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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 06:07
suite et fin

Il paraît qu’il y aurait des « dérapages » sur le site d’un ministère français qui a lancé un débat sur notre identité nationale. Certes, on peut imaginer aisément qu’il y ait des propos racistes et haineux qui sont inacceptables. Ils y sont enlevés nous a-t-on rassurés. Par contre, des propos injurieux existent sur nombre de forums, blogs, sites, espaces relationnels, depuis belle lurette, et ce sont bien souvent les mêmes personnes qui à la fois stigmatisent avec véhémence ce qu’elles considèrent comme des « dérapages » repérés par les médias et qui, à la fois, s’insurgent contre toute loi ou règlement « liberticide » qui restreindraient la liberté des Internautes. Double langage, grand écart, hypocrisie, si ce n’est une stratégie pour capter des électeurs (les Internautes en l'occurrence !).

Pour les Internautes, un moyen est simple de vérifier si l’éditeur est sérieux : y a-t-il une modération pour un forum ? y a-t-il une ligne en bas de page où l’on puisse signaler les abus. Celle-ci existe sur la plate-forme d’Over-blog où travaillent de nombreux unitariens français ; mais elle n’existe pas par exemple sur Facebook. Rendons obligatoire la signalisation des abus par tout citoyen ! Vigilance oblige !

Parlons maintenant des dérapages visuels ou verbaux. Certains journalistes se spécialisent dans le piégeage des politiques afin de capter / de voler des propos spontanés qui sont ensuite donnés en pâture isolément de leur contexte pour un lynchage médiatique par les biens pensants. Bizarrement, les mêmes s’insurgent contre les caméras qui suivent nos pas dans les espaces publics. Là aussi grand écart dans les proclamations vertueuses !

Hormis les propos dûment condamnés par nos lois, du moins en France car certains pays laxistes laissent tenir les propos racistes, haineux, pornographiques, et autres (et certains les y encouragent même pour des raisons politiques afin de mobiliser leurs opinions publiques), y aurait-il des « dérapages » ? Y a-t-il des sujets dont il ne faudrait pas parler ? Ou bien faudrait-il en parler avec les précautions d’usage comme on dit ? Un langage politiquement correcte, religieusement correcte ... bref la langue de bois !

Mais on nous dit aussi qu’on veut des hommes politiques spontanés, qui disent sans fard ce qu’ils pensent ... Là aussi, contradiction ! Ne soyons donc pas dupes des tempêtes médiatiques qui touchent tous les hommes et femmes politiques : aucun parti, aucune personne publique n’est à l’abri des voleurs de photos et de propos privés, des vendeurs d’informations confidentielles, des manquements à la réserve professionnelle sous le prétexte que l’opinion publique veut du transparent ! Avec cette transgression des limites des vies privées et publiques et une conception partisane du journalisme, l’éthique vole de plus en plus souvent en éclat, avec une propension de certains journalistes à tout justifier.

Les vertueux, les autoritaires, les sectaires de tous les horizons sursautent / sautent immédiatement pour condamner les propos d’autrui, pour leur dénier toute valeur. Mais alors où est la liberté d’expression ? Le débat n’est-il pas aussi d’écouter les arguments des autres sans leur couper la parole ? D’être attentifs aussi aux ressentis, aux situations vécues, même si on peut penser et vivre autre chose, voire l’inverse. Savoir lire aussi entre les lignes parfois maladroitement écrites, percevoir les réels problèmes au-delà des expressions parfois outrancières quitte à les reformuler, ne pas s’arrêter aux maladresses, savoir deviner les non-dit pour les dire, encourager la parole pour la libérer loin des censures, des censeurs et des justiciers des nobles causes. Savoir examiner une question sous tous ses angles et le plus objectivement possible, sans partie pris, sans a priori, sans faire de procès d’intention, sans polémique, sans s’enfermer dans les discours militants unilatéraux et partisans qui pullulent.

A la suite des communautés catholiques de base qui pratiquent les célébrations libres depuis plus d’une trentaine d’année (d’abord en Italie, puis en France et en Belgique, etc.) et de la Fédération des réseaux des parvis, à la suite aussi de l’expérience des congrégations unitariennes-universalistes Nord-américaines, les unitariens francophones ont adopté la libre expression pour leur culte mensuel (lien).

Les propos des uns sont accueillis par les autres, écoutés, compris, sans que l’assemblée dise amen, ceci afin de respecter la liberté de conscience de chacun, mais aussi sans qu’ils soient immédiatement contestés par d’autres même s’il y a éventuellement désaccord sur leur fond ou leur formulation. Dans le cadre du culte, les contestations des propos des autres ne sont pas admis, tout simplement parce que le culte est un lieu d’expression inter individuelle, renvoyant à la foi intime de chacun, et n’est pas une conférence-débat ! A chacun bien entendu de ne pas profiter de cet espace de liberté pour se lancer dans des diatribes ou agresser autrui !

En cela, nos cultes sont des lieux d’apprentissage du vivre ensemble, d’une fraternité basée sur l’intercompréhension qui doit régner au sein d’une famille spirituelle, du respect et de la courtoisie absolument nécessaires à toute démocratie sinon celle-ci vire très vite à la foire d’empoigne. Il en est de même pour notre forum « Unitariens francophones » où toute agressivité est prohibée et où les modérateurs veillent à dénouer les malentendus et à tempérer les excès (lien)

La culture et l’éthique du dialogue, oui c’est important !

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Published by Jean-Claude Barbier - dans nos identités
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