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6 décembre 2008 6 06 /12 /décembre /2008 20:23

L'Eglise unitarienne de Transylvanie (1568-1948), devenue depuis 1948 l’Eglise unitarienne de Roumanie, après le rattachement de la Transylvanie à la Roumanie et l'indépendance de l' Eglise unitarienne de Hongrie, vient d'élire, après 3 jours de synode, son 31ème évêque. Le siège de l'Eglise est à Kolozvar (Cluj-Napoca en roumain). Le nouvel évêque est Ferenc (= Francis en français) Balint Bencedi. Ministre à la paroisse de Kolozsvar, il succède à Arpad Szabo (qui avait été élu en 1996).


Arpad Szabo à la rencontre de l'International Council of Unitarians and Universalists (ICUU) à Oberwesel (Allemagne), en novembre 2007.  Photo, Jean-Claude Barbier

Pour tous les chrétiens unitariens du monde entier, l'Eglise unitarienne de Transylvanie est l'Eglise historique de référence.

L'Eglise unitarienne de Hongrie est elle aussi présidée par un évêque, Csaba
Rázmány (depuis février 2001). Mais les congrégations anglo-saxonnes sont, quant à elles, présidées par un président d'un conseil dont les membres sont élus. Elles n'ont pas d'évêques.

Les unitariens ne s'adressent pas à leur évêque en disant "Monseigneur", ni "Mon Père". Celui-ci assume une fonction de présidence du Conseil de son Eglise. Il est élu et cesse ses fonctions avec sa retraite ou encore pour toute autre raison.  Son rôle n'est donc pas du tout comparable avec celui des évêques catholiques ou orthodoxes. Il relève de la tradition protestante et se rapproche de celui des évêques luthériens.

Liste des évêques de l’Eglise unitarienne de Transylvanie

  

01. Dávid Ferenc (1568-1579)

02. Hunyadi Demeter (1579-1592).

03. Enyedi György (1592-1597).

04. Kósa János (1597-1601).

05. Toroczkai Máté (1601-1616).

06. Radeczki Bálint (1616-1632).

07. Csanádi Pál (1632-1636).

08. Beke Dániel (1636-1661).

09. Járai János (7 avril - 3 juin 1661).

poste vacant durant deux ans

car la guerre ultime contre les turcs (1660-1664)

empêcha la tenue d’un synode

10. Koncz Boldizsár (1663-1684).

11. Szentiványi Márkos Dániel (1684-1689).

12. Bedö Pál (1689-1690).

13. Nagy Mihály (1691-1692).

14. Almási Gergely Mihály (1692-1724).

15. Pálfi Zsigmond (1724-1737).

16. Szentábrahámi Lombárd Mihály 1737-1758.

17. Agh István (1758-1786).

18. Lázár István (1786-1811).

19. Körmöczi János (1812-1836).

20. Székely Miklós (1838-1843).

21. Székely Sándor (1845-1852).

vacance de 9 ans gérée par le " general notary ", Székely Mózes,

car l’Empire austro-hongrois ne reconnaît plus le droit à l’Eglise d’élire son évêque


22. Kriza János (1861-1875).

23. Ferencz József (1876-1928).

24. Dr. Boros György (1928-1938).

25. Dr. Varga Béla (1938-1941).

26. Józan Miklós (1941-1946).

27. Dr. Kiss Elek (1946-1971).

28. Dr. Kovács Lajos (1972-1994).

29. Dr. Erdö János (1994-1996).

30. Dr. Szabó Árpád (1996-2008)

31. Balint Bencedi Ferenc (2008- )

photo : de gauche à droite, les évêques János Erdö, Lajos Kovács, Arpád Szabó, lors de la visite de David Keyes (3ème) à l'église unitarienne de Kolozsvar 

 

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Published by Actualités unitariennes - dans U en Transylvanie et Hongrie
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2 décembre 2008 2 02 /12 /décembre /2008 11:04

Nonobstant les dames catéchistes, qui ont fait ce qu’elles pouvaient pour expliquer aux enfants les mystères des dogmes catholiques, les femmes compétentes en culture biblique qui ont animées des cercles bibliques, enfin les diaconesses que les diocèses sont en train de former, sans oublier bien entendu les ordres religieux féminins qui sont loin d’avoir démérités, on ne comprend pas les propos misogynes de Mgr. André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président de la conférence des évêques de France : " Ce qui est plus difficile c’est d’avoir des femmes formées ; le tout ce n’est pas d’avoir une jupe, c’est d’avoir quelque chose dans la tête " lors de l’émission " Face aux chrétiens " (R.C.F. 6 novembre 2008). Y aurait-il pénurie dans les diverses vocations féminines au service de son Eglise ?

Lorsque les femmes ne portaient pas de jupe :

Eve – C’est l’automne ou on nous expulse de l’Eden ?

Adam  – C’est les deux ma chère !

dessin d’Agnès Lenoire vu dans " Les doutes à gogo " sur la plate-forme d’Over-blog 

 

Les participants à l’assemblée générale de la Fédération des réseaux des Parvis, réunis ce week-end (samedi 29 et dimanche 30 novembre) à Saint-Jacut-de-la-Mer, près de Saint-Malo, lui ont adressé une Lettre ouverte.

 

C’est avec stupéfaction et indignation que nous avons entendu ces propos vulgaires […]. Même sous couvert d’humour, tout mépris à l’encontre des femmes met en péril l’équilibre d’une société tout entière. C’est là un procédé de disqualification et de discrimination qui accentue la violence dont notre société a du mal à guérir, malgré les lois qui garantissent l’égalité des femmes et des hommes.

