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18 juillet 2010 7 18 /07 /juillet /2010 05:40

Fillepape.jpgIl s'agit d'un roman signé Jacques Dessaucy, lequel à collaboré à deux organisations internationales catholiques dédiés à la radio, à la télévision et au cinéma. Le nouveau pape révèle à sa première conférence de presse qu'il a une fille. Il l'engage d'ailleurs comme secrétaire, tout comme il nomme un journaliste anglican comme porte-parole du Vatican. Le ton est donné, le nouveau pape va être aux prises avec la partie conservatrice de la hiérarchie !


Commande du livre auprès de l'auteur (lien )

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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 09:13

UBA-logo.gifIssu d'une ancienne dissidence baha'is des années 1930, le mouvement renaît en relation avec l'unitarisme-universalisme américain. Voir cette résurgence sur notre site documentaire de La Besace des unitariens.  

 

Une Association des baha'is unitariens (ABU) a été fondée en mars 2010.

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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 08:19

Massimo Introvigne, sociologue italien spécialisé dans l’étude des religions et directeur du Centro Studi Sulle Nuove Religioni (CESNUR), vient de faire un bilan des études sociologiques sur la crise post-conciliaire (après Vatican II qui dura du 11 octobre 1962 au 8 décembre 1965) (lien), ceci dans le cadre d’un congrès théologique « Fidélité du Christ, fidélité du prêtre » organisé à Rome les 11 et 12 mars 2010 par la Congrégation pour le Clergé à l'Université pontificale du Latran, le cadre de l'Annus Sacerdotalis. Un congrès donc on ne peut plus officiel, suivi par plus de 70 évêques et des centaines de prêtres, et clôturé par le pape qui a plaidé pour une herméneutique de “la continuité sacerdotale” depuis “Jésus de Nazareth, Seigneur et Christ” et rappelant “la valeur du célibat sacré”.


La lettre « Paix liturgique » n° 222 du 21 mars 2010, de la mouvance catholique « traditionaliste » ralliée à Rome, y voit une justification de son active campagne en faveur des messes « extraordinaires » (en latin et selon le rituel ancien) que des groupes de fidèles ont désormais le droit de demander à leur évêque. Sous le titre « La remontée des vocations passe par un retour à l’orthodoxie doctrinale et liturgique : les indications de la sociologue religieuse », Paix liturgique fait la traduction en français du résumé de cet apport du sociologue italien, publié en italien sur le site du CESNUR. En fait, le professeur Introvigne parle seulement « d’orthodoxie », à savoir des normes qui sont habituellement reconnues par l’opinion publique pour identifier un mouvement.


En faisant appel à l’économie religieuse (comme quoi les diverses religions sont en concurrence sur un marché des religions où il y a des offres et des demandes), les sociologues constatent que la crise des vocations aux Etats-Unis a commencé à la fin des années 1960, avant que les affaires de pédophilie n’entachent l’Eglise catholique, et est lié au déséquilibre entre les exigences (et sacrifices) demandées aux prêtres et le statut social de ce dernier, désormais largement désacralisé, sécularisé, beaucoup moins valorisé. Ils notent aussi, aux Etats-Unis et en Europe occidentale, que les diocèses réputés plus « orthodoxes » résistent mieux à la crise des vocations. Ils notent même des reprises des vocations dans les paroisses restées traditionalistes comme celle de Thiberville dans le diocèse d’Evreux, donnée en exemple comme modèle (au sens scientifique du terme) d’efficacité ! 

 

Selon eux, l’affirmation des identités, l’encadrement de proximité (le maintien des paroisses et non leur regroupement en ensemble plus vaste, le maintien des séminaires diocésains), la relation directe avec des prêtres, freinerait l’effondrement des vocations. Bref, soyons exigeants et fermes, et encadreurs proches, si on veut rallier les fidèles ! Ce qui renvoie tout à fait à la chrétienté d’antan ... mais l’Eglise catholique, hors concordat, n’a plus les moyens, depuis belle lurette, d’un tel encadrement de proximité.


