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7 mars 2009 6 07 /03 /mars /2009 10:51

 L’Eglise unitarienne francophone (Eufr) a été lancée le 3 juin 2008 par le réseau de la Correspondance unitarienne. Il s’agit d’une Egliselinguistique " qui s’adresse en priorité aux unitariens isolés dans les pays francophones – en cela elle correspond à son aînée anglophone, la Church of Larger Fellowship (CLF), fondée en 1944, que nous avions présentée dans notre bulletin n° 37, novembre 2004 " Une Eglise par correspondance aux Etats-Unis " - en lien - (à noter qu’Albert Schweitzer s’inscrivit à ses bulletins tout en restant protestant libéral ; la CLF était alors dirigée par son ami, le Dr. Georges Marshall).

Le logo de l'EUfr est un calice dessiné sur celui utilisé par l'Eglise unitarienne de Kolozsvar, laquelle est notre Eglise historique - l'Eglise unitarienne de Transylvanie fondée en 1568 - sur fond de l'emblème de la Francophonie. Il a été réalisé avec le concours de l'artiste breton Petrus (voir son site) sur une idée de Jean-Claude Barbier

Mais elle concerne aussi les communautés unitariennes existantes au Québec (à Montréal et à Ottawa), en France et pays voisins (Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens) et en Afrique noire (Burundi, les deux Congo, et Togo). Chacune d’entre elles a été invitée à désigner un membre pour siéger au conseil de l’Eglise et celui-ci s’est élargi ensuite par cooptation, jusqu’à 7 membres actuellement. Ce Conseil reflète la diversité géographique de l’Eglise avec 3 Français, 3 Africains et 1 Américain, celle des sensibilités (4 chrétiens unitariens, 2 unitariens-universalistes et 1 unitarien), également la différence des genres (2 femmes, 5 hommes).

Ce Conseil prend ses décisions au consensus : cooptation de nouveaux conseillers (le nombre de ceux-ci passant ainsi de 5 à 7), choix d’un pasteur (en l’occurrence Maria Pap, une ministre du culte de notre Eglise historique, l’Eglise unitarienne de Transylvanie), inauguration de la chaire du pasteur (avec ouverture d’une rubrique spéciale sur le site de l’Eglise), lancement d’une chorale, programme de formation pour un candidat au ministère pastorale (Jean-Charles Sikner), traduction en français des prières que l’International Council of Unitarians and Universalists (ICUU) propose chaque mois à l’ensemble des communautés unitariennes du monde entier pour accompagner l’allumage de la flamme de notre calice, ouverture d’une rubrique destinée à recevoir les " faire-part " des uns et des autres, élaboration d’un logo emblématique de l’Eglise (avec l’aide bénévole d’un artiste de Lorient), prochain lancement d’un programme d’aide aux populations pygmées d’Afrique centrale (avec le concours de l’association unitarienne Lisanga ya Bandimi na Nzambé du Congo Kinshasa), etc.


Bien entendu, vue sa dimension internationale, cette Eglise n’est pas matériellement localisée, mais elle fonctionne par correspondance et a un site sur la Toile*. C’est une Eglise " online " selon l’expression des anglophones  – " Sur la Toile " pour nous. A noter que le concept d’Eglise virtuelle ne s’applique pas à notre cas car il s’agit bel et bien d’une Eglise réelle qui repose sur des relations concrètes, visualisables par images et par vidéo, non anonymes. Rien à voir donc avec les communautés religieuses de la Second Life où évoluent des avatars et qui utilisent, elles (et avec talent), les possibilités du virtuel.

* il existe la First Unitarian Universalist Church of Second Life (FUUCSL) avec déjà plus de 600 fidèles.


En plus des activités sus mentionnées, le site offre des espaces (sous la forme de rubriques) :

un espace documentaire (" la bibliothèque de l’EUfr "), un espace de prières et de méditations (où le fidèle peut trouver des textes qui nous invitent à une élévation morale et spirituelle), enfin, prochainement, un espace cultuel où les fidèles, après avoir réalisé un culte de maison (seul, en famille, avec des voisins ou amis) témoigneront de leur vécu.


Selon la tradition unitarienne, cette Eglise respecte la foi et les convictions des uns et des autres, invitant ceux-ci à s’exprimer avec leur propre identité et culture. Une rubrique " 

Croyants – non croyants " explique, par des textes d’auteurs variés, que le clivage entre " ceux qui croient en Dieu et ceux qui n’y croient pas " est, aujourd’hui, en voie de dépassement– non seulement par l’action comme l’avait déjà si bien chanté le poète Louis Aragon, mais aussi théologiquement. Notre Eglise prône résolument un " unitarisme contemporain " où chacun est reconnu et valorisé par ce qu’il est, ce qu’il apporte, ce qu’il partage avec les autres. L’hymne à la Vie, qui est pour nombre d’entre nous Louanges à Dieu, concerne tous les êtres sans aucune discrimination. Notre Eglise est ouverte à tous dès lors qu’il y a envie de partager sa foi avec pleine tolérance et d’encourager autrui dans sa propre spiritualité.

p
sentation parue dans le bulletin de la Correspondance unitarienne, n° 89, mars 2009, rubrique "Document".

