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11 novembre 2012 7 11 /11 /novembre /2012 14:46

Ce jour, l'Américain Eric Cheryll * a rendu visite à plusieurs communautés unitariennes de Nairobi, à commencer par la plus importante en effectifs, celle de la commune de Kayole, en banlieue Est de Nairobi. Cette communauté se dénomme "Unitarian Universalist Church of Kayole" ; en fait il s'agit d'une communauté à 100% chrétienne, la religion majoritaire au Kenya (alors que les chrétiens sont devenus minoritaires à 10% au sein des congrégations unitariennes-universalistes aux Etats-Unis).

* Eric Cheryll habite à Mansfield dans l'Etat du Massachusetts, aux Etats-Unis. Il dirige le Service international de l'Unitarian Universalist Association of Congregations (UUA) à Boston.

 

nigeria_uu_kayole-church_2.jpg

kenya_kayole_uu_church.jpg

 

Il a ensuite continué sa visite à Kitengela (quartier dans la banlieue nord de la ville), où il a rencontré quelques membres de cette jeune communauté, pour finir à Ruiru, petite agglomération sur la route du Nord-Est, à quelques 30 kilomètres, où d'autres unitariens gèrent un centre d'accueil pour enfants.

 

kenya_kitengela_groupe_unitarien.jpg

kenya_ruiru_centre_pour_enfants.jpg

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7 décembre 2011 3 07 /12 /décembre /2011 08:26

Transformant son Eglise adventiste en Eglise unitarienne en 2001, après un séjour aux Etats-Unis, Patrick Magara Onchomba est l’introducteur de l’unitarisme en pays kisii au Kenya. Son Eglise, dénommée depuis l’Unitarian Universalist Church of Kenya (UUCK), de confession chrétienne, s’est considérablement développée géographiquement. Son siège est localisée à Etondo (au sud de la ville Kisii) dans la partie méridionale du pays de même nom ; mais, au sein d’un habitat dispersé, elle a su multiplier les petites congrégations jusqu’à une centaine ; puis, en juillet et août 2008, ses responsables ont entrepris des prospections dans les ethnies voisines : dans la vallée du Rift, à Halleluyah près d’Eldoret (dans une zone inter-ethnique) et, plus au nord, à Kodia en pays Soumourou (des éleveurs Nilo-hamitiques), enfin à Kericho en pays des Kipsgis (apparentés aux Massaïs) et chez les Massaï proprement dit. Les Actualités unitariennes en avaient rendu compte dans un article du jeudi 14 août 2008 « l’Eglise unitarienne-universaliste du Kenya devient pluri-ethnique » (lien). 


Kenya--map_web_mapquest.kisii_kuria.GIFUne nouvelle expansion vient d’être franchie par cette Eglise dynamique, cette fois-ci en direction du sud, avec la nomination de deux évêques, l’une (car c’est une femme) à Transmara (bishop Judith Cherono Ngeno), et le second (bishop Joël), de l’autre côté de la frontière, à Kigonga du district de Tarime en pays kuria. Ils ont été nommés par le fondateur de l’UUCK (Mgr Patrick Magara Onchomba), qui s’était lui-même déclaré évêque. Il s’agit donc d’une importante décentralisation de cette Eglise de façon à mieux assister des congrégations locales très dispersées.


Comme les Kisii, les Kuria sont des populations bantous et donc linguistiquement proches (la langue des Kisii est le gusii et celle des Kuria, le kuria) ; ils se ressemblent également physiquement. Ils vivent en plus dans un même paysage de collines verdoyantes de la rive est du lac Victoria, permettant à la fois des activités agricoles et pastorales * avec un habitat de fermes. Au-delà des particularismes ethniques, il y a donc une très bonne continuité.

* les Kuria du Kenya sont plus agriculteurs et ceux de Tanzanie penchent davantage vers le pastoralisme ; dans le district de Serengeti, les activités sont nettement pastorales.

 
Les Kuria (ou Abakuria) sont de part et d’autres de la frontière. Au Kénya, où ils sont environ 174 000 avec Migori (province de Nyanza, au sud du pays kisii) comme principal centre ; et environ 435 000 en Tanzanie dans la région de Tarime et de Serengeti (qui sont des districts de la région Mara) ; soit un ensemble de 609 000 habitants au recensement de 2006.
 
Les Kuria sont réputés des anthropologues pour la beauté de leur musique, l’initiation de leurs adolescents avec circoncision des garçons et mutilations génitales des filles, et aussi par un type de mariage entre deux femmes (permettant aux femmes stériles d’avoir quand même une descendance grâce aux rejetons de leur conjointe !). Ils se répartissent en quinze sous-groupes ou clans avec des variations dialectales, mais qui ne gênent nullement l’intercompréhension. Le Swahili sert de langue utilitaire.
 

various-artists-tanzanie-chants-des-wagogo-et-des-kuria-comSur les Kuria :
Paul Asaka Abuso, A traditional history of the Abakuria : ca. A.D. 1400-1914, Kenya Literature Bureau, Nairobi, 1980, 194 p.
Tanzanie - Chants des Wagogo et des Kuria, Maison des Cultures du Monde, Auvidis, 1992 (lien) - Chants, vièles et sanzas des Wagogo avec le soliste Hukwe Ubi Zawose « chanteur habité, maître incontesté de la sanza… un flot d'émotions sans cesse renouvelées » (Le Monde de la Musique). En fin de disque, quatre chants Kuria accompagnés à la lyre (lien). En vente sur Amazone.fr

 

Voir notre carte ethnique du Kenya (lien).

