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9 janvier 2008 3 09 /01 /janvier /2008 09:31
Un artisanat traditionnel de sculpture s’est développé en rapport avec le flux touristique dont bénéficie le Kénya grâche à sa richesse en faune. Les artisans mettent à profit le magnifique calcaire du pays kisii, facile à travailler, coloré, et se lissant comme du marbre pour en faire des silhouettes d'animaux, de personnes ou des objets utilitaires.  

Cette pierre calcaire est généralement blanche, mais peut prendre des teintes rosées, voir rouge, ou encore ocre et grise. 

La production d’objets en pierre de Kisii permet a un nombre important de personnes de vivre. En effet, tout est réalisé à la main de l’extraction des pierres (sur 20 km2) à la finition. 

L'Ong Au-delà des Frontières, qui importe ses objets en France, soutient trois groupes différents pour leur approche humaniste (soutien de séropositifs, intégration de personnes d’origines différentes y compris des handicapés, etc.) et pour l’excellente qualité de leur travail. En achetant les produits en pierre de kisii vous permettez à de nombreux artisans de vivre dignement de leur travail, de payer les frais de scolarité des enfants et de bénéficier d’ une couverture médicale. Des Ong anglo-saxonnes font également de même, comme par exemple Ten Thousand Villages (Dix mille villages).

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On peut ainsi se procurer une vache blanche et noire en pierre de Kisii (10 cm de longueur, au prix de 8 euros), d’autres animaux comme des chats également en blanc et noir, des objets utilitaires comme des pot à crayons en pierre noire (dimensions: Ø=6 x H=12 cm, 12,70 euros), des coupes, des plats carrés, ou bien des assiettes (par exemple une coupe de 15 cm de diamètre à 13,15 euros), des boîtes (dimensions: Ø=6 x H=12 cm, 24,50 euros), de jolies vases (20 cm de haut, 21,60 euros), etc.


undefinedEt si vous aimez les gammes allant de l'orange au rouge sombre : des hippo rouges (10 cm de longueur, 14,80 euros) – ou encore des hippo transformés en bougeoirs -, des cœurs (7,80 euros pour un cœur de 5cm, 13,80 euros pour un cœur XL 7cm x 6,5), etc.


Les prix sont donnés avec envoi compris.


Au-delà des frontières
, 106 Rue Amelot 75011 Paris, Correspondance : 1 rue Oberkampf - 75011 Paris -
audeladesfrontieres@hotmail.com


Les mêmes produits sont également mis en vente sur d’autres sites du commerce équitable : ShopmaniaMarché équitableEco sapiens, Inakis, Comptoir éthique, etc. Au niveau du Kenya, voir aussi " Dix mille villages " (mais les prix sont donnés en dollars) qui présente des sculptures avec des personnages : couples mère-enfant et père-enfant, des personnes en train de danser en groupe, etc.

Les unitariens ont une Eglise en pays kisii (à Kisii-Etono).
Pour contact : révérend Patrick Magara

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Published by Jean-Claude Barbier - dans U au Kenya
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8 janvier 2008 2 08 /01 /janvier /2008 16:27
Le pays kisii, au Kenya, où existe une Eglise unitarienne qui a été victime elle aussi de la flambée des récentes violences post-électorales au Kenya, s’est organisé sur les hautes terres dans l’ouest du pays, à l’est du lac Victoria. Les Kisii sont des agriculteurs pratiquant une culture intensive avec habitat dispersé dans un système de bocage . C’est dire que les densités y sont particulièrement élevées.
 

le-pays-kisii--les-hautes-terres-de-l-Ouest-du-Kenya.jpg

 


La principale ville, Kisii, du même nom que l’ethnie, avait 25 634 citadins au recensement de 1999, auxquels s’ajoutaient 33 614 ruraux habitant dans le périmètre de la " Municipality ". L’ensemble de ce périmètre est estimé aujourd’hui à 70 368 habitants, le taux de croissance annuel de la ville étant de 2,72%.


Mais la ville, qui est en fait un gros bourg rural, enfle considérablement les jours de marché (tous les lundi et jeudi) jusqu’à tripler ses effectifs. Les autres centres semi-urbains prennent aussi toute leur importance le jour de leur marché, lequel est fixé de façon à ce qu’il y ait complémentarité avec les autres marchés voisins.

march------Kisii-au-Kenya.jpg

   

Les Kisii du Kenya étaient estimés à 1 582 000 en 1994 (I. Larsen BTL) et se trouvaient principalement dans le district de Kisii, mais aussi émigrés en dehors de leur zone d’implantation dans la province de Nyanza (dont fait partie le district de Kisii), le sud du golfe de Kavirondo et la région Sud-Ouest. Ils parlent le gusii (orthographié aussi guzii, ekegusii, ou appelé le kisii, le kosova). Il s’agit d’une langue bantou qu’on retrouve aussi en Afrique de l’Ouest (en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone). Elle appartient à la famille Niger-Congo, au sous-groupe Benue-Congo et à la branche Bantu.


