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10 juin 2010 4 10 /06 /juin /2010 16:54

linceul-de-turin_ian-wilson.jpgIan Wilson, mars 2010 - l'Enigme du Suaire, la contre enquête, chez Albin Michel, Paris, 416 p., 22,50 euros

 

Alors que toutes les analyses donnaient le linceul de Turin comme authentique à 99 % (chiffre scientifiquement "correct" qui veut dire à 100% ! ), la datation au carbone 14 donna une date complètement contradictoire, renvoyant au Moyen-Age. Bref, le cul entre deux chaises ! Non confirmation avec pourtant une technique très fiable, mais en même temps impossibilité d'en revenir à l'hypothèse d'un faux !


Drôle de situation qui n'a pas empêché de dormir les scientifiques dont certains confondent manifestement technologie d'un laboratoire de recherche et recherche scientifique proprement dite. Le Linceul fut tout simplement mis au placard ! En fait, c'est un artisan du textile qui a compris la contradiction : les analyses ont été faites sur des échantillons en bordure du linceul (l'Eglise n'ayant pas voulu que l'on touche plus à l'intérieur !). Mais voilà ! les échantillons ont été pris sur des bords ravaudés (car on y avait auparavant prélevé maintes reliques !) précisément lorsque le tissus était en France. Les analyses ont donc daté le ravaudage (au moyen de fils de coton légèrement teints en ocre), confirmant le travail de préparation avant la première ostentation du linceul à Lirey-en-Champagne. Retournement spectaculaire de situation car cette datation, finalement, confirme une importante étape historique.

 

Voir notre dossier sur le linceul de Turin (dit "Suaire"), dans les Etudes unitariennes (lien).

 

Quant aux religieux, ils nous disent fort doctement qu'on n'a pas besoin de preuves pour croire ! Ben, voyons ! Il faudrait les croire sur leur bonne mine et leurs bonnes paroles. Certains nous prennent vraiment pour des cons : il nous faut sans cesse prier pour avoir la grâce, la foi, pour adhérer les yeux fermés aux "saints" mystères, et patati et patata. De ce discours piétiste aux naïfs, nous n'en voulons plus.

 

Nous voulons savoir si Jésus a réellement existé historiquement, ce qu'il a fait, ce qu'il a dit, quel était son projet, comment il est mort, s'il est possible de ressusciter d'entre les morts ou bien si son corps a été enlevé (par sa famille ? par ses disciples ? par les esséniens ?). C'est le moins que des chrétiens d'aujourd'hui sont en droit de demander ! Est-ce trop exiger aux prédicateurs et autres sermonneurs cléricaux ? 


Alors, pour une fois qu'on a des vestiges archéologiques sur Jésus, eh bien étudions les !

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Published by Jean-Claude Barbier - dans le temps des évangiles
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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 19:53

Les analyses au carbone 14 qui renvoyaient à une date du Moyen-âge ont été réalisées à partir de bords du linceul qui ont été effectivement ravaudés à cette époque. Il convient donc de recommencer l'opération avec des échantillons plus centraux. Un récent documentaire diffusé sur ARTE a fait le point sur cette question d'une façon scientifiquement convainquante.


Les Actualités unitariennes joignent leur voix à d'autres pour réclamer que les recherches se fassent jusqu'au bout : la science avant tout afin de connaître ce qui a bien pu être le linceul de Jésus. C'est là une démarche scientifique conséquente et non pas une attitude dévote. Les vestiges archéologiques, çà s'étudient. Il n'y a pas là à avoir d'états d'âme religieux ou anti-religieux ou autres contorsions.


Nous ne comprenons pas les réticences de l'Eglise romaine face à son devoir de propriétaire détenteur de cette relique et nous ne pouvons qu'être surpris par le scepticime religieusement correct de nombre de chrétiens et de leurs principaux médias, qui s'en tiennent à une version antérieure désormais obsolète, des connaissances scientifiques. La prudence n'est pas de mise ; il faut passer aux actes, à savoir une nouvelle analyse au carbone 14.

 

Mardi 25 mai à 20h 30, à l'église Saint-Sulpice (Paris), le père Henri d’Antin (de retour du pèlerinage diocésain à Turin) et Arnaud Upinsky (mathématicien, épistémologue, spécialiste du Linceul de Turin, auteur de « L’Église à l'épreuve du Linceul »), proposent une soirée sur le "Saint Suaire".

 

lintur.jpg

 

Les Etudes unitariennes présentent également une rubrique  sur le "Linceul de Turin" (car il s'agit d'un linceul et non pas d'un suaire) où les chrétiens unitariens suivent attentivement cette question, sans a priori, jusqu'à son terme scientifique.

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4 avril 2010 7 04 /04 /avril /2010 19:19

Jesus_en_3D_portrait.JPGBizarrement, ce portrait en 3D établi récemment par le spécialiste en imagerie américain Ray Downing, en février dernier, ne circule pas dans les médias français. Les Actualités unitariennes, quant à elles, sont fiers de la personne de Jésus, maître spirituel pour  les chrétiens unitariens, qui s'en disent disciples, et haute figure spirituelle de référence pour tous les autres unitariens sans exception. Elles sont particulièrement heureuses de l'offrir à leurs visiteurs en ce jour de Pâques. Pour plus d'information, voir notre article à la rubrique "le linceul de Turin" dans les Etudes unitariennes "Une apparition moderne de Jésus : son portrait en 3D tiré de son linceul"

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4 avril 2010 7 04 /04 /avril /2010 11:31

tisserands_moyen-age.JPGMalgré que le travail en 1978 d’une importante équipe américaine de scientifiques écartait toute œuvre de faussaire, l’opinion publique s’est laissée abusée dix ans après, en juillet 1988, par la publication des résultats de l’analyse au carbone 14 d’un échantillon du linceul en question : c’était de nouveau un « faux » datant du Moyen âge ! Voilà que maintenant on nous dit – scientifiquement parlant avec démonstration - que cet échantillon n’était pas valable car provenant du re-tissage d’une bordure du linceul d'où avaient été prélevées des reliques.

