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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 05:26

michel_benoit_naissance_du_coran.jpgLa violence de l'auteur du Coran, du texte, des interprétations, de ses lecteurs, des orateurs qui le citent ... Pour Michel Benoît, cette violence se situe à la naissance du Coran et relève de sa dimension messianique. Voir la présentation de ce livre sur le site des Amitiés islamo-unitariennes (lien) et les premières réactions sur le site personnel de Michel Benoît (lien).

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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 15:41

Le choc des civilisations * a été énorme (bien que prévisible) entre les "printemps arabes", qui ont mis en avant la culture des Droits de l'Homme, et la victoire électorale des islamistes du parti politique d'Ennahda en Tunisie qui a raflé la mise (lien), si bien qu'il ne reste plus guère que l'humour pour s'exprimer. Le prochain Charli Hebdo (journal satirique) s'en fera l'écho dans un numéro intitulé pour l'occasion Charia Hebdo ( lien).

* Pour ceux qui doutent encore de ces chocs culturels, précisons que ce n'est pas tellement entre l'islam et le reste du monde, mais entre l'islam ultra conservateur des mouvements islamistes - et d'une façon générale entre les mouvances intégristes de toutes les religions - et la culture des Droits de l'Homme.

 

Muhammad est présenté comme ayant accepté d'être le rédacteur en chef exceptionnel de ce numéro et promet d'emblée 100 coups de fouet à ceux qui ne mourront pas de rire ("mdr", "lol" pour les internautes). Il apparaît avec un nez rouge de clown en affirmant (dans le style des promesses électorales d'Ennahda) : " Oui, l'islam est compatible avec l'humour ". Au sommaire, un apéro "halal" (en édito signé par le Prophète), des développements sur la "Charia molle" et un "supplément Charia Madame", etc.

 

muhammad-dans-charia-hebdo.jpg

C'est sûr qu'il faut s'attendre à un tollé ! A vos kiosques à journaux pour ce mercredi ; çà va être la ruée !


On va encore nous répéter pour la nième fois qu'il y a discrimination des musulmans, alors qu'il ne s'agit pas DES musulmans en général, mais bel et bien d'une mouvance intégriste qui est parfaitement identifiée depuis belle lurette. On peut s'attendre aussi que ceux qui acceptent sans état d'âme que la croix ou la figure de Jésus soit mis en scène d'une façon qui ne relève pas toujours du bon goût ni de la création artistique (exemple du Piss-Christ, lien) soient en première ligne pour protester contre ce numéro de Charlie Hebdo ... puisqu'il s'agit de l'islam (et non pas du christianisme) ! Pour certains, il y a manifestement deux poids deux mesures (voir notre dossier "Entre islamophobie et islamophilie", dans la rubrique "l'islam en Europe", lien).

 

Mais qui donc a mêlé l'islam aux votes électoraux sinon les islamistes eux-mêmes. En politique, on reçoit des coups, c'est bien connu. L'ours se fait coincer le museau quand, trop goumand, il l'enfonce dans les fentes d'un arbre à la recherche du miel !

 

En tout cas, la tradition unitarienne admet parfaitement la critique des religions dès lors qu'elle est fondée. Cette tradition a eu le mérite de l'avoir fait à l'égard du christianisme, et ceci depuis la Réforme antitrinitaire du XVIème siècle dans le cadre du protestantisme. Que les autres religions fassent aussi leur Réforme !

 

ajout du 2 novembre : Pour ceux qui doute encore de la dangerosité de ces mouvances islamiques dont une partie milite ouvertement en faveur du djihad et du terrorisme, le siège de Charlie Hebdo a été attaqué avec des coktails molotov dans la nuit du 1er au 2, suite à l'annonce faite de ce n° satirique, la nuit même ! (lien)

 

Pour mieux connaître la mouvance salafiste (dont une partie passe aux actes terroristes), voir l'excellente description qu'en fait un jeune et courageux sociologue, Samir Amghar : "C'est quoi un salafiste (français)" dans Slate.fr du 2 novembre 2011 (lien). Vous y verrez combien cette mouvance est à la fois dogmatique et simpliste dans son vécu religieux, mais aussi très moderniste et parfaitement à l'aise dans l'univers occidental.

 

ajout du 9 décembre : voir l'article de Michel Benoît "Charia or notre Charia (Hebdo)" sur son blog (lien), expliquant la genèse de la dite Charia et la tradition iconoclaste adoptée par l'islam.

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Published by d'après Charlie-Hebdo - dans l'islam
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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 08:42

Partout où une ethnie ou bien une religion est nettement majoritaire dans un pays, la démocratie s’avère être un leurre car les votes électoraux ne résultent pas de choix politiques individuels mais reflète tout simplement l’appartenance sociologique des citoyens. Les partis islamistes l’ont bien compris qui parlent de religion, de la référence à la charia, et non point de programmes politiques proprement dit. Leur réseau caritatif laisse croire au peuple qu’ils ont la fibre sociale. Ils s’abstiennent prudemment de parler des sujets brûlants : les droits de la femme, la législation de la famille, le sort des minorités, le respect des homosexuels, etc. Ils arrivent au pouvoir par les urnes auréolés de bonnes intentions, ce qui s’appelle avancer masqué. Les média parlent d’un islamisme modéré, comme si la charia n’était pas une référence des plus réactionnaires ! Imaginons que les catholiques intégristes prennent le pouvoir en France par le biais, par exemple, du Front national : les mêmes médias se déchaîneraient immédiatement et crieraient au loup !

islamistes tunisie libyeCertes, les Frères musulmans se trouvent débordés sur leur flanc radical par les salafistes qui, eux, sont pour des méthodes d’action musclée avec attentat contre les lieux de culte des coptes et autres chrétiens, saccage des lieux culturels qui osent – disent-il – profaner leur religion, voire des actes terroristes. Ce que firent aussi, en leur temps, les Frères musulmans, maintenant convertis apparemment au légalisme afin de mieux passer aux élections ! Voir notre article du 5 décembre 2009 "L'OPA des intégristes sur l'islam de France" (lien).