Ils sont entourés de populations non-bantou : les Luo (des populations nilotiques dont le territoire donne sur les rives du lac Victoria) et les éleveurs massai en frontière avec la Tanzanie (dont le groupe Kipsigis qui sont les voisins immédiats à l’est des Kisii). Les relations de voisinages tournent parfois / souvent au conflit, notamment entre éleveurs et agriculteurs, le bétail pouvant causer des dégâts. Les élections (où les Kisii sont solidaires avec les autres groupes bantu dont les Kikuyu) enveniment ces relations déjà conflictuelles .


Selon l’agence chinoise Xinhua des affrontements entre les Kisiis et les Kalenjins (dont font partie les Massaï Kipsigis), qui se déroulaient dans l'ouest du Kenya depuis novembre 1991, se sont intensifiés en mars 1992 dans la ville de Kisii, où ils ont causé la mort de cinq personnes. Le groupe d'opposition Forum for the Restoration of Democracy a affirmé qu'une armée " privée et personnelle " appelée Kalenjin Liberation Front, loyale au président, était responsable des affrontements qui ont forcé des milliers d'habitants de Molo appartenant aux tribus kikuyu, kisii et luo de quitter leur maison (Daily Telegraph 1er mai 1992).


Un article publié par l'Associated Press (AP) le 21 octobre 1997 mentionnait que cinq personnes ont été assassinées et que des maisons ont été incendiées à la suite de conflits fonciers entre des Kisiis et des Luos, dans l'ouest du Kenya. C’était à la veille d’élections. A la même période, plusieurs articles ont fait état d'actes de violence commis contre des membres de la tribu kisii par des membres de la tribu kalenjin, dont font partie les Kipsigis (AI 10 juin 1998), qui est associée au parti au pouvoir, soit l'Union nationale africaine du Kenya (Kenya African National Union - KANU) (Daily Telegraph 1er mai 1992), au cours des premiers mois de 1992 (ibid.; BBC 20 mars 1992; Xinhua 18 mars 1992).


Informations recueillies par la Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada (dont le siège est à Ottawa).

La démocratie "occidentale", avec son mode électoral au suffrage universel et à chambre unique (une assemblée nationale seule souveraine), est-elle capable de gérer une mosaïque ethnique ? Les Kisii, après bien d'autres populations d'Afrique noire en font les frais. Combien de morts pour un principe dit démocratique mais appliqué bêtement et assurément inadapté aux réalités du terrain.

La tradition unitarienne a toujours dénoncé les dogmes abstraits ; elle a aujourd'hui à dénoncer aussi les principes également abstraits quii mènent sur le terrain au désastre. La démocratie OUI bien sûr, mais à la condition qu'elle soit intelligente dans ses applications et innovante en fonction des réalités qu'elle se doit de réguler.


Pour aider l'Eglise unitarienne en pays kisii ; contact : révérend Patrick Magara  

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Published by Jean-Claude Barbier - dans U au Kenya
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6 janvier 2008 7 06 /01 /janvier /2008 04:14
Pour le blogueur que nous sommes, en conséquence (bien) modeste éditeur, comment rendre compte en toute objectivité d’un important discours comme celui du président Nicolas Sarkozy prononcé sous les lustres du palais du Latran, le jeudi 20 décembre 2007, après sa visite au pape Benoît XVI ?


Il y a d’abord les contre voix des opposants français qui dénigrent par principe tout ce que fait leur président, étant entendu que nous sommes dans un système de rivalité qu’ils font perdurer entre deux élections afin de maintenir leur partisans sous pression, de conserver leur base militante, de mobiliser leurs troupes, ou encore de faire connaître leur existence institutionnelle à tout prix même lorsqu’ils n’ont rien à dire de spécial.


Que le président français soit de Droite ou de Gauche, l’autre partie qui n’a pas voté pour lui ne le reconnaît pas comme président de tous les Français. Il reste à leurs yeux le chef d'une "majorité" politique, sinon le chef d'un parti. On voit bien là une différence fondamentale d’avec la royauté qui, elle, dispose d’une légitimité historique et qui a une base populaire (du moins tant que le peuple y consent).


En conséquence, un président en France est sans cesse contraint de s’appuyer sur son propre parti politique, sur ses alliances politiques, sur son électorat … tout en parlant au nom de l’intérêt commun et de tous les Français. Exercice parfois bien difficile mais à laquelle on reconnaît un " homme d’Etat ".


Des voix individuelles s’ajoutent aux voix institutionnelles que sont celles des partis politiques, des syndicats, des mouvements, etc. ; des articles d’auteurs s’ajoutent aux entretiens de responsables, aux déclarations, aux manifestes, aux pétitions. Ils sont tous les bienvenus au sein d’une société qui se veut démocratique et où les courants d’opinion sont invités à s’exprimer.


Faut-il faire un décompte des voix pour et des voix contre ? Des éditeurs mettent ainsi face à face des articles d’auteurs pour ou contre. C’est assurément plus élégant, pour un éditeur, que de prendre partie, d’être partisan, lorsque l’événement génère des sentiments contrastés.


