Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Rechercher

Archives

2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 15:45

toulouse_avec_roger_gau_et_maite_samedi_17_novembre_2012_P1.JPG"Mon itinéraire : famille protestante, croyance unitarienne", paru dans le bulletin n° 131 (septembre 2013) de la Correspondance unitarienne. L'auteur (photo de J.-C. Barbier, prise à Toulouse en 2012, avec Maïté) est chrétien unitarien, ingénieur aéronautique à la retraite.

Mes origines protestantes - Je suis né dans une famille protestante. Pas si simple, parce que mon père était baptisé protestant et ma mère catholique. Les deux familles sont originaires de régions très marquées et qui furent opposées lors des guerres de religion : pour mon père la région des monts de Lacaune qui était un des noyaux du protestantisme languedocien et pour ma mère Lautrec qui était un fief catholique juste à côté de Castres, le grand voisin protestant. Mon père Jules Gau le protestant devait épouser Marie-Louise Mas, ma mère, la catholique. Ce devait être un mariage mixte comme l’avaient voulu les familles. Le curé de Lautrec ne l’entendit pas ainsi et exigea la conversion de Jules. Devant cette intransigeance, mon grand-père maternel Louis Mas, fit l’unanimité en proposant un mariage protestant qui eut lieu le 29 mai 1926. Peu de temps après, ma mère adhèra à la religion protestante. Par la suite, ma mère sera une protestante très pratiquante. J'ai donc été naturellement baptisé protestant, mais les circonstances méritent qu'on s'y arrête. Mme Laroche, qui n’était pas pasteur, me baptisa car j’étais très malade et l'on craignait pour ma vie. Ce même jour, elle devint ma marraine. Plus que mes parents, ma marraine assura l'essentiel de mon éducation religieuse.
Cette éducation religieuse a sans doute été faite en partie grâce à un document que je viens de retrouver, il s'agit de : « Simples récits d'histoire sainte ancien et nouveau testament » par G. Chastand. Sur l'étiquette de ce document, j'ai écrit : « L'histoire sainte ancien et nouveau testament ». La qualité de l'écriture indique que je devais être très jeune. Je ne vous en dis pas plus sur le contenu de ce récit, mais je me rends compte, à l'âge que j'avais, comment j'ai été formaté. Ainsi, jusqu'à ma communion, j'ai pratiqué assez assidûment. Dans mon village natal, à Lautrec dans le département du Tarn, on utilisait une salle de la mairie pour le culte dominical.

Le désintérêt – Ensuite, je me suis petit à petit éloigné de la religion. Pas de raison majeure, mais le décès de ma marraine d'abord, suivi du pensionnat à Castres puis à Toulouse pendant plusieurs années y sont sans doute pour beaucoup. Mon mariage à l'Église catholique avec Maïté, catholique pratiquante, n'a rien changé. Pendant de nombreuses années, j'ai accompagné ma femme aux offices catholiques. Ce n'était ni une corvée, ni un plaisir, j'étais juste indifférent.

Le déclic – À la retraite, des circonstances particulières m'ont amené à l'écriture. Dans le grenier, couverte de poussière, je découvre une boîte à chaussures remplies de lettres et de cartes d'un soldat de la Grande guerre. Ce soldat est l'oncle de ma femme qui va trouver la mort sur les champs de bataille de l'Artois, 10 mois après son incorporation. La qualité de sa personne à travers sa correspondance me pousse irrésistiblement à écrire son histoire sous le titre : « Jean, classe 1915, ou lettres volées à l'oubli ». Ce sera ma première publication qui sera éditée en 1998 (90e anniversaire de l'Armistice) par l'Association des amis des archives de la Haute-Garonne et vendue à 750 exemplaires. Dix ans après la publication de ce livre, l'éditeur ne voulut pas rééditer ce livre et je l'ai publié sur Internet en lecture et téléchargement gratuits. Ayant pris goût à l'écriture, après avoir écrit sur la famille de ma femme, j'ai décidé d'écrire sur ma famille. Le titre est assez explicite : « Nos ancêtres les Gau et les Tirefort ; Chronique de deux familles protestantes ». J'ai publié ce livre en compte d'auteur en 2002 et 350 exemplaires ont été vendus. Pour écrire ce livre, les recherches sur la guerre de Trente Ans en Europe et les guerres de religion en France m'ont fait prendre conscience de ce qu'ont enduré les protestants. Ceci m'a incité à aller plus loin dans l'étude des religions, mais le déclic fut une discussion avec mes petits enfants. Leurs questions pertinentes, leurs incrédulités m'ont incité, presque obligé, à approfondir ma propre croyance. Résultat de tout cela :

