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14 mars 2009 6 14 /03 /mars /2009 19:12
Ce sont des chrétiens judaïsants ** originaires de la Russie qui se sont séparés de l’Eglise orthodoxe russe au XVI - XVIII°s. Ils ne reconnaissent pas le dogme de la Trinité et les historiens les classent comme unitariens ***.
en anglais : * Molokan,** Sabbatarian, ** Unitarian ; en espagnol : Molokanes

Eux-mêmes se désignent comme "chrétiens spirituels". A partir des années 1670, leurs compatriotes les ont désignés comme "moloko" (buveurs de laits) car, ne pratiquant pas les 200 jours fériés et de jeûne décrétés par l'Eglise orthodoxe, ils continuaient tranquillement à boire le lait de leur élevage !  Ils ont adopté ce sobriquet en se référant à un verset de la Première épître de Pierre "Ecartez donc toute malice, toute ruse, hypocrisie, envies, toutes les calomnies, et comme des enfants nouveaux-nés désirez ardemment le pur lait de la parole , pour que vous croissiez par lui pour le salut, si vous avez goûté que IHVH est bienfaisant(traduction André Chouraqui).

L'appellation de "moloques" est utilisée en Turquie et reprise par l'encyclopédie Wikipedia. Ndlr : nous l'utiliserons, quant à nous, comme adjectif, par exemple "les chrétiens moloques", par contre nous dirons les molokanes afin de tenir compte de l'internationalisation de cette appellation.

Voir nos articles précédents sur les hérétiques de l'Eglise orthodoxe de Russie


Molokanes en Géorgie au XIX° siècle / mariage au XX° siècle

Ils ont été déplacés aux frontières de l’Empire russe (Sibérie, Caucase, Turquie, etc.) sous l’impératrice Catherine II (années 1830), puis autorisés par Nicolas II (en 1903) à émigrer dans les pays étrangers (Canada, Etats-Unis, Mexique, Uruguay, Australie, etc.). Aujourd’hui, on peut les estimer à quelques 50 000 fidèles.

Au sein de cette diaspora, certains ont pu réussir, comme par exemple les viticulteurs russes de la vallée de Guadalupe en Basse Cafifornie au Mexique qui prirent le relais des Jésuites qui y étaient installés pour déservir la célèbre Mission catholique consacrée à la Virgen qui avaient été fondée par les dominicains. Lien. C’est le cas entre autres des vins Bibayoff de renommée mondiale. Lien  



Avec l’aide de la diaspora, les molokanes ont construit un centre communautaire mondial en Russie, en piémont nord du Caucase ("Molokan Center" sur la carte). Lien. La Russie encourage leur retour en leur pays natal, comme par exemple pour les molokanes de Géorgie qui sont invités à s'installer dans la province de Krasnodar.


Lire aussi nos autres articles sur les chrétiens moloques et les hérétiques de l'Eglise orthodoxe russe dans la rubrique "Europe" de ce site.
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Published by Jean-Claude Barbier - dans les molokanes
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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 10:48

Les molokanes * sont apparus dans la seconde moitié du XVIème siècle, vers 1550, durant le règne d'Ivan Le Terrible (1533-1584), et ont pris leur essor au début du siècle suivant.
* par francisation du mot Molokans qui les désigne en anglais. En russe Молока́не (moloko) qui signifie “ lait ”, ceci par allusion au fait que les molokanes, paysans et éleveurs, buvaient du lait les jours de jeû
ne de la majorité orthodoxe. En Turquie, ils sont appelés les moloques.

La région de Tambov a été le berceau de la nouvelle foi, avec Mathieu Simon Dalmatov (au XVI° siècle), puis Siméon Uklein (au XVIII°). Les populations Mordves, établies à l'ouest de la Volga et occupant un territoire qui s'étend de l'Ukraine à l'Asie centrale, embrassèrent la nouvelle foi, lui assurant un bassin géographique initial.


femmes erzianes en tenue traditionnelle ; jeune fille moloque en veste de cuir rouge

Les Mordves sont un peuple de langue finno-ougrienne soumis en 1551 par Ivan IV le Terrible après la prise de la ville tartare de Kazan. Ils sont 1,1 million de personnes, dont 28% résident dans la Mordovie (où ils constituent 33% de la population). Ils sont majoritairement orthodoxes et luthériens, avec quelques moloques. En fait, leur appellation ethnique recouvre deux entités : les Mokchanes proviennent du bassin de la rivière Mokcha (ils incluent les peuples Karataï) et les Erzianes qui, eux, proviennent du bassin de la rivière Soura (et qui incluent les peuples Chochka et Terioukhanes).

