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7 juillet 2010 3 07 /07 /juillet /2010 14:31

Déjà, suite au déclin du catholicisme consécutif à la Révolution française, Napoléon Ier avait donné des églises aux protestants et personne aujourd'hui ne s'en plaint ! En Belgique, un prêtre catholique a convaincu ses fidèles à accueillir temporairement le culte musulman en attente d'une réparation ou d'une construction de mosquée ; ce qui est un beau geste. Nombre de temples protestants sont loués à d'autres communautés afin de rentabiliser les frais de fonctionnement et d'entretien du lieu de culte (par exemple les unitariens-universalistes anglo-saxons à Paris sont accueillis une fois par mois au temple ERF de Pentemont-Luxembourg).


eglise_van_gooh-copie-1.jpgEn France, les lois laïques ont accordé en usufruit les bâtiments cultuels d'avant 1905 à leurs usagers. Il s'ensuit que l'Eglise catholique romaine dispose d'un parc immobilier considérable entretenu par les collectivités territoriales, national pour les édifices classés au patrimoine historique et communal pour les autres. Lorsque l'édifice est suffisamment utilisé, il n'y a rien à dire, mais ce n'est pas toujours le cas ! Nombre d'églises restent obstinément fermées et ne s'ouvrent qu'à de rares occasions. Bref, elles sont manifestement sous utilisées.

 

église villageoise par Van Gogh


Pourquoi dans ces conditions ne pas céder ces droits d'usufruit à une communauté musulmane en émergence ?  ou bien de partager avec d'autres communautés le même lieu de culte ? ou encore de céder une partie latérale ? ou bien de déclarer les églises comme étant des "maisons des religions" (comme il y a des maisons pour les associations, etc.) et de les gérer en conséquence ?


Il ne s'agit pas bien entendu d'islamiser la France comme le répète l'Extrême Droite à satiété, mais tout simplement de donner aux musulmans la place qui leur revient dans une société laïque, démocratique et ouverte.

 

Les Actualités unitariennes sont d'autant plus à l'aise pour avancer ce genre de proposition qu'elles combattent vigoureusement tout intégrisme et communautarisme religieux au nom de la même laïcité ; elles encouragent chacun à louer Dieu à sa façon et selon sa tradition et militent pour la liberté religieuse dans le respect des autres.

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24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 08:09
Un récent sondage d'opinion publié ce matin par le journal La Croix confirme l'influence de la pratique religieuse - dans le cas des catholiques - sur les choix politiques "les catholiques pratiquants restent fidèles à la Droite" (lien). Les catholiques ont été répartis entre trois catégories : "pratiquants réguliers", "occasionnels" et "non pratiquants" ; et les différentes sont nettes :

Les catholiques pratiquants réguliers votent à Droite (60% au premier tour des récentes régionales et 73% au second tour), mais il s'agit de la Droite classique, conservatrice, car ils maintiennent le Front national (FN) à l'écart (12%, puis 4%). Il s'agit aussi d'un vote civique : près de 6 sur 10 sont allés votés alors que plus de la moitié des Français se sont abstenus.

D'une façon générale, c'est une Droite modérée qui n'apprécie pas les agressivités politiques, que ce soit celle des Extrêmes (FN et extrême Gauche) , mais aussi celle de François Bayrou anti-Sarkozy (aux élections présidentielle de 2007, ils étaient 20 % à voter pour le Modem dans une problématique ni Droite ni Gauche - pourcentage montant à 23% chez les catholiques pratiquants irréguliers - soit nettement au-dessus de la moyenne nationale de 18%), ou encore le passé soixante-huitard et le style libertaire de Daniel Cohn Bendit (1% seulement pour les pratiquants réguliers, contre 9% aux pratiquants occasionnels et 10% pour les non pratiquants, la moyenne nationale étant de 12%).


Par contre les pratiquants occasionnels (correspondent-ils à des gens qui se détachent de l'Eglise catholique, qui prennent leur distance ?) votent beaucoup plus à Gauche (au premier tour des régionales : 41% contre 15% aux pratiquants réguliers) - ce sont des catholiques de Gauche - mais aussi ils ne dédaignent pas les Extrêmes politiques : 3% contre 1% pour l'extrême Gauche, et 17% contre 12% pour le Front national au 1er tour puis 13% contre 4% au second tour).


Les catholiques non pratiquants votent encore plus à Gauche (respectivement au second tour 23% pour les pratiquants réguliers, 42% pour les pratiquants occasionnels et 55% pour les non pratiquants - soit pour ces derniers plus que la moyenne nationale qui est de 53%) et pour l'alliance Europe-écologie (respectivement  1%, 9% et 10%, avec une moyenne nationale à 12%). Soit un crescendo à l'inverse de la pratique !


la-priere.jpgPour passer des catholiques aux autres religions, il faudrait bien entendu pouvoir s'appuyer également sur des sondages.

