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18 octobre 2014 6 18 /10 /octobre /2014 05:47

Un message d'Albert Gandonou, fondateur du mouvement Chrétiens pour changer le Monde (CPCM) à l'occasion de la sortie de son nouveau livre.

Invitation-au-lancement.JPG

 

Chers amis de CPCM,

Voici une nouvelle année académique. Nos activités, en particulier les café-rencontres, vont reprendre à CPCM. Exceptionnellement, au lieu du dernier samedi de ce mois, le premier café rencontre de cette année se tiendra le vendredi 31octobre 2014, de 16h à 18h, à l'Institut Universitaire du Bénin (IUB), à Aïdjèdo à Cotonou. Ce jour-là aura lieu le lancement de "Comment je suis redevenu Africain : second  manifeste du mouvement Chrétiens pour changer le monde".

Cette année 2014-2015 aura pour thème général : "Mettre à distance tous les dogmatismes meurtriers et creux". Les temps que nous vivons aujourd'hui nous demande non seulement de réfléchir, mais de réapprendre le doute, la remise en question de nos diverses croyances, pour nous éviter d'être, par conviction religieuse, des assassins ou des gens qui passent leur temps à exclure leur prochain, leur frère.

Notre invité de l'année sera Bertrand Russell avec son livre :  "Pourquoi je ne suis pas chrétien" (traduit de l'anglais par Guy le Clech, Lux Editeur, 2011). C'est en nous écoutant les uns les autres, y compris et surtout ceux qui ne pensent pas comme nous, que nous apprendrons à nous connaître et à nous respecter les uns les autres, à devenir toujours plus humains, toujours plus fraternels.

Bien à chacun de vous, Albert

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30 juin 2014 1 30 /06 /juin /2014 06:50

Dans le cadre de notre campagne en faveur des albinos qui sont persécutés dans certains pays, notamment en Afrique de l'Est, nous reproduisons ici la version en français du bulletin de juin 2014 de l'organisme humanitaire "Under The Same Sun" (UTSS, lien). Pour contact en français : Amadou Diallo (lien).