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Published by Jean-Claude Barbier - dans U en Europe francophone
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7 mars 2009 6 07 /03 /mars /2009 10:33

"De la paix avec soi-même" par Jean-Marie Muller * (texte interne au MAN, reproduit par la Correspondance unitarienne avec l'autorisation de l'auteur, dans son bulletin n° 89, mars 2009).
* Philosophe et écrivain, porte parole national du Mouvement pour une Alternative Non-violente (MAN). Il est l’auteur de nombreux ouvrages, dont un Dictionnaire de la non-violence paru en 2005 (Le Relié Poche, collection Sagesses, 408 p.).

Souvent, les spiritualités ont privilégié la recherche de la "paix intérieure", sans trop se préoccuper de la nécessité d'agir pour la paix en s'engageant dans les luttes pour la justice. Comment agir pour la paix dans le monde, ont-elles dit, si on n'est pas d’abord "en paix avec soi-même" ? Cette chronologie semble avoir la simplicité de l’évidence. Elle est pourtant fallacieuse. Faut-il attendre d'avoir atteint la plénitude de la " paix intérieure " pour se décider à agir pour la paix dans le monde ? Ne risque-t-on pas d'attendre longtemps ? Trop longtemps, quand les victimes de l'injustice n'en peuvent plus d'attendre. Comment " être en paix avec soi-même ", si on n’est pas en paix avec l’autre homme ? Comment connaître la " paix intérieure ", si on n'agit pas pour la paix dans le monde ? La violence qui meurtrit les autres hommes peut-elle laisser en paix ? L’urgence de la vie n’oblige-t-elle pas à être d’abord " en paix avec l’autre " ?

Le monde s'est ouvert au regard de l'homme de façon illimitée. Il lui lance des défis inédits. La tentation est grande, à la vue de cette société qui se donne en spectacle avec ses turpitudes et ses lâchetés, ses reniements et ses violences, de la fuir, de se replier sur soi, de cultiver les fleurs exotiques d'une spiritualité évanescente. Pareille attitude conduit loin de l'épreuve du réel et de la vie. On prétend rechercher la paix, mais on risque de n’être en quête que de son bien-être personnel. C'est une faute contre l'esprit de prétexter l'échec, toujours possible, des actions humaines pour se résigner à la déchéance et à l'iniquité du monde, se replier sur soi et se tourner vers la pure intériorité. Cette voie mène dans une impasse. Elle conduit les hommes dans les marges de l'histoire, et leur fait renoncer à toute action.

En Orient comme en Occident, trop de faux gourous prétendent enseigner la spiritualité en dehors des conflits, loin des débats et des combats politiques, à l'abri des rumeurs et des fureurs du monde. Il ne s’agit pas d’une spiritualité de la paix, mais d’une spiritualité de la tranquillité. Les disciples sont invités à se libérer des besoins, des désirs et des passions de leur ego dans un exercice solitaire. Cependant, la meilleure manière de désapprendre à se " soucier de soi " est d’apprendre à se " soucier de l’autre ".

 

Trop d'hommes se réclamant d'une spiritualité désincarnée discréditent le conflit sous le prétexte qu'il divise les hommes au lieu de les unir. De même, au nom de l'harmonie, des spiritualités en sont venues à enseigner le refus de s'impliquer dans les conflits. Mais pareille conception de l'harmonie est illusoire. Elle fait en réalité le lit de l'injustice et du désordre établi. Face à l’injustice, le conflit ne rompt pas l'harmonie, il veut l'établir. Non, ce qui divise les hommes, ce n'est ni le conflit ni la lutte, mais l'injustice, l'indifférence, la résignation et la lâcheté. La fonction du conflit est de créer les conditions de la justice qui seule peut ré-unir les hommes.


En s'absentant des conflits, les "spirituels" ne pouvaient que méconnaître la non-violence. Certes, ils ne manquaient pas, à maintes occasions, de parler surabondamment d'amour, de célébrer sa toute-puissance, mais, désincarnés, leurs propos n'avaient aucune prise sur les événements. Pendant ce temps, les conflits ne cessaient de croître au risque que les pires violences ne s'y donnent libre cours. Et alors que les spirituels ignoraient les conflits, ces derniers ne les ignoraient pas. Rattrapés par les conflits, les spirituels, le plus souvent, ne savaient pas faire autrement que de recourir eux-mêmes à la violence. Ils s'en sont alors accommodés et, presque toujours, ils ont fini par la légitimer.

Ainsi, la spiritualité ne prend sa véritable signification que dans l’action pour la justice. Nous savons par expérience que l’action est la chose la plus difficile au monde, parce qu’elle bouscule notre tranquillité et notre confort. C’est pourquoi nous avons peur de l’action et que, trop souvent, nous n’avons pas le courage d’en prendre le risque. Le pire serait de justifier notre refus d’agir par une prétendue recherche spirituelle qui mobiliserait toutes nos énergies.