On peut faire appel aussi à des experts, à des scientifiques, à des " observateurs " qui nous font part de leur analyse la plus objective possible, qui savent dresser un tableau d’ensemble avec tous ses contrastes, qui lui donnent une profondeur historique.


Enfin, afin de respecter les nuances du discours, de ne pas dénaturer les propos de l’orateur par des citations tronquées, de ne pas le caricaturer, il vaut mieux parfois renvoyer à la publication intégrale.


Ayant déjà écrit un livre sur ce sujet, ayant été chargé des cultes en sa qualité de ministre de l’Intérieur, ayant été un acteur de tout premier rang dans la mise en œuvre du Culte national des musulmans de France, Nicolas Sarkozy a un vécu personnel et direct des faits religieux de notre pays. Sa pensée est innovante, aborde franchement des sujets réputés particulièrement sensibles, délicats, où la langue de bois est bien souvent d’usage. 


On peut aimer ou ne pas aimer le style, saluons cependant son courage d’oser parler de ces questions. On peut être d’accord ou pas d’accord avec sa politique et ses projets, mais constatons qu’il en parle ouvertement et qu’il en a une vision personnelle, faite de convictions et qui touchent aux valeurs qui fondent notre société.


Qu’on ait voter ou non pour lui, là n’est plus la question. Qu’on votera pour lui ou non la prochaine fois, là n’est pas encore la question. Nous ne sommes pas en campagne électorale, ni pré- ni post, mais tout simplement devant des enjeux que nous avons à traiter ici et maintenant.


Dans le contexte (très) polémique qui est le nôtre, en France et en Navarre, où l’on adore le jeu des quilles dès qu’un homme politique, quel qu’il soit, monte au créneau, nous conseillons très vivement à nos lecteurs de consulter le texte intégral et de se faire une idée par eux-mêmes. C'est notre choix "éditorial". 


Ceci ne dispense pas bien entendu de se tenir au courants des polémiques, des opinions des autres, des débats de l’actualité, etc.


La liberté de pensée commence en effet par se faire une idée personnelle, par juger par soi-même afin de ne pas se laisser emporter par les flots, que ce soit ceux d’une " majorité " électorale ou parlementaire, d’une opinion majoritaire du moment, d’un courant d’opinion particulièrement bavard où qui a la main mise sur une partie des médias, ou encore de la furie d’une opposition qui se fait parfois/souvent haineuse ou au contraire de l’apologie des courtisans. La tradition unitarienne nous invite à cette liberté.


Vous pouvez consulter ce texte sur Internet.

http://www.droitdesreligions.net:80/actualite/nouvelleactu/decembre_2007/025.htm

http://www.voltairenet.org/article153862.html


Nicolas-Sarkozy-au-Latran.jpg
Beaucoup de Français ignoraient que le président de leur République avait hérité des prérogatives de l’Ancien régime. Eh oui ! notre chef d’Etat est chanoine de la cathédrale Saint-Jean du Latran, lieu de culte de l’évêque de Rome, en reconnaissance pour Charlemagne qui protégea le " Saint Siège ".

Saint Martin de Tours, Clovis et son baptême, Charlemagne succédant aux empereurs romains, la chrétienté dessinant l’Europe, etc., font bel et bien partie de notre passé, même s’il y a eu ultérieurement d’autres traditions non moins importantes qui se sont ajoutées ou inscrites en contrepoints.

Ceci dit, notre président-chanoine a fait bien entendu la joie des caricaturistes !

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Published by Jean-Claude Barbier - dans vive l'inter-convictionnel !
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5 janvier 2008 6 05 /01 /janvier /2008 10:26
Oberwesel--ICUU--le-bishop-des-Kissi--K--nya---PB041200.JPGLe révérend Patrick Magara, fondateur et chef spirituel de l’UUCK lors de la rencontre de l’International Council of Unitarians and Universalists (ICUU) à Oberwesel, en Allemagne, du 1er au 6 novembre 07. Photo Jean-Claude Barbier

L’Unitarian Universalists Church of Kenya (UUCK), implantée en pays Kisii, a été victime des derniers évènements post-électoraux du pays, lesquels ont fait 360 morts *. Avec les Kikuyu, les Kamba et Meru, et d’autres groupes ethniques de langue " bantou ", tous les Kisii sont censés soutenir le président sortant du fait des solidarités tribales, qu'ils aient ou non effectivement voté pour lui. Leurs voisins Luo s’en sont donc pris à eux.
 

* ndlr : au 9 janvier, les estimations étaient de 600 morts et 25 500 déplacés

Au village de Kaplsabet, les maisons ont été brûlées, dont celles des unitariens et de leur pasteur (Jérémie Ontiri Ombati) ; et deux enfants du pasteur sont portés disparus. Dans de nombreux villages, les habitants sont contraints à rester barricadés dans leurs maisons, ou bien doivent fuir dans les marais ou les forêts afin de fuir les hordes vengeresses. Dans les centres urbains, à Kisumu, Eldoret et Nairobi, des unitariens sont parmi les massacrés.

