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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 19:45
Jean-Claude-Barbier--vignette--mai-2008.JPGAlors que le collectif pro-palestinien et anti-juif "Cheikh Yassin", à l'heure des prières, continue ses manifestations devant la mosquée de Drancy en proférant des injures à l'encontre de l'imam Hassen Chalgouni et de la communauté juive de France, nous avons décidé de rendre publique des extraits d'une lettre que nous avions, à titre individuel, adressée à cet imam en date du 31 janvier 2010, peu de temps après que le même collectif ait fait irruption au sein du lieu de prière pour un soi disant débat. Jean-Claude Barbier, chrétien unitarien

Cher Imam et Bien Aimé Frère,

Suite aux évènements qui ont indignement perturbé la vie de votre communauté de prière, j’ai rédigé un article dans nos « Actualités unitariennes » (lien), ceci dès que nous avons eu connaissance des faits, puis avec actualisation à ce jour compte tenu des informations reçues depuis. Nous tenons à vous assurer de notre respect et de notre soutien pour votre engagement dans le dialogue inter-religieux, au sein d’une laïcité respectueuse de toutes les religions.

Je suis chrétien unitarien, ce qui signifie que, en tant que disciple de Jésus, je n’adhère pas au dogme de la Trinité qui a divinisé sa personne (au IIIème siècle, bien après les évangiles). Pour nous, Jésus est un simple homme, un prophète dans l’acceptation habituelle du terme, mais en aucune façon un dieu, encore moins Dieu qui se serait incarné en lui ; si bien que, théologiquement, nous sommes de plain pied avec les juifs et les musulmans.

[...] Notre courant s’est également ouvert à d’autres croyants libéraux d’autres religions, si bien que nous comptons dans nos rangs des personnes musulmanes ou sympathisantes, que ce soit de pratique, de croyance ou de culture. Nous encourageons chacun à suivre la voie qu’il a choisie et l’invitons à partager sa foi et ses fêtes avec les autres et en toute fraternité. Nous avons ainsi récemment lancé les Amitiés islamo-unitariennes (AIU) à partir d’un manifeste et d’un groupe d’une dizaine de membres (lien).

Nous sommes bien entendu très soucieux de valoriser une éthique du dialogue [...]. Apprendre à écouter l’autre, à le comprendre, avant de réagir d’une façon plus où moins intempestive ; s’abstenir de procès d’intention et de toute agressivité ; savoir communiquer, aimer les autres, les encourager dans leurs propres choix et engagements (qui sont de leur entière responsabilité) ; se réjouir avec eux ; partager aussi les difficultés et les souffrances ; être avec eux en patience et en charité comme Paul nous le demande dans ses épîtres et être en compassion comme Dieu l’est aussi avec nous, ainsi que nous le rappelle le Coran.

Les espaces de prière et de culte sont ainsi, par excellence, des lieux d’apprentissage à la démocratie, à une cohabitation des uns et des autres qui se fait dans la paix, dans une osmose mutuelle, dans la joie du partage fraternel, sous le regard de Dieu. Les violences, les imprécations, les accusations, les anathèmes, le dogmatisme, le sectarisme ne doivent en aucun cas y prendre place.

C’est dire que nous suivons avec beaucoup d’attention et de sympathie l’effort des musulmans français pour vivre un islam serein, éloigné de l’emprise et du prosélytisme des sectes politico-religieuses qui, dans leur vision fanatique, voudraient accaparer votre religion. Nous sommes de tout cœur avec vous et avec votre combat. Il y a bien d’autres espaces pour faire de la politique, pour confronter nos arguments, développer nos controverses, s’engager dans des programmes d’action, militer dans des partis [...].

Je vous salue au nom de ma communauté, au nom de Jésus notre maître spirituel. Nous savons que Dieu, le Créateur, le Miséricordieux, le Matriciel, nous bénit tous sans aucune distinction, ni exclusive. Je vous prie de transmettre à votre communauté nos vœux de paix et de pleine entente ; que vos cœurs s’apaisent et s’ouvrent dans la prière et la méditation afin que vous y receviez pleinement le Souffle de Dieu.


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28 janvier 2010 4 28 /01 /janvier /2010 04:32

institut_catholique_de_paris_fond_bleu.jpginstitut_catholique_de_paris_fond_blanc.jpgLundi 25 janvier 2010, une vingtaine d’étudiants, responsables d’associations, imams ou aumôniers musulmans ont reçu leur diplôme universitaire «interculturalité, laïcité et religions », à l’Institut catholique de Paris. C'était la première promotion d'une formation mise en place en 2007 par la Faculté des sciences sociales et économiques (Fasse) de cet institut, destinée aux cadres religieux, culturels et associatifs en priorité de confession musulmane.

Le programme a été mis au point par Olivier Bobineau, sociologue, directeur et maître d’œuvre du contenu pédagogique du diplôme ; ce dernier le qualifie volontiers de « véritable antichoc des civilisations ».

Lancée sur une idée de la République française, c’est donc finalement l’Institut catholique de Paris qui le réalise en raison du refus, au nom de la laïcité, des universités publiques de dispenser un programme de mise à niveau à des étudiants de confession musulmane. On reste bouche bée face à ce refus et on ne peut que s’inquiéter des rigidités et du manque d'imagination de certains milieux universitaires français sur bien de points. Paraît-il, dans ce cas, une question de définition de la laïcité qu'il ne faudrait pas toucher ... Eh oui ! ne pas toucher à la définition !

Cette année, une trentaine d’étudiants, dont quatre femmes et, pour la première fois, des Africains, se sont inscrits.

Voir l’article de Martine de Sauto dans La Croix du 27 janvier 2010

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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 13:11
hassen-chalghoumiL'habitation d'Hassen Chalghoumi, imam à Drancy, a été saccagée en mai 2006 au lendemain de sa déclaration sur la Shoah lors d'une cérémonie commémorative au camp de Drancy à laquelle il avait apporté sa solidarité. Il avait tout simplement osé rappeler qu’Isaac (ancêtre « généalogique » des Juifs) et Ismaël (censé être celui des Arabes) étaient frères. Depuis, il est, pour certains de ses coreligionnaires, « l’imam des Juifs » ! Ce que rappelle ce jour un article du Point.