 

Un haut responsable d’Eglise n’est pas autorisé à se mettre en dehors des lois de la République. De plus, quel contre témoignage au sein même de l’Eglise ! Une telle attitude est en contradiction avec celle de Jésus dans les évangiles, lui qui ouvre aux femmes des portes et leur rend possible non seulement l’exercice du service (qu’elles accomplissent déjà) mais aussi celui du pouvoir de décision (1)".

(1) ndlr : sur ce dernier point, on ne voit pas trop bien le passage des évangiles qui est concerné.

 

Eh oui, Mgr André Vingt-Trois, il y a des sujets sensibles comme on dit à propos desquels il vaut mieux tourner 7 fois la langue dans sa bouche avant de parler, surtout quand on préside une conférence nationale à la remorque du Vatican et qui ne brille déjà guère par sa façon de traiter les problèmes de l’Eglise et de société.


Ceci dit, l'auteur des propos, face à la polémique, a tenu à préciser sa pensée : c'est la formation qui prime et non le sexe. Voici la lettre que son secrétaire particulier a fait parvenir à la Fédération des réseaux des Parvis :

Archevêché de Paris, Paris le 4 décembre 2008

Monsieur,

Le Cardinal Vingt-Trois a bien reçu ce jour votre courrier. Il est vraiment désolé que I'expression qu'il a employée dans l'émission " Face aux chrétiens " il y a maintenant près d'un mois (sortie de son contexte dans I'article souvent cité du journal La Croix) ait pu vous choquer, comme un certain nombre d'auditeurs et d'auditrices.

Vous le savez si vous avez entendu l'émission, la pointe de son propos n'était pas de réveiller I'animosité mais d'exprimer par une formule simple, que la condition pour recevoir une mission d'annonce de la Parole de Dieu n'est pas le sexe mais la formation, c'est-à-dire la capacité à annoncer cette Parole.

Mgr Vingt-Trois est, comme vous tous, trop connaisseur de I'importance de la place des femmes dans la Révélation, dans le plan du Salut et dans la mission de I'Eglise aujourd'hui pour vouloir décourager qui que ce soit.

Cette mésaventure nous est, vous en conviendrez, l'occasion d'exercer notre sens de I'unité et de l'Église, qui nous invite à poursuivre ensemble sans nous décourager l'aventure de la foi !

Recevez, Monsieur, mes salutations dévouées dans le Seigneur.

P. Stéphan Duteurtre, secrétaire particulier

 

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Published by Actualités unitariennes - dans la Contre-Réforme
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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 15:20

Les Occidentaux, avec leur bonne conscience soit disant universelle, insistent – et font pression (depuis le célèbre "discours de La Baule" de François Mitterrand) - pour que tous les peuples du monde entier, sans exception, adoptent leur système démocratique basé sur des partis politiques et des votes pour dégager une majorité.

 

Le drame c’est que ce système, qui peut certes avoir ses vertus dans nombre de pays (dont le nôtre), n’en a pas du tout en bien d’autres endroits où il mène même tout droit, sans coup férir, à la guerre civile.

 

C’est le cas, une fois de plus, pour les récents incidents, ces vendredi 28 et samedi 29 novembre 2008, qui se sont passés à Jos, grande ville du centre du Nigeria (Etat du Plateau), à l’occasion d’élections ayant principalement opposé deux partis représentant en fait deux communautés religieuses.

Il a suffit pour cela d’une rumeur selon laquelle le Parti de tous les peuples nigérians (ANPP), majoritairement musulman, avait perdu un scrutin local organisé la veille, face à la formation au pouvoir au niveau fédéral, le Parti démocratique du peuple (PDP), à majorité chrétienne.

Le bilan officiel fait état de 200 morts pour l’instant, en fait peut-être 400 et plus et au moins autant de blessés et 10 000 personnes réfugiées dans des mosquées, des églises ou des casernes de l’armée et de la police.

 

Supposez un instant que la France du Nord vote majoritairement à Droite et que celle du Sud vote majoritairement à Gauche (ou inversement si vous voulez), ceci pour des raisons identitaires (ethnie, religion, langue, etc.) – connaissant le sang chaud des nôtres (héritiers en partie des Gaulois et des Francs !), nous aurions rapidement une partition du territoire avec une guerre civile à la clef qui nous ramènerait vite fait bien fait à l’époque de nos guerres de religion (XVIème siècle).

 

L’Afrique n’a pas le monopole de ces situations ; l’Europe avec ses Balkans et les minorités nationales insatisfaites dans de nombreux pays n’a pas de leçon à donner aux autres continents.

 

En fait, dans maintes régions, le suffrage universelle donne le pouvoir à une communauté identitaire, majoritaire démographiquement, sur une autre, ou les autres. La tendance pouvant être renversée si la minorité est dominante au sein de l’Armée (cas des Sunnites en Irak sous Saddam Hussein, des Tutsi dans des pays d’Afrique de l’Est, etc.).

 

Alors que les populations traditionnelles ont toujours su traiter l’hétérogénéité de leurs établissements humains, l’arrivée de nouveaux immigrants, la cohabitation de communautés ethniques et religieuses par de judicieuses répartitions des pouvoirs, au cas par cas et selon les cultures en présence, les Européens arrivent avec leurs gros sabots et proclament la Vérité comme s’ils étaient des experts en démocratie. Ils sont ainsi responsables de nombre de massacres directement liés à ce mode d’institution.

