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3 juin 2009 3 03 /06 /juin /2009 17:02

L'Eglise unitarienne francophone (EUfr) vous invite très fraternellement à son premier culte qui aura lieu ce dimanche 7 juin, et ensuite chaque premier dimanche du mois. Le culte se fera d'abord à la maison de chacun (avec sa famille, ses amis ou voisins, etc.), et donnera lieu à l’envoi d'un message électronique et éventuellement de photos pour partage, sur le site de l'Eglise, avec tous les autres fidèles.

Pour explication et façon de faire, voir la rubrique " nos cultes mensuels " sur le site de l'EUfr.  Les messages sont à adresser au webmestre du site (lien).

Dans la tradition unitarienne, les cultes sont ouverts non seulement aux chrétiens de toute confession, mais aussi aux autres croyants, également aux agnostiques et aux non-théistes qui pensent qu'il y a une dimension spirituelle de la Vie.

Géographiquement dispersés, les unitariens francophones utilisent les moyens de communication modernes pour se relier les uns aux autres !

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29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 04:08

Répondant à la sollicitation de ses condisciples, Didier Travier s’est présenté lors de l’élection du conseil presbytéral de l’Eglise réformée du Mans, le 8 mars dernier. Il l’a fait en ces termes :

* prédicateur laïc de sa paroisse, Didier est l’auteur de l’article à la Une de notre bulletin de la Correspondance unitarienne n° 92, juin 2009, que nous avons mis en ligne sur ce même site.


Je suis marié, père de deux enfants. Je travaille à la bibliothèque municipale du Mans comme conservateur du fonds ancien, après avoir enseigné la philosophie pendant une dizaine d’années.

Originaire des Cévennes, je suis né dans le protestantisme. Mais peu importe l’héritage, seul compte ce qu’on en fait. Et si je cherche à me situer par rapport à cet héritage, trois mots me viennent à l’esprit.

Le premier c’est la Bible
. Un homme qui m’a apporté beaucoup, Daniel Besson, qui était pasteur à l’Église réformée d’Alès, m’a dit un jour au soir de son existence : " l’exégèse a été la grande passion de ma vie ". Je n’en dirais peut-être pas autant mais j’aime infiniment la Bible. Cependant il y a mille manières de lire la Bible, il y en a des sublimes et il y en a des détestables. Et les deux autres mots que j’ai retenus précisent un peu le sens de ma lecture de la Bible.

Mon second mot c’est celui de liberté. Quand on vient du pays camisard, on pense d’abord à la liberté de conscience, aux libertés publiques. Je crois que nous avons besoin d’être fidèles à cet esprit de résistance par rapport aux questions de notre temps et notamment au sort honteux qui est réservé aux étrangers. La liberté c’est aussi le refus de tout magistère. Certes le libre examen voulu par les réformateurs est encadré par l’autorité de la Bible. Mais je crois qu’il existe une filiation entre ce libre examen sous l’autorité de la Bible et le libre examen tout court, celui de la philosophie des Lumières. Et j’ai éprouvé dans mon itinéraire individuel cette filiation qui n’est évidemment pas sans tension, mais quelle filiation est sans tension ?

En un mot, mon parcours spirituel m’a conduit de l’exigence d’une profession individuelle de la foi telle qu’elle était fortement affirmée dans le milieu évangélique de mon enfance à l’adhésion à la devise philosophique : " penser par soi-même ". Et je veux dire ici mon attachement à cette liberté de penser contre tout dogmatisme. Je ne crois pas que l’autorité de la Bible puisse signifier une quelconque violence faite contre le cœur ou la raison.

L’autorité de la Bible tient bien plutôt au trésor qu’elle renferme ; ce trésor c’est l’Evangile qui éveille l’homme à sa dimension spirituelle, qui nous enseigne de manière sublime l’amour du prochain. Voilà l’esprit – c’est mon troisième mot – auquel je suis attaché. Mais pour rester fidèles à l’esprit, nous devons changer la lettre. Notre époque plus que toute autre me paraît soumise à cet impératif de re-formulation. Les chrétiens qui m’ont nourri dans mon existence sont ceux qui ont travaillé à cette tâche immense. Je pense au regretté pasteur Aimé Esposito-Farèse, que j’ai côtoyé à Paris pendant quelques années, y compris au conseil presbytéral, dans la paroisse de la Maison fraternelle.

Cette tâche a été exprimée de manière extraordinairement forte par Dietrich Bonhoeffer dans ses lettres de captivité. Je vous en lis pour terminer un passage :


" Les questions auxquelles il faudrait répondre sont celles-ci : que signifient une Église, une paroisse, une prédication, une liturgie, une vie chrétienne, dans un monde sans religion ? Comment parler de Dieu sans religion, c’est-à-dire sans le donné préalable et contingent de la métaphysique, de l’intériorité, etc. ? Comment parler (ou peut-être ne peut-on plus en parler comme jusqu’ici ?) de Dieu " laïquement " ? Comment être des chrétiens irréligieux et profanes ? Comme former une ek-klesia, sans nous considérer comme des appelés, des privilégiés sur le plan religieux, mais bien plutôt comme appartenant pleinement au monde ? " (Dietrich Bonhoeffer, Résistance et soumission, Labor et fides, 1973, p. 289)

Office funèbre, Missel à l'usage du Mans, début 16e siècle, ms. 0254 - Le Mans, Bibliothèque Municipale, vu sur le site de J.M. Poirier

ndlr - Aujourd’hui, la plupart des unitariens ne considèrent plus la Bible comme faisant autorité (la " sola escritura " des réformes protestantes du XVIème siècle, y compris l’anti-trinitaire) - elle n’est plus une Révélation proprement dite - par contre elle reste pour eux une source d’inspiration culturelle et spirituelle et un lieu par excellence de rencontre avec Jésus, rabbi et maître.

 

 

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28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 06:13

Pietro Di Pauli (Pietro de Paoli en français) se présente comme un haut dignitaire de l'Eglise ... et écrit des récits fiction. Est-il Monseigneur ? en tout cas, il connaît bien son affaire. A lire absolument pour tout ceux qui pensent qu'il faut changer de pape !