 

tisserands au Moyen âge européen


Merci à la télévision, car l’opinion publique s’en tient encore aux résultats de l’analyse de 1988 au carbone 14 et que les Eglises chrétiennes ont abdiqué toute prétention en la matière par lâcheté, par manque de conviction, ou bien pour se replier sur la foi qui est le domaine qu’elle gère sans partage ... Par deux fois depuis cette fameuse datation de 1988, la télévision a osé dire tout haut ce qui se disait tout bas dans des milieux très spécialisée.

 

Une première fois, le 16 juin 2009, TV5 Monde dans son émission « Question à la Une » signalait que les historiens certifiaient l’existence du linceul avant la datation donnée (1260-1390), notamment avec l’étude d’une enluminure du codex hongrois De Pray (1192-1195) (nous en avons aussitôt rendu compte dans un article  dans les Etudes unitariennes : "Lorsque les historiens défendent le Suaire de Turin").

 

Et puis pour la Pâque 2010, Arte, ce samedi 3 avril à 20h 40, a fait l’honneur aux chrétiens d’aborder de nouveau le sujet : « Le Suaire de Turin : la nouvelle enquête » (un film réalisé par Michael Epstein). Voir notre article de ce jour dans les Etudes unitariennes (lien ) "Le linceul de Turin enfin en voie d'authentification par la communauté scientifique". Film déjà ancien car réalisé en 2008 (au Royaume uni), mais, vu le lynchage médiatique dont ce « Suaire » a fait l’objet, on ne peut pas demander non plus les buzz de l’actualité !


Des rediffusions toujours sur Arte sont prévues durant ce mois : les mercredi 7 avril à 10h 05, samedi 10 avril à 10h 55 et dimanche 11 avril à 5h 15. Pour revoir l'émission sur le site d'ARTE (lien)

 

La question n’est pas de croire ou ne pas croire, mais de savoir. C’est en effet à partir de la connaissance scientifique que la religion peut réfléchir sur des faits, mais faut-il encore que la science soit rigoureuse. Alors que le technicien a confiance dans les résultats obtenus par une méthode particulière, le savant, quant à lui, sait qu’une hypothèse, pour être valable, doit tenir compte de tout le savoir accumulé jusqu’à présent.


Disons le carrément, une bonne partie de la communauté scientifique, sans doute trop techniciste, a fait preuve de conclusion tout à fait hâtive, se limitant à une datation par carbone 14 sans avoir une vue d’ensemble de la question. Le carbone 14 s’est prononcé infailliblement pour un échantillon et non pour l’ensemble du linceul ! Une machine ne rend compte que de ce qu’on entre dedans. L’extrapolation de l’échantillon à l’ensemble de la pièce est une erreur de méthodologie car il n’y a eu aucune analyse sur la représentativité de l’échantillon. Même en sciences humaines (et je parle ici en tant que sociologue) on fait mieux !

 

Et puis, avec tout ce que l'on savait déjà sur ce linceul, il n'était plus possible de revenir en arrière, à la première hypothèse d'un faussaire. Il fallait être totalement ignorant du dossier pour le faire ... et bien des scientifiques bornés l'on fait !

 
Arroseurs arrosés ; pour une fois ce ne sont pas les croyants qui sont pris pour des naïfs et des imbéciles !


Et que dire des Eglises chrétiennes qui ont honte de parler du linceul de leur fondateur alors qu’elles s’empressent de célébrer une résurrection dont elles n’ont pourtant aucune preuve matérielle, ni aucun témoignage direct. Les témoignages dont il est question dans les évangiles sont en fait des déductions à partir du constat du tombeau vide et des textes messianiques ainsi que nous l’avons expliqué dans nos Etudes unitariennes à la rubrique "Le tombeau vide" (lien ).


Et si le vendredi saint (la mort de Jésus sur la croix) était finalement plus important (en tout cas plus assuré comme fait historique) que la résurrection supposée du jour de Pâque ? C’est ce que donne à penser la prédication pascale de la révérende Maria Pap, ministre du culte de l’Eglise unitarienne de Transylvanie et titulaire de la chaire de l’Eglise unitarienne francophone (EUfr) "Le saint malfaiteur" (lien ).


A l’honneur des unitariens, nous avons été plusieurs (Roger Sauter, Jean-Claude Barbier) à maintenir envers et contre tous notre intérêt pour le linceul de Turin ; la même chose d’ailleurs pour le tombeau de Talpiot (Pierre Bailleux, Jean-Claude Barbier) où là aussi des chercheurs se sont montrés plus qu’hâtifs dans leurs analyses (lien ).


Aujourd’hui, en plus de quelques très rares électrons libres comme Michel Benoît (lien ), seuls des unitariens sont capables de souhaiter qu’une religion rappelle les faits historiques tels quels sans extrapoler outre mesure, même si elle doit rendre compte aussi d’une tradition religieuse qui, elle, s’est amplifiée au fil des siècles. Pour l’instant, la mort de Jésus est un fait avéré, et la résurrection est une espérance – certains parlent d’une réalité spirituelle (sans se prononcer sur la base historique ou non ! ce qui s’appelle tourner autour du pot …).