En 2000, deux des pères de l'économie religieuse, Rodney Stark et Roger Finke, ont publié une étude célèbre intitulée “La vocation religieuse catholique : déclin et renaissance.” Les deux sociologues y prenaient en considération la chute libre des vocations au sacerdoce et à la vie religieuse, masculine comme féminine, dans six pays - États-Unis d'Amérique, Canada, France, Allemagne, Grande-Bretagne et Hollande - dans les décennies suivant le Concile Vatican II.


Du point de vue quantitatif, la chute a été spectaculaire, en particulier parmi les candidats au sacerdoce (de -81% en Hollande à -54% en Grande-Bretagne) mais aussi parmi les vocations religieuses masculines (de -82% en Grande-Bretagne à -68% en France) et, dans une moindre mesure, parmi les vocations féminines (de -51% aux Pays-Bas à -43% en Grande-Bretagne). Pour Stark et Finke, cette chute du nombre des vocations est brutale et discontinue : elle se produit principalement dans les quatre années qui vont de 1966 à 1969 (tiens, juste après le Concile !), avec une stabilisation successive au moins jusqu'à la fin du XXe siècle. Dans les pays où la crise et la contestation post-conciliaires n'ont pas atteint le degré de virulence qu'elles ont connu aux Etats-Unis, comme par exemple au Portugal, Espagne et Italie, si le nombre des vocations se réduit après 1965, il ne le fait pas au même rythme effréné. Dans ces pays-ci, les figures du prêtre et du religieux continuent à être crédibles et estimées, ce que confirment aussi bien de multiples enquêtes statistiques que la culture populaire. Il n'y a qu'à voir comment, en Italie, dans les films et les fictions de télévision, les prêtres et les religieuses sont généralement représentés d'une manière plus favorable que dans les productions hollywoodiennes.

Certes, on aura des fidèles, mais lesquels ? Des fidèles de plus en plus conservateurs sinon réactionnaires, les plus effrayés par les « dérives » du monde dans lequel nous vivons. Or l’économie religieuse ne devrait-elle pas répondre d’abord aux besoins de religion et porter sur la qualité et la diversité des offres ?

 

Le type d’offre religieuse décrite par M. Introvigne, certes très efficace, n’est pas la seule. On pourrait évoquer par exemple le succès en Occident des spiritualités et sagesses asiatiques du bouddhisme, du taoïsme, des yoga, etc., ainsi qu’une percée tout à fait intéressante du soufisme traditionnel (Djahal al-Din Rumi, par exemple, est un saint musulman du XIIIème siècle désormais universellement connu et apprécié) et, depuis le début du XXème siècle, sous des versions post-coraniques. Succès des exotismes, mais aussi des vécus spirituels plus personnalisés, se dispensant de la lourdeur des encadrements institutionnels perçus par certains comme trop contraignants.


En fait, le sociologue italien intervenait sur un point très précis : comment remplir les séminaires et avoir de futurs prêtres dans les conditions actuelles voulues par l’Eglise et là – il faut bien le reconnaître – il n’y a plus que les milieux traditionalistes qui peuvent encourager leurs progéniture dans une telle voie ! Les milieux libéraux ne peuvent que s’y refuser au nom de la liberté de pensée et le respect des personnes.


Ceci dit les croyants libéraux ne devraient-il pas être plus visibles pour faire recette ?

à suivre ...

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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 08:07

... suite

 

Alors qu’une vision évolutionniste voyait en Vatican II un nouvel élan, une étape enfin franchie, une porte ouverte sur l’avenir, les sociologues remettent en cause ce bel optimiste. Non seulement, il a eu des crispations et des combats d’arrière garde, des « réactions réactionnaires », mais on constate aujourd’hui que le retour du religieux bénéficie grandement aux mouvances les plus conservatrices : la liturgie ancienne fait florès et les demande de messes en latin se multiplient (messes « extraordinaires » autorisées par Rome et demandées auprès des évêques – voir  le site Paix liturgique), les séminaires tenus par des intégristes sont plein de jeunes et futurs prêtres apparemment sans souci pour le vécu futur de leur célibat, les paroisses gérées par le clergé de Mgr Lefèvre (que ce soient des ralliés à Rome ou non encore ralliés) font églises pleines.