Pietro de Paoli (Mgr), 2005 - Vatican 2035, Paris, éd. Plon, 558 p. , sorti en octobre


Extrait choisi par l'éditeur : " Il y a quelque temps, je m'agenouillai dans l'obscurité d'un confessionnal. Et je fis cet aveu à un prêtre : la fureur m'envahissait à la vue de mon Église, tellement impuissante, si peu crédible. Mon confesseur, ne sachant pas bien sûr à qui il s'adressait me prêcha l'humilité : " Faites ce que vous pouvez... " M'aurait-il parlé aussi librement s'il avait vu mon visage, s'il avait compris qui j'étais ? Certainement non. Ainsi en est-il, également, pour ce livre : que chacun le lise pour ce qu'il raconte sans être influencé par la personnalité de l'auteur. S'il s'était agi d'un traité, ou d'un essai, peut-être aurait-on trouvé ici des traces de mon amertume. Mais pour rêver un autre avenir, j'ai préféré à travers un roman créer des personnages de chair et de sang - Paddy, Paul, Leah, Jeanne-Marie, Kate... et Thomas Ier, un pape qui va enfin révolutionner l'Église. La parole que je porte est plus grande que moi ; la foi qui me fait vivre ne m'appartient pas. Permettez que mon identité s'estompe au profit de l'espérance dont j'ai voulu témoigner dans les pages qui suivent "


" Pietro di Pauli, un pseudonyme sous lequel se cacherait un prélat… peu orthodoxe : " Vatican 2035 " ; quelqu’un qui a mal à son Église, qui s’indigne de voir ce qu’en font les autorités, mais qui l’aime trop pour pouvoir la quitter " (lu sur le site de l’Association des lecteurs de l’hebdomadaire la Vie).

 

" Si ce roman est de la pure fiction, on peut affirmer cependant qu’il est beaucoup mieux documenté sur le fond des enjeux qui tournent autour du Vatican que bien d’autres fictions à la mode. On peut même dire que, sous forme de roman, il s’agit presque d’un manifeste ecclésiologique (et donc "théologique") exprimant les espérances d’évolution de l’Église catholique qu’un bon nombre de fidèles ont au cœur." (un commentaire signé Jean en date du 2 juin 2007, suite à l’article précédant).


A l’initiative d’un pape progressiste : des prêtres mariés, des femmes cardinales au Saint-Siège, l’Ordre des Jésuites dissout, etc.  !


2006 - 38 ans, célibataire et curé de campagne ; Paris, éditions Plon, coll. " Christianisme : essai religieux ", présenté comme un récit, 204 p., sorti en octobre.


extrait choisi par l'éditeur : " Il est à peine dix-neuf heures, j'ai trois heures devant moi avant la messe. Nous sommes le soir de noël, et je suis seul. aucun de mes paroissiens n'a songé à m'inviter, pour partager avec sa famille le dîner de noël. puis-je le leur reprocher ? cela ne leur est tout simplement pas venu à l'esprit. le soir de noël est un soir réservé à la famille, à l'intimité, et je ne suis pas de leur famille. je ne suis l'intime d'aucun. pour tous, je suis mis à part, séparé. ma famille est au loin, je la retrouverai demain - pour un goûter chez mes parents. en attendant, je suis un homme seul le soir de noël".


2008 - La confession de Castel Gandolfo, Paris, éd. Plon, 217 p. , sorti en juin


Présentation par l’éditeur : " Quel est ce secret qui empêche le pape de dormir et le conduit à inviter, en sa résidence d'été de Castel Gandolfo, un théologien célèbre mis au ban de la théologie officielle et dont certains écrits ont été condamnés à plusieurs reprises ? Certes, ils se sont connus il y a bien longtemps, du temps de leur jeunesse, du temps de Concile, mais après quarante ans de silence, est-il possible de renouer les fils de l'échange et de la conversation ? N'est-il pas trop tard ? Trop tard pour tout, pour l'amitié, pour la réconciliation et même pour les disputes ? Il faudrait un miracle. Mais croient-ils encore aux miracles ? Les lecteurs reconnaîtront sans doute des échos des personnalités de Joseph Ratzinger, actuel pape Benoît XVI, et du célèbre théologien Hans Küng, dont l'anecdote de la rencontre en septembre 2005 à Castel Gandolfo a en partie inspiré l'auteur "

 

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27 mai 2009 3 27 /05 /mai /2009 02:20

prédication de Didier Travier
au culte du dimanche 24 mai 2009 au temple de l’Eglise réformée du Mans,
d’après lectures de 1 Samuel 21, 2-16 (1-7), 1 Jean 4, 11-16, Jean 17, 11-19
publié dans la Correspondance unitarienne, n° 92, juin 2009

 

Le texte qui est proposé aujourd’hui à notre méditation est un fragment de ce qu’il est convenu d’appeler la " prière sacerdotale ". Jésus n’a probablement jamais prononcé en ces termes cette prière. Pas plus que par exemple Périclès n’a prononcé littéralement les deux célèbres discours aux Athéniens rapportés par l’historien grec Thucydide. C’est un procédé courant dans la littérature antique que de placer dans la bouche d’un personnage historique des paroles qui expriment la compréhension profonde qu’un auteur a de son enseignement ou de son action. Et c’est ce que fait Jean ici.

Et ce qui est tout à fait significatif, c’est que l’évangéliste situe cette prière au moment où Jésus va mourir. Cette prière prend ainsi la valeur d’un testament. C’est donc le testament de Jésus que l’évangéliste nous fait entendre.

Ce testament se compose de trois parties. D’abord Jésus dresse en quelque sorte le bilan de son œuvre. C’est le passage qui précède celui que nous avons lu. Dans le texte du jour, Jésus prie pour ses disciples qu’il désigne, en s’adressant au Père, comme " ceux que tu m’as donnés ". Cette partie concerne le premier cercle des disciples, ainsi que le montre l’allusion à l’un des douze, à savoir Judas, " le fils de perdition " (v. 12) Puis, après notre texte, la perspective est élargie : " ce n’est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole " (v. 20). Par cet élargissement qui s’étend aux disciples à venir, et à travers eux à l’humanité entière appelée à suivre le maître, on peut dire que nous sommes, tous tant que nous sommes, inclus dans la prière du Christ, consignés dans son testament.

Au moment où Jésus va mourir, c’est-à-dire, en langage biblique, au moment où il va quitter le monde pour rejoindre le Père, c’est précisément des rapports du disciple au monde dont il est question. Trois traits caractérisent la situation du disciple dans le monde :

- D’abord le disciple est " dans le monde " et doit y rester. " Je ne te prie pas de les ôter du monde " (v. 15). Etre dans le monde, c’est au sens premier être en vie. Jésus va mourir mais ne demande pas à ses disciples de l’accompagner dans la mort. Il souhaite au contraire qu’ils demeurent vivants pour prolonger son œuvre.

- Ensuite tout en étant dans le monde, le disciple n’est pas du monde, il n’est pas, comme dit le texte dans son langage mythologique, soumis au Malin, au " prince de ce monde ". Et s’il n’est pas du monde, c’est qu’il est d’ailleurs. Il est de Dieu. Jésus prie pour que ses disciples soient gardés dans le nom de Dieu. Le nom, dans la pensée hébraïque, c’est la personne elle-même. Etre gardé dans le nom de Dieu, c’est être gardé en Dieu lui-même.

