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23 avril 2008 3 23 /04 /avril /2008 18:42

Nous vous conseillons de visiter le site du "Collectif Algérie pour la défense des croyants autres que musulmans en Algérie", lequel est bien documenté et laisse place aux réactions des visiteurs, et de signer la pétition qu'il présente.
http://collectifalgerie.free.fr/fr/

Halte aux génocides des cultures et des religions.
L'Humanité, c'est la richesse de sa diversité.
Défendons les minorités qui sont menacées.
Démocratie et laïcité
y compris pour les pays qui ont une religion officielle ou en position dominante.

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3 avril 2008 4 03 /04 /avril /2008 14:10

Peut-on rester silencieux devant l'épuration ethnico-religieuse engagée contre eux par les islamistes ?

Marc Stenger, évêque de Troyes et président de Pax-Christi France *

Ghaleb Bencheikh, président de la Conférence mondiale des religions pour la paix, section française

Jean-Claude Petit, vice-président de la Fédération française de la presse catholique et président du réseau chrétien de la Méditerranée

Laurent Larcher, journaliste à " La Croix " et membre de la délégation de Pax Christi en Irak.

© Le Monde du mardi 25 mars 2008
 

Pax-Christi est le Mouvement catholique international pour la paix né en France en 1945 présent dans plus de 60 pays. Organisation non-gouvernementale auprès de l'UNESCO, l'ONU, la Commission des Droits de l'Homme à Genève et le Conseil de l'Europe, Pax-Christi joue un rôle moteur dans la recherche de solutions aux conflits. En 1983, il a reçu le prix " Education à la Paix " décerné par l'UNESCO.



Mais que se passe-t-il ? Que nous arrive-t-il ? Pourquoi sommes-nous si sourds, si aveugles, si indifférents au sort des chrétiens irakiens ? Notre société si prompte à commémorer les crimes d'hier n'a-t-elle rien à dire pour les crimes du jour ? Ou bien notre silence serait-il le reflet de notre perplexité pour cet Orient compliqué où il n'y aurait que des Arabes et des Persans qui s'entre-tuent depuis la nuit des temps ?


Serait-ce la spécificité des victimes - des chrétiens - qui explique notre désintérêt ? Défendre un chrétien, cela sent sa croisade ou sa guerre des civilisations. D'autant qu'en Irak, tout le monde souffre : chiites, sunnites, Kurdes, Turkmènes ... Dans cette mosaïque de désolation, les chrétiens sont moins de 3 % ! Rien ou presque au regard des grands enjeux géopolitiques ?

Soyons sérieux. Si notre ferveur pour la commémoration ne nous oblige pas devant le présent, elle n'est que comédie. Si nous baissons les bras devant la complexité du Moyen-Orient, alors nous nous condamnons à vivre dans un monde sans horizon, borné par notre courte vue. Ou peut-être pensons-nous que les Etats-Unis, qui se sont lancés dans cette guerre (presque) seuls et contre tous, doivent assumer les conséquences de leur choix déraisonnable : à eux de trouver les solutions pour que tous les Irakiens puissent vivre enfin en paix et en sécurité. La France n'a rien à voir avec le bourbier irakien. Et puis nous avons tant à faire : chez nous d'abord, en Afrique ensuite ...

Mais voilà ! Les chrétiens irakiens frappent à notre porte, nous appellent à l'aide, sollicitent notre attention, notre bienveillance, notre amitié, notre soutien, notre solidarité. Et ils le font, ces ignorants, ces innocents... auprès de nous, chrétiens de France, et au-delà peuple de France, et au-delà encore peuples d'Europe. Allez en Irak, rendez-vous au Kurdistan, arrêtez-vous chez les réfugiés irakiens au Liban, en Jordanie, en Syrie, en Turquie, écoutez-les ! Vous verrez : nous y sommes attendus, reçus, acclamés. La délégation conduite par Pax-Christi en février en a fait l'expérience : des villages entiers se retrouvaient sur la place, dans leurs églises.

Ils applaudissaient cette première délégation de chrétiens étrangers venus leur rendre visite depuis mars 2003. Partout, le même accueil, la même joie et le même cri. " On nous intimide, on nous menace, on nous rançonne, on nous enlève, on nous tue parce que nous sommes chrétiens ", " Vous êtes des cafards, des traîtres, des impies ! ", " Convertissez- vous ou partez ! ", " Le Coran ou la mort ! ", tous les témoignages convergent. Des fondamentalistes musulmans, pour des raisons qui mêlent une perception dévoyée de la religion et de la politique et le crime organisé, sont responsables d'une épuration ethnico-religieuse. Le gouvernement irakien, les forces alliées se révèlent impuissantes face à cette tragédie humaine.