Les sociologues rappellent qu’il y a un marché des religions où les acteurs sont en compétition, avec des demandes et des offres ; soit une véritable « économie religieuse ». Ils constatent que plus l’identification des offres est précise, distincte des autres, plus les « clients » sont alléchés et peuvent « acheter » le produit.

 

Or, le christianisme humaniste, qui a connu son heure de gloire avec Vatican II, préconise l’immersion des chrétiens dans le Monde, si bien que leur engagement, n’étant plus « confessionnel », se faisant sans drapeau, ne se distingue plus des autres engagements sociaux et humanitaires. D’où la tentation de revenir à une chrétienté visible avec sa pompe liturgique, son clergé en soutane et sacralisé, des prises de position officielles de la part de la hiérarchie, etc.

Indéniablement, une partie des croyants demande un retour aux valeurs anciennes. La demande est nette au sein de l’Eglise catholique, mais elle existe aussi pour d’autres milieux chrétiens où les libéraux ne font pas florès, ainsi que dans d’autres religions, par exemple en islam où les intégrismes mènent la danse.

 

Les sociologues qui, jusqu'à présent mettaient l'accent sur les évolutions, sur les émergences libérales, sont bien obligés de constater que tout le monde ne marche pas du même pas et que des évolutions divergentes existent en même temps au sein de la société.

à suivre ...


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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 07:54

... suite

Quelles sont les craintes pour ces croyants qui seraient frileux ? Pour les progressistes, il s’agit de fantasmes, de craintes sans fondement, crées et attisés par les médias, par certains mouvements politiques, etc. Une telle hypothèse de l’artificialité des mouvements réactionnaires n’est pas suffisante. Il n’y a pas seulement crainte, mais vécu de situations que certains croyants estiment être de graves dérives. Ils s’appuient eu aussi sur des faits bien réels. Il convient donc de prendre ce vécu au sérieux et ne pas le rejeter d’un revers de main … même si on fait le choix personnel d’aller plutôt de l’avant !

1 - La sécularisation du religieux où les spécificités sont diluées dans un consensus humaniste général. Les valeurs de l’évangile sont désormais partagées par bien d’autres gens que les seuls chrétiens (Frédéric Lenoir nous dit que ces valeurs sont à la base de la conscience européenne), mais alors, puisque son enseignement moral est admis, a-t-on encore besoin du rôle spécifique du Christ : rédempteur, ressuscité d’entre les morts, nous ouvrant la porte du Ciel, etc. Le Jésus historique, laïcisé, reçu et aimé par tous, prend désormais le pas sur le Christ, personnage métaphysique devenu incompréhensible pour la plupart de nos contemporains.

 

Besoin de Christ en tant que Superman pour nous sauver selon la bonne vieille formule dogmatique ; le héros de Dieu, son Elu, son bras droit, porteur de la Parole divine voire même Dieu lui-même incarné. C’est là une figure très forte (la haute christologie disent les théologiens) dont sont nostalgiques bon nombre de chrétiens pour qui c’est la spécificité irréductible de leur christianisme. Sinon le christianisme n’est plus qu’une religion parmi bien d’autres, avec son prophète, ses textes sacrés, son clergé, ses rituels, etc. Certains chrétiens (et pas seulement catholiques) vivent leur minorité sociologique comme une citadelle désormais assiégée.

2 - La libéralisation des mœurs où l’on admet que l’individu s’exprime par des discours personnels, par des accoutrements vestimentaires qui le singularisent, par le vécu d’une sexualité selon sa propre nature, etc., l’exhibition de ces choix personnels par les médias et une économie marchande qui pousse aux nouvelles modes et aux nouveautés de toute sorte, le rejet individualiste par certains qui narguent les morales sociales (on applaudit à la provocation, à l’impertinence, au subjectivisme le plus égocentrique et le plus suffisant), etc. Cela se traduit souvent par des excès, des dérapages, qui font la Une des médias.