Il est l’auteur d’un livre à paraître en février « Imam et républicain » aux éditions du Cherche-midi. Voir entre autres à la FNAC (lien)

Voici que, maintenant, ce lundi 25 janvier 2010, dans le cadre de sa mosquée, des musulmans inhabituels des lieux, venus de l'extérieur de Drancy, ont demandé, à la fin de la prière, à prendre la parole afin de répondre aux propos "anti-burqa" de l'imam en question. Celui-ci étant absent, Yassine Aouidet, qui avait dirigé la prière du soir, chercha à le joindre par téléphone. On peut imaginer que l'iman ainsi interpellé esquiva l'invitation à venir dans un tel débat aussi improvisé et qui ne pouvait qu'être houleux.

Il le fut effectivement, notamment lorsqu'un nommé Abdelhakim Sefrioui, du collectif Cheikh Yassine, venu dit-il lui même de 70 km et dont l'intervention a été filmée  dans une vidéo amateur, assura au micro que M. Chalgoumi est "esclave de Sarkozy", est acquis "à la cause de Sarkozy, c'est-à-dire des sionistes. (...) [à noter l'amalgame Sarkozy = sionistes] Cet homme est là contre les intérêts des musulmans, pour servir les ennemis de Dieu", bigre ! suivent des phrases en arabe qui ont tout l'air d'être aussi violentes. Pour certains journalistes, ce seraient là tout bonnement des "noms d'oiseaux" (= des injures qui volent bas).

Pour nous, ce sont bel et bien des propos anti-sionistes et politiques, indignes d'un intervenant à un débat au sein d'un lieu de culte, et qui, plus est, intervient ainsi intempestivement dans une communauté qui n'est pas la sienne
.

L'imam Hassen Chalghoumi étant absent, on peut supposer que des fidèles ont du lui rapporter la scène, peut-être en la dramatisant encore plus. Suite aux propos violents qui avait été effectivement tenus et en en connaissant toute la portée, l'imam a porté plainte pour menace de mort (soit, précisera-t-il, une "main courante" déposée au commissariat de Drancy).

Le président de l'UOIF, Fouad Alaoui lui a benoîtement recommandé la plus grande prudence face aux extrémistes si l'on en juge les propos rapportés par Le Monde : M. Alaoui "condamne l'agression contre l'imam de Drancy", tout en estimant que ce qui s'est passé "n'est pas très étonnant". "Nous l'avons mis en garde à plusieurs reprises pour qu'il équilibre ses paroles parce qu'il risquait d'attirer les réactions des extrémistes." (rapporté par Le Monde). Ah bon ! il ne faudrait plus dire de que dicte la conscience car ces messieurs extrémistes, eux, dictent leur loi ? En tout cas, cette déclaration de F. Alaoui, pourtant par ailleurs vice-président du Conseil français du culte musulman (CFCM), accorde bien hâtivement les circonstances atténuantes aux supposés agresseurs !

Aujourd'hui, la communauté musulmane de Drancy qu'on imagine sous le choc, apparemment unanime dans la langue de bois, jure aux journalistes qu'il ne s'est rien passé, qu'il y avait un simple débat (ah bon ! organisé, prévu à l'avance ou spontané, provoqué ? certes présidé séance tenante par le second imam), que le micro a été donné à des personnalités "religieuses" qui étaient invitées (ben voyons ! bonjour aux conférenciers) : pas même un éclat de voix ? Ce qui semble bien surprenant dans une situation aussi ... tendue. Les journalistes retiennent surtout que l'imam a "menti" puisqu'il a déposé sa plainte en laissant penser qu'il était présent et en mentionnant l'irruption avec violence dans la salle de prière d'un commando de 80 personnes ; mais les mêmes journalistes ne vont guère plus loin dans l'investigation, contents qu'ils sont de leur manchette toute trouvée.

L'imam de Drancy a dénoncé les agissements du groupe Cheikh Yassine, du nom du fondateur du Hamas, tué en 2004 dans un raid israélien. Non sans raison, puisque le nommé Abdelhakim Sefrioui, dont nous avons relaté les propos, appartient à ce collectif. Ce groupe organise entre autres le soutien financier au Hamas. Il est bien entendu soutenu par les Frères musulmans dont l’UOIF est l’émanation pour la France (voir notre rappel d’un livre bien informé qui a eu le mérite en son temps de signaler ce rôle de masque). On comprend dès lors les dénégations véhémentes de Fouad Alaoui qui ne trompent décidemment que ceux qui ne sont pas au courant des coulisses de l’islam en France et en Europe.

Il ne s’agit pas seulement de mouvements, de lobbies et autres groupes de pression, mais nous avons à faire à des groupes qui font effectivement peur. Les musulmans de France sont les premiers à les craindre ; certains le disent en prenant le risque d’en parler ... mais on met cela au compte de l’islamophobie qui serait « ambiante » alors que ce n’est pas du tout la question de l’islam mais, précisément, de sectes politico-religieuses.

L'UOIF entend rester dans les limites de la légalité, se contentant pour l’instant d’exercer son emprise sur le Conseil français du culte musulman  CFCM. Force électorale, elle a su établir des alliances locales et tous ses membres ne sont donc pas des Frères musulmans, mais ce sont ces derniers qui « tiennent » la fédération. Ceux-ci font penser dans leur stratégie aux trotskistes ou autres communistes «révolutionnaires» : le moment venu, ils lèveront le voile * et enverront la démocratie couillonnée aux orties.
* allusion, non pas à la burqa car ce sont les salafistes qui s’en sont emparés, mais au voile des wahabites qui laissent la face visible (entre salafistes et Frères musulmans c’est en effet la lutte féroce pour la direction du radicalisme musulman).

La démocratie "marche pied" : les fascistes et les communistes de notre XXème siècle en ont monté allègrement les escaliers ; l'islam djihadiste n'en a donc nullement l’innovation ; il a été simplement à la bonne école de tout mouvement révolutionnaire qui se respecte. D'ailleurs, toutes les élites de l’extrémisme islamique sortent de nos Ecoles occidentales et pas des moindres. Ce sont des modernistes, des militants parfaitement conscients (et pas du tout des paumés) et convaincus (et pas seulement endoctrinés).

