le calice des unitariens

chaque communauté unitarienne arbore un blason ou un logo. Voici celui des unitariens qui sont regroupés au sein de l'Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU). Voir sur son site à la rubrique "le calice des unitariens"
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C’est vrai que le Conseil français du culte musulman (CFCM), l'instance officielle mise en place en 2003 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, ne brille guère par ses déclarations ! Alors que les Français souscrivent très volontiers aux propos de Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris et des imams de plusieurs autres grandes villes comme Marseille, Bordeaux, etc..

Pourquoi un tel décalage ? Dans un ouvrage publié début 2005, chez Calmann-Lévy, la politologue Fiammetta Venner, dénonçait déjà, en titre de son livre L’OPA sur l’islam de France par l'Union des organisations islamiques de France (UOIF). Interviewée par Jacqueline Remy et Boris Thiolay de l’Express en février 2005, on en apprend de vertes et de pas mûres. Cet interview, intitulé "La face cachée de l’UOIF" a été reproduit sur le site ProChoixNews du lundi 2 mai 2005

 

L'UOIF a été créée en 1983 par des émules de deux formations islamistes. D'un côté, des fans de Rachid Ghannouchi, créateur du groupe islamiste tunisien Ennadha et disciple des Frères musulmans (expulsé de son pays et interdit de séjour en France, il s'est réfugié en Angleterre en 1991). De l'autre, des admirateurs de Fayçal Mawlawi, un Frère musulman libanais qui a vécu en France, a participé à la fondation de l'Association des étudiants islamiques de France (AEIF) et est aujourd'hui responsable de Jamaat Islamiyya, une organisation terroriste au Liban. Au début de ces années 1980, ce n’était qu’un petit cercle d'étudiants et d'activistes islamistes en exil.


Mais depuis 2003, date de la mise en place du CFCM par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, cette fédération d'associations est devenue un interlocuteur privilégié de l'Etat français pour la gestion de l'islam en France. Largement financée par des fonds du Moyen-Orient, l’UOIF achète en effet des mètres carrées de locaux, multipliant partout des mosquées de proximité, ce qui lui donne le droit d’être super représentée au sein du CFCM, laquelle pour ses élections se base précisément sur la superficie des mosquées. CQFD !


Or l’UOIF est une filiale de l'Union des organisations islamiques en Europe, basée à Londres, laquelle diffuse la doctrine officielle des Frères musulmans, organisation parfaitement intégriste qui vise à l’instauration de la charia (les premières brochures de l'UOIF traduites en français provenaient de la Leicester Foundation), et qui a une main mise totale sur le Conseil européen de la fatwa, une instance religieuse.


Le 28 juillet 2003, à Stockholm, cette instance religieuse a défrayé la chronique en justifiant les attentats suicide : il ne fallait plus appeler ces actions des "attentats suicides" mais des "gestes de martyrs", parce que les "fils de Sion" - s'agit-il des Israéliens ou de tous les juifs ? - sont tous (civils ou pas) "des soldats". Jusqu’à présent, elle est la seule instance religieuse du monde arabe a avoir été aussi loin.


L’UOIF est bien organisée, très actives sur les campus universitaires et lors des Ramadan ; elle organise chaque année un grand un meeting au Bourget ; elle finance et soutient le Comité de bienfaisance et de secours aux Palestiniens (CBSP), qui récolte des fonds pour le Hamas, organisation armée palestinienne inspirée par la doctrine des Frères musulmans. Elle se présente (comme Tarik Ramadan qui lui est proche) comme "moderniste", mais au sens de l’utilisation des formes modernes de communication : parler en français, utiliser les moyens modernes de communication, des technologies, aller à l’école (et y imposer le voile islamique – l’UOIF finance des avocats pour défendre les jeunes filles musulmanes victimes de notre système scolaire !), faire du prosélytisme et convertir la vieille Europe, terre de mission (mais les chrétiens n’ont rien à dire, eux qui ont envoyé des missionnaires partout dans le monde, avec des méthodes parfois / souvent rudes pour les autochtones "païens" !), avoir une stratégie mondialiste.