 

Pas surprenant dès lors qu’une partie de l’opinion soit outrée par tout cela et rapplique vite fait bien fait dans les mouvances qui accusent l’abandon des valeurs ; les excès des uns alimentant la peur des autres. La liberté n’est plus pour eux une valeur, mais un danger de cacophonie. Même l’Ecole n’arrive plus à imposer une discipline ! Une partie de l'opinion en plus choquée par certains intellectuels "bobo" qui expliquent tout, justifient tout, absout tout, se voulant avant-gardistes afin d'être les premiers dans l'évolution des moeurs.

 

Pour les uns, utopie d’une nouvelle conscience civique enfin basée sur le respect des personnes, pour d’autres désastre sociétal car « on » a ouvert toutes grandes et sans précaution les vannes.

3 - L’hétérogénéisation de la société du fait de l’importance des flux migratoires, des mariages « mixtes » et des métissages, de l’introduction de références étrangères, d’une mondialisation avec l’Internet et les réseaux marchands, religieux, culturels, etc ... Elle fait craindre l’abandon des patrimoines locaux ou bien leur folklorisation.

 

Pour certains, la société n’est plus qu’une somme d’individus venus de diverses origines et vivant temporairement ou à plus long terme sur une même territoire. La citoyenneté est simplement la bonne gestion de ce territoire pour le bien être de ses habitants. Les questions d’identités ne sont plus pertinentes car chaque individu à la sienne. Maintes grandes villes, des régions fortement urbanisées ou qui ont connu d’important mélanges (ou juxtaposition) de populations, se retrouvent effectivement sans identité dominante. La fierté patriotique de sa ville, de sa région, de son pays, de ses appartenances n’est plus vécue par nombre de nos contemporains.

 

Enrichissement culturel pour les uns, appauvrissement sinon dénudement pour les autres.

à suivre ...

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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 07:37

... suite et fin

 

Nos sociétés sont-elles entrain de se casser en deux, avec des dialogues de sourd ? Contrairement à ceux qui espéraient une atténuation des clivages entre conservateurs et progressistes avec la formation d’un centre plus consensuel, voilà que surgissent les extrêmes des deux bords.

 

En fait, une société n’est pas déterminée par un seul facteur qui serait dominant, mais elle est travaillée, tiraillée, par des influences diverses, souvent contradictoires. Elle navigue bien souvent à vue, ballottée par des évènements souvent extérieurs ou imprévus dont elle n’est pas forcement responsable. Il en résulte des avis les plus divers, des choix de société entre souhaits et contraintes, ce dont reflètent sondages d’opinion et résultats électoraux qui donnent le tournis par leur fluidité croissante.

On ne peut donc plus raisonner comme si les communautés civiques, religieuses et autres étaient homogènes, comme si les collectivités territoriales étaient le monopole des autochtones, etc. On doit gérer à la fois le maintien des identités, et à la fois leur diversification et parfois/souvent leurs antagonismes ; à la fois l’histoire et à la fois l’avenir ; on doit conjuguer tout à la fois les continuités et les nouveautés. Tout l’art de la démocratie n’est-il pas un apprentissage du vivre ensemble avec ses identités et ses valeurs ?

Un art bien loin de la démocratie bête et méchante, plus que sommaire, frustre, brutale, seulement électorale et donc ouverte aux démagogies, qui consiste à dégager une majorité qui ensuite imposera sa loi sur la minorité – quitte pour celle-ci à attendre sa revanche – ce qu’on appelle en langage politiquement correct, l’alternative !

