moins qu’ailleurs, et l’Opus Dei a jusqu’ici bien placé ses pions, dans les évêchés comme sur les autels. Benoît XVI n’avait plus qu’à poursuivre. Il le fait consciencieusement aujourd’hui en nommant archevêque de Malines-Bruxelles notre ineffable André-Mutien Léonard. Celui-ci, rappelez-vous, avait débuté ses exactions à Namur en fermant le séminaire qui avait le grand défaut d’être quelque peu ouvert et en recherche. Faisons-lui confiance, il ne tardera pas à découvrir, à un plus haut niveau, quelque chose à détruire, pour affirmer son autorité et la rectitude absolue de son jugement.

Cela pourrait bien être l’UCL, l’université catholique de Louvain la Neuve, qui a le grand tort de ne toujours pas condamner en bloc et en détail, comme il le souhaitait, la pilule, l’avortement, le contrôle des naissances, le préservatif, la conception médicalement assistée, le clonage des cellules, l’utilisation des embryons, l’euthanasie, etc, et dans laquelle, il n’y a pas si longtemps, il n’avait pas hésité à envoyer une taupe en observation, tout en négligeant de la payer, bien sûr. Seuls, les fidèles des deux provinces de Namur et du Luxembourg pourront se réjouir d’enfin connaître un bon débarras. C’était leur évêque.

Il n’y a plus de progressisme possible dans les rangs de l’Eglise universelle. Ce n’est pas en effet l’exaspération de quelques dominicains hollandais qui imaginaient des eucharisties sans prêtre, ni la grève de la faim d’un évêque brésilien qui se solidarisait avec les Indiens sans terre, qui va créer un nouveau courant progressiste. Ils seront désormais de plus en plus isolés, déconsidérés, et probablement écrasés avant d’avoir pu susciter un courant d’opinion. L’expérience acquise par Jozef Ratzinger au sein du saint Office, avant qu’ils ne changent de nom l’un et l’autre, ne laisse aucun doute à ce sujet. Le sort qui a été réservé aux « théologiens de la libération » ne donne plus aucune chance aux intellectuels soucieux de recherche et de formulations nouvelles. La façon dont ont été traités Helder Camara, porte-parole du tiers-monde, Pedro Arrupe, général des Jésuites, et les frères Cardenal, ministres au Nicaragua, garantit à tous ceux qui s’engageront désormais socialement et politiquement dans la vérité auprès des opprimés, un traitement qui aura pour effet de les réduire au silence ou à la démission.

Chez nous aussi, les espaces de liberté se font rares. Les voix discordantes se taisent. Les espoirs sont déçus. Et, pour beaucoup, qui avaient vécu le concile Vatican II d’abord, mai soixante-huit ensuite, c’est le temps du blues. Bien sûr, Louis Evely, Pierre de Locht, Jean Cardonnel et Edward Schillebeeckx  sont morts, Jacques Gaillot a été démis de ses fonctions comme Hans Kung, et Jean Kamp réduit à la plus grande discrétion. Ignace Berten fait, paraît-il, l’objet de menaces, et Gabriel Ringlet se tait bien souvent dans son prieuré campagnard. Les théologiens semblent s’être enterrés, dix mètres sous terre, dans leurs abris anti-dogmatiques, tellement ils considèrent que leur vie est risquée. Les prêtres ouvriers, pratiquement tous à la retraite maintenant, font de plus en plus figure d’anciens combattants. Et ce n’est pas Léon de Pas, comte romain, dernier héritier d’un zouave, tout aussi courageux et téméraire que son ancêtre, mort héroïquement à Rome pour les Etats pontificaux, qui, en reniant son baptême, va créer une révolution.

Et pourtant, la pratique religieuse s’amenuise lentement mais constamment en Belgique. On est obligé d’envisager l’abandon, la démolition, parfois la vente des églises et des presbytères. Le nombre des prêtres en fonction a fondu, parfois réduit à un quart de ce qu’il avait pu être. Les congrégations religieuses ont fusionné, maintenant elles disparaissent. Les couvents sont progressivement transformés en maisons de repos. Godfried Danneels a tout à fait raison de parler du « petit reste », mais ce n’est guère une vision d’espoir. Les seuls îlots de dynamisme et de vie active, parfois désordonnée il est vrai, semblent être les communautés charismatiques et traditionalistes. Mais cela a souvent l’allure d’une propriété privée. De toute évidence, ce n’est pas fait pour tout le monde ! Les évêques embauchent sans relâche des prêtres étrangers pour essayer de boucher les trous dans un tissu ecclésial usé et rapiécé. Pour eux, il n’y a pas de sans-papiers, pas d’immigrés sans droit d’asile. Si ceux-ci sont ordonnés prêtres, et au besoin on accélère le processus pour qu’ils le soient,  ils ne seront pas reconduits à la frontière !