L’UUCK gère des orphelinats. Elle lance un appel à aide. Pour contact (écrire en anglais) :
Sarahorphans@yahoo.com 

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4 janvier 2008 5 04 /01 /janvier /2008 08:36
Chaque établissement humain valorise des appartenances lignagères et sociétales. Il s’avère que dans de nombreux pays les communautarismes ethniques ou religieux ont de l’importance. Les pays occidentaux ne sont pas exempts de ces identités, loin de là. L’explosion des Balkans est là pour nous le rappeler avec le drame du Kosovo, mais aussi les guérillas corse en France et basque en Espagne, les pressions islamistes, les communautarismes Nord-Américains, etc.


Dans de nombreux pays d’Afrique noire, les ethnies, si elles continuent encore à se distinguer par leurs dialectes et leurs coutumes, s’insèrent dans des ensembles linguistiques et culturels beaucoup plus larges – et ceci bien avant la colonisation. Elle est beaucoup moins morcelée qu’on ne le dit habituellement. Ceci dit, les politiques coloniales, par réalisme, ont pris soin de reconnaître le fait ethnique et d’adopter le maillage administratif en conséquence.


Mais l’actuelle politique de " démocratisation ", impulsée par les Occidentaux au nom d’un modèle électoral supposé universel organise d’emblée une représentation nationale sur la seule base des simples individus sans tenir compte des appartenances communautaires. Alors qu’en France et dans d’autres pays un sénat " tempère " l’Assemblée nationale en valorisant les collectivités locales, la " démocratie " que l’on veut introduire en Afrique se caractérise par des élections qui font la part belle aux groupes majoritaires, ethniques et/ou religieux, et où les groupes d’appartenance ne sont pas représentés en tant que tels.


C’est là une pauvreté institutionnelle, une inadéquation entre les formes d’organisation de la société civile et le politique, et un manque total d’imagination politique alors que les institutions traditionnelles faisaient preuve, quant à elles, d’une grande adaptabilité en fonction des groupes concernés.
 


kenya-ethnic-1974.jpgA son tour, le Kenya tombe dans la guerre civile à propos d’enjeux électoraux.


Le christianisme unitarien s’est développé depuis plusieurs années en pays kisii, dans l’Ouest du pays, en limite avec le grand lac Victoria, à l’initiative du révérend Patrick Magara ; également à Nairobi, la capitale, avec un groupe de jeunes Luo. Or, le pays kisii (d’origine "bantou" comme les Kikuyu, l'ethnie du président sortant et supposé "réélu") fait partie de la province Nyanza où se trouvent aussi les Luo (l’ethnie du candidat outsider au président sortant) et la 3ème grande ville du pays, Kisumu. 

C’est dire combien nos amis sont exposés dans la situation actuelle.


Un séminaire de formation organisé par l’International Council of Unitarians and Universalists (ICUU) pour les unitariens d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale était prévue à Nairobi pour le mois de février.

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21 décembre 2007 5 21 /12 /décembre /2007 15:24

RUFF Pierre-Jean, 2007 – Tous exorcistes ; notre pouvoir sur le Mal. Nîmes, éditions Lacour, 143 p., 15 euros (peut être commandé en ligne).


Tous-exorcistes.jpgLe Diable soutient la vasque contenant l'eau bénite, église de Rennes-le-château (Aude), photo Ghislaine Maresquier

Le Mal, le ou les démons, le diable, l’enfer et les peines éternelles, le péché originel, la culpabilité, la prière et son pouvoir, le providence, l’action de Dieu dans le monde, l’exorcisme : ce sont là autant de réalités avec lesquelles la plupart des croyants sont loin d’être au clair, surfant de l’une à l’autre sans trop savoir, et parfois sans trop y croire.


Sans vision, on ne broie que du vent ! Qui est Dieu pour nous ? Que représente concrètement son amour ? Que veut-il et que fait-il avec nous ?


Le combat avec Dieu et contre les forces du Mal exige au préalable un regard clair – une théologie – et sur Dieu et sur le Mal. Sans cela, nous restons de piètres amateurs du religieux, du moral et du social. L’exorcisme, pourvu que l’on démocratise cette notion, est l’expression de ce combat.


L’exorcisme doit donc être le fait de tous. Il n’est pas le domaine réservé de quelques uns, les prêtres diocésains catholiques affectés à cette fonction ou seulement ceux qui auraient reçu un don spécial pour cela, don reconnu par les communautés chrétiennes pentecôtistes ou charismatiques.


Etre soi-même, aimer, à la fois interpelle les autres et les aide vers un mieux être, donc exorcise.


