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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 12:06

mythologie_chretienne.JPG« Mythologie chrétienne : Fêtes, rites et mythes du Moyen Âge » de Philippe WALTER – 231, pages – 21€. , aux éditions Imago. L'auteur est professeur de littérature française du Moyen Age à l'université de Grenoble III. En vente par correspondance chez Le Colporteur, envoi par collissimo et paiement à réception ( lien). Sur demande, vous pouvez recevoir la Lettre du Colporteur du Livre par courrier électronique afin d'être tenu au courant des nouveautés.

 

présentation par l'éditeur :


« Saint Martin sur son âne, saint Christophe à tête de chien, sainte Marthe tenant en laisse la Tarasque, saint Hubert accompagné de son cerf, voilà bien des saints bizarres et fort peu catholiques... Et pour cause. Derrière les figures vénérées de notre calendrier se dissimulent d'anciennes divinités païennes que le christianisme médiéval dut assimiler pour s'imposer.


Et, dans un subtil compromis religieux, l'Église sut inscrire son message dans les grands cycles festifs de l'année celtique qui lui avaient préexisté. Éminent spécialiste du Moyen Âge et de la légende dorée, Philippe Walter retrace ainsi la lente constitution de cette mythologie christianisée — totalement étrangère à la Bible — et redonne toute leur cohérence aux croyances, coutumes et rites souvent incompris, mais toujours présents, dans notre culture ».

 

 

sainte_marthe.JPGsaint_christophe.JPG

Sur la couverture du livre, saint Nicolas ressuscitant trois enfants qui avaient été découpés en morceaux par un méchant boucher et déjà mis au saloir ; à gauche sainte Marthe patronne d'une cité et tenant en laisse la tarasque, sorte de dragon fabuleux des légendes provençales ; à droite saint Grégoire à la tête de sanglier !

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Published by Philippe Walter - dans le paganisme
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24 juin 2007 7 24 /06 /juin /2007 07:34

Jean-le-baptiste-par-Moya.jpg
Jean le baptiseur, fresque de la chapelle Saint Jean-Baptiste  à Clans dans les Alpes maritimes, qui a été magnifiquement décorée par Patrick Moya.


Les feux de la Saint-Jean vont s'allumer ce soir pour célébrer, d'une façon toute païenne, le soltice d'été. Parmi les très nombreux saint Jean, il s'agit de Jean-le-Baptise que la tradition chrétienne a placé à ce moment crucial de l'année liturgique.

Mais pourquoi Jean le baptiseur ? Les premiers chrétiens considérèrent que ce Jean là avait annoncé la mission de Jésus, lequel  fut semble-t-il, dans un premier temps, son disciple.  Jésus lui-même se mit à baptiser également dans le Jourdain avant d'être prêcheur itinérant des chemins de Galilée et le thaumaturge que nous connaissons. Tous deux avaient fréquenté la mouvance essénienne ou du moins avaient été en contact avec elle.

Cette tradition chrétienne (qui n'engage qu'elle car, si des disciples de Jean-le-baptiste suivirent le nouveau venu, d'autres ne le firent pas), se réfère à deux très beaux textes messianiques du Premier testament :

Le prophète Malachie :  ”Me voici [c'est Dieu qui parle], j'envoie mon messager, il déblayera la route en face de moi. Soudain, il viendra dans son palais [car le messie restaurera la royauté d'Israël] , l'Adôn [le maître d'un domaine, le seigneur au sens féodal du terme] que vous demandez, le messager du pacte [l' “alliance” contractuelle avec Dieu] que vous désirez. Voici, il vient ! Dit IHVH [le tétragramme qui désigne Dieu dont le nom personnel ne doit pas être prononcé par respect] Sebaot [des Armées]”, texte daté des environs de 460 ans avant J.-C. , Ml  3,1, traduction A. Chouraqui.

