Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Rechercher

Archives

8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 09:59

suite des articles précédents

 

Nombre de chrétiens, mais aussi des croyants d’autres religions et des personnes en quête spirituelle, ne se retrouvent plus dans les cultes de leur paroisse ou autres communautés locales pour diverses raisons : des credo inadaptés, des prières antiques certes vénérables mais d’un autre âge et lues d’emblée sans introduction historique pour les expliquer, une représentation archaïque et anthropologiste de Dieu qui ne fait plus forcément l’unanimité, une monopolisation de la liturgie par les seuls clercs (prêtres ou pasteurs) sans une participation suffisante des fidèles présents, des sermons culpabilisants, moralisants, parfois trop répétitifs ou encore trop intellectuels, parfois l’impression d’un endoctrinement, d’un même son de cloche, d’un manque d’ouverture, etc.


A l’heure actuelle, pour une partie de la population, l’ouverture à autrui est de mise, au-delà des clivages confessionnels ou religieux. Dès lors, il vaut mieux des groupes locaux composites ouverts à toutes les religions, confessions ou spiritualités, plutôt que de vouloir à tout prix établir des cellules de base d’un seul mouvement. Ces groupes peuvent se lancer dans des études bibliques ou d’autres textes « sacrés » qui tiennent compte des progrès de l’exégèse moderne, organiser des rencontres spirituelles et pratiquer des célébrations libres sans dogmatisme.


La différence d’avec les rencontres inter religieuses ou inter convictionnelles, c’est que les participants se prononcent ici en leur nom personnel et ne sont pas chargés ni de représenter leur confession ou religion, ni d’argumenter en sa faveur. D’emblée le respect des uns et des autres et la liberté d’expression suffisent pour éviter toute joute académique.


C’est en ce sens que les unitariens français proposent des groupes locaux. Les configurations peuvent bien entendu être multiples.


Lorsque le groupe réunit des monothéistes se référant aux corpus biblique ou dérivés – les « gens du Livre » selon l’expression coranique : juifs, chrétiens, musulmans, auxquels il convient d’ajouter baha’is et sikhs -  il peut commencer la célébration par des louanges à Dieu.


Autre cas de figure : choisir la personne et l’enseignement de Jésus pour être un élément fédérateur afin d’assurer au groupe une certaine cohésion et éviter les « auberges espagnoles » où la trop grande diversité nuit aux échanges – mais dans ce cas, il s’agit du Jésus historique, non « associé » à Dieu comme les unitariens le perçoivent ; d’un Jésus que les connaissances historiques nous permettent actuellement de mieux connaître et comprendre. Voir la page Facebook qui propose une telle configuration « Les amis de Jésus / Iéshoua / Isa » ( lien)
 
Comme leur nom l’indique, les célébrations libres sont organisées à la convenance de chaque groupe. A titre d'information, L’Eglise unitarienne francophone, qui pour ses cultes mensuels a adopté ce style, propose le déroulement suivant (lien) :
EUfr 1b1 – allumons notre calice (lien) et que sa lumière brille
2 – louons Dieu et accueillons la vie qu’il nous a donnée, louons le mystère de la Vie ; dans la joie et à l’unisson, faisons action de grâce pour ce que nous avons reçu d’une façon ou d’une autre
3 – partageons avec nos Frères et Sœurs ce qui est important à nos yeux, à nos cœurs, ce qui est essentiel à notre intelligence des choses et à notre conscience, que ce soit un texte ou autre chose, et trouvons les mots ou les gestes pour le dire.
4 – partageons aussi nos souffrances et nos peines, nos deuils et nos chagrins
5 – partageons nos gestes de fraternité et nos rites de communion qui ont valeur universelle
6 – partageons aussi nos autres gestes de solidarité et de fraternité
7 – encourageons nous mutuellement pour aller vers les autres, « prochains » ou « lointains »

 

Bien entendu, le premier point, qui vaut pour les rencontres entre unitariens et sympathisants, ne convient plus lorsqu’il s’agit d’un groupe composite, même si ce dernier a été lancé par des unitariens. Par contre cet allumage du calice peut être reporté au 5ème point, lors du partage rituel. Il en est de même pour les chrétiens qui, à ce moment, peuvent présenter le pain et le vin * au nom de Jésus.
* prévoir du jus de raisin car, dans un groupe composite, certaines personnes s’abstiennent de toute boisson fermentée.

 

Par contre, le groupe peut adopter la cérémonie des fleurs qui est de tradition unitarienne, mais qui, par son langage universel - celui des fleurs ! -, est aisément adoptée par d’autres. Elle commence alors dès le début, lors de l’arrivée des uns et des autres puisque chacun est invité à amener une fleur de son choix qu’il dépose dans un vase afin de constituer, avec celles des autres, le bouquet de l’assemblée. A la fin de la séance, chacun repart avec la fleur d’un autre afin de montrer qu’il y a eu échange, voire osmose entre les uns et les autres. Voir la description de cette cérémonie, initiée dans les années 1920, par le révérend unitarien tchèque Norbert Capek, dans la rubrique la concernant sur le site de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (lien).

Rappelons que ces célébrations libres reposent sur une attention et une écoute altruiste des autres, sur l’encouragement aux diverses façons de s’exprimer, sur l’appel aux talents qui existent (lectures, chants, musique, danse, etc.). La priorité va aux échanges et non aux exposés (ou sermons ou homélies), ni aux discussions ; ceux-ci pouvant se faire à un autre moment, par exemple dans le cadre d’un cercle d’études.


La disposition a aussi son importance. Les participants se réunissent en cercle, éventuellement autour d’une table où sont disposés les objets cultuels utilisés, dans une relation de face à face ; et non pas en rangs comme dans une église ou un temple afin de voir une cérémonie et d’écouter un orateur.


Il y a culte si l’assemblée s’adresse à Dieu ou à une transcendance ; mais il y a simple rencontre spirituelle s’il y a seulement lectures de textes, méditations, silences, échanges sur le ressenti d’un texte ou d’un évènement ; il y a cercle d’études s’il y a travail à partir de documents, exposés et discussions. Ces formes sont à distinguer mais elles sont bien entendu complémentaires et un groupe peut décider de les étaler sur une journée ou encore à des moments différents de la semaine ou du mois.