 

Avec la domination coloniales, il y a eu ingérence des administrations dans les systèmes politiques endogènes ou, plus radicalement, leur mise à l’écart. Et les élites modernes de ces pays, devenues souveraines, font trop souvent preuve d’un affligeant manque d’imagination, se contentant trop souvent (jusqu’à présent) de copier les institutions des pays occidentaux.

 

Les acteurs religieux, lorsqu’ils n’ont pas (ou plus) le bras séculier à leur service, sont bien obligés quant à eux de composer pour maintenir la cohésion de leurs assemblées.

Ce faisant, lorsqu’ils pratiquent le vote, ils le font toujours avec sagesse et non d’une façon bornée.

Les synodes protestants et les communautés baha’is par exemple reportent à des rencontres ultérieures lorsque le consensus ne s'avère pas suffisant en misant comme on dit sur le temps, sur l’évolution des mentalités, mais aussi sur les négociations et autres ajustements. Et lorsqu’il faut – enfin – se décider (car on ne peut pas indéfiniment reporter aux calendes grecques !), les décisions prisent à la majorité entrent en application selon un agenda à la convenance des uns et des autres, sur une période donnée. Au sein de l’Eglise catholique romaine – très réticente vis-à-vis de ce procédé – certains ordres monastiques, des deux genres, élisent cependant leurs propres dirigeants.

 

Oui, pleurons les morts de Jos dont notre " démocratie " à tout vent est directement responsable.

 

Conseil : lire l'interview d'Adam Higazi, chercheur à l'université d'Oxford, dans le journal La Croix ; "Les affrontements au Nigeria sont-ils de nature religieuse ?", propos recueillis par Laurent d'Ersu, article publié le 01-12-2008 sur le site www.la-croix.com (cliquer sur "article publié" pour avoir directement le texte)


Témoignage : nous avons reçu, en commentaire, le témoignage d'une personne qui a vécu à Jos du temps où chétiens et musulmans s'entendaient bien dans cette cité. 

Commentaire sur http://nickyza.over-blog.com

J'ai lu, avec beaucoup d'émotion votre article concernant les morts de Jos au Nigéria. J'ai vécu là-bas une bonne partie de mon enfance et adolescence et ce qui s'y passe là-bas me touche toujours profondément... "En ce temps là", les chrétiens et les musulmans cohabitaient merveilleusement bien... Je ne pense pas que cela ait changé... Ce qui s'est passé à Jos le week end dernier, me semble être à la base, un vil problème politique (accusations de fraude fiscale qui ont dégénéré ...) Hum... comme si ici en France, Ségolène et Martine qui se sont accusées d'avoir triché... avaient déclenché une guerre civile... Au Nigeria, comme dans beaucoup de pays d'Afrique, il suffit de nos jours d'une étincelle pour déclencher des guerres ethniques. C'est bien triste tout ça

ndlr - malheureusement les intégrismes des deux bords ont, depuis, profondément modifié le paysage religieux : d'une part les mouvements islamiques prônant la charia, et d'un autre côté les nouvelles Eglises de type pentecôtiste dont le prosélytisme est acharné. Les mosquées anciennes et l'Eglise catholique essaient bien de calmer le jeu et avaient su effectivement établir de bonnes relations de cohabitation et de respect, mais les nouveaux venus ont un tout autre style. Or ils ont sous leur influence les jeunes et la rue. En cela, oui, le conflit a malheureusement une dimension religieuse. Quels mots pour apaiser ces conflits ?


Oui, je veux bien croire que tout ait changé depuis le temps que j'ai quitté ce pays... C'était en 1970, juste après la guerre du Biafra... Déjà, les choses se gâtaient... alors qu'il y faisait si bon vivre avant ! Je suis bouleversée de voir ce qui s'y passe maintenant... Malheureusement, je pense que nous sommes impuissants devant ces conflits qui nous dépassent. Nous ne pouvons que prier pour qu'un jour tout s'arrange... Merci d'avoir mis mon témoignage sur votre blog

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Published by Jean-Claude Barbier - dans en Afrique noire
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30 novembre 2008 7 30 /11 /novembre /2008 11:29

Sous le titre "Peut-on encore changer l’Eglise catholique ? S’adapter ou se désagréger", Paul Abela * a publié cet analyse dans le Témoignage chrétien, du 30 octobre 2008.

 

* l'auteur a publié en 2002, aux éditions L'Harmattan, Je crois, mais parfois autrement, dans la collection "Chrétiens autrement".

 

Après des siècles d’inertie, notre Eglise a commencé à se réformer avec le Concile Vatican II, mais elle est encore trop archaïque dans son organisation et dans son langage. En 50 ans, le pourcentage des pratiquants est passé de 25% à 5%. Si elle ne se réforme pas radicalement, elle sera de moins en moins crédible et se désagrègera . 

 

Son organisation

 

L’Eglise a hérité d’une organisation monarchique, autoritaire et peu fraternelle. En excluant des ministères les hommes mariés et les femmes, elle est sexiste, alors que la société est de plus en plus démocratique et égalitaire. La structure de la répartition entre clercs et laïcs n’est pas adaptée à notre monde culturel. En 50 ans, la population de la France a augmenté de 50%, tandis que le nombre des prêtres n’est plus que le quart de ce qu’il était et celui des ordinations annuelles est tombé de 1 000 à 100. Des prêtres âgés sont chargés de 10 à 20 paroisses. Il est urgent de reconnaître qu’il y a là un signe des temps qui appelle à repenser ces structures . 