under_the_same_sun.jpg
cinq années monumentales
Le 1er mai 2014, l'inauguration d'un mémorial célébrait l'albinisme en Tanzanie ainsi que le 5è anniversaire d'Under The Same Sun (UTSS). Nous avons obtenu notre agrément officiel en Tanzanie le 24 février 2009 et notre bureau en Tanzanie a été mis en service le 6 avril de la même année. Le monument est situé à un rond-point d'un grand axe routier dans la commune de Sangerema, qui se trouve à l'épicentre du lieu des attaques contre les personnes vivant avec l'albinisme (PVA) qui ont commencé en 2007. En souvenir du passé, le monument cite les noms des 139 victimes d'attaques jusqu'à ce jour. Jetant le regard sur l'avenir, une statue grandeur nature en métal, sculptée par des artistes tanzaniens atteints de handicap, montre un père au teint pigmenté portant son enfant atteint d'albinisme sur ses épaules, pendant que la mère au teint pigmenté, met un chapeau à larges bords sur la tête de l'enfant pour le protéger du soleil.
Il montre une famille socialement intégrée vivant une vie normale, anticipant une "nouvelle normalité" en Tanzanie. Car jusque-là, tel n'a pas été le cas puisque les pères ont presque toujours rejeté la faute d'avoir donné naissance à un enfant atteint d'albinisme à la mère, ainsi abandonnés, ou trahis par des attaques, laissés vulnérables à bien des égards.
des invités internationaux ont été du voyage d'UTSS en Tanzanie
Amadou Diallo a été de notre dernier voyage en Tanzanie pour mieux comprendre l'histoire d'UTSS en Tanzanie et rencontrer notre personnel sur place. Il est atteint d'albinisme et originaire de Guinée en Afrique de l'Ouest ; le 28 juin 2008, il arriva en Norvège, fuyant son pays natal, suite à des tentatives d'atteintes à sa vie. Durant les 4 années qui vont suivre, Amadou a reçu 4 refus à sa demande d'asile et a été à de nombreuses reprises confiné dans des camps de réfugiés isolés, attendant une expulsion. Malgré les écueils quasi-insurmontables et une histoire trop longue pour être racontée ici, Peter Ash a pu rencontrer Amadou à Oslo le 15 juillet 2012, avec un passeport et un permis de travail canadien. Ce que la Norvège lui avait refusé, le Canada le lui a offert en l’accueillant sur son sol, en toute sécurité et à bras ouverts. Amadou travaille actuellement dans nos bureaux au Canada et est en charge de la sensibilisation et du plaidoyer en Afrique francophone.
Anthony De Sa est un auteur Canadien empathique qui a été du dernier voyage d'UTSS en Tanzanie pour mieux raconter l'histoire de l'albinisme en Afrique de l'Est à travers un roman fiction. Anthony a grandi dans une communauté portugaise de Toronto. Il est diplômé de l'Université de Toronto et a fait ses travaux de troisième cycle à la Queen's University. Il a aussi fréquenté la Humber School for Writers et la Ryerson University. Anthony est actuellement enseignant - bibliothécaire à Michael Power/St. Joseph High School. Il vit à Toronto avec sa femme et leurs trois fils (lien).
Bran Symondson a fait partie de l'équipe d'UTSS lors de notre dernier voyage en Tanzanie dans l'espoir de raconter l'histoire de l'albinisme grâce à sa caméra originale. Bran vient du RU et est reconnu comme l'un des meilleurs reporters photographes travaillant dans le journalisme aujourd'hui; c’est un collaborateur régulier du GQ Magazine et du Sunday Times, il a été aussi vainqueur du prestigieux Prix Amnesty International Media Award en 2011, et initiateur de plusieurs expositions très acclamées parmi lesquelles : The Best View of Heaven is from Hell (2011) et AKA Peace (2012). Il travaille actuellement sur un nouveau projet intitulé : « 13, for an exhibition in September 2015 » (lien).
UTSS à l'échelon panafricain
Du 22 au 25 janvier 2015, la toute première Conférence panafricaine sur l'albinisme (CPAA) aura lieu à Dar es Salaam en Tanzanie. UTSS parraine cet évènement pour créer un sanctuaire d'apprentissage, de réseau de contacts et d'épanouissement pour les PVA [ndlr - centres d'aide aux albinos] en Afrique, en les équipant avec les meilleurs outils et ressources que nous avons pu accumuler au cours ces 5 années passées. À ce jour, des représentants de PVA de plus de 25 pays africains sont inscrits pour cet évènement. Il y aura également des invités de marque venant de l'ONU, d'Amérique du Nord, d'Europe, de Nouvelle - Zélande et d'Australie. L'Équipe d'UTSS travaille d'arrache-pied sur les préparatifs de cet évènement : étudiant minutieusement les demandes d'inscription à la conférence, les possibilités de logement, les services de traduction et de transport.
le Canada engrange des soutiens d'autres pays
Le 29 avril 2014, Alexandre Lévêque, Haut-Commissaire du Canada en Tanzanie a encore montré que le Canada reste un allié dans cette cause en organisant un déjeuner en l'honneur d'UTSS en compagnie d'autres diplomates étrangers à Dar es Salaam en Tanzanie. Les pays représentés étaient le Canada, la Finlande, la Suède, la Suisse et les États-Unis. Leur soutien tangible s'est manifesté seulement 2 semaines plus tard, après le meurtre d'une dame de 40 ans atteinte d'albinisme. Beaucoup parmi ces pays ont formellement demandé à ce que justice soit rendue à la place de l'impunité au bureau du Premier Ministre de la Tanzanie. Votre don aujourd'hui permettra à UTSS de poursuivre notre travail pour sauver des vies en Tanzanie.
les consultations et soins pour la malvoyance continuent
Entre le 29 avril et le 07 mai 2014, Dr Rebecca Kammer, une spécialiste de la basse vision basée en Californie a encore offert bénévolement son talent original en prodiguant plusieurs consultations pour la déficience visuelle à des PVA dans divers endroits de la Tanzanie. À chaque fois que cela est possible, elle offrira ses services tels que la formation aux consultations, l’incorporation des optométristes et ophtalmologues locaux dans les hôpitaux et universités. Son objectif de long terme est de mieux outiller les spécialistes locaux en soins optiques pour mieux répondre aux besoins spécifiques de leurs compatriotes vivant avec l'albinisme. Une part importante de ses services bénévoles est d’offrir des soins pour la vision de manière continue aux élèves boursiers de notre programme ESF.
les exactions inhumaines contre les PVA continuent
Le 12 mai 2014, une femme tanzanienne de quarante ans, atteinte d'albinisme et mère de 2 enfants, répondant au nom de Munghu Lugata, a été horriblement assassinée. Il s'agit de la première attaque rapportée en 2014.
En plus des attaques et meurtres, beaucoup d'autres formes de représailles continuent de se produire en Tanzanie. Jane Daudi, 20 ans et son fils de 22 mois Makungu Baraka, ont été abandonnés par leur mari et père. Makungu a également survécu à une attaque. Isaiah et son frère aîné Baraka ont été abandonnés par leurs parents en raison de leur albinisme et ont été trouvés errant dans la rue. Ils sont désormais bénéficiaires du programme ESF à l’école primaire de Lake View située à Mwanza. Bien que profondément traumatisés par cette trahison, ils vont maintenant beaucoup mieux.
39 $ par mois assure à un de nos élèves vivant avec l'albinisme la plupart des besoins médicaux, et autres effets personnels et vêtements. 135 $ par mois finance les frais de scolarité, l'internat, les livres et tous les frais personnels à un de nos élèves. Un don unique de 60 $ – ou tout autre montant –sera utilisé là où le besoin est le plus important dans notre programme d'éducation. S'il vous plaît, impliquez-vous et changez la vie d'un enfant!
les élèves atteints d'albinisme s'épanouissent
C'est une réelle émotion de voir combien ces élèves bénéficiaires de la bourse d'études de notre programme (ESF) se sont épanouis au cours des cinq dernières années. Leur développement global, leur bien-être, leur intégration sociale, leurs résultats scolaires et leur niveau en Anglais sont très prometteurs. Ils sont vraiment la réponse la plus forte contre la discrimination que la Tanzanie ait vue ou entendue. "Ce dont nous ne nous rendons pas compte est qu'une blessure mortelle peut devenir une inépuisable fontaine" (par Jerome A. Miller ; The Way of Suffering: A Reasoning of the Heart ; 1992)
L'Église fait-elle une différence ?
Le dimanche 4 mai 2014, UTSS a participé à la messe la plus puissante et la plus émouvante de tous nos voyages en Tanzanie. Le pasteur Valentine Mbuke et sa congrégation BMCC Church, ont visiblement décidé de marcher aux côtés de leurs concitoyens atteints d'albinisme. Jusque-là, aucune des églises visitées par UTSS en Tanzanie, n'a eu d'albinos représentés dans leur congrégation ... MAIS ... cette fois-ci, il y en avait environ 100 dans l'assistance. CE N'ÉTAIT PAS JUSTE QUE POUR LE SHOW !
Chaque dimanche, depuis le Campement d'été de juillet 2013, où cette église avait offert bénévolement son assistance, ils ont été chercher les enfants orphelins de notre programme ESF dans les écoles de Mwanza pour les amener à l'église. Ils passent des heures ensemble à jouer, prier, apprendre, manger affectueusement. Quelques dimanches auparavant, l'Église a même assisté au prêche d'un élève de 14 ans du programme ESF du nom de Severan. C'est un enfant intelligent et courageux. Ils rendent aussi visite aux enfants dans leurs internats lors des journées de rencontres parents/enseignants, lorsque les parents des autres enfants passent pour voir comment vont leur progéniture.
Ce dimanche-là, après que Peter Ash ait lancé son appel à aimer les enfants de Dieu atteints d'albinisme, Pasteur Mbuke a alors invité tous ceux qui voulaient s'engager aux côtés de leurs frères et soeurs vivant avec l'albinisme à se présenter. Toute l'assistance s'est regroupée devant. Il n’y avait pas un seul oeil qui ne soit en larmes. C’est le premier service religieux socialement inclusif auquel nous avons assisté en Tanzanie.
nous rêvons d'une société inclusive
Tout comme notre monument attend avec impatience le jour où les enfants vivant avec l'albinisme vivront une vie normale dans des familles totalement inclusives, UTSS aussi attend avec impatience le jour où toutes les PVA pourront vivre une vie bien adaptée à tous les niveaux de la société. Pour y parvenir, notre politique est de placer tous nos élèves ESF dans des écoles socialement inclusives, nous ne pouvons le faire seuls. S'il vous plaît, aidez nos élèves ESF à atteindre leurs objectifs et à devenir ainsi un message.