La croyance unitarienne – J'ai donc écrit un texte sur la croyance, pas sur la religion car j'ai fait tout de suite la différence entre les deux. Je l'ai tout de suite publié sur le site que j'avais créé sur Internet en 2004. Plus de deux ans ont été nécessaires avant d'arriver à la version définitive du texte. Après l'expérience positive de la publication de mon premier livre sur Internet, j'ai décidé de regrouper le texte sous la forme d'un livre. Le titre a changé plusieurs fois, car c'est après une longue étude et une critique constructive de la Bible que je me suis positionné. Mais je me suis senti quelque temps un peu seul avec ma croyance, jusqu'au jour où je suis tombé sur un site unitarien. Ce fut vraiment un soulagement, j'avais trouvé une famille qui correspondait à ma croyance, certes elle était peu nombreuse, mais présente. J'emprunte à Jean-Claude Barbier ces quelques mots : « L'unitarisme provient en ligne directe de la Réforme anti-trinitaire du XVIe siècle, il est libéral et antidogmatique. Pour les unitariens, Jésus est un simple homme comme tout un chacun, dont ils aiment et la personne et l'enseignement, mais il n'est pas question de le diviniser à quelque degré que ce soit. Seul Dieu fait l'objet de louanges, d'où la dénomination sur Dieu ‘Un’. La tradition unitarienne accorde de l'importance à la raison humaine et aux connaissances scientifiques ». Le titre définitif de mon essai ne vous surprendra pas  : « Chrétien unitarien ; Jésus n'est pas Dieu, Dieu merci »
Les commentaires sur le Nouveau Testament et la lecture de l'Évangile de Thomas Jefferson m'ont conduit naturellement à écrire puis publier mon deuxième essai unitarien « Évangile de Jésus de Nazareth ; à la manière de Thomas Jefferson ».
Je me revendique comme unitarien, partisan de la théologie libérale. J’entends défendre le principe de la liberté de conscience face aux dogmes et aux doctrines qui étouffent la Parole de Dieu. Je veux absolument remercier Amin Malouf, Falk van Gaver et Roger Parmentier dont les écrits m'ont aidé dans la réflexion sur ma croyance.

Libres propos - "Dieu et Jésus d’après R. Demortier", message de Roger Gau, au groupe Unitariens francophones sur Facebook le 1er juin 2013 : « Voici comment R. Demortier définit Dieu et Jésus. Cela correspondent assez bien à ce que je pense »
Dieu
Principe et explication ultime d'un monde qui nous dépasse.
Il est hors du temps et de l'espace et, à ce titre, il est présent dans la création toujours et partout.
Par Jésus, nous avons la révélation que ce Dieu créateur et tout puissant est aussi un Dieu d'amour agissant pour le bien de sa création.
Jésus
Il est le fils de Marie et de Joseph, donc un fils d'homme. En communion de pensée avec Dieu (c'est peut-être là qu'intervient l'Esprit de Dieu ?) il a été, ou s'est senti, investi d'une mission : être la passerelle entre Dieu et les hommes, pour leur révéler qui est ce Dieu auquel ils croient plus ou moins.
Jésus nous apprend que Dieu est un Dieu d'amour et qu'il est comme un Père pour nous, les hommes.
Nous sommes donc des enfants de Dieu et Jésus peut revendiquer en premier le titre de Fils de Dieu.
 