Ceci dit, même si l’UOIF avance masqué, ses agissements et les propos de ses fondateurs et militants, à l’heure de l’Internet, sont bien connus (à moins de jouer aux autruches) *. Pour Jaballah, cofondateur de l’UOIF : "L'UOIF est une fusée à deux étages. Le premier étage est démocratique, le second mettra en orbite une société islamique". Au moins, on ne trompe pas le client avisé sur la marchandise !

* propos et opuscules anti-sémites, prises de position contre la laïcité, la mixité dans les écoles, le droit à l’avortement, etc., pour le port du voile à l’école, le communautarisme chaque fois que nos braves démocraties l’acceptent, etc.  Plus réac, je meurs !


Grâce au CFCM et l’entrisme de l’UOIF en son sein, la France est-elle devenue une base arrière de l’islamisme en Europe ?


Nonobstant ses prétentions exorbitantes : dire ce que tout bon musulman doit faire dans une vision tout à fait étriquée et passéiste de l’islam, cette mouvance compte surtout des militants et fort peu de théologiens. Pourtant, l’UOIF a un institut de formation des imams, dirigé par Youssef al-Qaradhawi, mentor des Frères musulmans, chef du Conseil européen de la fatwa, prédicateur télé sur la chaîne Al-Jazira, à la tête d'une fortune colossale et conseiller religieux de la plupart des grandes banques islamiques dans le monde (il a fait sa thèse théologique sur la zakat, l’aumône légal en islam, afin de la rendre compatible avec le système bancaire "islamique").


Les barbus salafistes sont en concurrence violente avec les Frères musulmans : querelle interne pour la bonne guidance de l’intégrisme musulman. Eh oui ! on se bouscule pour surfer sur la vague ! Ils sont aussi en concurrence, lors des élections, avec les musulmans de France qui sont nombreux à continuer à se référer à leurs pays d’origine respectifs dans le cadre de leurs propres fédérations (les musulmans marocains, algériens, turcs, et réunionnais), soit le maintien d’une logique nationale à l’encontre des grands mouvements islamistes (des Frères musulmans, des wahabites, des salafistes, etc.)

... mais jusqu’à quand à l'heure de la mondialisation ?

Samedi 5 décembre 2009 6 05 12 2009 04:51
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : l'islam en Europe
Communauté : Religions en toute liberté - Recommander
par Thierry Moralès, cofondateur des Amitiés islamo-unitariennes, éditeur du site Yeshu-bar-maryam, déclaration envoyée au forum des unitariens francophones le jeudi 3 décembre 2009

Selon un sondage Ifop, 41 % des personnes interrogées s'opposent à l'édification de lieux de culte musulmans contre 22 % en 2001. Après la votation suisse sur les minarets, un sondage à été réalisé en France par l'IFOP. Selon ce sondage, 46 % des Français sont favorables à leur interdiction. Près de 40 % les acceptent et 14 % ne se prononcent pas.  « Les Français sont partagés, mais la crispation autour de l'islam n'a jamais été aussi forte »  note le responsable du sondage Jérôme Fourquet.

Mais derrière la question du minaret se profile celle de la mosquée. Seuls 19 % des Français acceptent qu'on en construise. Il s'agit de la proportion la plus faible de ces vingt dernières années.

Personnellement, je me réjouis des minarets comme je me réjouis des clochers parce qu'ils indiquent les uns et les autres la présence de la foi et une vie de prière. Dans une société hyper matérialiste, où les marchandises et les profits sont les nouvelles idoles, comment ne pas se réjouir que des femmes et des hommes aient une vie de prière, une vie spirituelle et aspirent à autre chose que simplement gagner du fric ou en dépenser ?

L'islam est aujourd'hui la deuxième religion de France et la majorité des musulmans vivant sur le territoire sont français. Il faut cesser de percevoir la religion musulmane comme une religion étrangère. L'islam est aujourd'hui une composante de la culture française, de la richesse spirituelle française. De plus, dans un état laïc, la religion musulmane est aussi légitime que n'importe quelle autre.

Bien sûr s'ouvrir à l'islam ne signifie pas accepter tout et n'importe quoi au nom de l'islam. L'environnement et les règles d'urbanisme sont notamment à prendre en considération. Il est nécessaire de se défendre contre toute forme d'extrémisme et d'intolérance religieuse. Mais se défendre contre les formes sectaires et totalitaires de l'islam ne doit pas déboucher sur un rejet de la foi musulmane en tant que telle. Or, refuser la présence des mosquées sur notre sol revient à refuser la présence de la foi et de la prière musulmanes. Un tel refus ne peut que durcir les positions des uns et des autres, ne peut que favoriser les extrémismes de tous poils qui jouent sur la peur, l'ignorance et l'amalgame.

