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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 05:31

L'Eglise unitarienne hongroise est la nouvelle appellation qui réunie les deux Eglises de Transylvanie et de Hongrie. Elle a tenu la réunion triennale de son synode (avec 250 délégués) à Székelyduvarhely les 5 et 6 décembre 2014 pour élire un évêque (l'actuel évêque, Bálint Benczédi Ferenc, a été réélu pour un mandat de 6 ans),  les officiers de la Cour suprême disciplinaire, et les membres du bureau pour la période 2014-2020 : les présidents (laïcs) de l'Eglise (Farkas Emőd et Boros János), l'adjoint de l'évêque (Gyerő Dávid) et le directeur des Affaires publiques (Kovács István). 

eglise_unitarienne_hongroise_ordinations_decembre_2014.jpg

Le Synode a également ordonné 12 jeunes ministres (dont deux jeunes femmes) au service des congrégations : Barna Vermeulen-Bodoczi (pour Szentgerice), Vagyas Attila (Kolozsvár), Bodor Lídia Emese (Kolozsvár), Fülöp Júlia (Kolozsvár), Csécs Márton Lőrinc (Torockó),  Márkos Hunor Elemér (Medgyes), Tófalvi Tamás (Székelyszentmihály), Vass Károly (Aranyosrákos), Lőrinczi Levente (Kissolymos), Major László (Datk), Tímea Nagy-Mátéfi (Énlaka), Imola Molnár (Nagyvárad).

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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 09:18

Le premier évêque de l'Eglise unitarienne de Transylvanie (1568-1579), Ferenc David, fut, en avril 1579, emprisonné à vie à la forteresse de Deva, accusé de proposer (encore !) une innovation religieuse, à savoir la fin du culte rendu à Jésus (puisque Jésus est un homme pour les unitariens et non un dieu, ni Dieu incarné !). Les conditions rigoureuses de sa cellule dans le donjon de la forteresse, fit qu'il mourut peu de temps après, au mois de novembre.

D'importants travaux d'aménagement du site de la forteresse de Deva sont en cours de part et d'autre de ce donjon comme le montre la photo jointe vue sur un site unitarien transylvain (lien). Les unitariens y viennent en pélerinage.

ferenc_david_donjon_deva_travaux.jpg

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1 octobre 2013 2 01 /10 /octobre /2013 08:31

transylvanie_Rosia_Montana.jpg

Dans leur communiqué du 16 septembre 2013 les Eglises de la Roumanie  qui ont des paroisses dans la région concernée déclarent solennellement leur opposition au projet remis en selle par le gouvernement roumain d'extraction de l'or selon des méthodes incompatibles avec le respect minimal du milieu naturel. A l'étude, depuis 2003 et dénoncé depuis lors, dans un partenariat avec une firme canadienne, le gouvernement roumain relance son projet minier, basé sur une technique de pollution irrémédiable des sites, au mépris de la Constitution du pays et irrespectueux des normes européennes. Les rejets nocifs provoqués par la technique d'extraction chimique, en sous-sol, sont à compléter d'un bouleversement des sites paysagers en surface ; les autorités ecclésiales s'alarmant d'une destruction de villages et cimetières, bref du patrimoine social et religieux. Le parlement roumain est interpellé.

 

György Jakubinyi, archevêque catholique romain du diocèse de Gyulafehérvár (Alba Iulia)  

Jenő Schönberger, évêque catholique romain du diocèse de Szatmár (Satu-Mare)

László Böcskei, évêque catholique du diocèse de Nagyvárad (Oradea)

Dezső Zoltán Adorjáni, évêque de l'Eglise évangélique luthérienne de Roumanie

Béla Kató, président du district transylvain de l'Eglise réformée 

István Csűry, président du district de Királyhágómellék de l'Eglise réformée

Ferenc Bálint Benczédi, évêque de l'Eglise unitarienne 

 

Résumé par Eric Bassoul d'un texte en anglais d'un message de l'Eglise unitarienne de Transylvanie publié par l'Unitarian Universalist Partner Church Council (UUPCC),  lien. Ndlr - l'Eglise orthodoxe et d'autres Eglises ne sont pas signataires car n'ayant pas de paroisse en cette zone, par contre, elles sont elles-aussi mobilisée au plan national.