Disons toutefois qu'il y a une culture "paroissiale" où les fidèles sont habitués à ne pas faire de politique ou du moins à en parler avec modération afin d'éviter les heurts au sein de leur communauté (ni de vague théologique non plus !).

Il y a ainsi un apprentissage du bon voisinage, de la cohabitation, d'un possible consensus, premier pas d'une démocratie "apaisée".


Chez les musulmans, on constate également une méfiance vis-à-vis des extrêmes : le FN bien entendu puisqu'il s'agit d'un parti ouvertement anti-islamique, mais aussi vis-à-vis des partis trotskystes qui ont essayé de récupérer la vague anti-sioniste ... et même le port du foulard islamique (allusion à la décision controversée du Nouveau parti anti-capitaliste NPA d'inclure dans l'une de ses listes une candidate portant un tel foulard - ce qui est bien entendu du plein droit de cette dernière).

Alors, la religion, du moins lorsqu'elle est pratiquée loin des prêches enflammés, serait-elle comme la musique, adoucisatrice de nos moeurs ? Du moins apparemment chez nous ...


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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 09:55
Notre système politique en question : les régionales sont-elles la pierre d’achoppement des partis politiques trop centralisés ? Grands défenseurs de la démocratie au niveau des discours, nombre de partis politiques français offrent une gestion interne des plus autoritaires.

C’est sans cesse une intrusion du niveau national dans les affaires régionales et locales (département et commune) que ce soit pour le choix des têtes de liste lors des élections européennes, régionales, parfois cantonales et communales, dans les alliances électorales à établir, et dans le programme à présenter. En d’autres termes, nos partis politiques sont hyper centralisés. Pire, à l’instar du pape de Rome, ils émettent des rappels à l’ordre et des excommunications pour ceux dont le discours ne s’aligne pas sur la ligne du parti, laquelle est décidée par un bureau national.

chat-mitraillette_6cp.gifA ce jeu, certains se retrouvent dans un rôle de caporal avec à leur côté de jeunes loups qui hurlent à chaque propos hérétique, tentation d’alliances contraires à la « nature du parti » ou encore de compromission avec l’ennemi (autres partis, le Gouvernement, etc.). On se croirait en temps de guerre avec des camps retranchés et des mitrailleuses aux aguets.

Au milieu du XIXème siècle, l’Eglise catholique rappela le principe de subsidiarité dans l’encyclique Rerum Novarum, qui définissait sa doctrine sociale, afin de régler les affaires humaines à partir des niveaux les plus bas : le ménage, la famille élargie, le quartier, la commune, le département, la région, l'Etat, l'Europe. Ce principe, appliqué par les synodes protestants (et non dans le système « papal » !) reste d’actualité et nous ne pouvons que le conseiller. Certes le niveau national peut donner des conseils, proposer des ressources humaines, mais en aucun cas donner des ordres au nom d’une cohérence qui est celle des partis totalitaires.

Le théologien unitarien américain James Luther Adam, de sensibilité chrétienne, en appelait lui aussi, à la veille de la Seconde guerre mondiale, à la mobilisation des communautés de base contre la montée du fascisme (lien). C'est dans la mesure où les gens vivent la démocratie directe dans leurs appartenances locales (les collectivités territoriales, mais aussi les associations sportives, ethniques, religieuses, etc.), qu'il y a une éducation à la démocratie, à la liberté de penser et de s'exprimer, et en même temps le sens des relations à autrui afin de pouvoir prendre des décisions communes.

Lors des dernières présidentielles, on a vu les Français accorder leurs suffrages à des candidats qui avaient eu le mérite de faire bouger les lignes habituelles de leur parti et prendre des risques personnels, proposer le dépassement des clivages habituels. Mieux, une personnalité centriste a fait le score remarquable de 18% en proposant un dépassement du sempiternel clivage Droite Gauche. Mais il se retrouve aujourd’hui avec des sondages de 4 à 5 % en vue des régionales pour avoir finalement choisi un camp contre l’autre à l’inverse de son premier discours qui était de faire la politique autrement : après avoir perdu la plupart de ses députés aux présidentielles (car il ne souhaitait pas que ceux-ci rejoignent ’un Gouvernement de Droite), la moitié de ses électeurs aux Européennes (car ayant préconisé une alliance avec les seuls partis de Gauche), le voilà maintenant qui perd ses présidents de région et de département car il veut leur imposer des parachutés ! Ce n'est bien entendu qu'un cas parmi d'autres meneurs politiques.

