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5 mars 2008 3 05 /03 /mars /2008 11:22
En décrétant que chaque communauté locale était une Eglise (locale), le protestantisme a-t-il ouvert la boîte de pandore ? Chacun y va de sa différence théologique (pour le protestantisme historique) ou de sa vision reçue bien sûr de Dieu (pour les charismatiques, les prophétiques et les pentecôtistes) pour fonder une nouvelle Eglise, " son " Eglise.

Certes " ekklesia " en grec veut bien dire que chaque assemblée locale, en tant que communauté qui se réunit régulièrement et est apte à prendre ses propres décisions, fasse " Eglise ". De là à ouvrir une nouvelle boutique avec une nouvelle enseigne, il y a un pas.


Que signifierait par exemple, pour des chrétiens unitariens, de lancer une " Eglise unitarienne de France " dès lors que l’Eglise réformée de France (ERF) les accepte dans ses rangs, y compris des pasteurs de sympathie ou de conviction unitarienne. Nous l’avons dit sans détour dans notre dernier bulletin de la Correspondance unitarienneQuelle unité pour les unitariens ? ", n° 76, février 2008 (mis en ligne sur notre site documentaire La Besace des unitariens ).


Une nouvelle Eglise suppose qu’il y ait suffisamment de points de désaccord théologique pour la justifier (Martin Luther lui-même voulait réformer l’Eglise et non point la quitter), qu’elle repose sur un nombre conséquent de fidèles, plusieurs lieux de culte, des élites suffisamment formées, qu’elle puisse tenir des synodes réguliers et publics, qu’elle jouisse d’une cohabitation au moins minimale, de type démocratique où l’on s’accepte par courtoisie entre autorités religieuses voisines vivant sur un même territoire, etc.


grenouille-petite--gros-boeuf.jpgla grenouille et le boeuf, fable de La Fontaine


Il y a bien d’autres façons de " faire Eglise " sans se lancer dans des ecclésioles, comme le feraient les grenouilles qui veulent devenir de la taille des bœufs : de simples communautés de base, un réseau de personnes de même conviction, une association loi 1901, une congrégation religieuse loi 1905, un centre culturel, une mission, etc.

Cette modestie institutionnelle, loin des vanités ecclésiastiques des gourous, éviterait à la fois le ridicule et les heurts liés au prosélytisme.


Pourquoi par exemple établir une nouvelle Eglise dans les pays où est déjà implantée, d’une façon historique et traditionnelle, une communauté chrétienne.


Si des missions catholiques peuvent être fort estimées pour leur aide culturelle et caritative, par contre l’affirmation d’une hiérarchie catholique en pays orthodoxes ou coptes est choquante. En France, les orthodoxes tiennent compte de cette situation et s’abstiennent de tout prosélytisme, leurs lieux de culte ne réunissant strictement que leurs fidèles immigrés et quelques nouveaux amis, sans plus. Cette présence est agréable et hautement appréciée. Elle participe à une interconnaissance, à un enrichissement mutuel.

Le prosélytisme religieux entre chrétiens, au nom de la liberté de pensée - qui, dans ce cas, a bon dos - est en contradiction flagrante avec l’œcuménisme. L’impérialisme catholique et les démarchages intempestifs des nouveaux mouvements protestants de la mouvance pentecôtiste dans des pays " sensibles ", comme le sont entre autres les pays musulmans, posent effectivement problème.


Cela vaut pour les chrétiens unitariens, dans notre propre camp.


L’ajout d’une nouvelle Eglise implique d’abord une insertion locale suffisante, de bonnes relations avec les autres chrétiens, une reconnaissance mutuelle avec les autres communautés. Ouvrir sa boutique en décrétant que les autres chrétiens sont dans l’erreur, à côté de la plaque ou encore sous l’emprise de Satan, n’est pas du tout une façon appropriée … Sachons être présents, faire entendre notre voix, prôner le pluralisme théologique, mais au moyen d’institutions appropriées.


Et puis, rappelons que l’évangélisation des autres passe par notre propre témoignage, par notre sagesse, et non par le militantisme exacerbé.


Et puis, la tradition unitarienne sait encourager chacun dans sa propre voie philosophique, spirituelle et religieuse, chrétienne ou non, dès lors qu’il l’a choisie, qu’il la réfléchit avec exigence et qu’il la vit avec bon sens et altruisme.


Il ne s’agit donc plus de se convertir mutuellement, mais de s’entraider mutuellement en respectant les croyances des autres dès lors qu’elles constituent des apports positifs au sein d’une démocratie.

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Published by Jean-Claude Barbier - dans l'oecuménisme
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5 mars 2008 3 05 /03 /mars /2008 09:43
La division des chrétiens est largement surfaite. Notre message précédent montre bien que les théologiens catholiques et protestants se sont, depuis plusieurs années déjà, mis d’accord en constatant que les différences existantes n’empêchent nullement l’inter communion et la reconnaissance mutuelle des baptêmes. Il en va de même avec les orthodoxes.


Les négociations théologiques ont déjà été faites, le dégel est réalisé, les exégètes et traducteurs de bible travaillent ensemble, les fidèles aspirent au dépassement des querelles anciennes (auxquelles ils n’y comprennent d’ailleurs rien), les autorités religieuses se rencontrent et se congratulent. Il ne s’agit donc plus d’un face à face qui s’éterniserait en pourparlers, en commissions, en compromis.