 

Contact pour informations complémentaires sur ces célébrations libres (lien)

Repost 0
Published by Jean-Claude Barbier - dans communautés religieuses en débat
commenter cet article
15 juin 2011 3 15 /06 /juin /2011 18:25

Les catholiques réformateurs et progressistes en rêvent afin de relancer l’espoir suscité par Vatican II, de continuer les réformes nécessaires, de stopper cette Restauration commencée par Jean-Paul II et affirmée par Benoît XVI depuis le début de son pontificat. En prévision, un grand rassemblement à Rome pour le 50ème anniversaire de l’ouverture de Vatican II.


Pentecost-England.jpgAux Etats-Unis, le mouvement American Catholic Council a invité les catholiques à constituer des ateliers locaux, des assemblies community network, et celles-ci viennent de tenir leur première assemblée nationale ce week-end de la Pentecôte à Detroit, avec pas moins de 1 800 participants.  Jean-Pierre Schmitz, co-président de la Fédération des réseaux du parvis (France), a envoyé un message de solidarité (lien).

 

vitrail représentant le Saint-Esprit et le feu de la Pentecôte, vu sur le site de l'American Catholic Council.


Mais le miracle de Vatican II peut-il se reproduire ? Il faudrait pour cela un pape du caractère de Jean XXIII, capable de prendre à contre-courant la puissante Curie romaine. Les conciles de l’Eglise catholiques, à l’exception de Vatican II, ont tous été très marqués par le conservatisme sinon la réaction face à l’évolution des moeurs, la condamnation des nouveautés et des « hérésies », le renforcement des pouvoirs de la papauté (jusqu’à proclamer le dogme de l’infaillibilité pontificale lors de Vatican I, lien). Avec un épiscopat noyauté depuis Jean-Paul II par des éléments conservateurs, on voit mal comment un nouveau concile pourrait accouché d’un souffle nouveau.


Enfin, la déchristianisation touche principalement l’Europe occidentale, le Canada et l’Australie, et n’est pas encore un phénomène mondial ; les autres pays restant très croyants. Les évêques de ces pays seraient alors vite isolés sur des thèmes comme l’élargissement du recrutement du clergé à des hommes mariés (sans parler des femmes et des homosexuels !). Pire, les croyants de ces pays « croyants » sont très conservateurs, peu enclins à voir les femmes accéder aux ministères et volontiers homophobes. Rappelons aussi que Paul VI avait amputé le concile en se réservant le thème de la morale sexuelle ; un Vatican III ne manquerait pas de subir le même sort, avec des pans de sujets réservés enore plus importants. Et puis, rappelons aussi que les résultats d'un concile ne sont valables que si ses décisions sont entérinés par le pape.


Par les temps qui courent, un Vatican III ne risquerait-il pas de consacrer la déroute des progressistes ?


Alors, comment l’Eglise catholique romaine peut-elle bouger ? Les synodes diocésains sont aussi bien limités car Rome interdit d’y débattre des questions d’ensemble de l’Eglise (lien). Les synodes romains sont trop dépendants de la volonté du pape lequel est libre de donner suite ou non (lien). Il reste les conférences nationales, mais jusqu’à présent peu portées à la résistance !

 

Toutefois, avec la crise des vocations et l’impossibilité des diocèses d’Europe occidentale à faire face au manque de prêtres à cause des interdits romains, on peut s’attendre à des remises en cause de ces interdits. L’affrontement inévitable se fera sans doute en sourdine, puis pourra évoluer en faveur d’une plus grande autonomie de ces conférences nationales. Que peut faire en effet un pape en face d’une conférence nationale épiscopale qui ferait preuve d’unité et qui refuserait ses dictats ? Certes la culture de l’opposition à Rome n’existe pas encore, mais le gallicanisme pourrait très bien renaître de ses cendres. On parlerait alors de « décentralisation » !


Attendons encore un peu pour voir comment cette Eglise s’écroulera d’elle-même en Europe occidentale et dans quelques autres pays. La politique de regroupement paroissial est arrivée à son terme et, le clergé vieillissant, s’avère impuissante ; la relève par les laïcs est confinée aux tâches subalternes à cause des interdits romains ; quant à la « nouvelle évangélisation » dont Benoît XVI fait grand cas comme d’une solution miracle, on voit mal le succès de ce prosélytisme qui vise à rappeler les dogmes et les positions d’une Eglise à contre-courant de l’évolution des mœurs et de plus en plus autiste (lien).


Ceci dit, l’Eglise catholique romaine n’est pas la seule Eglise chrétienne … Et puis son destin n’est-il pas de servir de refuge à une foi traditionnelle, maternisante, dogmatique, archaïque, sensible à une liturgie cérémonielle quelque peu désuète, apte aux fêtes familiales qui accompagnent les étapes de notre vie : baptême, mariage, enterrement ?


Pour les catholiques réformateurs et progressistes de ces pays, n’est-il pas urgent de penser à des espaces alternatifs afin d’y vivre une foi plus moderne, de consacrer une partie de leurs forces à leur organisation. On peut penser à des paroisses libres comme celle de Bruxelles (voir notre rubrique "communautés religieuses en débat",  lien), voir à des diocèses libres sur la toile comme celui de Partenia (lien).

 

Déjà de nombreux catholiques vivent leur foi au sein de mouvements qui n’ont plus de lien avec la hiérarchie ; ils sont en marge, dans une indépendance revendiquée, se référant à l’Evangile. Ils se retrouvent en France au sein de la Fédération des réseaux du Parvis (lien), laquelle fédération réunit aussi d’autres mouvements qui, eux, maintiennent des relations avec les évêques lorsque ceux-ci font preuve d’ouverture ; et en Belgique, au sein de Pour un autre visage de l’Eglise et de la société (Pavés, lien). Mais en attendant un pape providentiel comme Jean XXIII et un concile qui, en esprit, fasse suite à Vatican II, ces catholiques arriveront-ils à offrir une alternative valable à tous ceux qui décrochent de la pratique religieuse ...

