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16 mai 2014 5 16 /05 /mai /2014 08:33

Le G3i, Groupe de travail Interculturel, International et Interconvictionnel (d’où le nom G3i), est un
« think and acting tank » interconvictionnel constitué en association de droit français (loi de 1901). Il rassemble des hommes et des femmes de différents pays d’Europe, de différentes cultures, de différentes convictions religieuses, athées ou agnostiques qui souhaitent oeuvrer au développement de la citoyenneté européenne en favorisant un dialogue international, un dialogue interculturel entre toutes les formes de cultures – territoriales ou diasporiques -, et un dialogue interconvictionnel entre les porteurs de visions du monde athées ou fondées sur des convictions religieuses. Dans cette perspective, le G3i souhaite oeuvrer à la création de nouveaux espaces publics laïques, distincts de ceux des institutions religieuses représentées, qui permettent le dialogue et le partage entre des personnes pouvant se réclamer d’une identité humaniste – athée, agnostique ou religieuse.
Siège social 68 rue de Babylone 75007 Paris

 

fhedles.jpg

 

A l'occasion des prochaines élections européennes, il rappelle l'importance de l'interconvictionnalité et lance un appel pour sa mise en oeuvre par les institutions européennes :


L’Europe est un continent façonné par une histoire multimillénaire. Son héritage de peuples, de cultures, de religions, et de philosophies est d’une grande diversité. Les violences du XXème siècle ont suscité la volonté d’y créer les conditions d’une paix durable. Aujourd’hui, les populations vivant en Europe sont de plus en plus diversifiées, notamment en termes de visions du monde.


Dans ce contexte, pour permettre de vivre ensemble en paix avec toute la diversité présente en Europe et revivifier l’engagement citoyen vis à vis de l’Europe, les signataires appellent celles et ceux qui s’engagent à assumer des responsabilités à l’Union Européenne à mettre en place une approche « interconvictionnelle ».

Une telle approche, s’inscrivant dans le cadre des droits de l’Homme et de la démocratie, consiste à organiser un dialogue constructif entre les porteurs de visions du monde fondées sur des convictions diverses (croyances, religions, athéisme, agnosticisme...). La démarche interconvictionnelle conduit chacun des acteurs à chercher, dans leur reconnaissance mutuelle, à s’enrichir des points de vue des uns et des autres exprimés en toute liberté et sans volonté d’hégémonie.


Dans cette perspective, convaincus que des consultations séparées risquent d’aggraver les dissensions et d’engendrer des conflits, les signataires appellent les institutions européennes à :
- proclamer solennellement ce principe d’interconvictionnalité ;
- dans le cadre des articles 11 du TUE et 17 du TFUE, instituer des espaces structurés de consultation et de dialogue interconvictionnels ;
- plus généralement, faciliter la mise en place d’une démocratie participative, articulée de façon constructive avec la démocratie représentative ;
- pour ce faire, soutenir l’éducation à la citoyenneté responsable et la formation interconvictionnelle.
Les institutions européennes contribueraient ainsi à redonner, comme le souhaitait Jacques Delors, une âme à l’Europe.


Le 7 Avril 2014, le G3i, représenté par son président François Becker,
Contact Michel Aguilar, email : michelaguilar@orange.fr

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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 07:10

Les pays occidentaux sont dans tous leurs états en débattant des questions sociétales entre autres à propos
a) de la sexualité : le droit au divorce, à l’avortement, les conditions de l’Interruption volontaire de grossesse (IVG), le mariage des couples homosexuels (dit, en France, « mariage pour tous »), la procréation médicalement assistée (PMA), la grossesse pour autrui (GPA), la théorie du Genre et ses applications sur l’éducation des enfants, etc.
b) de la mort : le droit à l’euthanasie (dit « le droit à mourir dans la dignité ») en fin de vie ou encore suite à un accident réduisant la personne à une vie végétative, son extension à des mineurs, la suppression de la peine de mort, etc.
c) des droits électoraux : aux adolescents (baisse de l’âge légal à 16 ans), aux immigrés (droit de vote pour les élections municipales ou autres), etc.
d) de la laïcité : interdiction des signes ostentatoires à l’école, du voile intégral dans les espaces publics, condamnation des mutilations sexuelles infligés aux enfants (l’excision, bien entendu, mais aussi la circoncision pour motifs religieux), etc.

Sur tous ces sujets, progressistes et conservateurs s’affrontent et trop souvent s’envoient des injures et noms d’oiseau jusqu’à satiété. Des manifestations de rue, des recueils de signatures, des manifestes expriment des points de vue diamétralement opposés. Les communautés religieuses sont elles mêmes divisées, parfois jusqu’à la séparation comme par exemple la Communion anglicane sur le pastorat des femmes, l’accès d’homosexuels déclarés aux ministères, le mariage des couples homosexuels, etc.

Notre tradition unitarienne peut-elle nous apporter quelques conseils ? Celle-ci étant radicale, on peut d’abord la considérer comme tout à fait progressiste. Elle dénonça le dogme trinitaire avec l’Espagnol Michel Servet, le culte à Jésus avec le Hongrois Ferencz David, fit appel à la raison avec l’Italien Faust Socin, rappela au XVIIIème siècle anglais le monothéisme radical contre les ariens puis les sociniens, s’affirma contre le dogmatisme calviniste avec l’Américain William Ellary Channing, puis s’ouvrit aux autres patrimoines religieux de l’Humanité avec l’unitarisme-universalisme américain au XIXème siècle.

On l’aura compris, notre tradition ne cultive guère l’art du compromis, ni ne recherche un dénominateur commun ou une position centrale lors des conflits. Mais alors, en quoi peut-elle proposer ses bons offices?