Alors de quoi s’agit-il ? que reste-t-il comme obstacle à franchir ?


Eh bien tout simplement l’entêtement d’une partie dominante de l’Eglise catholique romaine qui, nonobstant ses théologiens, crosse les prêtres qui osent co-célébrer des eucharisties / cènes avec des pasteurs (ce qui est parfaitement admis en privé avec accord de l’évêque local, mais condamné en public ! Ô hypocrisie du Droit Canon !), redit (bêtement) que les autres – à savoir les " séparées " - ne sont pas des Eglises mais seulement des communautés (car il y en n’a une seule Eglise ! la ECR * bien entendu) à qui il manque un je ne sais pas quoi d’excellence (ce serait le monopole de l’ERC !), maintient la fiction thomiste d’une transformation réelle / magique des espèces, etc.
 
* ECR Eglise catholique romaine, dite Eglise tout court par certains historiens ou journalistes qui oublient allègrement les autres Eglises. Rappelons qu'il existe des Eglises catholiques qui ne se réfèrent plus à Rome.


On est en plein délire … catholique qui n’engage, précisons le, qu’une partie de la hiérarchie bcbg. Il s’agit d’un combat d’arrière garde, tout à fait caractéristique des rigidités institutionnelles, des géants au pied d’argile qui ne savent pas s’adapter et se condamnent ainsi d’eux-mêmes, de l’existence d’élites réactionnaires dont les victoires ne peuvent être que temporaires et occasionnelles, à la Pyrrhus.

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Les Réformes du XVI° siècle européen ont constitué, pour le christianisme dans son ensemble (et pas seulement pour les protestants), un progrès remarquable par un retour direct aux Ecritures et leur meilleure connaissance, par des traductions de la Bible basées sur l’hébreux et le grec, par une réflexion sur le rôle de l’Eglise, celui des ministres, sur la signification spirituelle de la Cène, par l’accent mis sur la responsabilité pleine et entière des communautés de base, chacune participant à l’Eglise universelle, etc. Ces progrès furent partagés par les " humanistes " de ce siècle qu’ils soient restés catholiques (comme Erasme) ou qu’ils aient choisi l’une des voies protestantes.


Aujourd’hui, un grand nombre de catholiques, clercs et laïcs, rejoignent tout à fait cette avancée du christianisme : réforme ecclésiale du diocèse de Poitiers par Mgr Albert Rouet, réflexion des dominicains néerlandais sur le ministère et la présidence des assemblées eucharistiques, célébrations libres effectuées en France par la Fédération des réseaux des Parvis, etc.


Nous avons salué ici cette mobilisation de catholiques (à l’encontre d’une partie de leur hiérarchie), voir notre rubrique " catholiques libres en action ". Les chrétiens unitariens ont lancé un appel au travail en commun avec ceux-ci (au-delà d’une simple bonne cohabitation), bien que notre tradition soit d’origine " protestante " (voir notre article à la Une " Faut-il frayer avec les catholiques ? ", Correspondance unitarienne, n° 57, juillet 2006).


Jusqu’à quand certains cadres réac de l’ECR, dans la cour vaticane de Benoît XVI et avec celui-ci, continueront-ils à mener la danse envers et contre leur propre peuple ? 


A la grande honte des catholiques qui souhaiteraient assurément plus d’intelligence de la part des voix " officielles " qui les représentent, qui sont gênés lors des rencontres dites " œcuméniques ", à qui on fait croire qu’il y a encore des difficultés, des obstacles et que le Saint-Esprit a encore besoin de souffler très très fort ...

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Published by Jean-Claude Barbier - dans l'oecuménisme
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28 février 2008 4 28 /02 /février /2008 19:40
undefinedDes théologiens catholiques et protestants en France et en Allemagne, des centres œcuméniques de Strasbourg (d’obédience luthérienne), Tübingen (catholique) et de Bensheim (luthérienne et réformée), ont publié en 2003, onze thèses sur l’hospitalité eucharistique, fruit d’un long dialogue amical. Leurs travaux ont été publiés, dont une version française parue aux éditions catholiques Academic Press Fribourg sous le titre " Le partage eucharistique entre les Eglises est possible, thèses sur l’hospitalité eucharistique ".


Voici ces 11 thèses :

1 – Ce qu’il faut justifier ce n’est pas l’admission des chrétiens baptisés au partage de l’eucharistie, mais l’interdiction d’y participer.

2 – La communauté œcuménique vécue localement et l’absence de communion eucharistique se contredisent. Il en résulte un affaiblissement du témoignage confié aux Eglises et un préjudice manifeste pour leur crédibilité face aux défis de la société.

3 – Dans de nombreux cas exceptionnels la participation commune à la cène est déjà admise aujourd’hui pour des individus *
* ndlr : par exemple pour ceux qui sont engagés dans le dialogue œcuménique et pour des célébrations qui restent en cercle intime (accord donné par les évêques).

4 – le baptême est le portail d’accès à la communion ecclésiale, au corps du Christ qui se trouve reconstitué lors de chque célébration de la cène.

