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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 08:52

En 2011, le père Greg Reynolds renonce (sans doute sous pression !) à la charge des deux paroisses du diocèse de Melbourne en Australie, dont il avait à charge, et fonde une communauté de catholiques inclusifs où il célèbre la messe avec une assistance d’une quinzaine de personnes (et le soutien privé de 200 personnes ; ‘privé’ par crainte des représailles). Inclusif, signifie que la nouvelle communauté est ouverte aux homosexuels et que eux-mêmes et les femmes peuvent y célébrer l’eucharistie ; ce qui se fait couramment en Europe dans les communautés chrétiennes de base (mouvance catholique libérale). Le prêtre Greg Reynolds militait ouvertement pour le mariage des couples homosexuels (mais sans en avoir fait un) et pour l'accès des femmes au ministère sacerdotal (sans avoir assisté à une ordination féminine).
Le 31 mai 2013, la Congrégation de la discipline de la foi, à la demande de l’archevêque Mgr Denis Hart, l’excommunie sans appel possible pour schisme et hérésie, bien qu’une communauté ne soit pas nécessairement une nouvelle et future Eglise ! et qu’il s’agisse dans le cas présent d’une entorse aux règles pastorales et pas du tout de points doctrinaux. La décision (en latin) ne porte aucune explication, et il faudra attendre le 26 septembre 2013 pour que le Père Frédérico Lombardi, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, veuille bien se fendre d’une justification (lien).
Une rumeur rocambolesque et manifestement dénigrante, fondée sur le témoignage d’une seule personne (lien), dit que, lors d’une eucharistie, l’un des communiants aurait donné une partie du pain consacré qu’il avait reçu à son berger allemand (qu’il avait amené à la messe !), et que le prêtre n’aurait pas bronché pour cela … Le prêtre accusé a nié avoir donné la communion à un chien dans un entretien au National Catholic Reporter du 30 septembre 2013.

greg_reynolds_pretre_australien.jpgQuoi qu'il en soit, au vue de la photo ci-dessus, j’imagine très bien le communiant dans l’euphorie de sa foi partager avec son brave compagnon canin la joie de se sentir avec le Christ au sein de cette assemblée ouverte ; à moins que ce ne soit une miette par terre qui serait tombée de la bouche de son maître et qui faire penser à la Syro-phénicienne des évangile de Matthieu (Mt 15, 21-28) et de Marc (Mc 7, 24-30) : «  Seigneur, mais même les petits chiens sous la table mangent les miettes des enfants » (Marc). Honni soit qui mal y pense pour ceux qui croient encore au dogme invraisemblable d’une réelle matière du corps et du sang de Jésus sous les vulgaires apparences (néo-platoniciennes !) du pain eucharistique (la dite transubstantiation).
En tout cas, cet élargissement au monde animal de la communion christique, m’est bien sympathique. D’ailleurs, avons nous une âme ? alors que nos amis les animaux – en dépit de leur intelligence manifeste – n’en auraient pas ? Nous sommes là en pleine métaphysique qui n’engage que ceux qui y croient car cela est hors de nos connaissances scientifiques. Or, adhérer à Jésus, à sa personne et à son enseignement, n’est pas forcément « croire » à tout un habillage métaphysique hérité des conciles du 1er siècle et qui constitue un véritable charabia …
Encore une fois de plus, l’Eglise catholique romaine se prive des talents d’un prêtre, certes quelque peu prophétique ! Avec l’affaire Pascal Vesin (lien), c’est la seconde fois sous le pontificat du pape François …
Grâce aux moteurs de recherche, nous avons pu glaner quelques informations, mais celles-ci s’avèrent très rares, du moins en français. Dans l’euphorie médiatique qui applaudit à juste titre les débuts prometteurs du nouveau pontificat, des affaires (Pascal Vesin et Greg Reynolds) passent au second plan ou sont carrément occultées. Aux médias chrétiens libéraux de se mobiliser pour rompre le silence unanimiste ; en tout cas, les Actualités unitariennes veillent, qu’on se le dise !

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Published by Jean-Claude Barbier - dans vies de prêtre
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19 septembre 2013 4 19 /09 /septembre /2013 18:53

franc_maconnerie_assemblee.jpg

 

Prêtre du diocèse d'Annecy, curé à Megève en Haute-Savoie, Pascal Vesin a été excommunié par son évêque sur pression de la Congrégation de la Doctrine de la foi à la fin du mois de mai 2013 sous prétexte qu'il s'était inscrit dans une loge maçonnique. Les Actualités unitariennes ont alors suivi cette affaire au nom de la liberté pour chacun de choisir des appartenances complémentaires à sa convenance selon son propre itinéraire religieux et spirituel. Les articles ont été mis à la rubrique "Vies de prêtres", mais devant leur nombre (18 à ce jour), nous avons ouvert une nouvelle rubrique consacrée à la franc-maçonnerie où nous les avons transférés (lien). Mais il est bien évident qu'il s'agit d'abord du destin d'un prêtre qui a toute sa place dans la première rubrique. Nous renvoyons donc nos lecteurs, pour ce cas particulier, à notre nouvelle rubrique.