 

Depuis, le gouvernement roumain a retiré ce projet, mais le partenaire canadien réclame des dommages et intérêts.

 

Ajout du 4 octobre 2013 : traduction complète du texte par Roger Gau


MESSAGE DU BUREAU DE L'ÉVÊQUE DE l'EGLISE UNITARIENNE SUR LES MINES D'OR PROPOSÉES EN ROUMANIE
Le message ci-dessous a été envoyé par le bureau de l'évêque de Koloszvár pour nous tenir informés de leurs actions concernant l'extraction de l'or proposée en R
oumanie.
Déclaration
Les Églises historiques de langue hongroise en Roumanie rejettent fermement le projet d'exploitation minière à base de cyanure de la Rosia Montana Gold Corporation, une « joint-venture » roumaine/canadienne, qui prévoit de créer la plus grande mine d'or d'affleurement de l'Europe à Rosia Montana (Verespatak en hongrois, Goldbach en allemand), en Transylvanie. En outre, nous protestons fermement contre le nouveau projet de loi proposé par le gouvernement roumain, qui, malgré les lois nationales existantes, permettrait l'ouverture de la mine de Rosia Montana.
En 2003, nous avons protesté ensemble contre le projet de mine d'or. La création de Dieu et de notre patrimoine bâti ancien seront effacés si la mine d'or est ouverte. Nos villages, lieux de culte et des cimetières seront rasés, créant le plus grand réservoir de « résidus toxiques » de la planète terre. (Une fois terminé, le projet minier laissera environ 200 millions de tonnes de déchets au cyanure).
C'est notre vocation de protéger la création de Dieu, et de préserver notre patrimoine contre une « bombe à retardement » de l'environnement qui pourrait finalement déclencher une catastrophe naturelle sur l'ensemble de la population européenne, en polluant les cours d'eau principaux. La mine devrait détruire des centaines de maisons, neuf églises et dix cimetières. Nous n'acceptons pas la destruction de notre propriété.
La Constitution de la Roumanie accorde le droit à un environnement sain et naturel, et énonce les obligations des citoyens et des institutions pour protéger l'environnement. En outre, la Constitution de la Roumanie protège le droit à la propriété privée et l'inviolabilité de la « résidence ». Par ailleurs, le Parlement européen (PE) a lancé une interdiction sur la technologie d'extraction à base de cyanure dans l'Union européenne, par un vote de ratification écrasant en 2010.
Par conséquent, nous avons été étonnés que le gouvernement roumain ait présenté ce projet de loi au Parlement, qui détient l'autorité et la décision finale. Nous nous opposons à la destruction planifiée de la nature, la violation de la propriété, la démolition des valeurs culturelles qui se produiraient si le projet de loi est adopté.
Nous demandons au gouvernement de retirer ce projet de loi contesté. Si ce n'est pas retiré, nous demandons à tous les députés de voter non à la technologie d'extraction à base de cyanure.
Nous sommes conscients que beaucoup d'habitants de Rosia Montana, socialement défavorisés, espéraient trouver un emploi avec le projet minier. Nous demandons donc au gouvernement roumain de prendre des mesures ciblées afin de résoudre le chômage de masse et d'autres questions sociales dans cette région particulière.
Que Dieu protège notre environnement et l'avenir !

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19 février 2012 7 19 /02 /février /2012 17:23

"Transylvanian Unitarians Celebrate the Proclamation of the Act on Religious Freedom", par le révérend Eric Cherry, posté le 12 janvier 2012 sur le blog de l'Unitarian Universalist Association (UUA) ( lien), traduit en français par Jean-Claude Barbier.