Repost 0
Published by Jean-Claude Barbier - dans communautés religieuses en débat
commenter cet article
1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 09:21

D’après « Les synodes romains sont des mini-conciles », par Frédéric Mounier, à Rome, publié dans le quotidien La Croix, le 31 mai 2011 ( lien)

vatican-armoiries.jpgAlors que les synodes diocésains ont une vocation purement locale, ce sont les synodes romains qui, eux, peuvent traiter de questions générales concernant l'ensemble de l'Eglise ou une région ou continent. Ils sont convoqués par le pape et réunissent des évêques. Ils ont été créés par Paul VI, le 15 septembre 1965, à la suite du concile Vatican II. Son motu proprio Apostolica sollicitudo voulait « maintenir vivant l’esprit de collégialité engendré par l’expérience conciliaire ». Cette nouvelle institution centrale est organisme permanent à part de la Curie, ne dépendant pas d’elle, mais directement du pape.

 

Les armoiries du Vatican : la tiare, qui est une mître d'évêque additionnée d'une couronne, et les clefs de saint Pierre, symboles du pouvoir que Jésus lui a conféré selon les évangiles en tant que chef de son Eglise.


Les évêques peuvent ainsi, « réunis autour du Saint-Père, dialoguer entre eux, partager informations et expériences dans la recherche commune de solutions pastorales universelles valables et applicables dans l’Église. » Les thèmes traités, depuis l’origine, ont été nombreux : continentaux ou régionaux (Asie, Afrique, Amérique, Océanie, Europe, Liban, Moyen-Orient), thématiques (Parole de Dieu, Eucharistie, Évêques, Vie consacrée, formation des prêtres, famille, vocation et mission des laïcs), etc. Les échanges se déroulent, souvent en présence du pape, dans une atmosphère de grande liberté, même si les interventions en séance plénière sont limitées à huit minutes.


Les travaux sont préparés par d’amples consultations en amont : les lineamenta (« grandes lignes ») ont été envoyées à tous les épiscopats, mouvements et services d’Église dans le monde, puis synthétisées dans l’Instrumentum laboris (« instrument de travail »). Aux séances plénières succèdent les circuli minores (groupes de travail), puis une liste de propositions est élaborée, qui deviendra un « rapport final ». Deux ou trois ans plus tard, le pape, à sa discrétion, publiera enfin une « exhortation apostolique post-synodale » ... c’est dire combien ces synodes sont purement consultatifs …

 

ndlr : contrairement au titre de l'article de Frédéric Mounier, ces synodes au sommet n’en sont pas pour autant des « mini-conciles » car les délibérations n’aboutissent pas forcément à des décisions, celles-ci restant entre les mains du pape !


Chez les protestants, les synodes (régionaux et nationaux) comportent d’avantage d’enjeux puisqu’ils débattent directement de décisions à prendre pour l’ensemble de leur Eglise et qu'ils sont souverains. Chez les Réformés, les questions locales, sont gérées par un Conseil presbytéral au niveau de chaque paroisse.

 

Chez les unitariens de Transylvanie et de Hongrie : un seul évêque pour l’ensemble des paroisses et un fonctionnement synodal de type protestant. Chez les unitariens anglophones, une gestion locale de chaque « Eglise » ou congrégation, et des Assemblées générales (Grande-Bretagne, Etats-Unis) ou de simples rencontres annuelles (Canada). Et pour l’ensemble des unitariens, un réseau mondial, l’International Council of Unitarians and Universalists (ICUU), lequel organise des rencontres tous les 2 ans, sans décision à prendre hormis la gestion du réseau car chaque communauté est pleinement indépendante.

Repost 0
Published by d'après Emmanuel Mounier - dans communautés religieuses en débat
commenter cet article
1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 03:40

un bilan par Marc Favreau


 « Une dynamique synodale s’est installée en France », entretien de Marc Favreau * recueilli par Céline Hoyeau, publié le 15 juin 2010 par le quotidien La Croix (lien )
http://www.la-croix.com/-Une-dynamique-synodale-s-est-installee-en-France-/article/2429205/4078#
* Marc Favreau, ancien responsable de la communication du diocèse d’Orléans, aujourd’hui observateur attentif sur Internet de la réalité ecclésiale, et auteur du blog Niobium ( lien) a recueilli les actes synodaux de tous les diocèses et constitué une carte de la France des synodes.


Jusqu’en 1983, les synodes diocésains ne réunissaient que des ministres ordonnés ; le Code de droit canonique les ouvre désormais aux laïcs. Rappelons que, dans un synode, tous les membres, prêtres et laïcs, ont les mêmes droits et les mêmes devoirs. Chacun possède une voix pour le vote.


Au total, une cinquantaine de synodes se sont tenus en France selon cette nouvelle version. Il a fallu un certain temps pour que la nouvelle ecclésiologie de communion apportée par Vatican II prenne peu à peu sa place : les premiers synodes eurent lieu à partir de 1985, mais surtout dans les années 1990 et on reste encore très loin de leur généralisation. Un tiers des diocèses n’a jamais organisé de synode, au moins depuis trente ans ; ce qui ne signifie pas une absence totale de consultation car, à côté des synodes, on trouve en effet, pêle-mêle, des assemblées, démarches, réflexions, forums et même des pèlerinages synodaux.


Les premiers synodes n’ont pas été sans causer des frustrations : le foisonnement des thèmes abordés n’a pas toujours permis d’aboutir à des recommandations précises * ; les résultats sont parfois bien minces (à Orléans, en 1994, le texte final a paru bien court au vu de l’investissement engag ; à Châlons, 2002-2003, ou à Digne, 1992-1994, les Actes ne contenaient aucun décret) ; des actes synodaux sont restés bien vagues, se contentant d’orientations très générales ; les évêques peuvent refuser d’entériner les Actes (comme à Bordeaux en 1993) car les synodes ne sont que consultatifs ; ils sont limités à une réflexion locale et ne doivent pas aborder des questions dogmatiques et de disciplines que le Vatican s’est réservé d’une façon arbitraire (l’accès des divorcés et des remariés à la communion, le célibat des prêtres, l’accès des femmes aux ministères ordonnés, etc.) – dès lors on comprend que la plupart des militants catholiques progressistes et réformateurs n’y participent pas et râlent dans leur coin !
* « À Lyon, par exemple, en 1993, les chantiers du synode avaient trait aussi bien à la solidarité, aux sacrements, à la famille, qu’au partage des responsabilités, un chapitre trop vague où on parle à la fois de réorganisation, de formation, d’œcuménisme, de priorité donnée aux pauvres, de vocations… » (Dominique Barnerias, voir ci-dessous).