- Enfin ce disciple qui est dans le monde sans être du monde est haï du monde et ici il y a sans doute un écho aux persécutions endurées par les premiers chrétiens au moment de la rédaction de l’évangile.

Ce qui est particulièrement frappant ici c’est que ces trois traits – être dans le monde sans être du monde tout en subissant l’opposition du monde – sont très exactement ceux qui caractérisent, dans le prologue de l’évangile de Jean, Jésus lui-même : il y est en effet question d’une lumière qui n’est pas du monde mais de Dieu, lumière qui est venue dans le monde et que le monde a rejeté.

Cette identité de situation entre Jésus et ses disciples est du reste très fortement soulignée par Jésus lui même dans sa prière. Une parole revient comme un leitmotiv dans le texte, c’est " comme moi " : comme moi j’ai été, vous aussi vous serez. Nous voyons donc qu’au moment où Jésus va quitter le monde, il institue à la place qu’il va laisser vacante ses disciples présents et à venir. La prière sacerdotale est un testament qui nous fait héritiers de Jésus. Et cet héritage consiste à rien de moins qu’à reprendre la mission qui a été la sienne, celle d’être envoyés de Dieu dans le monde.

Jésus vu par Michel Lewis

Que signifie donc être envoyé de Dieu dans le monde, être dans le monde sans être du monde ?

Cette idée de double appartenance à la cité des hommes et à la cité de Dieu, pour parler comme saint Augustin, renvoie à la notion religieuse de " sainteté " et le verbe " sanctifier " apparaît du reste à trois reprises dans le texte. " Etre saint ", ce n’est pas, dans la Bible, " être parfait " mais c’est " être mis à part " pour Dieu, consacré à lui, être donc encore une fois dans le monde et " à part " du monde. Jésus nous appelle donc à la sanctification, à une marche vers la sainteté mais en quoi cela consiste-t-il ?

Le texte nous donne deux éléments de réponse. Une première indication figure au verset 17 : " sanctifie-les par la vérité : ta parole est la vérité ". Nous connaissons bien cette phrase que nous disons au culte avant de lire la Bible. La parole désigne dans cet usage l’Ecriture, tenue pour vérité. Et nous trouvons du reste, dans notre texte, une allusion à cette idée de la vérité de l’Ecriture à propos de l’accomplissement des prophéties concernant Judas (v. 12). Mais l’essentiel est ailleurs : dans notre texte, la parole de Dieu désigne moins l’Ecriture (la Bible) que la parole transmise par Jésus à ses disciples : " Je leur ai donné les paroles que tu m’as données " (v. 8). La parole qui doit nous sanctifier c’est l’enseignement de Jésus reconnu comme parole de Dieu.

Jean pousse très loin cette idée que Jésus apporte la parole de Dieu. Et c’est ici encore au prologue de l’évangile qu’il faut se reporter. Ce prologue contient deux affirmations très fortes sur la parole. D’abord, il dit : " Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu " (1, v. 1).

Il y a là une conception de la parole qui est beaucoup plus grecque que juive. La parole ce ne sont pas les Ecritures mais, pourrait-on dire à la manière de Platon, le modèle intelligible, intemporel, anhistorique dont toute parole temporelle, historique transmise par Moïse, par les prophètes ou par Jésus n’est qu’une approximation. Non pas les paroles parlées, mais la parole parlante, vivante, le souffle, l’esprit lui-même indicible qui circule dans l’enseignement des hommes de Dieu et dans la lettre des Ecritures. Non pas les paroles avec un p minuscule mais la Parole avec un P majuscule. Non pas les paroles au pluriel mais la Parole au singulier.

Il nous dit aussi (v. 14) : " La Parole a été faite chair et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ". Jésus est l’incarnation de la Parole. Derrière ce verset se tient, dans la théologie traditionnelle, toute la doctrine de l’Incarnation, mais j’en proposerais une lecture plus humaine, moins métaphysique : Jésus est à ce point habité par la Parole que celle-ci informe, irradie toutes ses pensées, tous ses actes, toute sa vie. La Parole cesse d’être un principe abstrait pour devenir une vie concrète qui témoigne, dans tous ses aspects, de l’action intérieure de la Parole.

Etre sanctifié par la parole, c’est donc à l’image de Jésus devenir incarnation de la Parole, être habité par la Parole qui transcende toute parole particulière et transforme nos pensées, nos actes, notre vie tout entière.

Nous voyons donc que le prologue de Jean opère un double déplacement par rapport à une compréhension qui identifie la parole et les Ecritures. Premier déplacement des paroles particulières, historiquement situées vers le principe dont elles procèdent, la Parole avec un grand P ; deuxième déplacement, des paroles reçues de l’extérieur vers la Parole agissant du dedans

C’est ce double déplacement que la tradition philosophique d’inspiration chrétienne a cherché à penser sous le nom de " conscience ". Qu’est ce que la conscience sinon ce lieu intérieur de moi-même que la Bible appelle le " cœur ", ce lieu intérieur où se fait entendre la parole de Dieu, une parole qu’aucun discours religieux, qu’aucun système de morale ne peut épuiser ni exprimer de manière totalement adéquate ? Ce lieu où habite le " Dieu plus intérieur à moi-même que moi-même " dont parle saint Augustin.

Etre sanctifié par la parole, ce n’est donc pas se soumettre à des commandements déterminés venus du dehors, c’est être fidèle à soi-même dans les appels intimes de notre conscience. Et c’est justement cette parole intérieure de la conscience que Jésus éveille par les paroles extérieures de son enseignement.

La seconde indication qui nous est proposée est une exigence d’unité : " qu’ils soient un comme nous " (v. 11). Et un peu plus loin " comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient un en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé " (v. 21). L’unité que Jésus vit avec Dieu qui l’habite, l’unité que nous devons rechercher de la même manière avec la Parole intérieure qui nous constitue dans notre intériorité humaine doit se manifester dans l’unité visible qui nous lie les uns aux autres, c’est-à-dire dans l’amour.

Plus nous serons attentifs à la parole intérieure du Père qui nous appelle du fonds de nous-même, plus nous nous sentirons frères les uns des autres. Plus nous nous mettrons à l’écoute du Dieu unique qui nous habite, plus nous serons unis les uns aux autres. Et nous retrouvons ce même thème dans l’épître de Jean dont nous avons lu un extrait. L’idée générale en est que l’amour de Dieu – au double sens de l’amour que Dieu a pour nous et de l’amour que nous avons pour Dieu – se rend visible dans l’amour que nous avons les uns pour les autres.

Et Jésus nous donne lui-même un exemple de cet amour dans la prière sacerdotale, en intercédant pour ses disciples présents et avenir, et au-delà pour l’humanité entière. L’intercession véritable ne consiste pas à prononcer des paroles auxquelles on attribuerait je ne sais quel pouvoir magique, mais à être intimement habités par le souci de l’autre. Et c’est de cette abondance du cœur que doit jaillir l’intercession véritable.