 

Pour plus ample information sur cette Eglise, voir nos articles sur l'unitarisme au Kenya dans la rubrique « en Afrique » (lien).

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9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 11:32

En 2009, après avoir suivi une formation au "Nouveau Séminaire" (The New Seminary), à New-York, dans un contexte inter-religieux ("inter-faith"), à savoir l’ouverture aux sagesses religieuses du monde entier, la révérende Maurisa Brown-Latham a lancé un réseau de ministres du culte : l’Unitarian Ministries (lien). Elle même fut ordonnée le 14 juin 2009.


Ce réseau d’abord chrétien s’est diversifié puisqu’il compte maintenant dans ses rangs un rabbin. Il s’est aussi internationalisé avec désormais un ministre en Italie (le révérend Roberto Rosso, fondateur de la Congregazione italiana cristiano unitariana CICU), deux ministres en Amérique latine (Révérend Gibson à Récife au Brésil, théologien chrétien libéral, et José Aparacido à Rio-de-Janeiro) et deux autres au Kenya (Alice Kemunto en pays kisii – lien - et Boaz Adhengo à Nairobi - lien). L’Unitarian Minitries est devenue l’Unitarian Ministries International (UMI).


Chrétienne unitarienne, la révérende Maurisa Brown-Latham a, dès avril 2009, souscrit au manifeste d’Avignon qui avait été publié deux ans auparavant par les associations chrétiennes unitariennes en août 2007 (lien).


Au-delà d’une simple mise en relation de ministres du culte déjà ordonnés, l’UMI reconnaît comme aptes à diriger une congrégation locale des leaders locaux qui veulent développer leur groupe. Il constitue ainsi un système de reconnaissance des nouvelles communautés et interfère avec celui mis au point par l’International Council of Unitarians and Universalists (ICUU) basé sur la reconnaissance d’un seul groupe émergent ou d’une instance de coordination nationale par pays. On peut aisément imaginer que les déçus de ce dernier système (celui de L’ICUU) ou encore les impatients (car la procédure de l’ICUU est parfois longue) vont se tourner vers l’UMI !


Bien entendu, il n’y a pas incompatibilité entre les deux systèmes et l’on peut émarger aux deux. Tout dépend aussi de la qualité des instances unitariennes de coordination nationale dont la mise sur pied est souhaitable lorsqu’il y a plusieurs communautés unitariennes distinctes dans un même pays (distinctes par l’éloignement géographique ou encore par leur orientation théologique) et qui ont vocation à rassembler.


Boaz Adhengo habite à Nairobi et, en date du 7 novembre 2011, il vient d’être ainsi reconnu par l’UMI , lui et son réseau de la Jahwar Amber Unitarian Universalist Fellowship (JAUUF) ; il est habilité à fonder une congrégation locale et à la desservir en qualité de ministre du culte.


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Boaz Adhengo, en plus d’être le rédacteur en chef de la revue « Balozi » et le rédacteur du blog de son mouvement (lien). est auteur de deux livres publiés en auto-édition à Lulu.com et disponibles sur Amazon.com, Kindle edition :
« Peace Art : the forbidden expression » (2010), 70 p., ISBN : 978-0-557-58462-8
« Creative Thinking : An Introduction » (2011), 42 p., ISBN : 978-0-557-89261-7 (hardback) ISIN: B00452VAFS

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27 octobre 2011 4 27 /10 /octobre /2011 00:39

suite des articles précédents ( lien)

 

A partir de 2001, des congrégations unitariennes se multiplient en pays kisii à l’initiative de Patrick Magara, ancien pasteur adventiste autoproclamé « bishop », et de sa femme Alice Kemunto. Elles sont de petite taille car l’habitat est dispersé, et selon les statistiques déclarées elles étaient au nombre de 93 congrégations en décembre 2008, réunissant quelques 3 641 membres (soit une moyenne de 31 personnes par congrégation). Elles font partie d’une Eglise intitulée Unitarian Universalist Church of Kenya (UUCK).


Ultérieurement d’autres groupes se sont constitués à Nairobi et en pays kisii nord, lesquels, du fait de l’éloignement du siège de l’UUCK et sans doute aussi pour échapper à l’autorité du « bishop » ont, en octobre 2007, prévenu l’International Council of Unitarians and Universalists (ICUU) qu’ils n’étaient pas sous sa coupe. Ils ont fondé alors, en novembre de la même année, et fait enregistré auprès des autorités, le Kenyan Unitarian Universalist Council (KUUC) censé être un organe de coordination ouvert à toutes les communautés unitariennes du pays. Justine Magara (leader du groupe Kissi Nord) en assura le secrétariat intérimaire. Cela n’a pas été du goût de Patrick Magara qui aurait souhaité que ces nouveaux groupes fassent partie de son Eglise ; toutefois, lors du stage de formation organisé par l’ICUU à Nairobi en février 2008, il accepta d’en faire partie. Une photo ci-jointe entérina l’heureuse issue. Le KUUC avait alors les  « administrateurs » suivants : Ben Macharia, Kevin Abuga Ragira, Sem Omwoyo, Justine Magara, Patrick Magara, Alice Kemunto, Lewis Ongori, Nancy Njeri Kamau, Henry Kumuvu, Dansteve Kiyieka et John Mbonka

 

kuuc_2008.jpg

 

Malheureusement, l’entente ne dura pas et Patrick Magara et son épouse Alice ne participèrent plus à cette organe de coordination. De guerre lasse, l’ICUU, en juin 2011, reconnut le KUUC, l'instance de coordination nationale, comme groupe émergent afin de représenter tous les unitariens kenyan auprès de lui ; ce qui entraîna immédiatement une rupture des relations entre l’UUCK et l’ICUU, à l’initiative du premier. Deux candidats présentés par le KUUC, l’un d’ethnie kisii, l’autre d’ethnie kikuyu, participeront à la rencontre internationale de l’ICUU aux Philippines en février 2012.