islamistes_entre_femmes.jpgL’islam ne prône pas la séparation du politique et du religieux, bien au contraire. La laïcité, dans les pays très majoritairement musulman, n’a pu se manifester que grâce à des régimes politiques autoritaires s’appuyant sur l’armée : Mustafa Kemal Atatürk (1881-1938) en Turquie, le Baas en Irak et en Syrie, Nasser en Egypte, le FLN en Algérie, Bourguiba puis Ben Ali en Tunisie (le pays arabe le plus avancé dans les droits aux femmes), même Mouammar Khadafi en Libye (eh oui ! qui a accordé aux femmes le droit au divorce et interdit la polygamie). Les votes électoraux ouvrent automatiquement les vannes à l’islamisme et réduisent les partis démocrates à la portion congrue. Le résultat est bien entendu amère pour tout ceux qui écrivirent avec leur sang les printemps arabes. Le coucou est arrivé, qui récolte les fruits. Au printemps va succéder l’automne, sinon l’hiver.

 

islamistes_printemps-arabe.jpgFaudrait-il interdire les partis politiques qui font référence à une religion – mais les libéraux diront eux-mêmes que ce n’est pas démocratique que d’interdire ! Faut-il obliger les partis d’avoir dans leur rang et au niveau de leurs responsables des quotas ethniques et religieux, du moins une composition effectivement composite reflétant celle du pays ? Faut-il prévoir une instance où toutes les minorités ethniques ou religieuses seraient automatiquement représentées et puissent faire entendre leur voix et défendre leur intérêt, parfois leur survie ?

 

Mais voilà que désormais les Frères musulmans vont être les principaux rédacteurs des nouvelles constitutions ; ce qui nous interdit de rêver à toute évolution en ce sens.

 

Jusqu’à quand les démocrates pourront-ils faire marche commune avec eux ? Faudra-t-il attendre que les religieux lassent les peuples (comme en Iran) par leurs exigences, leur réglementation des mœurs, leur islamisation forcée, leur xénophobie, leur vécu d’un islam fondamentaliste ultra conservateur …


L’armée en Turquie reste forte et est la garante ultime de la constitution, ce qui fait que le gouvernement islamiste de ce pays est contraint de mener une politique modérée (d’autant plus qu’il aspire à une entrée dans l’Europe communautaire), mais dans les régimes issus des printemps arabes quel sera le rôle de l’armée ? des partis historiques issus des Indépendances ? Où seront les garde-fous face aux raz de marée islamistes ?


Pauvres démocraties sans laïcité aisément emportées par les tempêtes … En France, les Radicaux de la IIIème République comprirent très vite qu’il leur fallait lutter contre l’Eglise catholique et instaurer la laïcité.

islamistes_poubelles.jpg
Inversement, la laïcité sans la démocratie, ce que firent les régimes « laïcs » dans les pays arabes, aboutit à la dictature, au népotisme, à la corruption, à la répression. Assurément l’Etat moderne se doit être à la fois démocratique ET laïc.


En France, le Gouvernement vient de sortir le recueil des textes sur la laïcité qu’il avait promis : "Laïcité et liberté religieuse, recueil textes et de jurisprudence", aux éditions des Journaux Officiels. Pour nombre de Français, il n’y aurait pas de problème de laïcité en leur pays. Dieu merci au royaume des autruches !

 

Les Actualités unitariennes, quant à elles, sont parmi les médias qui se battent contre le communautarisme et les emprises religieuses à commencer par la France et ailleurs. La démocratie doit être vigilante, sinon elle est vite marginalisée dans les rapports de force entre les partis politiques (dont certains flattent les communautarismes pour avoir des voix) et par les lobbies (pro ou anti) de toute sorte !

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Published by Jean-Claude Barbier - dans l'islam
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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 11:34

uoc tibidabo actIl s’agit d’une université internationale en ligne (lien ) qui a été fondée en octobre 1994 à l’initiative du gouvernement catalan et approuvée l’année suivante, en avril 1995, par le parlement de cette région. Le siège est à l’institut Information and Communication Technologies (ICT). Gabriel Ferraté en fut le premier président. Elle propose des cours en catalan, espagnol, anglais et français. Ceux-ci sont payants, mais les étudiants internationaux peuvent solliciter une aide financière ( contact)

 

Un département « Etudes arabes et islamiques », avec enseignement en français propose :


1 – un 3e cycle d’un an « Interprétation des fondements de l'Islam » (au prix de 2 395 euros) : Le Coran -  Histoire des sciences dans le monde musulman : héritage et créativité - Le droit islamique : méthodologie - La pensée islamique classique : raison et révélation - Le Prophète - Soufisme et spiritualité
2 – un Master de 2 ans « Civilisation musulmane » (avec début des cours le 19 octobre 2011, au prix de 3. 000 euros) ( lien)
1ère année : même programme que le 3ème cycle, et pour la seconde année : Éthique économique et finances islamiques - Islam et progrès - Sociologie des musulmans en Europe - Les libertés en islam - Histoire de la civilisation islamique - Information, communication et dialogue - Géopolitique des relations euro-arabes
Mutations du monde arabe –
3 – et des « spécialisations » qui reprennent des modules d’enseignement du programme de la 2ème année du Master : « Le monde musulman contemporain » (1 255 euros), « Droit, spiritualité et morale dans l'Islam » (1.075 euros).