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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 09:54

mandela_nelson_pere_d_une_nation.jpg

 

Placé sous assistance respiratoire, c'est assurément une fin de vie pour Nelson Mandela. Il n'a pas été le premier président de l'Afrique du Sud indépendante (des Britanniques), mais il est pourtant considéré comme le père de sa nation. Tels le roi Clovis pour la France et le général De Gaulle plus récemment, il a su, à un tournant historique, rallier toutes les composantes d'une nation, faire d'un peuplement disparâtre, voire scindé en clivages politico-culturels avec des clans hostiles, en guerre civile avec le régime de l'apartheid, un peuple nouveau avec comme on dit une âme. Une justice pour tous, une démocratie pour tous, une citoyenneté pour tous. Cette ouverture non partisane, ce dépassement des contentieux, cette volonté de réconciliation nationale, sont la marque d'un véritable homme d'Etat. Il a fait oeuvre durable. Il a exorcisé son pays de ses vieux démons.

Nous le saluons très fraternellement.

 

ajout du 6 décembre 2013 - Nelson Mandela (1918-2013) est décédé à l'âge de 95 ans, à son domicile, le 5 décembre 2013.

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24 mars 2012 6 24 /03 /mars /2012 07:46

Depuis janvier 2012, le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) - l'Azawad est le pays des Touareg - mène l'offensive contre les garnisons militaires du nord du Mali, lesquelles tombent les unes après les autres, la dernière en date étant Anéfis sur la route nationale de Gao à Kidal. A Bamako, l'armée malienne est en pleine confusion : coup d'Etat de la part de soldats ... mais qui ne sont pas suivis par leur hiérarchie ! Ces soldats reprochent à leur Gouvernement leur sous-équipement en armes et un manque de soutien.


Le MNLA a mis à profit le retour au pays des Touaregs qui soutenaient Khadafi en Lybie ; ceux-ci sont revenus avec armes et devises. Par ailleurs, l'Azawad comprend la région de Kidal qui est considérée comme étant une base sûre pour l'AQMI dont on connaît l'affiliation déclarée à Al-Qaïda : un véritable "sanctuaire", par ailleurs proche des frontières !

 

mali_rebellion_touareg.jpg

attention, le drapeau présent sur la carte est celui de la Guinée ; il faut inverser les couleurs pour celui du Mali.


Plus au sud de cette zone, rappelons aussi que les Etats du Nord du Nigeria appliquent officiellement la charia depuis la fin du XIXème siècle et que la secte Boko Haram, également pro-Al Qaïda, y mène des activités terroristes contre les communautés chrétiennes et les forces de police (attaque de commissariats, etc.).

 

Une nouvelle géographie politique est-elle entrain de se dessiner dans toutes ces régions au bénéfice évident de l'islamisme ?

 

Situation au 31 mars 2012 - Des tirs d'armes lourdes ont éclaté au cours de la matinée à Gao, où des rebelles touareg ont pu pénétrer (dans 3 quartiers sur 8) malgré l'intervention d'hélicoptères de l'armée. À environ 1 000 km au nord-est de la capitale Bamako, Gao est la principale ville du nord du pays et abrite l'état-major de l'armée pour toute la région septentrionale. 

Ces combats interviennent au lendemain de la prise de la localité de Kidal, plus au nord-est vers la frontière algérienne, par le groupe armé islamiste Ansar Dine, appuyé par le Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA), grand groupe rebelle touareg, et des éléments d'al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi).

L'essentiel du nord-est du pays est désormais aux mains des rebelles et seules les garnisons de Gao et Tombouctou restent sous contrôle gouvernemental. Le nord du Mali subit depuis la mi-janvier une vaste offensive de ces rebelles touareg et de groupes islamistes. La junte au pouvoir depuis le coup d'État militaire qui a renversé, le 22 mars, le président Amadou Toumani Touré (dit ATT) a précisément invoqué l'échec du régime contre la rébellion pour justifier son putsch. Lu dans Le Point.fr (lien)

 

Propos de Mgr Jean Zerbo, archevêque de Bamako

« L'intégrisme, nous l'avions pris pour un petit serpent, il s'est révélé être un boa » ! 

Mgr Jean Zerbo a participé aux discussions avec la junte militaire et les partis politiques maliens, la semaine dernière à Ouagadougou, (Burkina Faso), afin de trouver une solution à la crise que traverse le Mali (La Croix du 17 avril 2012).

 

Déjà 200 000 réfugiés et une famine prévisible

Voir l'article dans La Croix du 17 avril 2012 " Les Maliens redoutent l’insécurité et la famine au Nord " (lien).

 

Ajout du 27 juin 2012 - Les mouvements islamistes pro-djihadistes ont pris le pouvoir à Tombouctou et tout récemment à Gao, chassant les Touaregs qui envisageaient un Etat pour eux selon des normes modernes recevables (lien). L'objectif est désormais à un vaste empire islamiste conquérant au coeur de l'Afrique.

 

Ajout du 13 juillet 2012 - Les Touaregs sont divisés entre islam acceptant la laïcité (le MNLA), interne au Mali, et un islam djihadiste (celui de Ansar Dine) rêvant sans nul doute d'un empire s'étendant sur plusieurs pays. Voir l'article paru hier dans La Croix "Pourquoi les Touaregs ont perdu le Nord-Mali" (lien). On peut penser que l'éventuelle reconquête du Nord-Mali se fera avec l'aide et au bénéfice de MNLA ; la partie n'est donc pas totalement jouée.

 

Ajout du 18 janvier 2013 - Les mouvements politiques Touareg au Mali se sont largement discrédités, soit le MNLA qui, bien que laïc, s'est allié avec les plus féroces des islamistes - puis a dévoilé sa faiblesse sur le terrain en étant rapidement éliminé par eux ! -  ou bien ceux d'Ansar Dine qui se sont montrés incapables de mener des négociations avec les autorités algériennes, lesquelles s'étaient entremises en préconisant le dialogue, et qui ont finalement dévoilé leur appétit en fonçant sur Bamako. Cela hypothèque très gravement le projet d'un Azawad dotée d'une autonome régionale. Quelque soit l'évolution politique de cette région, elle devra passer par une formation des élites touarègues.

 

On constate d'une manière générale que le passage de chefs de guerre à chef d'Etat n'est pas du tout évident ; les mutations politiques dépendent beaucoup de l'intelligence des élites qui arrivent au pouvoir ; certaines élites restent tribales et visent seulement l'accès au pouvoir et non l'organisation d'un territoire en vue de son développement. Dans l'histoire française, cette mutation fut manifeste avec le baptême de Clovis (vers 498).