Pourquoi se faire encore des illusions ? L’Eglise catholique est malade, gravement, elle va mourir. On la croyait éternelle ? Ce n’est pas vrai. Elle est humaine, spatio-temporelle comme les êtres humains. Ernest Renan avait raison de dire : le Christ avait promis le Royaume et c’est l’Eglise qui est arrivée. C’est pourquoi il est de plus en plus nécessaire et urgent de faire des distinctions importantes. Christianisme et Eglise catholique ce n’est pas la même chose. Quand on aura retiré des évangiles tout ce qui y a été rajouté durant les trois premiers siècles, on s’apercevra que Jésus n’a jamais voulu créer une organisation religieuse, sacrée et hiérarchisée, copiée sur celle du temple juif, mais qu’il a plutôt voulu une conversion du cœur et de l’esprit des hommes et des femmes en vue de transformer le monde.

Ce qui est en cause dans cette dégradation continue de l’Eglise, ce n’est pas la réforme liturgique avec le français plutôt que le latin, ou l’inverse, ce n’est pas l’autel dos ou face au peuple, ce n’est pas non plus le célibat ou le mariage des prêtres, ni même l’ordination des femmes, ni la révision ou la libéralisation éventuelle de toute la morale sexuelle. Ce qui est en cause est bien plus grave, on peut dire que c’est le Credo. Il n’y a plus guère une ligne de celui-ci qui se tienne réellement telle quelle face à la compréhension raisonnée et critique d’un homme du vingt et unième siècle qui, s’il accepte toujours de croire en quelque chose ou en quelqu’un, est cependant devenu allergique aux mystères de la foi. Rares sont ceux qui s’en rendent compte et sont prêts à l’admettre. Il n’y a guère eu de réaction dans notre Eglise, quand, il y a quelques années, les Abbés de Maredsous et d’Orval ont quitté leurs prestigieuses abbayes et se sont mariés, ni quand l’Abbé de Chimay s’est déclaré homosexuel, et du même coup s’est fait exclure. C’étaient pourtant des signes qui ne trompent pas.

Bien qu’il ait mis près de trois siècles pour être élaboré, le symbole de Nicée a accumulé des affirmations qui n’ont plus leur justification dans l’esprit de nos contemporains. Le Dieu unique continue à affronter la Trinité avec sa complication et son imbroglio de natures et de personnes, et cet affrontement est particulièrement sensible aujourd’hui aux islamistes. Quant à la toute-puissance de Dieu, elle rend tout à fait injustes les tsunamis, les tremblements de terre, et même les guerres, car elle exclut le hasard et ce n’est pas en invoquant la liberté des hommes qu’on peut les justifier. C’est pourquoi il ne manque pas de curés actuellement qui préfèrent parler d’un Dieu très aimant plutôt que tout puissant, d’une faute habituelle ou occasionnelle plutôt qu’originelle. La création telle que définie traditionnellement s’accommode mal de l’évolution pourtant maintenant scientifiquement établie. Et ainsi de suite…

Quand on sait l’histoire et les péripéties humaines des huit premiers grands conciles œcuméniques de l’Eglise catholique qui, jusqu’au neuvième siècle, ont d’ailleurs tous eu lieu, non à Rome mais en Turquie, siège de l’empire byzantin, on a des raisons de se demander si cette Eglise catholique est réellement chrétienne, c’est-à-dire du Christ, et si tous ces dogmes accumulés au cours des siècles n’ont pas eu des motivations bien plus politiques, partisanes ou économiques qu’évangéliques.

Il y a donc du travail pour quelques générations de théologiens, car le ménage à faire est immense et radical. Mais ne nous faisons pas d’illusions, c’est un travail impossible pour eux, car révision et réforme exigent des acteurs entièrement libres, et depuis toujours il est interdit dans l’Eglise de toucher aux dogmes, ne fût-ce que pour les habiller autrement. C’est le caractère dogmatique de l’Eglise qui, profondément, empêche son évolution et son adaptation au monde moderne. Ce sont finalement ses dogmes qui tueront cette religion, par étouffement.