Certains pensent qu’il faut « composer » avec eux (à ne plus en finir ?) afin de ne pas « stigmatiser » l’islam, mais l’islam de France est la toute première victime de ces groupes : aidons la et soutenons ces imams libéraux qui osent dire tout haut ce que la majorité de musulmans pensent tout bas. Oui, l’islam de France a peur des commandos islamiques.

En Amérique du Nord, aux Etats-Unis et au Canada, toute une génération de nouveaux imams, décomplexée, n’hésite plus à participer aux débats télévisés, à faire des déclarations condamnant les extrémistes, à monter au créneau avec sa compétence intellectuelle et théologique.

Les imams des grandes villes de France pourront-ils être protégés comme il se doit par l’Etat afin qu’ils puissent s’exprimer librement ?

ndlr. cet article a été complété le 31 janvier 2010 afin de tenir compte d'informations plus récentes (articles de journaux et vidéos amateurs)

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5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 04:51

C’est vrai que le Conseil français du culte musulman (CFCM), l'instance officielle mise en place en 2003 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, ne brille guère par ses déclarations ! Alors que les Français souscrivent très volontiers aux propos de Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris et des imams de plusieurs autres grandes villes comme Marseille, Bordeaux, etc..

Pourquoi un tel décalage ? Dans un ouvrage publié début 2005, chez Calmann-Lévy, la politologue Fiammetta Venner, dénonçait déjà, en titre de son livre L’OPA sur l’islam de France par l'Union des organisations islamiques de France (UOIF). Interviewée par Jacqueline Remy et Boris Thiolay de l’Express en février 2005, on en apprend de vertes et de pas mûres. Cet interview, intitulé "La face cachée de l’UOIF" a été reproduit sur le site ProChoixNews du lundi 2 mai 2005

 

L'UOIF a été créée en 1983 par des émules de deux formations islamistes. D'un côté, des fans de Rachid Ghannouchi, créateur du groupe islamiste tunisien Ennadha et disciple des Frères musulmans (expulsé de son pays et interdit de séjour en France, il s'est réfugié en Angleterre en 1991). De l'autre, des admirateurs de Fayçal Mawlawi, un Frère musulman libanais qui a vécu en France, a participé à la fondation de l'Association des étudiants islamiques de France (AEIF) et est aujourd'hui responsable de Jamaat Islamiyya, une organisation terroriste au Liban. Au début de ces années 1980, ce n’était qu’un petit cercle d'étudiants et d'activistes islamistes en exil.


Mais depuis 2003, date de la mise en place du CFCM par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, cette fédération d'associations est devenue un interlocuteur privilégié de l'Etat français pour la gestion de l'islam en France. Largement financée par des fonds du Moyen-Orient, l’UOIF achète en effet des mètres carrées de locaux, multipliant partout des mosquées de proximité, ce qui lui donne le droit d’être super représentée au sein du CFCM, laquelle pour ses élections se base précisément sur la superficie des mosquées. CQFD !


Or l’UOIF est une filiale de l'Union des organisations islamiques en Europe, basée à Londres, laquelle diffuse la doctrine officielle des Frères musulmans, organisation parfaitement intégriste qui vise à l’instauration de la charia (les premières brochures de l'UOIF traduites en français provenaient de la Leicester Foundation), et qui a une main mise totale sur le Conseil européen de la fatwa, une instance religieuse.


Le 28 juillet 2003, à Stockholm, cette instance religieuse a défrayé la chronique en justifiant les attentats suicide : il ne fallait plus appeler ces actions des "attentats suicides" mais des "gestes de martyrs", parce que les "fils de Sion" - s'agit-il des Israéliens ou de tous les juifs ? - sont tous (civils ou pas) "des soldats". Jusqu’à présent, elle est la seule instance religieuse du monde arabe a avoir été aussi loin.


L’UOIF est bien organisée, très actives sur les campus universitaires et lors des Ramadan ; elle organise chaque année un grand un meeting au Bourget ; elle finance et soutient le Comité de bienfaisance et de secours aux Palestiniens (CBSP), qui récolte des fonds pour le Hamas, organisation armée palestinienne inspirée par la doctrine des Frères musulmans. Elle se présente (comme Tarik Ramadan qui lui est proche) comme "moderniste", mais au sens de l’utilisation des formes modernes de communication : parler en français, utiliser les moyens modernes de communication, des technologies, aller à l’école (et y imposer le voile islamique – l’UOIF finance des avocats pour défendre les jeunes filles musulmanes victimes de notre système scolaire !), faire du prosélytisme et convertir la vieille Europe, terre de mission (mais les chrétiens n’ont rien à dire, eux qui ont envoyé des missionnaires partout dans le monde, avec des méthodes parfois / souvent rudes pour les autochtones "païens" !), avoir une stratégie mondialiste.


Ceci dit, même si l’UOIF avance masqué, ses agissements et les propos de ses fondateurs et militants, à l’heure de l’Internet, sont bien connus (à moins de jouer aux autruches) *. Pour Jaballah, cofondateur de l’UOIF : "L'UOIF est une fusée à deux étages. Le premier étage est démocratique, le second mettra en orbite une société islamique". Au moins, on ne trompe pas le client avisé sur la marchandise !

* propos et opuscules anti-sémites, prises de position contre la laïcité, la mixité dans les écoles, le droit à l’avortement, etc., pour le port du voile à l’école, le communautarisme chaque fois que nos braves démocraties l’acceptent, etc.  Plus réac, je meurs !


Grâce au CFCM et l’entrisme de l’UOIF en son sein, la France est-elle devenue une base arrière de l’islamisme en Europe ?


Nonobstant ses prétentions exorbitantes : dire ce que tout bon musulman doit faire dans une vision tout à fait étriquée et passéiste de l’islam, cette mouvance compte surtout des militants et fort peu de théologiens. Pourtant, l’UOIF a un institut de formation des imams, dirigé par Youssef al-Qaradhawi, mentor des Frères musulmans, chef du Conseil européen de la fatwa, prédicateur télé sur la chaîne Al-Jazira, à la tête d'une fortune colossale et conseiller religieux de la plupart des grandes banques islamiques dans le monde (il a fait sa thèse théologique sur la zakat, l’aumône légal en islam, afin de la rendre compatible avec le système bancaire "islamique").