 

Ajout du 6 février 2013 - Suite à l'intervention de l'armée française, le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) et une importante dissidence d'Ansar ed-Dine, le Mouvement islamique de l’Azawad (MIA), se sont désolidarisés avec les islamistes et se sont dit prêts à un arrêt des hostilités et à collaborer. C’est une figure touareg, Algabas ag Intalla, qui a pris la tête du MIA après avoir été, mi-décembre, l’envoyé spécial d’Ansar ed-Dine à Ouagadougou, au Burkina Faso, pour négocier avec la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest une sortie de crise. Ce qui reste d'Ansar ed-Dine est dirigé par le rebelle touareg Iyad Ag Ghaly (originaire de Kidal et déjà en rébellion dans les années 1990), lequel avait finalement décidé, après avoir été tout prêt de se désolidariser des autres groupes armés sous la pression de l’Algérie, fin décembre, de reprendre les hostilités. Le MNLA, de son côté, a fait prisonnier deux responsables d'Ansar ed-Dine, dont le n°3 de ce mouvement. Cette situation relance l'intérêt pour une solution négociée et la réintégration de ces élites touarègues au sein de l'Etat malien.

Ce qui reste d'Ansar ed-Dine continue le combat aux côtés d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), dont l'un des leaders est l'Algérien Abou Zeïd, et le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao). Ces combattants sont principalement réfugiés dans le massif montagneux des Ifoghas.

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11 avril 2011 1 11 /04 /avril /2011 19:18

Les valeurs évangéliques nous invitent à la paix. Les nobles polonais anti-trinitaires du XVIème siècle avaient adopté la même attitude que les anabaptistes de l’époque ; ils avaient troqué leur épée par une arme de bois purement honorifique, devant marquer leur rang, et refusaient les charges de guerre et de justice (les juges étant amenés à condamner à mort !). Mais les Turcs avaient déjà occupé une bonne partie de l’Europe chrétienne, dans les Balkans jusqu’à la Transylvanie et ils assiégeaient Vienne. Dans un tel contexte, nos pacifistes évangéliques n’eurent guère de succès et les anti-trinitaires de Transylvanie, quant à eux, ne les suivirent pas.


Refuser la guerre, cela peut paraître vertueux, mais n’est-ce pas se soumettre à ceux qui utilisent la force, soit de la part de compatriotes moins vertueux, soit de la part de pays voisins ou autres tentés par des hégémonies politiques ?


Dès lors, les pacifistes, voulant la paix à tout prix, sont parfois / souvent amenés à fermer les yeux sur des violations manifestes. Dans le cas ivoirien : déni de la nationalité ivoirienne aux immigrés burkinabè pourtant installés depuis plusieurs générations et auparavant déjà acceptés comme citoyens (durant le « règne » d’Houphoët-Boigny), reports des échéances électorales, déni des résultats pourtant confirmés par les observateurs internationaux de l’ONU, tirs aux armes lourdes sur des quartiers en ciblant des marchés pour faire le maximum de blessés et de morts et sans viser un objectif militaire précis, tirs à balles réelles sur des femmes qui manifestent, ou sur des manifestants non armés, négociations sans cesse remises en cause, etc.


Et pourtant, les Eglises chrétiennes n’ont rien dit, n’ont rien dénoncé, se contentant d’appeler à la paix, à la réconciliation des deux camps, aux négociations. Et lorsque la guerre s’avère finalement nécessaire pour dénouer une situation bloquée, elles se plaignent des dégâts collatéraux, des massacres de population, de la situation humanitaire de plus en plus dramatique, des blocus alimentaires qui touchent en premier les plus faibles, etc.


Cela n’est pas sans rappeler l’attitude de beaucoup d’Eglises chrétiennes et de chrétiens lors des hégémonies fascistes en Europe centrale, en Italie et en Espagne – par contre, reconnaissons que les Eglises chrétiennes furent résistantes dans les pays communistes ce qui fut tout à fait à leur honneur.


Que ce soit en Côte d’Ivoire, dans les pays arabes ou en Palestine, ne faut-il pas d’abord dénoncer les injustices flagrantes, sinon les incantations à la paix ne sont guère crédibles. La paix ne peut se baser que sur le sentiment que la justice est respectée et qu’il n’y a pas de discriminations et d'inégalités par trop criantes.


bagbo_famille.jpgL’Eglise catholique ivoirienne fut paralysée par des avis contradictoires entre ses évêques : il ne lui resta plus que la voie du pacifisme vertueux. Se faisant, elle passa à côté des valeurs fondamentales que sont la démocratie, la citoyenneté sans tribalisme, le respect dû aux mères lorsqu’elles descendent dans la rue pour protester, les actes de guerre limités aux objectifs militaires, etc. Nous ne savons pas ce que les protestants ivoiriens ont dit ; on ne les a pas entendu. Les chrétiens évangéliques, quant à eux, ont été facilement séduits par le discours patriotique et dévot de Mme Simone Gbagbo qui est l’une des leurs.

 

arrêtés ce jour, Laurent Gbagbo et sa femme auront très certainement à répondre de crimes contre l'Humanité.


Pauvres chrétiens, ballottés entre paix et guerre … parce qu’ayant oublié la justice. Reprenant à leur compte les argumentaires opportunistes et militants des uns et des autres comme s’ils ne savaient plus à quel saint se vouer ; ne disant pas autre chose que les camps qui s’affrontent, répétant les analyses des médias ; eux aussi prisonniers des solidarités tribales ou internationales, aboyant avec les loups ; finalement, ne faisant pas mieux que les autres.


Il faut souvent attendre le procès des dictateurs afin que le peuple aveuglé par les polémiques, chrétiens compris, comprenne, enfin, l’étendu des dégâts occasionnés par les ambitions et les vanités de certains dirigeants.


Rappelons nous, Jésus face à Pilate ne fit pas de concession.

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Published by Jean-Claude Barbier - dans en Afrique noire
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3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 03:31

Après la Tanzanie, c'est le Burundi qui est le théâtre d'une vague de meurtres rituels touchant les albinos (pas moins de 16 morts au Burundi depuis 2007). Un trafic d'organes est organisé pour confectionner des talismans chargés de procurer la richesse à leur détenteur ; du fait de leur différence, les albinos sont censés posséder des pouvoirs magiques. Des chasseurs d'albinos y trouvent leur profit.

 

albino_tanzania.jpgfemme albinos en Tanzanie

 

Seule la peine de mort à mis fin à ce trafic en Tanzanie ... mais la peine de mort a été supprimée au Burundi et le trafic s'est déplacé en ce pays. Les associations qui se mobilisent demandent - pour ces cas - le rétablissement de la peine de mort.