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4 août 2011 4 04 /08 /août /2011 09:34

FEMMES ARABES … DES CITOYENNETES DISCRIMINATOIRES, par Sana Ben Achour, juriste, féministe, professeur d’université (FSJPS), Tunis, le 6 juillet 2011

 

sana-ben-achour.jpgPrésentation de l'auteur sur le site "Au féminin.com" à l'occasion du vote pour "la femme en or 2011" ( lien) :

Maître de Conférences agrégée en droit public, elle assure la présidence et milite au sein de l'Association Tunisienne des Femmes Démocrates. Elle est titulaire d'un DEA urbanisme et aménagement et est Docteur agrégée en droit d'Etat. Ses contributions à la vie universitaire couvrent le droit du patrimoine culturel immobilier, la condition juridique des femmes en pays d'islam, les libertés publiques dans l'aire maghrébine,


Quelle place occuperont les femmes dans des pays qu’ont soulevés des révolutions populaires, massives, imprévisibles, jeunes, mixtes et ouvertes sur le monde ? Du Maghreb au Machrek, les femmes, prenant leur destin en main, ont marché sur les capitales, protesté sur la toile, occupé durant des jours et des nuits les places publiques, réussi à mettre à bas les dictatures ou à nu leur système de gouvernement absolutiste. Du Maghreb au Machrek, d’une seule voix, les manifestantes et manifestants ont réclamé « justice sociale », « liberté », « dignité » et « réformes démocratiques ». Qu’advient-il aujourd’hui, en cette phase post révolutionnaire, de ces «émotions » populaires ?


En Tunisie, les femmes, portées par l’élan de solidarité révolutionnaire se sont très vite mobilisées pour réclamer dans une marche unitaire entre ONG féministes (ATFD-AFTURD, CME95) et de défense des droits humains (LTDH) et des travailleurs (UGTT) « égalité, citoyenneté et dignité ». Certains provocateurs n’ont pas manqué de leur rétorquer de retourner à leurs cuisines.

En Egypte, les femmes, présentes quotidiennement sur la place Tahrir se sont battues 18 jours durant pour vaincre un régime corrompu dont, à l’égal des hommes, elles ne voulaient plus. Les militaires n’ont pas manqué d’en « ramasser » quelques unes pour leur faire subir des tests de virginité.

En Lybie les femmes sont descendues dans la rue pour dénoncer les abus de Khaddafi. Elles se sont heurtées au crime sexuel.

Au Bahrein, sur la place Lu’lu’a, ou ailleurs à Manama, des milliers de femmes ont participé à la contestation mais ont été « reléguées en marge, contraintes de rejoindre un coin spécifique ou de se regrouper à l’arrière ».

Au Yémen, les femmes sont descendues, par milliers aux cotés des hommes, dans les rues de Sanaa, Aden et Taez pour combattre un régime exercé sans partage depuis trente ans et qui n’a pas hésité à les « disqualifier », sous prétexte que la "mixité est illégale entre les sexes".

En Syrie, au «vendredi saint», à celui «de la colère», puis à celui «du défi», succède la journée du 16 avril 2011, baptisée le «vendredi des femmes libres». Le 13 mai, les femmes reconduisent leur action. Mais la répression faisant 1000 morts et 9000 blessés, les contraint aujourd’hui à l’exil.


Sanaa_Benachour_portrait.jpgQue de figures de femmes révèlent en réalité les révolutions arabes ! Femmes anonymes ou emblématiques, mère courage ou jeunes bloggeuses sur la toile, opposantes de longue date ou fraîchement venues à la politique, toutes réclament leurs droits à exister, à être là et à s’exprimer. Qui aujourd’hui parle de leurs combats pour la dignité humaine, les droits, la citoyenneté et la démocratie ?

 

Saana Benachour / Sana Ben Achour


Il est évident que ces révolutions en marche bousculent les certitudes et les lectures formatées. Le déferlement des revendications démocratiques invite à revisiter le paradigme de «l’exceptionnalité arabe » et la peur des «classes dangereuses ». Sur les femmes en particulier, les régimes autoritaires, issus des mouvements de libération nationale, ont maintenu une action tutélaire. Si des avancées constitutionnelles ou législatives ont été réalisées, si des « féminismes d’Etat » se sont installées, si des codes de la famille ont fleuri aboutissant un peu partout au réaménagement du droit traditionnel du statut personnel musulman, l’enjeu a été pour les gouvernants en place de rester maître de l’arbitrage entre d’une part les principes d’organisation identitaire de la société et de la famille patriarcale (le nom patronymique, l’autorité du chef de famille, les interdits au mariage libre, les empêchements à succession) et d’autre part les revendications d’émancipation et d’égalité de sociétés en mouvement. C’est justement ce qui explique l’ambivalence de tout le dispositif constitutionnel et législatif des pays arabes et son oscillation entre esprit de conservation et esprit d’innovation.

 

En réalité, derrière ces politiques législatives, ce qui est en jeu, c’est moins le pouvoir de réformer le droit traditionnel, voire de le transgresser par de multiples ruses et subterfuges que de conserver l’initiative des lois entre les mains de gouvernants où la remise en cause de l’asymétrie et de l’inégalité traditionnelle entre droits des femmes et droits des hommes est une menace à l’ordre public établi. C’est justement cette asymétrie que les pouvoirs en place arbitrent et réactualisent en permanence en accordant certes, des droits voire des garanties judiciaires aux femmes sans jamais perdre de vue la prééminence des hommes sur elles.


On comprend dans ces conditions l’importance accordée aux réformes constitutionnelles et institutionnelles en cours. Sauront-elles aller au bout des promesses démocratiques et rompre avec cette citoyenneté discriminatoire qui prescrit aux femmes arabes d’être des citoyennes de 2ème classe. Sauront-elles par exemple, donner valeur constitutionnelle au principe de non discrimination entre les sexes et en faire le socle de valeur intangible et supérieur sur lequel sera édifié l’Etat de droit démocratique et pour lequel les femmes comme les hommes, en se battant contre l’humiliation de la dictature, ont donné leur vie. Sauront-elles rendre hommage à l’identité culturelle maghrébine, arabe et musulmane du pays tout en assurant qu’il ne sera tiré de ces références aucune mesure discriminatoire en raison du sexe, de la naissance, de la couleur, des convictions, etc.