 

Quand donc les chrétiens abandonneront-ils la langue de bois et regarderont-ils en face les réalités historiques ... Faut-il donc enchanter le monde ou le réenchanter pour être chrétien ?


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13 novembre 2009 5 13 /11 /novembre /2009 18:54

Après Adieu l’Eglise, chemin d’un prêtre-ouvrier, édité en 2004 chez L’Harmattan, Paris, Jacques MEURICE vient de publier un second ouvrage : Jésus sans mythe et sans miracle. L’évangile des zélotes. chez Golias, Villeurbanne, en juin 2009.

Jésus sans mythe et sans miracle. L’évangile des zélotes
est un essai, à tous les sens du terme. C’est l’essai d’un prêtre du diocèse de Tournai (Hainaut), d’abord vicaire en paroisse à Soignies, puis prêtre-ouvrier en sidérurgie à Charleroi, ancien d’Echanges et Dialogue, marié, père de famille, engagé politique et syndical. Ni universitaire, ni théologien, c’est à tous les niveaux, un simple militant de base. 

Ce qu’il a essayé, c’est de décrire, dans son milieu, un homme : Jésus, prophète d’amour et de lumière, témoin de la vérité, acceptable et compréhensible pour les gens de notre époque. 

Ce n’est pas un ouvrage historique, ni non plus un roman, cela reste un essai de remettre dans son contexte, avec les caractéristiques de son temps, celui qui pour nous a influencé en esprit et en vérité les vingt siècles qui ont suivi tout en étant le plus souvent mal compris et mal interprété. L’auteur a délibérément ignoré les dogmes qui ont été formulés par l’institution religieuse et tout le merveilleux qui a été accumulé sur ce personnage, considérant que la personne a toute sa valeur sans ce fatras. Qui le lui reprochera ?

Ce livre est une invitation à penser le christianisme comme autre chose qu’une religion, le Christ comme autre chose qu’un dieu parmi d’autres, l’Evangile comme un message qui donne un sens à la vie plutôt qu’un amas de liturgies, de rites et de sacrements, dont l’homme d’aujourd’hui n’a que faire. 

Jésus sans mythe et sans miracle. L’évangile des zélotes
est édité en juin 2009 par les Editions GOLIAS, à Villeurbanne (Lyon). Il est mis en vente et peut être commandé dans toutes les bonnes librairies. 164 pages. 16 €. Maison d’éditions : GOLIAS, BP.3045. 69605 Villeurbanne cx. France. tél. 04 78 03 87 47, Fax. 04 78 84 42 03, courriel  La distribution en Belgique est assurée par : DIFFUSION NORD-SUD, rue Berthelot,150, 1190-Bruxelles. Tel : 02/3431013, Fax : 02/3434291, courriel  Pour un contact avec l’auteur : courriel   

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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 08:39

S’approprier l’évangile selon Matthieu

comprendre le texte, risquer sa propre parole

 

Ce livre, fruit d’un travail en groupe pendant deux ans, vient d’être réédité. La nouvelle édition est particulièrement augmentée par rapport à la précédente. Cet ouvrage est destiné à des gens dûment motivés mais qui n’ont pas reçu une culture biblique minimale et qui ne se sont guère permis jusque là de se dire à eux-mêmes et de partager avec autrui leur propre parole à la suite d’une lecture biblique. Il vient à point à la veille de la nouvelle année liturgique (2009-2010) dont les évangiles dominicaux sont empruntés pour la grande majorité à l’évangile selon Matthieu.

Deux exigences sont requises pour tirer profit de ce livre :

D’abord, comprendre le texte tel qu’il se présente. Ecrit il y a près de vingt siècles dans un contexte historique, ecclésial, social et culturel tout à fait différent du nôtre, il ne peut manquer de surprendre voire de dérouter et même de rebuter. C’est pourquoi, il est nécessaire d’acquérir un minimum de clés de lecture pour éviter faux-sens et contresens et entrer, autant que possible, dans l’intelligence de ce qu’ont voulu dire les rédacteurs.

Les enluminures des évangiles de l’abbaye Saint-Médard de Soissons
(lien)

Mais afin de se nourrir du texte étudié, il est non moins essentiel au lecteur de se risquer à exprimer sa propre parole, c’est à dire l’écho singulier que ce texte a dans sa vie aujourd’hui. Sans actualisation, les paroles évangéliques resteraient en effet lettre morte. Les re-susciter et les partager avec d’autres lecteurs est une expérience d’une étonnante richesse à la portée de tous. Ce livre peut être un instrument de recherche personnelle et en équipe, afin que les antiques paroles reprennent vie et soient nourriture.

A commander chez l’auteur : Jacques Musset, 12, rue du Ballon, 44 680 Ste Pazanne, 12€ + 3€ de port.

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27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 16:27

Après Adieu l’Eglise, chemin d’un prêtre-ouvrier, édité en 2004 par L’Harmattan, Paris, Jacques Meurice vient de publier un second ouvrage : Jésus sans mythe et sans miracle. L’évangile des zélotes.

Jésus sans mythe et sans miracle. L’évangile des zélotes
est un essai, à tous les sens du terme. C’est l’essai d’un prêtre du diocèse de Tournai (Hainaut), d’abord vicaire en paroisse à Soignies, puis prêtre-ouvrier en sidérurgie à Charleroi, ancien d’Echanges et Dialogue, marié, père de famille, engagé politique et syndical. Ni universitaire, ni théologien, c’est à tous les niveaux, un simple militant de base.

Ce qu’il a essayé, c’est de décrire, dans son milieu, un homme : Jésus, prophète d’amour et de lumière, témoin de la vérité, acceptable et compréhensible pour les gens de notre époque.