Alors, lorsqu’on adhère à un parti, non seulement on est encarté (c’est à dire possesseur d’une carte qui témoigne de votre cotisation), mais on est aussi mobilisé, encadré, guidé, surveillé, et mis en quarantaine s’il le faut ! Bref, la « discipline du parti », le resserrement des rangs avant les échéances électorales pour «gagner», le besoin de cohérence rappelé par la hiérarchie … Et qu’importe si vous avez été élu par le peuple, si vous êtes député et ayez déjà une bonne expérience, vous êtes toujours redevable du parti qui vous a fait connaître et qui vous tient en laisse ! Vos électeurs, avec vous, sont pris en otage, certes pour la bonne cause.

On nous dit qu’il nous faut des partis politiques, mais ceux-ci alimentent un système hyper compétitif où c’est la prise du pouvoir qui compte avant tout et non pas l’éducation civique ; d’ailleurs question formation, les témoins de Jéhovah sont des enfants de chœur par rapport à la pédagogie de certains partis politiques. Lorsqu’il y a des débats publiques, les mêmes partis, à qui mieux mieux, font d'ailleurs tout pour qu’ils dégénèrent en polémique.

Ne peut-on pas faire de la politique autrement, avec un autre style et dans un système moins barbare, plus civilisé ?

En attendant que nos sphères politiques veuillent bien se réformer ( ce qui prendra un certain temps ! ), venez dans les communautés religieuses ! Au moins vous pourrez y discuter sans animosité, échanger vos connaissances, être écoutés, réfléchir à plus long terme, faire des propositions qui ne soient pas immédiatement sanctionnées par un vote dit « majoritaire » mais qui aient le temps de cheminer dans les esprits ; avec, cerise sur le gâteau, l’amitié fraternelle en prime ! En plus, c’est gratuit !

Et puis, chez les unitariens, on ne vous ennuiera pas avec une doctrine ni avec un programme à la clef ; on vous acceptera avec vos convictions philosophiques, spirituelles ou religieuses, dès lors qu’elles sont tolérantes, avec votre propre tradition et culture dès lors que vous sachiez les partager avec les autres ; surtout on vous accueillera vous-mêmes dès lors que vous écoutiez aussi les autres et faite effort avec amitié pour les comprendre dans leur propre cheminement. On vous demandera seulement de ne pas vous exciter contre tel ou tel homme ou femme politique et de respecter le travail qu’ils font comme le respect dû à tous les métiers et à toute personne.

Eh oui ! la démocratie, çà s’apprend, car, de plus en plus, elle devient l’art de gérer la diversité de nos sociétés composites.

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5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 17:41

Créé en janvier 1998, l’ARELC vient d’être dissoute le 9 janvier 2010 par décision d’une assemblée générale. Le bilan est toutefois très largement positif.

symboles-religieux.png« L’aventure a été belle. Nous avons tous ensemble exploré des terres sinon neuves, au moins insuffisamment défrichées. Nous voulions en effet « développer, dans un esprit laïque, principalement dans l’éducation, la connaissance du fait religieux et la réflexion sur le concept de laïcité » (déclaration au Journal officiel du 24 janvier 1998). Une grande ambition qui participait à la naissance du mouvement que tel propos de la Ligue de l’enseignement en 1982, tel rapport du recteur Joutard de 1989, tel colloque de Besançon de 1991 et telles universités d’été organisées par notre équipe entre 1992 et 1998 amorçaient : intégrer plus fortement – car, certes, elle y était déjà – l’étude du ou des faits religieux dans l’enseignement général donné dans nos écoles, collèges et lycées.

Avons nous réussi ? Oui, assurément, et nos universités d’été, nos colloques, nos voyages à thème (de Cordoue à Palerme, de Chypre à Jérusalem), notre bulletin et notre site sont là pour le prouver. Et toutes ces gouttes d’eau, les nôtres et d’autres aussi, ont fait la rivière où coule le rapport Debray, les réformes des programmes, la création de l’Institut européen en sciences des religions (IESR). Un cadre institutionnel existe donc qui n’existait pas auparavant ; il reste alors à lui donner vie par l’action permanente de tous les formateurs, de tous les personnels éducatifs.

C’est cela que nous avons dessiné. A d’autres mieux implantés, de donner suite. A chacun de nous aussi, de trouver sur ces sujets les engagements qui lui semblent les mieux appropriés. Mais il reste une amitié ; elle a uni notre groupe ; elle pourra être féconde. »

Jean Carpentier, Alain Bondeelle, Marielle Zographos, le 24 janvier 2010

Il reste un site riche en documents.

