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18 avril 2007 3 18 /04 /avril /2007 08:47

vue sur le site de Jacques et Catherine Légeret (Suisse)

Histoire des Amish

Parce qu’ils n’acceptaient pas le baptême des enfants et qu’ils refusaient la hiérarchie de l’Eglise et l’autorité spirituelle de l’Etat, les Anabaptistes (du grec " baptisé à nouveau ") furent violemment persécutés dès 1525, à Zurich puis dans le canton de Berne (et ailleurs en Europe). En effet, leur relecture de la Bible impliquait une liberté de conscience inacceptable pour le pouvoir politique de l’époque

Les persécutions furent d’autant plus faciles que les Anabaptistes prêchaient la non-violence et la non-résistance. En 1536, un prêtre catholique hollandais du nom de Menno Simons rejoignit le mouvement anabaptiste qu’il réorganisa. Désormais, les Anabaptistes furent connus sous l’appellation de Mennonites.

un anabaptiste suisse lisant la Bible

On ne sait pas exactement quand le jeune évêque suisse mennonite Jacob Ammann émigra du canton de Berne pour s’établir dans la congrégation de Sainte-Marie-aux-Mines, en Alsace.

Très vite, Ammann engagea des disputes avec les pasteurs de Suisse et du Palatinat (autre lieu de refuge des Mennonites). Principaux objets de divergences : l’obligation de communier deux fois l’an et la quarantaine sociale des fidèles excommuniés. D’autre part, Jacob Ammann exigeait l’uniformité et l’extrême simplicité des vêtements afin d’accentuer l’identité du groupe et non pas celle de l’individu. Cette exigence est observée aujourd’hui encore par les Amish des Etats-Unis. Dès cette époque - le schisme pris corps à Sainte-Marie-aux-Mines en 1693 - les Anabaptistes qui suivirent Ammann furent connus sous le nom d’Amish.

En 1712, Louis XIV décidait d’expulser les Amish et les Mennonites du territoire français, vu qu’ils n’appartenaient à aucune des trois religions mentionnées dans le traité de paix signé à Westphalie (1648) à la fin de la guerre de Trente ans.

L’ordre royal porta un coup terrible aux Amish et aux Mennonites qui souffraient encore de persécutions socio-économiques. Un petit nombre d’entre eux émigra en Lorraine, une autre partie rejoignit le territoire de Montbéliard. Cependant, un nombre relativement important d’Amish et de Mennonites émigra en Pennsylvanie où William Penn accueillait tous les persécutés religieux d’Europe (Quakers, Huttérites, Mennonites, Amish, etc.). La première communauté amish s’y établit en 1737.

Après trois siècles de persécutions et de migrations, les Amish ont aujourd’hui trouvé aux Etats-Unis et au Canada une liberté religieuse complète. La totalité des Amish du Vieil Ordre, soit environ 160'000 âmes, vit en Amérique du Nord : principalement en Pennsylvanie, en Ohio, en Indiana et en Ontario (Canada). Cependant, on trouve des communautés amish dans 24 Etats des USA. Ils vivent exclusivement dans des fermes (ou des maisonnettes campagnardes) pouvant accueillir jusqu’à quatre générations d’une même famille. [...]

Histoire du Quilt

S'ils lui ont donné ses lettres de noblesse, les Amish n'ont pas inventé le quilt dont l'origine remonte à l'Inde et à la Mésopotamie. Ce sont les Croisés qui ont découvert cet art en Palestine, puis l'ont ramené en Italie et dans le sud de la France. Plus tard, le quilt connut un essor important en Angleterre et, naturellement, aux USA alors colonie anglaise. Les temps y étaient très difficiles et rien n'était perdu, surtout pas les chutes de tissus.

Vers le milieu du 19e siècle, les femmes amish, au contact des paysannes "anglaises", furent séduites par cet art de la récupération qui correspondait parfaitement à l'austérité et à la frugalité de leur communauté.