 

Son langage

 

Maurice Zundel disait : " Parler de Dieu aujourd’hui dans le langage des premiers siècles, c’est se condamner à n’être pas compris et faire courir à Dieu le risque d’apparaître comme un mythe à reléguer au musée des antiquités ".

Le dogme de l’infaillibilité est contredit par les événements et l’on se rend compte qu’il apparait comme incompatible avec la condition humaine. Plusieurs dogmes mineurs, liés à un autre monde culturel, doivent être repensés, y compris le vénérable Credo de Nicée, qui est abstrait et n’engage à rien.

 

La Bible

 

Pendant des siècles, la référence à la Bible était prise à la lettre, de façon fondamentaliste, quasiment dictée par le ciel (comme les musulmans pour le Coran). Il a fallu attendre 1943 pour qu’une encyclique de Pie XII (Divino afflente spiritu) admette que certains récits de la Bible n’étaient pas historiques, mais symboliques ou légendaires. C’est le cas de la création en 7 jours, le péché originel, le Déluge, la Tour de Babel, et l’ensemble des 11 premiers chapitres de la Genèse. Des archéologues israélites se demandent si ce n’est pas le cas aussi de l’Exode et de la traversée de la mer Rouge et toutes les guerres racontées par Josué, qui aurait arrêté le soleil (Israël Finkelstein, La Bible dévoilée, Ed. Bayard, 2001).

Le style de certains passages du Nouveau Testament est également de ce genre. Ainsi la virginité de Marie (ante partum, in partu, et post partem), la transfiguration, l’ascension, etc … sont symboliques. Les prendre au sens historique finira par préparer à un reniement général. Les catéchisés se rendront compte un jour, que cela ne peut pas être historique, et ne croiront plus rien.

 

La liturgie

 

Grâce à Vatican II, notre liturgie, longtemps en latin, a été enfin traduite dans les langues parlées. Célébrant la joie et la fraternité enseignées par Jésus, la liturgie devrait être conviviale et joyeuse. Hélas, à part quelques très beaux chants, elle est loin de l’être, elle est plutôt austère. C’est pourquoi des milliers de gens lui préfèrent le spectacle des match de football ou de rugby.

Le partage du pain et du vin, en mémoire de Jésus, longtemps désigné comme " la fraction du pain " est le symbole d’une vie de partage, mais les termes retenus d’ "Eucharistie " et ce qu’on dit comme les paroles de Jésus à la dernière Cène ( " ceci est mon corps ") rendent obscure cette mémoire et n’engagent à rien.

Selon la Bible de Bayard en 2001, ces paroles peuvent être traduites autrement : " Ceci c’est moi ". Il pourrait s’agir du geste de partage ou la fraction du pain. De même les pèlerins d’Emmaüs ne le reconnurent qu’à la fraction du pain. Cette fraction du pain est le symbole d’une vie de partage. Le sacrement est ainsi un appel à une vie exemplaire.

 

Une vaste réforme

 

Revoir l’organisation de l’Eglise, son langage, sa lecture de la Bible, sa liturgie, c’est dans tous les domaines que l’Eglise doit s’adapter à son siècle. Seul un Concile Vatican III pourrait entreprendre cette vaste réforme. Si elle ne se réforme pas radicalement, l’Eglise catholique sera de moins en moins crédible et se désagrègera.

 

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29 novembre 2008 6 29 /11 /novembre /2008 13:17

Faut-il faire condamner la France par la Cour européenne des Droits de l'Homme (CEDH) pour non respect des anachronismes religieux ?

 

La laïcité à la française n’est pas toujours très bien comprise par les étrangers (pays voisins et minorités ethniques et/ou religieuses). C’est souvent le clash par rapport à des anachronismes religieux portés par des religions, confessions ou mouvements. Accusation est alors portée contre la France devant les tribunaux européens pour condamner notre pays. La dernière accusation de ce genre émane d’un brave commerçant Sikh qui n’a pas voulu ôter son turban pour une photo d’identité exigée pour l’obtention d’un permis de conduire.

 

Les incidents se multiplient localement, dans la vie quotidienne :

 

- transfusion sanguine jugée médicalement urgente (pourtant refusée par des Témoins de Jéhovah),

- sapins de Noël ou autres fêtes des crèches et des écoles (jugées par les mêmes Témoins de Jéhovah comme " païens " et donc nocifs pour leurs enfants),

- viande de porc considérée comme " impurs " par juifs et musulmans (lesquels enseignent pourtant que c’est Dieu lui-même qui a créé les animaux !) et revendication de cantines sans viande de porc,

- vêtements ou objets ostentatoires d’une identité religieuse portés dans un établissement scolaire ou dans l’exercice d’une fonction publique (le turban des Sikhs, le voile musulman – et pourquoi pas la burka ! - , la kippa des juifs, etc.),

- demande de carrés musulmans dans les cimetières orientés vers La Mecque et bien à l’écart afin de ne pas se mêler aux tombes "impures" des autres croyants et celles des non-croyants,

- refus par des musulmans des consultations médicales menées par un médecin d’un autre sexe que le patient, pratique de la circoncision (sans motif médical) et de l’excision au nom de la Tradition ou du Coran (lequel pourtant n’y ait pour rien),

- etc.

Ces anachronismes religieux sont manifestement en confit de civilisation avec nos sociétés occidentales ? Elles sont fondées sur des logiques internes à partir d’écrits considérés comme révélées – donc absolues - ou bien comme des prescriptions de toute première importance sans cesse rappelés par les clergés. Les enfreindre c’est péché et donc aller tout droit dans la marmite bouillante de l’Enfer. Ils ne sont pas négociables, Dieu étant au dessus des lois humaines et de nos institutions.

