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24 décembre 2009 4 24 /12 /décembre /2009 06:29

Il est situé à Versant-La-Noël, près de Thetford Mines, au sud de la ville de Québec, et est l’œuvre du prêtre chanteur Robert Lebel (lien) qui parle volontiers de l'Amour de Dieu et du Coeur universel. D'emblée, d'une façon visuelle, son architecture réunit catholiques, orthodoxes, protestants, musulmans et juifs.

Y sont organisés des rencontres œcuméniques ou plus largement inter-religieuses, des prières et des cultes, des retraites, des séminaires de formation, des séjours de groupes ; et puis c’est un lieu où l’on célèbre les fêtes des diverses religions ! Voir l'article de la presse locale : "un prêtre québécois inclut un minaret à son église(lien)

Il est entre autres mis à profit par "Intégration communautaire des immigrants (ICI) " (lien), un organisme sans but lucratif, fondé en 2003 par Eva Lopez, et qui vise à développer l’intégration et emploi pour les immigrés dans le milieu rural.


Adresse : Le Versant-La-Noël, 1300, Montée Nicolas, Secteur Pontbriand, Thetford Mines, QC, G6H 3K6, Tél : (418) 335-5050, Fax : (418) 335-3030, courriel

 

Cette réalisation nous a été signalée par Régis Pluchet (Le Mans)


Quebec Versant-la-Noël
Message reçu du fondateur Robert Lebel, le 24 décembre 2009

"Recevant votre courriel en cette veille de Noël, c'est une grande joie qu'il m'apporte. On aurait dit comme une confirmation que ce chemin, ce rêve d'amour et d'unité de la famille humaine, était véritablement inspiré du rêve de Dieu. Ce chemin que nous avons choisi de prendre, c'est en réponse à un appel intérieur partagé avec des frères et soeurs croyants de notre région que nous nous y sommes engagés depuis 1998.

Certes, cette route a ses risques et nous y avons tant de fois croisé des dangers. Notre projet est tout à fait humble et sans prétention, Il n'impose pas. Il interpelle à sa manière. Pourtant il fait l'objet d'adversités et de dérisions par des gens qui se positionnent dans une forme ou l'autre de conscience plus pure ou d'extrémisme peut-être issu de blessures, de peurs ou d'expériences très négatives rendant difficile le pardon.

Alors, oui, votre message en cette Vigile ou nous célébrons le Prince de Paix, la Lumière des Nations, la Joie offerte aux bergers comme aux mages de différents horizons, oui, votre message est comme un baume plein de douceur et de réconfort, il consolide en moi le rêve de voir s'accroître l'Amour universel dont l'Eternel rêve pour ses enfants. Accomplir ce rêve n'est pas toujours une route droite balisées de roses ou sans embûches. L'Amour est un appel et y répondre est un consentement mais aussi une décision qui engage le coeur à l'écoute, au pardon, à la communication et à la communion.

Devant un enfant qui sourit, qui pleure, qui a faim, qui tend les bras, qui a peur, est-ce qu'on se demande s'il est chrétien, juif, musulman, catholique, protestant, orthodoxe, avant de lui donner à manger, avant de le prendre dans ses bras, avant de lui sourire ? Toute personne humaine a ce coeur d'enfant à retrouver, à libérer, à accueillir et à être accueilli. Puissions-nous apprendre en contemplant l'enfant de Bethléem.

Ah oui, comment vous remercier de nous partager ces mots d'amitié, comme si, de votre continent jusqu'au nôtre, un même astre lumineux nous conduit au coeur de l'Amour.
Paix à vous ! Espérance, Amour et Joie ! Votre visite courriel est une Bonne nouvelle de ce jour. Oui, fraternellement."

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Published by Actualités unitariennes - dans interfaith
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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 13:46

De nombreux lieux de culte sont victimes d’actes d’agression allant jusqu’à des incendies causée par bouteilles molotov. En plus des églises, mosquées et synagogues, il y a souvent aussi des "salles du Royaume". En voici la liste adressée à l’Ong belge Human Right Without Frontiers (HRWF) (paru sur le site de cet organisme le 18 décembre 2009) par le consistoire des Témoins de Jéhovah en ce qui concerne l’année 2008.

A quand les pogroms ? Rappelons que, sous l’occupation nazie, les Témoins de Jéhovah étaient conduits dans les camps de concentration. Les nazillons signent d’ailleurs d’une croix gammée leurs agressions contre les salles du Royaume.

Si les presses locales relatent parfois les faits, les médias nationaux en parlent moins. Peut-être aussi pour ne pas susciter d’autres actes par imitation. Mais le bilan est lourd et une mise au point des pouvoirs publics mériterait d’être fait dès lors que ces lieux de culte ont été autorisés. Un travail de communication est à faire tant du côté de ceux-ci que du Consistoire concerné.

Les unitariens apportent leur solidarité aux assemblées des Témoins de Jéhovah qui sont victimes de ces actes d’agression.

bâtiments endommagés : 01 Gex Threat, le 30 mars ; 13 Aix en Provence Sud, le 25 octobre ; 14 Caen Sud Est, le 14 février ; 14 Hérouville-Saint-Clair, le 24 mai ; 14 Dives Sur Mer, le 7 mars ; 19 Brive Sud, le 1er mars ; 20 Corte, le 28 août ; 25 Maiche, le 1er novembre ; 27 Pont-Audemer, le 10 février ; 29 Carhaix, le 20 janvier ; 29 Portsall, le 16 octobre ; 30 Villeneuve les Avignon le 13 février 08 ; 31 Saint-Gaudens le 21 juin ; 33 Libourne St-Denis le 12 février ; 34 Montpellier mas D'astre le 17 mai ; 36 Valençay le 3 janvier ; 38 St Marcellin le 23 décembre ; 41 Blois Ouest le 4 février ; 41 Vendôme le 10 février ; 44 Nantes La Beaujoire le 25 juin ; 44 Nantes Pont Rousseau le 30 octobre ; 62 Calais Est le 23 janvier ; 64 Mourenx le 6 février ; 64 St Jean de Luz le 9 février ; 67 Strasbourg Meinau le 4 février ; 69 Lyon Etats-Unis le 14 mai ; 67 Strasbourg Nord le 11 novembre ; 74 St Julien le 19 avril 08 ; 74 Chamonix le 11 septembre ; 75 Paris avenue Secrétan le 13 janvier , 75 Paris Alesia le 16 février ; 76 Oissel le 23 mars ; 76 Elbeuf Ouest le 24 octobre ; 77 Fontainebleau le 26 avril ; 89 St Florentin le 26 avril ; 89 St Florentin le 28 avril ; 91 Draveil le 22 décembre.