Le mot quilt vient du latin culcita à savoir "sac rembourré", "matelas ou coussin". Très vite cependant, le quilt fut utilisé comme couverture de lit : en effet, il eut été dommage de l'utiliser comme matelas puisque les femmes passaient de nombreuses heures à le surpiquer, donc à lui conférer un caractère de beauté.

 

Une boutique en Suisse

Notre boutique "Quilts Amish" est située à Pully, en Suisse, rue du Centre (à 10 minutes de la gare de Lausanne). Elle contient plus d'une centaine de quilts amish et mennonites de 1850 à nos jours. Contact : Jacques & Catherine Légeret, Fontaine 6, 1094 Paudex, +41 (0)21 791 18 64, jlegeret@quiltsamish.com

livres publiés par  Jacques et Catherine Légeret

L'énigme amish, Editions Labor et Fides, Genève, 2000. Photos noir/blanc hors texte. 251 pages. Prix : 22 €, CHF 38.-et sa traduction en italien : Una comunità "fuori dal tempo", Editions Claudiana, Nostro Tempo, 2003.

Quilts amish, Editions Labor et Fides, Genève, 201. Photos couleurs, 66 quilts et photos de femmes amish. Prix : 30 €, CHF 45.-

Quilts amish et mennonites, Catalogue de l'exposition du Château de Haute-Goulaine, Nantes, 1998. Editions Quiltmania, La Butte Gaillard, 44360 St Etienne de Montluc, France. 69 reproductions en couleurs. Prix : 10 €, CHF 15.-15.-

Ce site nous a été recommandé par Nicolas Semaille, membre du groupe de discussion Unitariens francophones (message du 17 avril)

Bien que ce soit deux courants de pensée bien distincts, des historiens des Réformes protestantes du XVIème siècle, mettent les anabaptistes et les anti-trinitaires sous la même appelation de "Réforme radicale". Les contacts furent effectivement nombreux entre les deux mouvances et les sensibilités en partie partagées. Les uns et les autres furent tous autant persécutés à la fois par les catholiques et les protestants luthériens et calvinistes.

 

 
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16 avril 2007 1 16 /04 /avril /2007 13:14

Peronne Boddaert, pasteur de la Fraternité des Remonstrants *, est décédée le 5 mars dernier à l’âge de 37 ans. Pas moins de 500 personnes suivirent son enterrement à Rotterdam, ce 12 mars, avec une très vive émotion justifiée par son jeune âge et par la qualité de son pastorat. On déposa dans sa tombe, contenues dans une urne, les cendres de son demi-frère qu’elle aimait beaucoup et qui était décédée l’année précédente. Elle mourut d’une pneumonie que sa constitution fragile ne lui permit pas de surmonter.

* Eglise en Hollande datant du XVIème siècle, voir sa présentation sur le site de l’AFCU, rubrique " relations extérieures ".

Elle est née en 1970 à Rotterdam. Après avoir fait sa théologie à Leyde, elle débuta son pastorat à Delft, puis elle partit en 2000 aux Etats-Unis où elle travailla entre autres pour l’International Association for Religious Freedom (IARF). Revenue aux Pays-Bas, elle exerça à Ardenhout et à Lunteren. Elle fonda son propre bureau pastoral pour donner des cours de spiritualité et d'éthique dans les entreprises et proposer des rituels hors église.

Nous perdons en elle une collègue exceptionnelle. Message du 27 mars de Christiane Berkvens-Stevelinck, pasteur, à Amsterdam, de la même Eglise.

Le mensuel Evangile et Liberté a annoncé son décès dans son n° 208, du mois d’avril.

Oui, Peronne Boddaert était une personne exceptionnelle. Elle fut à l’origine de l’European Liberal Protestant Network (ELPN), le Réseau européen des protestants libéraux, constitué en 1998 au sein de l’IARF (voir une présentation de l’ELPN sur le site de l’AFCU, le 16 avril 07, rubrique " relations extérieures "). Elle était descendue à Montpellier pour y rencontrer le professeur André Gounelle et Michel Serre et en jeter les premières bases.

