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21 mars 2008 5 21 /03 /mars /2008 05:41

l'euthanasie passive

La loi française " Leonetti ", du nom du député-maire d'Antibes, dans les Alpes maritimes, par ailleurs cardiologue, Jean Leonetti (UMP), qui avait été le rapporteur de cette proposition de loi mise au point par une mission d'information de l'Assemblée nationale d'avril 2005 (loi promulguée le 22 avril 2005), définit l'euthanasie passive : pas d'acharnement thérapeutique ; les traitements peuvent cesser et on peut administrer des calmants comme la morphine afin d'éviter les souffrances même si ces substances peuvent abréger la vie du patient. Il est remarquable que, devant la gravité de la question, cette loi fut adoptée à l'unanimité des parlementaires français.

 

l'euthanasie d'exception

Mais en face de drames humains, cette législation n'est plus suffisante. Des voix s'élèvent pour demander l'évolution de cette loi.

Nadine-Morano.jpgGaëtan Gorce (PS), député de la Nièvre, qui avait participé à l'élaboration de la loi précédente : " Il faut introduire une formule d'exception qui fasse que lorsqu'une personne n'a pas d'autre solution que celle demandée par Chantale Sébire, elle puisse saisir une haute autorité indépendante qui, au cas par cas, au vu de cette situation, puisse autoriser le médecin à administrer une injection léthale ". Le professeur Jean-Claude Ameisen, membre du comité national d'éthique, de renchérir : " Le législateur pourrait envisager une exception permettant l'accès au suicide assisté, comme ça existe dans certains pays, en dernier recours, et je dirais à titre d'exception et de constatation d'échec.". Même son de cloche avec la nouvelle secrétaire d'Etat à la Famille, Nadine Morano (voir photo), qui a déclaré jeudi "à titre personnel" qu'elle était favorable à la création d'une "commission nationale d'euthanasie à qui reviendrait le soin d'examiner les cas exceptionnels graves". Le Premier ministre, François Fillon, a demandé à Jean Leonetti de se remettre à l'ouvrage.

 

l'euthanasie active

Elle est pratiquée chez nos voisins en Belgique et en Pays-Bas et autorise l'intervention médicale pour abréger les souffrances du malade en fin de vie. En France, l'ancien Premier ministre Laurent Fabius (PS) vient de faire part des travaux d'une commission qui a été mise sur pied après la mort de Vincent Humbert *. La proposition de loi qu'il dépose vise "à autoriser, préciser et conditionner le droit de finir sa vie sans déchéance et dans le libre consentement".

* En 2003, Marie Humbert demanda l'euthanasie pour son fils Vincent, 22 ans, tétraplégique, sourd et quasi aveugle, qui réclamait la mort sur son lit d'hôpital depuis 3 ans.

Voici les grandes lignes de ce texte :

"Toute personne majeure, en phase avancée ou terminale d'une affection reconnue grave et incurable, infligeant une souffrance physique ou psychique constante, insupportable et ne pouvant être apaisée, peut demander à bénéficier, dans (d)es conditions strictes (...) d'une assistance médicalisée pour mourir dans la dignité", stipule l'article 1 du texte qui viendrait compléter l'article L-1110-9 du Code de la Santé publique.

Une fois cette demande formulée, le médecin traitant du patient doit consulter quatre praticiens (un spécialiste de la pathologie, un médecin hospitalier, un légiste et un psychologue). Ce collège doit parvenir "à la conviction qu'il n'y a aucune autre solution dans sa situation et que la demande du patient est entièrement volontaire".

La demande du patient doit être confirmée par écrit. S'il n'est pas en état de le faire, une personne majeure de son choix n'ayant "aucun intérêt matériel au décès du patient" peut la rédiger "en présence du médecin".

"Le médecin traitant respecte cette volonté. L'acte d'aide active à mourir pratiqué sous son contrôle a lieu dans un délai raisonnable au regard de l'évolution de l'état du patient", précise l'article 2.

Le texte prévoit également la création d'une Commission nationale de contrôle des pratiques relatives au droit de finir sa vie dans la dignité, au sein des ministères de la Justice et de la Santé, et précise que les médecins ne sont "pas tenus d'apporter leur concours" à cette "aide active à mourir". S'ils refusent, ils doivent "orienter immédiatement le patient vers un autre praticien".

 

Des considérations d'ordre religieux s'opposent à cette évolution de nos législations : la vie d'un être humain appartiendrait à Dieu seul. Elles sont rejointes par une absolutisation des droits humains, du respect de la vie. Mais que valent ces positions doctrinales ou idéologiques face à la souffrance humaine ?