Aujourd’hui comme hier, les accusations sont nombreuses contre ceux et celles qui revendiquent la laïcité, entendue par appropriation comme la séparation du politique et du religieux. Ce discours s’est réactivé, il y a des décennies, à la faveur de la révolution islamique iranienne (1979) et des mouvements identitaires ravivés dans la région par la guerre du Golfe. Il s’alimente depuis des diverses frustrations collectives tant en raison de la longévité de régimes .autoritaires, de la faillite de la société internationale dans le règlement de la question palestinienne et de l’occupation américaine de l’Irak que des politiques communautaires européennes sur l’immigration, le voile, les jeunes des banlieues, les minarets, etc. Dans ce contexte de tensions, marqué au niveau des relations internationales par la mondialisation économique sauvage mais aussi par la fermeture des frontières à la circulation des personnes, et au plan interne par le désenchantement national et la crise de l’Etat nation post-colonial, les critiques de la laïcité en pays d’islam se sont axées sur sa « vision exogène », voire « son mimétisme du modèle occidental ».


En réalité, la revendication de laïcité n’est rien moins que la contestation de la sanctification religieuse de l’ordre légal discriminatoire de la famille patriarcale. Elle porte sur le statut inférieur que les lois positives du statut personnel (les codes de la famille) et les constitutions politiques modernes des ordres étatiques réservent aux femmes, au nom de « l’islam religion d’Etat » ou de la chariâ ou du fiqh comme source exclusive, principale ou subsidiaire de législation. Dans les pays arabes et musulmans, s’est construit autour des femmes et d’elles principalement, un système de normativité et d’interprétation où la loi de l’Etat (la loi positive) semble n’avoir toujours qu’une existence subordonnée et menacée tant qu’elle n’est pas conforme au bloc religieux ( fiqh et shariâ). Au delà des variantes constitutionnelles et des avancées sociales entre les pays (la scolarisation, l’accès au travail salarié, la baisse de la fécondité, l’accès à la santé), la constante est que les lois positives ont légalisé l’islam en identité politique, le commandement politique en lois charaïques, le mariage en endogamie religieuse et la famille en citadelle de la domination masculine. Les lois de la famille scellent en effet le lien entre ces trois ordres du patriarcat : le religieux, le politique et la famille. Toutes ont fini par poser les femmes en matrice et gardienne de l’identité politique nationale arabo-musulmane et la famille patriarcale en sa cellule de base.

 

ndlr - nous remercions Michel Roussel, militant chrétien de l'association David et Jonathan, de nous avoir transmis ce texte

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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 16:27

Extrait de « Franc-maçonnerie et islam » par Paul Pistre, Lettre aux catholiques amis des maçons, vacances 2011, n° 85, pp. 2-5. Pour s’abonner à cette Lettre : Paul Pistre, 7 rue du Docteur Bernardbeig, 31100 Toulouse, tel. 05 61 40 40 96, 15 euros pour un abonnement annuel.


Après avoir tenu tête durant 15 ans à l’armée française, alors la meilleure du monde, l’émir est emprisonné de 1847 à 1852, successivement à Toulon, Sète, Toulouse, puis au château d’Amboise, avant d'être libéré par le Prince-Président futur Napoléon III. Il se rend alors en Syrie auprès de la tombe du grand mystique Ibn Arabi, mort 6 siècles plus tôt. Il y sera d’ailleurs inhumé, avant le transfert en Algérie, en 1966. Pendant 20 ans, il y enseigne la théologie. En 1860, lors d’une révolte locale, il sauve des milliers de chrétiens. Cette nouvelle, largement médiatisée, amène la loge Henri IV, du Grand Orient (GO) à Paris, à le féliciter, puis à lui proposer l’initiation, laquelle sera conférée à Alexandrie, en 1864.


Les courriers échangés montrent la foi solide d’Abd-el Kader. Les maçons d’alors, au GO, admettent le principe de l’existence de Dieu ainsi que l’immortalité de l’âme. Ils le félicitent pour ses actes éminemment maçonniques. Ils transfèrent les causes de l’attitude de l’émir en méconnaissant l’islam. Or son action est essentiellement musulmane et ses principes coraniques. Les études récentes sur l’émir, notamment celle de l’excellent orientaliste Bruno Etienne, maçon du GO, mettent en évidence le grand mystique. L’adhésion à la Franc-maçonnerie, après celle de trois autres confréries, était causée dans l’espoir de trouver un lien entre Orient et Occident, espoir complètement déçu quand, après 1860, le GO verse dans l’anti-cléricalisme. Le cas, quasi unique du musulman Abd-el-Kader, c’est l’arbre qui cache la forêt.


Pour compléter ces informations, il est utile de se servir de l’Encyclopédie de la Franc-maçonnerie, œuvre collective dirigée par Eric Saunier (La Pochothèque, 2000, 982 p.). Les entrées concernant l’islam (« Abd-el-Kader », Colonies », « Maghreb ») sont signées Bruno Etienne, maçon arabisant, récemment décédé, et qui dirigea à Aix-en-Provence un observatoire des religions. A noter qu’aucun indigène n’était en loge lors de l’Indépendance de l’Algérie.