En 2001, elle apporta sa contribution à l’ouvrage "European Perspectives on Communion", animé par le réseau et qui fut publié par l’Ulster Unitarian Christian Association : "A Remonstrant Minister's Reflections on the Lord's Supper".

Fin 2004, elle réactiva le réseau en vue d’organiser une pré-conférence à celle que l’IARF allait tenir en Cluj-Napoca, en Roumanie, au siège de l’Eglise unitarienne de Roumanie, les 21-24 juillet 2005. Elle me contacta alors le 10 décembre 04, ayant eu mon adresse par nos amis protestants d’Evangile et Liberté, et nous nous rencontrâmes le 14 janvier suivant, à Dordrecht où était domiciliée sa mère. Le pasteur et ami Roger Dewandeler, de l’Eglise wallone, participa à notre entretien.

De main de maître – et ses mains étaient fines comme celle d’un pianiste - , d’une voix merveilleusement belle, toujours avec attention et sourire accueillant, Peronne organisa cette rencontre qui abordait le rôle des meneurs religieux en nos temps modernes. Ses interventions étaient toujours pertinentes et précises, invitant à l’inter compréhension et à la synthèse. L’évêque unitarien de Transylvanie, Arpad Szabo, nous prêta la grande salle du conseil synodal de son Eglise et introduisit lui-même les débats.

Ce 7 février, elle venait de me relancer pour que nous organisions une rencontre de l’ELPN, cette fois-ci en Irlande.

Des anges, elle en avait la beauté, mais aussi, malheureusement, l’évanescence du corps. Si sa disparition soudaine aura un effet sur la programmation des activités de l’ELPN dont elle était la coordinatrice – mais, comme on dit dans nos milieux croyants, Dieu y pourvoira - , elle nous fait regretter, surtout, un être si chère.

Les chrétiens unitariens présentent ici leurs condoléances à sa famille, à tous ses amis et à sa communauté de foi. Jean-Claude Barbier

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10 avril 2007 2 10 /04 /avril /2007 12:30

Les protestants de France viennent de nous donner une belle leçon de démocratie. Au sein de cette fédération, dont les statuts sont très ouverts, ils évitent soigneusement les rapports de force entre anciens protestants (les " huguenots " de l'Eglise réformée de France, sinon les " camisards ") et les nouveaux venus : les 400 000 protestants de la mouvance pentecôtiste évangélique d'un tout autre style. Ils viennent d'élire, au consensus et en pleine connaissance de cause, Claude Baty à la tête de leur Fédération.

Claude Baty est un " libriste ", entendez par là qu'il fait partie des Eglises évangéliques libres (2 300 membres professants, 2 000 sympathisants, 44 pasteurs en exercice). Celles-ci avaient quitté la Fédération dans les années 60 et l'ont réintégré, à l'instigation précisément de C. Baty en 1996.

Il s'agit d'une Eglise déjà ancienne, d'un rameau du calvinisme français ; l'Union des Eglises évangéliques libres (UEEL) est officiellement née en 1849.

Vous connaîtrez tout sur Claude Baty, homme discret mais efficace, en lisant l'article de Bernadette Sauvaget dans le n° 3217 de l'hebdomadaire protestant Réforme de ce 29 mars ; celle-ci le présente, formules présentes, comme l'homme de l'" extrême centre ", " luthéro-réformé compatible ", etc. Bref, l'homme du compromis possible entre des identités bien affirmées et qui pourrait se heurter.

La " tranquille élection " (édition du 5 avril) s'est conclue par un culte d'action de grâce au temple du Foyer de l'âme à Paris, haut lieu du protestantisme libéral (voir nos messages " Semaine Charles Wagner " du 12 mars). Bravo pour cette gestion en douceur d'une grande et belle diversité.