Pour en savoir plus, voir le site de Partenia 2000

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2 janvier 2011 7 02 /01 /janvier /2011 19:14

En Afrique et ailleurs, les chrétiens évangéliques louent les candidats aux élections et les princes règnant qui citent la Bible, voyant en eux des hommes politiques qui sont prêts à faire la volonté de Dieu ; ainsi en a t-il été vis-à-vis de Matthieu Kérékou (lorsqu'il fut réélu président après une présidence de Nicéphore Soglo), de Yayi Boni, actuel président du Bénin, et de Laurent Gbagbo, président sortant en Côte d'Ivoire. Je (*) me souviens, car j'étais alors au Bénin, Matthieu Kérékou passant de la langue de bois du marxisme léniniste, avec des discours fleuves à la Fidel Castro, aux citations bibliques - non moins langue de bois - laissa ses compatriotes pantois !

* Jean-Claude Barbier, auteur de cette introduction

 

L'Eglise catholique en Côte d'Ivoire met en avant ses bonnes relations avec les musulmans de ce pays et essaie de garder une certaine indépendance. L'archevêque actuel d'Abidjan n'était pas présent lors de la prestation précipitée et hâtive de L. Bagbo en tant que président proclamée par un Conseil constitutionnel  manifestement à sa solde. Seul l'ancien archevêque d'Abidjan, émérite, nommé cardinal, continue un soutien ouvert à un chef d'Etat de plus en plus contesté, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, et dont le régime vire tragiquement à la dictature sanglante.

 

Cet archevêque émérite s'est attiré la réponse suivante de la part d'un journaliste indépendant ivoirien, Venance Konan (voir son site) :


venance.konan.gif

 

A son Eminence le Cardinal Bernard Agré

Le 23 décembre dernier, j’ai écouté le cardinal Bernard Agré à la télévision ivoirienne caporalisée par M. Laurent Gbagbo. Son Eminence a d’abord demandé que l’on ait une pensée pour les personnes qui avaient perdu la vie au cours des évènements des jours précédents, ainsi que pour leurs enfants et proches qui célèbreront Noël sans leur présence.

 

Sur la crise elle-même, Bernard Agré, qui s’est présenté comme un simple pasteur, a rappelé que dans tous les pays du monde il y a une constitution qui s’impose à tous, et que notre constitution dispose qu’en matière d’élection, c’est le Conseil constitutionnel qui a le dernier mot. Ce qui signifie que lorsque le Conseil constitutionnel s’est prononcé, tout le monde doit s’incliner. Et pour illustrer son propos, il a pris l’exemple de la France où c’est le Conseil constitutionnel qui avait déclaré M. Sarkozy vainqueur de Madame Royal. Il a aussi pris l’exemple des Etats-Unis où c’est la Cour suprême qui avait départagé Georges W. Bush et Al Gore. Enfin, le cardinal s’est insurgé contre les ingérences de la communauté internationale qui ne sait que semer le chaos, comme elle l’a fait en Irak, avant de citer l’exemple du petit Vietnam qui avait réussi à défaire d’aussi grandes puissances que la France et les Etats Unis.


Votre Eminence, dois-je vous rappeler que l’une des valeurs cardinales de la doctrine chrétienne est la Vérité ? Cette doctrine dit que Dieu a envoyé son fils Jésus sur terre pour dire la Vérité au Hommes. Et ce n’est pas par hasard que Jésus ponctuait tous ses sermons de ces mots : « en vérité je vous le dis ». Il est écrit dans le livre sacré des chrétiens, à Jean 14, « Et la Parole a été faite chair et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme la gloire du Fils unique venu du Père. » Votre Eminence, les deux vérités que vous auriez dû dire à vos ouailles, et, au-delà d’eux, à tous les Ivoiriens, sont celles-ci.


La première est qu’en 2005, à Pretoria, devant la méfiance qui régnait entre tous les acteurs politiques ivoiriens, nos leaders politiques, avec à leur tête le chef d’Etat d’alors, M. Laurent Gbagbo, ont décidé que les résultats de ces élections-ci soient certifiés in fine par les Nations Unies. Et celles-ci ont traduit cela en 2007 par la résolution 1765. Cela veut dire que le dernier mot ne revenait plus au Conseil constitutionnel, mais au certificateur de l’ONU. Vous conviendrez avec moi, Votre Eminence, que si le dernier mot devait revenir à l’une de nos institutions, il n’aurait pas été nécessaire d’aller chercher un certificateur ailleurs. Et je remarque que vous-même n’aviez pas bronché lorsque le représentant de l’ONU avait certifié, après le Conseil constitutionnel, les résultats du premier tour qui plaçaient M. Gbagbo en tête du scrutin et éliminait entre autres M. Bédié.

 

Comment donc pouvez-vous parler d’ingérence, dès lors que ce sont les Ivoiriens eux-mêmes qui ont demandé, sans aucune contrainte, à l’ONU de venir certifier leurs élections ? Vous n’avez pas vu d’ingérence dans nos affaires intérieures lorsque cette même communauté internationale finançait notre processus électoral, des audiences foraines à la fourniture d’isoloirs et d’encres indélébiles en passant par les inscriptions sur les listes électorales ?


La seconde vérité que vous auriez dû dire à vos ouailles, aux Ivoiriens, et au monde entier, est que notre droit dit précisément ceci à propos du rôle du Conseil constitutionnel: « dans le cas où le Conseil constitutionnel constate des irrégularités graves de nature à entacher la sincérité du scrutin et à en affecter le résultat d’ensemble, il prononce l’annulation de l’élection et notifie sa décision à la Commission électorale indépendante qui en informe le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies et le Représentant spécial du Facilitateur à toutes fins utiles. La date du nouveau scrutin est fixée par décret pris en Conseil des ministres sur proposition de la CEI. Le scrutin a lieu au plus tard 45 jours à compter de la date de la décision du Conseil constitutionnel. » Votre Eminence, nulle part notre droit n’autorise le Conseil constitutionnel à annuler les résultats d’une région et à inverser les résultats d’ensemble du scrutin. Si tant est que le Conseil constitutionnel avait le dernier mot comme vous le prétendez, il l’avait pour dire le droit, pas pour l’inventer. Le législateur ivoirien n’a pas donné au Conseil constitutionnel le pouvoir d’annuler les voix des électeurs de quelque région que ce soit, et pour quelque motif que ce soit. Le droit de vote est sacré dans toutes les démocraties.

 

Personne, pas même une institution, ne peut se substituer à la volonté du peuple qui s’exprime à travers son vote. C’est pour cela que, s’il y a des fraudes, mais qui ne sont pas de nature à affecter le résultat d’ensemble du scrutin, ce que la Cour constitutionnelle a à faire est de confirmer  les résultats donnés par la CEI. Si par contre ces fraudes sont de nature à fausser la volonté du peuple, on annule alors le scrutin et on redonne la parole au peuple. C’est tout simple, et tombe sous le coup du bons sens, me semble-t-il. Aussi je vous répète ce que vous savez d’ailleurs déjà, aucune disposition de notre droit ne donne l’autorisation au Conseil constitutionnel d’annuler les résultats d’aucune région.