L'homme se connaît par la médiation de sa relation avec l'autre homme. L'être n'est pas une existence, mais une présence. Et la présence est une relation. Un lien. Il faut penser l'homme non pas dans son face à face narcissique de lui-même avec son moi, mais dans la relation dés-intéressée avec autrui. En définitive, la notion de " paix avec soi-même " ne peut avoir qu’un sens dérivé, largement impropre. Il ne s’agit que d’un langage allégorique, métaphorique. Trompeur. L’homme qui se retire du monde pour chercher la paix ne la trouvera pas. Aucune paix ne se construit dans la solitude. C’est par l’acte de bonté envers l’autre que j’accède à la paix. C’est en recevant la paix de l’autre, que je peux dire " je suis en paix ". La paix est une dynamique qui s’inscrit au cœur des relations de l’homme avec l’autre homme. La paix est ouverture à l’altérité. C’est pourquoi elle est une épreuve de l’être. Mais c’est à travers cette épreuve que l'homme accomplit son humanité.

Voir un autre texte de Jean-Marie Muller, " Eloge de la rupture ", dans nos Actualités unitariennes du vendredi 6 février 2009, à la rubrique " la non violence (message intitulé " non-violence : rupture et résistance ") ; en lien.
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Published by Jean-Marie Muller - dans la non-violence
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27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 11:57

Dans chaque pays, les communautés unitariennes sont entièrement libres de leur organisation ecclésiale, de leurs orientations et des relations qu’elles souhaitent entretenir et développer avec les autres unitariens et/ou autres communautés de croyants libéraux.

En Transylvanie et en Hongrie, ce sont des Eglises historiques de style protestant, ayant à leur tête un évêque et un conseil épiscopal, qui englobent toutes les Eglises locales (à ne pas confondre avec des paroisses catholiques car disposant d'une très large autonoomie). En Grande-Bretagne, aux Etats-Unis et au Canada, ce sont des associations de type confédéral qui assure l’unité par des AG annuelles. Dans d’autres pays (en Inde, au Brésil, au Kenya, etc.), une simple instance de coordination a été mise en place. Enfin, dans certains pays, une seule communauté existe et représente ipso facto son pays.

L’International Council of Unitarians and Universalists (ICUU) souhaite ne reconnaître qu’une seule instance unitarienne par pays.


En France, ce sont les chrétiens unitariens qui ont été reconnus comme groupe émergeant en avril 2006. L’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) était alors la seule candidate. Dès août 2007, elle a proposé aux unitariens français ayant d’autres sensibilités un projet de " Conseil des unitariens et universalistes français " (CUUF) ; voir la rubrique à ce nom sur le site de l’AFCU.

Une première réunion eut lieu en octobre 2007 avec la Fraternelle unitarienne. Il reste à en finaliser les résultats sous une version sans doute plus simplifiée.

En Norvège, une conférence téléphonique avec Skype, le jeudi 12 février 09, a permis au révérend Knut K. Heidelberg, pour le compte de Unitarforbundet Bét Dávid (Den norske unitarkirke) – qui est une Eglise chrétienne unitarienne – et à Galen Gisler, pour le compte de la UU-fellsskapet i Norge (qui est une communauté unitarienne-universaliste), de se mettre d’accord pour une représentation commune auprès de l’ICUU.
De même, en Italie, la Congregazione italiana cristiano unitariana (CICU), présidée par Roberto Rosso, a rencontré à Modène (Modena), le dimanche 15 février 09, d’autres Italiens de sensibilité unitarienne-universaliste, soit une concertation avec 7 participants. Source : le blog de l’Eglise unitarienne de Norvège.



Hormis le cas de nos églises épiscopaliennes des pays hungarophones, les coordinations unitariennes misent sur le volontariat, ne sont ni obligatoires ni contraignantes, ne pénalisent aucunement ceux qui préfèrent s’abstenir – voir même se tenir à l’écart ! - et se mettent en place par une dynamique du bas. Contrairement à bien d’autres Eglises, l’unité se réalise sous la forme de réseau et non pas par une structure pyramidale. Elle n’en fonctionne que mieux ! En définitive, pour l’ensemble des pays concernés, les schismes et les zizanies sont très rares.

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Published by Actualités unitariennes - dans unitarisme international
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27 février 2009 5 27 /02 /février /2009 10:28

Le blog de l'Eglise unitarienne de Norvège (Unitarforbundet Bét David *) rend compte des activités unitariennes en Norvège, Suède et Groeland. Egalement pour la Transylvanie et la Hongrie car L'Eglise unitarienne de Norvège veut se situer en continuité directe de notre Eglise historique ; son pasteur, le révérend Knut Klaveness Heidelberg, a été ordonné en janvier 2007, à Budapest, par la congrégation "Béla Bartok" de l'Eglise unitarienne de Hongrie, voir sur notre site. Il répercute aussi l'actualité italienne du fait que c'est le révérend Knut Klaveness qui a ordonné le ministre italien Roberto Rosso, en novembre 2008, voir sur notre site.
* il s'agit de Ferencz David (vers 1515 - 1579), fondateur et premier évêque de l'Eglise unitarienne de Transylvanie.

Nous vous recommandons ce blog très bien documenté et actualisé. Vous en trouverez la référence dans la liste des liens sur le site de l'AFCU (à NO pour Norvège), avec le site proprement dit de l'Eglise "Den norske unitarkirke".

Pour les traductions du norvégien au français, vous pouvez utiliser le service de traduction de Google.