Etre dans le monde sans être du monde, c’est donc garder la parole de Dieu et rechercher l’unité entre les hommes.

Et nous reconnaissons dans ces deux exhortations les deux commandements fondamentaux qui, pour Jésus, résument toute la volonté de Dieu : " Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute âme, de toute ta pensée. Tu aimeras ton prochain comme toi-même ".

Nous mesurons aussi par là l’écart qu’il y a entre l’enseignement de Jésus et les conceptions traditionnelles de la religion. On peut dire que la distinction entre ce qui est du monde et ce qui est de Dieu, se trouve dans la plupart des religions, c’est la délimitation entre le domaine du profane et celui du sacré : il y a ainsi, dans nombre de religions, des lieux saints, des temps sacrés, des objets et des corps purs et impurs.

Nous le voyons dans le récit du premier livre de Samuel que nous avons lu, au sujet des pains qui sont, chaque sabbat, offerts à Dieu. Mais ce qui est important, dans ce récit, c’est la transgression à l’égard des lois rituelles opérée par David qui nourrit ses compagnons d’armes avec les pains consacrés. Cette attitude anticipe celle de Jésus qui va balayer toute distinction du sacré et du profane. Il n’y a pas de lieu saint : " l’heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne [le mont Garizim où les Samaritains avaient construit un temple] ni à Jérusalem que vous adorerez le Père (…) mais l’heure vient ... et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront en esprit et en vérité " (Jn 4, 21, 23).

Il n’y a pas davantage de temps sacré : " le sabbat a été fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat " (Mc 2, 27). Il n’y a non plus d’objet pur ou impur car la pureté n’est pas dans la coupe et dans le plat mais dans l’intérieur de l’homme (cf. Lc 11, 39). Pour Jésus en somme, une seule réalité peut être pure, sacrée, sainte, c’est l’homme lui-même dans la mesure où il recherche la purification, la consécration, la sanctification de son cœur. Et aussi vil qu’il puisse devenir, l’homme demeure sacré et inviolable, car il est, en sa conscience, la demeure de Dieu.

Etre dans le monde sans être du monde ce n’est donc pas suivre les règles d’une religion qui délimite les frontières du sacré et du profane, c’est sanctifier son cœur par la fidélité à la parole et par la recherche de l’unité entre les hommes.

Tel est, mes frères, le testament de Jésus : la Parole en nous et l’unité entre nous. Telle est la lumière d’en haut qui illumine notre présence au monde. Amen.

 

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26 mai 2009 2 26 /05 /mai /2009 04:18

Les romans de Douglas Kennedy sont publiés aux éditions Belfond. Ils sont traduits en français par Bernard Cohen. Nous reproduisons ici la présentation biographique de cet auteur paru sur le site de ces éditions.


Douglas Kennedy est né à Manhattan le 1er janvier 1955. Il grandit dans l’Upper West Side, étudie à la Collegiate School (le plus vieux lycée de New York) et au Bowdoin College dans l’Etat du Maine, avant de partir un an au Trinity College de Dublin, en 1974. De retour à New York, il passe plusieurs mois à travailler sans succès comme régisseur dans des théâtres de seconde zone de Broadway. En mars 1977, entre deux productions, il décide de partir à Dublin pour rendre visite à des amis. Vingt-six ans plus tard, il habite toujours de ce côté-ci de l’Atlantique.

Quelques jours à peine après son arrivée à Dublin, il devient cofondateur d’une compagnie de théâtre. Dix-huit mois plus tard, il rejoint le National Theatre of Ireland en tant qu’administrateur de la branche expérimentale. Il y passe cinq années (1978-1983), pendant lesquelles il commence à écrire, la nuit. En 1980, il vend sa première pièce à la chaîne de radio britannique BBC Radio 4 qui lui en commandera deux autres.

En 1983, il démissionne de son poste au National Theatre of Ireland pour se consacrer exclusivement à l’écriture. Pour survivre, il devient journaliste free-lance, notamment pour l’Irish Times où il tient une rubrique de 1984 à 1986. En 1986, sa première pièce pour la scène est un échec désastreux, tant critique que public. Peu de temps après, l’Irish Times supprime sa rubrique.

En mars 1988, il déménage à Londres, au moment où son premier livre, un récit de voyage, est publié. Deux autres suivront. Ces trois livres reçoivent un très bon accueil critique. Parallèlement, sa carrière de journaliste free-lance connaît également un essor.

En 1994, sort son premier roman, Cul-de-sac, qui sera réédité par Belfond en 2008 dans une toute nouvelle traduction, sous le titre Piège nuptial. En 1997, il est porté à l’écran par Stephen Elliot, le réalisateur de Priscilla, folle du désert.

Son deuxième roman, L’homme qui voulait vivre sa vie (Belfond, 1998 ; Pocket, 1999), connaît un succès international. Son troisième roman, Les désarrois de Ned Allen (Belfond 1999 ; Pocket 2000) est aussi un best seller et un succès critique, traduit en quatorze langues.

La Poursuite du bonheur
(Belfond, 2001 ; Pocket, 2003) marque un changement radical. Après trois romans que l’on pourrait décrire comme des thrillers psychologiques, Douglas Kennedy opte pour une histoire d’amour tragique et augmente le nombre de ses lecteurs. La Poursuite du bonheur se retrouve en course pour le Prix des Lectrices de Elle.

Ont suivi Rien ne va plus (Belfond, 2002 ; Pocket, 2004), Prix littéraire du Festival du cinéma américain de Deauville 2003, Une relation dangereuse (Belfond, 2003 ; Pocket, 2005) qui confirme son succès critique et public, Au pays de Dieu (Belfond, 2004 ; Pocket, 2006), l’un de ses trois récits de voyage, Les charmes discrets de la vie conjugale (Belfond, 2005 ; Pocket, 2007) et La Femme du Ve (Belfond, 2007 ; Pocket, 2008).

Douglas Kennedy est aujourd’hui un des auteurs favoris des Français. Il vit entre Londres, Paris et Berlin.

L’auteur vient de publier en mai 2009, toujours aux éditions Belfond, Quitter le monde

"Romancier à succès en Europe, il rêve pourtant d'une reconnaissance du public aux Etats-Unis, sa véritable patrie, où il reste méconnu. Ce sera peut-être le cas grâce à son dernier ouvrage, certainement l'un des plus aboutis et les mieux maîtrisés, le genre de livre qui vous tient en haleine jusque très tard dans la nuit et que vous avez du mal à reposer… " (François Arnault, Pau).