Pourtant, l'affaire est grave : la moitié des chrétiens, estimés à 700 000 avant la guerre, ont quitté leur domicile, 187 000 se sont réfugiés dans les pays voisins. Ceux qui restent risquent tous les jours leur vie. Personne n'est épargné : enfants, femmes, vieillards, laïcs et religieux. On ne compte plus les églises touchées par des attentats à la voiture piégée. La faculté de théologie, de philosophie et le séminaire de Bagdad ont été déplacés à Erbil, au Kurdistan. Le séminaire de Mossoul est fermé. Plus de 20 000 familles déplacées ont trouvé refuge au Kurdistan.

Cette explosion de haine est une tragédie pour le christianisme oriental présent sur ces terres depuis le Ier siècle de notre ère, dépositaire d'une richesse inouïe sur le plan spirituel, liturgique, intellectuel, gardien de traditions multiséculaires. C'est la trace du christianisme des premiers temps qui disparaît entre le Tigre et l'Euphrate. C'est aussi une perte effarante pour le christianisme occidental. Les mafias politico-islamistes sont en train d'arracher le poumon gauche de l'Eglise universelle. Sans l'Orient, le christianisme est amputé de sa plus profonde et plus durable source évangélique et biblique.

Mais ce n'est pas tout. Le sort des chrétiens orientaux concerne aussi le monde musulman. La perte de cette minorité serait une catastrophe pour l'islam. Elle le condamnerait à un entre-soi suicidaire. Si par malheur le projet des fondamentalistes aboutissait, quel témoignage de tolérance, de fraternité, de paix serait encore donné ?

En 1860, Abd El-Kader s'était levé à Damas contre les extrémistes qui voulaient en finir avec les chrétiens. Qui, dans le monde musulman, se lèvera pour renouveler ce beau geste ? L'islam, religion de la paix et de la tolérance, peut-il accepter que l'on tue des hommes, des chrétiens en son nom ? Fort heureusement, un message, comme celui du prince de Jordanie Hassan Bin Talal, longtemps président de la Conférence mondiale des religions pour la paix, invitant les musulmans du monde entier à dire leur amitié aux chrétiens d'Irak et leur soutien à l'archevêque enlevé et depuis assassiné à Mossoul, nous laisse remplis d'espoir.

Enfin, ce n'est pas le moins important, ce drame a aussi une répercussion universelle. La fin des chrétiens d'Irak, et demain peut-être de ceux du Liban, de Palestine, de Syrie ou d'Egypte, signifierait que le dialogue des cultures n'est plus possible, que les communautarismes ethniques et religieux l'emportent sur l'universalisme, que le vivre-ensemble mondial dans la diversité de nos civilisations que, croyants et incroyants, nous essayons de construire, n'est qu'un leurre. Chrétiens, juifs, musulmans, hommes de bonne volonté, nous n'avons pas le droit de nous taire.

Ce texte a été transmis aux Actualités unitariennes par Philippe de Briey

Ghaleb Bencheikh, présentateur de l'émission islam du dimanche matin à France 2 :  " La fin des chrétiens d'Irak, et demain peut-être de ceux du Liban, de Palestine, de Syrie ou d'Egypte, signifierait que le dialogue des cultures n'est plus possible, que les communautarismes ethniques et religieux l'emportent sur l'universalisme, que le vivre-ensemble mondial dans la diversité de nos civilisations que, croyants et incroyants, nous essayons de construire, n'est qu'un leurre. Chrétiens, juifs, musulmans, hommes de bonne volonté, nous n'avons pas le droit de nous taire".


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3 avril 2008 4 03 /04 /avril /2008 10:19

dans le cadre de son cycle consacré à Jérusalem, la Cité de la Musique présente : "La Passion selon les Eglises orientales" : Soeur Marie Keyrouz en concert, jeudi 10 avril à 20 h à la Cité de la Musique, Paris.

Originaire du Liban, l’un des grands carrefours de rencontres de l’Orient et de l’Occident, Sœur Marie Keyrouz, incarne parfaitement la synthèse de la spiritualité méditerranéenne.

Accompagnée de son Ensemble de la Paix, composé de musiciens et de chanteurs chrétiens et musulmans, elle a publié au cours de ces dernières années nombre d’albums, salués par la critique unanime et devenus pour beaucoup des classiques. Le répertoire de Soeur Marie Keyrouz et l’Ensemble de la Paix est composé de messages de paix, d’élévation, de passion, d’offrande et de remerciement à Dieu.