Il est grand temps que tous ceux qui un jour ont été touchés par les valeurs de l’Evangile prennent conscience du tournant qui est à effectuer. Pour ne pas perdre ce précieux héritage il faudra d’une façon ou d’une autre le libérer des structures qui l’entourent et le faire vivre au-dehors. On avait oublié que l’Evangile est un message de grand air, à vivre hors les murs. Exit Godfried, on regrettera sincèrement sa simplicité, sa bonhomie, sa recherche permanente du consensus, imprégnée de bonté, mais pas sa soumission souvent aveugle au système clérical. Exit Godfried, mais qu’ils sortent donc aussi de leurs églises, les chrétiens ! Tout est encore à faire ...

Jacques MEURICE, prêtre.

reproduction de son texte publié le matin même (avec quelques coupures) par le quotidien La Libre Belgique (Bruxelles) et transmis à la Correspondance unitarienne par Philippe de Briey.

Jacques Meurice est l'auteur de :
- Adieu l’Eglise, chemin d’un prêtre-ouvrier, L’Harmattan, Paris, 2004, 159 p., présenté par Jean-Claude Barbier dans la Correspondance unitarienne, n° 54, avril 2006 (lien)
- Jésus sans mythe et sans miracle. L’évangile des zélotes, Golias, Villeurbanne, 2009, présenté dans les Actualités unitariennes le samedi 27 juin 2009 (lien), puis le vendredi 13 novembre 2009 (lien)

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Published by Jacques Maurice - dans la Contre-Réforme
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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 05:27

Le malaise est assurément très grand dans les milieux catholiques contestataires, réformateurs, progressistes, libéraux. Nombre d’entre eux ne vont plus à la messe afin de ne plus entendre des propos qui leur semblent surannés, ni de suivre une liturgie qui leur paraît désuète. Certains passent même au protestantisme.

Ils ont mal à leur Eglise, souffrent à chaque nomination d’évêque conservateur (comme récemment Mgr Léonard, évêque de Namur promu au poste d’archevêque de Bruxelles), aux déclarations du Vatican ou de certains prélats. Ils sont nostalgiques de l’élan qui avait été donné par Vatican II et qui leur semble avoir été mis à mal sinon brisé par une réaction menée par les autorités centrales de leur Eglise.

Ils ne rêvent pas cependant de faire dissidence, de fonder une autre Eglise, mais ils veulent réformer leur Eglise de l’intérieur, « faire Eglise, mais autrement ». Ceci dit, ils s’épuisent dans une position défensive par rapport à une Eglise officielle qui, avec ses nouveaux prêtres et ses mouvements cléricaux et charismatiques, s’appuie résolument sur des milieux conservateurs toujours existants. L’Eglise catholique devient de plus en plus un lieu de refuge par excellence contre toutes les aventures progressistes et les excès des mœurs laxistes d’une société de consommation libérée de toute morale. L’évolution est celle d’une dialectique au profit des extrêmes, et à terme celle d’une cassure de fait.

le-lavement-des-pieds.jpg
Entre la résignation inacceptable pour un chrétien qui a la foi et la dissidence (fonder une Eglise catholique indépendante) ou encore le changement d’Eglise (bien d’autres Eglises chrétiennes existent et, somme toute, il y a le choix pour qui veut suivre l’Evangile !), il peut y avoir le vécu alternatif en marge ou en périphérie de l’organisation officielle.

Déjà, des communautés catholiques de base fonctionnent ainsi (depuis plus de trente ans en Italie, puis en France et en Belgique), en pratiquant des célébrations libres avec des prêtres ou sans prêtres. Depuis les dernières années du XXème siècles, les communautés et mouvements catholiques de cette mouvance progressiste se sont regroupés en France (soit une cinquantaine) au sein de la Fédération des réseaux des parvis et en Belgique (soit une quinzaine) au sein des Pavés (Pour un autre visage de l’Eglise et de la Société). Mieux, avec Mgr Jacques Gaillot et le diocèse de Partenia, ces catholiques disposent d’une institution de type diocésain (même si ce diocèse n’existe plus sur le terrain depuis la conquête arabe de la Tunisie !) et d’un leader charismatique. Bref, autant d’institutions qui peuvent servir d'appui pour lancer un mouvement alternatif de plus grande ampleur.