graffitis discriminatoires : 01 Bourg en Bresse Est, le 8 novembre ; 14 Bougy, le 5 octobre ; 30 Villeneuve les Avignon le 12 avril ;  20 Ghisonaccia le 18 mai ; 26 Nyons le 23 mai ; 35 Rennes Ouest le 14 juillet ; 38 Vizille le 14 avril ; 54 Neuves Maisons, le 24 février ; 54 Vandoeuvre les Nancy le 16 mai ; 59 Lille Haubourdin le 26 janvier ; 62 Berck Sur Mer le 12 septembre ; 64 Pau Centre le 11 juillet ; 69 St Genis Laval le 16 novembre ; 93 Epinay Ouest le 9 février.

croix gammées peintes sur le bâtiment : 08 Fumay, le 7 juin ; 42 Roanne Nord le 14 août ; 54 Joudreville le 10 septembre ; 81 Albi Nord (avec menace de mort) le 22 décembre.

tirs avec arme à feu sur le bâtiment : 06 Nice Sud, le 27 avril

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Published by Actualités unitariennes - dans les dérives sectaires
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17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 03:37

Héritiers du congrégationalisme anglo-saxon, au Royaume-Uni et en Nouvelle-Angleterre aux Etats-Unis, les unitariens n'ont pas d'instance centralisée, pas de fédération, encore moins de pape. Certains peuvent se demander comment cela tient ! C'est sur la seule base de la bonne volonté et du désir de s'allier à d'autres que les communautés locales se relient entre elles au sein d'instances nationales (le Conseil des unitariens et universalistes français - le CUUF - en ce qui concerne la France), puis au niveau international avec l'International Council of Unitarians and Universalists (ICUU) ... et ça tient !  Sauf de très rarissimes exceptions, toutes les communautés ont à coeur de participer aux rencontres qui sont proposées ; et les dissidences sont tout à fait exceptionnelles, quasi inexistantes. Comme quoi la non centralité a des avantages !

Polly GuildBien entendu, il faut des militants qui s'engagent dans ces relations extérieures et fassent vivre ces instances qui sont autant de carrefours où la fraternelle convivialité est de mise. 

L'une de ces figures militantes vient de disparaître en la personne de Polly Guild (1924-2009), le samedi 7 novembre 2009. Elle avait été, dans le cadre de l'Unitarian Universalist Association (UUA) of Congregation (qui regroupe plus de 1 000 congrégations aux Etats-Unis), l'une des pionnières de la fondation de l'ICUU en 1995. Sur son site, l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) lui rend hommage.

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Published by Actualités unitariennes - dans unitarisme international
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5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 04:51

C’est vrai que le Conseil français du culte musulman (CFCM), l'instance officielle mise en place en 2003 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, ne brille guère par ses déclarations ! Alors que les Français souscrivent très volontiers aux propos de Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris et des imams de plusieurs autres grandes villes comme Marseille, Bordeaux, etc..

Pourquoi un tel décalage ? Dans un ouvrage publié début 2005, chez Calmann-Lévy, la politologue Fiammetta Venner, dénonçait déjà, en titre de son livre L’OPA sur l’islam de France par l'Union des organisations islamiques de France (UOIF). Interviewée par Jacqueline Remy et Boris Thiolay de l’Express en février 2005, on en apprend de vertes et de pas mûres. Cet interview, intitulé "La face cachée de l’UOIF" a été reproduit sur le site ProChoixNews du lundi 2 mai 2005

 

L'UOIF a été créée en 1983 par des émules de deux formations islamistes. D'un côté, des fans de Rachid Ghannouchi, créateur du groupe islamiste tunisien Ennadha et disciple des Frères musulmans (expulsé de son pays et interdit de séjour en France, il s'est réfugié en Angleterre en 1991). De l'autre, des admirateurs de Fayçal Mawlawi, un Frère musulman libanais qui a vécu en France, a participé à la fondation de l'Association des étudiants islamiques de France (AEIF) et est aujourd'hui responsable de Jamaat Islamiyya, une organisation terroriste au Liban. Au début de ces années 1980, ce n’était qu’un petit cercle d'étudiants et d'activistes islamistes en exil.


Mais depuis 2003, date de la mise en place du CFCM par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, cette fédération d'associations est devenue un interlocuteur privilégié de l'Etat français pour la gestion de l'islam en France. Largement financée par des fonds du Moyen-Orient, l’UOIF achète en effet des mètres carrées de locaux, multipliant partout des mosquées de proximité, ce qui lui donne le droit d’être super représentée au sein du CFCM, laquelle pour ses élections se base précisément sur la superficie des mosquées. CQFD !


Or l’UOIF est une filiale de l'Union des organisations islamiques en Europe, basée à Londres, laquelle diffuse la doctrine officielle des Frères musulmans, organisation parfaitement intégriste qui vise à l’instauration de la charia (les premières brochures de l'UOIF traduites en français provenaient de la Leicester Foundation), et qui a une main mise totale sur le Conseil européen de la fatwa, une instance religieuse.


Le 28 juillet 2003, à Stockholm, cette instance religieuse a défrayé la chronique en justifiant les attentats suicide : il ne fallait plus appeler ces actions des "attentats suicides" mais des "gestes de martyrs", parce que les "fils de Sion" - s'agit-il des Israéliens ou de tous les juifs ? - sont tous (civils ou pas) "des soldats". Jusqu’à présent, elle est la seule instance religieuse du monde arabe a avoir été aussi loin.


L’UOIF est bien organisée, très actives sur les campus universitaires et lors des Ramadan ; elle organise chaque année un grand un meeting au Bourget ; elle finance et soutient le Comité de bienfaisance et de secours aux Palestiniens (CBSP), qui récolte des fonds pour le Hamas, organisation armée palestinienne inspirée par la doctrine des Frères musulmans. Elle se présente (comme Tarik Ramadan qui lui est proche) comme "moderniste", mais au sens de l’utilisation des formes modernes de communication : parler en français, utiliser les moyens modernes de communication, des technologies, aller à l’école (et y imposer le voile islamique – l’UOIF finance des avocats pour défendre les jeunes filles musulmanes victimes de notre système scolaire !), faire du prosélytisme et convertir la vieille Europe, terre de mission (mais les chrétiens n’ont rien à dire, eux qui ont envoyé des missionnaires partout dans le monde, avec des méthodes parfois / souvent rudes pour les autochtones "païens" !), avoir une stratégie mondialiste.


Ceci dit, même si l’UOIF avance masqué, ses agissements et les propos de ses fondateurs et militants, à l’heure de l’Internet, sont bien connus (à moins de jouer aux autruches) *. Pour Jaballah, cofondateur de l’UOIF : "L'UOIF est une fusée à deux étages. Le premier étage est démocratique, le second mettra en orbite une société islamique". Au moins, on ne trompe pas le client avisé sur la marchandise !