A partir de la liberté d’opinion individuelle que professe notre tradition, il convient de suivre concrètement la façon dont elle peut s’exercer, ce qui la situe dans une dynamique plus large qui est celle de l’exercice de la démocratie. Constatons d’abord que, de nos jours, au sein des Etats modernes, cette liberté est reconnue. Chacun peut en effet adresser un article à un média, publier un livre, ouvrir son propre blog ou site, s’exprimer au sein de forums ou de réseaux sociaux, manifester dans la rue avec une pancarte, etc. La question est plutôt devenue : comment se faire entendre ? L’audience sur Internet et l’accès aux grands médias vont de pair avec la notoriété. Il faut travail et talent, bonnes relations aussi, et puis saisir des opportunités qui peuvent se présenter. On entre là dans la stratégie et la politique de communication. Pour les plus pressés, il faut apprendre la patience et la persévérance …et l’art de se faire des amis.

Dans la défense et la promotion des causes sociétales, il convient de distinguer les espaces d’action, où se regroupent des militants et des sympathisants, des espaces plus larges de discussion où les opinions ne peuvent être que diverses. Dans ceux-ci le forcing militant peut choquer par son intransigeance, ses répétitions, la monopolisation de la parole, la diabolisation d’autrui, les procès d’intention, les attaques personnelles, etc. Avec ses salons mondains et littéraires, la France de Louis XIV et du Siècle des Lumières a toute une tradition de la causerie courtoise où l’élégance et les bonnes manières étaient de mise. Il faudrait s’en souvenir !

Vouloir communiquer des idées c’est être convainquant et non point sectaire ; c’est d’abord apporter de l’information, des faits et des analyses. C’est accepter d’embrasser toute la complexité d’une question et ne pas rejeter à priori, d’un revers de main, les diverses autres approches possibles . C’est affirmer un argumentaire et un choix mais sans pour autant caricaturer les positions adverses ni les ridiculiser. C’est tenir compte de ce que dit l’autre, accepter sa contribution, sa part de vérité, s’enrichir dans la discussion en élargissant s’il le faut son propre positionnement initial. C’est aussi avoir le plaisir d’échanger avec des amis dont on apprécie la réflexion et le travail. Bref, tout le contraire des crispations.

Ne pas réduire son interlocuteur à un mot de travers genre_aux_toilettes.jpgqui n’a pas plû, ne pas le mettre dans une case toute étiquetée, comprendre ce qu’il dit sans déformer ses propos, ne pas répondre à côté en noyant le poisson dans l’eau avec plein d’autres sujets, etc. Surtout ne pas oublier que la relation est interpersonnelle et nécessite le respect de l’autre. Et puis, au lieu de se fâcher, faisons preuve d’humour en sachant que les avis divergents ne sont pas forcément l’annonce de la fin du monde ! En somme, liberté de pensée et d’expression dans le respect des autres …

Il nous faut aussi accepter qu’en démocratie, par un vote final, le « moi » doit laisser la place au « nous ». Mais avec quelle majorité ? Souvent les décisions sont prises à la majorité simple, mais lorsque celle-ci est étroite on arrive à du +ou- 50% et on se retrouve avec une communauté, une ville ou un pays divisé en deux, avec une forte opposition qui n’a de cesse de harceler la majorité. Or, du moins pour les questions sociétales, plus la majorité est forte plus le changement de mœurs sera possible. Quant aux petites communautés, c’est assurément vers le consensus qu’il nous faut tendre. Autre méthode, que les synodes protestants expérimentent : établir un calendrier afin de laisser aux communautés locales le temps de s’organiser (et de se retourner !) pour appliquer les nouvelles règles. Mais entre progressistes, à qui on reproche d’être trop précipités, et conservateurs, à qui on reproche leur refus de voir la souffrance des personnes en attente de décisions importantes pour elles, y a-t-il place pour une évolution progressive (et non plus progressiste !) au rythme des sociétés concernées, rendant ainsi plus facile le changement dans des sociétés qui ont tout un passé, un héritage culturel et religieux ?

Au-delà de nos sociétés modernes où s’affrontent progressistes et conservateurs, les sociétés plus traditionnelles nous observent, citent nos excès et les répètent en boucle ; certaines rejettent catégoriquement, parfois avec horreur et haine, ce qu’elles appellent l’occidentalisation des mœurs. Le monde lui aussi se divise entre progressistes et conservateurs … Une raison de plus pour mieux nous comporter dans nos polémiques !

 

Ajout du 7 février 2014, message de Régis Pluchet au sein du groupe Unitariens francophones sur Facebook :

Les méthodes de communication non violentes sont encore trop peu connues et l'Internet favorise, hélas, une communication violente où la réflexion, le recul et le respect de l'autre ont peu de place. Il n'y a plus qu'une logique de compétition dans laquelle chacun se croit obligé de caricaturer et délégitimer la parole de l'autre. Dans les méthodes non violentes, on cherche à ce qu'il n'y ait pas un gagnant et un perdant, donc on cherche avant tout le consensus, avec des concessions réciproques et comme ce consensus est difficile à trouver entre grands groupes, il reste la solution lorsque c'est la majorité qui l'emporte de prévoir des compensations pour la minorité, en lui donnant raison sur certaines de ses réclamations. Ces méthodes pourraient être utilisées avec profit par les parlementaires eux-mêmes pour leurs travaux. A noter qu'il existe déjà de nombreux centres de résolution de conflits dans cet optique ( lien).

Rappel, nos Actualités unitariennes accordent une grande importance à cette démarche avec leur rubrique "La Non-Violence" (15 articles à ce jour),lien.

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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 17:48

charte francaise de la laicite 2013

LA CHARTE DE LA LAICITE A L'ECOLE

La nation confie à l’école la mission de faire partager aux élèves les valeurs de la République

La République est laïque

1. La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi, sur l’ensemble de son territoire, de tous les citoyens . Elle respecte toutes les croyances.