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Published by Actualités unitariennes - dans U dans d'autres pays européens
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24 février 2009 2 24 /02 /février /2009 18:38

Ces réactions, essentiellement rurales et paysannes, revêtent volontiers un aspect anticlérical avec la formation de communautés sans pope. Les réunions se font dans les maisons et non dans des lieux de culte. C’est le choix des judaïsants, des molokanes, des doukhobors et des vieux-croyants sans prêtres (depuis 1710). Localement, ils élisent à leur tête un collège d’anciens.

On peut dire aussi qu’ils adoptent une approche scripturaire en rejetant les ajouts faits par l’Eglise orthodoxe. Tant les molokanes que les doukhobors refusent les icônes, ne pratiquent pas les rites liturgiques orthodoxes, ne reconnaissent pas les saints, etc. Les Vieux-croyants ont quant à eux réagit contre les innovations rituelles introduites au XVII° siècle.

La judaïsation de ces groupes leur font rejeter la Trinité. Ce sont des anti-trinitaires. Seuls les Vieux-croyants font exception sur ce point.

Molokanes en 1870

La composante quaker introduite chez les doukbobors donnera à ces derniers une attitude anarchiste avec refus de tout impôt, des serments devant les pouvoirs temporels, du service militaire, parades nudistes afin de rappeler la condition humaine d’origine non dépravée par l’Etat et la modernité, etc. Au Canada, les doukhobors les plus radicaux, les " Fils de la Liberté ", défraieront la chronique en menant des attentats terroristes * contre tout ce qui ressemble à l’Etat (dont des écoles).

* Voir le dossier accablant sur ces pacifistes devenus terroristes réuni par l’Equipe de recherche sur le terrorisme et l’anti-terrorisme (ERTA).


Contrairement à l’affirmation protestante du XVIème siècle, la Bible n’est pas une autorité suprême car l’inspiration intérieure par l’Esprit est supérieure aux Ecritures et aux professions de foi. D’où de nombreuses scissions par des inspirés et des prophètes qui ne doutent de rien. Pour les doukhobors, Pierre Védrine, leur meneur de la fin du XIXème siècle, fut un avatar du Christ – le Christ revenu par métempsychose parmi les hommes.

Les pratiques extatiques
 mettent en relation directe les fidèles avec Dieu, comme par exemple les orgies et les flagellations des khlysty, et les gesticulations de molokans-subboniks* au rythme de la musique et des cantiques. * ramant avec les bras (Skippers), rampant par terre (Crawlers)
, parfois nus pour mieux ressembler à Adam et Eve.

Enfin, rurales et communautaristes
du fait de leur histoire et de leur foi, ces mouvances perdent beaucoup de leurs fidèles par marginalisation économique (dans des régions pauvres, dans des villages de montagne, etc.), immigration en ville, assimilation à la société civile par la scolarisation des jeunes, les mariages mixtes, les activités professionnelles modernes, etc.

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Published by Jean-Claude Barbier - dans les molokanes
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24 février 2009 2 24 /02 /février /2009 11:45

Les fidèles russes n’ont pas été sans réagir à la centralisation politique tsariste et ecclésiale par le patriarcat de Moscou de leur pays, et à la pression fiscale sur les milieux paysans par les grands propriétaires terriens. Voici une chronologie des mouvements qui ont été considérés comme hérétiques et en conséquence persécutés.


du milieu du XIVe (vers 1350) au début du XVe siècle, les Strigolniki refusent les hiérarchies ecclésiastiques, l'impôt religieux et le baptême de l'eau. Certains pensent qu’ils auraient été déjà judaïsants.

fin XVème, des Zhidovstvuyushchiye, chrétiens judaïsants *, sont à Novgorod et à Moscou à l’initiative de Skhariya (ou Zecharia) le Juif. L’un de ses adeptes, l'archiprêtre Aleksei, parvient même à convertir l'entourage d’Ivan III, grand-duc de Moscou. Cependant, bien qu'initialement tolérée, la secte est ensuite réprimée (Skhariya est exécuté en 1491 sur l’ordre du Grand-Duc). Le mouvement disparaît au début du XVI° s.

* " Ceux qui suivent les traditions juives ". La doctrine n'est connue que pas les textes de ses persécuteurs mais il semble bien qu’ils reprennent certaines pratiques juives et rejettent la divinité de Jésus. Cette judaïsation est tout à fait endogène et ne relève absolument pas d’un prosélytisme de rabbins juifs.


à la fin du XVIème siècle, durant le règne d'Ivan Le Terrible (1533-1584), Mathieu Simon Dalmatov, premier témoin de la foi moloque (la foi des molokanes, en anglais Molokan, du nom russe moloko qui désigne les  "buveurs de lait" ; en Turquie ils sont appelés les moloques )* commence à évangéliser sa famille et son entourage dans la ville de Tambov. Puis il apporte sa nouvelle foi à Moscou où un groupe de voyageurs venant du nord-est de la Russie, et parmi eux des Mordves (un peuple établi à l'ouest de la Volga, qui occupe un territoire qui s'étend de l'Ukraine à l'Asie centrale) embrassent la nouvelle foi. Dalmatov fut ensuite martyrisé sur la roue dans la prison d'un monastère orthodoxe.

* ndrl - nous adoterons dans nos textes le nom "molokane" (lequel s'est internationalisé), comme appellation, et l'adjectif "moloque" : un ou des molokanes, mais la foi moloque, les chrétiens moloques.