Pierre-Jean Ruff, pasteur ERF à la retraite, est conseiller honoraire de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU)

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20 décembre 2007 4 20 /12 /décembre /2007 11:54

undefinedPriorité aux plus anciens documents, ce qui est une règle d’or pour tous les historiens du monde entier fussent-ils musulmans. C’est donc la Bible par ordre chronologique. Le Coran n’en est qu’un décalque, plusieurs siècles plus tard, pour maints passages dont celui d’Abraham qui s’apprête à trucider son fils unique dont il avait pourtant tant attendu la naissance (Genèse, 22, 1-18 ; sourate XXXVII, 102-103).


Les différences fourmillent dans les détails : il y a l’inversion entre Isaac (ancêtre éponyme des Israélites) et Ismaël (celui des Arabes), le reçu du message céleste (en direct pour la Bible, " en rêve " pour le Coran : " je me suis vu en rêve t’égorger " dira le naïf Abraham à son benêt de fils), le mode de sacrifice (le brûlage sur un tas de fagots de bois selon le rituel de l’holocauste juive ; par simple égorgement, sans doute en tranchant la carotide, pour le pauvre Ismaël qui aide son père jusqu’au bout en connaissance de cause).


Mais le Coran reste tout à fait fidèle au sens global du texte d’origine : Abraham est bel et bien récompensé pour son obéissance, pour sa soumission, pour son jusqu’au-boutisme qui est un modèle de sentiment fanatique.


Plus récent que la Bible, le Coran n’en prend pas moins sa revanche par une botte secrète dont les spadassins religieux ont seuls le secret : l’original est au ciel (Platon n’aurait pas désavoué), auprès de Dieu archiviste – eh oui, il suffisait d’y penser -, si bien que la Bible n’en est qu’une bien pâle copie – en plus dévoyée par les Juifs et les chrétiens, et bing ! – ainsi que les traductions (re-bing !) puisque seule l’arabe est la langue des anges (tant pis pour nos grands orientalistes comme Jacques Berque, tout professeur honoraire qu’il fut au Collège de France). C’est imparable et l'on ne peut que rester bouche bée !


Dieu merci, les soufi ont préféré la poésie à la rhétorique, la méditation au bavardage métaphysique, la spiritualité à la religion, l’approche de Dieu qui est et non pas la répétition (obéissante et soumise) de ce qu’Il aurait dit selon certains écrits, l’amour aux malédictions, le cheminement aux grandes certitudes idéologiques, l’humilité aux discours des prêcheurs. Pour eux, les corpus religieux ne sont que des béquilles pour apprendre à marcher, mais qu’on lâche ensuite pour s’engager dans une relation plus personnelle et intime avec Dieu.


Alors que devons nous faire de nos vieux parchemins ? Les lire bien entendu, d’autant plus qu’ils recèlent d’admirables textes, mais surtout ne pas les idolâtrer car, c’est le Premier testament qui le dit, " tu n’adoreras pas des œuvres faites de main d’homme ". Qu’on se le dise : aimer et admirer n’est pas idolâtrer !

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Published by Jean-Claude Barbier - dans les dérives sectaires
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20 décembre 2007 4 20 /12 /décembre /2007 05:41
Dès qu’on parle de sacré, de tradition, de religion, de Dieu qui a dit que, Dame Raison est priée de s’éclipser et l’esprit critique de baisser la garde, si bien que tout est permis aux envoyés de Dieu ! Dans ces conditions, la surenchère aidant (en religion comme en politique), des dévots bornés en intelligence des textes mais malins dans la manipulation des âmes connaissent le succès avec des discours aberrants, anachroniques, fanatiques (à commencer par le niveau de l’oral).


Il est également de bon ton, à l’heure de l’œcuménisme et de l’inter religieux de respecter les fêtes, les us et coutumes des autres corpus religieux. Comme par exemple en ce moment, la fête du mouton des musulmans.


Or de quoi s’agit-il précisément ?


undefinedle sacrifice d'Abraham (version chrétienne)

Muhammad a récupéré de la Bible cette histoire d’Abraham où celui-ci, ayant entendu l’injonction divine d’aller sacrifier son fils unique n’hésite pas une seconde à passer aux actes (eh oui ! ne doit-on pas offrir les prémices à Dieu). Le Coran accentue la " soumission " en faisant du fils une victime consentante.

Le père : " Mon enfant je me suis vu en rêve t’égorger. Examine quel parti prendre "

Le fils : " Père, faites ce dont vous avez reçu commandement. Vous me trouverez, si Dieu veut, patient entre tous "

Ayant ainsi tous deux manifesté leur soumission, il le jeta à terre sur la tempe " (sourate XXXVII, 102-103).


En droit moderne, cela s’appelle ni plus ni moins un appel au meurtre de la part de Dieu, un passage à l’acte pour Abraham (mais qui bénéficiera peut-être, après examen par les psychiatres, d’une non-responsabilité du fait de délire religieux), et un abus de confiance vis-à-vis d’un fils benêt qui est encore sous influence de ses parents.