Ce n’est pas un ouvrage historique, ni non plus un roman, cela reste un essai de remettre dans son contexte, avec les caractéristiques de son temps, celui qui pour nous a influencé en esprit et en vérité les vingt siècles qui ont suivi tout en étant le plus souvent mal compris et mal interprété. L’auteur a délibérément ignoré les dogmes qui ont été formulés par l’institution religieuse et tout le merveilleux qui a été accumulé sur ce personnage, considérant que la personne a toute sa valeur sans ce fatras. Qui le lui reprochera ?

Ce livre est une invitation à penser le christianisme comme autre chose qu’une religion, le Christ comme autre chose qu’un dieu parmi d’autres, l’Evangile comme un message qui donne un sens à la vie plutôt qu’un amas de liturgies, de rites et de sacrements, dont l’homme d’aujourd’hui n’a que faire.

Jésus sans mythe et sans miracle. L’évangile des zélotes

Il sera mis en vente et pourra être commandé dans toutes les bonnes librairies. 164 pages. 16€.

Maison d’éditions : GOLIAS, BP.3045. 69605 Villeurbanne cx. France. Tel. 04 78 03 87 47

Fax. 04 78 84 42 03, courriel 

La distribution en Belgique est assurée par : DIFFUSION NORD-SUD, rue Berthelot,150, 1190-Bruxelles. Tel : 02/3431013, Fax : 02/3434291, courriel 

Pour un contact avec l’auteur, courriel.

est édité en juin 2009 par les Editions GOLIAS, à Villeurbanne (Lyon).

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19 juin 2009 5 19 /06 /juin /2009 16:52

Né à Nazareth, en Galilée, vers l’an 7 avant Jésus-Christ.

Fils de Joseph (de la descendance de David) et de Miriam (Maria en romain, de la descendance d’Aaron par une femme).

d'après le "Suaire de Turin" et les techniques photographiques de la NASA.

Groupe sanguin AB (celui-ci est le plus rare avec une fréquence de 3 à 5% en Europe, 10 à 12 % en Chine et au Japon et pouvant atteindre jusque 15 % au Moyen-orient dont le peuplement est fort hétérogène).

Taille, plus de 1,70 m. 
Cheveux longs et barbe

Portait une robe (comme celle de Trèves ? dont la largeur sous les bras est de 1,09 m)
et une tunique (celle d’Argenteuil ? 90 cm sous les bras) d’un seul tenant, qui sera tirée au sort par les soldats romains lors de son supplice.

Il rejoint en automne 26 * le mouvement de Jean (son cousin maternel ?) qui, depuis le printemps ou le début de l’été de l’an 26, baptise sur les rives du Jourdain. Jean est prêtre de la tribu des Lévi, un descendant d’Aaron, le frère de Moïse.
* L’année automne 26 – automne 27 est une année sabbatique durant laquelle les paysans doivent laisser la terre se reposer ; ils sont donc plus disponibles pour circuler en dehors de leurs villages.


Début de l’an 28, il se replie en Galilée, sur les rives du lac de Tibériade après l’arrestation de Jean-le-baptiste par Hérode Antipas (le prisonnier sera décapité un an après, au début de l’an 29). Il prêche la repentance de nos péchés, la justice vis-à-vis des opprimés, l’arrivée imminente du Royaume de Dieu et le Jugement dernier.

De décembre 29 (ou avant), jusqu’au printemps de l’an 30, Jésus est probablement réfugié à l’est du Jourdain.


Mi mars de l’an 30, arrivée de Jésus à Jérusalem en vue de la Pâque fixée le vendredi 5 avril, le 15 nisan. Veut-il mettre à profit la longue fête (le jour de la Pâque suivi d'un sabbat) pour mobiliser la foule ?


Il est arrêté et condamné à mort sous Ponce Pilate (procurateur de la Judée de 26 à 36), sous le règne d’Hérode Antipas (fils d’Hérode le Grand, roi en Galilée et sur la Pérée de - 4 à 39) ; Anne, le gendre de Caïphe, étant Grand prêtre à Jérusalem.


Il est couronné d’épines par dérision pour ses supposées prétentions royales par la Légion romaine et f
lagellé * avec le fouet utilisé par les Romains (le flagellum) dont les lanières sont terminées par des os de moutons. Il porte sur son dos la traverse de son supplice (le patibulum) (voir aussi les traces correspondantes sur la tunique d’Argenteuil). Puis crucifié à la méthode domaine. Le supplicié, allongé par terre, est cloué au patibulum à chaque poignet (ce qui fait replier le pouce), puis la pièce de bois est montée sur le pieu (le stauros). Ensuite un clou transperce les os des talons – les deux talons étant superposés – les pieds légèrement fléchis pour que le supplicié appuie sur ses pieds et tire sur ses bras afin de pouvoir respirer (l’agonie pouvait durer 2 à 3 jours). Sur ordre de Ponce Pilate, le motif de la condamnation est mentionné sur un écriteau, rédigé en latin, en grec et en hébreux "Voici Jésus, le roi des Juifs").
* Jésus reçut le deuxième des châtiments corporels en usage chez les Romains, à savoir la flagellatio, qui prenait place entre la simple fustigatio et, le plus cruel, la verberatio.


Mort en l’an 30, à la veille de la Pâque juive, ayant une trentaine d’années, après avoir été exhibé au sommet du Golgotha de 9h à 15 heures.


La cause de la mort est mis au compte de l’asphyxie du supplicié, mais en juin 2005, le docteur israélien Benjamin Brenner, chercheur à l’hôpital Rambam d’Haïfa pense que, dans le cas de Jésus, ce fut peut-être une embolie pulmonaire liée au stress de la Passion et le fait que Jésus fut privé d'eau et nourriture pendant les 12 heures qui ont précédé sa mort. De là le sang mélangé à de l’eau qui sort de la plèvre perforée par le coup de lance.