Ces paysans chrétiens rejètent le pouvoir des grands propriétaires fonciers, l'Eglise orthodoxe, le culte des icônes et le baptême par l'eau. Ils boivent du lait lorsque les orthodoxes, eux, font leurs jeûnes (d’où leur appellation de " buveurs de lait " !). Ils revalorisent fortement l'Ancien testament et ses pratiques ; en particulier, ils ne mangent pas de porc, et suivent un régime alimentaire qui, s'inspirant du Lévitique, présente certaines ressemblances avec la cacheroute juive.

A la même époque, à la suite d’une histoire purement locale, les sabbatariens (chrétiens judaïsants qui pratiquent le sabbat) se multiplient chez les Sicules (en anglais = Szekler) de Transylvanie (en Hongrie historique), à la suite des enseignements du théologien chrétien hébraïsant Matthew Vehe-Glirius que l’évêque unitarien Ferencs David avait fait venir d’Heidleberg à Kolozsvar, en 1578, pour l’aider à critiquer la traduction latine de la Bible. Après la mort de F. David, en 1579, le mouvement fut organisé par un noble sicule, András Eössi, puis par Simon Péchi qui traduit en hongroise la littérature hébraïque. Ils commencèrent à être persécutés en 1595, trouvèrent refuge au sein de l’Eglise unitarienne de Transylvanie jusqu’en 1618, puis durent entrer en clandestinité ou se convertir à partir de 1638. Ils considérèrent le village de Bözödújfalu (malheureusement inondé par un lac artificiel durant le régime communiste de Ceausescu) comme leur Jérusalem.

au début du XVIIème siècle, la foi moloque se développe dans les pays de la Volta au sud-est de Moscou (voir carte ; leur présence au Caucase et en Sibérie fait suite à des déportations pour les autorités tsaristes).


















La population totale des molokanes était de 91 500 habitants au recensement russe de 1909, dont plus de la moitié avait été exilée dans le Caucase et en Sibérie par les autorités tsaristes.  Les molokanes ne sont plus que 50 000 aujourd'hui en Russie et Sibérie, dans le Caucase, et en Amérique du Nord.

en 1645
, à l’initiative d’un paysan nommé Daniła Filippow,apparaissent les Khristoveri, les "croyants du Christ" (ou, en plus bref, les Khristi, les " christ ", mais ils seront appelés Khlysty ou " Flagellants " (khlyst, le fouet), parce qu’ils pratiquaient la flagellation après s’être livrés à la débauche afin de mieux bénéficier de la Rédemption ! Raspoutine, à un moment de sa vie, fut l’un des leurs. Ils étaient 2 000 membres en URSS.
 

en 1653, le patriarche de Moscou Nikon introduit de légères modifications dans le rituel pour se rapprocher de l’usage grec (signe de croix avec 3 doigts au lieu de 2, modification de la prononciation du nom de Jésus, révision des livres liturgiques, etc.). Bien que la Bible reste lue dans sa version en vieux slave, le slavon, et que ces changements soient purement rituels, ceux-ci rencontrent une vive opposition des milieux les plus traditionalistes avec à leur tête l’archiprêtre Avvakum. Ce seront les Vieux-Croyants. En 1666-1667, ils sont anathématisés lors de conciles ; Avvakum est mis sur le bûcher en 1682 (il est l’auteur d’une Autobiographie qui est un des chef d’œuvre de la prose russe).
Au XVIII° s. les Vieux-croyants sont des opposants farouches des mesures d’occidentalisation de Pierre le Grand (ils conservent le port de la barbe). La répression (de l’Eglise et de l’Etat) durera jusqu’à la fin des Tsars. Ce n’est qu’en 1905 qu’un Edit de tolérance leur accordera la liberté religieuse. Lors d’un récent concile, ils sont désormais réconciliés avec l’Eglise officielle.

en 1710, les vieux-croyants se scindent entre " presbytériens " et " sans prêtres "

en 1740, un sous-officier prussien introduit le mouvement quaker dans la région de Kharkov, en Ukraine (au nord-est du Dniepr). Ce sont les " chrétiens de la Fraternité universelle ", lesquels seront dirigés en 1769 par Sylvan Koleskinov . En 1785, l'archevêque orthodoxe russe Ambrosius les cite sous le nom de Doukhobors (les " lutteurs de l’Esprit ").


en 1765, La foi moloque se diffuse à l’instigation de Siméon Uklein, un tailleur ambulant de la province de Tambov. Les molokanes affirment leurs différences par rapport aux doukhobors (en partie en maintenant la révérence à la Bible). Leurs villages sont bien distinctes.


à l’extrême fin XVIIIème siècle, sous le règne de Catherine II de Russie, ou peut-être sous celui d’Alexandre Ier au début du XIXème siècle, réapparition de groupes judaïsants en milieu paysan avec les Subbotniks ou Subbotniki (= Sabbatariens). Les premières communautés se forlment dans la région de Voronej (selon l’archevêque de cette ville, la secte aurait été créée en 1796). Les rapports administratifs de 1811 les situent dans les gouvernorats de Voronej, de Toula et de Tambov, dans des régions où les moloques sont déjà présents. Ils adressent en 1817 une pétition aux autorités impériales pour se plaindre des persécutions qu’ils subissent.
Originellement chrétiens, mais revalorisant l'Ancien testament dans une attitude typiquement scripturaliste qui est celle des molokanes, ces judaïsants (hors de toute influence juive directe) en viennent à subordonner le Nouveau Testament à l’Ancien. Au cours du XIXème siècle, les relations se distendent d’avec le christianisme et beaucoup de groupes adhèrent au judaïsme orthodoxe et lisent désormais le Talmud. Ils sont fortement persécutés par le régime tsariste.