2. La République laïque organise la séparation des religions et de l’Etat. L’Etat est neutre à l’égard des convictions religieuses ou spirituelles. Il n’y a pas de religion d’Etat.

3. La laïcité garantie la liberté de conscience à tous. Chacun est libre de croire ou de ne pas croire. Elle permet la libre expression de ses convictions, dans le respect de celles d’autrui et dans les limites de l’ordre public.

4. La laïcité permet l’exercice de la citoyenneté, en conciliant la liberté de chacun avec l’égalité et la fraternité de tous dans le souci de l’intérêt général.

5. La République assure dans les établissements scolaires le respect de chacun de ces principes.

L’école est laïque

6. La laïcité de l’école offre aux élèves les conditions pour forger leur personnalité, exercer leur libre arbitre et faire l’apprentissage de la citoyenneté. Elle les protège de tout prosélytisme et de toute pression qui les empêcheraient de faire leurs propres choix.

7. La laïcité assure aux élèves l’accès à une culture commune et partagée.

8. La laïcité permet l’exercice de la liberté d’expression des élèves dans la limite du bon fonctionnement de l’école comme du respect des valeurs républicaines et du pluralisme des convictions

9. La laïcité implique le rejet de toutes les violences et de toutes les discriminations, garantie l’égalité entre les filles et les garçons et repose sur une culture du respect et de la compréhension de l’autre.

10. Il appartient à tous les personnels de transmettre aux élèves le sens et la valeur de la laïcité, ainsi que des autres principes fondamentaux de la République. Ils veillent à leur application dans le cadre scolaire. Il leur revient de porter la présente charte à la connaissance des parents d’élèves.

11. Les personnels ont un devoir de stricte neutralité : ils ne doivent pas manifester leurs convictions politiques ou religieuses dans l’exercice de leurs fonctions.

12. Les enseignements sont laïques. Afin de garantir aux élèves l’ouverture la plus objective possible à la diversité des visions du monde ainsi qu’à l’étendue et à la précision des savoirs, aucun sujet n’est a priori exclu du questionnement scientifique et pédagogique. Aucun élève ne peut invoquer une conviction religieuse ou politique pour contester à un enseignant le droit de traiter une question du programme.

13. Nul ne peut se prévaloir de son appartenance religieuse pour refuser de se conformer aux règles applicables dans l’école de la République.

14. Dans les établissements scolaires publics, les règles de vie des différents espaces, précisées dans le règlement intérieur, sont respectueuses de la laïcité. Le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit.

15. Par leurs réflexions et leurs activités, les élèves contribuent à faire vivre la laïcité au sein de leur établissement.

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Published by Ministère de l'Education nationale (France) - dans vive l'inter-convictionnel !
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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 02:13

Observatoire chrétien de la laïcité (OCL) : ENSEIGNER LA MORALE LAÏQUE A L’ÉCOLE ? lettre adressée à Vincent Peillon, ministre français de l'Education nationale le 24 octobre 2012. L'OCL réunit des associations qui sont membres de la Fédération des réseaux du Parvis (lien).


1°) Il n'y a pas à proprement parler de morale laïque. La laïcité consiste précisément à respecter la diversité des consciences, des croyances et des convictions et non à imposer un système de valeurs unique et imposé par le pouvoir politique. Elle se réalise par l'ensemble des dispositions juridiques qui ont pour fonction la séparation de l'Etat démocratique et des institutions de conviction (notamment religieuse), la liberté de conscience et d'expression individuelle et collective, l'exercice libre des cultes dans le respect de l'ordre public. Ne reconnaissant officiellement aucun culte l'Etat n'en subventionne aucun. Tels en sont les principes de base.

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2°) En tant qu'il est responsable de l’Éducation nationale, l’État est amené à se préoccuper de l'éducation du citoyen. De ce point de vue, la famille sans être ignorée de l'institution scolaire est seconde . L'école est un des lieux où l'enfant poursuit pour ainsi dire la rupture du lien ombilical, apprend à vivre sa liberté dans un cadre social plus vaste que sa famille et trouve les instruments de sa pensée personnelle et de ses choix de vie. Elle doit permettre l'accouchement d'une conscience citoyenne.

a) L'éducation nationale comporte des données d'ordre disciplinaire (scientifiques, linguistiques, artistiques, sportives, etc.) pour lesquelles l’État définit des programmes, des cursus, etc. Les établissements publics et privés ( y compris hors contrat) sont soumis au respect de ces programmes.

b) L'éducation du citoyen inclut également l'apprentissage de principes et de règles dont la finalité consiste à favoriser le vivre ensemble humainement des élèves entre eux mais aussi établit la pratique des rapports entre élèves et enseignants et réciproquement, dans le cadre d'une société inter-culturelle et inter-convictionnelle. Cet enseignement à la citoyenneté, ou éveil de la conscience, ne doit pas être qualifié de laïque mais de républicain ou de citoyen.


L'OCL propose que cet enseignement à la citoyenneté et cet apprentissage ne soient pas dispensés de façon théorique et abstraite (maxime à apprendre par cœur, leçon-sermon de « morale »...) et ne se réduisent pas à une éducation civique - utile par ailleurs - concernant la connaissance des « institutions » et de leur fonctionnement mais se fasse à partir des faits de vie et principalement des rapports humains vécus dans l'école (la cour,la salle de classe, la cantine, le gymnase... etc) ou rapportés par les élèves à partir de leur expérience concrète de vie en famille ou dans la rue,.etc. Ces expérience vécues concernent tantôt des actes destructeurs d'humanité dans les échanges physiques, verbaux, les comportements, les attitudes, tantôt des actes créateurs de liens humains positifs et épanouissants. Elle implique aussi l'apprentissage de la démocratie dans le cadre même de l'institution scolaire. Ces expériences sont la matière de l'échange éducatif. Bien entendu les enseignants doivent être formés et aidés, notamment sur le plan méthodologique, pour exercer ce rôle éducatif que beaucoup d'entre eux pratiquent dés à présent à l'occasion des problèmes humains qu'ils rencontrent dans leur vie professionnelle.