 

Voir aussi


Jonas-Makamina Bena, 2011 – Orients disparus. L’histoire des francs-maçons en Algérie,
Privat, Collection : Regards Sur L'Histoire Privat, 187 p. , paru en mai 2011, 20 euros à la librairie Ombre blanche à Toulouse ( lien)
 
 présentation par l’éditeur :

 

jacky_bena_orients_disparus.jpgL'histoire de la Franc-Maçonnerie en Algérie et, en particulier, du Grand Orien t de France, couvre les 130 années de la présence française dans le Mahgreb.
Si cet ouvrage s'intéresse dans son premier chapitre aux origines de cet Ordre en Algérie, soit de 1830 à 1880, il présente la spécificité, encore inédite, d'étudier la pérennité et la puissance de la Franc-Maçonnerie sur l'ensemble du territoire algérien jusqu'à son déclin, au début des années 1970.
En effet, en 1962, l'exode précipité vers la métropole des Pieds-noirs - qui composaient l'essentiel des frères fréquentant les loges d'Algérie - a eu comme corollaire la perte inéluctable des documents et archives attestant la force de l'Ordre à cette époque.
Au long de recherches minutieuses, Jacky Bena a su retrouver la trace de certains de ces documents que l'on croyait disparus, sauvegardés pour partie dans les fonds des grandes obédiences comme celui du GODF, rue Cadet à Paris. Le fruit de son travail lui permet de faire ressurgir, dans cet ouvrage, les grandes questions que se posaient les Francs-maçons tout au long de ces décennies douloureuses et a le mérite - si ce n'est l'audace - de nous faire entrevoir le fonctionnement du Grand Orient de France et donc de la Franc-Maçonnerie.

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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 10:46

Cheikh Ahmed Al Tayyeb, grand imam de la prestigieuse institution universitaire Al-Azhar, a fait une entrée spectaculaire sur la scène politique égyptienne ce 20 juin en disant « soutenir l'établissement d'un État national constitutionnel, démocratique et moderne », fondé sur la séparation des pouvoirs et garantissant l'égalité des droits entre les citoyens. Appelant à un État égyptien moderne et non religieux, garantissant la protection des lieux de culte des trois religions monothéistes, il soutient implicitement les libéraux et les coptes, partisans de la rédaction rapide d'une Constitution prévoyant la séparation des pouvoirs .... Il considère ni plus ni moins "l'incitation à la dissension confessionnelle et les appels racistes comme des crimes contre la nation". Conséquence logique de cette séparation des pouvoirs : il ne veut plus être nommé par le chef de l’État, mais être élu par les oulémas.

 

Cette intervention a été mûrement réfléchie et l’imam a détaillé lors d'une conférence de presse retransmise à la télévision un document élaboré après plusieurs rencontres entre des intellectuels et Al-Azhar, dont le but est de définir "la relation entre l'islam et l'Etat en cette phase délicate". "L'islam n'a pas connu, ni dans sa civilisation ni dans son histoire, ce qui est connu dans d'autres cultures comme l'Etat religieux clérical qui a dominé les gens et dont l'humanité a souffert lors de certaines périodes de l'Histoire", a-t-il ajouté - coup de patte (tout à fait justifié) à la chrétienté historique … et sans doute aussi aux régimes actuels qui se disent « islamiques ».

 

Un bémol toutefois car le cheikh a rappelé que les principes de la charia islamique (l’article 2 de la constitution actuelle) devaient rester "la source essentielle de la législation" - comme c'est le cas actuellement - et que les adeptes des autres religions monothéistes pourraient avoir recours à leurs propres tribunaux concernant les affaires de statut personnel.


L’enjeux est d’importance car cette voix universitaire s’élève au moment opportun face aux Frères musulmans qui espèrent bien remporter les prochaines élections (après le renversement le président Hosni Moubarak en février dernier), prévues en septembre prochain, et aux salafistes qui se rendent de plus en plus visibles, par exemple en incitant au saccage des lieux de culte coptes. Une nouvelle constitution doit être écrite. Le document d'Al-Azhar vise notamment à éviter que le discours religieux ne soit "exploité par divers courants déviants qui pourraient brandir des slogans religieux confessionnels ou idéologiques en contradiction avec les fondements de notre nation", a expliqué l'imam, sans nommer ces courants. Le journal français Le Point, dans un article du 22 juin 2011 titre en conséquence : « Les Frères musulmans n’ont plus le monopole de l’islam en Egypte » ( lien).


Ce soucis est partagé par le Conseil suprême des forces armées (CSFA) qui gère la transition. Il  a déjà prévenu qu'il ne permettra  pas que l'Egypte soit gouvernée par "un autre Khomeiny", en référence à l'ayatollah qui diriga la révolution islamique de 1979 en Iran. " Le Conseil suprême des forces armées ne permettra pas à des courants extrémistes de contrôler l'Egypte " (Mohammed Mokhtar al-Mella, adjoint du ministre de la Défense).

 

Le-grand-imam-d-Al-Azhar-fait-sa-revolution_article_main.jpgPhoto vue sur le journal La Croix - Ahmed Al Tayyeb (deuxième à gauche), avec Shenouda III d’Alexandrie et le ministre des cultes (à droite) lors d’une rencontre interreligieuse en janvier.


Il s’agit là d’une prise de position non seulement politique, à un moment décisif pour la nation égyptienne, mais aussi d’un virage historique car cette université au passé très conservateur et théocratique revient de loin ! Non sans raison, le journal La Croix (ce 29 juin) « Le grand imam d'Al-Azhar fait sa révolution », à savoir d’abord la sienne !


Cette université a été fondée en octobre 975, peu de temps après la construction de la mosquée Al-Azhar (970-972), l’une des plus anciennes mosquées du Caire. Celle-ci en est le siège et son imam est à la fois le recteur de l’université de même nom. D’abord simple école, Al-Azhar a acquis le statut universitaire à partir de 988 (avec enseignement du droit et de la théologie). Elle est alors la 4ème université islamique, après celles de Zitouna à Tunis, d'Al Quaraouiyine à Fès (dont la construction débute en 859 sous le règne de la dynastie idrisside) et celle de Cordoue. Elle est aujourd’hui la seconde université la plus ancienne en activité, après celle d’Al Quaraouiyine … loin devant les universités européennes de l’époque médiévale.