 

En le faisant, il a agi de manière totalement arbitraire, illégale et dangereuse. Vous n’ignorez pas que cette crise dont nous espérions sortir avec cette élection est née du sentiment d’exclusion des populations du nord créé par l’ivoirité. En annulant arbitrairement les scrutins de toutes les régions du nord, le Conseil constitutionnel nie leur citoyenneté ivoirienne aux populations de cette partie de notre pays. En percevez-vous les conséquences ? Ne voyez-vous pas qu’en avalisant une telle forfaiture, vous êtes en train de cautionner la destruction à court terme de notre pays ?

 

Personne n’ignore les accointances entre les membres du Conseil constitutionnel et Laurent Gbagbo. C’est ce dernier qui nous a expliqué que le président de cette institution est l’un de ses amis et qu’il l’appelle affectueusement Pablo. Pablo et ses camarades se sont donc cru en devoir de sauver le soldat Laurent qui venait de perdre l’élection. Au mépris de la survie de leur pays. Dommage qu’ils n’aient pas fait leur cette phrase prononcée par Robert Badinter le 4 mars 1986, le jour où il prêtait serment en qualité de président du Conseil constitutionnel : « M. François Mitterrand, mon ami, merci de me nommer à la tête du Conseil constitutionnel. Mais sachez que dès cet instant, envers vous, j’ai un devoir d’ingratitude. »

 

Aveuglés par leur devoir de gratitude envers leur bienfaiteur Laurent Gbagbo, Paul Yao-Ndré - « Pablo » - et ses amis du Conseil constitutionnel ont été les seuls à voir depuis Abidjan des fraudes massives dans tous les départements qui ont voté pour Monsieur Ouattara, là où les préfets, sous-préfets, observateurs internationaux, diplomates et journalistes présents sur le terrain n’ont vu que des incidents mineurs. Et aujourd’hui, Laurent Gbagbo et ses inconditionnels, dont je vous soupçonne d’en être, sont les seuls à voir en lui le président élu des Ivoiriens, tandis que le reste du monde voit plutôt M. Ouattara. Vous connaissez bien entendu cette phrase de Laurent Gbagbo prononcée en 1999 à propos de Slobodan Milosevic : « quand dans un village tout le monde voit un pagne en blanc et que vous êtes le seul à le voir en noir, c’est que vous avez un problème. »


Votre Eminence, dois-je vous rappeler que c’est sous vos auspices que Laurent Gbagbo et feu Robert Guéï avaient passé en 2000 un pacte selon lequel Gbagbo acceptait que Guéï devienne président de la république tandis que lui-même se contenterait du rôle de Premier ministre ? Guéï a raconté cette histoire peu de temps avant d’être assassiné. A cette occasion, il vous avait attribué des qualificatifs peu élogieux que je me garderai bien de reproduire ici. Vous n’avez pas démenti.

 

L’accession de Laurent Gbagbo au pouvoir en 2000 s’est soldée par la mort de centaines de personnes. Jusqu’à ce jour je ne vous ai pas entendu condamner ces massacres.

 

C’est dans les sous-sols de votre cathédrale que Robert Guéï s’était réfugié le 19 septembre 2002, et c’est là-bas que les soldats de Laurent Gbagbo sont allés le chercher pour l’abattre comme un chien sur la Corniche de Cocody, sans que l’on sache encore à ce jour qui les avait informés de sa présence dans vos locaux. Je ne vous ai pas encore entendu condamner cet assassinat.

 

En mars 2004, Laurent Gbagbo a fait tirer sur les personnes qui avaient voulu manifester pour demander l’application de l’accord de Linas-Marcoussis. L’ONU a compté 120 morts. Je ne vous ai toujours pas entendu condamner ce massacre.

 

En 2008 Laurent Gbagbo a fait tirer sur les femmes qui manifestaient contre la vie chère. Toujours aucune condamnation de votre part.

 

Et en ce mois de décembre 2010, mois de la venue sur terre du fils du Dieu que vous adorez, vous n’entendez pas les cris des personnes que les mercenaires libériens assassinent et torturent toutes les nuits, des femmes qu’ils violent. L’ONU a compté à ce jour 173 tués, des centaines de blessés, des dizaines de cas de torture et de disparitions. Combien de litres de sang faut-il pour étancher la soif de pouvoir de Laurent Gbagbo ? Vous demandez que l’on prie pour toutes ces victimes, mais vous ne condamnez pas les auteurs que vous connaissez bien. Quel genre de pasteur êtes-vous donc, cardinal Bernard Agré ?


Votre Eminence, si vous étiez un homme de Vérité, un homme qui aime son pays, vous useriez de votre autorité pour faire comprendre à Laurent Gbagbo qu’il conduit la Côte d’Ivoire au chaos en voulant s’accrocher à un pouvoir que les Ivoiriens lui ont refusé par la voix des urnes. Nous autres qui tombons sous les balles des tueurs de Gbagbo pendant que des hommes comme vous se taisent, n’avons pas d’autre choix que d’appeler au secours cette communauté internationale que vous semblez détester.

 

La Côte d’Ivoire ne sera pas un nouveau Vietnam. Il n’y a plus de lutte anticoloniale, plus de guerre froide. Il y a juste un peuple qui se bat contre un tyran et qui appelle le reste du monde à son secours, un peuple qui se bat pour sa liberté et qui veut que sa voix soit respectée. Et nous avons foi en ces paroles d’Appolinaire : « Jamais les crépuscules ne vaincront les aurores / Etonnons-nous des soirs, mais vivons les matins. »


Nous continuerons de nous battre, jusqu’à la dernière goutte de notre sang, nous ne baisserons jamais les bras, en ayant foi en ces mots de Barack Obama, le jour de son investiture : « Avec espoir et vertu, bravons une fois de plus les courants glacés et les orages à venir, afin que les enfants de nos enfants puissent dire de nous qu’au moment de l’épreuve nous avons refusé d’abandonner la route, nous n’avons ni reculé ni fléchi et, les yeux fixés sur l’horizon et forts de la grâce de Dieu, nous avons porté ce grand don de la liberté et l’avons transmis, sain et sauf aux générations futures. »

 

ndlr : en Côte d'Ivoire, le slogan de l'ivoirité a dressé les populations chrétiennes du Sud contre les musulmans du Nord du pays, dont de nombreux immigrés burkinabè. Il y a eu déjà 173 morts à Abidjan aux lendemains des élections présidentielles (les premières depuis 2000 qui ont vu L. Gbagbo accéder au pouvoir alors que la moitié du pays s'est abstenu à cause de l'éviction de Ouattara pour non ivoirité, bien que ce dernier ait été - pourtant ! - premier ministre d'Houphouët Boigny). L'ONU a lancé une enquête et tente de localiser les charniers. Un génocide se prépare avec marquage des maisons où habitent des "opposants" à L. Gbagbo. Les "patriotes", dont le leader populiste vient d'être nommé ministre, sont mobilisés et sur le pied de guerre.