5 – C’est Jésus-Christ qui invite à la cène. Il est à la fois celui qui donne et celui qui se donne. C’est uniuqement en son nom et en vertu de la mission qu’il délivre que l’Eglise exprime cette invitation. Cette dernière n’est pas adressée indistinctement, mais doit être en conformité à la volonté du Christ.

6 – La communion eucharistique [ndlr : qui est universelle] a une portée plus vaste que la communion ecclésiale [ndlr : celle-ci étant locale].

7 – Comme communauté, l’Eglise vit en annonçant la parole, en célébrant le culte et en se mettant au service du monde. Ce sont ces engagements concrets ainsi qu’une interprétation fondamentale commune, et non pas la réalisation de formes déterminées qu’elle prend dans l’histoire, qui sont la base de la communion ecclésiale.


Les quatre thèses suivantes sont le prolongement de la thèse n° 7

8 – L’accord dans la foi : la variété des conceptions relatives au témoignages des Eglises et des interprétations officielles de la foi commune en Jésus-Christ comme salut apporté au monde ne sont pas nécessairement une cause de rupture entre ces Eglises.

9 – Une convergence dans l’interprétation de la cène : les dialogues œcuméniques ont abouti à un ample consensus dans les sujets traditionnellement controversés à propos de l’interprétation donnée à la cène. C’est pourquoi les différences persistant aujourd’hui ne sont pas un obstacle à une célébration commune.

10 – Une convergence dans la compréhension du ministère : en dépit d’oppositions encore subsistantes dans la question du ministère, un rapprochement a été réalisé aujourd’hui sur l’essentiel, qui permettrait l’hospitalité œcuménique.

11 – L’accord dans le service du monde : la diaconie, la communion et la cène se renforcent mutuellement.

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28 février 2008 4 28 /02 /février /2008 17:47

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Depuis de nombreuses années, les écologistes et les alternatifs ne cessent de tirer la sonnette d’alarme. Nous consommons manifestement de trop et, sans doute tout excités comme des poux par la publicité, nous voulons toujours ce qu’il y a de plus beau, de meilleur, de nouveau. Nous avons décollé, bien au-dessus des produits de base et de première nécessité. Certains se lovent dans le confort et le luxe, et s'exhibent au regard des nécessiteux - à commencer par la pub et la presse people qui donnent le ton de la demesure.


Les enquêtes montrent que la baguette classique est délaissée au profit des pains mignons (eh oui !) mais le même consommateur se plaint la bouche pleine que c’est devenu plus cher. Les produits de base sont considérés comme de qualité insuffisante et délaissés au profit de produits plus sophistiqués, du moins mieux présentés.


On demande toujours plus à l’agroalimentaire en terme de précaution (emballage, date de validité garantie, durée de conservation, traçabilité, prêt à cuire, etc.) ; on souhaite des légumes et des poissons de contre saison, des produits exotiques. 


Il demande toujours plus de revenus tout en consommant toujours plus.  C'est une véritable course en avant. Mais que vaut l’augmentation des salaires s'il y a inflation, si la spéculation immobilière va bon train et s’il faut aller travailler de plus en plus loin, si les grosses envies augmentent, si les extras se multiplient, si on ne refuse rien à ses chers gamins, surtout pas les jouets et les marques célèbres  ?


Il faudra bien que le consommateur européen envisage, pour le maintien de son niveau de vie, une limitation drastique de ses désirs et de son confort et un changement d'habitudes, de mode de vie.


Le consommateur en arrive à être non seulement gavé (çà c’est pour les plus aisés qui peuvent se le permettre, mais aussi pour beaucoup d’autres qui préfèrent s’endetter afin d’avoir tout immédiatement), mais surtout bourré de contradictions. 


On voudrait que les prix n’augmentent pas mais quid alors du niveau de vie des producteurs ? qui sont aussi des consommateurs ... On voudrait des produits du monde entier mais quid de nos agriculteurs, pêcheurs, entrepreneurs ?

 

C’est là qu’il y a une véritable implosion d’un système basé sur toujours plus de consommation individuelle, et qui est vite rattrapé par la concurrence internationale.


Et si on retournait à nos marchés locaux, à une économie territorialisée où l’on a pas tout mais dont les produits sont ceux d’un terroir non surchauffé, au rythme des saisons, où les produits sont sains, sans cellophane. Un commerce équitable non seulement pour les produits du Tiers-monde, mais aussi pour nos paysans qui sont entrain de disparaître à vue d'oeil.


Et puis si l’on veut qu’il y ait augmentation de la consommation pour stimuler la production, alors aidons les plus pauvres (de notre pays et du monde entier) à accéder eux aussi à un minimum de consommation moderne.


Bien des évidences économiques sont entrain de sombrer comme le Titanic : l’augmentation de la consommation comme stimulant à la croissance, la régulation des prix par la simple concurrence, l’économie mondiale au profit de tous, l’Etat providence qui doit tout faire, etc.


Tout système a ses avantages, mais aussi ses limites, ses perversités, ses emballements, ses dysfonctionnements, ses manipulateurs, ses agents véreux, ses voyous, ses victimes, en économie comme ailleurs. A nous de les contrôler.
 