Nous avons donc, pour l’instant, les communautés suivantes :


1 - l’Unitarian Universalist Church of Kenya (UUCK), fondé par le Bishop Patrick Magara et animé principalement par lui et son épouse ( contact).
2 - un groupe en pays kisii Nord, animé par Justine Magara Nyakwara (contact)
3 - des unitariens à Nairobi représentés par Josphat Gesimba Mainye (contact), et fonctionnant en plusieurs sous groupes ethniques (kikuyu, kisii, luo). Lorsque le révérend Gordon Oliver, alors président de l’ICUU, visita le Kenya en avril 2007, il y avait, à Nairobi, une cinquantaine d’étudiants et jeunes universitaires qui avaient découvert l’unitarisme par les médias et qui étaient en majorité d’ethnie kikuyu.
4 - auxquels s’ajoute depuis septembre 2011, la Jahwar Amber unitarian universalist fellowship (JAUUF) fondée et animée par Boaz Adhengo qui dit avoir 14 membres à Nairobi même (site, contact).


Ajout du 8 novembre 2011 : la JAUUF et son fondateur, Boaz Adhengo, ont été agréés par l'Unitarian Ministries International (UMI) en date du 7 novembre 2011 et l'intéressé reconnu comme étant habilité pour être ministre du culte d'une congrégation.
5 - Par ailleurs, Alice Kemunto a été reconnue en juin 2011 comme révérende par l’Unitarian Ministries International (UMI) et représente cette instance au Kenya (lien). 


Il nous reste à souhaiter que le KUUC, dont c’est la vocation d’être ouvert à tous, réussira à dépasser les querelles de personnes et les difficiles ajustements structurels. S’il veut être une instance au-dessus des autres, captant à son seul profit les aides internationales de l’ICUU, il est sûr que les tensions persisteront. En cela, la notion de structure « ombrelle », utilisée par l’ICUU, est ambiguë car elle situe ce type de structure comme étant hiérarchiquement au dessus des communautés, ce qui contrevient à la tradition congrégationaliste des unitariens où chaque communauté est indépendante et souveraine. Il convient d’être précis : ce type d’instance de coordination est un organe technique, à côté des communautés existantes et à leur service. C’est ce qui a été fait en France avec le Conseil des unitariens et universalistes français (CUUF, lien). 


We can only hope that the KUUC, which is the vocation to be open to all, manage to exceed the quarrels of people and the difficult structural adjustments. If it wants to be an instance over the other, capturing his sole benefit of the international aid ICUU, it is certain that tensions persist. In this, the notion of structure "umbrella", used by the ICUU, is ambiguous because it is on this type of structure as hierarchically above the community, contrary to the Unitarian tradition of the congregationalism which each community is independent and sovereign. It should be clear : this kind of coordinating body is a technical body, next to the existing communities and at their service. This has been done in France with  French Unitarians and Universalists Council (CUUF, link). 

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 01:11

L'unitarisme-universalisme est-il possible en Afrique noire ? - une approche sociologique par Jean-Claude Barbier

 

Issu des missions chrétiennes, puis de prophétismes locaux (comme les Chérubins et Séraphins, les Chrétiens célestes, etc.), enfin de la vague évangélico-pentecôtiste, le christianisme africain apparaît très identitaire, avec des confessions de foi et des rituels qui caractérisent chaque Eglise. On note cependant une bonne volonté œcuménique qui se manifeste chaque année au mois de janvier par une semaine de l’Unité, durant laquelle même l’Eglise catholique accepte de prier non seulement avec les autres Eglises du protestantisme historique, mais aussi avec d'autres Eglises … même si c’est du bout des lèvres ! Parmi les Eglises historiques du protestantisme, c’est le méthodisme qui apparaît théologiquement le plus libéral, initiateur de dialogue inter-religieux (mais en n’incluant pas toutefois les cultes coutumiers !) et aussi - avec des femmes pasteurs – le plus progressiste. Notons la belle exception dont témoigne, à Cotonou, le mouvement Chrétien pour changer le Monde qui prône un dialogue inter-religieux inclusif, sincère et dynamique (lien).
* les Eglises de réveil ne sont pas toutes à ce rendez-vous, estimant que les Eglises historiques sont « tièdes », manquent de foi et ont failli à leur mission ! C'est le cas par exemple des Assemblées de Dieu.