Bibliographie de Roger Gau
Les livres et essais concernant la religion sont décrits ci-après avec un petit résumé, les autres sont donnés seulement par leur titre qui définit de façon explicite le contenu. Vous allez voir que certains de mes ancêtres sont concernés, ce qui fut pour moi une motivation supplémentaire.

1998Jean, classe 1915, ou lettres volées à l'oubli, édité par les Amis des archives de la Haute-Garonne, 160 p., réédition en 2008, ebooksgratuits.com, 200 p. (lien)
2002 –  Nos ancêtres les Gau et les Tirefort ; chronique d'une famille protestante, édité en compte d'auteur, 216 p., réédition en 2011, Calameo.com, 244 p. (lien)
2010Chrétien unitarien ; Jésus n'est pas Dieu, Dieu merci, Calameo.com, 72 p. (lien)
Cet essai, à travers ma croyance, est une critique des rites, dogmes, symboles, signes, sacrements, lecture de la Bible, des religions chrétiennes, etc.
2010 – Évangile de Jésus de Nazareth ; À la manière de Thomas Jefferson, Calameo.com, 42 p. (lien)
Cet évangile donne corps à l'enseignement de Jésus de Nazareth sous la forme d'un seul document. “ À la manière de Thomas Jefferson ”, car comme dans l' évangile écrit par ce président des États-Unis, j'ai soustrait tous les miracles et actions de Dieu (les guérisons décrites dans les évangiles peuvent s'expliquer sans qu'il soit question de miracle). Cet évangile est basé essentiellement sur celui de Marc, avec en plus certains textes d autres évangélistes qui me paraissaient importants et correspondre au message de Jésus.
2010Mes ancêtres, Raymond VI, Simon de Montfort, et bien d’autres, dans la tourmente de la croisade albigeoise, Calameo.com, 30 p. (lien)
Au milieu du XIe siècle, le Midi toulousain est atteint par une hérésie religieuse, le catharisme. À cette occasion, c'est la première fois qu'une croisade est dirigée contre des gens qui se réclament du Christ. Mais cet aspect ne gêne pas les contemporains tant il est vrai que l'hérésie cathare ne saurait être tolérée. Cet essai raconte en quelques mots cette croisade albigeoise qui oppose mes deux ancêtres Simon de Montfort (chef des croisés) au comte de Toulouse Raymond VI. Le conflit religieux devient rapidement un conflit politique, et même une conquête des terres du Midi par les seigneurs du Nord. Ainsi, Simon de Montfort ravira le titre de comte à Raymond VI. Il devient aussi, comme toujours, un bain de sang.
2010Religion Prétendue Réformée : Trois histoires vraies, Calameo.com, 9 p. (lien)
J'ai transcrit, parfois avec difficulté, trois documents authentiques que j'ai trouvés aux archives du département du Tarn :
– “ Profession de foy de Marthe De Lapierre ” : âgée de 9 ans cette gamine a signé cette profession de foi à la religion catholique dont elle n'a sans doute pas du tout compris le sens, mais peu importe pour les autorités. .
– “ Adjuration de l'hérésie de Luther et Calvin d’Élisabeth Malié ”. C'est là une véritable abjuration d'une protestante. Élisabeth Malié est la petite fille de Pierre Malié et Suzanne Gau , laquelle est une des filles de mes ancêtres David Gau et Jeanne Vareilles.
– “ La sépulture d’Anne Guiraud ”. Ce paragraphe décrit la procédure en quatre phases pour pouvoir enterrer une protestante, après que le curé ait refusé de le faire. Difficile parcours qui a conduit beaucoup de protestants à utiliser leur jardin comme lieu de sépulture. Et ceci a continué même après que ces contraintes aient disparu, c'est le cas de mes grands-parents paternels qui sont enterrés dans leurs jardins. Anne Guiraud est la femme d'Isaac Gau, lequel est un des fils de mes ancêtres David Gau et Jeanne Vareilles.