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19 septembre 2009 6 19 /09 /septembre /2009 08:15

Café-philo, café-théo, café-poésie, café-livre, café-bible ... multiplions les occasions d'échanger nos idées, de discuter, d'argumenter, de dialoguer, d'écouter les autres et de prendre graine. Organisons des débats pour mieux apprendre ce qu'est la démocratie ... et fuyons d'autant les réunions de propagande monocolore qu'elles soient politiques ou religieuses !

ici un "café-bible" à l'initiative de l'Eglise protestante d'Evreux. Vu sur le blog d'Eric George.

Les groupes de discussion sur la Toile vont aussi dans le même sens. Ils vont bon train. Lorsqu'ils sont bien modérés, ce sont des lieux de convivialité et d'apprentissage au dialogue. 

Les unitariens francophones en gèrent un depuis avril 2005 et qui a maintenant près de 100 membres : ce sont chaque mois plus de 200 messages d'information et de discussion qui y sont mis en débat (en interne au groupe). Je vous en donne l'adresse ; venez nous-y rejoindre.

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28 août 2009 5 28 /08 /août /2009 10:30

Charte publiée le jeudi 14 mai 2009 par le philosophe et écrivain français Abdenhour Bidar sur son site personnel.

Nous nous donnons le nom d’Héritiers de l’islam, et nous parlons de l’islam des Héritiers. Par cette appellation, nous entendons la communauté ouverte de tous ceux qui veulent s’unir parce qu’ils considèrent comme leur responsabilité de trouver, pour la culture islamique, des formes adaptées au temps présent et tournées vers l’avenir.

Nous, Héritiers de l’Islam, avons reçu notre culture en héritage comme une terre où toutes les constructions anciennes s’effondrent, et sur laquelle il faut reconstruire quelque chose d’entièrement nouveau.
Nous, Héritiers de l’islam, ne voulont pas vivre plus longtemps dans des ruines, ni rester prisonniers des décombres du passé.

Nous  souhaitons nous rassembler, penser et agir selon quatre principes :

1 - Un principe de liberté : nous revendiquons le droit, qui doit être en même temps un véritable devoir, pour chaque personne de culture islamique de trouver et de vivre librement son rapport à cette culture. Nous voulons que cette liberté personnelle n’ait plus peur de s’affirmer – qu’elle soit reconnue à chacun comme son droit légitime, spirituel et moral le plus inaliénable. Nous considérons comme illégitime toute prétention de quiconque, institution ou individu, Etat ou parenté, société ou dignitaire religieux, à imposer une vision de l’islam, ou bien à imposer quoi que ce soit au nom de l’islam, ou bien encore à s’ériger en autorité islamique.

Chaque femme et chaque homme de culture islamique doit être laissé entièrement libre et responsable de la construction de son identité.
La communauté islamique (Oumma) doit devenir une communauté sans jugement ni contrainte, ouverte à l’expression de sa propre diversité.

2
- Un principe de rupture : nous rejetons tout ce qui dans l’islam historique relève de sa dégénérescence – que ce soit la contrainte en matière de religion ou de coutumes, le taqlid* ou la perte de l’esprit critique. Nous condamnons tout ce qui soi-disant au nom de l’islam s’oppose au respect de la dignité humaine, à l’égalité des sexes, à la tolérance, à l’expression de la diversité des points de vue et des sources de la connaissance, à la liberté personnelle de conscience, de réflexion et d’action. Nous dénonçons comme contraires à l’esprit de notre culture tout discours de haine, ainsi que toute violence, physique ou morale, exercée soi-disant au nom de la défense de l’islam.

* taqlid : soumission aux habitudes, coutumes, obéissance passive à la tradition

La culture islamique doit faire son auto-critique jusqu’à ce qu’elle devienne synonyme de paix, de réflexion, de liberté et d’ouverture à l’autre.

3
- Un principe de créativité : nous affirmons la nécessité et l’urgence pour la culture islamique de sortir de la répétition et de l’immobilisme, pour retrouver son dynamisme passé. Pour remobiliser la créativité de chacun. Pour se réinventer et se diversifier selon des formes propres au temps présent. Pour se nourrir d’une relation de fécondation mutuelle avec toutes les autres cultures. Pour se réinventer comme religion, par l’ijtihad* accordé comme droit à chaque croyant, mais aussi par la production de pensées philosophiques, d’oeuvres littéraires et artistiques, et plus généralement à travers des projets, des rêves, des ambitions multiples.

*ijtihad : effort d’interprétation personnelle, usage de son propre jugement dans la conduite de sa vie spirituelle


La culture islamique doit redevenir une matrice majeure du génie créateur de l’homme.
 