Les molokanes étaient 91 500 au recensement de la population russe de 1909 dont plus de la moitié en exil en Sibérie (31%) et dans le Caucase (23%). Voir carte. Ils ne sont plus que 50 000 aujourd’hui répartis dans de nombreux pays. Il existe de petites communautés dans plusieurs pays en dehors de la Russie et Sibérie : en Géorgie, Arménie (où ils sont 5 000), Azerbaïdjan, et en Turquie* ; en Iran, en Syrie (sans doute à partir du Caucase), en Mongolie et en Chine (sans doute à partir de la Sibérie), au Canada (Colombie britannique, Alberta) et aux Etats-Unis (San Francisco et Sacramento en Californie, Arizona, Oregon, Montana, Wyoming, Washington, Alaska), en Amérique du Sud (vallée de Guadalupe au Mexique, Brésil, Uruguay), enfin quelques familles en Australie. Certains reviennent volontiers en Russie dont ils ont gardé la langue.
* La plus importante communauté réside dans le nord-est de l'actuel Etat turc (dans la province de Kars où ils furent déportés en 1876-77 lorsque ce territoire fut conquis par les Russes sur la Turquie) , ainsi qu'à Istamboul et à Ankara ; ils parlent peu le turc, préférant encore le russe.

congrégation moloque en Russie au début du XX° siècle

Contact :

aux Etats-Unis. A.J. Conovaloff, courriel


Documentation :
en français,
http://fr.wikipedia.org/wiki/Moloques,
http://actua.unitariennes.over-blog.com/categorie-1204765.html
en anglais,
http://molokane.org,
http://en.wikipedia.org/wiki/Molokan (ndlr - attention : la référence aux Bogomiles y est tout à fait fantaisiste / the reference to Bogomils is quite fanciful).
en espagnol,
la communidad rusa en Mexico,
http://www.folklorico.com/peoples/baja-norte/rusos.html

Les unitariens - qui sont eux-aussi des chrétiens hérétiques ! - se sentent en toute sympathie avec cette communauté. Nous souhaitons que des liens s'établissent entre nous.

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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 10:20

Un centre communautaire mondial a été construit en 1997 à Kochubeevskoe, au sud de la ville de Stavropol, en Russie, au piémont nord du Caucase. Pour une mouvance qui a été toujours décentralisée et géographiquement dispersée par l'exil, ce centre, soutenu principalement par les migrants qui ont réussi à l’extérieur, est susceptible de fidéliser ceux-ci et de redonner un second souffle de style moderniste à cette vieille religion chrétienne. Lien.


vue générale du Centre communautaire mondial vue sous deux angles

Les molokanes font leur culte dans leurs maisons et n'ont donc pas de lieux de culte distinctes, sauf ici au niveau de leur centre mondial. L'architecture de leur salle de réunion témoigne de l'originalité de leur mouvement (pas de coupole comme chez les orthodoxes, pas de néo-gothique comme chez les luthériens, etc.).


prière à Dieu au Centre communautaire mondial


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Published by Jean-Claude Barbier - dans les molokanes
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13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 10:03

Ce mouvement, scripturaire, est centré sur la Bible et rejette les ajouts orthodoxes : le pouvoir de Droit divin du Tsar, mais aussi le culte des icônes, les fastes de l' Eglise, l'organisation épiscopale, les fêtes des saints. Ils refusent aussi le service militaire. Ces paysans chrétiens boivent du lait lorsque les orthodoxes, eux, font leurs jeûnes (d'où leur appellation de " buveurs de lait " !).

Le mouvement est aussi judaïsant et reprend à son compte les prescriptions alimentaires du Lévitique dont les nourritures impures comme le porc ; et il présente certaines ressemblances avec la cacheroute juive. Ils rejettent la croyance en la Sainte-Trinité et ne pratiquent pas le baptême par l'eau (est-ce à dire qu'ils préfèrent le baptême par le feu de la Pentecôre ?). En cela, ils s'inscrivent dans la judaïsation endogène de nombreux groupes.


Mais contrairement aux doukhobors, ils vénèrent la Bible : le culte consiste à lire les Ecritures et à chanter des cantiques qui en sont inspirés.

Depuis leur création, les molokanes ont donné naissance à de nombreux groupes religieux porteurs de variantes (Molokan-Subbotniki, Jumpers, molokanes du samedi, vodianie, molokanes du Don, Maksimists, etc.). Les plus nombreux en Russie actuelle seraient les Postoiannye (inchangés), qui se présentent comme les plus fidèles aux traditions moloques des origines.