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7 janvier 2013 1 07 /01 /janvier /2013 01:57

« LES ENFANTS DU SILENCE »  Une nouvelle association ! Son objet : la défense des droits des enfants de prêtres  et celle du droit  des prêtres à se marier. PLEIN JOUR [ndlr - association qui regroupe les femmes mariées à des prêtres ou vivant en concubinage avec] accueille cette nouvelle venue et lui offre son soutien.
 
le-Petit-Nicolas-au-mariage-de-Martine.jpegLES ENFANTS DE PRETRES PRENNENT LA PAROLE.  On parle souvent des prêtres déchirés entre leur vocation et le besoin de fonder une famille. On parle aussi des compagnes de prêtres condamnées au silence par des prélats qui les ignorent ou les culpabilisent. On commence à parler des enfants de prêtres, autres oubliés de l’histoire, qui pourront désormais être représentés en France par cette association.
Sa fondatrice Anne-Marie, est fille d’un prêtre et d’une religieuse qui ont repris leur liberté pour vivre leur amour et fonder une famille. Mais compte tenu des préjugés de la société, cette situation insolite leur a été une épreuve très dure.


L’amour qui unit le prêtre et sa compagne est condamné par la hiérarchie de l’Eglise ; la sanction est immédiate : le prêtre doit quitter femme et enfant et les réduire au désespoir, ou quitter son sacerdoce et plonger dans le désarroi. Voilà ce qui résulte de  la politique de l’Eglise.


Anne-Marie a perdu ses parents trop tôt pour faire avec eux un travail d’analyse et de cicatrisation. Pendant des années elle a enquêté et réfléchi sur leur histoire. Son récit va paraitre en 2013. Le prolongement naturel de ce travail se réalise aujourd’hui dans la création d’une association visant à rassembler les enfants de prêtres et leurs familles et sympathisants.


Certains, encore aujourd’hui, cachent leur situation et n’osent pas parler de leur vie. Cette association veut leur offrir un cadre de rencontre et d’échanges en toute confidentialité et au besoin des conseils juridiques. Pouvoir parler de son vécu, partager avec d’autres peut favoriser la cicatrisation.
Enfin, participer à la vie de l’association peut contribuer à faire évoluer la position de l’Eglise catholique romaine, la seule à imposer le célibat aux prêtres. L’opinion publique est déjà largement favorable à ce changement. La liberté de choix permettra d’éviter bien des souffrances. C’est alors que les prêtres pourront s’épanouir dans leur ministère et leurs enfants vivre leur condition en toute sérénité.
Anne-Marie appelle tous les enfants de prêtres et leurs parents à la rejoindre dans cette association pour faire route ensemble vers plus de justice et plus d’amour.


«  Nous n’avons commis aucune faute, et pourtant, nous et nos familles sommes marginalisés, alors que nous sommes victimes d’une injustice imposée par le Vatican. Adhérer à l’association « Les Enfants du Silence », c’est faire un petit pas vers le changement. Participer à  l’action de l’association c’est en faire un autre. Et à force de petits pas……. Espérons ce changement ! Mais en attendant, soyons conscients de nos droits, et pour les faire valoir, redressons la tête » Anne-Marie JARZAC  - Résidence du Parc (Sapins B) – 38430 MOIRANS, courriel (lien).

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Published by Jean Combe - dans vies de prêtre
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21 juillet 2011 4 21 /07 /juillet /2011 03:09

Appel de prêtres et de diacres en Autriche, juin 2011 (vu sur le site de la Fédération des réseaux du Parvis, lien).

Appel à la désobéissance

 

eglise_en_gr_ve__mouvement_le_cursillo_.jpgLe refus romain d’une réforme de l’Eglise nécessaire depuis bien longtemps et l’inaction des évêques non seulement nous autorisent, mais nous obligent à suivre notre conscience et à agir de notre propre initiative :

Nous prêtres voulons porter à votre connaissance nos intentions futures :

1) Nous allons à l’avenir lors de chaque célébration intercéder en vue d’une réforme de l’Eglise. Nous prenons au sérieux la parole biblique : Demandez et vous recevrez. Ce qui compte devant Dieu, c’est la liberté de parole.

2) Par principe, nous n’allons pas refuser l’accès à l’eucharistie aux croyants de bonne volonté. Ceci s’applique en particulier aux divorcés-remariés, aux membres d’autres Eglises chrétiennes et à l’occasion à ceux qui ont quitté l’Eglise.

3) Nous allons éviter autant que possible lors des dimanches et jours fériés de faire plusieurs célébrations ou de faire intervenir des prêtres qui sont de passage ou qui sont étrangers à la localité. Il est préférable d’élaborer soi même une célébration de la parole plutôt que d’avoir une liturgie présidée par des acteurs en tournée.