En 1833, le molokane Maxim Rudometkin fut considéré par les siens comme un prophète et fonda la secte des "cavaliers" (en anglais, Jumpers) appelée ainsi car les adeptes gesticulent comme s'ils chevauchaient un cheval jusqu’à entrer en extase. Il y a aussi les "sauteurs" (en anglais, Leapers) qui sont également du même style charismatique.

dans le courant du XIXe siècle, le gouvernement tsariste a souvent déporté les communautés moloques  vers la Sibérie ou le Caucase, afin de limiter leur influence dans leurs régions d'origine.


dans la seconde moitié du XIXème siècle, des prêcheurs subbotniks influencent des molokanes d’où l’apparition de Molokan-subbotniks qui se considèrent désormais comme un groupe ethnique et religieux spécifique (Russes judaïsants). Une partie d’entre eux, les Gery *, émigrera plus tard en Palestine. * les Gery, ont adopté une identité totalement juive, bien que des conversions organisées par des religieux juifs ne semblent pas avoir eu lieu.

en 1884, le régime tsariste exile les doukhobors en Géorgie.


à partir de 1898, émigration de doukhobors au Canada (Saskatchewan, puis en Colombie britannique) avec l’aide de Léon Toltoï et de ses amis et des quakers anglo-saxons.


à la fin du XIXe siècle, une minorité de molokanes quittent eux aussi l’empire russe, généralement pour l'Amérique du nord (Canada inclus) ; quelques uns iront en Australie.

Sources 
 :

Fils d’Abraham, panorama des communautés juives, chrétiennes et musulmanes par Joseph Longton, éditions Brepols 1987

Wikipedia, articles " Doukhobors ",  " Moloques / Molokanes ", "Subbotniks".
 

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Published by Jean-Claude Barbier - dans les molokanes
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18 février 2009 3 18 /02 /février /2009 03:01

Colloque organisé par l’Association de Valorisation du Patrimoine Mazamétain (AVPM) les 15, 16 et 17 mai 2009, sur le thème : "1209-2009, le catharisme: une histoire à pacifier ?" sous la présidence de Jean-Claude Hélas, maître de conférences honoraire, Université Paul Valéry, Montpellier III, au Palais des Congrès, Mazamet (Tarn).

cathares menées par les démons, vues par l'Inquisition

Informations et réservations :

Maison des Mémoires de Mazamet, rue des casernes - 81200 Mazamet, tél. 05 63 61 56 56, contact@maison-memoires.com

Frais d'inscription : quelle que soit la durée de participation, adulte: 5€, gratuit pour étudiant et chômeur. Repas du vendredi midi au dimanche midi à 10 € (20 € pour le samedi soir). Spectacle du samedi soir : adulte 15 €, participants au colloque 10 €

Les inscriptions sont à envoyer avant le 11 mai 2009 par courrier, téléphone ou mail, accompagnées de votre règlement libellé à l’ordre de l’AVPM.

Programme :

Vendredi 15 mai 2009 - La construction de l'hérésie


9h30 - 12h30

David Zbiral, docteur en histoire, Université Masaryk de Brno : La Charte de Niquinta et le rassemblement à Saint-Félix. Etat de la question.
Pilar Jiménez, chercheur associé CNRS-UMR 5136 Framespa, Université Toulouse 2 Le Mirail :
Retour sur la construction historiographique des origines orientales du catharisme.
Travis Stevens, Harvard Divinity School :
Innocent III et la rhétorique contre l'hérésie.
Franco Morenzoni, professeur d'Histoire médiévale, Université de Genève :
Hérésies et hérétiques dans la prédication parisienne de la première moitié du XIIIe siècle.

14h - 16h

Marjolaine Raguin, doctorante en Langue et Littérature médiévale occitane à l'Université Paul Valéry - Montpellier III : Hérésie et hérétiques dans la Chanson de Guilhem de Tudela.
Thomas Butler, ancien professeur de langues et littératures slaves, Universités de Wisconsin et Harvard :
Les "Chrétiens" bosniaques : origines, croyances et influence socio-politique du XIIIe au XVe siècle.
Lidia Denkova, professeur, Département de philosophie et sociologie, Nouvelle Université Bulgare, Sofia :
Origine et originalité de l'hérésie, "retrocendum ad principia magis communia".

16 h - 18h, 1ère Table ronde

Beverly Kienzle, professeur, Harvard Divinity School, Guy Lobrichon, professeur, Université d'Avignon et les intervenants présents.