Ce messager préparant la venue de IHVH pour le Jugement a été identifié dans la tradition juive au prophète Elie. La tradition chrétienne l'attribue à Jean-le-Baptiste mais au prix d'une manipulation du texte original, passant du je au tu : “Voici, j'envoie mon messager devant tes faces [pluriel littéraire] : il aplanira ta route“.

Et le texte attribué au “second” Isaïe (annonçant le réconfort de Dieu après l'exil babylonien, exil qui eut lieu en 538 av. J.-C.) : “Voix du crieur : Au désert, frayez la route de IHVH ; redressez dans la steppe un sentier pour notre Elohîm ! [El = Dieu, Elohîm est une forme pluriel de majesté]. Tout val sera relevé, toute montagne et colline seront rabaissées ; la sinuosité sera plane, les crêtes, une trouée ! La gloire de IHVH se découvre ; toute chair ensemble, ils voient ; oui, la bouche de IHVH parle“, Is. 40, 1-5, traduction A. Chouraqui. Là aussi, c'est la route pour Dieu et non pas celle de son messie (= celui qui est oint par Dieu, son oint ; en grec = christ).

Dès lors, Jean-Baptiste considéré comme précurseur de Jésus-Christ, précède le Messie dans le calendrier : à partir du soltice d'été (ce 21 juin) les jours déclinent jusqu'au soltice d'hiver. Jésus qui est devenu (au cours des premiers siècles) un Christ cosmique régnant sur l'Univers, qui est la Lumière de ce Monde, fera renaître le soleil, le requinquant pour un nouveau cycle. En cela, le christianisme naissant se fait (très) proche des religions à mystère qui s'appuyaient sur la régénérescence annuelle de la Nature et célébraient les renaissances périodiques.

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Published by Jean-Claude Barbier - dans le paganisme
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16 mai 2007 3 16 /05 /mai /2007 17:57

On a cru que la langue de Benoît XVI avait fourchée à Ratisbonne, pourtant la charge contre l’islam était bel et bien sans sa tête et dans son texte. 

Le pape a des convictions réactionnaires amplement dites déjà par son absence remarquée aux rencontres inter-religieuses d’Assises que son prédécesseur avait organisées. Partout où il va, le nouveau pape entend affirmer la supériorité de la catholicité. 

Inca-mamani.jpg Oeuvre du peintre bolivien Roberto Mamami. La culture inca est toujours vivante !

Cette fois-ci, ce sont les religions amérindiennes qui en font les frais : elles attendaient " silencieusement le Christ " (mais ce furent pourtant de bien brutaux conquistadors qui arrivèrent !), elles furent " purifiées " par l’évangélisation (avant ou après les massacres ?), ce serait une erreur que de les remettre en vigueur (mais cela regarde les tenants de ces religions et non le pape !), elles seraient causes (parmi d’autres) de l’affaiblissement de la foi chrétienne (mais en quoi faisant ?).

Manifestement le pape n’arrive pas à accepter une société religieusement pluraliste ; pourtant l’Europe l’est depuis belle lurette avec les musulmans en Espagne, la diaspora des Juifs à l’époque médiévale, les protestants, sans oublier les francs-maçons, etc.). Les intellectuels, comme lui, emmurés dans leurs (petites) certitudes se transforment bien vite en idéologues rabâchant leurs slogans. Comme on le voit, certains théologiens n’échappent pas à ce destin.

Pire, alors que son prédécesseur avait reconnu des erreurs dans l’évangélisation du Nouveau Monde, Benoît XVI pratique un négationnisme qui le place au hit-parade des grands amnésiques (volontaires) de l’Histoire.

La Conférence avait invité des observateurs des autres confessions religieuses. On ne nous en donne malheureusement pas la liste, mais parions que les autorités coutumières survivantes de plusieurs siècles de massacres et d’assimilation n’étaient pas invitées.

A noter que, lorsque Jean-Paul II vint au Bénin en 1993, il reçut officiellement et les responsables musulmans, le 4 février à Parakou, et les dignitaires religieux du Vodoun, le même jour, à Cotonou.