Percé au flanc droit par un coup de lance lorsqu’il était déjà mort ; 
n’ayant pas eu les os du tibia brisé (pour accélérer la mort juste avant le début du sabbat) puisque déjà mort. Transporté avec un suaire sur la tête en comprimant le nez par où avaient lieu des écoulements de sang (d'après les analyses du suaire d’Oviedo).  Déposé provisoirement dans une tombe, dans des jardins aux abords immédiats du lieu de supplice. Mis dans un linceul de lin, tissé à la mode locale et où l’on a retrouvé entre autres des pollens de Palestine.  Enterré définitivement dans un autre lieu ; à Talpiot (entre Jérusalem et Béthanie où Jésus avait des amis) ?

Jésus aura une succession dynastique en accord entre sa famille et les apôtres et autres disciples.


Son frère, Jacques, lui succède à la tête de la communauté judéo-chrétienne de Jérusalem. Jacques est mis à mort * en 62 à l’initiative du Grand-prêtre Anne II (le fils de Anne qui instruisit le procès de Jésus). Anne II mit à profit l’absence de procurateur à Jérusalem entre la mort de Festus et l’arrivée d’Albinus ; pour cela, il sera destitué par Hérode Agrippa II qui était à Césarée.
* Il fut précipité du haut de l’enceinte sud-est du Temple, puis lapidé et achevé à coup de bâton, d’autres disciples sont condamnés à mort avec lui.

Simon prend la succession. Est-ce le Simon qui est mentionné dans la liste des frères de Jésus, sans doute comme étant le cadet car il vient en dernier après Jacques, Joset/Joseph, et Jude ... et devant les soeurs de Jésus ? 
Il est dit "fils de Clophas" par Eusèbe, lequel précise que Clophas est frère de Joseph. Clophas est connu dans l'évangile de Jean comme époux d'une nommée "Marie". Le Simon qui prenda la succession pourrait être alors un cousin de Jésus. L'historien James Tabor va plus loin en pensant que Clophas aurait pu épouser Marie selon la coutume du lévirat, et Simon être finalement demi-frère de Jésus (et pas seulement son cousin).
Quoiqu'il en soit, il est à la tête de la communauté de 62 à 106  - date à laquelle il est crucifié, ayant plus de cent ans selon Epiphane, sur ordre de l’empereur Trajan parce qu’il était un descendant du roi David.

Jude lui succède. Le Jude, frère de Jésus mentionné dans les évangiles, est sans doute mort depuis, mais les Constitutions apostoliques, rédigées à la fin du IVème siècle, avancent que ce Jude était également un frère de Jésus ! Retenons l'hypothèse d'un lien de parenté.

Suite à la Seconde guerre Juive, l’empereur Hadrien exclut tous les Juifs de Jérusalem en 135. On retrouvera trace de la communauté " nazoréenne " à Pella en actuelle Jordanie (où ils seront considérés comme une secte par les Pères de l’Eglise car trop judaïsant aux yeux de ces derniers bien qu’acceptant les textes canoniques). Egalement en Syrie chrétienne, la secte des Eboniens qui eux n’acceptent que l’évangile de Matthieu et sont très anti-pauliniens.


Les judéo-chrétiens de Jérusalem étant appelés les " nazoréens " (sans doute pour désigner les adeptes de celui qui était originaire de Nazareth), Jésus sera dit aussi Jésus-le-Nazoréen. 
Il est de nos jours connu sous le nom de Jésus-Christ (Jésus l’Oint, le Christ, le Sauveur que les juifs messianiques attendaient).


Sources :


James Tabor, 2006, La véritable histoire de Jésus ; un enquête scientifique et historique sur l’homme et sa lignée, Paris : Robert Laffont, 345 p., traduit en français par Bernard Cohen.


Divers sites consultés sur le linceul de Turin, le suaire d’Oviedo et le codex hongrois De Pray.

Voir sur ce site les rubriques "le temps des évangiles" et "le tombeau de Jésus".

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Published by Jean-Claude Barbier - dans le temps des évangiles
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27 mai 2009 3 27 /05 /mai /2009 02:20

prédication de Didier Travier
au culte du dimanche 24 mai 2009 au temple de l’Eglise réformée du Mans,
d’après lectures de 1 Samuel 21, 2-16 (1-7), 1 Jean 4, 11-16, Jean 17, 11-19
publié dans la Correspondance unitarienne, n° 92, juin 2009

 

Le texte qui est proposé aujourd’hui à notre méditation est un fragment de ce qu’il est convenu d’appeler la " prière sacerdotale ". Jésus n’a probablement jamais prononcé en ces termes cette prière. Pas plus que par exemple Périclès n’a prononcé littéralement les deux célèbres discours aux Athéniens rapportés par l’historien grec Thucydide. C’est un procédé courant dans la littérature antique que de placer dans la bouche d’un personnage historique des paroles qui expriment la compréhension profonde qu’un auteur a de son enseignement ou de son action. Et c’est ce que fait Jean ici.

Et ce qui est tout à fait significatif, c’est que l’évangéliste situe cette prière au moment où Jésus va mourir. Cette prière prend ainsi la valeur d’un testament. C’est donc le testament de Jésus que l’évangéliste nous fait entendre.