Les ressources humaines ne manquent pas non plus puisque l’Eglise officielle rejette ses enfants : prêtres en concubinage ou mariés, prêtres écartés pour leur homosexualité , prêtres mis sur la touche à cause de leur enseignement jugé non conforme par rapport à la doctrine en vigueur, etc.

Par ailleurs, l’Internet met désormais à notre disposition des moyens efficaces : des lieux d’expression avec les forums, des lieux de documentation et d’information avec les sites et les blogs ; on peut aussi y organiser des cultes comme le fait, au sein d'une autre mouvance chrétienne, l’Eglise unitarienne francophone (culte de maison, suivi d’un partage sur le site) (lien)

D’autres moyens peuvent être mobilisés : pour les réunions de proximité, les plus aisés peuvent proposer leur maison, leur propriété, leur résidence secondaire ; le versement du denier du culte peut être détourné pour les besoins de la mouvance alternative ; la presse catholique contestataire (Témoignage chrétien et Golias en France) est toujours prête à donner de la voix ; etc.

Enfin, les moyens de communication s’étant considérablement développés, les ensembles linguistiques – la francophonie pour nous – deviennent des espaces relationnels privilégiés. Des solidarités et des institutions peuvent mieux s’y organiser, du moins plus facilement que dans les milieux européens ou internationaux dominés par l’anglais que seule une partie restreinte de nos compatriotes pratique avec aisance.

A l’initiative de la Fédération des réseaux des parvis, un Grand rassemblement est prévu à Lyon en novembre 2010. Ne serait-il pas l’occasion de poser des jalons pour un mouvement chrétien alternatif de plus grande ampleur, par exemple au niveau des pays francophones (France et pays voisins, Québec et autres communautés francophones d’Amérique du Nord, Afrique noire francophone), et qui soit plus affirmatif et plus visible avec des institutions et des lieux de décision qui lui soient propres ?

Un mouvement qui soit capable d'initiatives et pas seulement de se cantonner dans une réaction aux faits et gestes de la Hiérarchie, dans une attitude de ronchonneurs systématiques ce qui n'est guère attractif, dans une lutte perpétuelle du pot de terre contre le pot de fer qui ne laisse aucune illlusion sur l'issue. Un mouvement où les catholiques progressistes puissent retrouver la fierté de faire Eglise et la joie de célébrer en commun comme au premier temps du christianisme, au sein de communautés de base de leur choix qui suivent tout bonnement leur chemin sans plus se soucier de Rome et de ses évêques fonctionnaires et préfets.

Mgr Gaillot arrivant en limite d’âge, ne serait-ce pas l’occasion d’y élire son successeur, par exemple parmi les prêtres et théologiens qui ont été écartés par l’Eglise officielle ? Ou encore organiser un intérim pouvant durer le temps qu'il faudra avec un comité et un responsable. Un diocèse qui lui aussi pourrait adopter l’aire linguistique du français : un diocèse pour tous les catholiques alternatifs et francophones.

Des initiatives hardis doivent en tout cas être prises si les catholiques progressistes veulent éviter le rouleau compresseur mis en marche par leur Eglise officielle. Celle-ci dispose en effet de nombreux soutiens, a encore des vocations de prêtres très cléricaux et un bel avenir devant elle en ralliant autour d’un pôle conservateur tous ceux qui, non sans raison, ne suivent pas avec engouement les évolutions contemporaines dont certaines peuvent être légitimement critiquées.

Les unitariens sont en compagnonnage spirituel avec tous les libéraux des autres confessions, religions ou mouvements philosophiques. Ils apportent leur encouragement et leur solidarité  à cette mouvance catholique de type libéral qui est en pleine émergence. Les chrétiens unitariens sont d'ailleurs membres de la Fédération des réseaux des parvis.

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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 14:21

Les conférences de l'Union protestante libérale (UPL), pour le 1er semestre 2010 : 

  

strasbourg_saint_guillaume.jpgVendredi 22 janvier, à 20h15 au foyer Lecocq, cour de l'église St-Guillaume, rue Munch, Strasbourg :

Le Dr Jean-Maurice SALEN, membre de l'UPL présente, une réflexion sur le thème : "Les minorités emboîtées. Comment vivons-nous notre situation religieuse minoritaire ?"