En Italie, la justice rendit un non lieu pour le suicide assisté de Piergiorgio Welby en 2006 mais l'Eglise catholique romaine refusa des obsèques religieuses au sexagénaire paralysé. Où est l'amour du prochain ?

Pour les unitariens, le christianisme est d'abord un humanisme, résolument centré sur l'homme, conformément au message de Jésus pour qui le sabbat est fait pour l'homme et non l'inverse. Bien de nos absolus, de nos transcendances, de nos valeurs, se transforment vite en idoles, à commencer par certaines représentations de Dieu.

 

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Published by Jean-Claude Barbier - dans l'euthanasie
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20 mars 2008 4 20 /03 /mars /2008 07:30
Chantal-S-bire.jpgChantal Sébire, qui souffrait d'une tumeur incurable et avait sollicité le droit de recourir à l'euthanasie, est morte hier, à 52 ans. Nos pays voisins, la Suisse et la Belgique autorisent le suicide assisté, avec médecins et la famille. En France, pas encore. Une commission va être mise sur pied, dans le cadre du Premier ministère, pour faire évoluer notre législation et éviter ces cas douloureux.

La photo a été prise avant sa maladie

Elle avait eu le courage d’apparaître sur nos écrans avec la tumeur qui lui déformait le visage et exorbitait ses yeux. 

Le respect de la vie passe entre autres par le fait de ne pas exiger l’acharnement thérapeutique et, lorsque le drame arrive, de ne pas exiger non plus l’acharnement policier ou judiciaire. A une opinion publique qui veut la transparence totale (dans la vie des autres bien entendu !), il faut savoir opposer le droit à la discrétion, à l’intimité familiale, et pourquoi pas au secret. 

Evangile et Liberté avait, avec tact, traité de cette question du secret nécessaire lors de ses Journées annuelles du protestantisme libéral tenues à La Grande Motte (Hérault), les 14-15 octobre 2006 (le secret – faut-il cacher ?). Les actes de ces Journées ont été publiés un an après, en septembre 2007, avec les interventions de Laurent Gagnebin, Pierre Joxe, Étienne Leenhardt, Henri Persoz, Raphaël Picon, Didier Sicard, Édith Tartar-Goddet, en édition conjointe Évangile et Liberté et Van Dieren Éditeur (au prix de 15 euros, http://www.evangile-et-liberte.net).

Si Chantal Sébire nous a quitté dans le secret, nous pouvons dire qu’elle nous a marqué à tout jamais dans nos cœurs.

Nous présentons à sa famille nos condoléances et l’assurance que son combat est aussi le nôtre.

Les Actualités unitariennes avait déjà salué la clémence de la Cour d’assises de Dordogne qui, en mars 2007, avait jugé d’un cas d’euthanasie (message du 16 mars 2007, rubrique "l'euthanasie"). Nous rappelions à ce propos l’existence militante de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD, fondée en 1980, http://www.admd.net).


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16 mars 2007 5 16 /03 /mars /2007 09:34

Ce 15 mars, la cour d'assises de la Dordogne a sanctionné de manière minimale l'aide à mourir apportée à l'hôpital à une malade agonisante en 2003 en condamnant un médecin à un an de prison, avec sursis et sans inscription au casier judiciaire, et en acquittant une infirmière.

à droite le docteur Laurence Tramois (30 ans) et à gauche l'infirmière Chantal Chanel (40 ans) qui étaient incriminées pour euthanasie, soulagées après le verdict ; photo de l'agence Reuters.

Hospitalisée depuis 25 jours, Paulette Druais, 65 ans, atteinte d'un cancer du pancréas en phase terminale, souffrait, malgré des doses massives de morphine, et subissait tremblements, incontinence urinaire, fièvre, escarres, nausées, dépression et angoisse. Atteinte d'une occlusion intestinale, elle avait commencé à vomir ses excréments.

Une injection mortelle de chlorure de potassium lui fut administrée en présence d'aides-soignantes et de la belle-fille de la malade.

Après le verdict, le docteur Frédéric Chaussoy et Marie Humbert, qui avaient aidé à mourir le jeune tétraplégique Vincent Humbert en 2003, ont publié un appel aux candidats à la présidentielle afin qu'ils s'engagent pour "une dépénalisation sous des conditions strictes de l'euthanasie, dans certains cas extrêmes".

Les unitariens de tout bord se réjouissent d’un tel dénouement et espèrent qu’il y aura effectivement dépénalisation de l’euthanasie. Il appartient à nos parlementaires, en connaissance de cause, de légiférer en ce domaine.

Des unitariens sont engagés dans des associations qui militent en faveur d’une telle loi, comme par exemple Mme Denise Cuniberti, cofondatrice en 1986 de l’Association unitarienne française (AUF), au sein de la section départementale du Gard de l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD, fondée en 1980, http://www.admd.net).

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