Aujourd'hui encore les Molokans-Subbotniki, le groupe des Subbotniks d'origine moloque, conservent quelques particularités vis-à-vis des autres Subbotniks, comme le refus du Talmud, mais les références à Jésus semblent avoir disparues de leurs croyances, et on ne peut plus les considérer comme chrétiens.
Les communautés qui adhèrent totalement au judaïsme orthodoxes, y compris le Talmud, s'auto-désignent souvent (encore que cela semble varier selon les communautés) comme Gery, une forme similaire à l'hébreu Gerim : les convertis.

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24 février 2009 2 24 /02 /février /2009 18:38

Ces réactions, essentiellement rurales et paysannes, revêtent volontiers un aspect anticlérical avec la formation de communautés sans pope. Les réunions se font dans les maisons et non dans des lieux de culte. C’est le choix des judaïsants, des molokanes, des doukhobors et des vieux-croyants sans prêtres (depuis 1710). Localement, ils élisent à leur tête un collège d’anciens.

On peut dire aussi qu’ils adoptent une approche scripturaire en rejetant les ajouts faits par l’Eglise orthodoxe. Tant les molokanes que les doukhobors refusent les icônes, ne pratiquent pas les rites liturgiques orthodoxes, ne reconnaissent pas les saints, etc. Les Vieux-croyants ont quant à eux réagit contre les innovations rituelles introduites au XVII° siècle.

La judaïsation de ces groupes leur font rejeter la Trinité. Ce sont des anti-trinitaires. Seuls les Vieux-croyants font exception sur ce point.

Molokanes en 1870

La composante quaker introduite chez les doukbobors donnera à ces derniers une attitude anarchiste avec refus de tout impôt, des serments devant les pouvoirs temporels, du service militaire, parades nudistes afin de rappeler la condition humaine d’origine non dépravée par l’Etat et la modernité, etc. Au Canada, les doukhobors les plus radicaux, les " Fils de la Liberté ", défraieront la chronique en menant des attentats terroristes * contre tout ce qui ressemble à l’Etat (dont des écoles).

* Voir le dossier accablant sur ces pacifistes devenus terroristes réuni par l’Equipe de recherche sur le terrorisme et l’anti-terrorisme (ERTA).


Contrairement à l’affirmation protestante du XVIème siècle, la Bible n’est pas une autorité suprême car l’inspiration intérieure par l’Esprit est supérieure aux Ecritures et aux professions de foi. D’où de nombreuses scissions par des inspirés et des prophètes qui ne doutent de rien. Pour les doukhobors, Pierre Védrine, leur meneur de la fin du XIXème siècle, fut un avatar du Christ – le Christ revenu par métempsychose parmi les hommes.

Les pratiques extatiques
 mettent en relation directe les fidèles avec Dieu, comme par exemple les orgies et les flagellations des khlysty, et les gesticulations de molokans-subboniks* au rythme de la musique et des cantiques. * ramant avec les bras (Skippers), rampant par terre (Crawlers)
, parfois nus pour mieux ressembler à Adam et Eve.

Enfin, rurales et communautaristes
du fait de leur histoire et de leur foi, ces mouvances perdent beaucoup de leurs fidèles par marginalisation économique (dans des régions pauvres, dans des villages de montagne, etc.), immigration en ville, assimilation à la société civile par la scolarisation des jeunes, les mariages mixtes, les activités professionnelles modernes, etc.

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24 février 2009 2 24 /02 /février /2009 11:45

Les fidèles russes n’ont pas été sans réagir à la centralisation politique tsariste et ecclésiale par le patriarcat de Moscou de leur pays, et à la pression fiscale sur les milieux paysans par les grands propriétaires terriens. Voici une chronologie des mouvements qui ont été considérés comme hérétiques et en conséquence persécutés.


du milieu du XIVe (vers 1350) au début du XVe siècle, les Strigolniki refusent les hiérarchies ecclésiastiques, l'impôt religieux et le baptême de l'eau. Certains pensent qu’ils auraient été déjà judaïsants.

fin XVème, des Zhidovstvuyushchiye, chrétiens judaïsants *, sont à Novgorod et à Moscou à l’initiative de Skhariya (ou Zecharia) le Juif. L’un de ses adeptes, l'archiprêtre Aleksei, parvient même à convertir l'entourage d’Ivan III, grand-duc de Moscou. Cependant, bien qu'initialement tolérée, la secte est ensuite réprimée (Skhariya est exécuté en 1491 sur l’ordre du Grand-Duc). Le mouvement disparaît au début du XVI° s.