Une église en terre d’Islam qui ferme, faute de fidèles ; une église presque incongrue au milieu des « barres » d’un quartier périphérique ; des minarets de la discorde ; une ville en fête, foyer religieux multi séculaire, qui célèbre Noël sans référence explicite ; autant de marqueurs d’une intense sécularisation d’une part, de la permanence ‘’d’isolats’’ d’hommes, de femmes qui vivent en minoritaires une expression religieuse qui n’est pas ou n’est plus celle de leur propre histoire.


église Saint-Guillaume à Strasbourg, dessin de Laurent Kohler, architecte (lien)


L’auteur, ni sociologue, ni théologien, ni psychanalyste s’interroge à partir de son propre cheminement sur des situations, parfois dramatiques, que vivent, qu’ont vécu des millions de personnes que leur religion ‘’isole’’ sans parfois même en avoir conscience.

Le conférencier : Ancien praticien hospitalier, pneumologue, délégué régional de Médecins du Monde à Strasbourg depuis sa retraite. Militant de la Jeunesse étudiante chrétienne, très tôt engagé des les années 1955 pour la « reconnaissance du fait national algérien », à Lyon, pendant les années d’études. Coopérant civil volontaire en Algérie dans les années 1963-64-65 avec son épouse, deux très jeunes enfants (médecin chef dans un hôpital de l’Oranais). Plusieurs postes hospitaliers ou médico-administratifs en Rhône-Alpes et  Nord-Pas-de-Calais. Chef de service au centre hospitalier de Sarrebourg pendant 26 ans. Conseiller municipal de Sarrebourg de 1983 à 2008. Il habite Strasbourg depuis 10 ans.

 

Mercredi 24 février, à 20h au foyer Lecocq, Rue Munch à Strasbourg : "La question linguistique et les élections régionales", par Pierre KLEIN, président d'Initiative citoyenne alsacienne (ICA 2010)

 

Samedi 20 mars de 14h à 17h. Au foyer Lecocq / Cour de l’église St-Guillaume, rue Munch à Strasbourg.

Colloque sur : "Evolution ou Création. Vraie ou fausse alternative ? " Les poèmes bibliques de la Création confrontés aux sciences avec :

- André SCHAAF, professeur à l’Université de Strasbourg : L'évolution : des faits aux théories.

- Michel LEFEUVRE, philosophe des sciences : Une théorie scientifique de remplacement à celle de Darwin.

- Ernest WINSTEIN : Des mythes pour dire la foi. Une approche historico-critique des poèmes de la création (Genèse 2 et Genèse 1).

- débat et conclusion

 

Vendredi 28 mai à 20h15 (le lieu sera indiqué ultérieurement) : Vivre après la prison. Témoignage de Patrick DILS. Introduction par Gilbert GREINER.

 

Renseignements :


Union protestante libérale, Ernest Winstein, président, 31 rue des Foulons F 67200 Strasbourg, tél. 06 10 92 92 42, courriel, site, blog ; pour avoir les nouveautés, s’inscrire à la newsletter du blog.

 

Publications de l’UPL :

 

Vient de paraître : « L’humanité de Jésus ». L’ouvrage rassemble les textes des conférences du colloque sur le même thème qui s’est tenu les 29 et 30 mars 2008 à Strasbourg (Evangile et Liberté - Union protestante libérale de Strasbourg). Parution imminente. Coût 8€ + frais d’envoi. Contributions de :

Ernest WINSTEIN, « Jésus a-t-il promulgué une nouvelle loi ? Jésus et le Judaïsme de son époque »,

Jean-Paul SORG, «  Jésus vu par Albert Schweitzer »,

André GOUNELLE, « Le Christ, être nouveau », «  la résurrection », « la foi et la vie chrétienne »,

Frédéric ROGNON, « Jésus postmoderne ? ».

Les réflexions et recherches des chercheurs et penseurs contemporains nous permettent d’approcher, même si l’entreprise est difficile, la personne du Jésus historique, de mieux saisir l’engagement concret du maître de Nazareth auprès de son peuple et, donc, d’être interpellés par lui quant à notre engagement dans le monde d'aujourd'hui. Bénéfique retour aux sources pour qui ose déposer quelques a priori ou formules traditionnelles sur le « sauveur », le « rédempteur », le « fils de Dieu »,...).