Au lieu de s'enfermer dans une position de victime et de jouer la confrontation, les musulmans et les non musulmans auraient au contraire intérêt à se tendre la main, à favoriser au maximum le dialogue et à collaborer à une cohabitation sereine et constructive. Tout le monde aurait à y gagner.

Oui à la complémentarité pacifique des spiritualités et des bonnes volontés, oui à la fraternité sans discrimination et à la collaboration de tous pour un monde meilleur ! Paix à mes frères et sœurs de l'islam !

Vendredi 4 décembre 2009 5 04 12 2009 11:39
- Par Thierry Moralès - Publié dans : l'islam en Europe
Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

communiqué de presse de l’Observatoire chrétien de la laïcité (OCL) *, par Jean Riedinger, secrétaire de cet observatoire, le 2 décembre 2009.
* L’OCL réunit plusieurs associations membres de la Fédération des réseaux des Parvis (cependant pas toutes et n’engage donc pas cette Fédération en tant que telle).

Le résultat lamentable de la votation
de dimanche 29 novembre en Suisse a sans doute des causes sociales multiples. Ce vote est fondé, entre autres, sur la peur de l'autre, une peur favorisée par la méconnaissance des réalités de l'islam et l'étroitesse d'esprit qui crée des réflexes d'intolérance. Les intégrismes religieux chrétien et musulman portent une part de responsabilité dans cette dérive, et les analyses mensongères et haineuses de l'Extrême droite populiste ont encouragé ces tendances.

L'Observatoire chrétien de la laïcité analyse aussi ce résultat comme une défaite de la laïcité. Dans nos sociétés pluralistes et sécularisées où vivent ensemble des personnes de convictions et de croyances diverses, religieuses, athées, agnostiques, l'État démocratique laïque garantit les droits de la personne humaine et notamment la liberté de conscience. Cette dernière est protégée contre toute idéologie officielle ou tout communautarisme clos par cet Etat laïque qui garantit aussi les libertés d'association et de cullte dans le cadre du respect de la loi démocratique et des droits humains. L'Etat laïque ne reconnaît aucune religion, aucune conviction et se trouve ainsi dans l'obligation d'assurer l'égalité de traitement des citoyens. Cette obligation joue évidemment en faveur de l'islam comme des autres formes de conviction, religieuses ou non.

ndlr de la Correspondance unitarienne - les affiches de la campagne référendaire ont été d'une rare violence de la part des partis de l'Extrême droite suisse à l'origine de cette initiative. Elles rappellent les temps haineux du nazisme. On ne les imagine pas dans le paysage politique français actuel. Dieu merci et merci à la laïcité à la française !



Dans cette optique, refuser par principe la construction de minarets, c'est refuser aux musulmans, s'ils le désirent, dans le cadre des pratiques légales de l'urbanisme, de manifester dans l'architecture de leurs lieux de culte un signe symbolique de leur foi, comme peut l'être un clocher pour les chrétiens ou tout autre symbole architectural signifiant. Une telle attitude d'intolérance et de ségrégation religieuse et culturelle contredit les convictions laïques
en même temps qu’elle prouve une dangereuse immobilité culturelle.

Jeudi 3 décembre 2009 4 03 12 2009 11:51
- Par Observatoire chrétien de la laïcité (OCL) - Publié dans : l'islam en Europe
Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

La "burqa" (les communautarismes de tous bords) et moi : pour une réflexion citoyenne sur la montée des fanatismes (et des intolérances induites) en ce début de siècle, par Michel Jamet, rédigé en février-mars 2004 (à Arêches-Beaufort/Bazemont) et toujours actuel.