* propos et opuscules anti-sémites, prises de position contre la laïcité, la mixité dans les écoles, le droit à l’avortement, etc., pour le port du voile à l’école, le communautarisme chaque fois que nos braves démocraties l’acceptent, etc.  Plus réac, je meurs !


Grâce au CFCM et l’entrisme de l’UOIF en son sein, la France est-elle devenue une base arrière de l’islamisme en Europe ?


Nonobstant ses prétentions exorbitantes : dire ce que tout bon musulman doit faire dans une vision tout à fait étriquée et passéiste de l’islam, cette mouvance compte surtout des militants et fort peu de théologiens. Pourtant, l’UOIF a un institut de formation des imams, dirigé par Youssef al-Qaradhawi, mentor des Frères musulmans, chef du Conseil européen de la fatwa, prédicateur télé sur la chaîne Al-Jazira, à la tête d'une fortune colossale et conseiller religieux de la plupart des grandes banques islamiques dans le monde (il a fait sa thèse théologique sur la zakat, l’aumône légal en islam, afin de la rendre compatible avec le système bancaire "islamique").


Les barbus salafistes sont en concurrence violente avec les Frères musulmans : querelle interne pour la bonne guidance de l’intégrisme musulman. Eh oui ! on se bouscule pour surfer sur la vague ! Ils sont aussi en concurrence, lors des élections, avec les musulmans de France qui sont nombreux à continuer à se référer à leurs pays d’origine respectifs dans le cadre de leurs propres fédérations (les musulmans marocains, algériens, turcs, et réunionnais), soit le maintien d’une logique nationale à l’encontre des grands mouvements islamistes (des Frères musulmans, des wahabites, des salafistes, etc.)

... mais jusqu’à quand à l'heure de la mondialisation ?

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Published by Jean-Claude Barbier - dans l'islam en Europe
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4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 11:39
par Thierry Moralès, cofondateur des Amitiés islamo-unitariennes, éditeur du site Yeshu-bar-maryam, déclaration envoyée au forum des unitariens francophones le jeudi 3 décembre 2009

Selon un sondage Ifop, 41 % des personnes interrogées s'opposent à l'édification de lieux de culte musulmans contre 22 % en 2001. Après la votation suisse sur les minarets, un sondage à été réalisé en France par l'IFOP. Selon ce sondage, 46 % des Français sont favorables à leur interdiction. Près de 40 % les acceptent et 14 % ne se prononcent pas.  « Les Français sont partagés, mais la crispation autour de l'islam n'a jamais été aussi forte »  note le responsable du sondage Jérôme Fourquet.

Mais derrière la question du minaret se profile celle de la mosquée. Seuls 19 % des Français acceptent qu'on en construise. Il s'agit de la proportion la plus faible de ces vingt dernières années.

Personnellement, je me réjouis des minarets comme je me réjouis des clochers parce qu'ils indiquent les uns et les autres la présence de la foi et une vie de prière. Dans une société hyper matérialiste, où les marchandises et les profits sont les nouvelles idoles, comment ne pas se réjouir que des femmes et des hommes aient une vie de prière, une vie spirituelle et aspirent à autre chose que simplement gagner du fric ou en dépenser ?

L'islam est aujourd'hui la deuxième religion de France et la majorité des musulmans vivant sur le territoire sont français. Il faut cesser de percevoir la religion musulmane comme une religion étrangère. L'islam est aujourd'hui une composante de la culture française, de la richesse spirituelle française. De plus, dans un état laïc, la religion musulmane est aussi légitime que n'importe quelle autre.

Bien sûr s'ouvrir à l'islam ne signifie pas accepter tout et n'importe quoi au nom de l'islam. L'environnement et les règles d'urbanisme sont notamment à prendre en considération. Il est nécessaire de se défendre contre toute forme d'extrémisme et d'intolérance religieuse. Mais se défendre contre les formes sectaires et totalitaires de l'islam ne doit pas déboucher sur un rejet de la foi musulmane en tant que telle. Or, refuser la présence des mosquées sur notre sol revient à refuser la présence de la foi et de la prière musulmanes. Un tel refus ne peut que durcir les positions des uns et des autres, ne peut que favoriser les extrémismes de tous poils qui jouent sur la peur, l'ignorance et l'amalgame.

Au lieu de s'enfermer dans une position de victime et de jouer la confrontation, les musulmans et les non musulmans auraient au contraire intérêt à se tendre la main, à favoriser au maximum le dialogue et à collaborer à une cohabitation sereine et constructive. Tout le monde aurait à y gagner.

Oui à la complémentarité pacifique des spiritualités et des bonnes volontés, oui à la fraternité sans discrimination et à la collaboration de tous pour un monde meilleur ! Paix à mes frères et sœurs de l'islam !

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Published by Thierry Moralès - dans l'islam en Europe
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3 décembre 2009 4 03 /12 /décembre /2009 11:51

communiqué de presse de l’Observatoire chrétien de la laïcité (OCL) *, par Jean Riedinger, secrétaire de cet observatoire, le 2 décembre 2009.
* L’OCL réunit plusieurs associations membres de la Fédération des réseaux des Parvis (cependant pas toutes et n’engage donc pas cette Fédération en tant que telle).

Le résultat lamentable de la votation
de dimanche 29 novembre en Suisse a sans doute des causes sociales multiples. Ce vote est fondé, entre autres, sur la peur de l'autre, une peur favorisée par la méconnaissance des réalités de l'islam et l'étroitesse d'esprit qui crée des réflexes d'intolérance. Les intégrismes religieux chrétien et musulman portent une part de responsabilité dans cette dérive, et les analyses mensongères et haineuses de l'Extrême droite populiste ont encouragé ces tendances.

L'Observatoire chrétien de la laïcité analyse aussi ce résultat comme une défaite de la laïcité. Dans nos sociétés pluralistes et sécularisées où vivent ensemble des personnes de convictions et de croyances diverses, religieuses, athées, agnostiques, l'État démocratique laïque garantit les droits de la personne humaine et notamment la liberté de conscience. Cette dernière est protégée contre toute idéologie officielle ou tout communautarisme clos par cet Etat laïque qui garantit aussi les libertés d'association et de cullte dans le cadre du respect de la loi démocratique et des droits humains. L'Etat laïque ne reconnaît aucune religion, aucune conviction et se trouve ainsi dans l'obligation d'assurer l'égalité de traitement des citoyens. Cette obligation joue évidemment en faveur de l'islam comme des autres formes de conviction, religieuses ou non.

ndlr de la Correspondance unitarienne - les affiches de la campagne référendaire ont été d'une rare violence de la part des partis de l'Extrême droite suisse à l'origine de cette initiative. Elles rappellent les temps haineux du nazisme. On ne les imagine pas dans le paysage politique français actuel. Dieu merci et merci à la laïcité à la française !