Pour plus d'information, abonnonnez-vous à Réforme - cela vaut le coup - ou, pour les internautes, rendez-vous sur le site du journal http://www.reforme.net

Mon avis qui n'engage que moi : ce qu'il nous faut bien comprendre, c'est qu'une fédération, quelle qu'elle soit, doit savoir allier compromis et négociation avant le passage au vote ; celui-ci, fut-il démocratique, ne manque pas de dresser face-à-face majorité et minorité et de générer des rancunes et des sentiments plus ou moins justifiés d'injustice, etc.

Et puis, au sein d'une fédération, l'enjeu n'est pas tant la détention d'un pouvoir que le service aux autres afin que tous, sans exception, s'y sentent à l'aise, gros et petits, majoritaires et minoritaires, dans la ligne et pas tout à fait dans la ligne, anciens et nouveaux venus, etc.

C'est le rabbi Iéshoua qui l'a maintes fois dit à ses disciples (lesquels pensaient déjà à la succession !). Il fit en connaissance de cause le lavement des pieds pour nous le rappeler ; magnifique " sacrement " qui ne fut pourtant pas retenu dans la liste des gestes du Maître à reproduire après sa mort (rappelons que le pape le fait une fois par an le jeudi saint ; c'est à son actif !).

Quant aux identités, elles sont bien entendu à défendre sans compromis, bec et ongles, mais au sein de nos Eglises particulières ou de nos associations.

Ne nous trompons donc pas d'échelle. Je dis cela pour certains unitariens français qui, en dépit de notre bien faible nombre (eh oui !), réclament pourtant, ni plus ni moins, une fédération à eux seuls.

Rappelons que l'AFCU, qui regroupe les chrétiens unitariens français, est déjà inscrite à deux fédérations, celle des Réseaux du Parvis, mouvance catholique libérale, en passe de devenir plus largement chrétienne libérale avec la participation de protestants et d'unitariens, et que, dans l'axe de solidarité entre unitariens de tout bord, chrétiens ou non, elle participe à la fédération mondiale qu'est l'International Council of Unitarians and Universalists (laquelle a reconnu l'AFCU comme groupe émergent).

Les chrétiens unitariens français, qui vivent en pleine communion avec leurs Eglises historiques de Roumanie et de Hongrie - lesquelles se disent " protestantes " et " benjamines " des Réformes avec le courant anti-trinitaire du XVI° siècle, et sont en conséquence en partenariat étroit avec les luthériens et les calvinistes de leur pays - présentent leurs meilleurs et sincères voeux de réussite au pasteur Claude Baty.

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10 avril 2007 2 10 /04 /avril /2007 10:30

L'hebdomadaire protestant Réforme a publié ce jeudi 5 mars un sondage IFOP qui a créé la surprise puisqu'il s'avèrerait que les protestants français voteraient plus à droite qu'ils ne le firent jusqu'à présent, et même plus à droite que la moyenne des Français ! Le décalage est net : Nicolas Sarkozy (+ 6 par rapport à la moyenne nationale), François Bayrou (+ 4), Ségolène Royal (- 3) ; sans toutefois glisser à l'Extrême droite puisque les votes protestants en faveur de Le Pen sont nettement inférieurs à la moyenne nationale (- 5).

 

Strasbourg au XVI°-XVII° siècle, ville libre et protestante au coeur de l'Europe des Réformes. Michel Servet y acheva son De Trinitatis Erroribus ("Des erreurs de la Trinité") et le fit imprimer par Setzer à Hagueneau en juillet 1531.

C'est le monde à l'envers ! Les protestants étaient, avant la Seconde guerre mondiale, des radicaux et des socialistes. Ils firent, avec d'autres la République. Ils rejoindraient aujourd'hui les catholiques dans un vote plutôt conservateur. Le sociologue Jean-Paul Willaime, directeur d'étude à l'Ecole pratique des hautes études (EPHE), intitule sans ambage et en toute franchise son commentaire " Virage à droite des protestants ? ".