Dans un tel contexte, les petites communautés unitariennes ajoutent, bien modestement et pour l’instant dans quelques pays seulement, au Burundi, Congo Brazzaville, Congo Kinshasa, Togo, un peu plus d’ouverture (voir leurs sites hébergés par le site des chrétiens unitariens, lien). Elles sont théologiquement libérales et n’obligent pas à un credo ; elles peuvent accepter en leur sein d’autres chrétiens (par exemple des Kimbanguistes au Congo Kinshasa), voire même des musulmans (Togo) ; elles peuvent frayer sans état d’âme avec les pratiquants coutumiers (Congo Brazzaville). Il ne s’agit pas du tout d’un quelconque syncrétisme ou confusionnisme, mais tout simplement de l’application de la théologie unitarienne pour laquelle Jésus est simplement un homme et non un dieu, ni Dieu qui se serait incarné en lui, ni un avatar (au sens hindhouiste du terme) de Dieu le Père ou Dieu le Créateur. Dès lors, toute personne qui se réfère à son enseignement et à sa personne (juif, musulman ou autres) peut, par définition, partager le pain et du vin qui, précisons le, se fait au nom de Jésus (voir sur ce point le manifeste d’Avignon publié en août 2007 co-signé par les assemblées chrétienns unitariennes d’Europe occidentale et d’Afrique noire, lien).


Nous sommes toutefois encore loin de l’unitarisme-universalisme nord-américain qui, après une ouverture à des non croyants (agnostics, non théistes, humanistes) au nom de la morale évangélique (à la fin du XIXème siècle une majorité croissante de congrégations unitariennes aux Etats-Unis estimèrent que la vertu était finalement aussi importante sinon plus que la seule foi), a placé à égalité toutes les religions et spiritualités, au même niveau et indistinctement, sans priorité (pas même le christianisme unitarien qui pourtant fut la matrice de ce mouvement), les appartenances antérieures devenant secondes par rapport à une nouvelle religion qui, elle, se veut d'emblée universelle, au-delà des confessions particulières *.
* pour une explication de cette approche, voir le récapitulatif des articles en français sur le site des Unitariens français : "L'unitarisme-universalisme au terme d'un christianisme d'ouverture" (lien)


Jusqu’à présent, en Afrique noire, les esprits libres et indépendants, ne se rattachant pas aux monothéismes chrétien ou musulman pour diverses raisons, frayent avec les ordres maçonniques, les mouvements rosi-cruciens, ou encore avec divers ésotérismes et de nouvelles spiritualités comme Eckankar (ECK). Or, ces esprits libres et indépendants, ces électrons libres, sont entrain de se multiplier en Afrique noire dans ce qu’il faut bien reconnaître comme un nouveau contexte sociologique que nous pouvons présenter ainsi :


1 - Les grandes villes deviennent de plus en plus cosmopolites et – en conséquence – affichent un éventail religieux plus large. Aux monothéismes chrétiens et musulmans, s’ajoutent souvent le bouddhisme, la Foi bahaï, etc. En plus, par l’Internet, des urbains peuvent se brancher sur de nouveaux mouvements religieux et/ou spirituels jusqu’à présent inconnus chez eux.
2 - Ces mêmes grandes villes préservent mieux de l’anonymat, ce qui libère de l’oppression sociale des personnes dont l’orientation sexuelle atypique a jusqu’à présent été soigneusement cachée. Homosexuels des deux sexes, transsexuels, bisexuels, etc., peuvent désormais se montrer et s’exprimer, même s’il leur est recommandé d’être prudents et discrets à cause de la forte intolérance qui sévit encore à leur égard. L’explication qui voulait que ces personnes étaient influencées par les Occidentaux (touristes ou en séjour) n’est désormais plus suffisante.
3 - Il en est de même pour les non-croyants : des élites intellectuelles osent faire part de leur doute et scepticisme religieux, d’autant plus que les fanatismes religieux offrent un bien triste spectacle au niveau des actualités. La critique des religions et des croyances devient désormais possible.
4 - Toujours au niveau des grandes villes, et en liaison avec le tourisme dont elles sont les plaques tournantes avec leurs aéroports, les milieux artistiques peuvent mieux se faire connaître et trouver où écouler leur production. Or les artistes ont souvent fait preuve d’une grande indépendance d’esprit, celle-ci étant nécessaire à la création d’œuvres originales. Ils revendiquent volontiers le respect des traditions africaines, s’inspirent d’elles et accusent les colonialismes et les missions d’avoir bradé leur Histoire ; ils sont à la fois « modernes » car branchés sur les mouvements esthétiques contemporains. Leur influence locale, relayée par les Centres culturels des diverses coopérations et aujourd’hui par une presse indépendante, commence à être non négligeable. Il sont désormais capables de créer des évènements (expositions, festivals, etc.), du moins lorsque les autorités publiques les y encouragent.
balozi democratization of faith5 - La forte natalité et la baisse de la mortalité infantile (due à la médecine moderne), dans un contexte de non développement économique ou en tout cas de faible industrialisation, ont amené dans les grandes villes une jeunesse en chômage, contestataire et revendicatrice, échappant de plus en plus aux autorités familiales. La mondialisation via Internet leur a  fait prendre conscience de leur poids social et de leurs droits. Dès lors, les « printemps » dans les pays arabes riquent bien d’être suivis à plus ou longue échéance par des explosions similaires dans certaines grandes villes d’Afrique noire. Cette jeunesse ne se retrouvent plus dans les normes de la génération précédente. Mieux, elle se montre nettement plus exigeante quant au respect des droits et revendique une démocratie plus transparente, plus réelle. Elle remets plus facilement en cause les autorités de toute sorte. Un vent libertaire est en train de souffler sur elle, l’individualisant rapidement …

 

le récent n° de la revue Balozi (vol. 5, n° 2, septembre 2011), publiée au Kenya, est intitulé "Democratization of faith" (démocratisation de la foi religieuse).


Dans un tel contexte, où les minorités peuvent désormais se faire entendre, l’unitarisme-universalisme trouverait-il place ?