Dans cette optique, refuser par principe la construction de minarets, c'est refuser aux musulmans, s'ils le désirent, dans le cadre des pratiques légales de l'urbanisme, de manifester dans l'architecture de leurs lieux de culte un signe symbolique de leur foi, comme peut l'être un clocher pour les chrétiens ou tout autre symbole architectural signifiant. Une telle attitude d'intolérance et de ségrégation religieuse et culturelle contredit les convictions laïques
en même temps qu’elle prouve une dangereuse immobilité culturelle.

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Published by Observatoire chrétien de la laïcité (OCL) - dans l'islam en Europe
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3 décembre 2009 4 03 /12 /décembre /2009 08:35

La "burqa" (les communautarismes de tous bords) et moi : pour une réflexion citoyenne sur la montée des fanatismes (et des intolérances induites) en ce début de siècle, par Michel Jamet, rédigé en février-mars 2004 (à Arêches-Beaufort/Bazemont) et toujours actuel.

Un conte moderne


Mettons - supposition gratuite - "qu’on serait" amis, le professeur Albert Jacquard et moi. Outre l’éminent généticien que l’on sait, l’excellent homme qui se bat (avec quelle fougue !) pour accueillir les sans-papiers, les sans-logis, etc., "m’aurait" téléphoné voici quelques mois : " Ecoutez ami, vous êtes avec votre femme tous seuls dans une grande maison : ça serait bien d’y loger quelque temps un couple de Pakistanais que Droit au logement vient de réceptionner à Roissy ...".  Comment refuser à l’ami Albert Jacquard ? Qui se dévoue tellement plus que moi aux autres ! Because ma mauvaise conscience de "nanti" confronté à la détresse des populations du Sud - dont précisément le destin venait confier deux spécimens à ma générosité judéo-chrétienne.


En étant rigoureusement objectif, ça a été – dès le deuxième jour - le début des "emmerdes". Le mari barbu (dans un anglais "pakistanais" magnifiquement compréhensible pour moi) m’a pris à part : "Ça ne peut pas durer, Sir. Vous sortez à n’importe quelle heure de la salle de bains en tenue légère en plus ! Pour ma femme, c’est une offense à sa religion. Il faudra des horaires séparés. Elle prendra de 8 à 9 heures (mais votre femme pourra partager cet horaire : ça la religion le permet). "


Un nouveau problème est apparu (le lendemain soir) en cuisine : " Ça ne peut pas durer, Sir. Hier soir vous avez dîné d’une frisée aux lardons. Mais votre épouse a fait revenir les dés de lard dans la poële. Même lavée, ça garde des traces de porc ! Du coup on n’a pas pu s’en servir pour réchauffer nos galettes de maïs à nous : ç’aurait été contraire à la religion. "


Le 3ème jour, c’est devenu évident : on dérangeait - il allait falloir qu’on pense à déménager ! C’est arrivé aux Serbes orthodoxes qui (durant mille ans) s’étaient crus chez eux au Kosovo * ...
Parabole ? Ouais ... Il n’est que de voir dans les "quartiers" (dès que les prêcheurs salafistes, en dépit de leur français incertain, se sentent en position de force, donc dominants) comment les règles de l’islam intégriste sont imposées à tous sous la menace de représailles. Y compris à une population "de souche" majoritaire dés que celle-ci se retrouve numériquement isolée. A tolérer de tels comportements sectaires, alors Le Pen n’a pas fini de faire des adeptes ...
* voir dans la même rubrique "Islam en Europe", nos cartes sur l'islam dans les Balkans


les diktats religieux

On n’a pas de chance : moins d’un siècle après s’être soustraite aux diktats de l’Eglise romaine, voilà que la société française se voit de plus en plus contestée, dans sa culture du quotidien, par une fraction minoritaire mais tellement plus "volontariste" : faut-il rappeler qu’en 1917 les bolcheviks représentaient à peine 5% de la population russe ; en 2004, sur les 61 millions de français répertoriés par l’INSEE cinq sont (sinon de confession) de "culture" musulmane.


Il ne suffit pas à des filles voilées d’invoquer leur "liberté" en brandissant dans les défilés une carte d’identité française (acquise à leur naissance 20 ans plus tôt via le droit du sol) pour défier les lois de la République. Et de prétendre "choisir" ceux des cours de l’école laïque auxquels la religion leur interdirait de participer : Education physique, Sciences de la vie, etc. ... Si les dites jeunes personnes avaient été Turques nées en Allemagne (jusqu’à ces dernières années), elles se sauraient, comme leurs parents vivant en République fédérale "étrangères" au statut révocable de résidentes et assujetties en tant que telles au "devoir de réserve".
"Devoir de réserve" qui au demeurant ne devrait jamais poser problème : si je séjourne dans un pays dont la culture est diamétralement différente de la mienne, la moindre des corrections implique pour moi l’arrivant de respecter les convictions et usages autochtones, j’en reviens à la parabole de mon "barbu" pakistanais ...


Autant il est chrétien d’accueillir "les mains ouvertes" les immigrants économiques chassés par la misère de leurs pays d’origine, autant apprécierait-on qu’ils n’oublient pas trop vite qu’avant de se sentir ici "chez eux" ils ont été accueillis (depuis à peine quelques décennies) par un pays imprégné dans ses comportements au quotidien par quinze siècles de culture "chrétienne" : observation valable y compris pour les plus athées des Français de tradition ...


Le refus d’une fraction notable des nouveaux arrivants de cantonner les manifestations de leur foi religieuse à la sphère privée sera vécu par le citoyen lambda comme une provocation. Le voile à l’école n’en est pas le symptôme le plus choquant : voir le comportement incroyable dans la période récente de certains maris "barbus" aux urgences de notre hôpital public ... Si cette tendance lourde devait perdurer, alors la xénophobie aurait encore de beaux jours devant elle. Essentiellement dans les couches les moins favorisées de la population française : celles qui ont longtemps voté communiste et qui par désespérance se tournent vers le Front national (FN).


Mais la tentative de mainmise du religieux sur la société civile n’est pas nouvelle ... Au-delà de notre débat franco-français, je citerai un point de vue d’outre-Rhin avec Gerhardt Stenger : "De Galilée à la fin du XIXe siècle, l’Eglise a opposé une résistance farouche à tout ce qui semblait entamer son autorité sur les âmes. La République a imposé Darwin contre l’interprétation littérale de la Bible (...). Il faut que la femme appartienne à la science ou qu’elle appartienne à l’Eglise ! s’écriait Jules Ferry. Dans le même temps, l’Allemagne Bismarckienne la cantonnait "aux trois K" : Kinder, Kirche, Küche (les enfants, l’Eglise, la cuisine) " - triptyque remis à l’honneur par les nazis ".