Bibliographie de Douglas Kennedy :

Cul-de-sac
,
(Gallimard, 1994, réédité par Belfond en 2008 dans une toute nouvelle traduction, sous le titre
Piège nuptial)

L’homme qui voulait vivre sa vie
(Belfond 1998 et 2005 ; Pocket 1999),

Les désarrois de Ned Allen
(Belfond 1999 ; Pocket 2000)

La Poursuite du bonheur
(Belfond 2001 ; Pocket 2003)

Rien ne va plus
(Belfond 2002, Pocket 2004)

Ton problème
(Belfond, 2005, 24 p.)
Une relation dangereuse

(Belfond 2003, Pocket 2005)

Au pays de Dieu
(Belfond 2004, Pocket 2006)

Les charmes discrets de la vie conjugale,
(Belfond 2005, Pocket 2007)

La Femme du Ve
(Belfond 2007, Pocket 2008)

Quitter le monde
(Belfond 200
9)

Voir l'article précédent : "Lorsque le romancier américain Douglas Kennedy parle des unitariens" (lien)

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26 mai 2009 2 26 /05 /mai /2009 03:47


Quitter le monde
, c'est le nom du onzième roman de Douglas Kennedy paru le 7 mai 2009. Dans ce livre, Jane Howard, la narratrice, nous retrace une partie de sa vie à compter du jour de ses 13 ans où elle prononcera, en présence de ses parents, une phrase malheureuse et lourde de conséquences. Enfance compliquée, études brillantes, rencontre, amour, drame, bonheurs puis Jane fera l'expérience de la tragédie. La plupart des romans de Kennedy sont construits sur le même principe : la vie d'un individu bascule du jour au lendemain, s'ensuit une terrible descente aux enfers suivie une lente remontée vers une nouvelle vie.

Kennedy, à travers le quotidien de ces vies brisées, va en profiter pour nous exposer des sujets qui lui tiennent à coeur :Le théâtre et la musique classique, ses grandes passions, mais aussi la vie de couple, la famille, les deuils, ou encore la politique et la société américaine sont des thèmes récurrents. Mais Kennedy affectionne également les questionnements métaphysiques, voire religieux :

" Qu'est-ce qu'il reste de nous, une fois que nous, puis tous nos proches, quittons ce monde ? Sommes-nous maîtres de nos destins ? Comment certains fanatiques peuvent-ils prétendre tout connaître de Dieu et de quel droit se permettent-t-ils de vouloir nous imposer leurs certitudes pour que nous puissions soi-disant Renaître ? ".

Et quand il s'agit de s'opposer aux fanatiques religieux en tout genre, il réplique à chaque fois en mettant en avant l'esprit d'ouverture et la sagesse des unitariens.

Au pays de Dieu
,
paru une première fois en 1989, le premier livre de D. Kennedy, est un récit autobiographique volontairement romancé : un véritable road movie en plein Sud des Etats-Unis à la découverte des groupes évangéliques New born again. Une autre planète, pour notre journaliste new yorkais aux idées humanistes et progressistes mais il veut voir ça de ses propres yeux, se rendre compte par lui-même. Il ne sera pas déçu !

Dans l'avant propos à l'édition française de 2004, il déclare avec son humour habituel :

" Je suis le sous produit d'un père catholique et d'une mère juive, ayant fréquenté une école protestante hollandaise et une Eglise unitarienne tous les dimanches jusqu'à la fin de mon adolescence, j'ai toujours eu l'impression que ma formation religieuse ressemblait à un carambolage sur l'autoroute".

Mais il ajoute : " Je garde cependant des unitariens, avec lesquels je n'ai plus eu de contacts depuis mon passage à l'âge adulte quelques principes de bases : l'idée que Dieu n'est pas une entité concrète mais une conception personnelle, que toutes les expressions de la foi sont recevables dans leur diversité, que Jésus n'est pas le fils de Dieu mais quelqu'un qui aurait voulu nous donner le meilleur exemple de ce que devraient être les relations entre êtres humains, dans l'idéal".

Et il termine sa profession de foi en affirmant :  "Au cas où l'on me demanderait si je crois en Dieu et en une vie éternelle, je donnerais sans doute la réponse unitarienne classique à savoir : en imaginant que je parcoure une route et que je parvienne à un croisement où je sois forcé de choisir entre deux routes, l'une d'elles conduisant au paradis, l'autre à une discussion à propos du paradis, je prendrais sans hésiter la seconde. En d'autres termes, sans avoir jamais pu gober l'idée d'un Etre suprême à adorer, je suis convaincu que la foi constitue probablement l'élan vital le plus puissant grâce auquel la grande majorité des individus arrivent à supporter leur existence ".

Par ailleurs l'auteur se plaît, dans presque tous ces livres, à évoquer l'unitarisme ou les unitariens, même s'il s'agit souvent de simples clins d'oeil comme dans Les désarrois de Ned Allen quand le principal protagoniste s'échine à vendre des logiciels informatique par téléphone :

" (…) le révérend Scott Davies, un prêtre unitarien d'Indianapolis qui voulait ré-équiper l'ordinateur de son Eglise et offrir le second kit à un centre de réinsertion qu'il parrainait "
ou dans Au pays de Dieu, quand il rencontre un ancien criminel reconverti en pasteur baptiste : " Comment ça t'es pas chrétien ? Flairant le danger, car c'était comme si je venais d'appartenir à un gang rival, je me suis empressé d'expliquer que bien que non-pratiquant, j'avais beaucoup d'estime pour l'enseignement unitarien, que même si Jésus n'était pas mon Sauveur je n'en éprouvais pas moins un grand respect pour Lui et pour Ses disciples ".

Quitter le monde
, son dernier roman, n'échappe pas à la règle. Son héroïne, Jane Howard, à propos d'obsèques qu'elle relate à un ami déclare : " Une amie à moi, officiante dans une Eglise unitarienne, s'est chargée de la cérémonie " ; et, un chapitre plus loin, à l'occasion d'un dialogue tendu avec un pasteur télé-évangéliste des Assemblées de Dieu, elle enchaîne :
" Mon père n'était rien du tout, ma mère unitarienne. Donc de votre point de vue, ce n'est pas du tout religieux.

- Oui, oui … Il est vrai que les unitariens ne croient pas en la révélation divine, ni au paradis, ni à l'enseignement des miracles, de sorte que le contenu de leur foi est plutôt … mince, disons.

- Ils ont une approche basée sur le doute, non sur les certitudes".
S'ensuit une joute verbale sur les notions de foi et de doute.

Dans le premier chapitre de L'homme qui voulait vivre sa vie, le héros, Ben Braford, cite Thomas Jefferson, Daniel Webster, Nathaniel Hawthorne, trois unitariens célèbres.
De la même manière dans Les charmes discrets de la vie conjugale, le personnage d'Hannah Buchan évoque dès le début du livre des personnalités unitariennes bien connues : d'abord Thomas Jefferson (encore), puis quelques paragraphes plus loin, à propos des grandes références littéraires du XIXéme siècle, elle cite Dickens, Hawthorne (toujours) et même George Eliot. Tous unitariens.