 

Que faut-il faire ?

 

Accepter les communautarismes (que chaque communauté s’organise à sa guise, y compris au niveau juridique comme l’organisation des mariages, le règlement des conflits familiaux, etc.) , ce qui permet la paix sociale et, éventuellement, l’apport de voix le jour des élections ?

 

Mettre en pratique ce que les Canadiens (surtout anglophones car les Québécois entendent défendre leur identité historique) appellent joliment des " accommodements raisonnables ", à savoir inviter les populations à accueillir les immigrés en adoptant les institutions du pays aux mœurs des arrivants afin qu'is se sentent comme chez eux et de les aider à mieux s'intégrer.

 

C’est vrai que, chaque fois que cela est possible, il convient d’éviter les clashs.

- Lorsque les recherches en cours sur le sang artificiel auront abouti, les chirurgiens de nos hôpitaux pourront répondre positivement aux exigences des Témoins de Jéhovah,

- la charcuterie à base de volailles est maintenant entrée dans nos mœurs culinaires,

- les objecteurs de conscience bénéficient d’un statut qui leur évite l’emprisonnement,

- un secteur privé confessionnel travaille dans de bonnes conditions sous contrat avec l’Etat,

- etc.

 

Certaines choses peuvent être effectivement négociées … mais d’autres non car elles touchent aux valeurs même de la laïcité.

 

Disons d'abord que le secteur privé peut absorber une bonne partie des exigences particulières de la part de certains acteurs religieux. C’est effectivement plus cher que les services publiques, mais ce qui paraît un absolu pour les uns est aux yeux des autres pur caprice irrationnel basé sur des superstitions.

 

Mais voilà, certains considèrent que, en France et autres pays, le secteur public doit tout faire pour répondre à toutes les situations, et encore au moindre prix avec remboursement à la clef par une Sécurité sociale transformée ainsi en vache à lait. Ils se mettent à crier à la discrimination si on leur conseille de s’adresser au secteur privé.

 

Or le laxisme non seulement ne fait que reporter le problème, mais en plus ouvre des brèches dans lesquels s’engouffrent immédiatement les demandeurs … pour exiger toujours plus. Pour les islamistes (fort heureusement une très faible minorité en France, surtout à ne pas confondre avec les autres musulmans), c’est ni plus ni moins la charia. Ils ont fait du voile porté à l’école par les jeunes musulmanes, un étendard de combat et une visualisation de leur influence (ce qui n’a rien à voir avec le voile porté d’une façon culturelle ou par conviction personnelle).

 

Dieu merci, les institutions européennes commencent à comprendre la chanson et ne se laissent plus faire (1). Notre Sikh devra donc enlever son turban, le temps d’une pose photographique, s’il veut obtenir son permis de conduire français. Il en avait été de même pour l'un de ses coreligionnaires : un Britannique à qui on avait demandé, à l’aéroport de Strasbourg en 2003, de bien vouloir ôter son turban avant l’embarquement – par mesure de sécurité. La digne Cour européenne des Droits de l'Homme CEDH (deux ans après ! eh oui, la procédure est longue) avait jugé la requête irrecevable en estimant en janvier 2005 que cette mesure répondait à des motifs de sécurité qui justifiaient une "ingérence" dans le droit à la liberté de religion.

 

Ce 27 novembre 2008, la même Cour a maintenu son analyse : obliger un musulman pratiquant à présenter une "tête nue" sur les photos d'identité à des fins de délivrance de diplôme universitaire ou de retirer un voile ou un turban lors d'un contrôle de sécurité notamment dans une enceinte consulaire "ne constituent pas une atteinte" à l'exercice de la liberté de religion. Ouf pour Dame Laïcité !

 

Le problème n’est pas nouveau : au XVIIème siècle, les quakers défrayèrent la chronique car il refusaient d’enlever leur couvre-chef (= chapeau) devant les autorités civiles et religieuses de l’époque, soit disant que seul Dieu à le droit de recevoir la révérence.

 

Ceci dit, qu’on le sache quand même, en France, toute personne peut déambuler dans les rues de nos villes et les chemins de nos campagnes en portant l’accoutrement vestimentaire qu’il souhaite (hormis les atteintes à la pudeur), de fréquenter les lieux de cultes et les magasins casher ou autres de son choix.

 

Vous ne pouvez toutefois pas vous promener hors de vos espaces privés dans la tenue ci-contre. Vous seriez accusée - non pas de porter la burqa (sauf à l'école !) - mais d'atteinte à la pudeur ! Bref, mettez plutôt une mini-jupe ou un mini short qui, eux, sont admis ...

 

Toute chasse aux sorcières, toute attaque de personnes affichant son identité religieuse, ou encore tout vandalisme de lieux de culte soulève d’emblée l'indignation des populations locales, croyants et non croyants confondus, la ferme réprobation des pouvoirs publiques et l’ouverture immédiate de poursuites judiciaires.

 

Beaucoup de pays ne pourraient pas en dire autant ; comme quoi notre laïcité n’a de leçon à recevoir de personne.