Les barbus salafistes sont en concurrence violente avec les Frères musulmans : querelle interne pour la bonne guidance de l’intégrisme musulman. Eh oui ! on se bouscule pour surfer sur la vague ! Ils sont aussi en concurrence, lors des élections, avec les musulmans de France qui sont nombreux à continuer à se référer à leurs pays d’origine respectifs dans le cadre de leurs propres fédérations (les musulmans marocains, algériens, turcs, et réunionnais), soit le maintien d’une logique nationale à l’encontre des grands mouvements islamistes (des Frères musulmans, des wahabites, des salafistes, etc.)

... mais jusqu’à quand à l'heure de la mondialisation ?

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4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 11:39
par Thierry Moralès, cofondateur des Amitiés islamo-unitariennes, éditeur du site Yeshu-bar-maryam, déclaration envoyée au forum des unitariens francophones le jeudi 3 décembre 2009

Selon un sondage Ifop, 41 % des personnes interrogées s'opposent à l'édification de lieux de culte musulmans contre 22 % en 2001. Après la votation suisse sur les minarets, un sondage à été réalisé en France par l'IFOP. Selon ce sondage, 46 % des Français sont favorables à leur interdiction. Près de 40 % les acceptent et 14 % ne se prononcent pas.  « Les Français sont partagés, mais la crispation autour de l'islam n'a jamais été aussi forte »  note le responsable du sondage Jérôme Fourquet.

Mais derrière la question du minaret se profile celle de la mosquée. Seuls 19 % des Français acceptent qu'on en construise. Il s'agit de la proportion la plus faible de ces vingt dernières années.

Personnellement, je me réjouis des minarets comme je me réjouis des clochers parce qu'ils indiquent les uns et les autres la présence de la foi et une vie de prière. Dans une société hyper matérialiste, où les marchandises et les profits sont les nouvelles idoles, comment ne pas se réjouir que des femmes et des hommes aient une vie de prière, une vie spirituelle et aspirent à autre chose que simplement gagner du fric ou en dépenser ?

L'islam est aujourd'hui la deuxième religion de France et la majorité des musulmans vivant sur le territoire sont français. Il faut cesser de percevoir la religion musulmane comme une religion étrangère. L'islam est aujourd'hui une composante de la culture française, de la richesse spirituelle française. De plus, dans un état laïc, la religion musulmane est aussi légitime que n'importe quelle autre.

Bien sûr s'ouvrir à l'islam ne signifie pas accepter tout et n'importe quoi au nom de l'islam. L'environnement et les règles d'urbanisme sont notamment à prendre en considération. Il est nécessaire de se défendre contre toute forme d'extrémisme et d'intolérance religieuse. Mais se défendre contre les formes sectaires et totalitaires de l'islam ne doit pas déboucher sur un rejet de la foi musulmane en tant que telle. Or, refuser la présence des mosquées sur notre sol revient à refuser la présence de la foi et de la prière musulmanes. Un tel refus ne peut que durcir les positions des uns et des autres, ne peut que favoriser les extrémismes de tous poils qui jouent sur la peur, l'ignorance et l'amalgame.

Au lieu de s'enfermer dans une position de victime et de jouer la confrontation, les musulmans et les non musulmans auraient au contraire intérêt à se tendre la main, à favoriser au maximum le dialogue et à collaborer à une cohabitation sereine et constructive. Tout le monde aurait à y gagner.

Oui à la complémentarité pacifique des spiritualités et des bonnes volontés, oui à la fraternité sans discrimination et à la collaboration de tous pour un monde meilleur ! Paix à mes frères et sœurs de l'islam !

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3 décembre 2009 4 03 /12 /décembre /2009 11:51

communiqué de presse de l’Observatoire chrétien de la laïcité (OCL) *, par Jean Riedinger, secrétaire de cet observatoire, le 2 décembre 2009.
* L’OCL réunit plusieurs associations membres de la Fédération des réseaux des Parvis (cependant pas toutes et n’engage donc pas cette Fédération en tant que telle).

Le résultat lamentable de la votation
de dimanche 29 novembre en Suisse a sans doute des causes sociales multiples. Ce vote est fondé, entre autres, sur la peur de l'autre, une peur favorisée par la méconnaissance des réalités de l'islam et l'étroitesse d'esprit qui crée des réflexes d'intolérance. Les intégrismes religieux chrétien et musulman portent une part de responsabilité dans cette dérive, et les analyses mensongères et haineuses de l'Extrême droite populiste ont encouragé ces tendances.

L'Observatoire chrétien de la laïcité analyse aussi ce résultat comme une défaite de la laïcité. Dans nos sociétés pluralistes et sécularisées où vivent ensemble des personnes de convictions et de croyances diverses, religieuses, athées, agnostiques, l'État démocratique laïque garantit les droits de la personne humaine et notamment la liberté de conscience. Cette dernière est protégée contre toute idéologie officielle ou tout communautarisme clos par cet Etat laïque qui garantit aussi les libertés d'association et de cullte dans le cadre du respect de la loi démocratique et des droits humains. L'Etat laïque ne reconnaît aucune religion, aucune conviction et se trouve ainsi dans l'obligation d'assurer l'égalité de traitement des citoyens. Cette obligation joue évidemment en faveur de l'islam comme des autres formes de conviction, religieuses ou non.

ndlr de la Correspondance unitarienne - les affiches de la campagne référendaire ont été d'une rare violence de la part des partis de l'Extrême droite suisse à l'origine de cette initiative. Elles rappellent les temps haineux du nazisme. On ne les imagine pas dans le paysage politique français actuel. Dieu merci et merci à la laïcité à la française !



Dans cette optique, refuser par principe la construction de minarets, c'est refuser aux musulmans, s'ils le désirent, dans le cadre des pratiques légales de l'urbanisme, de manifester dans l'architecture de leurs lieux de culte un signe symbolique de leur foi, comme peut l'être un clocher pour les chrétiens ou tout autre symbole architectural signifiant. Une telle attitude d'intolérance et de ségrégation religieuse et culturelle contredit les convictions laïques
en même temps qu’elle prouve une dangereuse immobilité culturelle.