Ce testament se compose de trois parties. D’abord Jésus dresse en quelque sorte le bilan de son œuvre. C’est le passage qui précède celui que nous avons lu. Dans le texte du jour, Jésus prie pour ses disciples qu’il désigne, en s’adressant au Père, comme " ceux que tu m’as donnés ". Cette partie concerne le premier cercle des disciples, ainsi que le montre l’allusion à l’un des douze, à savoir Judas, " le fils de perdition " (v. 12) Puis, après notre texte, la perspective est élargie : " ce n’est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole " (v. 20). Par cet élargissement qui s’étend aux disciples à venir, et à travers eux à l’humanité entière appelée à suivre le maître, on peut dire que nous sommes, tous tant que nous sommes, inclus dans la prière du Christ, consignés dans son testament.

Au moment où Jésus va mourir, c’est-à-dire, en langage biblique, au moment où il va quitter le monde pour rejoindre le Père, c’est précisément des rapports du disciple au monde dont il est question. Trois traits caractérisent la situation du disciple dans le monde :

- D’abord le disciple est " dans le monde " et doit y rester. " Je ne te prie pas de les ôter du monde " (v. 15). Etre dans le monde, c’est au sens premier être en vie. Jésus va mourir mais ne demande pas à ses disciples de l’accompagner dans la mort. Il souhaite au contraire qu’ils demeurent vivants pour prolonger son œuvre.

- Ensuite tout en étant dans le monde, le disciple n’est pas du monde, il n’est pas, comme dit le texte dans son langage mythologique, soumis au Malin, au " prince de ce monde ". Et s’il n’est pas du monde, c’est qu’il est d’ailleurs. Il est de Dieu. Jésus prie pour que ses disciples soient gardés dans le nom de Dieu. Le nom, dans la pensée hébraïque, c’est la personne elle-même. Etre gardé dans le nom de Dieu, c’est être gardé en Dieu lui-même.

- Enfin ce disciple qui est dans le monde sans être du monde est haï du monde et ici il y a sans doute un écho aux persécutions endurées par les premiers chrétiens au moment de la rédaction de l’évangile.

Ce qui est particulièrement frappant ici c’est que ces trois traits – être dans le monde sans être du monde tout en subissant l’opposition du monde – sont très exactement ceux qui caractérisent, dans le prologue de l’évangile de Jean, Jésus lui-même : il y est en effet question d’une lumière qui n’est pas du monde mais de Dieu, lumière qui est venue dans le monde et que le monde a rejeté.

Cette identité de situation entre Jésus et ses disciples est du reste très fortement soulignée par Jésus lui même dans sa prière. Une parole revient comme un leitmotiv dans le texte, c’est " comme moi " : comme moi j’ai été, vous aussi vous serez. Nous voyons donc qu’au moment où Jésus va quitter le monde, il institue à la place qu’il va laisser vacante ses disciples présents et à venir. La prière sacerdotale est un testament qui nous fait héritiers de Jésus. Et cet héritage consiste à rien de moins qu’à reprendre la mission qui a été la sienne, celle d’être envoyés de Dieu dans le monde.

Jésus vu par Michel Lewis

Que signifie donc être envoyé de Dieu dans le monde, être dans le monde sans être du monde ?

Cette idée de double appartenance à la cité des hommes et à la cité de Dieu, pour parler comme saint Augustin, renvoie à la notion religieuse de " sainteté " et le verbe " sanctifier " apparaît du reste à trois reprises dans le texte. " Etre saint ", ce n’est pas, dans la Bible, " être parfait " mais c’est " être mis à part " pour Dieu, consacré à lui, être donc encore une fois dans le monde et " à part " du monde. Jésus nous appelle donc à la sanctification, à une marche vers la sainteté mais en quoi cela consiste-t-il ?

Le texte nous donne deux éléments de réponse. Une première indication figure au verset 17 : " sanctifie-les par la vérité : ta parole est la vérité ". Nous connaissons bien cette phrase que nous disons au culte avant de lire la Bible. La parole désigne dans cet usage l’Ecriture, tenue pour vérité. Et nous trouvons du reste, dans notre texte, une allusion à cette idée de la vérité de l’Ecriture à propos de l’accomplissement des prophéties concernant Judas (v. 12). Mais l’essentiel est ailleurs : dans notre texte, la parole de Dieu désigne moins l’Ecriture (la Bible) que la parole transmise par Jésus à ses disciples : " Je leur ai donné les paroles que tu m’as données " (v. 8). La parole qui doit nous sanctifier c’est l’enseignement de Jésus reconnu comme parole de Dieu.

Jean pousse très loin cette idée que Jésus apporte la parole de Dieu. Et c’est ici encore au prologue de l’évangile qu’il faut se reporter. Ce prologue contient deux affirmations très fortes sur la parole. D’abord, il dit : " Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu " (1, v. 1).

Il y a là une conception de la parole qui est beaucoup plus grecque que juive. La parole ce ne sont pas les Ecritures mais, pourrait-on dire à la manière de Platon, le modèle intelligible, intemporel, anhistorique dont toute parole temporelle, historique transmise par Moïse, par les prophètes ou par Jésus n’est qu’une approximation. Non pas les paroles parlées, mais la parole parlante, vivante, le souffle, l’esprit lui-même indicible qui circule dans l’enseignement des hommes de Dieu et dans la lettre des Ecritures. Non pas les paroles avec un p minuscule mais la Parole avec un P majuscule. Non pas les paroles au pluriel mais la Parole au singulier.

Il nous dit aussi (v. 14) : " La Parole a été faite chair et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité ". Jésus est l’incarnation de la Parole. Derrière ce verset se tient, dans la théologie traditionnelle, toute la doctrine de l’Incarnation, mais j’en proposerais une lecture plus humaine, moins métaphysique : Jésus est à ce point habité par la Parole que celle-ci informe, irradie toutes ses pensées, tous ses actes, toute sa vie. La Parole cesse d’être un principe abstrait pour devenir une vie concrète qui témoigne, dans tous ses aspects, de l’action intérieure de la Parole.