 

Or la démocratie est D’ABORD le respect des autres, la prise en compte des minorités, le soucis que chacun trouve sa place avec ce qu’il est et son propre patrimoine au sein de la société (cela s’appelle l’hospitalité, la charité, la compassion dans le champs des valeurs anciennes). C’est à partir de ce respect mutuel que les échanges peuvent se faire, des osmoses se produire, des négociations aboutir en synthèse, des consensus se faire au bénéfice de tous.

A son niveau et dans sa spécificité, à sa toute petite échelle, l’Eglise unitarienne francophone, à l’exemple de toutes les assemblées unitariennes du monde entier, se tient éloignée des professions de foi communautaires, préférant que chacun s’exprime selon ses propres convictions intimes, puis elle organise des échanges, des partages, des mises en commun.C'est ainsi qu'elle organise ses cultes mensuels (lien)

 

Au sein de nos communautés, est-ce que toute personne a la possibilité de s’exprimer, de faire connaître son point de vue, de faire part des projets qui lui tiennent à cœur ? Est-elle écoutée avec attention, prise en considération, non rejetée avec ce qu’elle dit ? Les responsables et les équipes qui ont été élus ou désignés selon une tradition sont ils respectés dans leur travail et non pas contestés systématiquement comme c’est devenu la mode pour certains, un peu trop facilement, avec la vague libertaire ? La démocratie ne doit pas être une comptabilité de voix pour ou contre (même s’il faut le faire pour prendre des décisions), mais d’abord une gestion dynamique de groupes.

Une toute autre vision que celle des communautés religieuse qui mobilisent leur fidèles avec des slogans, des certitudes, des sermons enflammés … En cela, elle contribue à cet art de la démocratie dont nous avons tant besoin.


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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 09:54

ccbf.jpgIl y avait déjà une Conférence des évêques de France (CEF), connue surtout par sa grande modération (pas de vague !), son conservatisme (aux ordres du Vatican), sa capacité à avaler les couleuvres (comme par exemple le don papal d’un Institut « Bon pasteur » à l’archidiocèse de Bordeaux pour y former des prêtres sous la houlette de prêtres traditionalistes), sa lâcheté (Mgr Gaillot, connaît pas !) et son extrême discrétion, loin de toute tentation de gallicanisme ; il y a maintenant, AUSSI, la Conférence catholique des baptisé(e)s de France, quant à elle beaucoup plus inspirée et remuante : çà bouge sous le Souffle (du Saint-Esprit puisqu’il s’agit de catholiques).

 

Face aux communiqués officiels et aux contorsions précautionneuses, voici un langage libéré, donnant des informations sur les dernières nouveautés (livres, sites, rencontres, etc.), abordant avec franchise les problèmes de l’Eglise, appelant à la mobilisation du peuple des baptisés.


Cette nouvelle Conférence, en quelque sorte par le bas, populaire, s’affirme catholique et est fière de l’être. Elle se base sur l’article 208 du droit Canon de l’Eglise catholique romaine qui stipule que « Entre tous les fidèles, du fait de leur régénération dans le Christ, il existe, quant à la dignité et à l’activité, une véritable égalité en vertu de laquelle tous coopèrent à l’édification du Corps du Christ, selon la fonction et la condition propres de chacun ». Bref, les baptisés sont, aussi bien que les évêques, membres à part entière de l’ecclesia qui est une assemblée délibérante capable de prendre des décisions en toute souveraineté. Nous retrouvons là l’inspiration déjà ancienne (les années 1995) de « Nous sommes aussi l’Eglise » (NSAE). Donc rien de nouveau, mais une nouvelle voix parmi les catho réformateurs.