Le 13 janvier 2012, le Consistoire de l'Eglise unitarienne de Transylvanie a célébré le 444e anniversaire de la proclamation de la première loi sur la liberté de croyance et de conscience, et la tolérance religieuse. En janvier 1568, le roi Jean Sigismond, conseillé par son chapelain de cour, David Ferenc, entérine le brevet de tolérance que la Diète de la Transylvanie a proclamé lors de sa session tenue à Torda :


" En chaque lieu les prédicateurs doivent prêcher et expliquer l'Evangile chacun selon leur propre  compréhension de celui-ci, et si la congrégation aime cela, c’est bien ; sinon, nul ne peut les contraindre, mais les congrégations doivent garder les prédicateurs dont ils approuvent la doctrine. Par conséquent, aucun des surintendants ou autres ne devront importuner ou commettre des abus contre des prédicateurs en raison de leur religion, selon les constitutions précédentes, ou permettre que quelqu’un soit emprisonné ou puni par le retrait de son poste en raison de son enseignement, car la foi est le don de Dieu comme on vient de l’entendre, et que cela s’entend par la parole de Dieu."


Torda--declaration.JPG

Discours de David Ferenc lors d'une "dispute" théologique tenue à Torda en janvier 1568

avec des catholiques, des luthériens et des calvinistes, où il triompha.

La décision de la Diète fut prise après cette confrontation.

Ce fut le premier édit de tolérance religieuse pris en Europe.

A cette fate, la France était plongée dans les guerres de religion.

 

Les cérémonies commencèrent le matin à l'église unitarienne de Torda avec un service de culte qui a compris un cours d'histoire sur l'importance de cette Loi sur la liberté religieuse. Puis, la congrégation se rendit au Musée national de Torda qui a été réouvert à l'automne 2011, après de longues années de restauration. Le but de la visite était de saluer la nouvelle exposition du célèbre tableau de l'événement de 1568, qui a également été restauré au cours de la dernière décennie. Le tableau intitulé « La Proclamation de la Loi sur la liberté religieuse lors de la session de 1568 de la Diète de Transylvanie » a été peint par Aladár Körösfői Kriesch en 1896.

 

La célébration s’est poursuivie avec un culte du soir à l'église unitarienne de Kolozsvár [en roumain, Cluj-Napoca], et un concert mettant en vedette la chorale des enfants du Lycée unitarien. La journée se terminera par une réception à la résidence des évêques unitariens, construite au 15ème siècle, et dont on attend actuellement le lancement d'un important chantier de restauration.


Le Consistoire de l'Eglise unitarienne de Transylvanie exprime sa reconnaissance et ses remerciements à la communauté internationale unitarienne et unitarienne-universaliste pour avoir souligner l’urgence pour que soient achevés les travaux de restauration au musée de Torda ; notamment par la campagne internationale menée en 2009 et 2010 par le International Council of the Unitarians and Universalists / Conseil international des unitariens et des universalistes (ICUU), le Unitarian Universalist Partner Church Council / Conseil des Eglises unitariennes-universalistes pour le partenariat (UUPCC) et le Bureau des Relations internationales de l' Unitarian Universalist Association  / Association unitarienne-universaliste (UUA). De cette façon, le tableau d’Aladár Körösfői Kriesch, un symbole de la lutte de notre foi libérale pour la reconnaissance de la liberté religieuse, est de nouveau accessible au public.

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28 février 2011 1 28 /02 /février /2011 08:16

Les sabbataires * de Transylvanie, par Bernard Le Calloc'h, publié en juillet 2009 aux éditions Armeline dans la collection « Peuples en péril », 184 p., vendu sur Amazon ( lien)

* chrétiens judaïsants


Constituée au XVIe siècle en principauté vassale de la Sublime Porte à la suite de la bataille de Mohács (1526) et de la disparition du royaume de Hongrie, la Transylvanie historique était une province singulière, sans autre unité que géographique. Avec ses 58 000 km2, elle était moins grande que la Lettonie actuelle (63 000 km2) que d’aucuns qualifient de lilliputienne, mais plus grande que le Danemark (43 069 km2) et représentait près du double de la Belgique (30 527 km2).


transylvanie_sabbataires.jpgCe n’est pas sans raison qu’on a dit d’elle qu’elle était « une mosaïque de nationalités », mais sa population n’est pas seulement divisée en quatre ethnies parlant chacune sa propre langue, elle est surtout éparpillée en dix religions chrétiennes distinctes. Même si le catholicisme romain chez les Hongrois et l’orthodoxie byzantine chez les Roumains dominent cet ensemble disparate, ce véritable patchwork confessionnel, on ne peut négliger ni le luthéranisme de la confession d’Augsbourg, ni le protestantisme calviniste, ni le baptisme, ni l’unitarisme anti-trinitaire, ni l’Église uniate gréco-catholique qui reconnaît l’autorité du pape tout en conservant la liturgie orientale, ni les deux Églises arméniennes, la grégorienne et l’apostolique, ni l’adventisme du septième jour, toutes Églises auxquelles il conviendrait