Etre sanctifié par la parole, c’est donc à l’image de Jésus devenir incarnation de la Parole, être habité par la Parole qui transcende toute parole particulière et transforme nos pensées, nos actes, notre vie tout entière.

Nous voyons donc que le prologue de Jean opère un double déplacement par rapport à une compréhension qui identifie la parole et les Ecritures. Premier déplacement des paroles particulières, historiquement situées vers le principe dont elles procèdent, la Parole avec un grand P ; deuxième déplacement, des paroles reçues de l’extérieur vers la Parole agissant du dedans

C’est ce double déplacement que la tradition philosophique d’inspiration chrétienne a cherché à penser sous le nom de " conscience ". Qu’est ce que la conscience sinon ce lieu intérieur de moi-même que la Bible appelle le " cœur ", ce lieu intérieur où se fait entendre la parole de Dieu, une parole qu’aucun discours religieux, qu’aucun système de morale ne peut épuiser ni exprimer de manière totalement adéquate ? Ce lieu où habite le " Dieu plus intérieur à moi-même que moi-même " dont parle saint Augustin.

Etre sanctifié par la parole, ce n’est donc pas se soumettre à des commandements déterminés venus du dehors, c’est être fidèle à soi-même dans les appels intimes de notre conscience. Et c’est justement cette parole intérieure de la conscience que Jésus éveille par les paroles extérieures de son enseignement.

La seconde indication qui nous est proposée est une exigence d’unité : " qu’ils soient un comme nous " (v. 11). Et un peu plus loin " comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient un en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé " (v. 21). L’unité que Jésus vit avec Dieu qui l’habite, l’unité que nous devons rechercher de la même manière avec la Parole intérieure qui nous constitue dans notre intériorité humaine doit se manifester dans l’unité visible qui nous lie les uns aux autres, c’est-à-dire dans l’amour.

Plus nous serons attentifs à la parole intérieure du Père qui nous appelle du fonds de nous-même, plus nous nous sentirons frères les uns des autres. Plus nous nous mettrons à l’écoute du Dieu unique qui nous habite, plus nous serons unis les uns aux autres. Et nous retrouvons ce même thème dans l’épître de Jean dont nous avons lu un extrait. L’idée générale en est que l’amour de Dieu – au double sens de l’amour que Dieu a pour nous et de l’amour que nous avons pour Dieu – se rend visible dans l’amour que nous avons les uns pour les autres.

Et Jésus nous donne lui-même un exemple de cet amour dans la prière sacerdotale, en intercédant pour ses disciples présents et avenir, et au-delà pour l’humanité entière. L’intercession véritable ne consiste pas à prononcer des paroles auxquelles on attribuerait je ne sais quel pouvoir magique, mais à être intimement habités par le souci de l’autre. Et c’est de cette abondance du cœur que doit jaillir l’intercession véritable.

Etre dans le monde sans être du monde, c’est donc garder la parole de Dieu et rechercher l’unité entre les hommes.

Et nous reconnaissons dans ces deux exhortations les deux commandements fondamentaux qui, pour Jésus, résument toute la volonté de Dieu : " Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute âme, de toute ta pensée. Tu aimeras ton prochain comme toi-même ".

Nous mesurons aussi par là l’écart qu’il y a entre l’enseignement de Jésus et les conceptions traditionnelles de la religion. On peut dire que la distinction entre ce qui est du monde et ce qui est de Dieu, se trouve dans la plupart des religions, c’est la délimitation entre le domaine du profane et celui du sacré : il y a ainsi, dans nombre de religions, des lieux saints, des temps sacrés, des objets et des corps purs et impurs.

Nous le voyons dans le récit du premier livre de Samuel que nous avons lu, au sujet des pains qui sont, chaque sabbat, offerts à Dieu. Mais ce qui est important, dans ce récit, c’est la transgression à l’égard des lois rituelles opérée par David qui nourrit ses compagnons d’armes avec les pains consacrés. Cette attitude anticipe celle de Jésus qui va balayer toute distinction du sacré et du profane. Il n’y a pas de lieu saint : " l’heure vient où ce ne sera ni sur cette montagne [le mont Garizim où les Samaritains avaient construit un temple] ni à Jérusalem que vous adorerez le Père (…) mais l’heure vient ... et c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront en esprit et en vérité " (Jn 4, 21, 23).

Il n’y a pas davantage de temps sacré : " le sabbat a été fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat " (Mc 2, 27). Il n’y a non plus d’objet pur ou impur car la pureté n’est pas dans la coupe et dans le plat mais dans l’intérieur de l’homme (cf. Lc 11, 39). Pour Jésus en somme, une seule réalité peut être pure, sacrée, sainte, c’est l’homme lui-même dans la mesure où il recherche la purification, la consécration, la sanctification de son cœur. Et aussi vil qu’il puisse devenir, l’homme demeure sacré et inviolable, car il est, en sa conscience, la demeure de Dieu.

Etre dans le monde sans être du monde ce n’est donc pas suivre les règles d’une religion qui délimite les frontières du sacré et du profane, c’est sanctifier son cœur par la fidélité à la parole et par la recherche de l’unité entre les hommes.

Tel est, mes frères, le testament de Jésus : la Parole en nous et l’unité entre nous. Telle est la lumière d’en haut qui illumine notre présence au monde. Amen.