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3 décembre 2009 4 03 /12 /décembre /2009 08:35

La "burqa" (les communautarismes de tous bords) et moi : pour une réflexion citoyenne sur la montée des fanatismes (et des intolérances induites) en ce début de siècle, par Michel Jamet, rédigé en février-mars 2004 (à Arêches-Beaufort/Bazemont) et toujours actuel.

Un conte moderne


Mettons - supposition gratuite - "qu’on serait" amis, le professeur Albert Jacquard et moi. Outre l’éminent généticien que l’on sait, l’excellent homme qui se bat (avec quelle fougue !) pour accueillir les sans-papiers, les sans-logis, etc., "m’aurait" téléphoné voici quelques mois : " Ecoutez ami, vous êtes avec votre femme tous seuls dans une grande maison : ça serait bien d’y loger quelque temps un couple de Pakistanais que Droit au logement vient de réceptionner à Roissy ...".  Comment refuser à l’ami Albert Jacquard ? Qui se dévoue tellement plus que moi aux autres ! Because ma mauvaise conscience de "nanti" confronté à la détresse des populations du Sud - dont précisément le destin venait confier deux spécimens à ma générosité judéo-chrétienne.


En étant rigoureusement objectif, ça a été – dès le deuxième jour - le début des "emmerdes". Le mari barbu (dans un anglais "pakistanais" magnifiquement compréhensible pour moi) m’a pris à part : "Ça ne peut pas durer, Sir. Vous sortez à n’importe quelle heure de la salle de bains en tenue légère en plus ! Pour ma femme, c’est une offense à sa religion. Il faudra des horaires séparés. Elle prendra de 8 à 9 heures (mais votre femme pourra partager cet horaire : ça la religion le permet). "


Un nouveau problème est apparu (le lendemain soir) en cuisine : " Ça ne peut pas durer, Sir. Hier soir vous avez dîné d’une frisée aux lardons. Mais votre épouse a fait revenir les dés de lard dans la poële. Même lavée, ça garde des traces de porc ! Du coup on n’a pas pu s’en servir pour réchauffer nos galettes de maïs à nous : ç’aurait été contraire à la religion. "


Le 3ème jour, c’est devenu évident : on dérangeait - il allait falloir qu’on pense à déménager ! C’est arrivé aux Serbes orthodoxes qui (durant mille ans) s’étaient crus chez eux au Kosovo * ...
Parabole ? Ouais ... Il n’est que de voir dans les "quartiers" (dès que les prêcheurs salafistes, en dépit de leur français incertain, se sentent en position de force, donc dominants) comment les règles de l’islam intégriste sont imposées à tous sous la menace de représailles. Y compris à une population "de souche" majoritaire dés que celle-ci se retrouve numériquement isolée. A tolérer de tels comportements sectaires, alors Le Pen n’a pas fini de faire des adeptes ...
* voir dans la même rubrique "Islam en Europe", nos cartes sur l'islam dans les Balkans


les diktats religieux

On n’a pas de chance : moins d’un siècle après s’être soustraite aux diktats de l’Eglise romaine, voilà que la société française se voit de plus en plus contestée, dans sa culture du quotidien, par une fraction minoritaire mais tellement plus "volontariste" : faut-il rappeler qu’en 1917 les bolcheviks représentaient à peine 5% de la population russe ; en 2004, sur les 61 millions de français répertoriés par l’INSEE cinq sont (sinon de confession) de "culture" musulmane.


Il ne suffit pas à des filles voilées d’invoquer leur "liberté" en brandissant dans les défilés une carte d’identité française (acquise à leur naissance 20 ans plus tôt via le droit du sol) pour défier les lois de la République. Et de prétendre "choisir" ceux des cours de l’école laïque auxquels la religion leur interdirait de participer : Education physique, Sciences de la vie, etc. ... Si les dites jeunes personnes avaient été Turques nées en Allemagne (jusqu’à ces dernières années), elles se sauraient, comme leurs parents vivant en République fédérale "étrangères" au statut révocable de résidentes et assujetties en tant que telles au "devoir de réserve".
"Devoir de réserve" qui au demeurant ne devrait jamais poser problème : si je séjourne dans un pays dont la culture est diamétralement différente de la mienne, la moindre des corrections implique pour moi l’arrivant de respecter les convictions et usages autochtones, j’en reviens à la parabole de mon "barbu" pakistanais ...


Autant il est chrétien d’accueillir "les mains ouvertes" les immigrants économiques chassés par la misère de leurs pays d’origine, autant apprécierait-on qu’ils n’oublient pas trop vite qu’avant de se sentir ici "chez eux" ils ont été accueillis (depuis à peine quelques décennies) par un pays imprégné dans ses comportements au quotidien par quinze siècles de culture "chrétienne" : observation valable y compris pour les plus athées des Français de tradition ...


Le refus d’une fraction notable des nouveaux arrivants de cantonner les manifestations de leur foi religieuse à la sphère privée sera vécu par le citoyen lambda comme une provocation. Le voile à l’école n’en est pas le symptôme le plus choquant : voir le comportement incroyable dans la période récente de certains maris "barbus" aux urgences de notre hôpital public ... Si cette tendance lourde devait perdurer, alors la xénophobie aurait encore de beaux jours devant elle. Essentiellement dans les couches les moins favorisées de la population française : celles qui ont longtemps voté communiste et qui par désespérance se tournent vers le Front national (FN).


Mais la tentative de mainmise du religieux sur la société civile n’est pas nouvelle ... Au-delà de notre débat franco-français, je citerai un point de vue d’outre-Rhin avec Gerhardt Stenger : "De Galilée à la fin du XIXe siècle, l’Eglise a opposé une résistance farouche à tout ce qui semblait entamer son autorité sur les âmes. La République a imposé Darwin contre l’interprétation littérale de la Bible (...). Il faut que la femme appartienne à la science ou qu’elle appartienne à l’Eglise ! s’écriait Jules Ferry. Dans le même temps, l’Allemagne Bismarckienne la cantonnait "aux trois K" : Kinder, Kirche, Küche (les enfants, l’Eglise, la cuisine) " - triptyque remis à l’honneur par les nazis ".