4 - Un principe d’humanité : nous estimons que le temps où chaque civilisation pouvait vivre de façon
séparée et auto-suffisante est terminé. Et par conséquent que notre tâche essentielle est de faire contribuer la culture islamique à la constitution d’un humanisme universel, capable de mobiliser et de rassembler tous les peuples de la terre dans un projet de civilisation unique, tawhid* de demain : unifier les forces spirituelles et matérielles de la civilisation dans le but éthique d’aider chaque être humain à accomplir ses possibilités les plus hautes.

*tawhid : unicité de Dieu, au sens originel, et au sens large principe d’unité ou d’unification.


Le monde musulman doit entrer dans un projet de civilisation global au service de la réalisation de soi de l’être humain – selon le principe que “l’homme véritable est encore à venir”.

 
Nous nous engageons à penser et vivre selon ces quatre principes, ainsi qu’à oeuvrer pour leur développement.

Nous le faisons par responsabilité, pour faire entendre un islam actuel et dynamique, capable d’auto-critique et de renouvellement.

Nous affirmons notre indépendance totale vis-à-vis de toute organisation déjà existante.

Nous invitons tous ceux qui souhaitent solliciter notre réflexion à nous consulter par le biais de ce blog.

Si vous vous reconnaissez dans ces principes et cette démarche, rejoignez-nous, aidez-nous à manifester notre existence, votre existence ! Associez-vous à cette responsabilité partagée de construire une Renaissance de la culture islamique en ajoutant votre nom et les raisons de votre adhésion à notre Liste des membres des Héritiers de l’islam 

Abdennour Bidar, philosophe, rédacteur de cette Charte des Héritiers, contact

Salam, paix à tous, qui que vous soyez. J’ai écrit cette Charte parce que depuis des années je travaille à proposer une autre vision de l’islam. Et toujours certains me répètent : « Vous êtes le seul à penser comme ça, vous rêvez, l’islam ne changera pas, il restera un bloc figé de traditions ». Or peu à peu, je me suis rendu compte que nous étions en fait très nombreux à nous retrouver sur des idées de liberté, de tolérance, de changement. Très nombreux, mais très isolés. Très nombreux, mais silencieux. C’est pour donner une voix et un espace commun de reconnaissance à cette liberté que j’ai rédigé cette Charte, comme un appel au rassemblement de toutes les bonnes volontés, de toutes les énergies, de toutes les intelligences au service d’une Renaissance de la culture islamique. 

Les ouvrages d'Abdennour Bidar sont présentés dans la "Bibliothèque de l'EUfr", sur
le site de l'Eglise unitarienne francophone (EUfr).

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7 juillet 2009 2 07 /07 /juillet /2009 09:24
Tous les trois ans (2003, 2006, puis maintenant en juillet 2009), le Kazakhstan organise en sa capitale des rencontres inter-religieuses internationales dans le cadre d'un édifice spécialement construit à cet usage.



Les dimensions de la Pyramide s’inscrivent dans un cube de 62 mètres de côté. L'acier, la pierre et le verre sont les trois matériaux qui " marquent " cette architecture. Ils ont été utilisés respectivement pour les éléments tubulaires qui composent les profils, pour le revêtement extérieur et pour la pointe. Le choix de plusieurs couleurs et la présence des décorations réalisées par l'artiste Brian Clarke ajoute ici une touche de vivacité et de dynamisme à cette structure imposante. Sa construction a été confiée à deux sociétés turques.

La base est constituée d'un podium, lui aussi carré, de 96 mètres de côté, qui a une double fonction : augmenter la hauteur de la pyramide et contenir un auditorium pouvant accueillir 1 500 personnes. Son plafond est toutefois circulaire et reprend ainsi la forme de la salle de concert à l'étage supérieur, au centre de laquelle une ouverture permet à la lumière naturelle de pénétrer.

Forme sobre et géométrique, clin d'oeil aux monuments antiques, cet édifice se veut volontairement neutre et universel afin de mieux accueillir les cultures religieuses du monde entier.

Mis à part cette salle, la Pyramide de la Paix abrite également un centre culturel sur toutes les ethnies qui vivent au Kazakhstan, un musée, l'Université de la civilisation, une bibliothèque et un centre de recherche sur les religions du monde entier.

 

Architecte audacieux, Norman Foster est bien connu du public français puisqu’il a dessiné le viaduc de Millau, 1993 – 2005. Voir son site.