3°) Pour que cette éducation puisse se justifier de façon universelle il lui faut sur le plan national un référent universel. Celui ci dans l'état actuel des choses nous semble être-pragmatiquement et historiquement - la déclaration universelle des droits de l'homme (1), déclaration dont on connaît l'origine historique, à l'ONU, en 1948, et le caractère nécessairement évolutif en fonction de développement même des civilisations démocratiques.


Cette démarche éducative est donc difficile et complexe dans la pratique. Mais elle est absolument indispensable. Elle engage un effort tant de la part des enfants que des enseignants car elle va souvent à l'encontre des modèles sociaux dominants. Sont à dénoncer alors les idéologies égocentriques, les pratiques inhumaines du système économique, le rôle localement puissant des mafias, la pression en d'autres lieux des religions intégristes, etc., qui s'opposent fortement à cette éducation du respect des droits de l'homme. Elle doit faire prendre conscience par exemple que tout droit implique des devoirs et que par exemple le respect qui m'est dû, je le dois également aux autres.


4°) L'école (les enseignants et les personnels d'éducation en général) n'ont pas de réponse dogmatique à apporter aux questions des enfants concernant les fondements religieux ou philosophiques du sens de la vie. Mais elle doit aider les enfants à les connaître dans leur diversité socio-historique et actuelle pour éviter d'enfermer leur liberté dans un seul paradigme et les aider à vivre collectivement cette diversité dans le respect de l'Humanité, l'égalité et l'éducation de la liberté de choix de chacune et chacun. Cette éducation vise à créer les conditions qui permettent effectivement de vivre ensemble en êtres humains égaux et divers sans former de clans, de groupes identitaires, etc., et finalement de façon non violente .


C'est pourquoi cette morale s'impose également et avec les mêmes exigences humanistes dans tous les établissements scolaires publics ou privés. Des établissements confessionnels (catholiques, mais désormais aussi de plus en plus musulmans, etc.) ne sauraient se dispenser de cette démarche républicaine, citoyenne et humaniste sous prétexte d'un caractère propre qui impliquerait des approches morales religieuses exclusives et particulières suscitant ainsi les germes du communautarisme identitaire.


Jean Riedinger, secrétaire de l'Observatoire Chrétien de la Laïcité


(1) La Déclaration universelle des droits de l'Homme - Adoptée le 10 décembre 1948 à Paris par l’Assemblée Générale des Nations Unies, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, bien qu’elle ne présente pas a-priori de caractère contraignant, est considérée comme une référence internationale fondamentale dans le domaine des droits de l’Homme. Sa force normative tient notamment au fait qu’en 1966 l’Assemblée nationale a adopté deux traités qui en reprennent le contenu : le Pacte des droits civils et politiques et le Pacte des droits économiques, sociaux et culturels. Ces Pactes, assortis de mécanismes de contrôle de leur respect, ont été très largement ratifiés par les Etats-membres des Nations Unies : respectivement 154 et 151 ratifications ; la France y ayant procédé en 1980. La Conférence internationale des droits de l’Homme tenue à Téhéran a proclamé, le 13 mai 1968, « la Déclaration universelle exprime la conception commune qu’ont les peuples du monde entier des droits inaliénables et inviolables inhérents à tous les membres de la famille humaine et constitue une obligation pour les membres de la communauté internationale. » D’autre part, certains pays, comme la France, lui ont reconnu une valeur de référence pour les juridictions suprêmes.

 

Ajout du 2 novembre 2012 : proposition d'Hélène Koehl (faite le 1er novembre au sein du groupe "Protestantisme libéral" de Facebook) - discuter du règlement intérieur des établissements scolaires durant les cours de morale.

 

Il me semble que cette histoire de morale à l'école procède pour l'instant du serpent de mer. Pas grand-chose de concret, difficile de s'accorder sur un contenu, sur ces fameuses "valeurs communes", "valeurs républicaines" (la peur d'avoir à en dire quelque chose a même fait avorter un certain débat il y a quelques années), etc. Bref, de quoi partir ?

Proposition : chaque établissement scolaire a un règlement intérieur que les élèves et les familles doivent signer au début de l'année, avec des règles du vivre ensemble, des conduites récusées, des limites à ne pas dépasser. Certes, c'est "intérieur", mais ça pourrait avantageusement servir de base à cette fameuse morale et ça a l'avantage d'exister.

Ainsi plutôt que de se contenter de faire signer un "règlement" au début et de faire comme si c'était acquis, et ensuite de fermer les yeux et/ou de sanctionner, pourquoi ne pas reprendre les items et discuter au cours de l'année d'un règlement intérieur/extérieur amélioré et en tout cas construit à partir de cette/ces base(s) qui, au moins, a/ont le mérite d'exister ?

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15 février 2012 3 15 /02 /février /2012 11:06

Marianne-2007-vue-sur-le-blog-georgepau-langevin--Over-blog.JPGEn France, la liberté de penser a été réglée depuis belle lurette. Il reste la liberté d’expression et surtout d'être entendu. Il y a bien entendu la liberté d’être audible car l’accès aux grands médias n’est pas aisé. C’est un problème en partie technique, mais l’Internet permet, sinon de résoudre, d’ouvrir toujours de nouvelles possibilités. Mais je veux parler des comportements totalitaires des gens qui veulent imposer leurs analyses, leur vision des choses, leur programme (surtout en temps électoral !), leur Vérité et ceci pour qui tous les moyens sont bons ! Dommage de le constater, mais ils envahissent de leur intolérance les forums ... et ferment la gueule aux autres vite fait bien fait !

 

Une liberté de penser sans liberté d’expression reste un voeux bien pieux ; c’est pour cela que les Actualités unitariennes lancent ce manifeste dans la tradition qui est la sienne.