Jacques Julliard enfonce le clou : " On dit que l’essence de l’islam est de confondre le temporel et le spirituel... Comme si ce n’était pas le cas de toutes les religions ! Certes le Christ paraît avoir eu une claire prescience du problème en distinguant entre le domaine de César et celui de Dieu. Mais l’Eglise, infidèle à ce précepte, a mis près de dix-neuf siècles à se résigner à la laïcité. Aujourd’hui, personne n’est plus convaincu qu’elle de l’intangibilité de la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise, des Eglises et de l’Etat : Pie X a dû s’en retourner dans sa tombe ! ".


La loi de 1905 m’amène à Tarik Ramadan, le très médiatique islamiste qui vit à Londres ... où il verrait bien appliquer la charia ! Ce type a un culot d’enfer ! Titulaire d’un passeport "suisse" ratione loci mais de famille égyptienne à 100%. Et qui se permet dans ses conférences et interviews de s’interroger sur la "légitimité" (sic) de tel ou tel article de notre loi de 1905 (votée rappelons-le par les élus du peuple français). A ce niveau, l’impudence devient un art ! Et si on inversait le cas de figure ? Je me pointe à Téhéran, Ryad ou Khartoum pour dénoncer dans l’une quelconque de ces riantes théocraties telle ou telle disposition (odieuse selon moi) de la charia, qu’est-ce qui m’arrivera ? Voir Salman Rushdie obligé de se cacher depuis 15 ans ! Et c’est dans ces mêmes capitales (et quelques autres) que les ambassades de France ont été voici peu assiégées par des foules "spontanées" criant leur indignation devant les entraves opposées par le législateur français au libre exercice sur notre sol de la religion musulmane.


Claude Lévi-Strauss : "Les civilisations ont le droit de se défendre et dans ce sens une certaine dose de "xénophobie" est légitime – qu’il ne faut pas confondre avec du racisme ... " Le droit de se défendre ...


Le principe est bien connu : "Plus c’est gros, mieux ça passe !". Personne en Occident n’a seulement pensé à rappeler, aux pays où l’islam est religion d’Etat, que chez eux la pratique de toute autre religion est tout simplement interdite ! Pire : en Indonésie ou au Pakistan on a vu des commandos islamistes décimer à la mitraillette les fidèles catholiques ou protestants sur leur lieu de culte même. En mars 2004 au Kosovo "islamisé" : 25 églises ou monastères orthodoxes incendiés, plus de vingt morts et six-cents blessés.


Ça veut dire : je vous mets en demeure d’accepter chez vous ce que je vous interdis chez moi ! Dans ses conférences, Tarik Ramadan l’exprime de façon bien plus soft, moins provocatrice que les prêcheurs wahhabites envoyés dans nos banlieues par des "fondations" saoudiennes : il suggère (chez nous) un moratoire à la charia quant à la lapidation des femmes adultères !


Mais les uns et les autres prônent bien le même islam "englobant", c'est-à-dire, supérieur par essence aux lois "humaines" du pays européen d’accueil (la France en ce qui nous concerne) considéré par le croyant comme "dar el chahada" (terre de prosélytisme et donc de conquête ...). C’est, je présume, cet aspect arrogant d’un islam conquérant qui a dû "donner des boutons" à Michel Houellebecq ("L’islam est vraiment la religion la plus con ...") ou à Claude Imbert qui avouait voici quelques mois dans un édito du Point qui a fait des vagues : "Autant le dire, je suis devenu islamophobe ! ". Ce qui n’est pas très gracieux non plus ...

suite en (2)

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3 décembre 2009 4 03 /12 /décembre /2009 08:10

suite de l'article précédent

de la laîcité

Circulaire de Jules Ferry, ministre de l’Instruction publique (1890) aux recteurs : " Les élèves entrent en classe tête nue." (texte lapidaire mais bien trop simple ...). On a su par les gazettes que la récente loi française [rappel : ce texte a été rédigé en février / mars 2004] interdisant le voile à l’école avait suscité non seulement à Téhéran (ce qui n’étonnera personne) mais aussi en Occident (anglo-saxon notamment) une émotion-réprobation attristée devant "l’intolérance française". C’est finalement assez "normal" dès lors que l’Histoire (avec un grand "H") a conduit nos démocraties occidentales sur des chemins passablement divergents au regard de la laïcité : depuis la Grande Charte de 1215, la devise britannique proclame "Dieu et mon droit" ; auquel répond le "Gott mit uns" de l’Empire allemand (repris à la Deuxième guerre mondiale jusque sur les boucles de ceinturons de la Wehrmacht ...) ; quant aux Etats-Unis, on a le choix avec le "In God we trust" (et pas n’importe où : sur les billets de 100 dollars !), outre (la main sur le cœur) "God bless America", etc.


Alors que dans le même temps, nous avions en France (avant même la chute de la Royauté) le scepticisme des "Lumières", les encyclopédistes Diderot, Voltaire. Et avec la Révolution, la proclamation en 1792 d’une République laïque qui tout au long du XIXème a enfanté les Jules Ferry, Viviani et Clémenceau qui furent les cauchemars de l’Eglise de l’époque ... Car il n’y a pas que l’islamisme : les "Born again Christians" et autres évangélistes américains qui parlent avec George Bush de " Croisade de l’axe du Bien contre l’axe du Mal" seraient bien mal placés pour critiquer le communautarisme des autres !


et pourquoi occulter la montée en puissance du communautarisme juif même hors d’Israël :


Juste une expérience personnelle pour illustrer le phénomène. J’ai depuis cinquante ans un ami proche, Albert D., Juif sépharade de son état et côté religion "n’en a rien à cirer" (...), qui vit depuis que je le connais un agnosticisme tranquille. Et qui aurait volontiers épousé naguère (si ça n’avait dépendu que de lui) une fille goy que je connais bien : tout ça pour dire que l’apartheid communautaire, ça n’est pas du tout sa tasse de thé.

Mais Albert a eu deux filles au mariage desquelles j’ai été convié. Réception les deux fois dans un restaurant connu du Bois de Boulogne avec une pléiade d’invités. Bref le grand truc ! Les mariés : juifs ultra-religieux (pourquoi pas ?) ; dîner intégralement "casher" (y compris les vins et le champagne !). Morceaux joués par l’orchestre : uniquement du folklore israélien. Nous qui faisions partie des 2% de goys invités, on se sentait un peu "étrangers" car risquant par ignorance, tels Louis de Funès dans Rabbi Jacob, de commettre Dieu sait quel impair ...


deux pêcheurs dont l'un s'appelle Moïse et, jouant de sa spécificité, reproduit le miracle de la traversée de la Mer rouge au grand dam de son meilleur ami !