* " Ceux qui suivent les traditions juives ". La doctrine n'est connue que pas les textes de ses persécuteurs mais il semble bien qu’ils reprennent certaines pratiques juives et rejettent la divinité de Jésus. Cette judaïsation est tout à fait endogène et ne relève absolument pas d’un prosélytisme de rabbins juifs.


à la fin du XVIème siècle, durant le règne d'Ivan Le Terrible (1533-1584), Mathieu Simon Dalmatov, premier témoin de la foi moloque (la foi des molokanes, en anglais Molokan, du nom russe moloko qui désigne les  "buveurs de lait" ; en Turquie ils sont appelés les moloques )* commence à évangéliser sa famille et son entourage dans la ville de Tambov. Puis il apporte sa nouvelle foi à Moscou où un groupe de voyageurs venant du nord-est de la Russie, et parmi eux des Mordves (un peuple établi à l'ouest de la Volga, qui occupe un territoire qui s'étend de l'Ukraine à l'Asie centrale) embrassent la nouvelle foi. Dalmatov fut ensuite martyrisé sur la roue dans la prison d'un monastère orthodoxe.

* ndrl - nous adoterons dans nos textes le nom "molokane" (lequel s'est internationalisé), comme appellation, et l'adjectif "moloque" : un ou des molokanes, mais la foi moloque, les chrétiens moloques.

Ces paysans chrétiens rejètent le pouvoir des grands propriétaires fonciers, l'Eglise orthodoxe, le culte des icônes et le baptême par l'eau. Ils boivent du lait lorsque les orthodoxes, eux, font leurs jeûnes (d’où leur appellation de " buveurs de lait " !). Ils revalorisent fortement l'Ancien testament et ses pratiques ; en particulier, ils ne mangent pas de porc, et suivent un régime alimentaire qui, s'inspirant du Lévitique, présente certaines ressemblances avec la cacheroute juive.

A la même époque, à la suite d’une histoire purement locale, les sabbatariens (chrétiens judaïsants qui pratiquent le sabbat) se multiplient chez les Sicules (en anglais = Szekler) de Transylvanie (en Hongrie historique), à la suite des enseignements du théologien chrétien hébraïsant Matthew Vehe-Glirius que l’évêque unitarien Ferencs David avait fait venir d’Heidleberg à Kolozsvar, en 1578, pour l’aider à critiquer la traduction latine de la Bible. Après la mort de F. David, en 1579, le mouvement fut organisé par un noble sicule, András Eössi, puis par Simon Péchi qui traduit en hongroise la littérature hébraïque. Ils commencèrent à être persécutés en 1595, trouvèrent refuge au sein de l’Eglise unitarienne de Transylvanie jusqu’en 1618, puis durent entrer en clandestinité ou se convertir à partir de 1638. Ils considérèrent le village de Bözödújfalu (malheureusement inondé par un lac artificiel durant le régime communiste de Ceausescu) comme leur Jérusalem.

au début du XVIIème siècle, la foi moloque se développe dans les pays de la Volta au sud-est de Moscou (voir carte ; leur présence au Caucase et en Sibérie fait suite à des déportations pour les autorités tsaristes).


















La population totale des molokanes était de 91 500 habitants au recensement russe de 1909, dont plus de la moitié avait été exilée dans le Caucase et en Sibérie par les autorités tsaristes.  Les molokanes ne sont plus que 50 000 aujourd'hui en Russie et Sibérie, dans le Caucase, et en Amérique du Nord.

en 1645
, à l’initiative d’un paysan nommé Daniła Filippow,apparaissent les Khristoveri, les "croyants du Christ" (ou, en plus bref, les Khristi, les " christ ", mais ils seront appelés Khlysty ou " Flagellants " (khlyst, le fouet), parce qu’ils pratiquaient la flagellation après s’être livrés à la débauche afin de mieux bénéficier de la Rédemption ! Raspoutine, à un moment de sa vie, fut l’un des leurs. Ils étaient 2 000 membres en URSS.
 