 

Les « Annales n° 4 » :

Ce recueil de textes de conférences, de Philippe KAH (Giordano Bruno, tel Jésus, coupable de liberté), Claude CONEDERA (Tillich) et Ernest WINSTEIN (Le projet “politique” de Jésus) est communiqué au prix de 5€ (+ frais d'envoi 1.30€).

 

L'objectif de l'Union protestante libérale


"L'Union protestante libérale (U. P. L.) offre à tous ceux qui ont le souci d'un libre débat respectant les convictions, des occasions de rencontres et d'échange, tant sur les questions de société que sur des questions de foi, s'appuyant sur des recherches théologiques fondamentales systématiques."  (Article 2 des nouveaux statuts adoptés en assemblée générale le 7 avril 2003).


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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 10:46
Que ce soit au sein de la famille (parent/enfant ; couple ; relation avec la famille), sur le plan professionnel (cohésion d’une équipe, relation hiérarchique) ou encore dans la vie sociale (parents/professeurs, relation client/vendeurs, relation amicale ou de voisinage) nous devons faire face à des conflits. Comment réagir ? comment les gérer ? comment les solutionner ?

Quand quelqu’un nous blesse, comment communiquer sincèrement, sans nous-mêmes blesser à notre tour ? Comment faire mieux que d’éviter, se taire, bouder ? Comment gérer nos propres colères ? Quand l’autre devient agressif, quelle méthode pour l’écouter au bon endroit ? Quels outils pour passer de la culpabilité à la responsabilité ? Comment déployer une autorité véritable et légitime, à la fois efficace et respectueuse des personnes ? Comment déjouer les jeux de pouvoir ? Quelle méthode pour mettre hors-jeu une violence inacceptable ?

Communic-action.JPGLe programme mis au point par Communic Actions propose un parcours pour mieux comprendre son propre fonctionnement devant un conflit et d’être plus à l’écoute de soi et de l’autre ; il permet d’acquérir des outils afin de désamorcer toute réaction violente ou impulsive, de gérer de façon satisfaisante toute situation conflictuelle et si nécessaire de négocier efficacement.

La méthode, dénommée “CRITERE” par ses promoteurs, offre une synthèse originale et novatrice des techniques reconnues pour leur efficacité en articulant le meilleur des écoles de communication (« Cadres et dirigeants efficaces » de Thomas Gordon, CNV de Marshall Rosenberg) et des écoles de négociation (méthodes Win-Win, « négociation raisonnée » de Roger Fisher et William Ury). Ces deux univers, travaillés d’habitude séparément, sont peu à peu décloisonnés au moyen de nombreux exemples et exercices pratiques.

La méthode et le parcours ont été conçus par Etienne Chomé, chercheur à l’Université catholique de Louvain et consultant en entreprise. Communic Actions est une Ecole internationale qui se développe avec dynamisme sur trois continents et compte 60 animateurs en 2009 (lien).

Il n’y a pas à choisir entre autorité et compréhension. Le défi est de réussir en toutes circonstances à tenir ensemble le respect des règles et le respect des personnes” Etienne Chomé.

La formation se déroule en groupe de 15 personnes maximum sur une durée totale de 10 soirées de 2h (soit 20 heures de formation). Après chaque séance, elle nécessite un travail personnel de relecture et de mise en pratique des outils.

En Belgique, une formation est programmée du 22 février au 10 mai 2010 à la Fondation Wallonne – Verte Voie, 20 (Cortil du Coq Hardy)- 1348 Louvain-la-Neuve (à quelques 50 m de la gare). La participation financière est de 9 € par heure de cours, soit un total de 180 euros (des réductions peuvent être accordées). Contact : Coralie de Briey, courriel

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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 06:58
Nos identités citoyennes sont multiples et la plupart d’entre elles s’emboîtent comme des poupées gigogne.

Pour certains, l’identité commence avec la grande famille, parce qu’elle est aristocratique avec un titre, un blason, des lieux (comme un château) et des faits historiques, une longue généalogie ; ou encore parce que la lignée roturière comporte des noms célèbres ; ou encore parce que la famille est capable d’organiser des « cousinades » ou tout simplement de faire preuve d’une belle cohésion lors des soirées de Noël ou à d’autres occasions. Des patronymes sont ainsi portés avec fierté.