Jacques Julliard enfonce le clou : " On dit que l’essence de l’islam est de confondre le temporel et le spirituel... Comme si ce n’était pas le cas de toutes les religions ! Certes le Christ paraît avoir eu une claire prescience du problème en distinguant entre le domaine de César et celui de Dieu. Mais l’Eglise, infidèle à ce précepte, a mis près de dix-neuf siècles à se résigner à la laïcité. Aujourd’hui, personne n’est plus convaincu qu’elle de l’intangibilité de la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise, des Eglises et de l’Etat : Pie X a dû s’en retourner dans sa tombe ! ".


La loi de 1905 m’amène à Tarik Ramadan, le très médiatique islamiste qui vit à Londres ... où il verrait bien appliquer la charia ! Ce type a un culot d’enfer ! Titulaire d’un passeport "suisse" ratione loci mais de famille égyptienne à 100%. Et qui se permet dans ses conférences et interviews de s’interroger sur la "légitimité" (sic) de tel ou tel article de notre loi de 1905 (votée rappelons-le par les élus du peuple français). A ce niveau, l’impudence devient un art ! Et si on inversait le cas de figure ? Je me pointe à Téhéran, Ryad ou Khartoum pour dénoncer dans l’une quelconque de ces riantes théocraties telle ou telle disposition (odieuse selon moi) de la charia, qu’est-ce qui m’arrivera ? Voir Salman Rushdie obligé de se cacher depuis 15 ans ! Et c’est dans ces mêmes capitales (et quelques autres) que les ambassades de France ont été voici peu assiégées par des foules "spontanées" criant leur indignation devant les entraves opposées par le législateur français au libre exercice sur notre sol de la religion musulmane.


Claude Lévi-Strauss : "Les civilisations ont le droit de se défendre et dans ce sens une certaine dose de "xénophobie" est légitime – qu’il ne faut pas confondre avec du racisme ... " Le droit de se défendre ...


Le principe est bien connu : "Plus c’est gros, mieux ça passe !". Personne en Occident n’a seulement pensé à rappeler, aux pays où l’islam est religion d’Etat, que chez eux la pratique de toute autre religion est tout simplement interdite ! Pire : en Indonésie ou au Pakistan on a vu des commandos islamistes décimer à la mitraillette les fidèles catholiques ou protestants sur leur lieu de culte même. En mars 2004 au Kosovo "islamisé" : 25 églises ou monastères orthodoxes incendiés, plus de vingt morts et six-cents blessés.


Ça veut dire : je vous mets en demeure d’accepter chez vous ce que je vous interdis chez moi ! Dans ses conférences, Tarik Ramadan l’exprime de façon bien plus soft, moins provocatrice que les prêcheurs wahhabites envoyés dans nos banlieues par des "fondations" saoudiennes : il suggère (chez nous) un moratoire à la charia quant à la lapidation des femmes adultères !


Mais les uns et les autres prônent bien le même islam "englobant", c'est-à-dire, supérieur par essence aux lois "humaines" du pays européen d’accueil (la France en ce qui nous concerne) considéré par le croyant comme "dar el chahada" (terre de prosélytisme et donc de conquête ...). C’est, je présume, cet aspect arrogant d’un islam conquérant qui a dû "donner des boutons" à Michel Houellebecq ("L’islam est vraiment la religion la plus con ...") ou à Claude Imbert qui avouait voici quelques mois dans un édito du Point qui a fait des vagues : "Autant le dire, je suis devenu islamophobe ! ". Ce qui n’est pas très gracieux non plus ...

suite en (2)

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Published by Michel Jamet - dans l'islam en Europe
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3 décembre 2009 4 03 /12 /décembre /2009 08:10

suite de l'article précédent

de la laîcité

Circulaire de Jules Ferry, ministre de l’Instruction publique (1890) aux recteurs : " Les élèves entrent en classe tête nue." (texte lapidaire mais bien trop simple ...). On a su par les gazettes que la récente loi française [rappel : ce texte a été rédigé en février / mars 2004] interdisant le voile à l’école avait suscité non seulement à Téhéran (ce qui n’étonnera personne) mais aussi en Occident (anglo-saxon notamment) une émotion-réprobation attristée devant "l’intolérance française". C’est finalement assez "normal" dès lors que l’Histoire (avec un grand "H") a conduit nos démocraties occidentales sur des chemins passablement divergents au regard de la laïcité : depuis la Grande Charte de 1215, la devise britannique proclame "Dieu et mon droit" ; auquel répond le "Gott mit uns" de l’Empire allemand (repris à la Deuxième guerre mondiale jusque sur les boucles de ceinturons de la Wehrmacht ...) ; quant aux Etats-Unis, on a le choix avec le "In God we trust" (et pas n’importe où : sur les billets de 100 dollars !), outre (la main sur le cœur) "God bless America", etc.


Alors que dans le même temps, nous avions en France (avant même la chute de la Royauté) le scepticisme des "Lumières", les encyclopédistes Diderot, Voltaire. Et avec la Révolution, la proclamation en 1792 d’une République laïque qui tout au long du XIXème a enfanté les Jules Ferry, Viviani et Clémenceau qui furent les cauchemars de l’Eglise de l’époque ... Car il n’y a pas que l’islamisme : les "Born again Christians" et autres évangélistes américains qui parlent avec George Bush de " Croisade de l’axe du Bien contre l’axe du Mal" seraient bien mal placés pour critiquer le communautarisme des autres !


et pourquoi occulter la montée en puissance du communautarisme juif même hors d’Israël :


Juste une expérience personnelle pour illustrer le phénomène. J’ai depuis cinquante ans un ami proche, Albert D., Juif sépharade de son état et côté religion "n’en a rien à cirer" (...), qui vit depuis que je le connais un agnosticisme tranquille. Et qui aurait volontiers épousé naguère (si ça n’avait dépendu que de lui) une fille goy que je connais bien : tout ça pour dire que l’apartheid communautaire, ça n’est pas du tout sa tasse de thé.

Mais Albert a eu deux filles au mariage desquelles j’ai été convié. Réception les deux fois dans un restaurant connu du Bois de Boulogne avec une pléiade d’invités. Bref le grand truc ! Les mariés : juifs ultra-religieux (pourquoi pas ?) ; dîner intégralement "casher" (y compris les vins et le champagne !). Morceaux joués par l’orchestre : uniquement du folklore israélien. Nous qui faisions partie des 2% de goys invités, on se sentait un peu "étrangers" car risquant par ignorance, tels Louis de Funès dans Rabbi Jacob, de commettre Dieu sait quel impair ...


deux pêcheurs dont l'un s'appelle Moïse et, jouant de sa spécificité, reproduit le miracle de la traversée de la Mer rouge au grand dam de son meilleur ami !