 

ajout du 3 janvier 2011 : La publication d’un communiqué commun de la Conférence épiscopale de Côte d’Ivoire (Ceci) prévue pour jeudi 6 janvier a été repoussée. L’Église ivoirienne, divisée face à la crise qui touche le pays, a préféré attendre et réunir l’ensemble des évêques à Abidjan pour prendre la position commune attendue depuis des longs jours ( source : journal La Croix ).

 

ajout du 25 avril 2011 (après la chute de L. Bagbo) : du même journaliste, Venance Konan, "Laurent Gbagbo qu'as-tu fait de ta présidence ?", en date du 22 avril 2011 dans Slate Afrique (lien). Lire également, dans 20 minutes.com, un article du même auteur, du 7 avril 2011 : " Côte d'Ivoire : Pour Gbagbo, la religion est un artifice pour se maintenir au pouvoir " (lien).

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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 12:28

Marie-Louise Abia, 2009 – " Homme et femme Dieu les créa ", édité par J&R Publishing au Royaume-Uni, 311 p.
A commander à J&R Publishing 2009, 6A Redhill Road, Hitchin SG5 2NQ UK, contact. Ou bien sur Internet. Son prix est de 20 euros
- www.chapitre.com
- www.placedeslibraires.com
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- www.priceminister.com

A l’heure où le pape a visité deux pays d’Afrique en rappelant une pastorale parfaitement rigide et anachronique sur des points d'importance, ce roman arrive fort à propos ; il est en plus une voix africaine, celle d’une femme catholique et généreuse.

C’est l’histoire de deux jeunes filles qui, au Congo, en plus d’études sérieuses, passent leurs loisirs à la paroisse, seul lieu d’animation vertueux dans une petit ville d’alors que les parents autorisent à leurs enfants. Elles sont heureuses de s’y rendre utiles, donnant un coup de main aux religieuses et aux prêtres. Mais l’une d’elle tombe amoureuse d’un jeune prêtre et le roman commence. Il se terminera avec les 50 ans d’anniversaire de l’héroïne que ses enfants et petits enfants lui souhaite.

Entre-temps, c’est la violence de parents qui veulent imposer un mariage préparé, puis d’un mari machiste, brutal et libertin, et, côté Eglise catholique, celle d’une communauté de sœurs qui jette dehors les pécheresses (y compris pour un péché d’intention !), d’un évêque qui envoie de jeunes vicaires pour surveiller ses curés, des rumeurs des paroissiens bien pensant, etc.

En contre point, lumineux, cette tante avisée, instruite, ouverte au progrès, qui sait protéger et encourager en faisant fi des quand dira-t-on, et puis un prêtre, fidèle à sa vocation … mais réciproquement amoureux de notre héroïne.
Et puis, au beau milieu du récit, les singes de la forêt qui durant une nuit accueillirent notre héroïne dans une osmose mystique avec la nature où elle s’était réfugiée. Ces singes de la forêt – représenté en couple digne et amoureux - sont d’ailleurs sur la couverture du livre.



Provocante et directe, cette photo, baptisée Kissing-nun, pour une publicité Benetton, oppose le baiser charnel et profane aux vœux religieux. Elle fait partie d'une exposition de photos -
" Des photos qui interpellent ", jusqu'au 24 mai, à la BNF Richelieu (exposition Controverses avec 80 photographies scandaleuses et polémiques. Clichés interdits, objets de poursuites judiciaires, ils sont un témoignage des évolutions de la société. Vu sur le site L’Internaute.

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16 janvier 2009 5 16 /01 /janvier /2009 12:30

Lorsque Jean-Paul II vint au Bénin en 1992, il y rencontra tous les dignitaires religieux, y compris ceux du vodoun. L’Eglise du Christianisme céleste au Bénin, entre autres, reçut une lettre du Vatican. Le pape demandait à tous d’œuvrer pour la paix, bien commun de notre Humanité. Il était alors bien le seul, dans l’esprit d’Assise, à parler ainsi et à faire des gestes dans ce sens dans une Afrique marquée par une évangélisation sur le mode confessionnelle (chaque confession " luttant " au détriment des autres pour avoir le plus de fidèles possibles !) et stigmatisant les religions ancestrales.


Ce fut un mouvement chrétien béninois, de la mouvance catholique, " Chrétiens pour changer le monde " (CPCM), qui, courageusement depuis quelques années, mène campagne pour une ouverture des croyants monothéistes (catholiques, protestants, catholiques) aux religions coutumières dont on reconnaît aujourd'hui toute l’importance dans le patrimoine culturel et spirituel de ces pays.

Aujourd’hui, les méthodistes du Bénin sont acquis à cette ouverture. Un dialogue inter-religieux entre musulmans, chrétiens et adeptes des cultes traditionnels aura lieu à Porto-Novo les 22 et 23 janvier 2009. C’est à l’initiative du pasteur Jean-Claude Basset * qui viendra de Lausanne (Suisse) et du pasteur Zabulon Djarra qui héberge l’événement au Centre chrétien d’accueil et de formation (CCAF), dans l’enceinte de l’Université protestante de l’Afrique de l’Ouest (UPAO). Albert Gandonou, fondateur et animateur de CPCM, présentera une communication à cette rencontre.

* Jean-Claude Basset est responsable du Centre d’étude protestant de Genève (Suisse). Sa femme, Lytta Basset, est professeur de théologie à l’université de Neuchâtel, en Suisse, et doyenne de cette université.



Les cafés-rencontres mensuels du CPCM, prolongeront cette année ce thème de l’inter religieux qui avait déjà été celui de l’année dernière. Ces rencontres se tiennent à l’Institut universitaire du Bénin (IUB), au quartier Aïdjèdo à Cotonou, tél. 21 32 81 97.

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1 décembre 2008 1 01 /12 /décembre /2008 15:20

Les Occidentaux, avec leur bonne conscience soit disant universelle, insistent – et font pression (depuis le célèbre "discours de La Baule" de François Mitterrand) - pour que tous les peuples du monde entier, sans exception, adoptent leur système démocratique basé sur des partis politiques et des votes pour dégager une majorité.