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Published by Jean-Claude Barbier - dans les dérives sectaires
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27 novembre 2008 4 27 /11 /novembre /2008 17:24

Les unitariens de la République démocratique du Congo se sont mobilisés pour aider les populations du Nord-Kivu. Vous pouvez soutenir leur action en leur envoyant une aide financière. Pour information et contact, voir l'article sur leur site (hébergé sur celui de l'AFCU)

 

http://afcu.over-blog.org/article-25209021.html

 

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Published by Actualités unitariennes - dans U en Afrique
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27 novembre 2008 4 27 /11 /novembre /2008 14:53

Dans le cadre des "Mardis de Babylone" organisés conjointement par DLE (Droits et Libertés dans les Eglises) et FHE-GC (Femmes et Hommes en Eglise Genre en Christianisme), notre prochain café-bouquin aura lieu : mardi 16 décembre 2008 de 18H30 à 20H dans les locaux de Temps Présent, 68 rue de Babylone 75007 Paris, métro : Saint François Xavier

Nous proposons un échange sur le livre de Catherine Chalier "Transmettre de génération en génération", Editions Buchet Chastel, Paris 2008 prix 21 €, Jean-Pierre Schmitz

 

Catherine Chalier enseigne la philosophie à l'université de Paris-X-Nanterre. Elle a publié plusieurs ouvrages qui explorent le lien entre la philosophie et la source hébraïque de la pensée. Voir sa bibliographie sur le site de son université. 

 

 

1. Figures du féminin, lecture d'Emmanuel Levinas, Lagrasse, Verdier, 1982, nouvelle édition augmentée, Editions des femmes, 2007.

2. Judaïsme et altérité, Lagrasse, Verdier, 1982, épuisé.

3. Les Matriarches. Sarah, Rebecca, Rachel et Léa, Préface d'Emmanuel Levinas, Le Cerf, 1985 (4eme édition en 2000) (Traduit en néerlandais, en portugais et en italien).

4. La persévérance du mal, Le Cerf, Paris, 1987.

5. L'alliance avec la nature, Le Cerf, Paris, 1989.

6. L'histoire promise, Le Cerf, Paris, 1992.

7. Pensées de l'éternité, Spinoza et Rosenzweig, Le Cerf, Paris, 1993.

8. Emmanuel Levinas, l'utopie de l'humain, Albin Michel, Paris, 1995 (traduit en espagnol et en portugais) (3eme édition en 2004).

9. Sagesse des sens, La vue et l'ouïe dans la tradition hébraïque, Albin Michel, Paris, 1995.

10. L'inspiration du philosophe, l'amour de la sagesse et sa source prophétique, Albin Michel, 1996.

11. Pour une morale au-delà du savoir, Kant et Levinas, Albin Michel, 1998 (traduit en anglais et en espagnol).

12. De l'Intranquillité de l'âme, Payot, 1999.

13. L'Ecoute en partage. Judaïsme et Christianisme (avec M. Faessler), Le Cerf, 2001 (prix Colladon 2003).

14. La trace de l'Infini, Emmanuel Levinas et la source hébraïque, Le Cerf, 2002 (traduit en espagnol).

15. Traité des larmes, Fragilité de Dieu, fragilité de l'âme, Albin Michel, 2003 (traduit en italien), édition de poche 2008. également traduit en espagnol.

16. La fraternité, un espoir en clair-obscur, Bûchet Chastel, 2004, traduit en espagnol.

17. Le Rabbi de Gur, La langue de la vérité, traduction de l'hébreu, introduction suivie d'un essai, Penser avec les versets, Albin Michel, Paris, 2004.

18. Sincérité du visage (avec Didier Ben Loulou), Editions Filigranes, Paris, 2004.

19. La lettre hébraïque (avec Pierre Relkin), Editions du Tricorne, Genève, à paraître.

20. Spinoza lecteur de Maïmonide, (la question théologico-politique), travail en cours, contrat de publication avec les éditions du Cerf.

21. Dieu sans puissance, en complément au livre de Hans Jonas, Le concept de Dieu après Auschwitz, Rivages, 1994 (traduit en tchèque).

22. Brève estime du beau , essai introductif au livre de David Gritz, Levinas face au beau, L'Eclat, Paris - Tel Aviv, 2004.

23. Livre pour la jeunesse : L'histoire de Joseph, Gallimard, 1997.

24. Spinoza lecteur de Maïmonide, la question théologico-politique, Paris, Cerf, 2006 (Prix de l'Académie des Sciences Morales et Politiques).

25. Les lettres de la création, L'alphabet hébraïque, Arfuyen, 2006.

26. Des anges et des hommes, Albin Michel, 2007.

27. Transmettre, de génération en génération, Paris, Buchet Chastel, avril 2008.

 

Voir des résumés intéressants de plusieurs de ses livres sur le site des éditions du Cerf.

 

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27 novembre 2008 4 27 /11 /novembre /2008 09:38

Naguère, on nous gavait de symboles religieux à tous les coins de rue (1), et maintenant c’est la pub commerciale ! La notion de pollution du paysage fait son chemin et la pub est désormais interdite en certains lieux. Vaste opération de nettoyage car il y a vraiment à faire.

(1) Nos voisins espagnols – avec un temps de retard sur la France – sont en train de demander, auprès de leurs tribunaux de justice, que les crucifix soient (enfin) retirés des écoles publiques. Voir l’article publié par le journal La Croix 

 

Trop de papiers commerciaux qui nécessitent l’abattage de forêts, trop de pub agressives qui choquent les mœurs – parce qu’elles sont sexistes, machistes (par exemple cette affiche de Dolce & Cabbana qui a été interdite en Italie et en Espagne car elle mimait un viol collectif), volontairement ambiguës (comme l’utilisation de jeunes adolescentes dont l’âge est tout juste au-dessus de l’âge légal pour présenter petits soutiens gorge et petites culottes sexy), choquantes pour nombre de nos minorités culturelles et/ou religieuses (à qui on reproche pourtant leur non intégration à notre modernité !).