4) Nous allons à l’avenir considérer qu’une liturgie de la parole avec distribution de la communion est une célébration eucharistique en l’absence de prêtres et la nommer ainsi. Nous remplirons ainsi nos obligations dominicales en cette période de pénurie de prêtres.

5) Nous n’allons pas non plus respecter l’interdiction d’homélie à des laïcs compétents et formés ou à des professeures de religion. Il est nécessaire en ces temps difficiles d’annoncer la parole de Dieu.

6) Nous allons aussi œuvrer pour que chaque paroisse ait son propre chef, que ce soit un homme ou une femme, marié ou non, que ce soit sa fonction principale ou non. Il ne s’agit pas de faire des regroupements de paroisses mais de définir une nouvelle image du prêtre.

7) En conséquence nous allons donc utiliser toutes les occasions pour nous exprimer en faveur de l’accession à la prêtrise des femmes ou des personnes mariées. Et nous les accueillerons en tant que collègues prêtres.

 

De plus nous nous sentons solidaires de tout collègue qui a dû interrompre ses fonctions parce qu’il s’est marié, mais aussi avec celui qui continue d’exercer en tant que prêtre bien qu’il entretienne une relation. Par leur décision, les uns et les autres suivent leur conscience, comme nous d’ailleurs aussi avec notre protestation. Nous les considérons de la même manière que le pape et les évêques, comme nos frères. Quels sont ceux qui seront nos prochains, nous ne le savons pas. Un seul est notre maître et nous tous devrions, en tant que chrétiens et chrétiennes, être des frères et sœurs. C’est la raison pour laquelle nous nous mobilisons, nous intervenons et nous prions. Amen.

 

ndlr : Selon le quotidien La Croix du 12 juillet, il y a déjà plus de 300 signataires dont une cinquantaine de diacres. Est-ce une révolution en marche ? Un printemps pour cette Eglise ?

 

ajout du 11 novembre 2011 - finalement il y a eu 370 signataires en Autriche (et, en plus, une douzaine de prêtres en Normandie, en France). Les évêques autriciens ont eu le mérite de ne pas prendre de sanction et d'accepter de discuter du manifeste lors de leur prochaine session d'automne. Wait and see !

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7 juillet 2010 3 07 /07 /juillet /2010 21:23

le témoignage de Régis Pluchet (Le Mans)

 

On parles des prêtres mariés, mais il y a aussi des prêtres qui vivent en couple sans être mariés, et qui ont parfois des enfants ! Cela peut être une vie de scandale, mais aussi une vie amoureuse lestée du poids de la culpabilité et de la clandestinité et si certains quittent l'Eglise pour sortir de cette situation, pour d'autres cela peut aboutir à une rupture, qui laisse souvent des femmes dans une situation extrêmement difficile.


Je descends moi-même d'un prêtre. Cela remonte loin, c'est une histoire belge, mais c'est une histoire vraie. En 1782, Ferdinand Arnold qui vient d'être ordonné à l'âge de 24 ans est prêtre à Liège, il sera curé à Huy quelques années plus tard. Sa mère lui sert de gouvernante, mais après la mort de cette dernière, c'est Anne-Josèphe Cornet, une jeune paysanne de 16 ans, qui la remplace dans cette fonction. Des enfants ne vont pas tarder à naître de cette rencontre, dont les premiers semblent avoir été élevés par les grands-parents maternels.

 

Une situation assez courante à l'époque. A l'automne 1792, la France occupe la Belgique qui sera bientôt intégrée à notre pays (jusqu'en 1815). Ferdinand qui est désormais un prêtre assermenté peut vivre sa liaison au grand jour avec Anne-Josèphe. En 1801 Bonaparte signe le Concordat avec le Vatican qui permet entre autres la réintégration dans l'Eglise catholique des prêtres assermentés ou la réduction à l'état laïque de ceux qui se sont mariés, ce qui sera aussi le cas de Ferdinand Arnold, qui se marie en 1802 et devient juge, passant d'une robe à l'autre. Ils vécurent heureux et eurent neuf enfants. Leur fille Julie, née en 1804, était la grand-mère de mon arrière-grand-mère venue épouser un Français.

 

eglise-dans-tous-ses-etats bisC'est ainsi que se termine mon histoire belge. Mais des histoires comme cela, il y en a eu plein qui ne se sont pas toujours déroulées comme des contes de fées. L'une de mes amies, septuagénaire, est la fille d'un prêtre qui a été éloigné par sa hiérarchie peu avant la naissance. La mère s'est mariée quelques temps après et l'histoire a été cachée, ce n'est qu'à la cinquantaine que mon amie a su (ce dont elle se doutait) qu'elle n'était pas la fille (biologique) de celui qui l'avait élevé, portant sur elle jusque là le poids d'un secret qu'elle ressentait sans pouvoir le percer. Elle a pu retrouver les traces de son père prêtre, pour découvrir qui il était quelques années après la mort de ce dernier.