En fait, l’histoire – biblique dans ses origines (Genèse, 22, 1-18) – est tout simplement un récit mythique, tiré des traditions hébraïques de la région d’Hébron, qui fonde l’interdiction pour les nomades Hébreux qui sont en cours de sédentarisation dans les villages cananéens d’imiter ces citadins qui pratiquaient les sacrifices humains. Yahvé, au dernier moment, désigne un bélier qui s’était empêtré les cornes dans un buisson … C’est un bel happy end. 


Désormais, il nous faut sacrifier nos amis les bêtes et non plus nos frères humains ! La leçon est claire et nette.


Mais nos braves dévots des religions abrahamiques lisent le récit au premier degré, comme si Dieu parlait en direct aux hommes, ou du moins à certains d’entre eux, comme si Abraham était une figure historique ayant réellement existée, comme si les genres littéraires de la Bible s’uniformisaient tous en devenant autant de " paroles de Dieu ", comme si les exégètes modernes avaient salivé en vain.


Car c’est ainsi que la grande majorité des croyants apprennent à lire leurs écritures dites sacrées et que les clergés, même lorsqu’ils ont fait des études modernes, continuent d’enseigner afin que leurs ouailles, argumentent-ils avec une bonne dose d'hypocrisie, ne perdent pas la foi. Comme quoi tous les moyens sont bons pour entretenir la crédulité (la " soumission ") des fidèles.


Comment peut-on célébrer un Dieu pervers qui ne cesse d’asticoter * ses créatures en leur envoyant des épidémies, des catastrophes climatiques, des hordes d’ennemies pour les massacrer ? Comment peut-on parler de foi à propos d’un meurtre (ou du moins, en terme juridique car l’intention y était, d’une tentative de), d’un infanticide, d’un acte de fanatisme religieux ?

* en langage religieux bcbg on dit " éprouver " " sonder les cœurs et les reins " ; le Dieu révélé par le Coran précise à propos de l’histoire précédente " Ce n’était là qu’épreuve d’élucidation ", (traduction Jacques Berque, sourate citée, verset 106). Grand merci au Dieu pédagogue des monothéismes de prendre la patience de nous rectifier ainsi !


Ne célébrons pas n’importe quoi ! que ce soit pour nos fêtes traditionnelles, religieuses ou politiques. Exigeons que ces fêtes aient du sens, fassent sens au sein de nos sociétés démocratiques où le partage entre identités et la contribution à l’universel sont encouragés.

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Published by Jean-Claude Barbier - dans l'islam
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18 décembre 2007 2 18 /12 /décembre /2007 16:25
Charles Rittmeyer (1918-2002), pasteur de l’Eglise évangélique réformée du canton de Vaud  (EERV), exclu de sa charge pastorale de la paroisse Sainte-Croix dans le Nord Vaudois, en 1955, pour innovation religieuse, ne s’est jamais rattaché à un courant.


Découvrant (en 1943) un Jésus très différent de celui enseigné par les Eglises chrétiennes, il ne s’inscrit pas pour autant dans le courant du protestantisme libéral qui pourtant est sensible aux avancées de l’exégèse scientifique et à la figure historique de Jésus et qui est bien présent à Genève par une Union protestante libérale et à l’université de Lausanne au sein du corps professoral (il cite d’ailleurs les travaux de Frédéric Amsler sur la source Quelle). On soupçonne que le doyen de la faculté de théologie de Genève, qui le soutiendra sans faillir, appartient à cette tradition, également les 16 pasteurs et théologiens qui s’engagent dans un avis aux lecteurs en entête de son opuscule de 1958 relatif à Jésus. Mais, lui n’en dit rien explicitement, même s’il cite Alexandre Vinet.


De même, nonobstant ses citations des logions de l’évangile de Thomas, il ne parle pas du christianisme gnostique.


Son rejet des dogmes, dont il rend Paul responsable de leur élaboration, ne l’invite pas pour autant à adhérer à la théologie unitarienne. Pourtant, pour lui, Jésus n’est nullement Dieu mais simplement un maître de sagesse.


Seule son adhésion à la franc-maçonnerie transparaît dans un fils d’Ariane qui va du pharaon Akhénaton (le supposé premier monothéiste connu), à Moïse (qui en serait l’héritier spirituel), aux Hébreux (qui auraient brouillé la piste avec un Dieu tribal et non plus universel, du nom de Yahvé), aux Esséniens (qui maintiennent la continuité avec Moïse), à Jésus (qui proclame que chacun peut trouver en lui le Dieu universel).


Charles Rittmeyer se voulait d’esprit scientifique – et il l’était effectivement en sa qualité d’ingénieur géomètre. Son biographe, Robert Nicole (2002), pense que cela a contribué au heurt avec le corps pastoral du canton de Vaud qui, lui, était de formation littéraire. Mais pourquoi cette non référence aux courants théologiques, comme si la chrétienté n’avait qu’une seule voix ?


Est-ce parce qu’une majorité de protestants, chemin faisant, auraient tout simplement oublié la liberté de pensée tant proclamée au XVIème siècle, et se retrouvent dans un conformisme religieux des plus anachroniques, au sein d’Eglises de chrétienté ni plus ni moins conservatrices que celles des catholiques ou des orthodoxes, d’où n’émergent plus aucun courant de pensée … bref, une Réforme qui aurait été faite en vain. Vanité des vanités pourrait dire le Qohelet !