 

Le drame c’est que ce système, qui peut certes avoir ses vertus dans nombre de pays (dont le nôtre), n’en a pas du tout en bien d’autres endroits où il mène même tout droit, sans coup férir, à la guerre civile.

 

C’est le cas, une fois de plus, pour les récents incidents, ces vendredi 28 et samedi 29 novembre 2008, qui se sont passés à Jos, grande ville du centre du Nigeria (Etat du Plateau), à l’occasion d’élections ayant principalement opposé deux partis représentant en fait deux communautés religieuses.

Il a suffit pour cela d’une rumeur selon laquelle le Parti de tous les peuples nigérians (ANPP), majoritairement musulman, avait perdu un scrutin local organisé la veille, face à la formation au pouvoir au niveau fédéral, le Parti démocratique du peuple (PDP), à majorité chrétienne.

Le bilan officiel fait état de 200 morts pour l’instant, en fait peut-être 400 et plus et au moins autant de blessés et 10 000 personnes réfugiées dans des mosquées, des églises ou des casernes de l’armée et de la police.

 

Supposez un instant que la France du Nord vote majoritairement à Droite et que celle du Sud vote majoritairement à Gauche (ou inversement si vous voulez), ceci pour des raisons identitaires (ethnie, religion, langue, etc.) – connaissant le sang chaud des nôtres (héritiers en partie des Gaulois et des Francs !), nous aurions rapidement une partition du territoire avec une guerre civile à la clef qui nous ramènerait vite fait bien fait à l’époque de nos guerres de religion (XVIème siècle).

 

L’Afrique n’a pas le monopole de ces situations ; l’Europe avec ses Balkans et les minorités nationales insatisfaites dans de nombreux pays n’a pas de leçon à donner aux autres continents.

 

En fait, dans maintes régions, le suffrage universelle donne le pouvoir à une communauté identitaire, majoritaire démographiquement, sur une autre, ou les autres. La tendance pouvant être renversée si la minorité est dominante au sein de l’Armée (cas des Sunnites en Irak sous Saddam Hussein, des Tutsi dans des pays d’Afrique de l’Est, etc.).

 

Alors que les populations traditionnelles ont toujours su traiter l’hétérogénéité de leurs établissements humains, l’arrivée de nouveaux immigrants, la cohabitation de communautés ethniques et religieuses par de judicieuses répartitions des pouvoirs, au cas par cas et selon les cultures en présence, les Européens arrivent avec leurs gros sabots et proclament la Vérité comme s’ils étaient des experts en démocratie. Ils sont ainsi responsables de nombre de massacres directement liés à ce mode d’institution.

 

Avec la domination coloniales, il y a eu ingérence des administrations dans les systèmes politiques endogènes ou, plus radicalement, leur mise à l’écart. Et les élites modernes de ces pays, devenues souveraines, font trop souvent preuve d’un affligeant manque d’imagination, se contentant trop souvent (jusqu’à présent) de copier les institutions des pays occidentaux.

 

Les acteurs religieux, lorsqu’ils n’ont pas (ou plus) le bras séculier à leur service, sont bien obligés quant à eux de composer pour maintenir la cohésion de leurs assemblées.

Ce faisant, lorsqu’ils pratiquent le vote, ils le font toujours avec sagesse et non d’une façon bornée.

Les synodes protestants et les communautés baha’is par exemple reportent à des rencontres ultérieures lorsque le consensus ne s'avère pas suffisant en misant comme on dit sur le temps, sur l’évolution des mentalités, mais aussi sur les négociations et autres ajustements. Et lorsqu’il faut – enfin – se décider (car on ne peut pas indéfiniment reporter aux calendes grecques !), les décisions prisent à la majorité entrent en application selon un agenda à la convenance des uns et des autres, sur une période donnée. Au sein de l’Eglise catholique romaine – très réticente vis-à-vis de ce procédé – certains ordres monastiques, des deux genres, élisent cependant leurs propres dirigeants.

 

Oui, pleurons les morts de Jos dont notre " démocratie " à tout vent est directement responsable.

 

Conseil : lire l'interview d'Adam Higazi, chercheur à l'université d'Oxford, dans le journal La Croix ; "Les affrontements au Nigeria sont-ils de nature religieuse ?", propos recueillis par Laurent d'Ersu, article publié le 01-12-2008 sur le site www.la-croix.com (cliquer sur "article publié" pour avoir directement le texte)


Témoignage : nous avons reçu, en commentaire, le témoignage d'une personne qui a vécu à Jos du temps où chétiens et musulmans s'entendaient bien dans cette cité. 

Commentaire sur http://nickyza.over-blog.com

J'ai lu, avec beaucoup d'émotion votre article concernant les morts de Jos au Nigéria. J'ai vécu là-bas une bonne partie de mon enfance et adolescence et ce qui s'y passe là-bas me touche toujours profondément... "En ce temps là", les chrétiens et les musulmans cohabitaient merveilleusement bien... Je ne pense pas que cela ait changé... Ce qui s'est passé à Jos le week end dernier, me semble être à la base, un vil problème politique (accusations de fraude fiscale qui ont dégénéré ...) Hum... comme si ici en France, Ségolène et Martine qui se sont accusées d'avoir triché... avaient déclenché une guerre civile... Au Nigeria, comme dans beaucoup de pays d'Afrique, il suffit de nos jours d'une étincelle pour déclencher des guerres ethniques. C'est bien triste tout ça

ndlr - malheureusement les intégrismes des deux bords ont, depuis, profondément modifié le paysage religieux : d'une part les mouvements islamiques prônant la charia, et d'un autre côté les nouvelles Eglises de type pentecôtiste dont le prosélytisme est acharné. Les mosquées anciennes et l'Eglise catholique essaient bien de calmer le jeu et avaient su effectivement établir de bonnes relations de cohabitation et de respect, mais les nouveaux venus ont un tout autre style. Or ils ont sous leur influence les jeunes et la rue. En cela, oui, le conflit a malheureusement une dimension religieuse. Quels mots pour apaiser ces conflits ?


Oui, je veux bien croire que tout ait changé depuis le temps que j'ai quitté ce pays... C'était en 1970, juste après la guerre du Biafra... Déjà, les choses se gâtaient... alors qu'il y faisait si bon vivre avant ! Je suis bouleversée de voir ce qui s'y passe maintenant... Malheureusement, je pense que nous sommes impuissants devant ces conflits qui nous dépassent. Nous ne pouvons que prier pour qu'un jour tout s'arrange... Merci d'avoir mis mon témoignage sur votre blog

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Published by Jean-Claude Barbier - dans en Afrique noire
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