 

Compagnes et enfants de prêtres vivent souvent une grande souffrance. L'association Plein Jour (lien) qui regroupe des compagnes de prêtres a pu faire entendre publiquement leurs témoignages.


Mais les témoignages des enfants de prêtres sont plus rares : l'Express leur a consacré une enquête poignante et édifiante il y a quelques années. On peut y lire, notamment, le témoignage de Luc, ce fils d'un prêtre, religieux dominicain, assez connu dans les milieux de la recherche spirituelle et dont les convictions et l'engagement personnel auprès des plus démunis ne sont ici pas mis en cause (lien). Mais les procédures intentées par des enfants de prêtres à l'encontre de l'Eglise se multiplient et feront sans doute la une des journaux d'ici quelques temps.


ajout du 8 juillet :


L'histoire de mon "quinquaïeul" (cinq générations en partant de ma grand-mère) prêtre est un peu une anecdote amusante : car à cette génération, j'ai environ une soixantaine de quinquaïeuls ... Mais cela n'a sans doute pas été facile pour lui : j'ai lu par exemple l'émouvante lettre de repentance qu'il a dû écrire pour être réduit à l'état laïque. C'est une histoire qui est restée longtemps cachée et n'a été découverte qu'il y a une vingtaine d'années par de (très) lointains cousins belges qui en sont aussi les descendants. Cela me semble une excellente illustration de l'ancienneté du problème dans l'Eglise catholique.


Signalons par exemple l'histoire de Robert d'Arbrissel (vers 1047-117), fondateur de l'ordre de Fontevraud, un ordre hors du commun qui comptait des couvents d'hommes et de femmes, mais dont l'ensemble commandé par des femmes, cas unique où les hommes sont soumis aux femmes dans l'histoire monastique (chrétienne). Robert d'Arbrissel était fils et petit-fils de prêtre et avait sans doute eu une compagne avant de devenir ermite, à une époque où le mariage des prêtres n'était pas interdit mais commençait à être très mal vu et sa vocation pourrait s'expliquer en partie par un sentiment de culpabilité à ce sujet.

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Published by Régis Pluchet - dans vies de prêtre
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2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 18:17

Rien qu’en France, quelques 10 000 prêtres auraient raccroché la soutane depuis Vatican II (1965), soit environ 250 par an. La moitié pour aller vivre au grand jour une liaison amoureuse jusque-là clandestine. La majorité pour se marier.


L’Eglise catholique n’est guère prolixe sur le sujet, préférant fermer les yeux aussi longtemps que cette "double vie" ne s’étale pas au grand jour, ou ne fait pas scandale.


En Afrique noire et  dans d'autres pays une situation de fait s'est instaurée avec la complicité des populations locales, lesquelles acceptent que les prêtres et parfois les évêques aient des concubines, dès lors que cela se fait honnêtement : monogamie avec une seule femme, entretien de celle-ci et des enfants, ne pas prendre la femme d'autrui, discrétion sociale, etc. Mais le Vatican entend rappeler à l'ordre et exiger la règle !


Un vrai gâchis de ressource humaine car il s'agit d'une élite de qualité, d'intelligence et de coeur.


Et puis une question de dignité humaine : comment peut-on aujourd'hui imposer le célibat à des personnes qui se sentent la vocation de prêtre ? Quel chantage odieux : si tu veux être prêtre, alors il faut être célibataire !


Pour des témoignages, voir le site de Plein Jour, une association de soutien aux compagnes de prêtres en lutte pour l'abolition de la règle du célibat ecclésiastique dans l'Eglise catholique romaine. L'association publie un bulletin trimestriel ; le dernier en est le 9ème numéro. Plein Jour a pris le relais de Claire Voie en 1998 (le redémarrage s'est fait en septembre 2008 à l'initiative de Dominique Venturini, laquelle a publié des livres sur son expérience de femme mariée à un prêtre).

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7 juillet 2009 2 07 /07 /juillet /2009 16:34

Le frère Jean Cardonnel est décédé le samedi 4 juillet, à l'âge de 88 ans. Une célébration festive réunira ses amis le jeudi 9 juillet à 10 heures en l’église Sainte Bernadette à Montpellier. Toutes celles et tous ceux qui peuvent nous rejoindre sont cordialement invités (message de ses amis de Montpellier, diffusé par le réseau des correspondants de la Fédération des réseaux des parvis).

cardonnel_e-negre-de-dieu.jpgVoir une présentation biographique sur le Journal
La Croix du 5 juillet 09 :

"Militant soixante-huitard à la Mutualité, féministe convaincu, le défenseur des prêtres-ouvriers, porte-parole des pauvres au Brésil et pourfendeur de la torture en Algérie [...].
Pendant 44 ans, de 1958 à 2002, Jean Cardonnel, électron libre de son ordre, avait fait du couvent des Dominicains de Montpellier son quartier général, militant contre les "hypocrisies" de l'Eglise et prônant sa "dé-romanisation" au profit d'une "évangélisation de Dieu".