On peut aussi aimer son village, sa cité, sa région, le milieu qui nous a vu naître et au sein duquel on a ses points de repères. On y revient avec plaisir, avec nostalgie. On en a le goût du patrimoine avec ses paysages, sa gastronomie, ses fêtes locales, sa paysannerie et ses artisans, les accents de son parler.

Au-delà, commencent des entités plus larges : l’ethnie au contenu culturel (une langue, une religion, une histoire) ou une ancienne entité politique dont on a précieusement conservé mémoire et vestiges (une province, un comté, un royaume ancien).

L’Etat national est enfin un niveau important puisque la vie moderne lui donne un rôle de premier plan dans les relations internationales et dans la régulation interne entre ses citoyens. C’est aussi un lieu de débat, de décisions, d’empoigne même au vue d’enjeux où s’affrontent des points de vue différents, souvent  antagonistes. Etats nationaux ou bien encore des fédérations ou confédérations qui ont un gouvernement central comme le « Royaume-Uni », les « Etats-Unis », les « Emirats Arabes Unis », la Confédération helvétique, etc.

On peut continuer avec les constructions communautaires pluri-étatiques (ou ensembles régionaux) en voie de fédéralisation comme la Communauté européenne, ou encore se référer à des ensembles culturels (la civilisation européenne), linguistiques (la Francophonie) et où religieux (la Ligue des pays arabes, le pan-islamisme), etc.

On a le choix !

L’identité est vécue à la carte. Certains peuvent en effet sauter une échelle : par exemple négliger son ancrage local pour un destin uniquement national, ou au contraire privilégier son ethnie et contester son rattachement à une entité nationale, ou encore défendre la souveraineté nationale de son pays contre les constructions fédérales ou confédérales, etc.

L’identité civique n’est pas obligatoire. Des courants philosophico-politiques s’emploient à la nier.

Pour l’anarchisme, seule la personne est souveraine et doit décider de son propre sort, éventuellement sur la base d’un contrat social avec d’autres personnes de même philosophie.

Depuis les débuts de l’industrialisation, le libéralisme économique qui s’ensuit prône la libre circulation des produits et des personnes, l’ouverture du capital d’une entreprise à l’argent international, il est en concurrence avec les circuits de proximité qui valorisent la production locale ; il prône la grande distribution seule capable d’écouler les biens qu’il fabrique quitte à étrangler, du fait de la concurrence des prix, les petits producteurs.

Le socialisme utopique puis le marxisme léninisme nient les entités culturelles (pour eux vestiges résiduels d’un féodalisme antérieur) : seules sont dorénavant valables l’appartenance à une classe sociale.

Le pacifisme quant à lui refuse toute participation  aux guerres nationales, dénie toute valeur au patriotisme, à la défense nationale d’un territoire soit par conviction religieuse ou morale (l’objection de conscience) ou bien parce que ce serait jouer le jeu des impérialismes économiques et des puissants de ce monde qui tirent les ficelles à leur profit et au détriment des peuples (mais – paradoxalement ? - les guerres d’indépendances nationales contre un colonisateur sont encouragées, financées et armées).

L’universalisme secondarise les identités civiques ; il nous invite à nous sentir d’emblée des citoyens du monde … et à nous sentir partout chez nous. On peut se déclarer apatride afin d’être plus universel. Cet universalisme a commencé avec les grands monothéismes, même si ceux-ci sont ensuite entrés en concurrence. Il n’y a plus ni Juifs, ni Grecs, ni « païens » disait déjà Paul.

Au jeu des identités civiques, culturelles ou religieux certains dénient celle des autres : ce sont les « Barbares », les « non civilisés », les « païens », etc. Ou encore s’attribuent le prix d’excellence : leur identité serait meilleure, supérieure, seule porteuse d’avenir, etc. En cela, le nationalisme est un patriotisme exacerbé et qui en dénature le sens. De même l’islamisme par rapport à l’islam ; et d’une façon général les positions sectaires et les sectarismes.

Enfin, certains ne souhaitent pas cohabiter avec d’autres ; c’est le chacun chez soi des communautarismes. Chaque communauté ethnique et/ou religieuse reproduit son propre milieu, sa société d’origine dans le pays d’immigration qui les accueille, applique ses propres lois ou les exige, refuse les «étrangers» ou leur rend la vie impossible dans les ghettos qu’ils constituent, dans les clans et les filières qu’ils mettent en place, pratique allègrement un racisme qui se pare des vertus du contre racisme, etc.