A suivre

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 00:34

suite de l'article précédent
En Ouganda


Une communauté unitarienne a commencé à se former en Ouganda en 2004, sous l’impulsion de Mark Yusuf Kiyimba (jeune adulte auto proclamé « révérend » dans le vocabulaire honorifique ecclésial des anglophones) et avec des étudiants de l’université de Makarere de Kampala (la capitale de l’Ouganda). Peuplée principalement de chrétiens, elle a affiché d’emblée son ouverture aux musulmans et aux libres penseurs (Free thinkers). Elle a aussi courageusement milité pour les droits des homosexuels. Les Actualités unitariennes s’en sont fait l’écho dans un message du 27 août 2007 (rubrique « en Afrique »), intitulé " Chrétiens, musulmans et libres penseurs ensemble au sein d’une association unitarienne-universaliste en Ouganda " ( lien). Lorsque les ministres du culte américaines, les révérendes Jill McAllister de la congrégation unitarienne-universaliste de Kalamazoo (Church of San Jose People’s Church) dans le Michigan, et Rosemary Bray McNatt de la Fourth Universalist Society in the City, à New-York, de retour du séminaire de formation qui avaient été organisé en février 2008 par l’International Council of Unitarians and Universalists (ICUU) à Nairobi, sont passées à Kampala, le culte a réuni quelques 75 personnes ( lien). En plus, l’Association unitarienne universaliste gère un ophelinat de 400 enfants dans le district de Masaka, au sud-ouest de la capitale.


Mais ces débuts prometteurs ont malheureusement été emportés par la vague d’homophobie acharnée qui s’est abattue sur le pays en 2010 et qui a été jusqu’à mettre en émoi les Etats-Unis au nom des droits de l’homme les plus élémentaires (voir notre article du 1er décembre 2010,  lien). Depuis, nous n’avons plus eu de nouvelles de cette jeune communauté.


Au Kenya


Jusqu’à présent, plusieurs communautés se dénomment « unitariennes-universalistes ». L’une, la plus importante, l’Unitarian Universalist Church of Kenya (UUCK) implantée en pays kisii et débordant depuis sur des ethnies voisines, a été lancée en 2001 par un ancien pasteur adventiste, Patrick Magara qui, à la suite d’une visite aux Etats-Unis, a adopté cette dénomination (voir notre abondante documentation sur cette Eglise rurale, dans notre rubrique « Unitarisme en Afrique, Kenya », lien). D'autres communautés existent dans le Kisii Nord et à Nairobi.

 

Les visiteurs américains qui les ont visitées ont insisté sur leurs œuvres sociales (orphelinats dans le contexte d’un pays gravement atteint par le Sida, écoles, centres de santé, etc.), mais – curieusement - ne disent rien sur leurs orientations théologiques et le contenu des cultes ; faut dire que l’unitarisme-universalisme américain fait preuve d’un grand pragmatisme dans le style anglo-saxon. Or ces Eglises étant intéressées par une aide extérieure pour leurs œuvres sociales et par les relations que procurent le réseau mondial des unitariens qu’est l’International Council of Unitarians and Universalist (ICUU), on peut s’interroger sur la sincérité de la dénomination en attente d’un constat plus précis à ce sujet : degré d’ouverture religieuse et théologie affirmée, mais aussi composition réelle des assemblées ; place de la Bible et contenu des sermons ; en dehors de l’allumage du calice, propre aux unitariens (lien), les rituels pratiqués restent -ils chrétiens ? Y a-t-il invocation de Dieu lors des cultes ? Quelle est la place de Jésus ? etc.


Pour l’instant, toutes les autres Eglises unitariennes d’Afrique noire anglophone (donc en plus des pays francophones déjà cité) sont chrétiennes, soit deux Eglises au Nigeria, à Lagos. Il existe aussi une Eglise unitarienne en Afrique du Sud (Unitarian Church of South Africa), mais par son histoire et sa composition (fidèles Blancs), elle est à rattacher à l’histoire unitarienne anglo-saxonne.


Du rationalisme à l’unitarisme-universalisme


Depuis 2007, de jeunes Kenyans publient une revue de bonne tenue qui porte en sous-titre : « A Journey Magazine into Science, Reason & Rationality » ; elle paraît deux fois par an, en janvier et en septembre (elle est donc bisannuelle) ; son n° de janvier 2011 indique le volume 5, soit la 5ème année de son existence. Elle émane d’une association au Kenya : la Jahwar Amber Center. Celle-ci est en contact avec une nébuleuse de mouvements idéologiques très minoritaires, souvent des cellules locales de mouvements internationaux, de sensibilité rationaliste, et qui semblent se réunir afin de mieux exister en regroupant leurs voix : Humanist and Ethical Union of Kenya, Secular Students Alliance, Kenya Association of Humanists in Aid of Women Atheist, Artist for Recognition and Acceptance, Gay and Lesbian Coalition of Kenya, Skepchick (un mouvement féministe activiste, lien).

jesus_mo_masthead2.pngjesus_and_mo.png

dialogue au bar entre marginaux : un chrétien hippie et un notable musulman qui boit ! Vu sur le site de Skepchick.

 

kenya_balozi_journal_2011.JPGLa revue s’intéresse à la découverte de la Nature et, dans son n° de janvier 2011, propose un camp de jeunes. Elle se fait aussi l’écho, dans le même n°, des rapports de la Kenya Human Rights Commission.