En 2002, Jean Cardonnel était parti se reposer à la Réunion, une habitude prise dans cette île où il avait fait scandale en célébrant une messe dans l'ancien cimetière des esclaves. A son retour, le couvent avait vidé sa chambre en l'envoyant demander asile chez les religieuses de l'Ange gardien à Quillan (Aude), où sont accueillis des enfants maltraités.
Le prêtre estimait alors avoir payé le prix de sa "libre parole" tandis que le couvent niait l'avoir mis à la porte, évoquant un départ volontaire.

Il a publié de nombreux essais, comme par exemple "Le Nègre de Dieu" en 2000 aux éditions Domens.

Trois ans plus tard, Jean Cardonnel avait stigmatisé une "homosexualisation croissante" de l'Eglise en lui reprochant d'avoir fait de la femme "l'incarnation du démon", dans un livre brûlot intitulé "Verbe incarné contre sexe tout puissant". Le couvent de Montpellier avait déploré "délire" et "mensonges".

Les chrétiens unitariens saluent la parole libre de celui qui fut appelé "le frère rouge" et renié par son Ordre. Pourtant, frère prêcheur il l'était partout où il animait des soirées, comme par exemple en novembre 2004 lors du rassemblement annuel de la Fédération des réseaux des parvis à Aix-en-Provence où il avait été invité. 

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10 juin 2008 2 10 /06 /juin /2008 10:11

Paul-Yves Colle (30 novembre 1913 - 5 décembre 1987)

Amis très chers,
C’est à vous seuls que j’adresse ces lignes, à vous que j’ai connus et aimés en dehors et au-delà de mes fonctions officielles.

Quoique vous ressentiez de mon départ, quoiqu’en disent les autres, vous ne pourrez nier, je pense, que j’ai cherché à vous donner le meilleur de moi-même, que je vous ai aimés de toute mon âme et, personnellement, je sais combien je vous aime encore. Voilà pourquoi je vous dois cette franche explication. (…)

une forme archaïque et désormais invivable du christianisme

Si j’ai quitté le catholicisme, ne croyez pas que ce soit un égarement momentané ou par un coup de tête, mais parce que je suis arrivé à la certitude que l’Eglise, avec la rigidité de ses dogmes et sa prétention à l’infaillibilité, est une forme archaïque et désormais invivable du christianisme. Elle représente pour moi un stade définitivement dépassé de l’évolution religieuse de l’Humanité.

Ce n’est évidemment pas en une seule fois que je suis arrivé à ces conclusions. Dieu seul sait combien j’ai pu souffrir, chercher, prier, lutter. Cela remonte à des années, presque à mon enfance. J’avais en moi le paradoxe d’être à la fois un enfant rangé, soucieux de plaire et un esprit foncièrement indépendant cherchant d’instinct à sa frayer sa propre route. Par là, j’ai toujours dérouté et déçu les gens d’ordre à qui j’avais d’abord semblé donné tant de gages.

abbaye bénédictine Saint-André de Bruges, en Belgique


faire le maximum pour Dieu

Je me fis moine parce que je voulais faire le maximum pour Dieu et que cela me semblait la seule façon d’y arriver. Mais, dès mon entrée au monastère, à l’abbaye bénédictine de Bruges, je fus classé parmi les non-conformistes et je donnai incontestablement pas mal de soucis à mes supérieurs.

Pendant mon service militaire au CIBI*, je fis la connaissance de plusieurs pasteurs protestants et nous sympathisâmes tout de suite. Avec eux, j’organisai des réunions de prière quotidiennes et je fis une propagande intense pour la Bible et l’union des Eglises. Mais, dans l’ensemble, je trouvais que beaucoup des protestants étaient très sectaires, ce qui, de leur part, me semblait encore plus inadmissible que de la nôtre.
* c'est là en Belgique que les religieux, prêtres, pasteurs et autres faisaient leur service militaire

la mauvaise qualité et presque la mauvaise foi des arguments qu’on nous représentait

Tout au long de ma théologie, la lutte intérieure continua. Combien de fois je fus choqué par la mauvaise qualité et presque la mauvaise foi des arguments qu’on nous représentait : mais il fallait les accepter sous peine d’hérésie, de péché mortel et de damnation éternelle. Cela me révolta et j’en conçus un dégoût profond pour ce genre de théologie.

Malgré tout, je résolus de ne pas bouger avant la fin de mes études. Mais quand elles furent terminées, je fus pris par l’ivresse du sacerdoce et des premières responsabilités. Le temps n’était plus aux théories ; il fallait agir et on ne pouvait pas continuellement remettre tout en question.