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7 juillet 2009 2 07 /07 /juillet /2009 09:14

Astana est, depuis 1998, la nouvelle capitale d’un Kazakhstan qui a accédé à l’Indépendance en 1991. Cette ville fut fondée à l’époque soviétique dans le cadre d’une politique d’extension des surfaces cultivées dans les vastes steppes de l’Asie centrale. Car le Kazakhstan est effectivement un bien vaste pays (15 millions d’habitants pour une superficie correspondant à cinq fois la France), qui, avec le Kirghizstan, l'Ouzbékistan, le Tadjikistan et le Turkménistan constitue l'ensemble géopolitique fréquemment appelé "Asie centrale et Kazakhstan", à la jonction entre Europe et Asie, sur l’ancienne route de la soie et ses villes caravansérail.


Y cohabitent des populations les plus diverses. Il faut dire que cet immense pays de steppes, situé à la jonction de l’Europe et de l’Asie, rassemble 130 groupes ethniques (53% Kazakhs, 30% Russes, avec plusieurs autres groupes représentés : des voisins Ukrainiens, Kirghizs, Ouzbeks, Tadjiks, Tchétchennes, d’autres Européens Allemands, Polonais, Bielorusses, etc., mais aussi des Coréens) et de 45 confessions (47 % de musulmans sunnites, 42 % d’orthodoxes russes, 3 % de catholiques *, 1 % de juifs, etc.). Ici, on compte fièrement 2 229 mosquées, 258 églises orthodoxes, 93 églises catholiques, six synagogues et plus de 500 lieux de culte protestants.
* surtout des Polonais et des Allemands ; le pape Jean-Paul II a effectué une visite à Astana du 22 au 27 septembre 2001.

visite des lieux historiques de la route de la soie avec le train spécial " Régistan " (Astana-Achkhabad) à travers Kazakhstan, Ouzbékistan et Turkménistan

Le président de ce pays, Noursoultan Nazarbaev – dont son biographe Jonathan Aitken * avance qu’il est personnellement "déiste sceptique" – a érigé, au centre d’une ville ambitieuse et futuriste qui ne cesse de s’étendre, en 2006, une Pyramide de la Paix dessinée par l’architecte anglais Normand Forster. Il y convie régulièrement des responsables religieux internationaux pour envisager un monde de tolérance, de respect mutuel et de coopération pour la paix et le développement – exactement les mêmes propos que tenait Jean-Paul II. En plus des religions déjà citées, le bouddhisme, l’hindouisme ou encore le shintoïsme et le zoroastrisme. De l’ethnie kazakhe, le président s’est détaché de l’islam. " Les religions l’intéressent et il en a une bonne connaissance, mais il n’est membre d’aucune, estime J. Aitken. Ce qu’il veut, c’est fonder le Kazakhstan sur les principes de liberté et de tolérance religieuses, et le protéger de tout extrémisme. "
* Nazarbaev and the making of Kazakhstan, Éd. Continuum, à paraître à Londres le mois prochain

Déjà en 2003 et 2006, une centaine de représentants religieux de haut niveau - responsables des religions mondiales et traditionnelles - avaient débattus des valeurs universelles et de l’implication des croyants dans l’amélioration du monde. Un troisième congrès de ce genre vient d’avoir lieu.

Voir l'article de Claire Lesegretain "A Astana, le dialogue interreligieux conditionne la paix" dans le journal La Croix du 6 juillet 09.

Clin d’œil au Tour de France qui vient de s’élancer de Monaco ce samedi 4 juillet : l’équipe cycliste Astana est une équipe sous licence kazakhstanaise créée en 2007. Le sponsor est un conglomérat d'entreprises réunies autour du nom de la capitale de leur pays. Elle a eu comme leader le Kazakh Alexandre Vinokourov, puis pour 2009, l’Américain Lance Armstrong et l’Espagnol Alberto Contador.

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5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 09:42

Ce jeudi soir 4 juin, sur le plateau d’"A vous de juger", dans la toute dernière ligne droite de la campagne européenne, Arlette Chabot a eu fort à faire pour maîtriser le débat entre huit ténors politiques invités sur France 2 : des injures entre certains se traitant de "menteur", de "minable" de "non présidentiable", etc. Même la journaliste fut envoyée au diable par un protagoniste !

En quoi notre démocratie est-elle malade ? nonobstant ceux qui, avec lyrisme (durant cette émission du moins), on dit vouloir l’exporter aux quatre coins du monde connu ... tout en en donnant (le temps de cette émission du moins) un spectacle bien lamentable !

Il y a d’abord une question de définitions à rappeler : comme par exemple la différence entre le libéralisme économique "sauvage" et le libéralisme économique régulé par l’Etat et les instances internationales, entre les conversations menées avec la Turquie pour un partenariat privilégié et celles concernant son adhésion à l’Europe communautaire, sur ce qu’on appelle un sondage d’opinion (qui n’est point le résultat électoral bien entendu !), etc. Sans le rappel de ces définitions, les discutants ne parlent pas de la même chose.