En fait, cet apartheid d’un autre genre ne devait rien au hasard, les mariés ayant récusé pour la cérémonie la synagogue la plus proche de leur domicile - au motif qu’y officiait un rabbin "libéral" qui acceptait de bénir les mariages mixtes ! On pourrait qualifier ce comportement d’un peu "raciste" - s’il était le fait de toute entité ethnique autre que la communauté juive. Impensable ! à cause de la Shoah dont l’évocation, vite dégainée, continue à nous culpabiliser. Mais après ça, critiquer "l’arrogance" du communautarisme musulman devient ... difficile !


retour au voile islamique

On a tout dit et tout écrit ces derniers temps sur la "symbolique" du voile :  asservissement de la femme à l’homme, etc. Moi je trouve (pour une fois) qu’on "charge un peu la barque" de l’islam en oubliant le contexte historique de l’Hégire (VIIe siècle) où est apparu le Coran - et pour qui il a été écrit : des chameliers illettrés et rustiques dont il fallait (peut-être) freiner les réflexes de "mâles prédateurs" vis à vis des femelles ... En protégeant donc ces dernières ! Ce rapport inégal entre les sexes était d’ailleurs inscrit dans la culture commune de l’époque : si ça se trouve, le Prophète (vu les innombrables emprunts qu’il a faits à la Bible) a aussi "pompé" saint Paul dont la 1ère Epître aux Corinthiens - sortie de son contexte historique – susciterait un infarctus à n’importe quelle féministe du XXIe siècle (si elle oublie que l’apôtre écrivait pour la société de ses contemporains du 1er siècle ap. J-C).


Je le cite dans l’excellente traduction de Louis Segond (éditée par la Maison de la Bible à Genève) "Toute femme qui prie la tête non voilée déshonore son chef : c’est comme si elle était rasée (...). L’homme ne doit pas se couvrir la tête puisqu’il est l’image et la gloire de Dieu – tandis que la femme est la gloire de l’homme (...). L’homme n’a pas été créé à cause de la femme mais la femme a été créée à cause de l’homme. C’EST POURQUOI la femme doit porter sur la tête une marque de l’autorité dont elle dépend ... " Texte auquel fait écho le Coran : Sourate II, 228 : " Les femmes ont des droits (compatibles à leurs obligations et à l’usage). Les hommes ont cependant prééminence sur elles ..."
.


Quel "macho" oserait écrire ça en 2004 ? C’est quand l’islam se crispe sur une interprétation littérale de la charia - entre autres - qu’il confine pour nous à l’odieux : la "lapidation de la femme adultère" (pas de l’homme adultère, non !) et l’amputation de la main du voleur ... Alors qu’il s’agit de prescriptions destinées (voici quinze siècles !) à des Bédouins faméliques de la péninsule arabique - pour qui le vol de leur chameau était effectivement un drame (justifiant la vengeance sur le poignet du "criminel", quand on arrivait à le rattraper ...). Sauf qu’en 2004 en Arabie saoudite, la charia qui édicte cette barbarie est toujours appliquée ... aux voleurs de scooters !


"Mon voile, ma burqa, ma pudeur, ma liberté, c’est ma religion, etc."


1 – "ma pudeur..."


La répétition "en boucle" d’une absurdité n’en fait pas une vérité ... En quoi les cheveux féminins seraient ils plus indécents à la vue des hommes que l’inverse ? Je cite littéralement le président du Parti islamique de Malaisie : " Tout ce qui incite à l’adultère doit être interdit. Si une femme ne se voile pas, moi-même je risque d’être excité " J’ai lu ailleurs que "dans la tradition musulmane, les cheveux féminins seraient pour l’homme une évocation insupportable des poils pubiens (sic)". C’est n’importe quoi, voir le jugement lapidaire de Michel Houellebecq ...


Le voile (le mot faisant peur, on le détourne avec des litotes dérisoires : "foulard", "bandana") mais qu’est-ce d’autre qu’une pièce de tissu que des traditions "culturelles", fétichistes et machistes, imposent à la moitié féminine des populations en terre musulmane ? Pas partout d’ailleurs ! Il est plaisant de constater que de très jeunes filles d’origine tunisienne ou turque tentent en France d’imposer leur voile dans l’enceinte de l’école de la République... alors que ledit voile est proscrit dans leur pays d’origine (où personne ne se risquerait à contester !).


2 – " ... ma liberté "


Il serait bien intéressant dans l’absolu (car impossible à mettre en œuvre dans la pratique) d’organiser un referendum à bulletins secrets invitant les femmes de Kaboul à dire si le port de la burka résulte de leur plein gré ... Comme si une religion honorable pouvait conditionner ou réduire une "conduite juste" au port d’un carcan destiné à masquer l’œuvre du Créateur ...


Quel mâle afghan accepterait de ne se déplacer qu’à demi-étouffé (avec un été à 50° Celsius) par le port de cette burka, variante grillagée du voile mais imposée aux femmes exactement à partir des mêmes principes islamiques que le "foulard" ? Je ne désespère pas d’apprendre qu’un jour, dans tel collège du Val Fourré (ou des Minguettes), une de nos jeunes suffragettes musulmanes se sera pointée en "burqa". Rien que pour guetter les réactions des copines ...


Ce choix qui est refusé aux afghanes, les navigants d’Air France le constatent de facto dès que leur appareil décolle de l’escale de Téhéran pour regagner Charles de Gaulle : en un éclair les tchadors sont escamotés dans les bagages à main ! Au profit de la trousse à maquillage ...


En matière de conclusion ...


Il faut rappeler en passant que le Kosovo, terre chrétienne orthodoxe durant mille ans, a fait l’objet d’une immigration musulmane continue depuis l’occupation turque et que la majorité serbe-orthodoxe y est devenue minorité à l’époque moderne : certains y réclament déjà l’application de la charia. Alors que la "liberté" de chacun (si souvent invoquée à tort) doit trouver ses limites dans celle des autres, de ceux qui ont eux aussi le droit de penser !