Un conte moderne


Mettons - supposition gratuite - "qu’on serait" amis, le professeur Albert Jacquard et moi. Outre l’éminent généticien que l’on sait, l’excellent homme qui se bat (avec quelle fougue !) pour accueillir les sans-papiers, les sans-logis, etc., "m’aurait" téléphoné voici quelques mois : " Ecoutez ami, vous êtes avec votre femme tous seuls dans une grande maison : ça serait bien d’y loger quelque temps un couple de Pakistanais que  Droit au logement vient de réceptionner à Roissy ...".  Comment refuser à l’ami Albert Jacquard ? Qui se dévoue tellement plus que moi aux autres ! Because ma mauvaise conscience de "nanti" confronté à la détresse des populations du Sud - dont précisément le destin venait confier deux spécimens à ma générosité judéo-chrétienne.


En étant rigoureusement objectif, ça a été – dès le deuxième jour - le début des "emmerdes". Le mari barbu (dans un anglais "pakistanais" magnifiquement compréhensible pour moi) m’a pris à part : "Ça ne peut pas durer, Sir. Vous sortez à n’importe quelle heure de la salle de bains en tenue légère en plus ! Pour ma femme, c’est une offense à sa religion. Il faudra des horaires séparés. Elle prendra de 8 à 9 heures (mais votre femme pourra partager cet horaire : ça la religion le permet). "


Un nouveau problème est apparu (le lendemain soir) en cuisine : " Ça ne peut pas durer, Sir. Hier soir vous avez dîné d’une frisée aux lardons. Mais votre épouse a fait revenir les dés de lard dans la poële. Même lavée, ça garde des traces de porc ! Du coup on n’a pas pu s’en servir pour réchauffer nos galettes de maïs à nous : ç’aurait été contraire à la religion. "


Le 3ème jour, c’est devenu évident : on dérangeait - il allait falloir qu’on pense à déménager ! C’est arrivé aux Serbes orthodoxes qui (durant mille ans) s’étaient crus chez eux au Kosovo * ...
Parabole ? Ouais ... Il n’est que de voir dans les "quartiers" (dès que les prêcheurs salafistes, en dépit de leur français incertain, se sentent en position de force, donc dominants) comment les règles de l’islam intégriste sont imposées à tous sous la menace de représailles. Y compris à une population "de souche" majoritaire dés que celle-ci se retrouve numériquement isolée. A tolérer de tels comportements sectaires, alors Le Pen n’a pas fini de faire des adeptes ...
* voir dans la même rubrique "Islam en Europe", nos cartes sur l'islam dans les Balkans


les diktats religieux

On n’a pas de chance : moins d’un siècle après s’être soustraite aux diktats de l’Eglise romaine, voilà que la société française se voit de plus en plus contestée, dans sa culture du quotidien, par une fraction minoritaire mais tellement plus "volontariste" : faut-il rappeler qu’en 1917 les bolcheviks représentaient à peine 5% de la population russe ; en 2004, sur les 61 millions de français répertoriés par l’INSEE cinq sont (sinon de confession) de "culture" musulmane.


Il ne suffit pas à des filles voilées d’invoquer leur "liberté" en brandissant dans les défilés une carte d’identité française (acquise à leur naissance 20 ans plus tôt via le droit du sol) pour défier les lois de la République. Et de prétendre "choisir" ceux des cours de l’école laïque auxquels la religion leur interdirait de participer : Education physique, Sciences de la vie, etc. ... Si les dites jeunes personnes avaient été Turques nées en Allemagne (jusqu’à ces dernières années), elles se sauraient, comme leurs parents vivant en République fédérale "étrangères" au statut révocable de résidentes et assujetties en tant que telles au "devoir de réserve".
"Devoir de réserve" qui au demeurant ne devrait jamais poser problème : si je séjourne dans un pays dont la culture est diamétralement différente de la mienne, la moindre des corrections implique pour moi l’arrivant de respecter les convictions et usages autochtones, j’en reviens à la parabole de mon "barbu" pakistanais ...


Autant il est chrétien d’accueillir "les mains ouvertes" les immigrants économiques chassés par la misère de leurs pays d’origine, autant apprécierait-on qu’ils n’oublient pas trop vite qu’avant de se sentir ici "chez eux" ils ont été accueillis (depuis à peine quelques décennies) par un pays imprégné dans ses comportements au quotidien par quinze siècles de culture "chrétienne" : observation valable y compris pour les plus athées des Français de tradition ...