Il est par exemple surprenant que la publicité soit entrée tout doucettement dans nos moeurs, que plus personne ne la critique, alors qu'elle a des effets pervers manifestes : elle s'ajoute au coût des produits (eh oui !), pousse à la consommation ostentatoire et superflue, crée des envies et des manques psychologiques, joue en faveur des plus grosses entreprises, des grandes marques, coupe notre attention sur le petit écran, nous infantilise avec ses gamineries et ses exhibitions sexuelles, nous gave de répétition et d'omniprésence, et qui plus est ne fournit aucune information objective. Plus nocive, je meurs !


Certes les unitariens n’ont pas de compétence spéciale en matière économique, mais ils savent qu’il faut se méfier des vérités absolues et des évidences admises qui ressemblent fort aux dogmes et aux enfermements idéologiques d’autrefois.




Le consommateur moderne n’est guère économe. Les choses (un peu) usagés ne se réparent plus, mais elles se jettent et se remplacent à un rythme qui aurait donné le vertige à nos parents. L’eau du robinet coule à flot à chaque lavement des mains. L’électricité fait désormais partie du décor permanent.
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Published by Jean-Claude Barbier - dans Europe
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28 février 2008 4 28 /02 /février /2008 16:35
En fait, certains mouvements religieux, petits ou gros, ont manifestement de la difficulté à accepter l’esprit et le mode de fonctionnement d’une démocratie moderne et laïque, d’où des heurts à répétition avec la société civile.


Il y a d’abord les obscurantismes qui, au nom d’une Révélation soit disante divine, vont à l’encontre des connaissances scientifiques comme celles relatives à l’évolution des espèces. Quid alors de l’enseignement, lorsque des étudiants s’insurgent au nom de leur foi contre les connaissances qui leur sont données ? Des professeurs d’université en sont bouche bée avec en prime une découverte du christianisme évangélique ou de l’islam. Contre toute attente, l’anti-darwinisme du XIXème siècle connaît un second souffle.


Il y a aussi l’ultra-conservatisme moral qui, au nom de valeurs et de principes érigés en idoles absolues, refuse de prendre en considération la souffrance humaine, les drames de nos vies : les avortements, les méthodes contraceptives, les divorces, les couples homosexuels, les euthanasies. Face au fléau du sida, la condamnation de l’usage du condom EST CRIMINELLE.


Il y a aussi les communautarismes religieux nés de l’idée que notre brave société serait en la proie de Satan en personne. Eh oui ! tous nos maux s’expliquent ! Les fêtes " païennes " sont vilipendées, à commencer par la Noël des chrétiens où celle du Père Noël, du l’An neuf, etc. L’abstention vis-à-vis de tout ce qui symbolise l’Etat (uniforme, armée, drapeau), le rejet de ce que font les autres religions (tous des antéchrist ou encore des " impurs !) et la grosse tentation de vivre en circuit fermé, entre élus, entre saints, entre purs. D’avoir ses propres écoles, ses entreprises, ses boutiques, ses loisirs, ses piscines, son carré au cimetière, etc. Quant au paradis, ce n’est pas la peine d’y réserver sa place puisque seuls les bons y seront – ce qui simplifie bien les choses. Merci à Dieu Tout puissant pour son Jugement du dernier jour et de faire le tri.


Egalement criminelle cette idée que c’est un manque de foi que de s’adresser à la médecine humaine puisque Dieu guérit, et en définitive lui seul. Ou bien encore que le sang étant le siège de la vie et que celle-ci appartient à Dieu seul, puisqu’Il est notre Créateur, les transfusions sanguines ne peuvent que lui déplaire. Dans le Premier Testament, avec le même raisonnement, il y a aussi les recensements qui déplaisent à Dieu. David en aurait, paraît-il, fait les frais !


Et puis, la religion n’est pas seulement un service aux autres rendus, un accompagnement spirituel et religieux. Elle est pour certains entrepreneurs religieux, leur famille et leur entourage, une emprise sur les autres, une méthode pour capter les ressources des fidèles, les faire travailler gratuitement soi disant pour la communauté, s’enrichir à leurs dépends par des cotisations élevées, la perception d’une dîme (vous avez bien entendu, le dixième de vos ressources !), faciliter l’accès sexuel aux jeunes femmes (pour leur communiquer un surplus de Vie spirituelle), aux jeunes filles et aux jeunes garçons pour les pédophiles, jouir d'une vie luxueuse car rien n’est trop beau pour son gourou bien aîné, etc. 


Les manipulations mentales, les perversités, l’isolement social (à commencer par sa propre famille), l’opacité des finances et des prises de décision, etc., sont monnaie courante dans nombre de mouvements, au nez et à la barbe des braves fidèles. Certains en ressortiront meurtris après y avoir cru de longues années durant.


Quand ce n’est pas carrément le recrutement des jeunes pommés pour des causes politico-religieuses comme dans le cas des mouvements satanistes, néo-nazi anti-juifs et des djihadistes.


Alors faut-il attendre que les sectes sévissent pour aller voir ce qui s’y passe ?


La logique judiciaire, évoquée dans le message précédant, veut qu’on attende les drames. La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES) a été ainsi sagement consignée dans cette position. Pompiers pour éteindre l’incendie, médecins après la mort, disent nos dictons populaires. Pour elle, le principe de sécurité ne s’applique pas puisqu’il ne s’agit pas d’OGM mais de la liberté de pensée !