On me nomma professeur au collège. J’étais chargé en outre de la paroisse et du service quotidien des pauvres. Cela suffisait à m’occuper. Néanmoins le problème allait bientôt se poser à nouveau et, cette fois, dans l’ordre pratique. (à suivre)

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10 juin 2008 2 10 /06 /juin /2008 09:53

je découvris la vie réelle

Vint la Guerre et, en mai 40, la débâche et l’exode. Dans le Midi, je fus amené à prendre en charge une soixantaine de jeunes Belges échappés des CRAS [lesquels se trouvaient du côté d’Agde], sans moyens d’existence.

Quelle expérience ! Comme notre façon de parler, de penser, de vivre était loin de ces gens-là ! Pourtant c’étaient eux le peuple, les hommes … C’est parmi eux qu’avait vécu Jésus, il avait été l’un d’entre eux. Cette pensée ne devait plus me quitter et j’en conçu une aversion insurmontable pour le monachisme ; tout m’y paraissait faux, depuis l’ensemble jusqu’au moindre détail. A tout prix il fallait en sortir. Cela n’alla pas tout seul mais les circonstances m’y aidèrent.

En juillet 1942, après que les Allemands eurent occupé l’abbaye, j’obtins la permission de partir pour la France et, là, je peux dire que je découvris la vie réelle. Tout fut remis en question : le monachisme, le catholicisme, le sens même de la vie. Les solutions dont je m’étais contenté jusque là me paraissaient si étriquées et artificielles !

Mes dernières positions catholiques s’écroulaient les unes après les autres

L’arrivée de mon confrère et ami, le père Désiré, devait donner encore plus d’acuité à ces problèmes. Je ne peux entrer ici dans le détail de nos échanges de vue, mais ce qui est certain c’est qu’ils furent féconds et éclairants. Lui-même était plus évolué que moi. Il avait eu avec les protestants du Borinage des contacts profonds et prolongés. D’autre part, il croyait au monachisme, mais à un monachisme complètement rénové et purement évangélique. Par dessus tout, il avait un tel sens de Dieu que, dans cette lumière, toutes les contingences dogmatiques étaient réduites à néant.

Après sa mort, survenue accidentellement en décembre 1944, je dus continuer seul ma route mais l’élan était donné et tout le travail subconscient qui s’était fait depuis des années allait maintenant porter ses fruits. Pas à pas, j’étais acculé à l’évidence. Mes dernières positions catholiques s’écroulaient les unes après les autres mais non sans luttes, ni déchirements.

Enfin, ce fut la lumière. Ma conscience ne me permettait plus de réplique : le 18 avril 1945, après avoir longuement prié, je pris la résolution de rompre avec l’Eglise.

garder le masque

J’aurais voulu passer à l’acte le plus tôt possible, être logique avec moi-même et loyal avec les autres. Mais comment faire ? J’étais tellement lié de partout, à tant de gens que j’aimais et à tant de choses. J’avais une terreur du scandale. Je demandai donc conseil à deux prêtres éminents, unanimement estimés et aimés. J’eux la stupéfaction de constater qu’ils étaient l’un et l’autre encore plus avancés que moi. Ils me dire néanmoins qu’il fallait à tout prix rester dans l’Eglise, car celle-ci n’évoluerait que sous la pression des forces intérieures. J’étais perplexe. Une telle attitude me paraissait insoutenable.

Je dois dire en passant que j’ai, depuis, rencontré plusieurs prêtres dans le même cas, et des plus intelligents. Ils restent dans l’Eglise parce qu’ils n’ont pas le courage d’en sortir ou, qu’étant trop engagés, ils ne le peuvent pas. Loin de moi de leur jeter la pierre, car je comprends maintenant la somme atroce de souffrances qu’un geste pareil représente pour quelqu’un d’engagé. Peut-être ont-ils en effet leur rôle à jouer dans le sein de l’Eglise, même si, pour employer l’expression de l’un d’entre eux et non des moindres, ils sont obligés pour cela de " garder le masque " et de s’entourer de circonspection.

Mais il en est d’autres et j’en connais qui, à la manière de Turmel*, publient sous un pseudonyme des pamphlets haineux contre l’Eglise et sa doctrine. Il y a aussi ceux qui sombrent dans le scepticisme absolu, deviennent indifférents à tout et ont accepté une fois pour toutes de vivre une vie double sur le plan intellectuel et même moral. Ceux-là comment les approuver ?

turmel.jpg* " Prêtre, historien des dogmes ", ainsi qu'il voulut qu'on le gravât sur sa tombe. Né et mort à Rennes (1859-1943), où s'écoula toute sa vie, formé à la critique par ses propres moyens et par l'abondance de ses lectures, l'abbé Joseph Turmel perdit très tôt la foi chrétienne. Pour des raisons complexes, il crut devoir tout faire pour rester dans le clergé catholique, publiant sous son nom ou sous divers pseudonymes (au nombre de quatorze) le résultat de ses travaux. Parmi ses nombreux ouvrages : Comment j’ai donné congé aux dogmes. - Herblay : Idée libre, 1935. - 155 p. - (La Bibliothèque du libre penseur ; 22). Il fait encore les délices de la Libre pensée !