A noter que certains évêques peuvent souhaiter une démarche plus légère, en raison du peu de forces vives de leur diocèse ; et aussi plus discrète, les actes synodaux remontant au Vatican, même si cela n’est pas une obligation – ors, ce regard de Rome peut limiter la liberté pastorale. Cela étant, canoniquement parlant, un synode engage l’ensemble du peuple de Dieu, bien au-delà des questions de personnes. Un changement d’évêque ne remettra donc pas en cause les orientations prises.


Dans les années 1980 et 1990, les synodes se concentrent surtout sur des aspects organisationnels : restructuration des paroisses et des doyennés, mise en place des conseils diocésains de pastorale et des équipes d’animation pastorale (EAP)… Certains vont plus loin, avec des lignes directrices très fortes sur la solidarité. Des débats récurrents ont lieu sur l’ordination des hommes mariés et des femmes, la reconnaissance de l’ensemble des ministères, l’accueil des divorcés remariés, mais l’instruction romaine de 1997 sur les synodes diocésains limita les débats aux questions purement locales.


Depuis 2000, les questions portent davantage sur l’annonce de la foi. On voit apparaître les prémices de la grande réforme de la catéchèse. Comment accueillir l’ensemble des familles ? Comment accompagner les catéchumènes ? Comment évangéliser ? Dans les plus récents, l’accent est mis aussi sur l’importance pour les équipes pastorales de se ressourcer spirituellement, de prendre du temps pour soi afin de pouvoir accueillir les autres.


Les Actes sont-ils suivis d’effets ? De nombreux diocèses assurent un suivi très consciencieux de leur mise en œuvre. Sur son site Internet, le diocèse d’Angers permet de suivre l’évolution des différentes étapes post-synodales. À Poitiers, le diocèse accompagne le travail des équipes par des évaluations régulières. Quelques-uns vont beaucoup plus loin, dans la mise en œuvre d’une véritable culture synodale. Avec un rythme soutenu (1990, 1997 et 2005), le diocèse d’Évry a totalement intégré dans sa culture pastorale cette nouvelle manière de porter la responsabilité commune de l’annonce de l’Évangile.


un bilan par Dominique Barnerias


«Une tout autre figure de l’Eglise que celle à laquelle nous étions habitués», entretien de Dominique Barnerias * recueilli par Isabelle de Gaulmyn, publié dans le quaotidien La Croix du 31 mai 2011 (lien) 
* docteur en théologie et curé à Sartrouville, auteur d’une thèse sur l’apport des synodes diocésains à l’évolution actuelle des paroisses qui sera publiée dans les prochains jours (« La Paroisse en mouvement » chez DDB)


Y a-t-il eu des résultats concrets ?


« Oui, à Nice par exemple, le synode achevé en 2009 a permis de mettre en place un certain nombre d’outils pour mieux lire, travailler, partager la lecture de la Bible. Il donne des indications très concrètes. Le diocèse de Séez a permis une nouvelle compréhension de la paroisse : on est passé d’une vie paroissiale centrée sur la messe du dimanche et le clocher, à la triple mission : annoncer, célébrer, servir. Plus généralement, de nombreux synodes accompagnent les remodelages paroissiaux et créent de nouvelles structures diocésaines. Ce qui est voté par un synode et promulgué par l’évêque a, dans un diocèse, une forte légitimité, car il est le fruit d’une large consultation, par rapport à une décision qui serait prise par l’évêque seul. De plus, l’événement synodal lui-même donne de l’élan à un diocèse. »


Un élan nouveau ?


« Les synodes ont fait évoluer les mentalités. D’abord en obligeant à voir la mission de l’Église au-delà des paroisses et en forgeant une conscience diocésaine. Plus largement, on a sollicité les chrétiens en leur demandant leur avis. C’est vraiment un processus de discernement diocésain où le plus grand nombre est associé. Même si les résultats ne sont pas toujours mesurables, cela met les catholiques dans une dynamique de projet : il faut sortir de ce que l’on a toujours fait… Il ne s’agit pas d’un parlement, mais d’une démarche commune de prière et de discussion, visant à aboutir à un consensus, avec la règle des 2/3, nécessaire pour qu’une décision soit votée. Cette articulation débat-spiritualité est rare dans l’Église, où généralement les deux temps sont séparés."


un bilan par Arnaud Join Lambert


Arnaud Join-Lambert, théologien de l’université de Louvain, a fait le calcul : environ un million de catholiques français auraient participé à une consultation synodale depuis 1983 ! Et 12 000 personnes auraient été déléguées, pour voter propositions et décrets synodaux… Bref, une « révolution synodale », directement issue du concile, qui pourrait bien se révéler à terme aussi importante pour l’Église catholique que le changement liturgique.

 

l’exemple du diocèse de Versaille


« Les synodes ouvrent l’Eglise au débat démocratique », par Isabelle de Gaulmyn, publié dans le quotidien La Croix du 31 mai 2011 (lien)
 
 Les-synodes-ouvrent-l-Eglise-au-debat-democratique_article_.jpg

 

Le diocèse de Versailles ouvre jeudi 2 juin son assemblée synodale : 317 délégués laïcs vont se prononcer sur l’avenir de leur diocèse. La consultation préalable a rencontré un succès inattendu, avec 24 000 participants et 3 141 propositions concrètes *. Les délégués vont délibérer durant 3 jours. Quatre mois de débats préalables ont été résumés dans un « cahier synodal », d’une quarantaine de pages, sur lequel les délégués devront se prononcer. Des textes du Magistère sont proposés en annexe. Les thèmes retenus sont débattus en commission. Le synode visant à dégager un consensus, les votes se font avec la règle des deux tiers, et non une majorité.
* forte demande de solidarité, de proximité, d’attention aux diverses souffrances, et notamment celles vécues au travail. Tout comme une attention à la situation des divorcés remariés et à la place des femmes. Exigence, aussi, d’un langage plus accessible, de liturgies plus accueillantes, en revanche, la question de la messe dans forme ancienne (dite « extraordinaire ») occupe moins de 1 % des propositions…


Photo : La cathédrale Saint-Louis aux couleurs du synode du diocèse de Versailles au moment de son ouverture, le 12 septembre 2010.