Qu’on se le dise, la religion pour les unitariens est un service aux autres, un accompagnement spirituel respectueux de leur liberté de penser et de leur propre itinéraire, et non une emprise sur les autres, leur manipulation, leur endoctrinement, leur enregistrement, leur mise au pas cadencé, la pensée unique.

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Published by Jean-Claude Barbier - dans les dérives sectaires
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28 février 2008 4 28 /02 /février /2008 16:30
Les mots seraient-ils comme de l’eau qui sert à noyer le poisson, à diluer les réalités dans un tout fluide ? où tout est relatif ? au même niveau ? finalement sans différence, sans relief ?


Certains font l’amalgame entre minorités religieuses et sectes. Une secte serait tout bonnement un mouvement religieux en émergence, encore mal connu, rejeté simplement par malentendu et ignorance, certainement par erreur, parce qu’il serait encore exotique, nouveau sur le marché des spiritualités et des religions, bref un Petit Poucet. Or, nous (les unitariens) qui le sommes, nous pouvons témoigner ici que nous n’avons jamais reçu ni le soupçon ni l’accusation d’être une secte ! Il en est de même des Quakers, des Salutistes, des Baha’ïs, etc.


On nous dit que la secte serait radicale par rapport aux Eglises ronronnantes. Les unitariens sont aussi des radicaux : nous revendiquons haut et fort notre anti-trinitarisme, notre rejet des dogmes religieux et des soit disantes vérités absolues. Les Quakers, quant à eux, ont, en leur temps, défrayés la chronique en refusant d’enlever leur couvre-chef devant les autorités humaines et dans les lieux de culte ; avec les anabaptistes, ils ont été les premiers objecteurs de conscience pacifistes.


Les sociologues nous expliquent doctement que "la secte", au départ radicale et séparatiste, teigneuse, arrondit progressivement ses angles, ses aspérités et, en définitive, négocie son acceptation au sein de la société civile qu’elle vilipendait pourtant à ses débuts (thèse du sociologue allemand Max Weber, 1864-1920 ). Beau scénario. Mais nous les unitariens nous n’avons rien du tout arrondi ! 


En fait le modèle, pour cette école sociologique, est celui du christianisme devenu constantinien – mais ce n’est nullement un arrondissement d’angle qu’il y eut mais plutôt un virage à 180 degrés où les chrétiens se sont retrouvés dépositaires du pouvoir séculier, chassant les " païens " des hautes sphères administratives et politiques, vidant les lieux de culte de ces derniers de leur mobilier et de leurs fidèles, monopolisant à leur profit le pouvoir décisionnel et les honneurs. 


Et puis, comment expliquer, avec cette théorie, que des mouvements religieux se radicalisent encore plus ? Par exemple en ce moment certains fondamentalismes évangéliques et islamiques.


Alors, la liste des mouvements religieux estimées comme " sectes " par les Renseignements généraux et consignés en 1995 dans un rapport parlementaire auraient-ils été identifiés par simple hasard ? épinglés par erreur ? par censure injustifiée ? par entorse à la sacro-sainte la liberté de penser ?

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Published by Jean-Claude Barbier - dans les dérives sectaires
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28 février 2008 4 28 /02 /février /2008 10:24

Comme tout système qui se veut parfaitement logique (que ce soit sur les plans économique, politique ou religieux), le système judiciaire se mord bien souvent la queue à force de se vouloir cohérent …. à partir de ses propres axiomes, de ses dogmes, de ses valeurs portées au zénith.


La peine de mort faisait tâche, et puis c’est vrai qu’on est jamais à l’abri d’une erreur judiciaire. L’emprisonnement à perpétuité fait également tâche car ce n’est pas humain que d’ôter tout espoir à une personne (çà lui porte sur le moral et elle ne supporte plus le milieu carcéral ; un zest d’espoir aide à l’acceptation temporaire). Même si la personne ne s’est pas du tout repenti de son ou ses crimes, elle a le droit de ressortir après une peine réduite de moitié pour bonne conduite ou pour des raisons de santé, ou tout simplement parce que des experts psychiatriques ont estimé, en toute subjectivité, qu’elle n’avait pas tout à fait sa tête au moment des faits (même si depuis elle a retrouvé sa tête lors du jugement !). 


La sortie se fait parfois la tête haute et le poing levé (eh oui, çà s’est vu !). Parfois pour de nouvelles aventures.


Maintenant on nous dit, vertueusement, que les criminels non repentis ou encore que les déviants sexuels qui refusent de se reconnaître malades – et donc de suivre un traitement régulier - peuvent néanmoins sortir.


En fait, la Justice en reste encore sur une notion de punition liée à un acte non seulement commis, mais visible. Pas vu, pas pris la main dans le sac, on peut continuer ses affaires en toute impunité et faire la nique à la société. Aux policiers à courir de jour comme de nuit pour trouver des indices !


Les milieux (parfaitement identifiés) qui diffusent la haine, le racisme, qui prônent les guerres saintes, qui enrôlent les jeunes en conséquence, qui diffusent la drogue, qui font des affaires comme on dit, ne sont pas sanctionnés tant qu’ils n’ont pas commis d’infractions dûment commises, visualisées, prouvées avec des documents " irréfutables " … et attention aux vices de forme car ils valent libération sur le champ.