2010Mes ancêtres Visigoths, de Francon (de Villeneuve), an 785, à Jeanne, an 1450, Calameo.com, 37 p. (lien)
2011Petite histoire de la vicomté de Lautrec de sa création à sa disparition, Calameo.com, 52 p. (lien)
2011Branches tarnaises des "de Villeneuve", Calameo.com, 20 p. (lien)
2012L'avant et l'après Saint-Barthélemy à Toulouse et dans le département du Tarn, Calameo.com, 22 p. (lien) - La Saint-Barthélemy à Paris est bien connue. Par contre, on ignore ce qui s'est passé en province à cette époque. Cet essai a pour but de corriger cette lacune pour Toulouse et le Tarn. Mais mes recherches sur les événements de l'après-Saint-Barthélemy m'ont montré qu'il y avait un avant Saint-Barthélemy aussi tragique.
2012Camisards et autres persécutés dans les Cévennes et Monts de Lacaune, Calameo.com, 100 p. (lien)
Après les cathares, d'autres chrétiens ont été combattus par les catholiques. Les camisards des Cévennes en font partie, mais ce qui est moins bien connu c'est que dans les Monts de Lacaune, terre de mes ancêtres paternels dans le département du Tarn, d'autres ont été également persécutés. Ainsi, après la révocation de l'Édit de Nantes par Louis XIV en 1685, des paysans huguenots (protestants français) de la région montagneuse des Cévennes vont mener une insurrection armée contre le roi. Cet essai raconte l'histoire de ces paysans qui furent nommés camisards à cause des chemises blanches qu'ils portaient le soir. Dans les Monts de Lacaune, la résistance contre les troupes du roi sera ici non armée, mais les conséquences seront parfois tout aussi tragiques et douloureuses. Ce fut le cas pour mon ancêtre Jean Loup.
2012Les forçats de Louis XIV et lettre de galériens à Mademoiselle de Perray, Calameo.com, 32 p. (lien) - J'ai corrigé, mis en forme et édité cet essai d'après un bulletin de 1868 de la Société de l'histoire du protestantisme français. Le premier texte de cet essai est un témoignage authentique sur les galériens protestants qui, par delà leurs terribles conditions, ont su éviter le pire grâce à leur courage, leur organisation, leur fraternité et sans aucun doute leur grande piété. Le deuxième texte est une lettre écrite par trois galériens et représente surtout le commentaire le plus touchant du règlement et des conditions de vie des galères.
2012Pour un nouveau contrat social, Calameo.com, 4 p. (lien)
2013À la fin du XVIIe siècle : Se convertir ou fuir ? Chronique d'un protestant du Midi toulousain, Calameo.com, 22 p. (lien) - À la fin du XVII siècle, les dragonnades et la révocation de l'Édit de Nantes ont des répercussions désagréables sur les protestants du Midi toulousain. Marc notre héros habite Carmaing un village proche de Toulouse et est empêché de pratiquer sa religion. Puis, malgré la pression des dragons, Marc refuse de se convertir et n'a plus qu'une solution : fuir. Cet essai raconte le voyage, riche en aventures et péripéties, de sa fuite.
2013Mariage facile des nouveaux convertis à Sainte-Catherine, Calameo.com, 6 p. (lien)
Après la révocation de l'Édit de Nantes, malgré leur conversion, les protestants avaient beaucoup de mal à se marier. Ce récit décrit comment le curé de Sainte-Catherine s'y prit pour, moyennant finance, leur faciliter le mariage. Mais cela ne se passa pas comme il l'aurait voulu !

Mon site : Rubriques : Généalogie – Mes livres et mes essais – De A à Z, le musée de mes pensées et de mes souvenirs – Lautrec : mon village natal – Bazille : Peintre imressioniste – Mon CV (abrégé). (lien).

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Articles Récents