Quant à moi, j’étais désespéré. Tellement qu’en mai 1945, je partis pour l’Allemagne avec la Mission vaticane auprès des camps de concentration. Mon espoir était d’y contracter une maladie contagieuse et de n’en plus revenir. Mais cet espoir fut déçu.

A mon retour, j’exposai crûment la situation au père prieur de Saint-André, mais celui-ci, quoique fin psychologue, ne soupçonna pas la profondeur de mon évolution. Il ne réfuta aucun de mes arguments mais me conseilla simplement de temporiser et de continuer mon travail en France. Je suivis son conseil la mort dans l’âme car je n’étais nullement apaisé. Au contraire mes convictions intimes s’affirmaient de jour en jour plus nettes. (à suivre)

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10 juin 2008 2 10 /06 /juin /2008 09:07

à Reilly

C’est toujours dans les mêmes sentiments qu’en octobre 1945 je commençais Reilly *  Depuis lors, ce fut un calvaire quotidien à peine éclipsé de temps à autres par les soucis matériels et moraux du collège et de la communauté naissante.

* Reilly petit village au sud-ouest de Beauvais, non loin de Gisors, au sud-est de ce bourg. Son église (la nef et le clocher) sont des XI-XIIème siècles. Les bénédictins y ouvrirent un établissement scolaire au lendemain de la Guerre mais qui ne dura pas.


Le pire était qu’il fallait à longueur de journée dire et faire des choses auxquelles je ne croyais pas ou qui pour moi avaient un sens très différent de celui qu’on leur donnait habituellement. Essayer de vous représenter concrètement ce que cela peut signifier dans le ministère des sacrements et la direction spirituelle. Certes je n’étais pas un imposteur, car c’était avec le plus grand respect et une parfaite droiture d’intention que je célébrais la messe et entendais les confessions, que j’administrais les baptêmes et bénissais des mariages. Mais quel conflit perpétuel entre l’être et le paraître !

Ceux qui venaient me trouver repartaient apaisés, mais moi, j’étais déchiré. Surtout quand certains prêtres venaient m’exposer leurs doutes contre la foi. J’avais envie de leur crier : " Mais c’est encore dix fois plus fort que vous ne le dites ". Et pourtant je réussissais à les convaincre et à les ramener à l’orthodoxie de la foi catholique.

Celui qui n’a pas passé par là ne peut se faire aucune idée du supplice de conscience que cela représente. On y use sa substance et, ce qui est pire, à force de prouver les choses auxquelles on ne croit pas, on finit par ne plus savoir soi-même ce que l’on croit et à douter de tout. Non Dieu ne pouvait vouloir cela ! Il devait exister, même pour moi, un moyen de l'adorer librement, dans la vérité. Il fallait en sortir. Mais encore une fois comment ? J’étais dans le noir le plus absolu.

C’est à ce moment qu’eut lieu la débâcle de Reilly. C’était la réponse du Seigneur. L’un après l’autre tous les liens qui me retenaient tombèrent. Les postulants de Saint-André (Jean et Patrick) revinrent définitivement guéris du monachisme. Les familles de la communauté se dispersèrent ou trouvèrent du travail. Restait le collège.

A nouveau je demandai conseil à un jésuite et à un prêtre séculier en qui j’avais confiance. Même réponse : " Nous pensons comme vous ou à peu près, mais il faut à tout prix rester dans l’Eglise ; elle en a besoin ". C’est pourquoi j’eus la faiblesse de céder aux supplications des parents d’élèves et des professeurs. Il me semblait, à tort peut-être, que je ne pouvais les laisser choir, qu’ils ne pouvaient compter que sur moi. Par amour pour eux, je consenti à transférer le collège de Reilly au collège de Normandie [à Mont-Cauvaire par Monville, au nord de Rouen].

Je resterais avec eux deux ans encore ... Si vraiment Dieu le voulait il m’en donnerait la force. Sinon il s’arrangerait bien pour m’en sortir.

Sur ces entrefaits, j’exposai ma situation au père Théodore, sous-prieur de Saint-André . Sa réponse fut nette et loyale : " Il faut sortir. Rester plus longtemps serait contraire à votre conscience. Ce serait aussi vous déformer irrémédiablement et vous conduire au scepticisme absolu. A croire qu’on peut également démontrer le vrai et le faux on finit par ne plus croire à rien du tout ". Ce n’était que trop vrai et j’en avais déjà fait l’amère expérience. Il ne me restait plus qu’à attendre l’occasion favorable pour pouvoir mettre mon dessein à exécution sans fracas et avec le moins de scandale possible.