Il faut savoir, surtout, que ces milieux sont bardés d’avocats d’affaires car en général suffisamment riches pour se payer leurs services, et organisés en groupes de pression suffisamment efficaces pour avoir de bonnes protections.


La notion de milieux dangereux, d’organisation criminelle, ou d’individus pervers n’existe pas aux yeux de la Justice moderne, tant qu’il n’y a pas passage aux actes ; ou plus précisément tant que les actes (pourtant bien réels) restent au-dessous de la ligne de flottaison. Il paraît que ce négationnisme bien hypocrite, du style bonjour les autruches, est un progrès éthique.


La morale " ancienne ", dont la judéo-chrétienne mais aussi celle de la plupart des milieux ruraux traditionnels, ont toujours mis en avant le repentir de l’individu, lequel bénéficie alors d’un processus de réintégration sociale.


C’était une autre logique ; peut-être un autre temps, à moins que l’opinion publique ne commence à trouver la pilule plutôt amère et se révolte. Il paraît que la majorité de nos compatriotes commencent à craindre effectivement pour la vie de leurs gamins lorsque les coupables sortent des prisons sans repentir manifeste et sans précautions prises ...  avec une dangerosité certaine.


L’histoire de l’unitarisme, depuis le XVI° siècle, a été marquée par une remise en cause, courageuse et exigeante, des dogmes du christianisme. Certains, feraient bien aussi de s’interroger sur leurs fondements épistémologiques. Parfois, il y a des principes qui sont érigés comme des absolus, comme des idoles pour reprendre le vocabulaire biblique. Un peu moins de certitudes et un peu plus de bon sens siéraient à certains corporatismes professionnels, dont le judiciaire.


Beaucoup de gens qui sont passés entre les mains de la Justice (comme victimes ou comme coupables) peuvent dire combien il y a trop de formel (des piles de dossiers, des séances sans cesse reportées, des méandres à ne plus en finir !) et, trop souvent, au détriment de la vérité des faits et des personnes concernées ...  Beaucoup de gens en sortent broyés, par un système qui a perdu de son humanité tout en se gargarisant de grands principes humains.


La tradition chrétienne, entre autres, présente une alternative : la dynamique du repentir et du pardon. En effet, sans le repentir, on ne voit pas très bien, on ne comprend pas comment un coupable peut se réinsérer socialement et comment on peut l’y aider.


Selon un sondage Ifop du 25 février 08 pour Le Figaro, 80% des Français approuvent le principe de la rétention de sûreté. Pour 81% des personnes interrogées, cette mesure serait de nature à diminuer le taux de récidive et 64% estiment qu'il faut appliquer dès maintenant la rétention de sûreté.


Comme on dit, le texte présent n’engage que moi-même et je le signe.

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Published by Jean-Claude Barbier
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26 février 2008 2 26 /02 /février /2008 15:37
Le Groupe d’étude des mouvements de pensée en vue de la protection de l’individu (GEMPPI) a été fondé en 1998. Association loi 1901, Il bénéficie du soutien du Conseil Général des Bouches du Rhône et de la Ville de Marseille. Il est associé au Centre de documentation et d’action contre les manipulations mentales (CCMM), 3 rue Lespagnol 75020 Paris. Il est aussi membre de la Fédération européenne des centres de recherche et d’information sur le sectarisme (FECRIS) 


Son fondateur et animateur est Didier Pachoud.renard-et-corbeau-copie-1.jpg


Adresse
 : GEMPPI BP 30095, 13192 Marseille cedex 20, 
tel/fax : 04 91 08 72 22 et 06 76 01 94 95
gemppi@wanadoo.fr, 
http://www.ifrance.com/sectes-info-gemppi/


Une permanence d'accueil est organisée à la Cité des associations de Marseille, 93, La Canebière 13001 Marseille, 
tous les mardis de 18 à 19h (sauf les jours fériés) avec certains jours un psy ou un avocat. 
Et sur rendez-vous. 

E
n juillet- août : uniquement sur rendez-vous 


pour information et aide aux victimes des dérives sectaires


Eh oui ! tous les acteurs religieux ou parlant de spiritualité ne sont pas forcément des anges !

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Published by chrétiens unitariens - dans les dérives sectaires
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26 février 2008 2 26 /02 /février /2008 14:52
Un colloque international, interculturel et interconvictionnel sur le thème " Cohésion Sociale dans une Europe multiculturelle : Rôle et impact des religions et des courants de pensée " - dit Colloque 3 i - s’est tenu les 3 et 4 octobre derniers à Strasbourg, sous les auspices du Conseil de l’Europe. 

Nous en avions parlé dans un message du samedi 16 juin 2007, intitulé " vivre ensemble en Europe au sein de sociétés convictionnelles " (dans notre rubrique " vive l’interconvictionnalité " ). 

http://actua.unitariennes.over-blog.com/article-10903605.html

" La cohésion sociale est la capacité d’une société à assurer le bien-être de tous ses membres, à minimiser les disparités et à éviter la polarisation. Une société cohésive est une communauté solidaire composée d’individus libres poursuivant des buts communs par des voies démocratiques ". (le Comité des ministres du Conseil de l’Europe le 31 mars 2004)

Interconvictionnel est un vocable créé par le G3I pour signifier que sont concerné-e-s dans ce colloque non seulement des croyant-e-s des diverses religions, mais aussi des personnes humanistes, agnostiques ou athées ayant d’autres convictions que des convictions religieuses. 