en 1653, le patriarche de Moscou Nikon introduit de légères modifications dans le rituel pour se rapprocher de l’usage grec (signe de croix avec 3 doigts au lieu de 2, modification de la prononciation du nom de Jésus, révision des livres liturgiques, etc.). Bien que la Bible reste lue dans sa version en vieux slave, le slavon, et que ces changements soient purement rituels, ceux-ci rencontrent une vive opposition des milieux les plus traditionalistes avec à leur tête l’archiprêtre Avvakum. Ce seront les Vieux-Croyants. En 1666-1667, ils sont anathématisés lors de conciles ; Avvakum est mis sur le bûcher en 1682 (il est l’auteur d’une Autobiographie qui est un des chef d’œuvre de la prose russe).
Au XVIII° s. les Vieux-croyants sont des opposants farouches des mesures d’occidentalisation de Pierre le Grand (ils conservent le port de la barbe). La répression (de l’Eglise et de l’Etat) durera jusqu’à la fin des Tsars. Ce n’est qu’en 1905 qu’un Edit de tolérance leur accordera la liberté religieuse. Lors d’un récent concile, ils sont désormais réconciliés avec l’Eglise officielle.

en 1710, les vieux-croyants se scindent entre " presbytériens " et " sans prêtres "

en 1740, un sous-officier prussien introduit le mouvement quaker dans la région de Kharkov, en Ukraine (au nord-est du Dniepr). Ce sont les " chrétiens de la Fraternité universelle ", lesquels seront dirigés en 1769 par Sylvan Koleskinov . En 1785, l'archevêque orthodoxe russe Ambrosius les cite sous le nom de Doukhobors (les " lutteurs de l’Esprit ").


en 1765, La foi moloque se diffuse à l’instigation de Siméon Uklein, un tailleur ambulant de la province de Tambov. Les molokanes affirment leurs différences par rapport aux doukhobors (en partie en maintenant la révérence à la Bible). Leurs villages sont bien distinctes.


à l’extrême fin XVIIIème siècle, sous le règne de Catherine II de Russie, ou peut-être sous celui d’Alexandre Ier au début du XIXème siècle, réapparition de groupes judaïsants en milieu paysan avec les Subbotniks ou Subbotniki (= Sabbatariens). Les premières communautés se forlment dans la région de Voronej (selon l’archevêque de cette ville, la secte aurait été créée en 1796). Les rapports administratifs de 1811 les situent dans les gouvernorats de Voronej, de Toula et de Tambov, dans des régions où les moloques sont déjà présents. Ils adressent en 1817 une pétition aux autorités impériales pour se plaindre des persécutions qu’ils subissent.
Originellement chrétiens, mais revalorisant l'Ancien testament dans une attitude typiquement scripturaliste qui est celle des molokanes, ces judaïsants (hors de toute influence juive directe) en viennent à subordonner le Nouveau Testament à l’Ancien. Au cours du XIXème siècle, les relations se distendent d’avec le christianisme et beaucoup de groupes adhèrent au judaïsme orthodoxe et lisent désormais le Talmud. Ils sont fortement persécutés par le régime tsariste.

En 1833, le molokane Maxim Rudometkin fut considéré par les siens comme un prophète et fonda la secte des "cavaliers" (en anglais, Jumpers) appelée ainsi car les adeptes gesticulent comme s'ils chevauchaient un cheval jusqu’à entrer en extase. Il y a aussi les "sauteurs" (en anglais, Leapers) qui sont également du même style charismatique.

dans le courant du XIXe siècle, le gouvernement tsariste a souvent déporté les communautés moloques  vers la Sibérie ou le Caucase, afin de limiter leur influence dans leurs régions d'origine.


dans la seconde moitié du XIXème siècle, des prêcheurs subbotniks influencent des molokanes d’où l’apparition de Molokan-subbotniks qui se considèrent désormais comme un groupe ethnique et religieux spécifique (Russes judaïsants). Une partie d’entre eux, les Gery *, émigrera plus tard en Palestine. * les Gery, ont adopté une identité totalement juive, bien que des conversions organisées par des religieux juifs ne semblent pas avoir eu lieu.

en 1884, le régime tsariste exile les doukhobors en Géorgie.


à partir de 1898, émigration de doukhobors au Canada (Saskatchewan, puis en Colombie britannique) avec l’aide de Léon Toltoï et de ses amis et des quakers anglo-saxons.


à la fin du XIXe siècle, une minorité de molokanes quittent eux aussi l’empire russe, généralement pour l'Amérique du nord (Canada inclus) ; quelques uns iront en Australie.

Sources 
 :

Fils d’Abraham, panorama des communautés juives, chrétiennes et musulmanes par Joseph Longton, éditions Brepols 1987

Wikipedia, articles " Doukhobors ",  " Moloques / Molokanes ", "Subbotniks".
 

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