« Certes, le diocèse des Yvelines, avec Versailles et Saint-Germain-en-Laye, est l’une des zones françaises où la pratique est la plus élevée. Mais c’est précisément en raison de cette « richesse » en prêtres et en fidèles que l’on aurait pu s’attendre à une attitude « consommatrice » des fidèles. Or, les catholiques des Yvelines ont massivement manifesté qu’ils souhaitaient prendre en main l’avenir de leur Église.


Ils sont à l’image de l’Église de France, qui, depuis vingt ans, s’est emparée de l’outil synodal, avec une vigueur sans équivalent dans d’autres pays. Un appétit pour cet outil de démocratie participative, que l’on ne retrouve – dans une moindre mesure – qu’en Italie et aux États-Unis. Certaines Églises, en Irlande ou en Belgique, n’en ont même jamais organisé ".

Repost 0
Published by Actualités unitariennes - dans communautés religieuses en débat
commenter cet article
18 septembre 2010 6 18 /09 /septembre /2010 09:10

L'Eglise catholique croit pouvoir se dispenser de réformes structurelles pour faire face à la pédophilie d'une partie de son clergé : d'où, dans ses établissements de formation, une véritable chasse aux sorciers contre les séminaristes homosexuels ; et puis - dans l'opinion publique - une suspicion qui se généralise.

 

Le bon sens voudrait que l'Eglise n'impose plus le célibat obligatoire à ses prêtres et que ceux-ci puissent vivre leur sexualité selon leur nature et conviction. Le Vatican s'y oppose avec sa rigidité moyen-âgeuse habituelle. Un autre conseil serait la féminisation des ministères. Les cas de pédopholie sont manufestement moins nombreux chez les protestants.

 

Nous ne pouvons que conseiller aux dignitaires catholiques d'aller fréquenter les bistrots où l'on refait le monde ! Parfois le bon sens populaire n'est pas sans intérêt ! Le dessin ci-joint est tiré du dernier bulletin de HLM (n° 121, septembre 2010), une association belge de la mouvance catholique réformatrice, membre du réseau Pour un autre visage de l'Eglise et de la Société (PAVES) ( lien)

 

femmes_pretres.JPG

 

Des femmes, ministres de culte, sont de plus en plus nombreuses au sein des congrégations et Eglises unitariennes.

Repost 0
Published by Actualités unitariennes - dans communautés religieuses en débat
commenter cet article
28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 07:11

L’histoire de cette « paroisse » est liée à la personnalité de Pierre de Locht.
 

 

Au lendemain de la Seconde guerre, il est nommé professeur de 3e latine à Saint-Louis, puis aumônier national de la Fédération des scouts catholiques. Il travaille aussi avec le groupe des Feuilles familiales et participe, à la demande d'anciens dirigeants de la Jeunesse ouvrière catholique (JOC), à une équipe de foyers issus du milieu populaire. Jeune docteur en théologie dogmatique de l'Université catholique de Louvain (UCL), il est nommé, par les évêques de Belgique, aumônier de ce qui allait devenir en 1959 le Centre national de pastorale familiale (CNPF) dont l’objectif est de contribuer à la formation des futurs prêtres pour la préparation des fiancés au mariage et l’explication des positions de l’Eglise en matière sexualité (morale sexuelle, interdits en matière de contraception, etc.). C'est alors le temps des sessions de préparation au mariage, le lancement d'équipes de foyers, de groupes de réflexion et de spiritualité conjugale.

 

Mais rapidement le groupe porteur rencontre un nouveau problème : celui des séparations, des divorces et des remariages civils. Que devient la situation des personnes connaissant l'échec de leur couple ? Le CNPF devient le Centre d'Education à la Famille et à l'Amour (CEFA). D'abord accueillir ceux et celles qui se sentent jugés, rejetés parfois par leur propre famille, mais aussi, trop souvent encore par la communauté chrétienne et par l'Église. Comment aussi les soutenir et les aider à rebâtir une nouvelle vie de couple, de famille ? Pour les croyants, se pose souvent le problème de leur participation à l'Eucharistie et en particulier à la communion

 
Le CEFA va susciter la Fédération des centres de consultation conjugale (FBCCC), d’inspiration chrétienne, et son institut de formation de conseillers conjugaux diplômés au terme de 4 années d'études et de stage. Puis, face à la multiplication de tels centres relevant d'obédiences philosophiques ou religieuses différentes, vont se mettre en place des Centres pluralistes familiaux.


En plus, aux côtés de Suzanne van der Mersch, jeune veuve avec une famille nombreuse, Pierre de Locht fonde la Fraternité des Veuves "Accueil et espérance", devenue, en élargissant ses objectifs, « Infor-Veuvage".

 

pierredelocht_portrait.jpgsuzanne-van-der-mersch.jpg

 

Vatican II, commencé en octobre 1962 s’est terminé en décembre 1965. Mais nombre de questions étaient restées en suspens et notamment touchant à la morale sexuelle des fidèles. Paul VI s'était réservé cette dernière question lors du Concile, puis il avait nommé une commission pontificale pour traiter des problèmes de natalité. Pierre de Locht en était. A noter que durant une dizaine d’années il fut responsable de la Commission « Famille » des Organisations internationales catholiques (OIC). Au sein de la commission pontificale, il faisait partie du groupe majoritaire, favorable à une contraception choisie et laissée à l'appréciation des couples, mais battue en brèche par une minorité conduite par un certain Karol Wojtyla (le futur Jean Paul II). On en connaît l'issue. Paul VI publiera en 1968 Humanae Vitae interdisant toute contraception artificielle... Le CEFA prit parti, se vit désavoué par l'épiscopat et son mandat enlevé, entraînant celui de son aumônier national.


jesus_multiplication_preservatifs.JPGEn 1973, face au problème de l'avortement *, le CEFA prenait une position nuancée mais engagée. Sollicité par un groupe très médiatisé qui avait pris la défense du docteur Peers, P. de Locht participa à une manifestation à Namur, où il prit la parole. Mal lui en prit… La réaction de l'épiscopat ne se fit pas attendre, entraînant un procès autour de sa fonction de maître de conférence à l’Université catholique de Louvain (UCL) où il enseignait à l’institut des sciences familiales et sexologiques.