Nous sommes heureux de vous annoncer aujourd’hui 
la publication électronique des actes de ce colloque. 
A demander à François Becker
f.becker@noos.fr 
ou au contact de ce site :
correspondance.unitarienne@wanadoo.fr


La version papier comprendra la postface de Jean-Marc Ferry


Ci-dessous, une présentation de ce colloque par F. Becker *, parue dans la Lettre n° 1 de la Fédération des réseaux des Parvis.

* François Becker, vice président de Droits et libertés dans les Eglises (DLE), représente la Fédération réseaux des Parvis au Réseau Européen Eglises et Libertés dont il est le secrétaire général et le représentant auprès du Conseil de l’Europe. Il remercie Jean Riedinger et Didier Vanhoutte pour leur relecture attentive du manuscrit et leurs commentaires.


Europe--drapeaux-des-pays-de-l-Europe.jpgPourquoi le message d’amour et de fraternité que professent toutes les religions, conduit-il certains croyants et certaines institutions de ces religions à se comporter contrairement à ce message ? Pourquoi ce message ne conduit-il pas toujours les croyants et leurs institutions à développer la cohésion sociale, comme le montre malheureusement la réalité actuelle? Pourquoi des hommes et des femmes se laissent abuser par ceux et celles qui instrumentalisent la religion ? Devant l’extension de l’Europe, l’accroissement de sa diversité culturelle et religieuse, la diminution du nombre de croyants, comment contribuer à la construction d’une Europe cohésive dans le respect de la démocratie et des droits humains ? Quelles valeurs partager, quelles attitudes adopter?


Telles sont quelques unes des questions auxquelles a cherché à répondre ce colloque que le G3I *, groupe de travail interculturel, international et interconvictionnel, et la Conférence des OINGdu Conseil de l’Europe ont organisé pour remédier au fait que les instances européennes ne consultent en général que les hiérarchies religieuses, ce qui les conduit à négliger les différences parfois importantes de pensée, de culture et d’appréhension des réalités sociales qui existent entre les hiérarchies et la base, et à négliger l’apport des courants de pensée qui ne s’appuient pas sur des convictions religieuses.

* Le G3I, rassemble des associations de culture humaniste rassemblées au sein de la Fédération Humaniste Européenne, une association de culture musulmane, le Manifeste des Libertés, une association de culture juive, le Cercle Gaston Crémieux, la ligue internationale de l’Enseignement, de l’éducation et de la culture et des associations de conviction chrétiennes, rassemblées au sein de Parvis et du Réseau Européen Eglises et Libertés.


Ce colloque a rassemblé à Strasbourg entre 150 et 200 personnes, d’abord à l’Université Marc Bloch le 3 octobre 2007 en soirée où ils ont été accueillis par le Pr. B. Michon, président de cette université, ensuite au Conseil de l’Europe le 4 octobre toute la journée où ils ont été accueilli par Madame Farrell, chef de la division de la Cohésion Sociale au Conseil de l’Europe et par Madame Oeschger, présidente de la Conférence des OING *.

* La Conférence des ONG du Conseil de l’Europe regroupe environ 400 associations dotées su statut participatif accordé par le Conseil de l’Europe.


Il est impossible de rendre compte en quelques mots de la richesse de ce colloque très dense, dont les actes sont en cours de publication. En mettant en avant des citoyens et citoyennes d’Europe, athées, agnostiques ou croyant-e-s et non les institutions, et en permettant un dialogue entre des personnes de convictions différentes, plutôt qu’entre communautés, ce colloque a permis de faire émerger des expériences de cohésion sociale et de montrer, exemples et témoignages à l’appui, que des associations, des Organisations Non Gouvernementales, marquées par la diversité de leurs membres, peuvent apporter une réflexion et une contribution originale qu’il est indispensable de prendre en compte dans la mise en place d’une société cohésive.


Dès le départ, le colloque a noté que la pluralité grandissante de l’Europe, qu’elle soit culturelle, religieuse ou convictionnelle et son contexte démocratique impliquent que, si les religions et les courants de pensée peuvent et doivent s’exprimer, aucun d’eux ne peut prétendre s’imposer aux autres, ni ne doit accaparer et contrôler les rouages de l’Etat, et inversement. " La loi protège la foi aussi longtemps que la foi ne veut pas faire la loi ".


L’histoire a montré, en effet, que si le lien entre religion (ou courant de pensée) et état a été créateur de cohésion pour les pratiquants de la religion d’état ou du courant de pensée étatique, ce lien a conduit à l’exclusion des autres, ce qui le disqualifie pour établir la cohésion d’une société multiculturelle et multiconvictionnelle.