Lorsque qu’une personne s’exprime ; donne son point de vue, fait part de son analyse d’une question, elle a le droit à l’écoute, à l’attention des autres citoyens. Ceux-ci peuvent bien entendu être d’accord ou pas avec les propos tenus et proposer autre chose, etc. C’est ce que l’on appelle le débat démocratique. Ors, ce débat est actuellement – du moins en France – complètement vicié par une culture populaire qui semble s’être instaurée et dont il faudrait analyser les origines, mais qui semble marquée par quelques caractéristiques suivantes :


1 – lorsque quelqu’un émet une idée, on attaque la personne pour la discréditer : qu’importe si son idée est intéressante ou non !  Certes la source est toujours pertinente à connaître, ne serait-ce que pour comprendre les stratégies, mais une idée lancée vaut ce qu’elle est ! Ce sont les trompettes de Jéricho ! De la part des opposants, cela s’accompagne, non point d’arguments, mais d’un cortège d’injures pas possible et Dame Justice ne bronche pas ! Où est donc le respect des personnes ainsi injuriées ?


2 – on constate le succès des humoristes qui font la pluie et le beau temps dans les médias. Ors, en prenant connaissance de leurs prestations en principe artistiques, on constate que la plupart s’expriment tout simplement comme Monsieur Jourdain faisait de la prose, en simples partisans politiques, disant crûment leurs propres opinions politiques. Est cela faire de l’humour ? Tout brave militant doué de raillerie est alors un humoriste ! L’humour artistique fait rire tout le monde, y compris le raillé, sinon c’est autre chose. Pour l'audimat, les médias embauchent des pseudo-humoristes. Où est l’Autorité dite audio-visuelle ? C’est de la démagogie la plus prostituée.


3 – Lorsque quelqu’un émet une idée, on lui dit – doctement – que ce n’est pas le moment, qu’il y a d’autres choses plus importantes, qu’il fait diversion, qu’il cherche à occulter les choses « essentielles » qui sont importantes pour le « peuple » – , bref, on le renvoie vite fait bien fait aux calendes grecques. Evacué !


4 – Evacués aussi les problèmes ! Réformer, transformer, changer d’orientation, ce n’est pas l’affaire de slogans, mais de mise en œuvre de volontés politiques à long terme. Alors cessons de jouer aux magiciens adolescents et attelons nous aux tâches qui concernent les futures générations. Pensons à nos enfants et non à nos enjeux immédiats de pouvoir. Travaillons sans bavarder aux problèmes de nos sociétés qui ne sont pas évidents à régler du fait de leur complexité ! Ne croyons plus aux miracles .. et aux propos populistes !


5 – Certains s’indignent au nom disent-ils de valeurs, mais en ont-ils le monopole ? Le niveau politique met en œuvre les moyens d’arriver à tel ou tel progrès. A chaque acteur de présenter ses intentions, ses objectifs, son programme. Ensuite, il y a débat et éventuellement vote. Faire un procès d’intention à priori et s’accaparer le monopole des valeurs humaines – ou évangéliques pour les appels aux chrétiens – apparaît tout à fait sectaire.


Ces méthodes argumentaires qui tordent le cou à la démocratie sont bien établies dans certains milieux, sont systématiquement utilisées, vont de soi, sont des évidences et semblent parfaitement admis par une bonne partie de l’opinion publique qui adore les polémiques, les zizanies, les médiatisations, les mises à mort, etc. Certains acteurs de l’opinion surfent dessus sans aucun scrupule et sans état d’âme en se disant – bien entendu – défenseurs de la démocratie !


Dans l’héritage unitarien qui est le nôtre, nous réaffirmons la liberté d’expression, le devoir de la part des citoyens d’une communauté religieuse ou d’un Etat de s’écouter mutuellement, de tenir compte de la pluralité d’opinions qui découle forcément de leur liberté de pensée, de s’abstenir de toute violence verbale, de respecter les autres dans leur identité, leurs propres valeurs, leur expression. Non ! tous les moyens ne sont pas bons moralement et civiquement. Respectons les autres et respectons nous.

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14 février 2012 2 14 /02 /février /2012 08:44

IARF.logo.JPGLe chapitre néerlandais de l'Association internationale pour la liberté religieuse (IARF) est l'hôte de la prochaine réunion régionale de cette ce réseau pour l'Europe et le Moyen-Orient (EME). Celle-ci se tiendra du 19 au 22 juillet 2012 aux Pays-Bas, au centre Mennorode, près de Elspeet, sur le thème Religion libérale : "Hold', 'Play', ou 'Fast Forward' ?


Pendant longtemps, les croyants libéraux se sont considérés comme l'avant-garde d'une spiritualité culturelle, progressistes dans leur vision politique, et précurseurs de la philosophie et des sciences. Mais avons nous toujours encore envie de prendre l'initiative ? Et si oui, où sont les dirigeants qu'il nous faut trouver ?


Le programme envisagé comprend des méditations spirituelles, des conférences et des ateliers. Il commence le 19 juillet avec un programme de l'après-midi et se termine le 22  juillet après un culte du matin et la cérémonie de clôture


Contacts et renseignements à l'IARF-EME (lien). Pour plus d'information voir le site de l'IARF (lien).

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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 18:23

temoignage_chretien_diversite_culturelle.jpgPlus qu’une conférence, les Assises nationales de la diversité culturelle, organisées par Témoignage chrétien (TC) avec le slogan "Une société interculturelle est possible ! ", s’inscrivent dans une dynamique de forum et de rencontres entre les acteurs de tous horizons impliqués dans le mouvement pour une société interculturelle. L’objet de ces assises, au terme de cette première journée d'échanges et de rencontre, est de lancer un appel à un (ré) engagement politique pour une société interculturelle.