TABLE DES MATIÈRES

INTRODUCTION (p. 11) -Les Sabbataires de Transylvanie (p. 11). Chap. I - Naissance de l’hérésie sabbataire (p. 13). II - Les apôtres (p. 19). III - Les inspirateurs (p. 23). IV - Les dogmes (p. 35). V - La pratique (p. 41). VI. - La littérature (p. 47). VII - Le psautier (p. 59). VIII - Simon Péchi (p. 63). IX - L’épreuve (p. 77). X - L’essor (p.. 83). XI - L’oppression (p. 99). XII - La complanatio de Dés (p. 103). XIII - Le Dési terminus (p. 107). XIV - Le cas Simon Péchi (p. 111). XV - Péchi. Homme de lettres (p. 119). XVI - Approbatae constitutiones (p. 123). XVII - Offensive catholique (p. 129). XVIII - Religion non reconnue (p. 133). XIX - La rupture (p. 137). XX - L’ultime refuge (p. 143). XXI - 1867 : L’année du tournant (p. 149). XXII. - La désillusion (p.153). XXIII. - La reconnaissance (p. 159). XIV - Enfin libres (p. 163). XXV - Peuple en Péril (p. 167). XXVI - Le village englouti.(p. 171). BIBLIOGRAPHIE (p. 179).

 

La collection Peuples en péril aux éditions Armeline

 

Une collection publiée avec le concours scientifique du Groupement pour les droits des minorités (GDM) Le GDM est une association régie par la loi 1901 et affiliée au Minority Rights Group (MRG) International de Londres, ONG qui bénéficie d’un statut consultatif auprès des Nations unies, de l’Union européenne et du Conseil de l’Europe.


Le but de cette collection, consacrée aux minorités à travers le monde, en ce début de troisième millénaire, est de faire découvrir au grand public des peuples méconnus, plus particulièrement ceux menacés de disparition, soit physiquement, soit, c’est le cas le plus fréquent, par une assimilation aussi discrète qu’insidieuse et qui pourtant, dans bien des cas, paraît inéluctable ; la discrétion séculaire de nombreuses ethnies constituant bien souvent leur plus grande menace.


Un volume est consacré à chaque peuple minoritaire, quelle que soit son importance numérique, son rôle politique ou sa place dans l’actualité. Certaines de ces populations sont d’ailleurs en voie de disparition. Si réduites qu’au mieux elles ne pourront se maintenir qu’à l’état résiduel, n’étant plus qu’un lointain souvenir, l’ombre de ce qu’elles furent jadis, témoignage précaire de notre ancienne biodiversité humaine…


Éditions ARMELINE, Poul-ar-Bachet, 1, rue Louis Pidoux, 29200 BREST.
 

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27 février 2011 7 27 /02 /février /2011 00:26

LA JÉRUSALEM SICULE, par Géza SZÁVAI, essai-roman sur l’identité, publié par Pont ; traduit du hongrois en février 2011 par Georges Kassai et Gilles Bellamy, présentation du livre par l'éditeur.

jerusalem_sicule.jpgEn Transylvanie, pays à la tolérance légendaire où plusieurs nations coexistent depuis des siècles, une communauté  hongroise s’est convertie au judaïsme vers la fin du XVIème siècle. Aucun lien de sang ne l’attachait aux Juifs, mais ceux-ci lui apparurent comme des frères spirituels. A la fin de la seconde guerre mondiale, cette communauté  ne comptait plus que quelques rares familles. Certains s’étaient fait baptiser, d’autres avaient rejoint dans les camps de concentration et dans les fours crématoires ceux dont ils partageaient la foi.