Alors qu’on n’avait strictement rien à lui reprocher quant à sa charge pastorale, Charles Rittmeyer fut viré pour ses seules idées (et sans doute aussi pour son enthousiasme) ! Il faudra bien qu’un jour les autorités synodales de cette Eglise s’en expliquent, rouvrent le procès, car cela fait manifestement tâche à l’heure où les mentalités ont évolué plutôt en faveur de l’exclu.


Ou bien on est pour la liberté de conscience et de pensée, la liberté de comprendre les évangiles et la Bible, ou bien on déclare que la tradition protestante n’a été qu’une étape de la pensée humaine, limitée dans le temps et l’histoire, et qu’on s’assoie maintenant dessus. 


Braves Eglises, révolutionnaires en leur temps, mais qui, en définitive, n’ont guère fait mieux que les anciennes ... sans doute, patinées qu’elles furent à leur tour par les compromis. Déjà Michel Servet en avait fait les frais, dès 1553, à une époque où l’on n’hésitait pas à mettre les hérétiques sur le bûcher avec justification théologique à l’appui (J. Calvin s’en chargera avec éloquence).


Alors, Charles Rittmeyer fut-il un loup solitaire ? Un innovateur individuel de la trempe d’un Frédéric Nietzsche (Ainsi parlait Zarathoustra, est publié en 1969 par les éditions Aubier) ... et de Jésus qu’il admirait tous les deux pour leur force de caractère et leur vision positive des capacités de l’homme (non écrasé par le péché contrairement au postulat de départ calviniste).


C’est du côté des connaissances scientifiques qu’il continue résolument ses recherches : Freud (Moïse et le monothéisme), Teilhard de Chardin (le Phénomène humain est publié en 1955), Jacques Monod (Le hasard et la nécessité, 1970 – notamment l’ éthique de la connaissance), Jean Rostand, Hubert Reeves (Patience dans l’azur, éd. Du Seuil, 1981 ; L’heure de s’enivrer, Seuil, 1992), Albert Jacquard (Voici le temps du monde fini, Seuil 1991 ; La Légende de la vie, Flammarion 1992).


Un pasteur qui tient compte des connaissances scientifiques : la prodigieuse évolution des espèces dont les humains sont le fleuron, l’homme faisant partie d’un environnement, le destin de notre humanité lié à celui du cosmos.


Evangile--Saint-Esprit.jpgLe baptême de Jésus en constitue magnifiquement le langage symbolique (le pasteur ne croyait pas aux miracles) : les cieux s’ouvrent ; la colombe venue d’en haut relie Jésus à Dieu ... Pour Charles Rittmeyer ce sont là "les perspectives infinies offertes aux investigations de l’esprit libéré des croyances superstitieuses".


Il pourra dire à la fin de sa vie " j’ai perdu la foi ", à savoir les croyances religieuses qui nous encombrent. 


Alors, dans ces conditions, perdons tous la foi !

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18 décembre 2007 2 18 /12 /décembre /2007 03:50
Dissuadé d’une tentative de suicide existentielle par deux passants, le jeune Charles Rittmeyer se lance dans l’étude des évangiles pour connaître Jésus. Il y découvre une figure très différente de ce qu’enseignent les Eglises chrétiennes. Il y rencontre un maître de sagesse, dont l’enseignement demeure toujours actuel car il a eu la prescience d’une vérité objective et universelle.


L’un de ses disciples, Robert Nicole, dans un livre biographique qu’il vient d’écrire sur ce pasteur atypique, s’adresse aux non croyants : " Au nom de Jésus, nombre de lecteurs refermeront ce livre, tant ce nom a été galvaudé. Ils auront tort : les athées, agnostiques et assoiffés de vérité y rencontreront un Jésus humain, qui n’a rien à voir avec le personnage façonné par les Eglises, avec l’Homme-Dieu né de la vierge Marie, le Fils unique de Dieu, le Messie, le Rédempteur ou encore l’Agneau du sacrifice ".


et il poursuit en ces termes : 

" Le Jésus, que Charles Rittmeyer nous révèle, est un homme, un remarquable penseur, un précurseur étonnant, à mettre sur le rayon des Euclide, Epicure, Socrate, Spinoza et autres Descartes. Un Jésus rationnel, fin observateur des réalités terrestres, sage parmi les sages qui, bousculant les fadaises distillées par les religieux de son temps, paya probablement de sa vie sa recherche de la vérité et sa grande lucidité " (p. 5).


NICOLE Robert, 2007 (septembre) – Jésus, ce maître de sagesse méconnu. La vie et l’œuvre de Charles Rittmeyer, ingénieur géomètre et licencié en théologie. Suisse, Editions à la Carte, 101 p.