En fait, cet apartheid d’un autre genre ne devait rien au hasard, les mariés ayant récusé pour la cérémonie la synagogue la plus proche de leur domicile - au motif qu’y officiait un rabbin "libéral" qui acceptait de bénir les mariages mixtes ! On pourrait qualifier ce comportement d’un peu "raciste" - s’il était le fait de toute entité ethnique autre que la communauté juive. Impensable ! à cause de la Shoah dont l’évocation, vite dégainée, continue à nous culpabiliser. Mais après ça, critiquer "l’arrogance" du communautarisme musulman devient ... difficile !


retour au voile islamique

On a tout dit et tout écrit ces derniers temps sur la "symbolique" du voile :  asservissement de la femme à l’homme, etc. Moi je trouve (pour une fois) qu’on "charge un peu la barque" de l’islam en oubliant le contexte historique de l’Hégire (VIIe siècle) où est apparu le Coran - et pour qui il a été écrit : des chameliers illettrés et rustiques dont il fallait (peut-être) freiner les réflexes de "mâles prédateurs" vis à vis des femelles ... En protégeant donc ces dernières ! Ce rapport inégal entre les sexes était d’ailleurs inscrit dans la culture commune de l’époque : si ça se trouve, le Prophète (vu les innombrables emprunts qu’il a faits à la Bible) a aussi "pompé" saint Paul dont la 1ère Epître aux Corinthiens - sortie de son contexte historique – susciterait un infarctus à n’importe quelle féministe du XXIe siècle (si elle oublie que l’apôtre écrivait pour la société de ses contemporains du 1er siècle ap. J-C).


Je le cite dans l’excellente traduction de Louis Segond (éditée par la Maison de la Bible à Genève) "Toute femme qui prie la tête non voilée déshonore son chef : c’est comme si elle était rasée (...). L’homme ne doit pas se couvrir la tête puisqu’il est l’image et la gloire de Dieu – tandis que la femme est la gloire de l’homme (...). L’homme n’a pas été créé à cause de la femme mais la femme a été créée à cause de l’homme. C’EST POURQUOI la femme doit porter sur la tête une marque de l’autorité dont elle dépend ... " Texte auquel fait écho le Coran : Sourate II, 228 : " Les femmes ont des droits (compatibles à leurs obligations et à l’usage). Les hommes ont cependant prééminence sur elles ..."
.


Quel "macho" oserait écrire ça en 2004 ? C’est quand l’islam se crispe sur une interprétation littérale de la charia - entre autres - qu’il confine pour nous à l’odieux : la "lapidation de la femme adultère" (pas de l’homme adultère, non !) et l’amputation de la main du voleur ... Alors qu’il s’agit de prescriptions destinées (voici quinze siècles !) à des Bédouins faméliques de la péninsule arabique - pour qui le vol de leur chameau était effectivement un drame (justifiant la vengeance sur le poignet du "criminel", quand on arrivait à le rattraper ...). Sauf qu’en 2004 en Arabie saoudite, la charia qui édicte cette barbarie est toujours appliquée ... aux voleurs de scooters !


"Mon voile, ma burqa, ma pudeur, ma liberté, c’est ma religion, etc."


1 – "ma pudeur..."


La répétition "en boucle" d’une absurdité n’en fait pas une vérité ... En quoi les cheveux féminins seraient ils plus indécents à la vue des hommes que l’inverse ? Je cite littéralement le président du Parti islamique de Malaisie : " Tout ce qui incite à l’adultère doit être interdit. Si une femme ne se voile pas, moi-même je risque d’être excité " J’ai lu ailleurs que "dans la tradition musulmane, les cheveux féminins seraient pour l’homme une évocation insupportable des poils pubiens (sic)". C’est n’importe quoi, voir le jugement lapidaire de Michel Houellebecq ...


Le voile (le mot faisant peur, on le détourne avec des litotes dérisoires : "foulard", "bandana") mais qu’est-ce d’autre qu’une pièce de tissu que des traditions "culturelles", fétichistes et machistes, imposent à la moitié féminine des populations en terre musulmane ? Pas partout d’ailleurs ! Il est plaisant de constater que de très jeunes filles d’origine tunisienne ou turque tentent en France d’imposer leur voile dans l’enceinte de l’école de la République... alors que ledit voile est proscrit dans leur pays d’origine (où personne ne se risquerait à contester !).


2 – " ... ma liberté "


Il serait bien intéressant dans l’absolu (car impossible à mettre en œuvre dans la pratique) d’organiser un referendum à bulletins secrets invitant les femmes de Kaboul à dire si le port de la burka résulte de leur plein gré ... Comme si une religion honorable pouvait conditionner ou réduire une "conduite juste" au port d’un carcan destiné à masquer l’œuvre du Créateur ...


Quel mâle afghan accepterait de ne se déplacer qu’à demi-étouffé (avec un été à 50° Celsius) par le port de cette burka, variante grillagée du voile mais imposée aux femmes exactement à partir des mêmes principes islamiques que le "foulard" ? Je ne désespère pas d’apprendre qu’un jour, dans tel collège du Val Fourré (ou des Minguettes), une de nos jeunes suffragettes musulmanes se sera pointée en "burqa". Rien que pour guetter les réactions des copines ...


Ce choix qui est refusé aux afghanes, les navigants d’Air France le constatent de facto dès que leur appareil décolle de l’escale de Téhéran pour regagner Charles de Gaulle : en un éclair les tchadors sont escamotés dans les bagages à main ! Au profit de la trousse à maquillage ...


En matière de conclusion ...


Il faut rappeler en passant que le Kosovo, terre chrétienne orthodoxe durant mille ans, a fait l’objet d’une immigration musulmane continue depuis l’occupation turque et que la majorité serbe-orthodoxe y est devenue minorité à l’époque moderne : certains y réclament déjà l’application de la charia. Alors que la "liberté" de chacun (si souvent invoquée à tort) doit trouver ses limites dans celle des autres, de ceux qui ont eux aussi le droit de penser !


Comment faire comprendre à nos nouveaux fondamentalistes que la religion, la relation de l’homme avec le sacré ne doit se pratiquer, s’affirmer, exister, que dans la sphère privée. Que la foi est affaire personnelle. Et qu’elle n’a donc rien à faire dans l’espace public.


ndlr : Qu'on se le dise ! Les unitariens, adeptes de la liberté de pensée individuelle, ne s'interdisent pas les coups de gueule ! Ils le font toujours en leur nom personnel et signent des textes d'auteur. De là leur franchise, parfois / souvent à contre courant des opinions publiques bien pensantes 

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27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 18:37

Extrait du discours de Mgr di Falco-Léandri à l’assemblée plénière de la Commission Épiscopale d´Europe pour les Médias (CEEM), Rome, le jeudi 12 novembre 2009, Source : CEEM, " la culture de l’Internet et la communication de l’Église ". 