Comment faire comprendre à nos nouveaux fondamentalistes que la religion, la relation de l’homme avec le sacré ne doit se pratiquer, s’affirmer, exister, que dans la sphère privée. Que la foi est affaire personnelle. Et qu’elle n’a donc rien à faire dans l’espace public.


ndlr : Qu'on se le dise ! Les unitariens, adeptes de la liberté de pensée individuelle, ne s'interdisent pas les coups de gueule ! Ils le font toujours en leur nom personnel et signent des textes d'auteur. De là leur franchise, parfois / souvent à contre courant des opinions publiques bien pensantes 

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7 octobre 2009 3 07 /10 /octobre /2009 18:46

Brahim Naït-Balk est fils de mineur et a grandi à Saint-Étienne en banlieue ouvrière. Il est l’aîné de sept frères et sœurs. Il a vécu la vie de cité, à Saint-Etienne puis à Alnay-sous bois. A 30 ans, il avoue son homosexualité et dénonce l’hypocrisie de son milieu social et religieux où l’homosexualité est bel et bien présente et très soigneusement cachée.

Il est maintenant entraîneur du Paris Football Gay mais d’autres équipes refusent de jouer contre son club. Précisons que ce club, en dépit de son intitulé, n'est nullement un ghetto communautariste puisque des joueurs héréto s'y sont ralliés (lien).

Il vient d’écrire un livre courageux "Un homo dans la cité" aux éditions Calmann-Lévy (prix TTC 12 euros).


Cessons de confondre différence de genres, orientation sexuelle et religion. Dieu est pour toutes et tous et fait nulle exception. Dieu n’est pas arbitraire, surtout depuis qu’on dit qu’il est Amour !  Les unitariens ne peuvent que saluer le parler vrai de ce livre.

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31 mars 2008 1 31 /03 /mars /2008 20:22
L'un des maîtres spirituels musulmans le mieux connu en Occident est, bien sûr, Jalaluddin Rumi (1207-1273), mystique et poète dont les disciples étaient chrétiens, juifs aussi bien que musulmans. On trouve dans le Munaqib al-Arifin * (les Actes des Adeptes) d'Aflaki l'histoire du marchand persan qui était en quête de la sagesse et devant lequel Rumi opéra une étonnante démonstration.

James W. Redhouse, Legends of the Sufis, Kingston (Surrey, Angleterre), 1965 ; réimpression de l'édition de 1881 du Munaeibal-Arifinde Aflaki (Les Actes des Adeptes).


Cet homme originaire de Tabriz vint à Konya (alors appelé Roum), en Turquie d'Asie, à la recherche d'un enseignement spirituel. Il apportait avec lui une offrande de cinquante dinars. Aflaki poursuit :


Lorsqu'ils arrivèrent au collège, Jelal (Rumi) était seul, dans la salle de conférence, plongé dans l'étude de quelques livres. Tous le saluèrent et le marchand se sentit comme subjugué à la vue du maître ; il fondit en larmes et ne put dire un mot. Jelal s'adressa alors à lui en ces termes :

" Les cinquante dinars que tu as apportés en offrande sont acceptés ... Les pertes que tu as subies, et qui te préoccupent, sont dues au fait qu'un jour, alors que tu te trouvais dans le pays des Francs occidentaux, tu t'es rendu sur la place d'une certaine ville : là, tu as vu un pauvre, un Farangi (Européen), l'un des plus grands parmi les saints chéris de Dieu, allongé dans un coin du marché. Lorsque tu es passé, tu as craché sur lui et tu as montré de la répulsion, Son coeur fut blessé par ton geste et ta conduite. De là viennent les épreuves qui t'ont affligé. Va, fais la paix avec lui, demande-lui pardon et transmets-lui notre salut. "

A ces mots, le marchand fut pétrifié. Jelal lui demanda alors :

" Veux-tu que nous te le montrions ? " Sur ces mots, il posa la main sur le mur et dit au marchand de bien regarder. Instantanément, une porte s'ouvrit dans la muraille et le marchand aperçut alors cet homme endormi sur une place du marché, en Europe. A cette vue, il baissa la tête et déchira ses vêtements, s'éloignant de la sainte présence dans un état de stupeur. Il se souvint de tous ces événements comme s'il s'était agi de faits.

Il commença aussitôt ses préparatifs et se mit en route sans tarder vers la ville en question. Quand il l'eut atteinte, il s'enquit du quartier où il désirait se rendre, et de l'homme qu'il avait offensé.

Il le trouva endormi, tel que Jelal le lui avait montré. Le marchand descendit de sa monture, et salua le derviche * Farangi prostré sur le sol, qui s'adressa immédiatement à lui en ces termes : " Que faire ? Notre Maître Jelal ne me laisse pas faire ; j'aurais tant voulu te faire voir le pouvoir de Dieu et te faire connaître qui je suis. Mais maintenant, approche ! "
* l'Européen en question se révèle être lui aussi un adepte de Jelal !

Le derviche Farangi attira le marchand sur son coeur, l'embrassa à plusieurs reprises sur les deux joues, puis il ajouta : " Regarde maintenant. Puisses-tu voir mon Seigneur et Maître, mon Guide spirituel, et être témoin d'un prodige. "

Le marchand regarda et il vit le Maître Jelal transporté par la danse et la musique sacrées il chantait cet hymne : " Son royaume est vaste et pur; chacun y trouvera sa juste place ; Que tu sois cormaline, rubis, motte de terre ou caillou sur Sa montagne Si tu crois, Il te cherche ; si tu ne crois pas, Il te purifie dans la joie. Sois à volonté ici un fidèle Abu-Bekr *, et là un Farangi "

* Abu-Bekr, compagnon du Prophète, symbolise ici celui qui observe fidèlement les pratiques de la tendance majoritaire de l'islam, la sunna. Certains ont affirmé que le "derviche franc" n'était autre que Raymond Lulle de Majorque, dont les écrits témoignent qu'il approuvait les Soufis.


Extrait de : Idries Shah, L’éléphant dans le noir, Le courrier du livre 1980,
ISBN 2-7029-0103-4


Texte lu sur le site de Jean-Claude Flornoy "Les tarots de Marseille".

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