 

 

On critique les sectes – et à juste raison – pour leurs pratiques manipulatrices et enfermantes, mais ce sont des enfants de chœur par rapport aux publicitaires qui pratiquent le mensonge, le matraquage, la séduction, l’omniprésence (Dieu est lui-même dépassé dans ce sport !), l’achat de complices grâce à leur énorme fric, la diffusion de produits toxiques (tabac, alcools, boissons énergisantes, etc.), etc.  Les jeunes loups de la publicité, pleins d'imagination et d'ambition, s'en donnent à coeur joie : ils ont carte blanche et ne sont guère stoppés dans leurs élans par les instances (plutôt  "molles") chargées de contrôler leur secteur d'activité.

 

Cette publicité est liée au gros capitalisme : adieu aux petites marques qui n’ont pas de budget suffisant pour financer des campagnes, et adieu donc aux petites entreprises ; c’est tout un tissu d’entreprises indépendantes qui fout le camps. Bien entendu, ces frais de pub se répercutent sur les prix et, en définitive, c’est le client qui paient. Par contre, il y a peu d’espaces où les producteurs peuvent présenter leurs nouveaux produits en toute objectivité et avec l’avis de spécialistes indépendants.

 

Pour quelques affiches bien faites, esthétiques, pertinentes, humoristiques ; nous subissons une invasion d’images, de formules, de clignotants, de propositions plus que douteuses, etc.

 

Paradoxalement, au sein de la Gauche française, qui se veut pourtant contre le libéralisme économique, nul n’élève la voix pour dénoncer un tel système pourtant bel et bien lié au grand capitalisme. La pub commerciale est entrée dans notre paysage audiovisuel. Même la " Nouvelle Gauche anti-capitalise " ne dit rien sur le sujet. Tout au contraire, " on " se montre plus disert sur le projet de suppression de la pub sur les chaînes publiques de télévision et on s’y oppose avec l’énergie du désespoir (au nom de la liberté de penser et de s’exprimer ?). Eh oui, la pub commerciale, çà apporte du fric à certains endroits ... même si cela participe à la hausse du prix des produits que les braves consommateurs subissent.

 

 dessin de Yann Le Breton, yann_LeBreton_pub

 

Devons nous être ainsi esclaves d’un bourrage de crâne à tous les coins de rue et à notre domicile sur notre petite lucarne. On nous dit que les gens (même nos enfants) sont habitués, qu’ils n’y prêtent plus attention (mais alors pourquoi donc la pub si elle n’était pas d’une efficacité redoutable ?), que cela ajoute de la couleur, que c’est rigolo, etc. Dans ce bourrage de crâne notre capitalisme moderne fait assurément beaucoup mieux que les religions d’antan.

 

 dessin de Mix

C’est pas que les unitariens veuillent contredire en tout point leurs braves compatriotes, c'est pas qu'ils soient des anars, mais ils tiennent à leur liberté de penser et n’adhèrent pas aux dogmes, y compris à ceux d’aujourd’hui, sociétaux, qu’on nous présente comme admis, évidents, entrés dans nos mœurs, bcbg, politiquement correct, religieusement permis, etc.

 

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25 novembre 2008 2 25 /11 /novembre /2008 12:19

Christiane Geisler est née en 1952 dans notre Poitou, d’une famille protestante. Maintenant aux Etats-Unis, elle a bonne souvenance de son enfance, de ses racines, du "Notre Père" qu’elle récitait avec foi, etc.  C’est avec plaisir qu’elle revient en vacances voir les siens et des amis.

 

A Washington, elle a fréquenté durant 10 ans l’Eglise unitarienne de " Toutes les âmes " All Souls Church  dont l’église est dotée d’un magnifique orgue espagnole (dont les tuyaux sont verticaux et d’autres disposés à l’horizontale) et dont la chorale est célèbre (1). Elle est maintenant, depuis plus d’un an, à la First Unitarian Church of Philadelphia.

(1) voir des hymnes chantés par cette chorale sur le site de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU), à la rubrique " nos chants et prières " 

http://afcu.over-blog.org/categorie-10360262.html

 

Son Eglise ne lui a pas donné de mot d’ordre (c'est une Eglise qui n'exerce aucune pression sur le vote de ses fidèles), mais les unitariens-universalistes américains - qui s’inscrivent tous dans une mouvance religieuse libérale et progressiste issue d’un christianisme d’ouverture - se sont retrouvés tout naturellement derrière le candidat Barack Obama. Christiane s’est particulièrement impliquée dans cette campagne. Elle a connu l’espérance des lendemains qui chantent, la joie du succès. Nous partageons son enthousiasme.

 

 

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25 novembre 2008 2 25 /11 /novembre /2008 10:15

Il est de bon ton en ces jours de crier haro sur le Parti socialiste. Or ce qui s’y passe serait-il réservé à nos seuls amis socialistes français, ou bien n’y a-t-il pas là, tout haut, médiatisé à l’extrême, ce qui se passe – tout bas – dans bien d’autres appareils, jusqu’à nos plus petites associations loi 1901 ?