Dans le même sens, le rappel, par un historien ou un journaliste, des évènements passés, de la chronologie d’une question en cours, des réactions et des interprétations auxquelles ils ont donné lieu, de la présentation des statistiques, de leurs sources et de leur fiabilité, des sondages d’opinion, etc., ceci afin d’éviter les négationnismes de plus en plus fréquents de nos jours, chacun se réinventant une histoire qui l’arrange en traitant allègrement l’autre de menteur, de manipulateur, d’hypocrite, etc.


Il faut savoir surtout que notre "démocratie" a mis en place une foire d’empoigne à tous les niveaux en valorisant la compétitivité agressive, l’interpellation impertinente au nom du franc parler, le bagout pour monopoliser la parole au détriment des autres, les argumentaires à la place de la réflexion, l’accusation des autres et les procès d’intention comme attaque ou contre attaque, etc. Naguère c’étaient les Eglises et autres communautés religieuses qui s’arrogeaient ainsi l’exclusivité de la Vérité et du quoi faire et les leçons à donner aux autres ! Depuis, les partis politiques ont largement pris le relais.


Chaque débat entre hommes politiques ou encore entre journalistes "militants" / partisants tourne désormais au marché aux braillards. L’un n’a pas encore fini de s’exprimer que des rafales de mitraillette arrivent déjà ! Les partisans (naguère les dévôts des Eglises) applaudissent à tout rompre et comptent les coups ! Le système est idéologiquement tribaliste.


Il y a de toute évidence une question d’éthique. Ne faudrait-il pas rappeler aux uns et aux autres que tout dialogue repose sur l'honnêteté, la réflexion sincère, l'écoute de l'autre et non sa caricature, l'humilité aussi vis-à-vis des problèmes à résoudre et les grands enjeux.


Et puis ne faudrait-il pas aussi que les organisateurs se montrent plus fermes dans le respect des règles du jeux : certes la spontanéité a ses charmes mais l’indiscipline tourne vite à la confusion. Un bon exemple sur la façon de procéder : le Parti socialiste avait parfaitement réussi ses primaires aux dernières élections présidentielles en dépit des forts antagonismes qui existaient alors entre ses candidats ; ceux-ci s’étaient exprimés à tour de rôle.

Certes l’agressivité lors des débats à la télévision amuse la galerie, fait bondir les audiences, mais ne donne guère un bon exemple. Ceci dit, c'est intéressant, je l'avoue, de voir les hommes et les femmes politiques en pleine spontanéité (comme s’ils se déshabillaient devant nous*) même si cela parfois/souvent laisse pantois ! Au moins, nous voilà prévenus qu’ils sont bien humains …

* allusion à la série télévisée "Streap tease, déshabillez-vous".


Serais-je nostalgique d’une culture ancienne de la proximité où l'on apprenait à se respecter soi-même pour respect à autrui (et bien entendu pour soigner sa bonne réputation !). Aujourd’hui, on apprend plutôt à se lâcher ! Cela peut avoir des avantages ... et des désavantages.

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8 mars 2009 7 08 /03 /mars /2009 19:55

A chaque élection, c’est l’effervescence – ou plutôt le " grenouillage " – au sein des partis politiques : décisions par le haut (pudiquement appelés " arbitrages ") et bouderies, voire rébellions en bas. Le système veut que les élus, même s’ils ont été méritants, ne soient pas assurés de se voir à nouveau présentés par leur parti. " On " peut leur préférer un autre genre (pour respecter le quota des sexes à 50%) ou encore les écarter au profit d’un parachuté ou leur préférer un autre candidat local plus en cours auprès des instances dirigeantes (eh oui ! les bandes, çà existent dès lors qu’il y a centralisation d’un pouvoir)*. Adieu carrière, mais aussi tout le travail de relations et de dossiers que le brave élu a pu faire durant son mandat.

* Voir par exemple sur le site du journal Libération la critique actuelle du PS par des élus qui se trouvent écartés par la nouvelle direction de leur parti : "Au PS, on touche le fond sur les européennes", rubrique " Politiques ", le 6 mars 2009. Lien


Qu’un élu soit changé après débat de sa section politique local, c’est là le jeu d’une démocratie ; mais il s’agit de tout autre chose : un diktat venu des sphères dirigeantes des partis. A ce jeu, nos députés – pourtant bel et bien élus par le peuple (et, rappelons le, pas par les seuls militants de leur parti) – ne sont plus que des fonctionnaires de leur parti, éjectables à moindre échéance électorale, non par résultat du scrutin, mais, à priori, selon les stratégies de leur hiérarchie politique. Le système est si bien établi et admis que les candidats qui se présentent comme " indépendants " sont taxés de tricheurs car cachant leur véritable identité et se refusant de jouer le jeu démocratique !