Les documents historiques portant sur la rencontre ou la découverte mutuelle d’individus et de communautés nous réservent quelquefois bien des surprises. Croisades et guerres de religion appartiennent à un lointain passé, mais nous sommes restés sensibles à l’histoire des communautés spirituelles. L’histoire que relate le présent ouvrage constituera sans doute une révélation pour bien des lecteurs.


Au XVIème siècle, la quasi totalité  [ndlr : plutôt une partie] de la population transylvaine embrassa la religion unitarienne. Gagnés par la fièvre de la Réforme, séduits par l’Ancien Testament, Simon Péchi et ses disciples allèrent jusqu’à adopter les rites de la religion juive. Dès lors, ils se considérèrent comme les  frères spirituels des Juifs. Ainsi débuta l’incroyable histoire de ces hommes et de ces femmes du pays des Sicules  qu’aucun lien de sang ne rattachait au peuple juif, mais qui devinrent  « Juifs dans leur âme», l’historien György Bözödi commente en ces termes la quête spirituelle de ces judaïsants ou « sabbataires » (c’est ainsi qu’on les appelait en Transylvanie) (ndlr - on peut dire aussi sabbatariens) :

 

« Les dévastations perpétrées par les Tartares, l’invasion turque, comme plus tard les exactions des troupes allemandes, avaient éprouvé une population déjà minée par ses querelles intestines. La Bible lui apparut alors comme une sorte de Rédemption et le sort du peuple juif comme un miroir que lui tendait Dieu. Les Sicules [ndlr. du moins une partie] se reconnurent dans les souffrances, l’esclavage et les destructions que décrivent les livres des prophètes. Le visage qu’ils y découvrirent était celui d’un frère rencontré dans l’adversité. Ce frère, ils apprirent à l’aimer. Jamais, ils ne s’en écartèrent. Ensemble, ils traversèrent les épreuves. Ces Sicules préféraient donner leur vie plutôt que de renoncer à la paix de leur âme. ».


En quelques années, la foi de ces « Sicules  judaïsants » se répandit sur tout le territoire de la Transylvanie, mais leur religion ne fut jamais reconnue officiellement. Les sabbatariens furent persécutés pendant des siècles. Lorsque, à la fin du 19ème siècle, ils purent enfin jouir de la liberté des cultes, il n’en subsistait plus que quelques rares familles, dans deux villages. Dans la quatrième décennie du XXème siècle, on ne trouvait plus que quelques survivants à Bözödújfalu, surnommée la « Jérusalem sicule ». En 1936, après son passage dans ce village, György Bözödi écrivait : « Bözödújfalu est la Jérusalem des Juifs sicules. Avec toutefois une différence : l’ennemi n’a jamais pu détruire cette Jérusalem-là, le seule village où survit cette religion ancestrale. ». Peu après, les lois anti-juives entrèrent en vigueur...


Frappés par un fléau semblable à ceux décrits par l’Ancien Testament, les Sicules judaïsants n’étaient plus représentés dans les années 80 que par quelques vieilles femmes. Un peu plus tard, Bözödújfalu allait être la victime de la politique de Ceaucescu visant à détruire systématiquement les villages de Roumanie. Si en 1936, avec cette fierté propre à son peuple, György Bözödi pouvait encore affirmer que l’ennemi n’avait jamais réussi à détruire cette Jérusalem-là, en 1989, il n’en restait plus rien, les autorités roumaines ayant ordonné que le village fût englouti au fond d’un lac. Une délégation s’était rendu  à Bucarest pour supplier le dictateur de revenir sur sa décision. En vain. La population fut évacuée. Les indemnités qui lui furent attribuées ne représentaient qu’une infime fraction de la valeur des maisons qu’elle avait dû abandonner.


Il leur fallait tout recommencer. Mais où ? Et comment ? La plupart des sabbataires se rendirent à Erdöszentgyörgy, le bourg le plus proche, où ils s’entassèrent dans les garçonnières de deux barres d’immeubles. Mais au moins étaient-ils près de Bözödújfalu. Ironie du sort : le surnom de « ghetto » qu’avaient préalablement reçu ces immeubles fut bientôt adopté par ces nouveaux occupants... Pourquoi fallait-il construire ce barrage et engloutir le village ? Nul ne le sait. Le barrage n’a jamais été mis en service. Une fois par an, les locataires du «Ghetto » (rejoints par ceux établis dans des localités plus éloignées) se retrouvent au bord du lac. Une fois par an, ils ont l’illusion de revivre l’histoire de la Jérusalem sicule.