La Conférence manifeste la volonté de réformer son Eglise dans l’élan que lui a donné Vatican II. Elle ne prétend pas toutefois apporter une nouvelle théologie, ni être révolutionnaire. « Nous sommes attachés indéfectiblement à la Bible, la Tradition vivante de l’Eglise, dans le respect fidèle de la lettre et de l’esprit de Vatican II ». En cela, elle est en retrait par rapport à une marge catholique qui, dernièrement, a acquis une certaine autonomie par rapport à la hiérarchie (les communautés chrétiennes de base, NSAE, la Fédération des réseaux des Parvis, le diocèse « Partenia », la revue Golias, etc.) et qui prône non seulement une Eglise rénovée et moderne, mais une Eglise « autre », plus fidèle aux évangiles, dépoussiérée de ses dogmes (du moins de leur formulation vieillotte), célébrant librement, communiant sous les deux espèces et en référence à un repas et non plus à un « sacrifice rituel » devenu incompréhensible aujourd’hui.


Alors que cette marge catholique cesse bien souvent d’aller à la messe, préférant les célébrations organisées par des communautés de base souvent sans prêtre, la Conférence reste au sein de l’Eglise avec le slogan : " Ni partir, ni se taire ". Elle se veut à l’intérieur même de l’Eglise et non sur ses marges ou à la périphérie ; tout le contraire des Parvis (en France, la Fédération des réseaux des Parvis) ou des Pavés (en Belgique, la fédération Pour un autre visage de l’Eglise et de la société) qui n’hésitent pas à aller à la rencontre des non-catholiques et faire cause commune aveec eux au nom de valeurs partagées.


Elle n’est pas non plus dans la dynamique d’un christianisme au-delà des hiérarchies et ouvert au post confessionnalisme que l’on peut trouver par exemple au sein de la Fédération des réseaux des Parvis. Avec la Conférence, on reste entre catholiques et au sein de l’Eglise bien officielle. Elle en dénonce la rigidité institutionnelle, mais c’est pour mieux la servir.


En fait, elle mise sur un laïcat formé par les diocèses, pour l’instant pas forcément contestataire, mais qui, tôt ou tard, demandera à élargir les parcelles de responsabilité qui lui sont encore parcimonieusement concédées. Assurément bien joué de la part de cette Conférence : elle a l’avenir devant elle.


Animée par deux égéries (Anne Soupa et Christine Pedotti) ayant une bonne expérience de l’édition et de la communication, la Conférence se présente comme un réseau de personnes avec en projet la formation de groupes locaux. Contrairement aux Parvis, elle ne s’adresse pas à des mouvements déjà existants. Elle se veut d’emblée mobilisatrice des énergies à partir de son site  (fort bien animé et interactif), d’un forum ouvert à tous, de ses propres militants mais aussi d’une multitude de sympathisants pouvant être déjà engagés par ailleurs. Des mots d’ordre, des manifestations de rue, la proclamation d’Etats généraux, et puis surtout du talent et de l’audace.


Pour l’anecdote, cette Conférence est issue d’un groupe de femmes qui, en réaction à des propos maladroits tenus par Mgr Vingt-Trois, archevêque de Paris, et qui avait été jugés misogynes (il ne suffit pas d’avoir une jupe pour avoir la tête bien pleine !) avaient constitué le Comité de la Jupe pour exiger du prélat une rétractation de ses propos.


Bon vent dans les jupes, bon vent aux catholiques baptisé(e)s, bon vent à ce nouveau mouvement.

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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 05:27

Le malaise est assurément très grand dans les milieux catholiques contestataires, réformateurs, progressistes, libéraux. Nombre d’entre eux ne vont plus à la messe afin de ne plus entendre des propos qui leur semblent surannés, ni de suivre une liturgie qui leur paraît désuète. Certains passent même au protestantisme.

Ils ont mal à leur Eglise, souffrent à chaque nomination d’évêque conservateur (comme récemment Mgr Léonard, évêque de Namur promu au poste d’archevêque de Bruxelles), aux déclarations du Vatican ou de certains prélats. Ils sont nostalgiques de l’élan qui avait été donné par Vatican II et qui leur semble avoir été mis à mal sinon brisé par une réaction menée par les autorités centrales de leur Eglise.