Voici comment cette occasion me fut fournie : les prix de pension imposés par notre nouvelle installation furent tels qu’à peine une petite minorité de nos élèves purent nous suivre. J’étais donc mis dans l’impossibilité de tenir mes engagement vis-à-vis des familles. D’autre part, les professeurs étaient casés. C’est ainsi que mes derniers liens tombèrent.

en parfait accord avec ma conscience

Pardonnez-moi, amis très chers, de vous avoir si longuement entretenus de moi-même. Tout ceci je l’ai écris en toute loyauté devant Dieu qui me jugera. Mais j’ai voulu que vous, à qui l’amitié ou le sang donnent des droits sacrés, sachiez que je ne vous ai pas trahis et que c’est en pleine maturité d’esprit et en parfait accord avec ma conscience que je vous quitte.

Vous quitter ? Oui, car, même si notre amitié demeure, et croyez que de mon côté c’est le cas, nous ferons désormais partie de deux mondes totalement différents et même, à cause de votre religion, hostiles. Sans doute n’avez-vous pas les mêmes raisons que moi de quitter le catholicisme car la question se pose de façon très différente pour un prêtre et pour un laïc.

Il faut une religion et même une religion organisée et hiérarchisée. Cette religion se trouve être dans vos régions le catholicisme : il est la structure de la société, même dans un Etat laïque comme la France. Mais quand un laïc se trouve gêné par une affirmation dogmatique qui lui paraît inadmissible, il peut passer à côté et se taire sans que cela gêne personne.

Voyez du reste avec quelle avidité l’Eglise recueille les moindres approbations des savants ou des philosophes laïcs, même quand, par ailleurs, ils disent des choses diamétralement opposées à ses dogmes ou ses principes fondamentaux. Je ne citerai en exemple que Lecomte du Noüy* qu’on trouve dans les librairies catholiques et jusque dans les boutiques de couvent ! Et mon espoir est que c’est cela même qui ouvrira les yeux de la hiérarchie et qui rendra à l’Eglise catholique sa véritable mission d’assemblée universelle.

* Pierre Lecomte du Noüy (1883-1947), mathématicien, biophysicien, écrivain et philosophe français ; a vécu une partie de sa vie aux Etats-Unis et est mort à New-York. Citations lues dasn l’article que lui consacre Wikipédia :
"[L'homme] existe moins par les actes qu'il exécute pendant sa vie que par le sillage qu'il laissera derrière lui, comme une étoile filante." ; "C'est dans ce qu'il y a de divin en l'homme, et non dans ce qu'il y a d'humain dans les doctrines qu'il faut chercher l'unité des religions." (La dignité humaine, 1942, p. 153) ; "La liberté n'est pas qu'un privilège : elle est une épreuve. Nulle institution humaine n'a le droit d'en exempter un homme." (idem, p. 132) ; "Il n'existe pas d'autre voie vers la solidarité humaine que la recherche et le respect de la dignité individuelle" (L'homme et sa destinée, 1947). Mary, sa femme, écrira en 1955 sa biographie : Lecomte du Noüy. De l'agnosticisme à la foi, aux éditions La Colombe (251 p.).

Mais pour un prêtre, c’est totalement différent. Il ne peut pas ne pas répondre aux objections, aux questions, qu’on lui pose. Il sait parfaitement ce qui est de foi et, pour lui, pas de demi-mesure ; c’est tout ou rien. S’il rejette quoique ce soit, l’Eglise elle-même et sa propre conscience l’obligent à se retirer.


Je partirai donc à l'étranger

Je partirai donc à l’étranger car je hais les bagarres et les discussions stériles. Elles n’ont jamais fait de bien à personne. Ce qu’il faut c’est non pas détruire mais construire. Construire dans l’amour de Dieu et du prochain. C’est ce que je vais tâcher de faire modestement selon mes moyens. Mais avant de parler, je vais, pendant quelques années, me recueillir, prier, et travailler comme un simple honnête homme. Il faut, comme Jésus, comme saint Paul, savoir gagner sa vie et connaître les vrais problèmes qui se posent aux hommes, avant de vouloir mes aider à les résoudre.

En attendant, priez pour moi comme je le ferai pour vous. Je ne vous demande pas de ne pas me juger. Un autre vous l’a demandé avant moi. Si mon geste vous fait de la peine pardonnez-moi, mais je veux aussi que vous sachiez combien est grande la joie d’une conscience enfin libérée par la vérité.

 

© Noëlle Colle, 2008


Cette lettre a été envoyée à des amis mais elle n’a jamais été publiée. Elle est mise en ligne aujourd’hui, vingt ans après la mort de son auteur, à l’initiative de sa femme, Noëlle Colle. Ils eurent 4 enfants et vécurent heureux.
 


Noëlle Colle est militante d’Amnesty international et membre de l’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Elle représente l’AFCU au sein de l’Eglise unitarienne francophone. Lors d’un séjour de 7 ans aux Etats-Unis, où ils enseignèrent, elle et son mari visitèrent une congrégation unitarienne à Exeter, dans l’Etat du New-Hampshire.

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Published by Paul-Yves Colle - dans vies de prêtre
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