Une histoire quatre fois séculaire, unique dans l’Histoire universelle, si, toutefois, il est permis de replacer dans celle-ci l’histoire de cette communauté de plus en plus squelettique. Certes, les «juifs dans l’âme » de la terre des Sicules qui, inspirés par la Bible, ont découvert une nouvelle voie menant à Dieu, n’ont jamais exercé une quelconque influence sur le cours de l’Histoire, mais leur rôle dans celle des idées (et de l’esprit, de la pensée et de la logique) n’est pas négligeable. Leur foi ne s’est pas répandue dans le monde. Celui-ci s’en est-il trouvé appauvri ? La question mérite d’être posée. « Cette conversion spirituelle et religieuse est unique dans l’histoire des religions chrétiennes » écrit un chercheur. Sans doute, la volumineuse littérature traitant de cette question s’enrichira-t-elle encore de nombreuses études savantes.


Le présent ouvrage n’est pas l’oeuvre d’un historien. Mais dans le style des grands narrateurs transylvains, ce livre présente des problèmes communes pour tout citoyen européen, ce qui soutient que le livre soit traduit en français.

 

Ajout du 23 mai 2012 : l'Institut hongrois de Paris (92, rue Bonaparte 75006 Paris), organise une soirée le 1er juin à 19h pour présenter ce livre.

 


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2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 11:56

Le révérend Arpad Szabo est décédé ce jeudi 30 septembre 2010. Il fut le 30ème évêque de l’Eglise unitarienne de Transylvanie (Eglise fondée en 1568 par le Hongrois Ferenc David) de 1996 à décembre 2008, date à laquelle Ferenc Balint Bencedi lui succéda ( lien)  

Eglise_unitarienne_Transylvanie_Arpad_Szabo.jpg

 

Très actif au sein de l’International Council of Unitarians and Universalists (ICUU), il en fut le premier vice-président en 1995 lors de la mise en place de cette instance. Par la présence même de son Eglise au sein de ce réseau mondial, c’était la foi en Dieu qui était ainsi maintenue au sein de l’unitarisme contemporain. Le pasteur protestant libéral André Gounelle m’a rapporté qu’un jour, à Londres, lors d’une rencontre de l’International Association for Religious Freedom (IARF), excédé par la vague humaniste qui refusait toute trace de théisme, il s’exclama, excédé, « Permettez moi quand même de parler de Dieu ! ». Je précise que, depuis, cette vague est quelque peu retombée et n’exerce plus sa tyrannie ; la spiritualité a été notamment remise à l’honneur au sein de l’unitarisme anglo-saxon, à la suite du discours du révérend William G. Sinkford, président de l’Unitarian Universalist Association of Congregation (UUA) ; voir notre article à la Une de la Correspondance unitarienne n° 22, août 2003 « Quel langage pour l’unitarisme ? » (lien).

 

J’ai eu le bonheur de le rencontrer à deux occasions. La première fois lors des journées de la branche européenne et moyenne orientale de l'IARF – dans le cadre de laquelle eut lieu une pré-conférence du réseau de l’European liberal protestant network (ELPN) à laquelle j’avais participé ( lien). Puis, lors de la rencontre de l’ICUU à Oberwesel, en Rhénanie, en novembre 2007 ( lien) ; et c’est en sa présence que j’ai lu cette strophe évoquant son Eglise :

 

« Nos racines, vous le savez bien, sont en forêts transylvaines. / Elles furent, ces forêts, urbanisées en clairières et en cités par les Germains / de la Saxe restée allemande, à la Lorraine devenue française. / Elles furent, ces forêts, chantées par les poètes de la patrie hongroise. / Elles ont enfanté, avec Ferenc David, un cri de vérité / qui fut l’ultime Réforme protestante du XVIème siècle, / la benjamine qui est nôtre. » (poème circonstanciel que j’avais intitulé « Venus du monde entier ») (lien)

 