Ce n’était là qu’une des violences verbales que le pape a semé derrière lui lors de ce voyage au Brésil : condamnation de tout avortement, menace d’excommunication pour les députés qui oseraient voter des lois scélérates, diatribe contre les " sectes ", critique des régimes marxistes (le Vénézuela et la Bolivie se seraient sentis visés !), etc.

Non seulement, il n’est pas diplomate, mais il n’est pas sortable ! Les réactions sont vives, à commencer au sein de l’Eglise catholique. De plus en plus de fidèles commencent à avoir honte de lui. C’est ce qui s’appelle précisément " avoir mal à son Eglise " (voir notre message précédent du 14 mai).

Pour en savoir plus, lire dans la presse les réactions indignées  :

Brésil - Contradictions du pape Benoît XVI dans son message à l'Amérique latine ", sur le site LatinReporter.com

Vives réactions aux propos du pape sur la colonisation de l’Amérique latine. Les descendants des peuples amérindiens estiment que la foi chrétienne a été imposée comme un instrument de colonisation ", sur le site de la-Croix.com

Nombreuses réactions après les propos du pape sur l'évangélisation des Amérindiens " sur le site de LeMonde.fr

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16 mai 2007 3 16 /05 /mai /2007 17:47

Discours de Benoît XVI à l'ouverture de la Ve conférence générale de la Conférence des évêques d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAM), à Aparecida, le dimanche 13 mai 2007. Source : Vatican (traduction La Croix).

Incas-couple-de-dignitaires.gif couple de dignitaires inca. Les Inca vénéraient le soleil et étaient d'excellents astronomes.

" La foi en Dieu a animé la vie et la culture de ces peuples [d’Amérique latine] pendant plus de cinq siècles. De la rencontre de cette foi avec les ethnies autochtones est née la riche culture chrétienne de ce Continent, qui s’est exprimée dans l’art, la musique, la littérature, et, en particulier, dans les traditions religieuses et dans les mœurs de ses peuples, unis par une même histoire et un même credo, pour donner naissance à une grande harmonie dans la diversité des cultures et des langues. […] 

Mais qu’a signifié l'acceptation de la foi chrétienne par les peuples d'Amérique latine et des Caraïbes ? Pour eux, cela a signifié connaître et accepter le Christ, ce Dieu inconnu que leurs ancêtres, sans le réaliser, recherchaient dans leurs riches traditions religieuses. Le Christ était le Sauveur qu'ils désiraient silencieusement. Cela a signifié aussi recevoir, avec les eaux du baptême, la vie divine qui a fait d’eux des enfants de Dieu par adoption ; recevoir, en outre, l’Esprit Saint qui est venu féconder leurs cultures, en les purifiant et en développant les nombreux germes et semences que le Verbe incarné avait déposés en elles, en les orientant ainsi vers les chemins de l’Evangile.

En effet, l’annonce de Jésus et de son Évangile n’a supposé, à aucun moment, une aliénation des cultures précolombiennes, et n'a pas non plus été l'imposition d'une culture étrangère. Les cultures authentiques ne sont pas fermées sur elles, ni pétrifiées en un point déterminé de l’histoire, mais elles sont ouvertes, bien plus : elles cherchent la rencontre avec les autres cultures, car elles souhaitent atteindre l'universalité dans la rencontre et le dialogue avec les autres formes de vie et avec les éléments qui peuvent les conduire à une nouvelle synthèse qui respecte toujours la diversité des expressions et des réalisations culturelles concrètes. En dernier lieu, seule la vérité unifie et trouve sa preuve dans l’amour. Pour cette raison, le Christ, étant réellement le Logos incarné, " l’amour jusqu’au bout ", n’est étranger à aucune culture ni à aucune personne ; au contraire, la réponse à laquelle aspire le cœur des cultures est celle qui leur donne leur identité ultime, celle qui unit leur humanité et, en même temps, respecte la richesse de leur diversité, les faisant grandir vers une vraie humanisation, dans le progrès authentique. Le Verbe de Dieu, s’étant incarné en Jésus Christ, s’incarne aussi dans l’histoire et la culture. 