* le parlement belge, à l’initiative du sénateur Roger Lallemand avait déposé un projet de loi, dépénalisant partiellement l'avortement. Pierre de Locht fut sollicité par ce sénateur pour donner son avis.

 

C’était au temps où le cardinal Suenens était archevêque de Malines-Bruxelles. Pierre de Locht refusa de démissionner et resta à l’université ! Il y terminera d’ailleurs sa carrière en qualité de professeur émérite. Désavoué par sa hiérarchie, n’étant plus le porte parole officiel de celle-ci, le professeur retrouve toute sa liberté d’action !


Illustration ; Jésus, dans sa grande générosité, distribuant des préservatifs au grand dam de Benoît XVI !


C’est à cette date qu’il participe à la fondation de cette Paroisse libre. Dès l’origine, en 1973, c’est dans les locaux dont Suzanne van der Mersch et lui-même disposaient, rue de la Prévoyance, à Bruxelles, que se tiennent les rencontres. Au début ce fut l’engouement, avec plus de 300 personnes et des participants juchés dans les escaliers, puis les discussions se prolongeant – car il s’agit d’une nouvelle communauté voulant se gérer démocratiquement, par consensus ! –les effectifs fondirent rapidement. Enfin, en 1975, les objectifs étant précisés, des célébrations purent s’organiser. Un petit noyau persévéra et, progressivement, des personnes qui étaient parties revinrent. En février 1976, l’accord a été suffisant pour que les "Informations Paroisse Libre" publient un texte de base, définissant le projet communautaire voté par ses membres (à ce moment une vingtaine, plus de nombreux occasionnels). Aujourd’hui, la communauté compte quelques 60 membres régulier.

à suivre ...

Repost 0
Published by Actualités unitariennes - dans communautés religieuses en débat
commenter cet article
28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 06:50

suite de l'article précédent


Un texte de base, fondateur, a été publié en février 1976  :

 

En voici sa présentation par Louis Fève (du Réseau Résistances) et Jean Debelle (des Communautés de base) : « Pierre de Locht à la Paroisse Libre », publié dans Bulletin PAVÉS n°11 (juin, 2007), lien http://www.paves-reseau.be/revue.php?id=432 


Pour cette communauté d’Église que forme la Paroisse Libre, Jésus-Christ est la référence vivante et décisive, face à laquelle chacun d’entre nous désire se situer. La fidélité à Jésus-Christ implique que notre communauté accueille les interrogations et les doutes de ses membres, pourvu qu’ils adhèrent au projet communautaire de la Paroisse Libre. Cette fidélité nous appelle à poursuivre ensemble la recherche. Nous nous engageons donc dans l’espérance sur le chemin de la libération où le Christ nous a précédés, et nous voulons ainsi répondre aux appels des hommes et des femmes d’aujourd’hui.


La célébration de cette vie en référence à Jésus-Christ, particulièrement dans l’Eucharistie, est un élément constitutif de cette communauté en tant que communauté d’Église. Les formes de cette célébration y font l’objet d’une recherche constante d’adaptation aux exigences de sa propre vie, compte tenu de la diversité d’âge de ses membres.


Ce projet communautaire postule que les membres qui se réunissent en sous-groupes au sein de la Paroisse Libre participent activement à la poursuite de ses objectifs communs. »

* Les sous-groupes en question, étaient à l’origine au nombre de trois ou quatre, dont les ateliers « évangile » et « désert ».

 

reunion-autour-d-une-table.jpg

 

" Nous pensons que la Paroisse libre constituait pour Pierre le modèle de cellule d’Église dont il rêvait ".  Voici le texte de base de 1976.

 

1 - Une communauté de partage et de célébration à taille humaine ; le mot "paroisse" la situe d’emblée parmi les communautés et assemblées du diocèse. Nous faisons d’ailleurs partie de l’ensemble des communautés de base de Wallonie – Bruxelles et participons à ses rassemblements. Pierre tenait à notre appartenance à l’Église et s’est réjoui de ce que, il y a quelques années, listant les groupes catholiques, le vicariat ait accolé à Paroisse Libre les termes de "paroisse autogérée". Le mot "libre" signale aussitôt notre affirmation d’autonomie, dans la gestion et la conduite de nos débats et de nos liturgies. Nous pensons à Jean Delumeau qui rêve d’un « tissu urbain (et rural) ... parsemé de locaux modestes destinés à l’écoute, au partage, à la solidarité et à la prière des croyants. »

2 - Le groupe pratique une liberté d’appartenance et de fréquentation considérable. Cela se réalise, au point qu’il est parfois difficile de dire qui, finalement, est "membre". La question se pose chaque fois que l’on met à jour la liste des membres, avec leur adresse. Certains d’entre nous participent en même temps à la vie d’une autre communauté de base, ou d’une paroisse. La liberté de la communauté nous a semblé impliquer une égale liberté de chacun à l’égard du groupe. Les abonnés à notre bulletin et les participants aux célébrations de Noël, de la Semaine Sainte et de Pâques sont plus nombreux que ceux des assemblées dominicales.

3 - Chacune et chacun, rigoureusement égaux en dignité, sont appelés à participer de la même façon au sacerdoce du Christ dans le partage eucharistique. Cela ne s’est réalisé que progressivement. Pierre souhaitait cette évolution sans la forcer. Peut être est-ce en lui d’abord qu’elle est née. Il a osé la soutenir et s’y engager personnellement. Il s’y tenait fermement et savait la légitimer. Quels que soient donc le sexe, le statut de clerc ou de laïc, tous se retrouvent sur le même pied au sein de la portion du peuple de Dieu que nous figurons. La célébration est un acte de la Communauté. Nous estimons célébrer ainsi pleinement, avec ou sans prêtre présent à l’assemblée.