En 1005, sous le califat d'Al-Hakim elle devient une « maison du savoir » (arabe دار العام [dār al-`ilm], maison de la science, ou دار الحكمة dār al-hikma, maison de la sagesse), munie d'une importante bibliothèque publique, où la chimie, l'astronomie et la philosophie sont enseignées en plus des disciplines strictement religieuses comme la connaissance des hadiths et du Coran. L’éducation à Al-Azhar incluait la jurisprudence chiite-ismaélite, la grammaire arabe, la littérature et l’histoire. Elle devient alors le centre de diffusion de la da’wa (propagande) chiite fatimide ; ceci jusqu’à la fin de cette dynastie au XIIème siècle.


Après les Fatimides, l’Egypte tombe sous l’autorité ottomane et devient sunnite ; Al-Azhar devient alors la plus importante université sunnite. La théologie qui y est enseignée se situe dans l’héritage de Abû Al-Hasan Al-Ach`arî (873-935), descendant du compagnon de Muhammad Abû Mûsâ Al Ash'arî, issu de la tribu yéménite des Ash'arites (d’où le nom des adhérents à cette école de pensée) (voir l’article sur l’acharisme dans l’encyclopédie en ligne Wikipedia, lien).
 

 

D'abord adepte du mu'tazilisme * (comme disciple d'Al-Jubbâ`î), l'imâm Al Ash'arî s'en sépara au moins sur deux points essentiels :
- Il récuse la thèse du libre arbitre, et reprend celle de la prédestination.
- Il réfute la thèse des mutazilites affirmant que le Coran est contingent et créé : Il reprend alors et théorise la position de Ahmad Ibn Hanbal et de l'ensemble des traditionalistes. Sa théologie, influencée par l'utilisation du raisonnement logique (appelée kalâm) afin de prouver la justesse de la révélation contenue dans le Coran et la sunna peut se décrire comme étant de la scolastique.

* le mu’tazilisme voulait concilier la raison (telle que l’entendait le monde gréco-romain avec Aristote) et la révélation coranique.


L'acharisme fut ensuite repris par Abû Hamid Al-Ghazali (mort en 1111) qui, sur le point de la prédestination, prend le contre pied de la position des Mutazilites. Dieu n'a de compte à rendre à personne et n'a à se soumettre à aucune loi ; l'univers est parfait comme il est sans que rien ne puisse y être amélioré. La condition de chaque humain n'est l'objet d'aucune injustice car ce serait contraire au principe de la justice divine : les misères de la vie terrestre sont certes des pertes sur terre, mais elles sont aussi des gains dans l'au-delà. Sans la nuit, le jour n'aurait pas de valeur. Sans la maladie, la santé ne serait pas si appréciable. Si l’imperfection n’avait pas été créée, la perfection resterait inconnue. Dans son ouvrage intitulé La Ruine de la philosophie. Il s'agit de prendre le contre-pied de la philosophie rationnelle grecque. Son influence est très profonde sur tout le monde musulman jusqu'à notre époque. Averroès (1126-1198) riposta avec La Ruine de la ruine. Source Wikipedia.


Si l’université Al-Azhar jouit d’une réputation mondiale, c’est par son influence, mais elle ne brilla pas du tout par son modernisme ! Par exemple, l’imam-recteur Jadul-Haqq Ali Jadul-Haqq.(1982-1996) prit des positions extrémistes en légitimant la peine de mort pour tout musulman qui apostasie. Il émit aussi une fatwa demandant au gouvernement égyptien d'exécuter toutes les personnes qui sont contre l'excision.


Un virage libéral fut heureusement pris par son successeur Mohammed Tantaoui (1996- mars 2010). Après l’attentat de Louxor contre les touristes étrangers, il prit une position particulièrement ferme, traitant les auteurs de l’attentat de salauds, en précisant :
 « Le fanatisme est le résultat d’une méconnaissance de l’islam. Il est le fait d’esprits étroits et le résultat d’un mauvais enseignement de l’islam. Le rôle d’al-Azhar est de ramener les égarés à la vérité et de mettre fin aux conflits entre sectes qui sont très dangereux pour les musulmans. Nous sommes contre tous les fanatismes, contre toutes les discriminations et contre toutes les violences. »


Lors du débat sur le voile intégral en France, il fit une distinction quant au respect des préceptes coraniques, selon que le croyant vit dans un pays musulman ou dans un autre pays, à savoir que le musulman est tenu de se plier aux lois du territoire où il vit. Il a ainsi contredit ceux qui accusaient l'État français d'abus de pouvoir dans l'affaire du voile, en opposition avec certains oulémas d'al-Azhar ainsi qu'avec le cheikh égyptien Youssef al-Qaradâwî pour qui, c'est une obligation religieuse non négociable, et au grand soulagement du gouvernement français (le président Nicolas Sarkozy lui rendit visite à la veille de l'interdiction du voile intégral en France).


Manifestement, le cheikh Ahmed El-Tayeb, 44ème imam d'Al-Azhar, confirme ce virage libéral en accompagnant la « révolution arabe » en Egypte – et son message ne peut qu'avoir des répercussions dans les pays voisins ... Il prouve en tout cas que, loin des clichés habituels, l'islam peut fort bien tenir des discours modernes et non plus moyen-âgeux.

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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 18:57

"Musulmans nous vous respectons et nous vous aimons", par Roger Parmentier, Paris, L’Harmattan, mars 2011, 90 p. - Appels aux musulmans, aux juifs sionistes et non-sionistes, aux chrétiens protestants et catholiques, en faveur de l’estime, du respect et de l’attachement réciproques. Articles et appels dont certains ont paru dans Le Monde et Témoignage chrétien à nos frères musulmans et Arabes (ou les concernant).


roger_parmentier_musulmans.jpgPasteur protestant (de l’Eglise réformée de France), l’auteur n'hésite pas à adopter le souffle prophétique pour nous exhorter à moins d’arrogance vis-à-vis des musulmans, à reconnaître nos fautes historiques envers eux, à apprécier la valeur du Coran et les mérites de l’islam. Attitude qu’il souhaite réciproque puisque le dialogue est un effort des deux côtés. A ceux qui auraient tendance à le classer comme islamophile, défenseur inconditionnel de l’islam, il rappelle son combat pour les Juifs lorsque ceux-ci furent persécutés en France par l’occupation allemande et le régime de Vichy ; on connaît aussi son engagement aux côtés des Algériens qui luttaient pour l'indépendance de leur pays ; mais – aujourd’hui – ce sont bel et bien les Palestiniens qui sont privés de liberté et spoliés de leurs biens. Au-delà des Juifs et des Palestiniens, c’est bien d’un combat pour la justice qu’il s’agit, en faveur de tous ceux qui sont opprimés, sans exception.