Lamentations baroques, avec
Salomé Haller soprano - Adolphe Attia voix - Ensemble Pulcinella - Ophélie Gaillard violoncelle, direction.

Jérusalem, ville sainte détruite en 587, a été l’objet de célèbres déplorations (les Lamentations de Jérémie), avant d’être chantée sur le même texte (les " leçons de ténèbres ") par d’innombrables musiciens baroques à l’occasion de la semaine sainte. Le parallèle était en effet délibéré entre la passion d’un Christ sacrifié et la chute de la ville sainte.

Tarif 29 € en 1er catégorie, 24 € en 2e catégorie,

 

Réservations : tél. 01 44 84 44 84 
www.cite-musique.fr

Cité de la musique - 221 avenue Jean Jaurès 75019 Paris,  M° Porte de Pantin (ligne 5)

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3 avril 2008 4 03 /04 /avril /2008 09:55

Fondée en 1856 par des laïcs, professeurs à la Sorbonne, l’Oeuvre d’Orient est une association catholique de bienfaisance régie par la loi de 1901 et placée sous la protection de l’archevêque de Paris. Les dons donnent droit à une réduction fiscale. L’aide va à des établissements scolaires, de soins et à des bourses d’études aux futurs prêtres et religieux, ainsi qu’aux centres de formation des catéchistes.

Son appel : " Les chrétiens de France au service des chrétiens d’Orient ".

L’association intervient en Ukraine, en Arménie, au Liban, en Israël et dans les pays musulmans du Moyen-Orient, jusqu’en Inde et en Ethiopie.

Dans plusieurs pays musulmans du Moyen-Orient, des églises sont attaquées, des prêtres et des évêques pris en otage et tués, des chrétiens menacés physiquement et écartés des responsabilités publiques ; les discriminations communautaires sont flagrantes et  la liberté religieuse remise quotidiennement en cause.

Œuvre d’Orient publie un bulletin trimestriel qui est une source d’information régulière sur la situation des chrétiens et des Eglises d’Orient ainsi que sur l’évolution des projets entrepris. Des spécialistes des religions et de l’Orient, journalistes ou hommes et femmes de terrain vous livrent leurs réflexions, analyses et témoignages. Et nous vous rendons compte de nos activités.

Au sommaire du n° 750, de janvier-février-mars 2008 :

I - Edito - Un nouveau départ par Mgr Brizard

II - Les Eglises syriaques - 6ème partie, par Harald Suermann

III - Les Arméniens d’Ispahan : un aperçu historique et ethnographique -4ème partie par Anne-Sophie Vivier-Muresan

IV - La laïcité est-elle possible en Egypte ? par Mgr Michel Chafik Youssef

V - Informations

VI - Vie des Eglises d’Orient

Ukraine : nouvel exarchat gréco-catholique à Lutsk

Les sœurs de St Joseph de Lyon : 100 ans de préence en Egypte

Mgr Sabbah : la paix est possible

VII - Témoignages oecuméniques 

VIII- Courrier : Egypte, Erythrée, Irak, Liban

IX - A lire

L'abonnement annuel est de 5 € incluant les frais d’envoi ; il comprend 4 numéros du bulletin par an et 4 lettres d’information. Il peut se faire en ligne ou par courrier à l’Oeuvre d’Orient - 20 rue du Regard 75278 Paris cedex 06

Abonnez-vous, faites un don, aidez les chrétiens d’Orient
avec l'Oeuvre d'Orient,
http://www.œuvre-orient.fr 

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1 avril 2008 2 01 /04 /avril /2008 15:15

article de Yazid Haddar, publié dans le quotidien algérien El Watan, le 31 mars 2008

" Pas de contrainte en religion. " Coran (Il, 256).


A-t-on le droit d’adhérer à une religion différente de nos parents ? Oui.
Peut-on imposer à une personne de se convertir à une religion ? Non.
Doit-on laisser les autres religions exercer leur culte ? Oui.

Les autres religions font-elles partie de notre patrimoine identitaire ? Oui.

Il y a tant d’autres questions que les Algériens doivent en poser, car c’est l’avenir de notre pays qui est en jeu. L’ordonnance n° 06-08 du 28 février 2006 adoptée le 20 mars 2006, qui fixe les conditions et règles d’exercice des cultes autres que musulmans, est une loi injuste et ne trouve guère sa place dans le monde civilisé.