Ils ne rêvent pas cependant de faire dissidence, de fonder une autre Eglise, mais ils veulent réformer leur Eglise de l’intérieur, « faire Eglise, mais autrement ». Ceci dit, ils s’épuisent dans une position défensive par rapport à une Eglise officielle qui, avec ses nouveaux prêtres et ses mouvements cléricaux et charismatiques, s’appuie résolument sur des milieux conservateurs toujours existants. L’Eglise catholique devient de plus en plus un lieu de refuge par excellence contre toutes les aventures progressistes et les excès des mœurs laxistes d’une société de consommation libérée de toute morale. L’évolution est celle d’une dialectique au profit des extrêmes, et à terme celle d’une cassure de fait.

le-lavement-des-pieds.jpg
Entre la résignation inacceptable pour un chrétien qui a la foi et la dissidence (fonder une Eglise catholique indépendante) ou encore le changement d’Eglise (bien d’autres Eglises chrétiennes existent et, somme toute, il y a le choix pour qui veut suivre l’Evangile !), il peut y avoir le vécu alternatif en marge ou en périphérie de l’organisation officielle.

Déjà, des communautés catholiques de base fonctionnent ainsi (depuis plus de trente ans en Italie, puis en France et en Belgique), en pratiquant des célébrations libres avec des prêtres ou sans prêtres. Depuis les dernières années du XXème siècles, les communautés et mouvements catholiques de cette mouvance progressiste se sont regroupés en France (soit une cinquantaine) au sein de la Fédération des réseaux des parvis et en Belgique (soit une quinzaine) au sein des Pavés (Pour un autre visage de l’Eglise et de la Société). Mieux, avec Mgr Jacques Gaillot et le diocèse de Partenia, ces catholiques disposent d’une institution de type diocésain (même si ce diocèse n’existe plus sur le terrain depuis la conquête arabe de la Tunisie !) et d’un leader charismatique. Bref, autant d’institutions qui peuvent servir d'appui pour lancer un mouvement alternatif de plus grande ampleur.

Les ressources humaines ne manquent pas non plus puisque l’Eglise officielle rejette ses enfants : prêtres en concubinage ou mariés, prêtres écartés pour leur homosexualité , prêtres mis sur la touche à cause de leur enseignement jugé non conforme par rapport à la doctrine en vigueur, etc.

Par ailleurs, l’Internet met désormais à notre disposition des moyens efficaces : des lieux d’expression avec les forums, des lieux de documentation et d’information avec les sites et les blogs ; on peut aussi y organiser des cultes comme le fait, au sein d'une autre mouvance chrétienne, l’Eglise unitarienne francophone (culte de maison, suivi d’un partage sur le site) (lien)

D’autres moyens peuvent être mobilisés : pour les réunions de proximité, les plus aisés peuvent proposer leur maison, leur propriété, leur résidence secondaire ; le versement du denier du culte peut être détourné pour les besoins de la mouvance alternative ; la presse catholique contestataire (Témoignage chrétien et Golias en France) est toujours prête à donner de la voix ; etc.

Enfin, les moyens de communication s’étant considérablement développés, les ensembles linguistiques – la francophonie pour nous – deviennent des espaces relationnels privilégiés. Des solidarités et des institutions peuvent mieux s’y organiser, du moins plus facilement que dans les milieux européens ou internationaux dominés par l’anglais que seule une partie restreinte de nos compatriotes pratique avec aisance.

A l’initiative de la Fédération des réseaux des parvis, un Grand rassemblement est prévu à Lyon en novembre 2010. Ne serait-il pas l’occasion de poser des jalons pour un mouvement chrétien alternatif de plus grande ampleur, par exemple au niveau des pays francophones (France et pays voisins, Québec et autres communautés francophones d’Amérique du Nord, Afrique noire francophone), et qui soit plus affirmatif et plus visible avec des institutions et des lieux de décision qui lui soient propres ?