La figure catholique volontariste de Ségolène Royal, n'hésitant pas à évoquer Jeanne d'Arc, serait-elle moins attirante que celle de l'austère protestant athée de Lionel Jospin ? J.-P. Willaime rappelle aussi que François Bayrou, le Béarnais catholique, est auteur d'un livre sur Henri IV, ce qui n'est pas pour déplaire aux protestants.

Le sondage a été réalisé du 10 décembre au 9 mars auprès de 15 000 personnes française de 18 ans et plus ; 395 personnes se sont déclarées protestantes, soit 2,6%

Disons tout de suite que le réflexe sécuritaire ne joue pas dans ce résultat puisque les protestants (plus bourgeois en ville, plus ruraux dans les vieilles régions huguenotes) ressentent nettement moins l'insécurité que la moyenne des Français (- 7). La question (quelque peu excessive !) était : " on ne se sent en sécurité nulle part ".

Plusieurs causes sont avancées par les observateurs :

- une sécularisation des votes en parallèle à celle des religions " modernes ", l'entité " protestante " perdant de sa spécificité du moins sur le plan politique, à l'exemple des catholiques ;

- une composante pentecôtiste et évangélique très bigarrée et en pleine progression qui mettrait fin à l'hégémonie et à la monotonie huguenote ; ors cette nouvelle composante est en grande partie conservatrice, sinon très conservatrice. Ils seraient déjà 400 000 en 2005, selon Sébastien Fath. Signe des temps, le nouveau président de la Fédération protestante de France (FPF), Claude Baty est de cette mouvance.

- alors que les protestants étaient des " progressistes ", ils se sentent de plus en plus débordés " sur leur gauche " par une nette ultra-libéralisation des mours : l'avortement pro-choix (sans contrôle social et médical, sans délai restrictif), le mariage homosexuel à égalité et assimilé au mariage habituel, l'adoption d'enfants par des couples homosexuels, etc. La réponse des protestants à la proposition suivante : " L'homosexualité est une manière acceptable de vivre sa sexualité ", bien que positive (63 %) - et par ailleurs ambigüe - est nettement inférieure (- 14) à la moyenne nationale (77%). Comme beaucoup de ses coreligionnaires, le président sortant de la FPF (pasteur de l'Eglise réformée de France) Jean-Arnold de Clermont se montre prudent en la matière : " Je suis solidaire d'un protestantisme réservé ", dit-il. Bref, les croyants feraient de la résistance !

Nos mouvances de croyants sont en pleine évolution au sein d'une société qui devient de plus en plus convictionnelle au niveau des individus et qui s'éloigne des grands groupes socioprofessionnels, religieux, régionaux, culturels, sexuels, d'âge, etc., qui naguère expliquaient tout. Du boulot en perspective pour les sociologues !

A lire ABSOLUMENT les analyses très fines et pertinentes sur le site du journal Réforme de plusieurs observateurs de qualité (dont Ségolène Royal) : http://www.reforme.net/journal.php?ref=compresse9

Voir aussi les résultats du sondage sur le site du journal catholique La Croix : http://la-croix.com/documents/doc.jsp?docId=2299643&rubId=1306

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12 mars 2007 1 12 /03 /mars /2007 05:17
Le christianisme unitarien français se réfère, entre autres grandes figures du protestantisme libéral,  à Charles Wagner. A l'occasion du centenaire de l'inauguration du temple du Foyer de l'âme au quartier de la Bastille à Paris, l'AFCU lui rend hommage sur son blog (voir liens) avec une présentation de sa vie, un hommage par Pierre-Jean Ruff et un autre par Marie-Claire Lefeuvre. http://afcu.over-blog.org
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5 mars 2007 1 05 /03 /mars /2007 03:23