 

illustration : la couverture du numéro de Balozi en septembre 2010 (vol. 4, n° 2) intitulé "Sex, Atheism and Hunger" (hunger = la faim, mais aussi le désir ardent)


Afin de financer l’organisation de festivals proposant des conférences débats et des manifestations artistiques, le Centre a mis sur pied une fondation pouvant collecter des fonds : la Jahwar Amber Fellowship Fund (JAFF). Or celle-ci, lors de sa manifestation de 2011, s’est montrée intéressée par l’unitarisme-universalisme comme étant un cadre pouvant unir idéologiquement à la fois des croyants et des non croyants. Souvent, le rationalisme et l’humanisme en Afrique noire ne va pas jusqu’à la rupture avec la croyance en Dieu et la négation de toute transcendance ; si bien qu’il y a cohabitation au sein de ces nouvelles mouvances de radicaux en rupture avec toute référence religieuse et d’autres qui maintiennent une spiritualité. L’UUIsme apparaît donc comme un cadre souple où chacun peut se sentir à l’aise. La revue lui consacre son n° de janvier 2011 et, au début du mois de septembre, une association unitarienne-universaliste s’est fait connaître sur la page facebook de l’International Council of Unitarians and Universalists (ICUU) : la Jahwar Amber Unitarian Universalist Fellowship Center  (JAUUFC)

à suivre

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 00:08

suite des articles précédents

 

boaz_adhengo_dessin.jpgUn artiste kenyan de la nouvelle génération, Boaz Adhengo ( contact), a su mettre les minorités progressistes de son pays en symbiose en organisant des festivals artistiques. L’art est en effet un moyen de toucher beaucoup de gens, bien au-delà des appartenances identitaires des uns et des autres. L’art, par la communion esthétique qu’il propose, invite à ce dépassement, à une tolérance assurément élargie, plus universelle. Il mobilise d’abord les jeunes, plus avides de nouveautés, de révoltes aussi.

 

dessin de l'artiste pour sa page facebook

 

A partir d’un Centre, la Jahwar Amber Center qu’il a fondé il y a plusieurs années, Boaz Adhengo avec ses amis a lancé une fondation en 2010, la Jahwar Amber Fellowship Fund, qui est chargée de l’organisation de ces festivals dénommés “Art et croyances” (Arts and Belief) dont le but est de jeter des ponts entre les diverses croyances au Kenya au moyen des arts visuels, de la littérature, du cinéma et de la musique (The goal of the festival for the Arts and Belief is to build bridges across the diverse belief systems in Kenya, through the visual arts, literature, film and music). Le prochain festival aura le lundi 7 mai, au Nyayo Stadium (Basketball Auditorium) de Nairobi sur le thème de la liberté religieuse. Une marche pour la liberté religieuse est prévue au parc Uhuru. Le Festival espère ainsi toucher quelques 1 000 jeunes et leaders religieux. Les organisateurs ont contacté à cet effet l’International Association for Religious Freedom (IARF), mais sans que nous sachions si cette instance en a accepté le parrainage.


kenya_boaz_adhengo_portrait.JPGDepuis 5 ans (donc depuis 2007), Boaz Adhengo et ses mêmes amis, éditent la revue Balozi – « A Journey Magazine into Science, Reason & Rationality » - laquelle mobilise pas moins de 26 personnes dans son équipe éditoriale, à raison de deux livraisons par an, en janvier et en septembre. S’il y a quelques reproductions d’articles, l’ensemble reflète bien la pensée de ce courant progressiste qui multiplie les initiatives sous la bannière de ses multiples mouvements : conférences débat, camps de jeune, voyages organisés, festivals, etc.

 

photo : Boaz Adhengo

 

La même volonté de se faire connaître et de s’exprimer a présidé au lancement d’un blog sur Wordpress.com en septembre 2008 (lien). Il est de très bonne tenue et bien documenté. Il témoigne de l’adhésion de Boaz Adhengo et d’un groupe d’amis à l’unitarisme-universalisme dans le cadre d’une association, la Jahwar Amber unitarian universalist fellowship center (JAUUFC), et ceci dès le lancement de ce blog. Nous y voyons aussi que le blog connaît la situation qui prévaut au Kenya quant à l’unitarisme-universalisme ; il a eu l’occasion notamment de visiter des congrégations locales de l’Unitarian Universalist Church of Kenya (UUCK) en pays kisii.


kenya balozi journalLe numéro de la revue Balozi de janvier 2011 (vol. 5, n°1) est, sous le titre “Range of Religious Freedom” (se mettre en rang, se mobiliser pour la liberté religieuse), consacré en fait à l’unitarisme-universalisme, avec notamment un article de Joaz Ahengo intitulé “Religious tolerance : Enjoying the fruits of Unitarian Universalism” et un article reproduit du révérend William G. Sinkford, ancien président de l’Unitarian Universalist Association (UUA) of Congregations (Etats-Unis) « Worshiping in Chains : A Journey into the Past » (sur la façon dont les esclaves continuaient à pratiquer le culte) – mention est faite de sa visite du Kenya et dans d’autres pays africains en 2008 (voir dans les Actualités unitariennes, lien).


Signalons que Boaz Adhengo est auteur d’un livre : ‘Ethnostatic: African Humanism’, Pronacal Press, 2010.


En projet : l’implantation d’un église à Bondo, dans l’ouest du Kenya, au-delà du pays kisii, en voisinage avec l’Ouganda, avec route pour Kampala. La région, sur la rive NE du lac Victoria, autour de Nyanza, est peuplée par l’ethnie Luo (des Nilotiques, alors que les Kisii sont des Bantous). Cette localisation répond au geste d’un professeur de l’université de Bondo, le professeur Otieno, qui a mis un terrain à la disposition de ce jeune mouvement.