Le colloque a insisté sur le fait que cette cohésion ne peut s’établir que dans le cadre de ce que le Conseil de l’Europe appelle la " laïcité européenne ", à savoir : séparation du profane et du sacré, séparation du spirituel et du séculier, liberté de conscience, de pensée et de religion, mêmes droits et mêmes devoirs pour les citoyens et citoyennes, quelque soit leur religion ou leur affiliation philosophique, ainsi que l’autonomie relative entre les Etats et les communautés religieuses dans leurs relations mutuelles. Le Conseil de l’Europe ajoute que les 
valeurs fondamentales sur lesquelles l’Europe est fondée : droits de l’Homme, démocratie et état de droit, ne sont pas négociables dans les rapports avec les religions et les courants de pensée.


Comme l’a souligné Philippe Lazar dans la conclusion du colloque, une des clés de la cohésion sociale est la dissociation de deux espaces. L’espace concret des personnes, chacune aussi importante et aussi digne de respect que l’autre, chacune unique par son histoire, et l’espace abstrait des références et des représentations, qu’il s’agisse des cultures, des religions, des Etats, des symboles. L’espace des personnes est privé, il est inviolable. L’autre espace, l’espace social, appartient à tous et toutes ; aucune personne, aucune religion ou courant de pensée, aucune culture ne peuvent se l’approprier ni le réduire à sa propre vision sans risquer le communautarisme, l’exclusion ou le totalitarisme. Ainsi, il n’y pas d’opposition entre individu et société.


C’est ainsi que pourront être évitées les perversions des rapports de chaque personne avec ce que B. Quelquejeu a appelé l’ "Ultime " : perversion de sa quête identitaire (toutes les idéologies et les attitudes fondées sur la négation de la différence : racismes, antisémitismes, 
exaltation de la race, génocides, nationalismes agressifs, impérialismes exacerbés, communautarismes extrêmes) et celles de sa quête de sens (pathologie de la certitude : fanatismes dogmatiques, sectarismes orgueilleux, messianismes délirants et toutes les espèces de revendication du monopole d’accès à la vérité), perversions qui conduisent à la violence (répression des déviants ou des hérétiques sous toutes ses formes, Inquisition allant jusqu’aux exécutions capitales, goulags, autodafés, ordalies, fatwas appelant à l’assassinat, etc. ) comme des témoignages poignants l’ont montré. 


Cela ne veut pas dire qu’une société cohésive composée de personnes libres, de culture différentes, pouvant avoir des intérêts ou des conceptions divergents n’est pas une société sans tension ni conflits : c’est une société dans la quelle ces tensions et ces conflits sont gérés de façon démocratique et non violente dans le respect des personnes, de leur dignité et dans le respect de valeurs fondamentales acceptées par tous, d’où l’impérieuse nécessité de les enseigner et de les transmettre. Le colloque en a montré de nombreux exemples.

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Published by François Becker - dans vive l'inter-convictionnel !
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25 février 2008 1 25 /02 /février /2008 13:53

T-moins-de-J-hovah.jpgCroix--croissant-et-cristal-rouges.jpeg


Biblicistes convaincus, les témoins de Jéhovah sont très attachés à la prescription comme quoi le sang appartient à Dieu et à Dieu seul. Conscients que cela constitue un hiatus très sérieux dans leur rapport avec la médecine moderne, laquelle préconise la transfusion sanguine dans de nombreux cas, les T de J encouragent les recherches scientifiques de haut niveau afin de trouver des substituts au sang.

Dans le cas ci-dessous, c’est l’utilisation de l’EPO qui s’est avérée opportune et a pu éviter une transfusion sanguine.

Nous ne pouvons qu’espérer que les archaïsmes religieux puissent être ainsi contournés à défaut d’être dépassés, voire techniquement solutionnés, chaque fois que cela est possible. Le chemin est parfois bien long, mais souhaitable !

L’information suivante nous a été envoyée par Fabien Girard le 22 février.


Un fait médical important, survenu à l’hôpital de Purpan à Toulouse, a été rapporté lors d'une assemblée à Marseille par M. Baudril, responsable du Comité de Liaison Hospitalier (CLH), un service mis en place par le siège des Témoins de Jéhovah de France.


Margo, bébé prématuré, née à 30 semaines de gestation, et ne pesant qu'1kg 200, avec un taux d'hémoglobine trop bas ; les médecins préconisent alors la transfusion du sang. Les parents, Témoins de Jéhovah, font appel au CLH, le processus est mis en route, fax envoyé et l'on propose aux médecins s'ils accepteraient d'administrer l'Erythropoïétine (EPO, hormone de synthèse qui stimule la production de globules rouges) pendant 3 jours, les médecins acceptent, le siège des Témoins de Jéhovah fournit le produit. Après trois jours, le taux d'hémoglobine s'est stabilisé, on propose un 4éme jour d'administration et, là, le taux remonte. Le traitement est approuvé et mis en route, Margo, qu'on appelle maintenant "La battante" est sauvée. 


C'est une première, les médecins veulent l'essayer sur d'autres prématurés ; ils obtiennent les même résultats ; le traitement est alors établi sur tous les prématurés du service de Pédiatrie de l'hôpital de Purpan à Toulouse. Suite à cet événement cette thérapie à été établie dans tous les services des prématurés de tous les Hôpitaux de France.

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Published by Fabien Girard - dans les dérives sectaires
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