Notre article du 6 décembre 2008 dans les Actualités unitariennes relatant la succession épiscopale en Transylvanie était précisément intitulé « les chrétiens unitariens ont un nouvel évêque » . C’était dire que, plus précisément pour les unitariens de foi chrétienne, dispersés de par le monde, l’évêque de l’Eglise unitarienne de Transylvanie est « notre » évêque, celui de notre Eglise historique à laquelle nous nous rattachons volontairement, en toute liberté, par le cœur, sans nulle obligation statutaire. Il ne nous commande pas, mais il est pour nous à la tête de notre Eglise, celle à laquelle nous faisons référence. Le Manifeste d’Avignon d’août 2006, signé par les associations chrétiennes unitariennes d’Europe et d’Afrique noire, mentionne précisément ce lien qui n’est pas d’allégeance, mais de l’ordre de l’affection :


« Les chrétiens unitariens affirment leur solidarité vis-à-vis de leurs Eglises historiques qui ont maintenu cette foi. Elles ont notamment la plus grande révérence vis-à-vis des Eglises hungarophones qui, pour eux, sont premières dans l’ordre de la considération au sens où l’entendait, à propos des Juifs, Paul dans son épître aux Romains (chap. I, 16) et Jean de Patmos dans l’Apocalypse (chap. VII, 4-9). Ce profond respect en regard de leur ancienneté est volontaire et filial ; il n’est nullement une subordination ni un devoir d’obéissance ; ces Eglises historiques ne donnant d’ailleurs aucun ordre. » (lien).

 

Au contact d’Arpad Szabo, j’ai appris la différence qu’il y avait entre les évêques unitariens et les évêques catholiques. Les premiers sont élus dans le cadre de synode et leur autorité reste collégiale, inscrite dans un conseil épiscopal où les décisions sont prises d’une façon collective. La sobriété est de rigueur, y compris lors des cultes où l’évêque revêt une simple robe de pasteur. Bien que chef de l’Eglise, il reste parmi ses pairs et ne s’en démarque pas. A sa retraite de pasteur, le synode élit un autre successeur. Son rôle est comparable aux évêques luthériens et aux intendants des Eglises calvinistes, également aux évêques anglicans hormis la pompe liturgique que ceux-ci ont conservé de leur passé catholique. Il va de soi que, dans ces conditions, l’appellation de « Monseigneur » ne convient pas. Les anglophones disaient « Bishop Arpad Szabo » ; moi je disais « mon évêque » et je lui témoignai ma révérence. Il parlait un peu le français, mais c’est surtout par l’intermédiaire de son secrétaire administratif, le révérend Gyero David que nous communiquions. Je conserve précieusement de lui un insigne portant le blason de son Eglise, qu’il me donna à Oberwesel.


Par sa prestance aux beaux cheveux argentés et sa personnalité bienveillante, il représentait bien son Eglise. C’est un ami qui nous a quitté et qui reste présent dans nos cœurs et nos souvenirs.

 

Vous pouvez lire ce témoignage dans sa version anglaise dans "Tribute website to the Rev. Dr. Arpad Szabo" dont la référence est donnée à la page d'accueil du site de l'International Council of Unitarians and Universalists (ICUU) (lien)

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12 juillet 2010 1 12 /07 /juillet /2010 18:28

Le 19 juin 2010 à Budapest, les 43 membres de la réunion du Synode de l'Eglise unitarienne de Hongrie ont pris la décision de ne pas élire un nouvel évêque, mais de se réunir à l'Eglise de Transylvanie.

 

transylvanie_cimersz.jpgDu fait que la Transylvanie, naguère terre hongroise, fut rattachée à la Roumanie au lendemain de la Première guerre mondiale, afin de former la Grande Roumanie, les unitariens en Hongrie (pays désormais amputée de la Transylvanie) constituèrent une nouvelle Eglise, nationale, au début autonome puis indépendante par rapport à l’Eglise mère, la transylvanienne. Un premier évêque fut élu en 1971. Le 4ème évêque, Csaba Razmany (février 2001 – juillet 2009) en sera donc le dernier (lien )


Au terme de ce processus de fusion, l’évêque de l’Eglise unitarienne de Transylvanie, récemment élu (décembre 2008, lien) deviendra donc très probablement l’évêque de l’Eglise réunifiée et le conseil épiscopal sera commun aux deux pays.