Pas simple le vécu des identités !

à suivre ...
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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 06:43
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Avec les confessions religieuses exigées à l’entrée de chaque communauté lors du baptême ou encore lors de l’ordination d’un nouveau ministre du culte, les communautés religieuses étant censées être homogènes sur le plan doctrinal. Depuis, ce ciment dogmatique s’est fissuré au nom de la liberté de conscience chez les protestants libéraux, à la suite des conciles catholiques où des minorités ont fait dissidence, et tout simplement du fait de la circulation des idées et des spiritualités.

Ce sont les spiritualités qui ont introduit à la pluri-appartenance car elles se glissent comme complémentaires à une religion donnée sans apporter de nouveaux dieux à adorer (comme le fait le polythéisme ou d’autres religions), ni une autre version de Dieu. La gnose, les loges maçonniques ou d’autres obédiences, le bouddhisme, les mouvements soufis, etc., proposent ainsi des voies complémentaires qui peuvent être vécues individuellement pour la croissance spirituelle de leurs adeptes. Elles ne sont donc sur le même plan que les fréquentations religieuses : dès lors on peut être chrétiens et francs-maçons nonobstant les foudres du Vatican, chrétien et « crypto » bouddhiste, etc.  ; on peut être chrétien de culture ceci ou cela sans que ce soit pour autant un syncrétisme.

Les couples mixtes au niveau religieux peuvent également fréquenter l’église et la mosquée, ou la synagogue, ou le temple. Les enfants pratiquent les deux religions et les parents les laissent libres de leur choix.

Ces multi-appartenances sont vécues sans tension de la part des intéressés, mais sont parfois critiquées vue de l'extérieur. En tout cas, elles ne sont pas des syncrétismes puisqu'il n'y a pas tentative de faire de nouvelles synthèses théologiques. Elles sont porteuses de tolérance, d'élargissement des horizons, de découverte de complémentarités.

L'Eglise réformée de France (ERF), entre autres, accepte fort bien les couples protestant-catholique. Quant aux unitariens, nous sommes acquis aux vertus de l'interfaith (des spiritualités plurielles) et nous faisons de notre appartenance religieuse un choix parmi d'autres possibles au sein des sociétés démocratiques, laïques et modernes.

à suivre ...
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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 06:34
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Oui bien sûr ! à commencer au sein de la famille où les parents sont invités à transmettre leurs valeurs, à témoigner devant leurs enfants de leurs convictions, à faire leur éducation morale sans attendre qu’ils aient l’âge de raison.

Il y a actuellement une très grave erreur de la part de jeunes parents qui, par réaction à ce qu’ils croient avoir été une éducation trop sévère et nonobstant les connaissances modernes en psychologie de l’enfant, délaissent tout acte d’autorité alors que ce sont les toutes premières années de l’enfance qui sont décisives : le refus des caprices, l’apprentissage du « non », l’acceptation des contraintes objectives et sociales, des règles de vivre en commun, etc. Ensuite, les mêmes parents larguent leur progéniture indomptable aux braves éducateurs des écoles qui sont tout de suite débordés.

De même, la laïcité n’est pas de ne point parler de religion ou de spiritualité, mais d’en parler «autrement», à savoir au niveau des connaissances objectives, de la culture, de l’histoire, des arts et des lettres. En cela, l’éducation religieuse (l’équivalent du « catéchisme ») donnée par les unitariens-universalistes américains peut apparaître comme un modèle intéressant : l’école du dimanche, pendant que les parents sont au culte, consiste en une découverte de toutes les religions selon les spiritualités plurielles (interfait) que leurs parents pratiquent.

On peut aussi citer en exemple les synodes protestants qui sont des lieux de discussion et de décision où l’Eglise concernée est véritablement une assemblée délibérante et où les enjeux sont discutés : réaménagement des déclarations de foi, orientations et pratiques nouvelles, etc. Aux derniers synodes nationaux des réformés et luthériens français, la fusion des deux Eglises a été programmée ; c’est dire combien les identités historiques peuvent être remises sur la table.

Les conditions d’accès aux nationalités, aux citoyennetés, pour les étrangers font l’objet de décisions politiques au sein de chaque pays. Les discussions entre pays européens dans le cadre d’une communauté politique et économique et de son élargissement sont également l’occasion de réflexions de fond : qu’est-ce que l’identité européenne ?

à suivre ...
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