Engagé au nom de cette justice entre les hommes, l’auteur excelle dans la polémique, par exemple, lorsqu’il développe par écrit une réponse orale à une intervention d’Alain Finkielkraut au sénat lors d’une séance organisée par l’hebdomadaire protestant Réforme. Il dénonce notamment le soutien que certains milieux protestants apportent au mouvement sioniste (pp. 47-50). L’hebdomadaire Réforme, en dépit de la demande du pasteur, ne publiera pas son texte !


Voix éminemment personnelle, il s’inscrit cependant bien volontiers dans un courant plus large, avec d’autres personnes qui, sans ignorer les drames, savent faire la part des choses et présenter l’islam d’une façon positive. Ainsi un excellent article d’Etienne Mathiot « Jésus, les musulmans et nous » paru dans la Revue Foi et Vie (pp. 27-44), et le discours (traduit en français) que le président américain Barack Obama prononça le 4 juin 2009 à l’université du Caire, dans la capitale égyptienne, intitulé « Un nouveau départ » (pp. 51-71).

 

Chers frères Musulmans,
Au nom de Dieu « clément et miséricordieux » qu’aima Mohamed
et
Au nom de Dieu généreux qui inspira Jésus,
faisant lever son soleil sur les bons et les méchants
Nous vous en supplions,
Montrez-vous compatissants envers nous, malgré nos torts,
et envers toutes les populations innocentes et meurtries,
Cherchez davantage à convaincre qu’à vaincre
Et coopérez à la construction de l’avenir heureux de l’humanité.
Pardonnez les offenses de ceux qui vont ont offensés.
Cherchons ensemble les chemins de la justice et de la paix.


Lors d’une réunion publique, le dimanche 8 mai, à 15 heures, à la Chapelle de la Croix de Chavaux, 7 bd Chanzy, Montreuil, l’auteur présentera son livre et pourra le signer.


Pour lire des extraits de ce livre sur son site "Guetteurs rebelles" (lien)

 

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6 janvier 2011 4 06 /01 /janvier /2011 15:58

Déclaration du "Manifeste des libertés" à propos des récents attentats contre des citoyens de confession chrétienne d'Irak et d'Egypte

Après la série d'attentats en Irak et en Egypte contre des citoyens de confession chrétienne, le Manifeste des libertés tient à exprimer sa solidarité avec toutes les victimes des violences perpétrées par des groupes extrémistes religieusement fanatisés. Nous sommes révoltés contre l'horreur que subit, aujourd'hui, une partie de la population de ces pays, à laquelle on ne donne comme choix que la mort, la survie dans la terreur, ou l'exil.

islam_en_noir_et_blanc.jpgMais, au-delà de cette indispensable solidarité, il nous faut tenter de cerner les causes de cette violence qui, loin de s'atténuer, ne cesse de s'exacerber partout dans les pays du monde arabe : en Irak, des groupes extrémistes musulmans terrorisent depuis des années les chrétiens ; en Egypte, la population de confession copte subit des discriminations de toutes sortes ; au Maghreb, les conversions au christianisme sont punies comme des délits. Partout, du Maroc à l'Arabie saoudite, l'intolérance est la règle, et la liberté de conscience inexistante. Et ne parlons pas d'autres pays musulmans non arabes comme le Pakistan, où le blasphème est puni de mort.

Certes, on peut se réfugier derrière le fait que les exactions auxquelles on assiste sont commises par des groupes fanatisés. L'explication serait trop courte. En effet, ce ne sont pas ces groupes qui ont instauré partout une discrimination d'Etat envers les minorités religieuses, dont les membres sont, de fait, considérés comme des dhimmi et non comme les citoyens d'un Etat moderne. Ce ne sont pas ces groupes qui ont constitué l'islam en religion d'Etat et ont, de fait, introduit des degrés dans l'appartenance nationale. Ce ne sont pas ces groupes qui ont fait de l'islam l'instance ultime de légitimation dans le monde arabe. Non seulement ils ne sont pas à l'origine des discriminations, mais eux-mêmes ont pu se développer et acquérir l'audience qu'ils ont aujourd'hui en raison du contexte propice à l'intolérance instauré par les pouvoirs en place.

Il faut le répéter : depuis bien longtemps, le monde arabe a un problème avec la liberté, et une partie des musulmans un problème avec ceux qu'ils considèrent comme "les autres". Ces derniers ne sont acceptés que dans une posture d'infériorité et se voient dénier toute aspiration à l'égalité. Hélas, depuis des décennies, seuls quelques individus et quelques militants, trop souvent solitaires, ont défendu dans nos pays les principes de liberté absolue de conscience et d'égalité de tous, quels que soient, entre autres, la religion, le sexe, l'orientation sexuelle, et la langue. Les élites politiques, imprégnées d'un "islamo-nationalisme" érigeant l'islam et l'arabité en critères d'identité intransgressibles, et nombre d'intellectuels qui se sont rangés derrière elles ont brillé, depuis les indépendances, par leur silence devant tous les scandales : ils se sont tus devant toutes les dérives antisémites, devant les massacres de Kurdes dans l'Irak de Saddam Hussein, devant la politique d'extermination menée par le pouvoir soudanais au Darfour.