Samedi 16 mai, Théologie, ecclésiologie et sociologie


9h30 - 12h30

Daniela Müller, professeur d'Histoire de l'Eglise, Université de Nimègue : Poser la question de vérité comme tâche historienne. Y eut-il une Eglise cathare ?
Francesco Zambon, professeur de Philologie romane à l'Université de Trente :
D'où vient l'interprétation cathare de la Bible ? Les paraboles évangéliques de la brebis et de la drachme perdues.
Nataliya Dulnyeva, docteur en Histoire, Université de Lviv et Andrèi Pechenkine, département d'Etudes religieuses, Université de Tula :
Les fondements de la lecture cathare du prologue de l'Evangile de Jean.
Ylva Hagman, docteur en Histoire des religions, Université de Linköping :
" La Brevis summula contre herrores notatos heretichorum " et le point de vue des Eglises cathares concernant les différentes sortes d'esprits.

14h - 16h

Roland Poupin, docteur en théologie et philosophie, pasteur de l’Eglise réformée de France à Antibes : A propos des tuniques d’oubli.
Carles Gascon Chopo, doctorant en Histoire médiévale, UNED Madrid :
Sur la présence cathare en Val d'Aran.
Gwendoline Hancke, docteur en Histoire, Université de Poitiers :
Le faidit, l'épouse et la concubine : le destin ordinaire d'une famille lauragaise entre hérésie, croisade et Inquisition.

16 h - 18h 2ème Table ronde

Daniela Müller, Ruben van Luijk, Francesco Zambon et les intervenants présents.

Dimanche 17 mai, Causes et conditions de la disparition du catharisme


9h30 - 12h30

Jean Duvernoy, historien : Jourdain de Saissac
Claudine Pailhès, archiviste paléographe, conservateur en chef des Archives de France – AD 09 :
Les comtes de Foix face à l’hérésie.
Anne Brenon, archiviste paléographe, conservateur en chef honoraire des Archives de France : L'effritement des bases sociales du catharisme
au contexte des bouleversements du XIIIe siècle : l'exemple de la Montagne noire.
Annie Cazenave, Ingénieur CNRS :
" Genus hereticorum".

14 h - 17h

Galia Valtchinova, directeur de recherche à l'Académie bulgare des Sciences : Dissidences religieuses médiévales et identités modernes dans les Balkans : usage du bogomilisme en Bulgarie et Bosnie.
Table ronde finale avec Julien Roche, Archiviste paléographe conservateur des bibliothèques, Université Lille I et les intervenants présents

Synthèse et conclusions par le président, Jean-Claude Hélas.


Samedi 16 Mai à 21 h 30 à l’Espace Apollo.

Spectacle Cathares ! Avec la Compagnie "Les Pas Tentés",

Revivez l'épopée cathare à travers Raluca, sœur de l'évêque de Constantinople Nicétas, qui arrive en terre occitane pour élever l'enfant qu'elle attend ...

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Published by Association de Valorisation du Patrimoine Mazamétain - dans les cathares
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17 février 2009 2 17 /02 /février /2009 01:11

Bible et migrations - Figures d'hier, réalité d'aujourd'hui " par Pierre Trudeau, Paris, éditions Karthala, janvier 2009, 240 p., Collection : Chrétiens en liberté, 20 €

 

Ce livre qui vient tout juste de sortir sera mis en discussion dans le cadre d'un café-bouquin, organisé conjointement par DLE (Droits et Libertés dans les Eglises) et FHE (Femmes et Hommes en Eglise, Genre en Christianisme), le mardi 17 mars 2009 de 18H30 à 20H, chez Temps Présent, 68 rue de Babylone 75007 Paris (Métro St François Xavier). L'échange sera animé par René Luneau (dominicain), responsable de la  collection "Chrétiens en liberté.

Présentation du livre par l'éditeur :


Pierre Trudeau médite assidûment la Parole de Dieu. Cela, il l'a appris en famille d'abord, dans la paroisse de sa jeunesse, puis au Prado, une véritable école évangélique dans l'Eglise, dont il est membre. Enfin, Pierre a vibré à la manière propre des communautés latino-américaines d'entrer dans les Ecritures, sans jamais lâcher leur traduction dans la vie sociale, personnelle et communautaire. Il a longuement ruminé l'itinéraire des personnages bibliques. Avec la même empathie profonde qui lui fait écouter les migrants d'aujourd'hui, il est entré en communion avec Abraham, Moïse, Elie, Ruth l'immigrée, Tobit, Esther, Jérémie, Jean-Baptiste, Pierre, Paul, Jésus.


Le livre est en cours de diffusion; si vous ne le trouvez pas en librairie, il est disponible chez l'éditeur :

Karthala , 22-24 Boulevard Arago, 75013 Paris, tél. 01 43 31 15 59, http://www.karthala.com/

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Published by Pierre Trudeau - dans le temps des évangiles
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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 14:39

Combien je comprends ceux qui sont chatouilleux dès lors qu'on touche à leur Eglise ou à celle de leur pote. Une Eglise c'est en effet comme une famille, une communauté du coeur, un héritage partagé, une maison commune. On en est fier. On la fréquente par plaisir. Pour rencontrer d’autres visages amis. On s’y endimanche ! Ca relève des tripes. C'est comme çà. Elle n'a pas à se justifier. On ne crache pas dessus, ni dedans. Un point c’est tout.

Une Eglise c'est un ensemble de solidarités, de fraternités, d'élans communs, de valeurs qui nous soudent, qui forment pour nous un faisceau de lignes essentielles. Ce sont des fêtes et des joies ensemble jubilées, des peines ensemble compaties. Nous sommes là bien loin des dogmes et des croyances, mais une Eglise c'est d’abord çà !