L’utopie de redonner vie aux religions précolombiennes, les séparant du Christ et de l’Église universelle, ne serait pas un progrès mais une régression
. En réalité, ce serait une involution vers un moment historique ancré dans le passé. La sagesse des peuples autochtones les a heureusement aidés à faire une synthèse de leurs cultures avec la foi chrétienne offerte par les missionnaires. De cette rencontre est née la riche et profonde religiosité populaire, l'âme des peuples latino-américains […].

On perçoit, il est vrai, un certain affaiblissement de la vie chrétienne dans la société et dans la participation à la vie de l’Eglise catholique, dû à la sécularisation, à l’hédonisme, à l’indifférence et au prosélytisme de nombreuses sectes, de religions animistes et de nouvelles expressions pseudo-religieuses".

Lire l'article suivant pour connaître la réaction tout à fait prévisible des intéressés ...

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20 mars 2007 2 20 /03 /mars /2007 06:37

Les monothéismes abrahamiques mettent en avant la connaissance d’un dieu qui se serait révélé (de préférence à ses ancêtres nationaux ! Hébreux puis Juifs pour la Bible, Arabes pour le Coran). La théologie consiste à mieux connaître ce dieu qui est considéré comme le dieu créateur de l’univers et qui serait le seul dieu existant – ce pourquoi on l’écrit avec une majuscule, Dieu.

Les cultes de l’Antiquité mettaient en avant les rites divinatoires, expiatoires, protecteurs, etc. , de façon à se concilier les dieux – tous les dieux -, y compris le dieu inconnu des Athéniens en qui Paul feignit trouver celui des Juifs et des chrétiens. La méprise est donc totale entre les monothéistes et les " païens ".

C’est ce qu’expliquent les professeurs Philippe Borgeaud (université de Genève) et Francesca Prescendi (université de Lausanne) dans des cours sur l’histoire des religions antiques.

Philippe Borgeaud : " Ce qui domine la religiosité antique, c'est le rite. Les Anciens respectaient les pratiques religieuses, mais n'avaient pas l'obligation de croire à leurs mythes. Ils pouvaient être des pratiquants non croyants. Ils n'avaient ni credo ni dogmes. Le mythe était un commentaire infini et souple sur le rite, et il en expliquait les origines. Il n'y avait jamais une seule explication, mais plusieurs, sans qu'on soit jamais obligé de choisir entre les unes ou les autres. Les Anciens n'étaient pas dans la croyance mais dans la pratique heureuse de la diversité des interprétations. C'était le rite qui produisait le sens, pas la doctrine.

– Il y avait pourtant des formes de théologie.

– Oui, les discours théologiques existaient, mais ils étaient secondaires et contradictoires. Il y avait par exemple plusieurs cosmogonies. La croyance s'exprimait à l'intérieur des rites, et pas dans la théologie. Les rites étaient à eux seuls porteurs de sens, et ce sont eux qui créaient les dieux. Si les Anciens savaient qu'ils devaient pratiquer des rituels, ils ne savaient pas en revanche qui étaient exactement les dieux. Cela leur échappait. La notion de vérité théologique n'existait pas.

– Dans ce cas, la tolérance religieuse devait être grande.

– Oui. On pouvait dire tout ce qu'on voulait des dieux et douter ouvertement de leur existence. L'Antiquité était un laboratoire de liberté. Les divinités des autres peuples étaient immédiatement reconnues et identifiées à des dieux autochtones. "

Entretien paru dans le journal Le Temps (Genève) du 20 mars 2007, http://www.letemps.ch/template/societe.asp?page=8&article=202691

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