Le refus d’une fraction notable des nouveaux arrivants de cantonner les manifestations de leur foi religieuse à la sphère privée sera vécu par le citoyen lambda comme une provocation. Le voile à l’école n’en est pas le symptôme le plus choquant : voir le comportement incroyable dans la période récente de certains maris "barbus" aux urgences de notre hôpital public ... Si cette tendance lourde devait perdurer, alors la xénophobie aurait encore de beaux jours devant elle. Essentiellement dans les couches les moins favorisées de la population française : celles qui ont longtemps voté communiste et qui par désespérance se tournent vers le Front national (FN).


Mais la tentative de mainmise du religieux sur la société civile n’est pas nouvelle ... Au-delà de notre débat franco-français, je citerai un point de vue d’outre-Rhin avec Gerhardt Stenger : "De Galilée à la fin du XIXe siècle, l’Eglise a opposé une résistance farouche à tout ce qui semblait entamer son autorité sur les âmes. La République a imposé Darwin contre l’interprétation littérale de la Bible (...). Il faut que la femme appartienne à la science ou qu’elle appartienne à l’Eglise ! s’écriait Jules Ferry. Dans le même temps, l’Allemagne Bismarckienne la cantonnait "aux trois K" : Kinder, Kirche, Küche (les enfants, l’Eglise, la cuisine) " - triptyque remis à l’honneur par les nazis ".

Jacques Julliard enfonce le clou : " On dit que l’essence de l’islam est de confondre le temporel et le spirituel... Comme si ce n’était pas le cas de toutes les religions ! Certes le Christ paraît avoir eu une claire prescience du problème en distinguant entre le domaine de César et celui de Dieu. Mais l’Eglise, infidèle à ce précepte, a mis près de dix-neuf siècles à se résigner à la laïcité. Aujourd’hui, personne n’est plus convaincu qu’elle de l’intangibilité de la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise, des Eglises et de l’Etat : Pie X a dû s’en retourner dans sa tombe ! ".


La loi de 1905 m’amène à Tarik Ramadan, le très médiatique islamiste qui vit à Londres ... où il verrait bien appliquer la charia ! Ce type a un culot d’enfer ! Titulaire d’un passeport "suisse" ratione loci mais de famille égyptienne à 100%. Et qui se permet dans ses conférences et interviews de s’interroger sur la "légitimité" (sic) de tel ou tel article de notre loi de 1905 (votée rappelons-le par les élus du peuple français). A ce niveau, l’impudence devient un art ! Et si on inversait le cas de figure ? Je me pointe à Téhéran, Ryad ou Khartoum pour dénoncer dans l’une quelconque de ces riantes théocraties telle ou telle disposition (odieuse selon moi) de la charia, qu’est-ce qui m’arrivera ? Voir Salman Rushdie obligé de se cacher depuis 15 ans ! Et c’est dans ces mêmes capitales (et quelques autres) que les ambassades de France ont été voici peu assiégées par des foules "spontanées" criant leur indignation devant les entraves opposées par le législateur français au libre exercice sur notre sol de la religion musulmane.


Claude Lévi-Strauss : "Les civilisations ont le droit de se défendre et dans ce sens une certaine dose de " xénophobie " est légitime – qu’il ne faut pas confondre avec du racisme ... " Le droit de se défendre ...


Le principe est bien connu : "Plus c’est gros, mieux ça passe !". Personne en Occident n’a seulement pensé à rappeler, aux pays où l’islam est religion d’Etat, que chez eux la pratique de toute autre religion est tout simplement interdite ! Pire : en Indonésie ou au Pakistan on a vu des commandos islamistes décimer à la mitraillette les fidèles catholiques ou protestants sur leur lieu de culte même. En mars 2004 au Kosovo "islamisé" : 25 églises ou monastères orthodoxes incendiés, plus de vingt morts et six-cents blessés.


Ça veut dire : je vous mets en demeure d’accepter chez vous ce que je vous interdis chez moi ! Dans ses conférences, Tarik Ramadan l’exprime de façon bien plus soft, moins provocatrice que les prêcheurs wahhabites envoyés dans nos banlieues par des "fondations" saoudiennes : il suggère (chez nous) un moratoire à la charia quant à la lapidation des femmes adultères !