Je me suis déjà exprimé à propos de cette loi que je trouve rétrograde et qui ne correspond pas à l’image d’un pays en pleine effervescence économique. En outre, cette loi ne respecte pas les normes d’une République moderne. J’espérais que notre Etat parvienne à protéger la liberté des consciences au lieu de les limiter à une seule conscience. N’est-ce pas là un retour à l’esprit totalitaire ? Les gouverneurs doivent intégrer dans leur pensée que nous sommes dans une République et non pas un royaume, que nous sommes des citoyens et non pas des sujets ! La citoyenneté est basée sur le respect des droits et devoirs de chacun.

Cependant, la religion se situe au niveau individuel, c’est à l’individu de choisir une liberté, une conscience qui lui correspond. Et l’Etat doit être le garant de cette diversité 2 (article 36 " La liberté de conscience et la liberté d’opinion sont inviolables "). Le mouvement national émane du modèle républicain français et est nourri par ses valeurs comme la laïcité, l’Etat de droit, la justice sociale, etc., (le fondateur du PPA, père du mouvement national, était influencé par Mustafa Kemal, fondateur de la Turquie moderne " 1923 - 1938 "). Cependant, la pratique démocratique est difficilement compatible avec la problématique de l’identité (religieuse) se définissant par les frontières qui séparent de l’autre.

La campagne politico-médiatique, en considérant toute question comme une agression et toute réponse comme une riposte, me semble exagérée et infondée. S’attaquer à une minorité qui ne représente même pas 1% de la population algérienne ne constitue qu’une provocation gratuite. Cette minorité représente-t-elle un danger pour le pays ? Porte-t-elle un message de haine et d’intolérance ?

Ce qui me gène dans cette question, c’est l’infantilisation du peuple algérien : on choisit à sa place. Depuis un siècle et demi, les Algériens étaient sous la domination coloniale française. Ils n’avaient guère songé à renoncer à leur religion (même les harkis sont restés fidèles à leur religion qui fait partie de leur identité). Cela dit, ceux qui ont opté pour d’autres formes de croyance et d’incroyance aiment leur pays comme tout le monde. Ils sont fiers d’appartenir à la nation algérienne et sont parfois plus chauvins que ceux qui se réclament les gardiens du temple " de l’identité nationale ". Cette campagne médiatique est menée à la manière d’Al-Jazeera : chaque jour, nous avons droit à un article sur la communauté chrétienne algérienne vivant en Algérie ou ailleurs. Ce n’est qu’une alimentation de l’idéologie et de la pensée répandue, adoptée par ceux qui croient aux chocs des civilisations !

Tant mieux, s’il existe dans ce pays des personnes qui pensent et croient différemment, car si tout le monde pense de la même façon, personne ne pense, comme dit le philosophe. Nous sommes très loin du cas des pays d’Orient où chaque religion est importante.

La présence chrétienne en Algérie ne date pas d’aujourd’hui, elle fait partie de l’histoire de notre nation. Des noms célèbres de l’Eglise ont marqué l’histoire de cette dernière. Doit-on nier cette partie de nous ? Doit-on l’extirper de nos manuels scolaires, de nos têtes pour satisfaire une minorité qui ne parvient pas à regarder et à assumer toutes les racines historiques de cette partie du monde. Pendant la guerre de Libération, combien de prêtres ont-ils pris position pour l’indépendance de notre pays ? A-t-on oublié le combat mené par le " Témoignage Chrétien " contre la torture en Algérie ? Chrétiens et communistes du monde ont participé de près ou de loin à l’indépendance de notre pays. On se souvient du cardinal Duval, le père Clavier, le père Scotto, des sept moines sauvagement assassinés et tant d’autres qui ont donné leur vie pour nous et notre pays. Ils aiment notre pays, ils ont épousé nos traditions, notre langue. Ils étaient là (ils sont toujours) avec nous pendant la décennie noire, en assurant les bibliothèques, des espaces de culture, alors que les autochtones quittaient le pays.

Ce ne sont pas le père Pierre Wallez, qui célèbre une messe pour une fête de Noël pour les chrétiens émigrants, ni le centre social où travaille le père Jan Heufi (qui a consacré sa vie aux sourds et muets algériens) qui vont déstabiliser le pays.

Imaginons qu’une communauté musulmane, vivant clandestinement dans un pays européen, célèbre la prière de l’Aïd et que les autorités de ce pays emprisonnent l’imam pour prosélytisme. Quelle serait la réaction des musulmans du monde ?