Le samedi 19 novembre au Centre Sèvres, à Paris, 35, bis Rue de Sèvres - 75006 - Paris - Entrée libre et gratuite sur inscription sur le site de ces Assises.


9h00 / 11h00 - SOCIÉTÉ INTERCULTURELLE, QUELLE(S) RÉALITÉ(S) ?

Plénière animée par Jérôme Anciberro, rédacteur en chef de Témoignage chrétien. Ouverture par Stéphane Hessel, Ambassadeur de France

« Ni xénophobie, ni relativisme culturel ! » par Alain Touraine, sociologue, Ecole des Hautes Etudes en sciences sociales

« Quelle place pour les cultures minoritaires ? » par Esther Benbassa, historienne, École pratique des hautes études, sénatrice du Val-de-Marne

« Quelle laïcité dans une société interculturelle ? » par Jean Baubérot, historien, sociologue, Ecole pratique des hautes études

« La diversité religieuse n'est pas la source du communautarisme » par Dounia Bouzar, anthropologue du fait religieux, directrice du Cabinet Cultes et cultures


11h15 / 13h00 - LES DÉFIS DES SOCIÉTÉS INTERCULTURELLES

Plénière animée par Mohammed Colin, Directeur de Salam news

« Construire l’interculturel : une question d’humilité », par Michel Sauquet, écrivain, ancien consultant spécialisé sur les problématiques interculturelles.

« L’Interculturalité : un équilibre à trouver entre le commun et la différence », par Fred Poché, philosophe, Université catholique de l’Ouest.

« Intégration, assimilation… vers un modèle social de participation », par Raphaël Liogier, sociologue, directeur de l’Observatoire du religieux - IEP Aix en Provence.

« Quel rôle des religions et du religieux dans une société interculturelle ? », par Rachid Benzine, islamologue.

« Les femmes dans la diversité culturelle », par Fadila Mehal, présidente des Mariannes de la diversité


14h15 / 16h00 - LA DIVERSITÉ INTERCULTURELLE C’EST POSSIBLE! Pratiques interculturelles au quotidien présentées en ateliers.

 

ATELIER Éducation et jeunesse animé par Loïc Barrière - Radio-Orient, sous la présidence de Betoule Fekkar Lambiotte, spécialiste de l’enseignement, auteur de « La double présence. Histoire d'un engagement », Seuil, 2007. Avec les expériences de : Jeunesse ouvrière catholique, Scouts musulmans de France, ATD Quart Monde et Madame Najat Azmy

 

ATELIER Économie et social animé par Huê Trinh Nguyên, rédactrice en chef de Salam News, sous la présidence de Fatine Layt, présidente d'Oddo Corporate Finance. Avec les expériences de : Charte de la diversité en entreprise, Habitat et humanisme, Plateforme Migrant et Citoyenneté Européenne, Secours islamique, Asmaë


ATELIER Société civile et médias animé par Philippe Clanche, journaliste à Témoignage chrétien

Sous la présidence de Christophe Deltombe – président d’Emmaüs France Avec les expériences de : Amoureux au ban public, Club Averroes, la Cimade, Le Pacte civique, Conseil de l'Europe.


16:15 / 17:30 – RELIGIONS, FREIN OU ATOUT DE LA CONSTRUCTION INTERCULTURELLE - QUELLE PLACE À L’INTERRELIGIEUX ? sous la présidence de Guy Aurenche, président du CCFD-Terre Solidaire

Dialogue entre des religieux et les membres du groupe interreligieux Coexister sur la place de l’interreligieux dans la construction d’une société interculturelle. Avec le Père Jean Courtaudiere, Délégué diocésain des relations avec l’islam du diocèse de Saint Denis, le rabbin Gabriel Hagaï, membre du Comité interreligieux de la famille franciscaine, Mohamed Ould Kherroubi, président des musulmans de Versailles et le groupe Coexister.


17:30 – LANCEMENT DE L’APPEL POUR LA (RE)CONSTRUCTION D’UNE SOCIÉTÉ INTERCULTURELLE

par Bernard Stéphan, PDG de Témoignage chrétien, et Jo Spiegel, maire de Kingersheim. Appel signé par un collectif de personnalités et d’organisations confessionnelles et non confessionnelles et les citoyens à destination des candidats à la présidence de la République et aux législatives 2012.

 

temoignage_chretien_sponsors.pngLa Fédération des réseaux du Parvis (dont l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens font partie) soutient cette initiative

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27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 09:01

Maintenant que les moyens d’expression sont multiples et en plein développement, les anti-ceci ou cela, ou encore les anti-tout, se multiplient, se font missionnaires et envahissent le devant de la scène médiatique, toujours à la recherche de nouvelles polémiques. Dans nos sociétés contemporaines fortement segmentés, ils sont rois de la parole.