à suivre ...

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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 23:39

suite et fin

 

kenya_alice_kemunto.jpgJusqu’à présent l’unitarisme-universalisme est  dénominativement représenté au Kenya par plusieurs communautés dont la plus importante, l’Unitarian Universalist Church ou Kenya (UUCK), s’est développée depuis 2001 en pays kisii, avec, depuis, un débordement sur les ethnies voisines, sous la houlette du « bishop » Patrick Magara, un ancien pasteur adventiste. Elle se présente sous la forme d’une myriade de petits groupes, vu le peuplement dispersé qui existe dans cette région. Nous en avons très largement rendu compte dans notre rubrique « l’unitarisme en Afrique (Kenya) » dans nos Actualités unitariennes ( lien).
 
Patrice Magara est efficacement secondé par sa seconde femme, Alice Kemunto (contact), laquelle a un diplôme d'éducatrice et qui gère la messagerie électronique de son Eglise. En qualité de pasteur, elle s’est personnellement rattachée depuis juin 2011 à l’Unitarian Ministries (lien), instance unitarienne chrétienne, basée en Californie du Sud.

 

La révérende Alice Kemunto tient ici un bouclier traditionnel, qui sert d'écusson, avec en son centre un motif qui évoque le calice des unitariens (lien).

 

Tant l'UUCK que les autres communautés unitariennes au Kenya sont en principe inclusives et ouvertes, mais rien n’indique qu’elles soient concrètement inter-faith. La dénomination d’unitarisme-universalisme semble provenir plutôt de leur relation avec les unitariens américains. En tout cas la révérende Alice Kemunto évoque une Unitarian Ministries International Kenya (UMIK) qui a des fondements chrétiens et sur laquelle elle appelle la bénédiction de Dieu. Nous sommes manifestement dans une phase de gestation où ces Eglises locales cherchent leur propre identité, mais aussi des relations extérieures qui puissent les conforter.

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18 août 2011 4 18 /08 /août /2011 16:01

kenya_girage_mara_game_park.JPGL’Unitarian Universalist Church of Keynia (UUCK) est une Eglise théiste, croyante en Dieu, de culture chrétienne (le fondateur était auparavant un pasteur adventiste) et ouverte à toutes les grandes sagesses de l’Humanité (d’où son adhésion à l’unitarisme-universalisme américain).

 

Elle a été fondée en 2001 par Patrick Magara, qui est appelé “bishop” (= évêque) par ses fidèles. Non seulement, elle s’est développée en milieu rural, mais dans un milieu de fermes dispersées sur les collines verdoyantes du pays kisii, et elle s’est étendue au-delà auprès de populations d’éleveurs, donc toujours dans des régions où le peuplement est de densité très faible. Les communautés sont donc multiples et les effectifs chaque fois très faibles.

 

On imagine le travail pastoral que cela suppose : Patrick Magara le fait avec toute son énergie, secondé efficacement par sa femme Alice, d’autres membres de sa famille, et le Comité de l'Eglise et les Anciens. 

 

girafe du Mara Game Park


Compte tenu de cette situation, les photos que vous allez voir sont émouvantes. Ce sont de multiples rencontres au niveau de fermes et de hameaux qui ont permis à cette Eglise de devenir véritablement une communauté digne de ce nom. Elle recherche des partenaires internationaux pour poursuivre son développement et notamment soutenir ses activités sociales (orphelinats, écoles, centres de santé). Pour contact, lien.


Au niveau de la capitale Naïrobi et région, les communautés unitariennes essentiellement citadines qui s’y trouvent sont réunies au sein de la Kenyan Unitarian Universalist Church (KUUC). Distance géographique et différences ethniques font que les deux Eglises ne coordonnent pas pour l’instant leurs activités en dépit des efforts de l’International Council of Unitarians and Universalists (ICUU) qui souhaite que, pour chaque pays, il y ait un organe de coordination afin de représenter le pays lorsqu’on se trouve en présence de plusieurs communautés unitariennes. 

 

kenya uuck UUCK ANGATA CONGREGATION 
La communauté d’Angata réunie pour le culte.


kenya_UUCK_ANGATA_-WOMEN_FELLOWSHIP.JPG

Les femmes y sont importantes et ont, entre elles, une association « women fellowship »,


kenya_uuck_chorale_UUCK-ANGATA-CHOIR.JPG

la chorale locale.

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L'UUCK mène des activités sociales ; ici un projet de centre de santé : pour l’instant sur plan, mais le terrain a déjà été donné par le village.

 

kenya uuck transmara luck church cultekenya_uuck_bishop_magara_prechant.JPG

La communauté de Transmara Luck réunie sous les arbres pour faire le culte. Bishop Magara est entrain de prêcher

 

kenya_uuck_SUNDAY-SCHOOL-KIDS.JPG
durant le culte, les enfants sont réunis à part pour faire "l'école du dimanche" (ce qui correspond au catéchisme).

 

kenya_uuck_TRANSMARA-UUCK-PRIMARY-SCHOOL.JPG

Dans ce village, à Tranmara Luck, l'UUCK gère une école primaire


kenya_uuck_bishop_magara_avec_eleveurs_moranes.JPGkenya_uuck_bishop_magara_avec_eleveur_morane.JPG

Le "bishop" au milieu des éleveurs.