 

Bonne fusion à nos deux Eglises de langue hongroise qui constituent notre Eglise historique (1568).

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25 janvier 2010 1 25 /01 /janvier /2010 13:49

Bela Bartok, busteLe dimanche 27 décembre 2009, à 12 heures, a eu lieu, à la "Bela Bartok Unitarian Church" de Budapest, un premier culte en anglais. Les célébrants en étaient  : les révérends Sándor Léta et Knut Heidelberg (évêque de l'Eglise unitarienne de Norvège), Gyopár Pávai, Márton Szabó, et Osztováta Ensemble. Le culte fut enregistré en audio (lien)

Pour plus d'information sur les services en anglais au sein de cette congrégation, voir

L'information nous a été transmise par le révérend Roberto Rosso (Italie)

buste du célèbre musicien et compositeur hongrois Bela Bartok (1881-1945), qui fit carrière aux Etats-Unis. Il était unitarien et une congrégation unitarienne de Budapest porte désormais son nom.

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18 juillet 2009 6 18 /07 /juillet /2009 06:54

Csaba Razmany, évêque de l’Eglise unitarienne de Hongrie, est décédé le mercredi 15 juillet 09.

Né en 1946 à Cluj-Napoca (en hongrois Kolozsvar), en Transylvanie, d’un père ministre du culte unitarien et d’une mère travaillant comme comptable au lycée unitarien de la ville, C. Razmany a été diplômé en théologie en 1968 (au Département unitarien de l’Ecole de théologie protestante de Kolozsvar). Il fut ministre à Brasov, à Alsoboldogfalva (où il rénove l’église et le presbytère ; les travaux sont terminés en 1973), puis, à la suite d’un cancer traité depuis 1993, avec complications pulmonaires, il a immigré en Hongrie, à Budapest pour raison de traitement médical. Il a alors exercé son pastorat à la 3e église de Budapest, la congrégation de Pestszentlorincz, puis, le 1er janvier 2001, à la 2ème église, la congrégation Bela Bartok. Il est élu évêque le 3 février 2001.

Sa congrégation Bela Bartok est en relation de partenariat avec l’Eglise unitarienne de Norvège. C’est d’ailleurs au sein de cette congrégation qu’a lieu l’ordination des ministres du culte de cette Eglise : Knut Klaveness Heidelberg, pasteur et évêque de Norvège, en janvier 2007, et, très prochainement, le dimanche 6 septembre, celle de Kjell Morten Bråten (qui a déjà été installé pasteur à Skien le jeudi 9 avril 2009 par son évêque) ; celle du ministre italien Roberto Rosso devait aussi y avoir lieu mais elle dût être reportée et se faire à Copenhague (en novembre 2008), l’état de santé de Czaba Razmany s’étant brusquement détérioré.

Les chrétiens unitariens adressent leurs condoléances à la famille du défunt, à sa congrégation et à toute son Eglise.


Jean-Claude Barbier (Bordeaux) : "J’y ajoute un souvenir personnel : de retour de la conférence de l’European liberal protestant network (ELPN) à Kolozsvar en juillet 2005, je fut introduit auprès de l’évêque Czaba Rasmany par la famille Szalontai qui m’avait accueilli. Je me souviens d’un homme chaleureux et très ouvert. Il avait été heureux d’apprendre que l’unitarisme se développait en France.

Je m’étais adressé à lui en évitant bien entendu les mondanités en usage au sein de l’Eglise catholique romaine ou de l’Eglise orthodoxe puisque l’évêque unitarien, tout comme l’évêque luthérien, est d’une toute autre nature ; je lui avais dit " mon évêque " avec respect et affection puisque les chrétiens unitariens du monde entier se réfèrent à leur Eglise historique du XVIème siècle, l’Eglise de Transylvanie, dont celle de Hongrie est un doublon datant de la fin du XIXème siècle
."

ajout du mercredi 29 juillet : Les obsèques auront lieu à Budapest, ce jeudi 30 juillet

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Published by Actualités unitariennes - dans U en Transylvanie et Hongrie
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