 

Il est en effet bien facile de crier à la guerre des chefs dès qu’une tension apparaît et qu’elle est portée par des leaders qui s’opposent sur un ou plusieurs points. A défaut de programme proprement dit (que faire par exemple en ces temps de crise financière et économique ?), les débats du congrès de Reims ont porté, quand même, sur de réels enjeux : quid des alliances électorales qui seront nécessaires – au plus tard entre les deux tours de la prochaine élection électorale (François Bayrou ou Olivier Besancenot ?) ; comment désigner un meneur de parti politique (par conciliabules de couloir, au sein d’une commission de la dernière chance ou bien par recours au suffrage universel des encartés ?) ; ou bien encore, quel style de personnalité faut-il pour porter haut les couleurs du parti aux prochaines élections présidentielles (Ségolène Royal, Martine Aubry et Bertrand Delanoë ont des personnalités et des styles bien distinctes).

 

Ce dessin de Moix " Ô vallée de larmes ",  vu sur   http://moix.over-blog.org , est reproduit ici avec l’autorisation aimable de son auteur (la reproduction des dessins de cet auteur est soumise à autorisation, écrire pour cela à : moixdessins@yahoo.fr ).

 

Or que se passe-t-il dans nos conseils municipaux, dans nos conseils presbytéraux (pour les Eglises qui en ont comme l’Eglise réformée de France), dans nos associations de quartier, dans les syndicats de copropriété, partout où s’agite des militants ?

 

Combien fréquents sont les autoritaires, les avides de la moindre parcelle de pouvoir, ceux à qui une fonction de premier plan monte très vite à la tête, les rigides, les agressifs, les grincheux, les frileux, etc. Bien souvent, ils paralysent les associations, les détournent à leur profit, ferment les portes.

 

Pire, combien de raisonnements militants sont répétitifs, circulaires, déconnectés des réalités, incantatoires, purement idéologiques, utilisant des concepts de prêts à porter, sans nuance, de type binaire (la Droite et la Gauche, le Capitalisme et le Socialisme, le Gouvernement et l’Opposition, la Réaction et les " forces du progrès ", les croyants et les athées, Dieu et Satan, les Blancs et les Noirs, les Français – de souche – et les immigrés, etc.), amalgamant les personnes dans des catégories toute faites comme si elles étaient homogènes (les " socialistes ", les " juifs ", les " chrétiens " - et mieux la morale " judéo-chrétienne " si chère à certains philosophes -, les " musulmans ", les " Arabes ", etc. … et parfois les Juifs sont systématiquement amalgamés aux financiers, les Arabes à la violence, les homosexuels à la pédophilie, les croyants à la superstition, etc.

 

Ceux qui transgressent ces catégories sont des " apostats " ou des " hérétiques " en religion, des "naïfs qui se laissent manipuler" ou des " traîtres " en politique (bien que nous ne soyons pas en tant de guerre !).

 

Or nos associations locales et nos institutions de base ne devraient-elles pas être des lieux d’éducation à la démocratie : savoir s’exprimer, expliquer les questions, écouter les autres et tenir compte de leurs avis, rechercher un dénominateur commun, ce qu’il est possible de faire ensemble – ou encore une synthèse qui ajoute un plus aux apports des uns et des autres, aller de l’avant en respectant le rythme des autres, permettre aux minorités de s’exprimer, de ne pas être étouffées par une majorité " qui a le pouvoir " et qui monopolise tout, diversifier les lieux d’action afin que tous ceux qui veulent faire quelque chose puisse montrer leur capacité (les pouvoirs publics, mais aussi des associations gestionnaires du secteur social, des entreprises privées, etc.), ne pas faire de procès d’intention, ne pas condamner les autres lorsque ce qu’ils disent ne convient pas à ce que l’on pense, etc.

 

Oui, la démocratie, c’est d’abord de la morale citoyenne. La IIIème République l’avait fort bien comprise qui parlait sans fard de civisme et de vertue.

 

Il paraît qu’aujourd’hui, on préfère une formation dite " professionnelle " au civisme comme si les dites professions pouvaient se dispenser d'une dimension éthique et civique. On a eu ce que l’on a récolté dans notre système scolaire : des capitaines d’entreprise réputés " efficaces ", des financiers " dynamiques ", des commerciaux " agressifs ", des syndicats " musclés ", des partis politique " d’Opposition " qui pratiquent allègrement la démagogie pour mobiliser leurs troupes et maintenir le tonus, etc.

 

Comme qui dirait l’autre, c’est une culture qui fout le camps ! Mais ne nous couine-t-on pas aux oreilles que nous sommes désormais dans une société diversifiée où chacun vaque à ses tâches et vise ses petits intérêts personnels, que la vie publique ce sont des rapport de forces (eh oui tant pas aux naïfs !) : les sociologues appellent cela l’anomie et tire la sonnette d’alarme. Assurément, elle menace nos sociétés dites modernes.

 

Mettre à feu et à sang son parti, son Eglise ou son association, le traîner devant les tribunaux, se jeter lors d’un dépouillement de vote sur les premiers résultats connus avant que l’issue ne soit officialisée après vérification minutieuse des bulletins, manipuler commissions, AG et Congrès, poser des ultimatums aux autres, virer de position à angle droit au dernier moment, voilà effectivement des méthodes qui relèvent plus de la stratégie purement militaire que du compagnonnage au sein d’une même famille idéologique. Avec ces méthodes, on gagne à coup sûr … mais après ? Bonjour les dégâts !

 

Dans la même optique que cet article, lire l’analyse de Michel Benoît comparant fort judicieusement le PS et le Vatican ! " Socialistes français : la tentation du Vatican ? ", du lundi 24 novembre 08,  http://michelbenoit17.over-blog.com/article-25103861.html

 

 

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