Le Musée protestant virtuel http://www.museeprotestant.org présente une exposition sur Sébastien Castellion (1515-1563).

le collège de Genève que dirigea Sébastien Castellion de 1541 à 1544

Jean Calvin le fait venir à Genève en 1541 pour s’occuper du collège de Genève. Pour ses élèves, il écrira (d’abord en latin, puis en français), ses " Dialogues sacrés " qui mettront en scène des personnages bibliques et il traduira la Bible en langage populaire de l’époque. Mais ses qualités pédagogiques ne suffisent pas aux yeux de Calvin qui lui reproche son caractère modéré et quelques interprétations bibliques divergentes bien que tout à fait mineures. Ce dernier lui barre l’accès au pastorat et S. Castellion se retrouve à Bâle en 1544, à l’âge de 30 ans, avec femme et enfants (il en aura 8) et dans la misère : il sera correcteur d'imprimerie, porteur d'eau, scieur. Enfin, en 1553, il accède à un poste de professeur de grec à l’université de la ville.

Il sauvera l’honneur des protestants en s’élevant contre la dérive totalitaire de J. Calvin qui fit mettre Michel Servet sur le bûcher (le 23 octobre 1553) et qui, en plus, justifiera l’appel au pouvoir politique pour mettre à mort les hérétiques dans un libelle du mois de février suivant. S. Castellion sera le seul à y répondre par un texte qui fait date : " Tuer un homme ce n'est pas défendre une doctrine, c'est tuer un homme. Quand les Genevois ont fait périr Servet, ils ne défendaient pas une doctrine, ils tuaient un être humain ; on ne prouve pas sa foi en brûlant un homme, mais en se faisant brûler pour elle " (Le traité des hérétiques, mars 1554). Cette phrase, citée mainte fois comme marquant le début d’une prise de conscience en faveur de la tolérance religieuse, poursuit désormais la mémoire de Calvin comme l’œil de Dieu poursuivit Caïn après son crime.

Après le massacre de Wassy, qui marque le début des guerres de religion en France, il adressera un " Conseil à la France désolée " … lequel livre sera condamné par le synode des Eglises protestantes de 1563 !

C’est une très grande et noble figure pour les protestants libéraux et les unitariens. Aller voir cette exposition, d’autant plus qu’elle est facile d’accès puisque sur Internet !

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28 février 2007 3 28 /02 /février /2007 21:39

A l’occasion du centenaire du temple du Foyer de l’Âme, l’Eglise réformée de la Bastille s’est associée à l'éditeur Van Dieren pour publier une anthologie de textes de Charles Wagner (1852-1918), une éminente figure du protestantisme libéral. 

Charles Wagner, L’Homme est une espérance de Dieu, Paris, Van Dieren, janvier 2007, Textes choisis et présentés par Anne Penesco et Geoffroy de Turchheim. Avant-propos de Patrick Chabanel. Paru le 27 janvier, au prix de 20 euros au secrétariat d'Evangile et Liberté, 4, rue de l’Oratoire, 75001 Paris.

vue intérieure du temple "Le Foyer de l'âme" construit à Paris en 1907 par Charles Wagner, il y a cent ans (7 bis rue du Pasteur Wagner, XIème).

En plus de ses propres cultes, Le Foyer de l'âme loue son espace à d'autres communautés, entre autres aux anglophones unitariens de l'Unitarian Universalist Fellowship of Paris (UUFP), le dimanche à 10 heures.

Pierre-Jean Ruff, pasteur de l'ERF et membre honoraire de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU), exerça durant plusieurs années son pastorat en cette paroisse protestante de réputation libérale.

L'Association Evangile et Liberté organise ce samedi 24 mars, dans le cadre du centenaire de la paroisse du Foyer de l'âme, une journée sur le thème "Un christianisme libéral pour aujourd'hui" (voir notre agenda "à l'usage des unitariens et sympathisants")

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