 

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Published by Didier Travier - dans le temps des évangiles
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30 avril 2009 4 30 /04 /avril /2009 13:40

La foi d’une femme syro-phénicienne (Marc 7, 24-30 et Matthieu 15, 21-28) par Régis Pluchet (Le Mans). Version légèrement remaniée d'un texte écrit pour un numéro spécial du bulletin de Croyants en liberté Sarthe, mai 2003

" Partant de là, il s’en alla dans le territoire de Tyr. Etant entré dans une maison, il voulait que personne ne le sache, mais il ne put rester ignoré. Car aussitôt une femme, dont la petite fille avait un esprit impur, entendit parler de lui et vint se jeter à ses pieds. Cette femme était grecque, syro-phénicienne de naissance, et elle le priait d’expulser le démon hors de sa fille. Et il lui disait : " Laisse d’abord les enfants se rassasier, car il ne sied pas de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens." Mais elle de répliquer et lui dire : " Oui, Seigneur ! et les petits chiens sous la table mangent les miettes des enfants ! " Alors, il lui dit : " A cause de cette parole, va, le démon est sorti de ta fille." Elle retourna dans sa maison et trouva l’enfant étendue sur son lit et le démon parti (Marc 7, 24-30, traduction de la Bible de Jérusalem).

C’est au groupe biblique de l’Eglise réformée du Mans que je dois la (re-)découverte de ce texte. A première lecture, il m’était apparu significatif d’entendre cette étrangère, une païenne, une femme qui plus est, qui ose répliquer à Jésus. Mais les paroles de celui-ci semblent bien mystérieuses. Bizarre : cette histoire d’enfants et de petits chiens. Là, on a besoin de l’exégèse pour comprendre : à l’époque de Jésus, ce sont des expressions habituelle pour désigner le peuple juif (les enfants) et les païens (les chiens, un terme quelque peu méprisant). Autrement dit Jésus rudoie cette femme. Mais la femme lui réplique aussitôt et Jésus se laisse toucher.

Si Jésus a des mots durs pour cette femme, c’est sans doute qu’il est las qu’on le sollicite, mais c’est peut-être aussi pour l’éprouver. Il vient de s’affronter aux Pharisiens, de remettre en question les notions de pur et d’impur, et même ses disciples avaient du mal à le comprendre. Sans doute a-t-il besoin de prendre un peu de recul vis-à-vis de la foule qui l’entoure. Il quitte la Galilée pour passer en terre étrangère (même s’il s’agit toujours d’une province romaine), en terre païenne. Mais voilà que même là on ne le laisse pas en paix. Même s’il a besoin de repos, la dureté des mots de Jésus me semble assez stupéfiante par rapport à l’image habituelle de compassion que l’on peut avoir de lui, lui que l’on présente sous un jour convivial, qui peut en découdre, certes, avec certaines autorités, mais qui respectent ceux qui viennent à lui, surtout s’ils souffrent.


la femme "Cananéenne", miniatures du Codex Egbert (vers 980), lien  

Mais en y réfléchissant, je crois que cette dureté montre bien son humanité. Contrairement à ce que l’on nous dit traditionnellement dans les Eglises, je pense que Jésus est un homme imparfait, qui fait des erreurs, qui a ses limites comme chacun(e) de nous. Ici, il se laisse aller à une expression peut-être compréhensible dans la bouche d’un autre homme, mais qui est presque méprisante et en tout cas digne d’un " macho " qui ne va pas s’en laisser conter par une femme. Mais celle-ci ne se démonte pas. Sa réponse, du tac au tac, en touchant Jésus, provoque chez lui une prise de conscience. Pour l’exégèse classique, cette histoire marque un tournant : désormais la prédication de Jésus ne s’adressera plus seulement aux Juifs, mais aura une portée universelle.

Je pense que l’on peut aussi l’envisager avec une autre perspective. Jésus comprend mieux sa mission. Autrement dit, il n’a pas su d’emblée quelle est sa mission. Il doute, il hésite, il se trompe sans doute parfois. Car il n’est qu’un homme et non pas un Dieu au sens où on nous l’a enseigné. Dans ce texte, il nous montre ses faiblesses d’homme, de rabbi un peu " macho ", mais aussi sa force intérieure quand il est pleinement homme, en accédant progressivement à une certaine intériorité qui révèle sa filiation divine. Peu après, ce sera d’ailleurs la Transfiguration, cette manifestation de sa divinité. Mais ce n’est pas, à mon avis, une divinité qui le met à part des hommes, mais la révélation de la divinité qui existe au fond de chacun(e) de nous. Rares sont les hommes et les femmes qui arrivent à vivre cette divinité dans une telle plénitude, au-delà des conditionnements, des émotions, des blessures. C’est d’ailleurs justement ce qu’il a enseigné auparavant (Marc 7, 14-23) : c’est tout ce qui emprisonne le cœur de l’homme qui est impur, et qui doit être dépassé.

Quant à cette histoire de démon qui a motivé la démarche de cette femme, je pense qu’on peut la comprendre à un niveau psychologique. Sa fille est en proie à un problème grave. Qui sait s’il ne s’agit pas d’un problème de relation avec sa mère ? En tout cas, je me demande si ce n’est pas la démarche de la mère qui a guéri la fille, plus qu’un pouvoir " magique " de Jésus (même s’il a aussi des capacités de guérisseur). Peut-être la fille est-elle guérie parce que la racine du problème venait de la mère et que la mère s’est elle-même guérie d’une blessure personnelle dont elle a su se libérer en osant s’adresser ainsi à Jésus et lui répliquer.

Régis Pluchet est membre de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU) et représente cette association au sein du Conseil des unitariens et universalistes français (CUUF)

 

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