Mais dans ce même ouvrage la plupart des allusions à l'unitarisme sont plus directes. Au chapitre IV, Hannah nous raconte : " Dix jours plus tard, par l'une de ces rares matinées d'été de Nouvelle-Angleterre où le ciel est une coupole d'un bleu parfait, j'ai épousé Dan à l'église unitarienne de Burlington. Après un service simple et sans prêchi-prêcha, le déjeuner à l'ancienne mairie s'est passé sans histoire ".
Plus loin, elle s'interroge : " Soudain, j'ai déploré d'être aussi étrangère à l'idée d'un Dieu, d'un Yaveh, d'un Tout-Puissant, d'un Alpha et Omega, ou quel que soit le nom qu'on veut bien lui donner, parce que j'étais arrivé au seul moment de ma vie où je ressentais le besoin de prier. Mais je m'étais montrée assez hypocrite, au cours de ces derniers jours, pour ne pas en rajouter encore en implorant l'aide d'un Etre suprême auquel je ne croyais pas". Dans ce livre, le fils d'Hannah, devenu adepte d'une Eglise néo-évangélique a un dialogue tendu avec sa mère :
"Je n'apprécie pas du tout de recevoir des cours de christianisme de la part d'une...athée

- Je ne suis pas athée ! Je suis unitarienne !

- C'est la même chose. "


Mais c'est surtout dans La poursuite du bonheur, le roman incontournable de D. Kennedy, que l'auteur fait la part belle, à l'unitarisme. Dans cet ouvrage, à l'occasion des obsèques de l'un des personnages, nous faisons la connaissance du pasteur Roger Webb et tout un chapitre est consacré à la description de la cérémonie funèbre version unitarienne. Voici quelques extraits choisis :

" Je m'étais attendue à quelque révérend morose égrenant des platitudes en surveillant sa montre. Au contraire, Roger Webb s'était révélé plein d'égards et de zèle (...) ; j'avais senti qu'il était d'esprit ouvert, sincèrement libéral comme la plupart des unitariens (...)", et le révérend de dire en fin de méditation " Mon ministère voudrait sans doute que j'invoque une parole de la Bible pour conclure ces propos. Mais j'appartiens à l'Eglise unitarienne et, de ce fait, je peux aussi convoquer la poésie, en l'occurrence ces vers de Swinburne : Dors / Et si la vie t'a été amère pardonne / Et il est bon de rendre grâce comme de pardonner ".


On le voit bien, si Douglas Kennedy se déclare aujourd'hui 100% athée, il reste profondément attaché aux valeurs et aux principes de l'unitarisme tels que la tolérance, l'ouverture d'esprit, l'absence de dogmes et de règles strictes. De plus, il prend souvent en exemple des personnalités unitariennes. Bien qu'athée, sa spiritualité semble modelée par sa culture unitarienne.

Douglas Kennedy a quitté les Etats-Unis et les milieux unitariens en 1977. A 54 ans, il vit aujourd'hui en Europe avec sa femme et leurs deux enfants entre sa résidence familiale de Londres et sa chambre de bonne de Paris - sa tanière, dans laquelle il se retire pour écrire et se retrouver seul plusieurs jours par mois.

par François Arnault (chrétien unitarien français)

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Published by Philippe G. - dans U aux Etats-Unis
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13 mai 2009 3 13 /05 /mai /2009 12:56

Il faut bien entendu tout faire pour que chacun puisse avoir un accès le plus aisé possible à la culture. Nous sommes ici les héritiers de l’Ecole publique mise en place par la IIIème République. Nous en sommes fiers. Jaurès, nous le revendiquons nous aussi. Mais, que je sache, les bibliothèques d’Ecole, les médiathèques et les musées achètent jusqu’à présent (tout en acceptant les dons) leurs livres, leurs disques et leurs tableaux et sculptures car il en va du respect du travail des artistes.

Il est de bon ton aujourd’hui de s’égosiller avec les Droits de l’Homme tout azimuts sans s’apercevoir des contradictions qui existent. En cela, certains partis politiques de France, de Navarre ou d’autres pays sont franchement démagogiques. Ils ne cessent de jouter dans l’enceinte de parlements nationaux ou européen ou internationaux au lieu de réfléchir tous ensemble et sereinement à la complexité des problèmes à résoudre.

Il s’agit, me semble-t-il de mettre en place des politiques cohérentes qui répondent au bien commun et non à des intérêts partisans. Les différences légitimes au sein des sociétés composites ne peuvent qu'être valorisées et enrichies par la synthèse qui en ressort, du moins chaque fois que celle-ci est possible.

L’Internet, comme tout espace publique, doit faire l’objet d’une surveillance responsable et civique des Pouvoirs publics (c'est leur rôle !) : non au porno, non à l’antisémitisme et au racisme en général, non aux campagnes de haine, non à la désinformation systématique des propos et de la pensée des autres, non au piratage des œuvres d’autrui.

Ici, je suis personnellement éditeur de plusieurs sites (les Actualités unitariennes et La Besace des unitariens) et publications (la Correspondance unitarienne, les Cahiers Michel Servet) et webmestre d’autres sites (le site de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens, AFCU, et celui de l’Eglise unitarienne francophone, EUfr). J’ai le droit, me semble-t-il, à la maîtrise de ce que j’écris en tant qu’auteur. C’est là un droit fondamental et inaliénable de propriété intellectuelle.

Libre à moi de décider que mes textes pourront être copiés ou non (c’est une décision technique qui est offerte par Internet), pourront faire l’objet de commentaires (cas pour le site de l’Eglise unitarienne francophone) ou non. Pour la reproduction des textes, illustrations et vidéo, il est d'ailleurs de bon ton entre éditeurs de donner ses sources, d’indiquer les reproductions, de se renvoyer la balle comme on dit. C’est ainsi que la culture circule dans le respect de tous.

C’est aux musiciens et aux chanteurs de décider du circuit économique qui leur permet de mettre leurs œuvres à la portée de tous. Certains pourront se montrer très ouverts, d’autres élitistes ; c’est leur choix.

Le piratage, comme son nom l’indique, est un vol. On peut tourner autour du pot au nom des grands principes, cela reste un vol, avec des complices bien entendu et puis des laxistes qui semblent se multiplier par les temps qui courent. Dieu qui, paraît-il nous envoya les 10 commandements, doit bien rigoler en haut de son Ciel en voyant comment nous nous ingénions à contourner la morale, à commencer par d’éminents hommes et femmes politiques censés pourtant faire avancer notre sociabilité, notre civilité et nos citoyennetés !