" (...) l’émergence de la Web generation, les bouleversements dans l’organisation du temps et de l’espace, dans la manière de s’informer et de communiquer, les conséquences ecclésiologiques, les effets sur le gouvernement même de l’Eglise, la place de la religion sur le marché Internet, les manières d’y proclamer l’Evangile et d’y être Eglise.


Ne nous leurrons pas. Ne faisons pas l’autruche. Internet se transforme, transforme notre société et ne peut pas ne pas transformer l’Eglise, ne peut pas ne pas transformer notre manière d’être et d’agir en Eglise, au risque de ne plus être témoins du Christ dans le monde d’aujourd’hui !


Avec Internet, nous assistons à une révolution copernicienne qui a déjà ses effets sur notre manière d’être dans notre relation au monde, de nous situer dans le monde, d’interagir avec le monde. La prise de conscience par l’Eglise institutionnelle de l’importance d’Internet est là. Nul doute. La preuve en est encore aujourd’hui. Mais savoir surfer sur la vague Internet est une toute autre histoire.


Internet est un révélateur, un marqueur. Soit vous savez communiquer, soit vous ne le savez pas, soit vous êtes crédible soit vous ne l’êtes pas, soit vous répondez aux attentes soit vous êtes dans votre bulle, soit vous êtes prophète soit vous êtes le dernier des Mohicans, soit vous êtes vivant soit vous êtes fossile, soit vous connaissez la langue Internet soit vous ne la connaissez pas et vous ne pouvez pas communiquer.

Je compare souvent le mode de présence de l’Eglise dans le monde des médias et sur Internet à ce qui est demandé à un missionnaire devant partir vers des terres inconnues. Que demande-t-on à un missionnaire avant son départ ? De connaître la culture du pays dans lequel il se rend et d’en apprendre la langue. Ne devrions-nous pas avoir la même attitude pour ce qui est de la présence dans les médias ?


De nouveaux langages se constituent sur Internet, utilisés par les jeunes. Abréviations, photos et émoticons, fichiers audios et vidéos sont prépondérants. La culture digitale se dote de sa propre grammaire, d’une langue en constante et rapide évolution. (LOL, MDR)


Notre génération a trop tendance à considérer comme superficiel tout ce qui est bref, instantané, porté sur l’émotion. Serait-ce que nous serions plutôt tournés vers l’écrit, les longs développements, la qualité de l’argumentation par les épais dossiers que nous devons traiter, les livres de théologie et les thèses que nous avons lus ou que nous lisons encore ? Mais à y regarder de plus près, l’Eglise dans son histoire n’a pas considérés comme seuls vecteurs de vérité les longs traités de théologie. Elle a su exprimer sa foi de manière concise et percutante. Qu’il suffise de citer la proclamation du kérygme dans les Actes des Apôtres. Elle a su utiliser des formes de communication non-verbale. Qu’il suffise de penser aux icônes, aux fresques et mosaïques de nos églises, aux vitraux et aux sculptures sur les tympans de nos cathédrales.

Elle a su provoquer les émotions. Qu’il suffise d’écouter ses chants et ses musiques. Nous proclamons "une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père", mais il existe bien mille et une manières d’exprimer cette foi. Et l’aggiornamento demandé par le Pape Jean XXIII nous pousse à réactualiser sans cesse la manière dont nous proposons la foi aux nouvelles générations.


Nous sommes dans un monde pluraliste, où nombreux sont ceux qui, grâce à Internet, peuvent avoir accès à tout et donner leur avis sur tout. L’Eglise ne peut pas ne pas en tenir compte. Avec la sécularisation, la mondialisation, la montée d’Internet, notre vision du monde, de la vie, de la mort, et considérée par certains comme un produit parmi d’autres sur le marché des religions. L’Eglise ne peut pas communiquer comme si d’autres conceptions et interprétations du monde n’existaient pas. Elle a une Parole, un message d’amour à proclamer, mais elle se doit aussi écouter et Internet est une formidable chambre d’écho de la vie du monde.


(...) Il y a plus de 25 ans je disais que les cathédrales du XXIe siècle seraient médiatiques. Aujourd’hui ces nouvelles cathédrales sont à construire sur le Net. Dans l’histoire de l’Eglise, dans le même temps que la charité se faisait inventive pour répondre aux nouveaux besoins, les anciennes structures subsistaient. Pour nous aussi, tout en assurant la vie de nos paroisses et de nos diocèses, nous devons avoir le souci de continuer à être là où sont les gens, là où le monde change, et donc à nous rendre sur You Tube, My Space, Facebook et autres ...


Ce ne sont pas les jeunes qui ne viennent plus vers l’Eglise, c’est l’Eglise qui est loin de leur monde. En surfant sur le Net, en allant sur n’importe quel site de rencontre comme Facebook on se rend bien compte du besoin de communiquer, du besoin d’une rencontre et d’un dialogue authentiques. L’authenticité pour eux est signe de vérité. Nous devons donc promouvoir une présence chrétienne sur le web faite d’opérateurs, prêtres inclus, maîtrisant certes les techniques de communication, mais sachant aussi offrir des espaces pour la recherche, la rencontre, le dialogue, la prière.


Réfléchir au branding visant à travailler la notoriété et l’image.


Le pape Jean-Paul II savait poser des gestes symboliquement chargés de sens. Seule l’écoute du monde d’une part, et l’écoute du Dieu de l’Evangile d’autre part, peuvent permettre de nous positionner là on l’on ne nous attend pas, de surprendre, de faire tomber les idées fausses sur l’Eglise.


Ces diverses pistes ne doivent pas donner à penser qu’on peut résoudre les problèmes de communication de l’Eglise par de simples mesures de communication au risque d’être de ces "cymbales retentissantes" dénoncées par Saint Paul, de ces instruments qui sonnent creux. Il nous faut être d’abord et avant tout habité. "La forme, c’est le fond qui remonte à la surface" disait l’écrivain Victor Hugo. "L’agir suit l’être", disait saint Thomas d’Aquin, et avant lui Aristote. Nous agissons selon ce que nous sommes. Nous donnons à voir ce que nous sommes.