4 - Une structure organisationnelle minimale s’est mise en place, au service de la Communauté, qui est détentrice de tous les pouvoirs, puisque la démocratie est vitale dans notre fonctionnement. Chaque année, un ou deux des trois membres du groupe de coordination sont remplacés, par mode électoral. Ce groupe, chargé de veiller à la mise en œuvre des décisions et au suivi de la réflexion, est mixte. Il est guidé par le contenu de textes où sont consignées les grandes orientations de la Paroisse Libre, ainsi que l’esprit et les éléments essentiels des célébrations eucharistiques. Pierre a souvent souligné la nécessité et l’importance de ces textes d’orientation.
5 - Il est clair que nos objectifs et notre fonctionnement supposent un accord fondamental en ce qui concerne nos conceptions de l’humanité, du christianisme et de l’Église. Confiance est faite aux humains ; c’est à eux de choisir en âme et conscience ce qu’ils jugent bon ou souhaitable. Si le "peuple de Dieu", tel que l’a défini le dernier Concile, reconnaît le rôle d’une hiérarchie, celle-ci est à son service, et non l’inverse. En définitive, elle ne peut imposer aucune appréciation et aucune pratique sans son aval, en ce sens qu’une croyance ou un usage n’ont de valeur irrévocable que reçus et adoptés par lui.
6 - Nos options concernent aussi la communauté ecclésiale dans son ensemble. Pour nous, l’Église n’est intégrale que dans l’union des Églises chrétiennes, en dialogue avec les autres religions et avec les agnostiques et les athées. L’Église catholique se doit de respecter la souveraineté des États, et les choix des citoyens qui ne partagent pas ses propres convictions.
7 - Le Jésus des évangiles qui nous mobilise nous apparaît davantage libérateur que rédempteur - ou mieux, rédempteur en ce qu’il est libérateur - ; d’où, notre peu d’insistance sur le péché à se faire pardonner - comme le voudrait, par exemple, le texte du Confiteor. Nous mettons plus volontiers en relief  l’attitude du Père de l’enfant prodigue et l’accueil positif de Jésus à l’égard des pécheurs. L’évangile est une bonne nouvelle. La parole et les actes de l’Église doivent devenir l’annonce d’une nouvelle positive pour l’humanité actuelle, plutôt que la dénonciation de ses errements possibles.
8 - Corollairement, nous cherchons à rencontrer un Jésus pleinement homme autant que Dieu. Dieu, nul ne l’a vu, et, malgré toutes les approches identificatrices, il reste mystérieux. C’est d’ailleurs ainsi qu’il s’est présenté à Moïse. Par contre la parole de Jésus : « Qui m’a vu, a vu le Père » nous offre la meilleure façon d’entrer dans ce mystère de Dieu, sur le chemin de l’Alliance, et de rencontrer sa volonté.
9 - Nos partages et nos célébrations sont centrés sur l’Écriture, fondement de l’Église, et sur le "faire mémoire" de la dernière Cène. Le détail du rituel est chaque fois élaboré par celles et ceux qui animent la célébration, sans se laisser enchaîner par les prescriptions de la liturgie officielle. Par contre, nous en célébrons les éléments essentiels, tels que, bien entendu, la mention des paroles de l’Institution, et le partage du pain et du vin. Nos mises au point concernant la liturgie ont contribué à mettre en valeur l’accueil, la préface, les intentions, le Notre Père, la bénédiction finale et l’envoi. Il est admis aussi que la célébration de la Parole : lecture de textes, commentaires et partage en groupes, prennent le temps et le soin qui leur permettent de se déployer, avant de faire place aux rites eucharistiques.

à suivre ...

Repost 0
Published by Louis Fève et Jean Debelle - dans communautés religieuses en débat
commenter cet article
28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 06:40

suite de l'article précédent

 

Pierre de Locht a publié de nombreux articles et livres, dont :


pierredelocht_chretien_aujourdhui.jpg1998 - « La foi décantée » aux éditions Desclée de Brouwer, Paris
2001 - « Oser être chrétien aujourd'hui »
2001 – « Euthanasie. Dialogue Roger Lallemand - Pierre de Locht »
2002 - " Et si j'étais nommé Évêque ", Éditions MOLS, collection « Autres regards »


Tienne de la Petite Bilande, 67 - 1300 Wavre - Belgique
Téléphone : +32 10 86 28 00 et +32 475 735 800
 Site internet : http://www.editions-mols.eu
Courriel : mols@skynet.be
 

 

2003 – avec Jacques Gaillot (Mgr) et Alice Gombault « Un catéchisme au goût de liberté »
2007 (édition posthume) - « Chrétiens aujourd’hui : un engagement contradictoire ? »
 

 

Pierre de Locht, né en 1916, est décédé le 9 mars 2007 à l'âge de 91 ans. Chanoine, professeur émérite à l'Université catholique de Louvain (UCL), et fondateur du Centre national de pastorale familiale (CEFA).

à suivre ...

Repost 0
Published by Actualités unitariennes - dans communautés religieuses en débat
commenter cet article
28 août 2010 6 28 /08 /août /2010 06:20

... suite de l'article précédent

 

Courriel du 3 juillet 2010 à Jean-Claude Barbier du réseau de la Correspondance unitarienne

 

« Est-ce que vous passez parfois par Bruxelles ? Si oui, je vous suggère une visite d'amitié à la "Paroisse Libre": fondée par Pierre de Locht (prêtre et théologien non conformiste) et 5 autres personnes, femmes et hommes de grande valeur dans les années 60. J'en fais partie depuis le début et m'en félicite.

 

Nous avons beaucoup innové sur le plan liturgique, en simplifiant extrêmement le rite du pain (du vrai pain, souvent festif, d'ailleurs !) et du vin et en "oubliant" les privilèges sacerdotaux au cours des années écoulées. C'est l'équipe de préparation (il y a une tournante, comportant obligatoirement hommes et femmes) qui prévoit les lectures (nous avons lu tout l'Evangile de Marc en 2 ans, et cette année, ainsi que l'année prochaine, nous lisons les Actes; à quoi nous ajoutons en 2e lecture un passage choisi du 1er Testament en rapport avec la 1ère lecture). Après ces lectures, l'assemblée (de 20 personnes ordinairement, de 40 à 50 aux grandes fêtes: Noël, la semaine sainte et Pâques) se divise en 2 sous-groupes pour s'interroger sur les textes lus à la lumière de notre vécu.

 

Nous pratiquons depuis longtemps le sacerdoce universel mais n'avons pas éprouvé le besoin de rompre avec l'Eglise officielle, qui a accepté jusqu'ici de nous héberger dans la cathédrale de Bruxelles à l'occasion des funérailles de deux de nos fondateurs : Pierre de Locht et Suzanne van der Mersch.