 

kenya_UUCK__ELDERS.JPG

Ici avec des anciens d'un village,

 

kenya_uuck_village_morane.JPG

là devant la case d’hébergement du village.
 

  kenya_uuck_PRAYING-FOR-THE-DONATED-LAND-.JPG

La prière se fait en plein champs, comme au temps de l'angélus paysan peint en France par de Millet au XIXème siècle !

 

kenya_uuck_culte_du_dimanche.JPGkenya_uuck_PRAYER.JPG

séance de culte dans un autre village ;les gens prient avec ferveur.

 

kenya_UUCK_COMMITTEE.JPG

Les réunions, ici le comité de l'UUCK avec le "bishop" Patrick Magara (ici en blanc et vu de dos), se font à l'intérieur de simples cases.

 

kenya_uuck_membres.JPG

en tournée dans un village, le "bishop" est au centre de l'image avec une chemise brodée couleur ocre et or ; on reconnaît devant les enfants de l'école de Transmara Luck que l'Eglise gère.

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28 juin 2009 7 28 /06 /juin /2009 17:44

Scott Kraft a accompagné le président de l’Unitarian Universalist Association (UUA) of Congrégations, le révérend William G. Sinkford, lors de sa visite aux communautés unitariennes du Kenya (dans le cadre d’une tournée de plusieurs pays d’Afrique noire : Afrique du Sud, Ouganda, Kenya et Nigeria), en novembre 2008.

La délégation américaine était composée aussi de Maria Sinkford (l’épouse du président de l’UUA), Eric Cherry et Paula Cole Jones. Photos et reportage de S. Kraft viennent d’être publiés dans la revue trimestrielle " UU World " dont la devise est " Liberal religion and life " / Religion et Vie (d’un point de vue) libéral ", ceci dans le numéro de l’été (Summer 2009, sorti le 15 mai 09), lien  Nous en proposons un survol en français (traduction libre et non intégrale).


En pays kisii

Après l’accueil à Nairobi par un comité national avec des représentants des diverses communautés, la visite a commencé par celle des petites communautés dans le pays kisii. Le pays est peuplé de deux millions d’habitants, vivant pour la plupart en habitat dispersé, loin des routes goudronnées, dans des collines aménagées en bocage et pratiquant entre autres la théiculture.

Le révérend Patrice Magara, aidé par sa femme Alice, est fondateur de l’Eglise unitarienne en pays kisii, qui compte quelques 78 paroisses.

l'auteur du reportage, Scott Kraft, avec Patrick et Alice Magara, devant l'orphelinat "Sarah" et l'école secondaire gérés par l'Eglise unitarienne.

Les marchés de brousse, les écoles, les réunions en général, se tiennent souvent à l’ombre des acacias durant la saison sèche. Le téléphone portable s’avère très pratique pour les rendez-vous. Dans l’un de ces lieux, à Kiabugesi, Esther Biyaki, 18 ans, attendait les visiteurs avec près d’une centaine d’enfants pour entonner un chant " l’unitarisme fait écho à travers le monde ...". Joseph Nyangau, 45 ans, pasteur depuis 4 ans de cette petite communauté, était également là. Il est lui-même paysan et cultive le maïs et les tomates.


"Nous sommes comme une famille d'amour, de paix, d'unité et de la justice. Nous prenons la Bible littéralement, mais nous ne croyons qu’en un Dieu unique. D'autres parlent de trois dieux, mais nous parlons d'un Dieu unique. L’unitarisme ne nous apprend que Dieu ". Dans ses sermons, J. Nyangau lit un passage de l'Écriture et en donne l’explication ligne par ligne, mais il tient à souligner sa différence d’avec les néo-évangéliques : " Nous ne voulons pas être charismatiques. Nous essayons de leur apprendre à penser par eux-mêmes, de ne pas être excités par quelqu'un d'autre. Nous honorons les écrits de l’Ancien Testament et nous nous imaginons Jésus comme notre frère, et nous sommes tous des fils de Dieu ".


Jane Okenyuri, 35 ans dirige un orphelinat de quatorze enfants. Deux vaches ont été achetées grâce à un emprunt de 500 $. La vente du lait paie les dépenses. Jane a appartenu à une autre Eglise. Elle estime l’unitarisme " parce que j'ai estimé qu'il s'agissait d'une Eglise avec la liberté, une Eglise qui n'était pas toujours à lutter contre les gens. Nous avons constaté que les femmes unitariennes prennent la défense des autres femmes. Nous avons un problème au Kenya et nous sommes déterminés à changer un système où une femme enceinte doit porter des fagots de bois sur la tête, pousser une brouette, tandis que les hommes s'assoient. L’unitarisme enseigne que nos maris et nous sommes égaux. Pour les autres Eglises, nous devons obéir ".

L’acceptation de la polygamie coutumière est un atout pour l’unitarisme par rapport aux Eglises missionnaires. En plus, les unitariens luttent contre la violence domestique, l’exploitation des femmes, l’excision des fillettes.

Par contre, l’homosexualité * et la pratique de l’avortement sont encore perçus négativement, et souvent liés aux influences occidentales.

* à noter que l’Eglise unitarienne d’Ouganda, récemment lancée par Mark Kiyimba à Kampala, est ouverte aux homosexuels, bisexuels et transsexuels bien que la loi du pays interdit l’homosexualité. Elle dirige un orphelinat et une école pour plus de 200 enfants qui sont atteintes du sida ou qui ont perdu un ou leurs deux parents par cette maladie.

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Published by d'après Scott Kraft - dans U au Kenya
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