Les Internautes auraient-ils tous les droits, y compris celui de piller ? Certains proposent qu’on adresse la facture aux opérateurs (à Over-blog dans notre cas ?) ; ce serait plus facile, moins compliqué disent-ils, et puis cela plairait aux jeunes *. Ben voyons ! aux opérateurs de payer nos frasques ou ceux de nos chers petits qu’on ne doit priver de rien (j’ai entendu cela ce midi sur la chaîne de télévision " Public Sénat ").
* à la veille d'élections européennes et d'autres dans l'avenir, c'est important d'y penser !

Ainsi vont nos débats publics, à coup d’argumentaires ... et non de réflexions concrètes.

réaction critique d'un ami, le 23 mai 09

"Cher Jean-Claude. Bien que je sois moi-même " victime " du piratage et soucieux comme auteur et journaliste de la protection des droits d'auteur, je pense que ton analyse est trop rapide et trop moralisante. Je pense que ton erreur est de focaliser sur le mot " piratage " qui est employé ici dans un sens provocateur et festif, mais qui derrière les mots traduit la recherche d'une évolution du droit d'auteur, évolution rendue nécessaire et inéluctable par les nouvelles technologies.

Je n'ai pas de réponse toute faite sur le sujet. Je sais que les auteurs sont partagés et notamment les auteurs et compositeurs de chants et de musiques, qui se sont souvent sentis bernés par le système traditionnel des droits d'auteur qui les prive d'une grande partie de ce qui devrait leur revenir aux profits de sociétés chargées de percevoir ces droits dont elles ne redistribuent qu'une faible partie, auteurs et compositeurs qui voient avec Internet la disparition du monopole de ces sociétés.

Une partie de la problèmatique actuelle vient de l'attachement excessif de notre société à la notion de propriété privée. Ce qui est important, c'est de trouver un mode de rémunération des auteurs vivants et je suis tout à fait pour que leurs oeuvres tombent dans le domaine public beaucoup plus tôt que cela n'est prévu aujourd'hui.

Quand Sandrine Bélier, tête de liste Europe Ecologie dans l'Est explique pourquoi elle signe le Pacte pour les libertés numériques  (
lien), je ne sais pas si elle a raison, mais je pense qu'il y a de bonnes raisons de se méfier du projet de loi gouvernemental, et que  contrairement à ce que tu dis il y a dans les débats publics des propositions concrètes et morales, même si tu penses qu'elles sont erronées ...

Il me semble en revanche que la décision prise par le Parlement européen va dans le bon sens (
lien). Et pour le point de vue des journalistes, tu peux aller voir le site des journalistes de Toulouse et Midi-Pyrénées (lien).

Cordialement. Régis Pluchet"

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Published by Jean-Claude Barbier - dans la culture Internet
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12 mai 2009 2 12 /05 /mai /2009 09:50

L’Eglise unitarienne de Norvège a un second pasteur, le révérend Kjell Morten Braten. Il habite à Skien, petite ville qui se trouve au sud-ouest d’Oslo, faisant en quelque sorte pendant à Askim, le siège de l’Eglise, qui, lui, est au sud-est de la capitale norvégienne. Le nouveau pasteur a été installé lors d’une cérémonie ce jeudi 9 avril 2009 par le révérend Knut Klaveness Heidelberg, pasteur à Askim et évêque unitarien de Norvège (sur la photo en soutane blanche et portant une étole bleue). Il sera ordonné le 6 septembre prochain à Budapest, à l’église unitarienne Béla Bartok *

* cette congrégation a été nommée sur le nom du grand compositeur et pianiste Béla Bartok (1881-1945), Hongrois né à Nagyszentmiklos (aujourd’hui en Roumanie)




L’Eglise unitarienne de Norvège est affiliée aux Eglises historiques de Transylvanie et de Hongrie. Lors des cérémonies susmentionnées, c’est la bannière de la congrégation Béla Bartok qui recouvre la table de communion.

C’est dans le cadre de cette même Eglise de Norvège (et à l’église unitarienne de Copenhague) que le révérend italien Roberto Rosso a été ordonné ministre du culte en novembre 2008 (lien).

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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 18:16

Fondé tout récemment en mars 2009, le Conseil des unitariens et universalistes français (CUUF) est composé de 3 fondateurs (Maël Strom, président, Jean-Claude Barbier et Alain Lauzet), d’un représentant du réseau de la Correspondance unitarienne, Jean-Charles Sikner, et maintenant d’un représentant de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU), Régis Pluchet.

En plus, une association de sensibilité unitarienne-universaliste est en cours de formation et désignera elle aussi un représentant, ce qui fera un collège de 3 fondateurs et une représentation de 2 associations et d’un réseau.

C’est là un beau succès pour cette nouvelle instance qui affirme ainsi sa pleine représentativité.

Pour la genèse de cette instance, voir la rubrique la concernant sur le site des chrétiens unitariens.
Pour la fondation du CUUF, lien.

Pour une présentation des responsables : Maël Strom et Alain Lauzet (voir la rubrique " le Conseil de l’Eglise " sur le site de l’Eglise unitarienne francophone ), Jean-Claude Barbier (voir sa biographie sur le site de La Besace des unitariens), Jean-Charles Sikner (sur le site de l'Eglise unitarienne francophone) et Régis Pluchet (lien).

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11 mai 2009 1 11 /05 /mai /2009 14:26

Né catholique et revendiquant son baptême (à l'église Sainte-Jeanne d'Arc de Versailles en février 1949) et sa profession de foi à la chapelle du lycée Hoche à Versailles en 1961, mais tout à fait détaché de l’institution catholique romaine, Régis Pluchet fait partie de ces chrétiens, qui, de plus en plus nombreux, se présentent comme chrétien d’abord. Il représente les chrétiens unitariens au sein du Conseil des unitariens et universalistes français (CUUF).

Il a été membre de l’association Croyants en liberté Sarthe, fondée en 1995 et dissoute en 2008, qui fut membre de la Fédération des réseaux du Parvis *, laquelle préconisait, comme son intitulé le stipulait, une ouverture à tous les croyants. Parallèlement à cet engagement, il pratique à l’Eglise réformée du Mans, depuis 2001 à l’âge de 52 ans, et fait désormais partie de son association cultuelle.
* Jean Huez, responsable de cette association, fut d’ailleurs le webmestre du premier site de cette fédération.