Un mouvement qui soit capable d'initiatives et pas seulement de se cantonner dans une réaction aux faits et gestes de la Hiérarchie, dans une attitude de ronchonneurs systématiques ce qui n'est guère attractif, dans une lutte perpétuelle du pot de terre contre le pot de fer qui ne laisse aucune illlusion sur l'issue. Un mouvement où les catholiques progressistes puissent retrouver la fierté de faire Eglise et la joie de célébrer en commun comme au premier temps du christianisme, au sein de communautés de base de leur choix qui suivent tout bonnement leur chemin sans plus se soucier de Rome et de ses évêques fonctionnaires et préfets.

Mgr Gaillot arrivant en limite d’âge, ne serait-ce pas l’occasion d’y élire son successeur, par exemple parmi les prêtres et théologiens qui ont été écartés par l’Eglise officielle ? Ou encore organiser un intérim pouvant durer le temps qu'il faudra avec un comité et un responsable. Un diocèse qui lui aussi pourrait adopter l’aire linguistique du français : un diocèse pour tous les catholiques alternatifs et francophones.

Des initiatives hardis doivent en tout cas être prises si les catholiques progressistes veulent éviter le rouleau compresseur mis en marche par leur Eglise officielle. Celle-ci dispose en effet de nombreux soutiens, a encore des vocations de prêtres très cléricaux et un bel avenir devant elle en ralliant autour d’un pôle conservateur tous ceux qui, non sans raison, ne suivent pas avec engouement les évolutions contemporaines dont certaines peuvent être légitimement critiquées.

Les unitariens sont en compagnonnage spirituel avec tous les libéraux des autres confessions, religions ou mouvements philosophiques. Ils apportent leur encouragement et leur solidarité  à cette mouvance catholique de type libéral qui est en pleine émergence. Les chrétiens unitariens sont d'ailleurs membres de la Fédération des réseaux des parvis.

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10 janvier 2010 7 10 /01 /janvier /2010 20:18

aumonerie_histoire.jpgLes Amis du 68 rue de Babylone vous invitent à une soirée de présentation et de débat autour de l'ouvrage : "Transmettre la foi, est-ce possible ? Histoire de l'aumônerie catéchuménale 1971-1997", avec la participation de Jean-Marie Swerry et des co-auteurs, en présence de Joseph Moingt et de l'éditeur Robert Dumont (Editions Karthala).

 

Le jeudi 14 janvier 2010, de 18h00 à 20h00, dans les locaux de Temps Présent, 68, rue de Babylone - 75007 PARIS

 

Vous trouverez dans Les Réseaux du Parvis n° 44 de décembre 2009, page 35, une recension par Huguette Charrier.

information reçue de Claude Naud

 

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10 janvier 2010 7 10 /01 /janvier /2010 18:47

Le prochain café-bouquin, organisé conjointement par Droits et Libertés dans les Eglises (DLE) et Femmes et Hommes en Eglise - Genre en Christianisme (FHE), aura lieu le mardi 2 février 2010 de 18h30 à 20H chez Temps Présent, 68 rue de Babylone 75007 Paris (métro St François Xavier).

 

raphael picon dieu-en-procesA lire et à débattre le livre de Raphaël Picon "Dieu en procès", publié en 2009 aux Editions de l'Atelier.

 

Toutes les religions ont besoin d'être critiquées pour ne pas devenir insolentes et sectaires... Et le procès dont il est question ici est donc moins celui de Dieu que de celui des religions.


Se poser la question de la critique de nos images de Dieu, c'est aussi s'interroger sur la crédibilité de de dernier. Si l'on souhaite répondre aux quêtes de sens contemporaines, le discours sur Dieu ne peut que faire appel à la réflexion et à la critique. Dans cette optique, l'auteur attend du christianisme une nouvelle approche des problèmes du mal et des rapports foi/science ou encore sa capacité à démontrer "qu'il ne fait pas barrage à l'émancipation humaine". Nourri des travaux du théologien Paul Tillich, ce livre sonne comme un avertissement lancé à un christianisme tenté par le repli identitaire.

 

Cette information nous a été transmise par Jean-Pierre Schmitz : "Cet échange est largement ouvert à toutes et tous, merci de diffuser l'information autour de vous"

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