Pour ceux qui aiment les croyances et les idées, il y a les associations et les partis politiques pour en discuter tout son soul. Une Eglise, c'est du côté du coeur.

chorale de femmes à l'Eglise arménienne catholique d'Iran


Pourquoi j'aime l'Eglise de mon choix ? Je le dis dans un poème - car les poèmes expriment mieux ce que l'on a en soi d’intime - sur le site de l'Eglise unitarienne francophone (EUfr) de ce matin : " qu’à donc ton Eglise plus qu’une autre ? ".

Oui, je me sens bien dans mon Eglise. Elle me sied. Et qu'il en soit pour chacun ainsi, dans son Eglise, selon son propre vouloir. Amen.

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Published by Jean-Claude Barbier - dans vive l'inter-convictionnel !
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11 février 2009 3 11 /02 /février /2009 10:21

Les mouvements ultra conservateurs ont le vent en poupe au sein de l’Eglise catholique, comme l’Opus Dei et la Légion du Christ * : ils remplissent les églises et les séminaires, rouvrent même des petits séminaires, commencent à pourvoire les paroisses qui manquent de prêtres (d’autant plus qu’ils proposent des jeunes prêtres au célibat garanti), sont soutenus par de riches bienfaiteurs, ont des militants animés d’une foi sans doute, lesquels se consacrent entièrement à leur mouvement sans se disperser dans des engagements humanitaires et qui ne mettent les pieds dans le monde séculier (œuvres charitables, milieux politiques, etc.) que pour y faire du prosélytisme ou de l’entrisme.

* voir le dossier du journal La Croix sur ce mouvement aux méthodes sectaires " les légionnaires du Christ, soldats de l’évangélisation " 

En face, une mouvance libérale acculée à la défensive des acquis de Vatican II, très présente dans le Monde au nom de l’altruisme évangélique mais peu implantée dans les paroisses, ne bénéficiant guère du soutien de la hiérarchie ou s’en dispensant carrément, progressiste et perçue comme de Gauche (et donc liée à cette partie de l’opinion publique), sans grands moyens et sans mécènes, très présente dans les réseaux informels et groupes locaux, mais moins d’une façon institutionnelle *, très dispersée et ne disposant pas des capacités logistiques pour organiser de grands rassemblements ...

* toutefois, présence d’un groupe inter-convictionnel animé par le Réseau européen Eglises et libertés (RE) de la mouvance catholique libérale au niveau du Conseil de l’Europe à Strasbourg.

Présentation de ce réseau sur le site de l’AFCU, à la rubrique " Parvis " ; message du mercredi 16 janvier 2008, et
sur le site de nos Actualités unitariennes, à la rubrique " vive l’inter convictionnel ", notre message du mardi 26 février 08 " Un livre pour mieux cohabiter en Europe "

En partie héritière des mouvements d’Action catholique, cette mouvance est coordonnée en France par les Parvis (la Fédération des réseaux des Parvis, soit une cinquantaine de mouvements), en Belgique francophone par les Pavés (Pour un autre visage de l’Eglise et de la société, soit une douzaine de mouvements). Dans tous les pays européens le mouvement Nous sommes aussi l’Eglise est présent et actif *. Il est difficile d’évaluer une telle mouvance ; en France, elle serait de plus de 10 000 (militants, sympathisants, abonnés aux journaux).
* http://www.nsae.fr/ , avec en slogan " non pas une autre Eglise, mais une Eglise autre "

Manifestement, pour Rome, la balance penche du côté des conservateurs ! On comprend mieux dès lors pourquoi l’Eglise catholique cherche à récupérer son aile ultra-conservatrice, assurément bon élève de l’institution et de ses dogmes, alors que l’aile libérale est beaucoup moins pratiquante, volontiers frondeuse et pratique la liberté de penser et donc le relativisme ! Sans vergogne – c’est à dire sans attendre que les schismatiques veuillent bien accepter enfin le Concile Vatican II, même si c’est comme on dit du bout des lèvres – Rome veut réintégrer les lefebvristes (soit une mouvance de 150 000 âmes) et aurait déjà tout préparé (information du journal Golias *) pour que, à Pâques prochain, les Eglises anglicanes conservatrices et schismatiques regroupées au sein de la Traditional Anglican Communion, soit 16 Eglises sœurs réparties Eglises-sœurs au Canada, Etats-Unis, Afrique, Australie et en Europe (environ 500 000 âmes) entrent en communion avec elle.
" La miséricorde du pape est sans limites ! Après les lefebvristes, les intégristes anglicans rejoindront l’Eglise catholique à Pâques … ", lien 

Au sommet d'une coupole d'église, l'Eglise (romaine bien entendu !) règne sur le monde avec dans sa main droite le glaive (sans doute piqué à l'archange Michel !) et dans sa gauche la balance de la Justice (sans doute piquée aux Romains !). Photo de John Linwood vue sur Flickr.


Au niveau international, pour toutes les questions concernant l’évolution des mœurs et les droits de l’homme, Rome a des alliés sûrs contre le "relativisme" avec l’islam et les orthodoxes. Tant pis pour les protestants plus évolués sur ces questions là ...
 

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Published by Jean-Claude Barbier - dans la Contre-Réforme
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