Si vous (et les lecteurs/trices de ce bulletin) êtes de passage à Bruxelles, de septembre à juin, et que vous ayez envie de participer à notre liturgie (le 2e et le 4e dimanche du mois de 18h15 à 20h), prévenez-moi pour que je vous donne l'adresse et avertisse notre petite communauté qui se fera une joie de vous accueillir. Je vous souhaite un très bon été. Edith Kuropatwa, veuve de Louis Fèvre. »

* écrire à la Correspondance unitarienne ( lien) qui vous mettra en relation avec cette paroisse d'un type nouveau.


Puis, dans un second message : « Je réponds volontiers à vos questions: le nom "Paroisse libre" est apparu dès le début de notre aventure et signifie probablement que nous prenons du champ par rapport aux paroisses traditionnelles.


Nous nous réunissons dans une salle privée : jusqu'ici, c'était dans la maison de Pierre de Locht et de Suzanne van der Mersch ; Pierre est décédé, il y a 3 ans et Suzanne, il y a un an. La maison va être vendue ... nous avons cherché un autre lieu d'accueil : nous avons trouvé une salle au rez-de-chaussée d'un immeuble appartenant aux Pères Jésuites de Bruxelles qui nous la louent volontiers pour un prix très raisonnable. Elle est située au rez-de-chaussée et il y a pas mal de possibilités de parking à proximité (ce qui réjouit une de nos membres, handicapée, qui n'arrivait plus à monter les escaliers, rue de la Prévoyance!). Il y a aussi une station de métro pas trop loin.


Il y a eu plusieurs autres théologiens au début de l’aventure : Paul Tihon S.J. (toujours présent aujourd'hui), Robert van der Gucht (aujourd'hui décédé), Claude Florival et Albert Bastenier (qui n'en font plus partie aujourd'hui). Louis Fèvre a rejoint le groupe plus tard. Moi, j'y fus dès le début en tant que membre ; je ne suis pas théologienne *"


* Edith Kuropatwa participe activement à l’équipe de coordination du Réseau Résistance (fondé en 1995 à la suite de l’éviction de Mgr Jacques Gaillot), à la fédération belge des mouvements catholiques réformateurs « Pour un autre visage de l’Eglise et de la société » (PAVES), dont fait partie ce réseau, enfin au niveau européen au réseau à majorité catholique « Eglises et Libertés » (lequel comprend quelques membres protestants).


paves.gifentête du site de la fédération PAVES ( lien)

à suivre ...

Repost 0
27 août 2010 5 27 /08 /août /2010 19:54

suite de l'article précédent et fin

 

Il s’agit en fait d’une communauté chrétienne de base (CCB) qui pratique des célébrations eucharistiques, deux fois par mois *, adaptées à des catholiques soucieux de retrouver une liturgie plus en adéquation avec la participation des laïcs et des femmes, et avec des prises de positions plus engagées sur les questions de sociétés et plus ouvertes sur les questions de mœurs.
* le 2e et le 4e dimanche du mois de 18h15 à 20h


L’originalité est que, dès sa fondation, ses organisateurs adoptèrent le terme de « Paroisse libre » ! Ceci pour se distinguer vis-à-vis des paroisses habituelles, pour bien montrer son indépendance par rapport à la hiérarchie, et que cette nouvelle communauté n’est en aucun cas un appendice ou un groupe interne à une paroisse déjà existante. Cette appellation claque comme un drapeau d’autonomie. Elle est significative de ce que j’ai appelé un catholicisme alternatif (lien), c’est-à-dire non dissident mais entendant « faire Eglise » en tant que communauté volontairement reliée au reste de l’Eglise, respectueux de la hiérarchie mais affirmant une liberté de pensée et agissant comme cellule autonome (pour une définition du catholicisme alternatif, voir notre article "Pourquoi pas un catholicisme alternatif" dans nos Actualités unitariennes du 19 janvier 2010).
 

 

poisson_qui_saute.jpg

cette illustration "du poisson qui saute pour un bocal plus spacieux"

a été choisi pour accompagner le groupe "Chrétiens alternatifs" sur Facebook,

lancé à l'initiative des unitariens français (lien). Soyez nombreux à y participer !

  

Paradoxalement, elle rejoint par certains aspect les paroisses "personnelles" dont le motu proprio Summorum pontificum de Benoît XVI évoque la possibilité, en accordant pour les évêques le droit « d’ériger une paroisse personnelle (…) pour les célébrations selon la forme ancienne du rite romain ». En effet, les paroisses sont généralement constituées sur une base territoriale rassemblant les fidèles qui vivent sur un territoire donné ; mais le code de droit canonique (canon 518) permet aux évêques de constituer des paroisses déterminées par des critères différents : « le rite, la langue, la nationalité de fidèles d’un territoire, et encore pour tout autre motif ».


Ces paroisses sont dites « personnelles », car constituées non plus sur la base d’un territoire, mais des personnes qui s’y rattachent. Elles fonctionnent de la même manière que les paroisses territoriales. En France, il existerait actuellement trois paroisses de ce type pour les fidèles attachés au missel tridentin, à Bordeaux, Strasbourg et Toulon. (informations données dans un article publié le 13-09-2007 sur le site www.la-croix.com).


Bien entendu, le public ciblé n’est pas le même puisque, dans le cas de la Paroisse libre de Bruxelles, il s’agit d’une mouvance catholique progressiste, mais la base juridique, ironie de l’histoire, pourrait être pratiquement la même !


Quelques références bibliographiques :

 
« Bruxelles : Paroisse libre et libres-penseurs. Un vrai dialogue catholaïque », par Christian Laporte, le mercredi 14 octobre 1998 ( lien).
 « Pierre de Locht », hommage du site « calepin de pierre » lors de son décès ( lien), par Pierre Kubick, le 13 mars 2007
« Pierre de Locht à la Paroisse Libre », par Louis Fèvre (du Réseau Résistances) et Jean Debelle (des Communautés de base), publié dans Bulletin PAVÉS n°11 (juin, 2007), lien
 « Pierre de Locht et la pastorale familiale » par René Dardenne (Sonalux), publié dans Bulletin PAVÉS n°11 (juin, 2007), lien

Repost 0
Published by Actualités unitariennes - dans communautés religieuses en débat
commenter cet article

Articles Récents