De la rhétorique, ils n’ont retenu que l’anti-thèse, caricaturant à outrance la thèse afin d’en triompher aisément, et … oubliant la synthèse.
Les anti sont des rationalistes ; ils étayent leurs opinions de longs argumentaires et de références. Ils ont toujours raison et savent convaincre. Ce sont des militants.
Ils sont courageux. Lorsqu’ils prennent une tête de turc, il ne lâchent pas prise, jusqu’au lynchage médiatique. Avec eux, c’est un engagement à la vie à la mort, comme s’ils luttaient contre Satan en personne.
Ce sont des généralistes ; le particulier n’existe pas : une seule loi pour tous les citoyens quels qu’ils soient, d’où qu’ils viennent. Ils sont, disent-ils, au niveau des règlements et non des personnes. Qu’on se le dise, ils sont objectifs et non partisans (même s’ils sont encartés jusqu’au cou et sont les perroquets de leur parti).
Ils n’ont rien à envier aux policiers et aux juges. Rien n’échappe à leur vigilance. Ils scrutent les gestes et les paroles des autres, comme des inquisiteurs qui instruisent un procès uniquement à charge.
Ils sont sportifs, sautant sur les occasions, réagissant immédiatement à l’actualité ; pas même le temps d’aller vérifier sur le terrain.
Nonobstant, ce sont aussi de gros sensibles, capables de piquer de saintes colères (eux qui sont au-dessus de tout soupçon), de s’indigner jusqu’à s’étrangler de beaux sentiments, la main sur le cœur (alors que les autres sont des salauds), parfois / souvent d’entrer en transe au seul nom de leurs ennemis.
Ils sont réactifs, ayant besoin que les autres fassent ou disent quelque chose pour que cela libère le fonctionnement de leur cerveau ; leur expression vient toujours après, jamais avant ! Sans programme, ils ont besoin de ceux des autres pour en parler.
Ce faisant, ils n’ont aucune proposition à nous faire, mais passent leur temps à dénigrer celles des autres. Même l’opposition constructive, ils n’y arrivent pas ! Ils parlent (ou rêvent) sans cesse d’alternative, mais n’avancent pas dans les réalisations, même pas une quelconque pierre d’attente prophétique. Ils disent ce qu’il faut faire ou faudrait faire, mais ne font pas eux-mêmes. Ils attendent que les responsables le fassent, se plient finalement à leurs injonctions, à leurs motions comminatoires.
Ils sont ainsi dépendants des pouvoirs établis et des hiérarchies, pour que, eux, puissent manifester et faire pression. Car ils se veulent avant tout revendicatifs, contestataires, bref, anti !
Ne sont-ils pas comme le berger et frondeur David contre le puissant Goliath ? Les iconoclastes d’aujourd’hui, destructeurs d’idoles et d’images, toujours prêts à abattre les statues comme un bûcheron laborieux abat ses arbres avec la cognée ? Ils pourfendent l’adversaire idéologique comme naguère saint Michel terrassait le Démon.
grincheux.jpggrincheux_nains.jpgCertes, ils le font par dévouement altruiste, pour délivrer les braves gens de leur ignorance, de leurs aveuglément, de leurs entraves, des griffes des puissants. Ce sont des apôtres de la liberté, les détenteurs des révolutions déjà faites dont ils rappellent sans cesse, non point les vicissitudes et les meurtres, mais les grandes déclarations de principes.
Car, eux sont bien entendu dans le vrai et les autres dans le faux ; eux sont dans l’honnêteté et les autres dans les magouilles ; eux sont propres et les autres ont les mains sales. Au nom de la vérité dont ils sont les gardiens du Temple, ils diabolisent les autres.
 

Les plus dangereux sont des autoritaires qui veulent tout régenter, tout décider. Ce sont nos pharisiens d’aujourd’hui. Au secours Jésus *. Mais il y a aussi les pauvres grincheux que nous sommes, atteints de sinistrose comme d'autres d'arthrose, les grognons qui râlent sans cesse. Au secours Blanche Neige !
 

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Dans le conte d'origine, les sept nains n'ont pas de noms, c'est Disney qui a nommé les nains : Simplet, Grincheux, Joyeux, etc.

 

* Jésus selon Luc (7, 31-35) et Matthieu (11, 16-19) : « A qui donc comparerai-je les hommes de cette génération et à qui sont-ils semblables ? Ils sont semblables à des enfants qui (sont) assis sur une place publique et s’interpellent les uns les autres, disant : ’Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé ; nous nous sommes lamentés, et vous n’avez pas pleuré.’
Car est venu Jean le Baptiste, ne mangeant pas de pain ni ne buvant de vin, et vous dites : ‘il a un démon.’ Est venu le Fils de l’homme [expression par laquelle Jésus se désigne souvent], mangeant et buvant, et vous dites : ‘Voici un homme glouton et ivrogne, ami des publicains et des pêcheurs.’ Et la sagesse a été justifiée par tous ses enfants. » (Luc).

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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 14:43

Les aumôneries scolaires et universitaires sont à l’extérieur des établissements scolaires de l’Enseignement public, par contre les aumôniers pour les Armées, les hôpitaux et les prisons sont agréés par les établissements pour intervenir au sein d'eux. Ils sont rémunérés en conséquence. Cette prise en charge se justifie par leur rôle d’intérêt public puisque, au delà des services religieux proprement dit qu’ils peuvent apporter à leurs fidèles, ils contribuent à un accompagnement moral et humain dans des situations difficiles, et à une rééducation aux valeurs sociétales dans le cas des condamnés.


Nous ne pouvons qu’être reconnaissants aux aumôniers « habituels », que sont les aumôniers catholiques, protestants et israélites, lesquels ont largement fait preuve de leur utilité. Mais le paysage religieux se diversifiant, d’autres mouvances religieuses sont demandeuses d’un accès aux établissements énumérés, à égalité de droit. La Justice ne peut que leur donner raison et vient, par exemple, d’obtempérer aux revendications tout à fait légitimes des témoins de Jéhovah.

 

logo_thumb.jpgaumonerie_catholique_francophone_des_prisons_de_belgique1.j.gif

aider les hommes à se relever pour continuer leur route

 

Il faut d'ailleurs reconnaître le succès des « nouveaux venus » que sont les musulmans, les témoins de Jéhovah, la mouvance évangélique et pentecôtiste auprès des prisonniers. Ils leur apportent en effet une discipline sans complexe, un encadrement serré et rigoureux, une exhortation à « changer de vie » avec à la clef une conversion, une dogmatique qui leur apporte des points de repère et remplace la vacuité et le laxisme des pensées vagabondes. Le problème, c’est que cet encadrement s’accompagne PARFOIS d’un prosélytisme excessif et d’un exclusivisme vis-à-vis des autres religions, chaque intervenant s’arrogeant pour lui seul la Vérité ! Ce qui est carrément du bourrage de crâne.