Certains croient qu’Internet n’est que du virtuel ou du superflu. Tous nous connaissons des prêtres, des évêques pour qui Internet est le dernier de leurs soucis et continuent leur pastorale comme si Internet n’existait pas. Or Internet fait de plus en plus partie intégrante de la vie quotidienne. En n’y étant pas présent on se coupe d’une bonne partie de la vie des gens. Et lorsqu’on y est ce que l’on y donne à voir est inséparable de ce que l’on est. D’ailleurs, d’une manière naturelle, à moins d’être complètement paranoïaque, on prend ce que l’on perçoit pour la réalité ; et à moins d’être un parfait manipulateur, on donne à percevoir ce que l’on est. Il ne peut y avoir dichotomie complète entre l’être et le paraître dans l’esprit des gens, et je pense que nos sites et nos blogs disent beaucoup plus sur nous que nous ne l’imaginons.


(...) Un site Internet chrétien doit s’occuper du monde et non se couper du monde. Il doit éviter la langue de bois, éviter d’être lui-même idéologue cherchant à imposer sa vérité. Un site doit être ouvert au dialogue et au débat tout en montrant qu’il ne transigera pas avec certains principes acceptés par tous et partout. Il doit se contenter de proposer la vérité du Christ, fermement, tendrement, humblement. Et s’il s’agit de rendre compte de l’espérance qui est en nous à ceux qui en demandent raison (cf. 1 Pierre 3, 15), que ce soit "avec douceur et respect " dit saint Pierre. […] Le site chrétien se doit d’être un éveilleur de consciences en misant sur l’attrait de tout homme à la bonté, à la vérité, à la beauté.


(...) A trop faire la distinction entre médias profanes d’un côté et médias intra-ecclésiaux de l’autre, on prend le risque de la ghettoïsation, de la victimisation, sans entendre ce que le monde a à dire de l’Eglise, ce qu’elle en comprend, comment elle le ressent, sans chercher non plus à savoir comment elle peut être présente à tous médias.


(...) Qu’un fidèle, ou que tout homme, se fasse son opinion par lui-même peut faire peur aux pasteurs que nous sommes. Nous aimerions protéger les plus faibles et les plus vulnérables. Mais il nous faut trouver des solutions autres que la censure et l’interdit pour cela. La censure est toujours une mauvaise réponse, même quand elle se pare des meilleures intentions du monde. Elle apparaît toujours comme erratique et arbitraire, et donc en fin de compte comme totalitaire. Or la vérité n’a pas besoin de nous pour s’imposer.


(...) Internet est un outil, et comme tel il n’est pas porteur de morale. Mais il est utilisé par des hommes porteurs de morale, capables d’en user en bien comme en mal. Comme tout outil démultipliant les capacités humaines, il est porteur de menaces comme de potentialités. Tout dépend de l’usage qu’on en fait. La moralisation d’Internet ne se fera pas sans la moralisation des hommes, et en premier lieu de nous-mêmes. Quel Christ donnons-nous à voir sur nos sites ?


(...) Avant de terminer je voudrais souligner un point d’attention tout particulier, celui des plus pauvres je cite : " L’une des (préoccupations) les plus importantes (…) se réfère à ce que l’on appelle aujourd’hui le "fossé numérique", une forme de discrimination qui divise les riches des pauvres sur la base de l’accès, ou du manque d’accès, aux nouvelles technologies de l’information."


(...) Pour terminer, permettez-moi de citer un écrivain français, Jules Renard : "Quelques gouttes de rosée sur une toile d’araignée, et voilà une rivière de diamants. " Puissent les quelques gouttes de rosées que nous déposons sur l’immense toile Internet la transfigurer aux yeux de tous en rivière de diamants.

 

† Jean-Michel di Falco Léandri, Évêque de Gap et d’Embrun, Président de la CEEM, Président du Conseil pour la Communication de la CEF

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27 novembre 2009 5 27 /11 /novembre /2009 18:24

Extrait du discours de Mgr di Falco-Léandri à l’assemblée plénière de la Commission Épiscopale d´Europe pour les Médias (CEEM), Rome, le jeudi 12 novembre 2009, Source : CEEM, " la culture de l’Internet et la communication de l’Église ".

" Si les sites institutionnels avec leur lourdeur sont nécessaires, les électrons libres peuvent l’être aussi. Quelqu’un comme Napoléon est certainement diversement apprécié dans une assemblée comme la nôtre, mais permettez-moi cependant de parler de lui pour une comparaison. Napoléon savait user dans une bataille aussi bien de la cavalerie lourde comme les Dragons enfonçant les flancs de l’adversaire, que des Voltigeurs venant piquer ces mêmes flancs tels des mouches du coche.



Un site Internet devrait pouvoir mettre en contact avec Jésus-Christ et une Eglise vivante, une communauté où se vit l’unité et la charité. Loin de trouver cela, les internautes se trouvent bien des fois confrontés à un "système", qui certes a ses avantages une fois qu’ils en ont franchi le seuil, mais qui, dans un premier contact, fait davantage écran que courroie de transmission, n’ayant pas pour lui la souplesse de l’amour.

Ces voltigeurs de l’Evangile, je les vois dans les blogs créés par des laïcs. Cela entre dans le champ propre de leur activité, de leur vocation et de leur mission de baptisés dans l’Eglise et dans le monde.
(…) Les médias réduisent souvent l’Eglise au pape et à quelques cardinaux. Raison de plus pour que les évêques et les prêtres laissent toute leur place aux laïcs sur le net. L’Action catholique consistait à évangéliser le même par le même, l’ouvrier par l’ouvrier, l’étudiant par l’étudiant, la femme par la femme, le patron par le patron, etc. Il nous faut retrouver cette intuition en ce qui concerne le Net, et si ce n’est évangéliser le Net, du moins évangéliser par le Net. Seule la présence de chrétiens laïcs compétents et éclairés sur le Net, s’exprimant en tant que chrétiens, pourra montrer qu’on ne peut réduire l’Eglise à sa hiérarchie et au pape.

 


(…) Mais heureusement, plus que jamais, Internet redistribue les cartes, nous fait descendre de notre piédestal, de notre chaire magistrale, nous fait sortir de nos ghettos, de nos sacristies. Pape, cardinaux, évêques, prêtres, fidèles laïcs, nous intégrons avec Internet une agora, un espace libre et spontané où tout se dit sur tout, où tout le monde peut débattre de tout, une agora virtuelle où les internautes se font une idée sur tel ou tel sujet au gré de leur pérégrination, de leur recherche, voire de leur zapping.

L’internaute catholique ne déroge pas à cette règle. Tout en adhérant librement à la foi de l’Eglise, il veut se faire une opinion par lui-même, être le seul juge de là où se trouve son bien. Il surfe donc sur le net en fonction de ses centres d’intérêt, de là où il en est dans sa quête, et il exerce son jugement en fonction de là où il en est dans sa foi et ses connaissances.

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