On parle beaucoup de la tolérance et on crie à l’injustice, lorsque les autres touchent à nos libertés, mais qu’en est-il de nous ? La liberté du culte chez nous régresse et cette intolérance pousse des Algériens à l’exil. Il serait préférable de canaliser l’énergie gaspillée pour semer la peur de l’autre, afin de construire un Etat de droit et développer la modernisation de notre société. Comme l’a écrit Lahouari Addi, " le plus urgent n’est pas de définir aujourd’hui les fondements culturels de la nation ; il est plutôt de la doter d’institutions représentatives des individus et des groupes sociaux qui la constituent sociologiquement et qui eux-mêmes construiront à travers le temps les fondements culturels. La culture n’est pas seulement une mémoire collective, elle est surtout une pratique vivante en perpétuel devenir ".

Dans le préambule de la Constitution algérienne, on trouve que la Constitution est au-dessus de tout, elle est la loi fondamentale qui garantit les droits et libertés individuels et collectifs, protège la règle du libre choix du peuple et confère la légitimité à l’exercice des pouvoirs.

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1 avril 2008 2 01 /04 /avril /2008 11:49

Communiqué du Manifeste des libertés : " Notre solidarité avec les chrétiens d’Algérie ", Paris, le 27 mars 2008.

Des médias dignes de foi font état d’un climat de harcèlement et de pressions sur les Eglises chrétiennes, tant catholiques que protestantes, à travers tout le territoire.

La loi du 28 février 2006, régissant les " conditions et règles d’exercice des cultes autres que musulmans ", a pour objectif premier d’assurer " la tolérance et le respect entre les différentes religions ". Les restrictions qui l’accompagnent ne visent que " les activités illégales des évangéliques néo-conservateurs développant un prosélytisme agressif ". Aujourd’hui, ces restrictions sont étendues aux membres des autres Eglises, dont le comportement ne peut être assimilé à du " prosélytisme ".

Outre les difficultés de tous ordres auxquelles sont confrontées les communautés évangéliques récemment constituées, on rapporte :

* l’expulsion, en 2005, d’une vingtaine d’étudiants africains qui avaient participé à une rencontre biblique à Tizi-Ouzou ;

* la radiation de l’Education nationale pour " prosélytisme " d’un directeur d’école et d’un instituteur, citoyens algériens de confession chrétienne, en décembre 2007 ;

* les tracasseries administratives pour les visas d’entrée des responsables de congrégations religieuses engagées dans le pays, ou pour leurs remplacements ;

* la condamnation, le 30 janvier 2008, par le tribunal de Maghnia, du Père Pierre Wallez, du diocèse d’Oran, à un an de prison avec sursis pour avoir prié, un mois plus tôt, le lendemain de Noël, avec un petit groupe de migrants clandestins subsahariens " hors d’un lieu de culte " ;

* la condamnation, par ce même tribunal, à deux ans de prison ferme, d’un médecin algérien accompagnant le Père Wallez : il est accusé d’avoir exercé la médecine hors du centre public de soins dont il a la charge, en faisant usage du matériel du centre ;

* l’expulsion – suspendue, depuis – du pasteur Hugh Johnson, ancien président de l’Eglise protestante d’Algérie, où il réside depuis quarante-cinq ans, et de quatre volontaires brésiliens de la communauté Salam.

Ces mesures qui nous préoccupent au plus haut point sont la marque d’une idéologie rétrograde et obscurantiste, empêchant l’exercice des libertés individuelles de conscience, de culte et d’expression, que garantit la Constitution.

Peut-on oublier qu’à la tête de l’Eglise d’Algérie, monseigneur Duval fut l’une des premières personnalités à condamner publiquement la torture pratiquée par l’armée française, et que de nombreux réseaux chrétiens ont soutenu activement la lutte du peuple algérien pour son indépendance ? Faut-il rappeler le prix que l’Eglise a encore payé durant les années 1990 pour ses relations d’amitié et de partage, avec l’assassinat de dix-neuf de ses membres, dont monseigneur Claverie, évêque d’Oran, et les sept moines de Tibéhirine. Comment ignorer qu’aujourd’hui encore, loin de tout prosélytisme, elle reste " Eglise de la rencontre ".

L’Algérie doit redevenir un pays d’accueil et de fraternité pour tous ceux qui y vivent, et ne pas céder au climat d’islamisme rampant dont de tels agissements sont les symptômes.

Nous assurons les chrétiens d’Algérie de notre sympathie et de notre solidarité, et demandons aux autorités de mettre fin à la campagne de harcèlement à leur égard.


Pour information et contact : Association du Manifeste des libertés (AML),
manifeste@manifeste.org

Ce texte nous a été transmis par Jean Riedinger, responsable de l’Observatoire chrétien de la laïcité (OCL), instance à laquelle adhèrent plusieurs mouvements de la Fédération des réseaux des parvis
.

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