Dans un courriel du 15 août 2006, intitulé "unitarien sans le savoir", il prit contact avec le réseau de la Correspondance unitarienne en ces termes :

" Un peu catholique, beaucoup protestant, pas très orthodoxe, passionnément chrétien, membre de Croyants en liberté Sarthe et des Réseaux du Parvis, je suis sans doute unitarien sans le savoir. Toutefois, je ne suis pas anti-trinitaire. Je suis un non-trinitaire au sens du Credo de Nicée, mais j'admets que l'on prie Dieu sous la dimension symbolique ternaire/trinitaire. Je ne pense pas que Jésus soit le guide spirituel par excellence, mais qu'il est le meilleur guide spirituel pour les chrétiens, dont les chrétiens unitariens, qui peuvent avoir aussi d'autres guides spirituels, tandis que les non-chrétiens peuvent trouver un autre guide spirituel que Jésus qui sera le meilleur pour eux.. Je l'appelle aussi Jésus Christ, le mot Christ étant la reconnaissance de ce qu'il vit profondément sa nature divine, ce à quoi nous sommes tous/toutes appelé/es ".


Beaucoup se reconnaîtront dans son itinéraire, qu’il décrit dans un courriel postérieur :


" Catholique d'origine, attiré par les rares communautés nouvelles qui se sont formées après 68, j'étais non pratiquant de l'âge de 25 à 50 ans, agnostique imprégné des valeurs de l'Evangile, des Béatitudes en particulier. Disciple de Gandhi, j'admirais Albert Schweitzer et Théodore Monod, connaissant leur point de vue sur le christianisme, mais ignorant toutefois qu'ils étaient unitariens * [ndlr – protestants libéraux de sympathie unitarienne]. Depuis cinq ans, je suis membre de l'Eglise réformée du Mans […]. Je ne crois pas à la divinité de Jésus au sens dogmatique du terme, mais je crois qu'il a manifesté plus que la moyenne notre nature profonde qui est le divin. Il est pour moi le Christ, ou plutôt un Christ, comme pour d'autres Siddharta est devenu un Bouddha, deux termes qui à mon avis peuvent être considérés comme quasi synonymes. Je suis attaché au dialogue interreligieux (incluant dans ce terme l'athéisme ou l'agnosticisme), mais je crois important de se situer avec ses racines et en ce sens, je ne peux être unitarien qu'en étant chrétien ".


Convictions assurément fortes et stables puisque l’intéressé redit tout récemment, en avril 2009 : " Un peu catholique, beaucoup protestant, pas très orthodoxe, mais passionnément chrétien avec un zeste de bouddhisme."


Déjà, dans un second courriel, Régis appelait de ses vœux une Eglise chrétienne, porteuse de ce nouveau christianisme :


" […] je crois qu'il serait utile de créer une nouvelle Eglise chrétienne (ce qui n'empêcherait pas l'appartenance simultanée à d'autres Eglises), car : 1) jamais l'Eglise catholique n'évoluera, étant verrouillée par les dogmes et le centralisme romain (peut-être implosera-t-elle avec la disparition des prêtres en Europe et la montée des contradictions sociologiques et théologiques dans les Eglises des pays du Sud, mais cela prendra encore 20 ou 30 ans et je serais mort ou presque […] 2) l’Eglise réformée, ultra-minoritaire en France, a certes évolué sur le plan théologique, mais ses fidèles, étant très attachés à leur passé et à des liturgies vieillottes, je crains qu'elle n'attire bientôt plus guère de jeunes .... même si elle forme une pléthore de pasteur-e-s. Autant je déplore le fond du message des Eglises dites évangéliques, autant je pense qu'elles ont raison sur la forme liturgique, seule à même d'être comprise aujourd'hui et de porter un message spirituel (à condition de ne pas confondre spirituel et émotionnel). Même si je n'y ai pas participé, j'apprécie les initiatives de célébration prises en commun entre Parvis et Correspondance unitarienne ".


En ce sens, il s’intéresse vivement à l’Eglise unitarienne francophone qui a été fondée sur la Toile en juin 2008 ( "a church online" disent les anglophones !), lien. La continuité avec l’Eglise unitarienne de Transylvanie lui apparaît nécessaire, l’unitarisme ayant des racines chrétiennes – et de solides racines !


A 60 ans, journaliste en activité, Régis Pluchet est déjà grand-père de deux petits enfants.

Régis a été membre des Réseaux Espérances (écologie, non-violence, alternatives économiques, etc.) mouvement proche de l'Arche de Lanza del Vasto). Il s’intéresse entre autres aux questions de santé alternative * et d’écologie ; il effectue des recherches sur le botaniste André Michaux qui explora durant 12 ans les Etats-Unis et en partie le Canada à la fin du XVIIIème siècle (lien)
et fréquenta plusieurs personnalités unitariennes (le futur président Jefferson et certains membres de l’American Philosophical Society), etc. Il est actuellement membre des Amis de la Paix, groupe interreligieux et non-violent au Mans, de l’Entraide protestante de la Sarthe et d’une association locale de protection de l’environnement. 

Journaliste cofondateur de la revue Alternative santé ( lien), il a été amené à y écrire des articles touchant à la spiritualité : une interview de Baubérot sur la laïcité *, une autre de Frédéric Lenoir sur son livre " Le Christ philosophe ", un dossier sur le zen (le présentant avec une approche laïque, mais enraciné dans sa tradition, avec une interview de Frédéric Lenoir sur le sujet), des contributions à un numéro hors série d’Alternative santé * rédigé avec d'autres journalistes sur le thème : " Quand l'esprit agit sur le corps " (dont un article sur le yoga soulignant que ce n'était pas une simple gymnastique, mais une Voie d'évolution).
* Alternative santé, n° 360, novembre 2008, p. 17
** Régis dispose d’une formation de professeur de yoga, mais ne l'enseigne pas.

Il a déjà écrit plusieurs libres propos dans les bulletins de la Correspondance unitarienne : sur le végétarisme et son point de vue sur Albert Schweitzer, n° 59, septembre 2006, libres propos (lien) et
Quitter une Eglise qu’on ne peut plus réformer ", dans le bulletin n° 70, août 2007 (lien).
Voir aussi son commentaire (daté de mai 2003) du passage de l’Evangile évoquant la rencontre d’une syro-phénicienne avec Jésus dans la région de Tyr et de Sidon que nous avons publié sur ce site sous le titre " Est-ce une païenne qui révéla Jésus à lui-même ? " (lien).

Sa participation au Conseil des unitariens et universalistes français (CUUF), au nom de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU), suit logiquement la mise sur orbite de cette nouvelle instance puisque c’est précisément cette association qui, en tant que groupe émergent reconnu en avril 2006 par l’International Council of Unitarians and Universalists (ICUU), a initié ce projet et l’a porté jusqu’à sa concrétisation. Avec sa présence, le CUUF s’adjoint une personne de qualité : notre instance nationale vise en effet autant le quantitatif (être représentative de tous les unitariens de France et de Navarre ! ) mais aussi, impérativement, le qualitatif (son fonctionnement dépend en effet de la bonne connaissance de l’unitarisme contemporain par ses responsables et de leur bonne entente).

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