Il est trop facile actuellement d'afficher sa compassion vis-à-vis des victimes des derniers attentats anti-chrétiens en oubliant que ces violences ne sont pas des accidents et en les attribuant  - c'est commode - à la main de l'étranger. Certes, du déni des droits des Palestiniens à l'invasion de l'Irak par les Etats-Unis et aux destructions qui ont suivi, les citoyens des pays du monde arabe peuvent se sentir, à juste titre, victimes du cynisme des puissants. Mais le mal est plus profond, il vient de loin et s'inscrit dans l'histoire longue de la région. Il serait temps de le reconnaître.

Aujourd'hui, nous voyons avec inquiétude grandir arabophobie et islamophobie dans nombre de pays occidentaux. Mais leur dénonciation ne prend tout son sens que si, en même temps, dans les pays du monde arabe, des voix fortes s'élèvent contre les discriminations et violences que subissent chez eux leurs propres minorités. Le droit ne se divise pas, ni les principes. On ne peut réclamer aux autres l'égalité et la liberté tout en la refusant chez soi à ses propres "autres". Tant que les citoyens, les intellectuels, du monde arabe ne résoudront pas cette contradiction et ne se mobiliseront pas pour donner tout son sens à l'exigence de liberté de conscience, tant qu'ils ne reconnaîtront pas que l'égalité ne se divise pas, ils ne pourront se réclamer légitimement du droit pour eux-mêmes.

 

Paris, le 5 janvier 2011

 

Même constat de la part de l'Observatoire chrétien de la laïcité (OCL), qui est un groupe de la Fédération des réseaux du parvis

 

L'OCL refuse de faire  des persécutions  que subissent les  chrétiens non seulement en Irak ou en Egypte mais dans  de nombreux pays (Cf par exemple l'Algérie, le Pakistan, etc) seulement une affaire de solidarité entre chrétiens. C'est pourquoi il tient à étendre sa solidarité à l'ensemble des victimes des terrorismes d'Etat ou des groupes intégristes violents et à montrer en quoi la laïcité est la solution pour le vivre ensemble quels que soient les cultures et les pays. En ce sens elle est à la fois une valeur sociale et une proposition juridique de portée universelle .

 

Jean Riedinger, secrétaire général de l'OCL

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1 avril 2008 2 01 /04 /avril /2008 15:00

     Nous sommes des femmes et des hommes porteurs des valeurs de la laïcité et du partage dans un monde commun.

Liés par nos histoires singulières, et de différentes manières, à l’islam, ayant pris la mesure des graves crises qui le traversent, nous avons décidé de nous mobiliser pour créer les conditions politiques et intellectuelles d’une culture de la liberté. Espace d’une civilisation hétérogène, irréductible au seul fait religieux et aux seuls musulmans, l’islam est aujourd’hui, et pour quelque temps encore, un lieu qui cristallise dans le monde globalisé nombre de ses périls : fascisme identitaire et emprise totalitaire, guerres civiles et coloniales, despotismes et dictatures, inégalité et injustice, haine de soi et haine de l’autre, au milieu de violences politiques, religieuses et économiques extrêmes.

À ces forces de destruction, dont ce lieu est à la fois la source et la cible, nous voulons nous opposer par une action publique, ouverte à toute personne, sans distinction de naissance ou d’appartenance, qui souscrit aux engagements que nous considérons comme nécessaires, afin d’ouvrir un nouvel horizon à l’espoir.

     Si le principe général de ces engagements est que la démocratie est l’institution du politique, nous savons que sa réalisation ne peut se décréter, ni être imposée par des expéditions militaires, mais résulte d’une action transformatrice critique et inventive. Elle doit toucher les structures internes de l’islam et modifier les rapports à ses bords géopolitiques. D’une manière non exhaustive, nous soutenons que cette action doit viser, en priorité, à libérer la pensée et la politique de la théologie, libération dont l’État laïque est l’expression institutionnelle ; à affirmer l’égalité de droit et de fait des femmes et des hommes, qui, dans la situation actuelle de l’Islam, constitue le passage obligé pour tout processus laïque et démocratique ; à lutter contre toutes les formes de racisme et d’antisémitisme ; à combattre les discriminations qui affectent les minorités identifiées par leur culture, leur religion, ou leur orientation sexuelle.

     Dans ce contexte, les migrants et leurs enfants représentent un enjeu de premier plan, en tant qu’ils forment l’élément par lequel s’imbriquent les civilisations et s’incarne la chance d’un avenir démocratique partagé. Se porter à la hauteur de cette responsabilité implique une mobilisation plus résolue contre les processus de relégation, de discrimination et de fragilisation politique dont ils sont l’objet. L’absence d’analyse critique de l’histoire coloniale pèse encore sur leur devenir.

     Notre but est de favoriser l’expression des forces de résistance, pour combattre partout l’islamisme totalitaire et les États despotiques qui, conjointement, oppriment les femmes et les hommes dans le monde musulman. Convaincre les gouvernements démocratiques de renoncer à la stratégie du double langage et de la démocratie ajournée en est le corollaire. Leur engagement réel pour la paix dans les zones de conflit et de violence politique est la condition de leur crédibilité. Notre action, à vocation transnationale, vise à développer et à soutenir les expériences de la liberté dans tous les domaines de la pensée, des arts et des savoirs.

     Paris, le 17 décembre 2004.

Toute personne qui souhaite adhérer à l’Association du Manifeste des libertés devra souscrire à ce texte, qui en est l’acte de fondation (par l’assemblée générale constitutive du 17 décembre 2004). Cet acte vient dans le prolongement du débat qui a eu lieu depuis la publication du Manifeste des libertés, le 16 février 2004, en tant qu’expression d’une volonté de résistance contre l’entreprise mortifère prétendant, " au nom de l’islam ", imposer un ordre totalitaire. Plus de 1700 personnes ont signé le Manifeste des libertés.


Pour information et contact : Association du Manifeste des libertés (AML),
manifeste@manifeste.org

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