Jusqu’à présent, l’agrément par les administrations et le versement d’une rémunération permet un certain contrôle, en veillant par exemple à ce que les aumôniers musulmans ne soient pas issus des mouvances islamistes. Mais la porte ouverte à tous les acteurs religieux au nom de la liberté religieuse n’est-elle pas sans risque ? A quand par exemple des aumôniers salafistes, raëliens, satanistes, etc. ? Mouvances dont on connaît parfaitement l’agressivité vis-à-vis des autres ; ou encore des scientologues réputés pour leur rapacité financière auprès de leurs ouailles. Nonosbtant, en régime laïque, il n'est plus possible de refuser aux uns ce que l'on a accorder aux autres !


Il serait urgent qu’une charte éthique des aumôniers soit établie fixant les conditions d’intervention, afin que les établissements puissent accorder leur agrément en conséquence et virer séance tenante ceux qui ne s’y conformeraient pas. Il en va de la notion d’utilité publique accordée aux acteurs religieux ; il en va aussi de notre laïcité « à la française ». Oui aux relations contractuels avec les acteurs religieux, mais dans le cadre d’une société démocratique qui comporte des droits et des devoirs !

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 17:50

Paul Pistre, 2011 – Catholiques et francs-maçons. Eternels adversaires ? aux éditions Privat, 157 p, 15 euros et 6,90 euros en version téléchargée chez l’éditeur.


Paul Pistre est historien. Il a déjà publié deux ouvrages, Francs-Maçons du Midi (Mare Nostrum, 1995) et Francs-Maçons à Toulouse, des origines à nos jours (Loubatières, 2002). Depuis 24 ans, il publie un bulletin diffusé à 150 exemplaire « Lettre aux catholiques amis des maçons » (le bulletin de Pâques 2011 en est le 84ème numéro)

* au rythme de 3-4 n° l’an, ce bulletin est très documenté. L’abonnement est de 10 euros. Contact : la correspondance unitarienne ( lien) qui transmettra.


 paul_pistre_catholiques_et_francs-macons.jpgPrésentation par l'éditeur :

 

"Moins secrète que discrète, la franc-maçonnerie nourrit d'étonnants fantasmes. L'opinion française la connaît mal. Sait-on qu'aujourd'hui la maçonnerie comporte un nombre important de loges en activité avec un effectif record de frères et de soeurs, et ce dans toute la France ? Ou encore que le Grand Orient de France, longtemps largement majoritaire, n'accueille que le tiers des initiés, aux côtés d'autres obédiences plus confidentielles ? La franc-maçonnerie est puissante, largement répandue et témoigne d'une capacité d'évolution surprenante.
Si l'Eglise romaine et la maçonnerie ont longtemps été adversaires, plusieurs entretiens récents, oraux ou écrits, très peu médiatisés, témoignent d'un évident rapprochement entre clercs et maçons... Paul Pistre dévoile ces conversations inédites dans cet ouvrage et vous y livre une définition de ce qu'est la franc-maçonnerie au XXIe siècle."

Cette publication a donné lieu à une conférence-débat à l’Institut catholique de Toulouse, en compagnie de Pierre Debergé, recteur de cet institut, Jean-Paul Bouche, conseiller de l'Ordre du Grand Orient de France, et du Père Jean-Michel Maldamé, dominicain ; ainsi que d’autres rencontres à la librairie l’Ombre blanche, et, dans le département voisin autour du théologien Gérard Bessière, etc.

 

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Initiation d’un apprenti franc-maçon vers 1800. Cette gravure reprend la gravure de Gabanon sur le même sujet datée de 1745. Les costumes des participants sont modifiés à la mode anglaise du début du XIXème siècle et la gravure est en couleurs, alors que celle de 1745 ne l’était pas. Photo DP/Toulouse7.com


« Une querelle séculaire divise deux grandes familles spirituelles. Autour de 1900, sous la IIIè République, le conflit a connu sa période la plus intense. Depuis, les esprits se sont apaisés, passant de la guerre ouverte à une paix muette. C’est de cette histoire immédiate qu’il s’agit avant tout, présentant sept témoignages précis de cathos-maçons. Au-delà du constat, quelques suggestions sont proposées à l’Eglise comme aux obédiences maçonniques » (Paul Pistre, Lettre aux catholiques amis des maçons, n° 84).


Les relations entre la franc-maçonnerie et l’Eglise catholique seraient-elles entrain d’évoluer ? Certes oui, pour beaucoup, mais pour d’autres – certains évêques et les milieux intégristes - c’est toujours la condamnation ! Comme par exemple l’archevêque de Monaco Mgr Bernard Barsi mettant en garde ses ouailles contre l’installation, le 15 février dernier, d’une Grande loge nationale régulière (GLNR) de la Principauté de Monaco. Côté francs-maçons, on note dans la région de Toulouse et départements voisins une bonne contribution aux efforts de Paul Pistre, comme en a témoigné la Rencontre de Toulouse en novembre 2010 *, mais ailleurs des intolérances demeurent. Du chemin reste à faire, des deux côtés, mais les condamnations de la franc-maçonnerie par les autorités catholiques s'avèrent de plus en plus désuètes, d'un autre temps.


* Les 12-13 novembre, à Toulouse, a eu lieu une importante rencontre entre trois groupes de francs-maçons de Bordeaux, Béziers et Lyon pour un échange d’expériences. Le théologien Jean-Jacques Péré y a donné une conférence (qui est disponible en DVD). Les Actes de la Rencontre de Toulouse (40 p. et photos) sont disponibles au prix de 15 euros, frais d’expédition inclus. Ils comportent  un additif sur l’Alpina (Suisse) et un DVD donnant la conférence sur "Foi et Raison". A paraître la première semaine de mai. S’adresser à Dominique Maurange, 108 rue Turenne, 33000 Bordeaux, tél. 06 07 57 78 28 (chèque à l’ordre de Maurange).

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