Quid, me direz-vous, du renouvellement des élites, de la fin des cumuls de multiples fonctions, de l'hégémonie de baronnies locales ? Certes ces questions interpellent, mais l’éthique démocratique veut qu’elles soient traitées avec des méthodes transparentes et en respectant les personnes. Elles peuvent parfaitement l’être lors de débats locaux et non par des oukases jacobins.

La démocratie au sein d’un parti politique n’est pas seulement une affaire de programme, ni même de personnalité du chef (ou de la cheftaine), mais bel et bien des processus décisionnels mis en œuvre en leurs seins. De vertueux démocrates clament leur foi à toute occasion, mais pratiquent ni plus ni moins le jeu des factions, les noyautages, le clientélisme ; bref, c'est le grand écart !




Martine Aubry et Ségolène Royal dessinées par Gérard Eleouët, toutes pimpantes lors du congrès de Reims où chacune, haute en couleurs, défendait, avec le talent qu'on leur connaît, ses convictions ; puis, après, au lendemain des prestations publiques, Martine Aubry seule à la tête de l'appareil, en institutrice d'école primaire, couleur sépia qui convient aux choses du passé, disciplinant sa classe d'élèves ... L'envers du décor ! La vie interne des partis politiques serait-elle donc si tristounette ?
Les caricatures de G. Eleouët peuvent être vues sur son blog personnel "Staricature", ou encore sur celui des "
Grandes gueules". 

Il en va aussi des évêques dans les Eglises catholiques (la romaine et les parallèles), bien qu’ils continuent à être présentés comme de braves pasteurs qui, comme Jésus, consacrent leur vie à leurs brebis. Ceci dit, il suffit d’une décision venue d’en haut pour que l’évêque se retrouve dans un autre diocèse, voire un diocèse qui n’existe plus – virtuel – comme celui de Partenia en antique Tunisie pour Mgr Jacques Gaillot en 1995, et qu’il doive en conséquence (en berger d’un jour, en mouton obéissant) abandonner ses fidèles brebis !

En économie, les entreprises familiales cèdent le pas devant les sociétés anonymes et le pouvoir passe aux mains de PDG nommés par quelques gros actionnaires et bombardés à l'occasion " capitaines d’entreprise " avec juteuses prébendes.

Dans la vie associative, l’entrisme d’activistes extrémistes parfaitement rôdés à cet exercice mène parfois / souvent à des mainmises sur des associations de la société civile qui sont alors politisées, " récupérées " d’une façon unilatérale.

Allons nous donc, dans tous les secteurs, vers une société où le local perd son autonomie, vers une société de "fonctionnaires" ?

Au rythme où va cette captation des énergies entrepreneuriales et des initiatives locales, il ne restera bientôt plus que certaines communautés religieuses, telles les Eglises locales du protestantisme gérées par des conseils presbytéraux jaloux de leurs prérogatives. Les unitariens se rattachent à cette tradition d’autant plus que la plupart d’entre eux sont héritiers, sur le plan ecclésial, du congrégationalisme : la communauté qui a fondé une Eglise locale en reste propriétaire, même si les générations suivantes modifient les orientations initiales (comme dans le cas des congrégations unitariennes-universalistes).

Ors, les projets pensés, mûris, concrétisés par un individu ou un groupe ont une cohérence, une volonté, une ténacité envers et contre tout. Ils sont effectivement têtus, savent survivre ou se reconvertir, ne ménagent pas leur peine ni leur temps, savent se réjouir lorsque les fruits arrivent. Ils sont du côté des paysans et des artisans et non des multinationales irresponsables vis-à-vis de ceux qui sont attachés à un terroir, à une patrie, à une tradition.

Respectons le travail d’autrui, encourageons nos entrepreneurs locaux dans toutes les sphères de notre vie sociale, soyons attentifs à ceux à qui nous avons délégué des responsabilités (et pas seulement pour les critiquer à tout bout de champ !), valorisons nos propres ressources en tout domaine. Ainsi y aura-t-il davantage de continuité dans les efforts, et moins de bougeotte selon l’orientation des vents, de la mode à penser, des arrivistes de tout bord qui arrivent effectivement au pouvoir ... et servent d’abord leur propre coterie.

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Published by Jean-Claude Barbier - dans vive l'inter-convictionnel !
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