 

Charles-H.-Rittemeyer.jpg


Charles H. Rittmeyer le 27 février 1991 à la Tour de Peilz lors du tournage d'un entretien, 
Films plans fixes.



Nous sommes dans les années sombres de la Seconde guerre mondiale, lorsque le Mal semble établir son règne. Le 12 décembre 1942, Charles a 24 ans et veut se suicider par état d’âme existentiel. Les passants qui le sauvent lui parlent de Jésus. Il abandonne alors ses études d’ingénierie rurale (bien qu’il soit à la veille d’un examen prometteur pour lui) afin de découvrir la vérité sur ce Jésus en entrant à la faculté de théologie de Genève. Il bénéficie de la sympathie du doyen, le professeur Lemaître, émerveillé par un étudiant si passionné, mais se heurte vite à l’opposition de plusieurs de ses professeurs.


Il exprime ses idées mais se retrouve, à cause de cela, interné en psychiatrie à l’instigation de son grand-père maternel, pasteur à la retraite de l’Eglise libre (la partie de l’Eglise du canton de Vaud qui refusa la révolution radicale de 1847), et qui ne badinait pas avec l’orthodoxie. Il en ressort après avoir compris que pour faire connaître ses idées, il lui fallait d’abord être prudent et devenir pasteur en bonne et dûe forme. 


Il soutint une thèse au printemps 1948 " La vocation spirituelle de l’homme, d’après le physicien et biologistes français Lecompte du Noüy, et l’enseignement de Jésus ". Puis, grâce au suffrage des villageois, il trouve place pasteur à Sainte-Croix, dans le canton de Vaud, là où son père s’était installé en automne 1918 durant la sévère grippe espagnole.


Marié, apprécié dans son travail pastoral, écouté avec intérêt par la fraction progressiste de ce village industriel du Jura qui est un tantinet frondeur, Charles commet l’imprudence de réagir à des feuilles de catéchèse envoyées par son Eglise aux " écoles du dimanche ". Mal lui en pris car une partie de ses collègues se retournent contre lui ; et, au terme d’un procès devant le conseil synodal (qui monte jusqu’aux autorités de l’Etat cantonal puisque nous sommes dans le cadre d’une Eglise " officielle "), il se retrouve ni plus ni moins viré pour ses idées.


Il s’est justifié de ses idées dans deux opuscules : " La pensée évolutionniste de Jésus, ses incidences sur la vie de l’esprit et le comportement humain " (1953) ; " Exploration de la pensée de Jésus " (1958).


Charles Rittmeyer est un scientifique. Il est ingénieur géomètre diplômé de Lausanne. Il applique à l’étude des évangiles la méthode cartésienne en écartant tout ce qu’on a pu lui apprendre sur ce sujet, puis celle des psychologues qui procèdent par association d’idées : " Il groupa tous les termes se rapportant à un même sujet, par exemple l’enfant, la vigne, le royaume de Dieu, et tenta de les placer de manière à constituer un tout cohérent " (Nicole, p. 15). A partir des propos de Jésus rapportés par les évangiles – et bien avant que Frédéric Amsler ne vulgarise la source Quelle – il se lance, en 1943, peu après être rentré à la Faculté de théologie, dans la reconstitution d’un véritable puzzle.


C’est la découverte enthousiaste : " L’application de la méthode psychologique, par le jeu des associations d’idées, fut foudroyante. Les lignes directrices de la pensée de Jésus surgirent, telles des nervures autour desquelles la feuille allait se reconstituer. En quelques heures, j’avais assisté à l’effondrement intégral de la tradition chrétienne " (Charles Rittmeyer, cité p. 15).


En plus, il a appris le latin et le grec au collège secondaire (avant 16 ans) ; il s’y remet pour les besoins de ses études de théologie ; ce qui lui permet de rectifier des passages qui ne lui semblent pas avoir été bien traduits. Cela ajoute à son approche novatrice de l’enseignement de Jésus.


Le discours est didactique, emprunte volontiers la démonstration des mathématiciens, s’appuie sur les paraboles de Jésus et sur des faits qui ont, selon lui, valeur symbolique et non pas concrète. Son adhésion à la franc-maçonnerie l’encourage à un développement individuel et spirituel de la personne, vers l’Esprit. Jésus est un éveilleur de notre conscience ; il nous montre un chemin de changement, de rupture, vers la lumière de la Vérité. Nous trouvons Dieu en nous, également autour de nous, dans la Nature, dans le cosmos. Le cheminement est tout à fait gnostique et se réfère aux logions de l’évangile de Thomas.


Soutenu par sa femme, qui exerce le métier de laborantine, également financièrement par ses amis, réunis au sein du Fonds pour les Activités du pasteur Ch. Rittmeyer (FAR), il consacre son existence à faire des conférences afin de propager ses idées. Celles-ci sont disponibles en 10 DVD. Le FAR publie également une revue trimestrielle, " Evoluer " (15,00 euros l’abonnement annuel)


Pour contact : " Evoluer ", case postale CH-1401 Yverdon-les-Bains,
journal@evoluer.ch

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