Mais les uns et les autres prônent bien le même islam "englobant", c'est-à-dire, supérieur par essence aux lois "humaines" du pays européen d’accueil (la France en ce qui nous concerne) considéré par le croyant comme "dar el chahada" (terre de prosélytisme et donc de conquête ...). C’est, je présume, cet aspect arrogant d’un islam conquérant qui a dû "donner des boutons" à Michel Houellebecq ("L’islam est vraiment la religion la plus con ...") ou à Claude Imbert qui avouait voici quelques mois dans un édito du Point qui a fait des vagues : "Autant le dire, je suis devenu islamophobe ! ". Ce qui n’est pas très gracieux non plus ...

suite en (2)

Jeudi 3 décembre 2009 4 03 12 2009 08:35
- Par Michel Jamet - Publié dans : l'islam en Europe
Communauté : Unitariens - Recommander

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de la laîcité

Circulaire de Jules Ferry, ministre de l’Instruction publique (1890) aux recteurs : " Les élèves entrent en classe tête nue." (texte lapidaire mais bien trop simple ...). On a su par les gazettes que la récente loi française [rappel : ce texte a été rédigé en février / mars 2004] interdisant le voile à l’école avait suscité non seulement à Téhéran (ce qui n’étonnera personne) mais aussi en Occident (anglo-saxon notamment) une émotion-réprobation attristée devant "l’intolérance française". C’est finalement assez "normal" dès lors que l’Histoire (avec un grand "H") a conduit nos démocraties occidentales sur des chemins passablement divergents au regard de la laïcité : depuis la Grande Charte de 1215, la devise britannique proclame "Dieu et mon droit" ; auquel répond le "Gott mit uns" de l’Empire allemand (repris à la Deuxième guerre mondiale jusque sur les boucles de ceinturons de la Wehrmacht ...) ; quant aux Etats-Unis, on a le choix avec le "In God we trust" (et pas n’importe où : sur les billets de 100 dollars !), outre (la main sur le cœur) "God bless America", etc.


Alors que dans le même temps, nous avions en France (avant même la chute de la Royauté) le scepticisme des "Lumières", les encyclopédistes Diderot, Voltaire. Et avec la Révolution, la proclamation en 1792 d’une République laïque qui tout au long du XIXème a enfanté les Jules Ferry, Viviani et Clémenceau qui furent les cauchemars de l’Eglise de l’époque ... Car il n’y a pas que l’islamisme : les "Born again Christians" et autres évangélistes américains qui parlent avec George Bush de " Croisade de l’axe du Bien contre l’axe du Mal" seraient bien mal placés pour critiquer le communautarisme des autres !


et pourquoi occulter la montée en puissance du communautarisme juif même hors d’Israël :


Juste une expérience personnelle pour illustrer le phénomène. J’ai depuis cinquante ans un ami proche, Albert D., Juif sépharade de son état et côté religion "n’en a rien à cirer" (...), qui vit depuis que je le connais un agnosticisme tranquille. Et qui aurait volontiers épousé naguère (si ça n’avait dépendu que de lui) une fille goy que je connais bien : tout ça pour dire que l’apartheid communautaire, ça n’est pas du tout sa tasse de thé.

Mais Albert a eu deux filles au mariage desquelles j’ai été convié. Réception les deux fois dans un restaurant connu du Bois de Boulogne avec une pléiade d’invités. Bref le grand truc ! Les mariés : juifs ultra-religieux (pourquoi pas ?) ; dîner intégralement "casher" (y compris les vins et le champagne !). Morceaux joués par l’orchestre : uniquement du folklore israélien. Nous qui faisions partie des 2% de goys invités, on se sentait un peu "étrangers" car risquant par ignorance, tels Louis de Funès dans Rabbi Jacob, de commettre Dieu sait quel impair ...


deux pêcheurs dont l'un s'appelle Moïse et, jouant de sa spécificité, reproduit le miracle de la traversée de la Mer rouge au grand dam de son meilleur ami !

En fait, cet apartheid d’un autre genre ne devait rien au hasard, les mariés ayant récusé pour la cérémonie la synagogue la plus proche de leur domicile - au motif qu’y officiait un rabbin "libéral" qui acceptait de bénir les mariages mixtes ! On pourrait qualifier ce comportement d’un peu "raciste" - s’il était le fait de toute entité ethnique autre que la communauté juive. Impensable ! à cause de la Shoah dont l’évocation, vite dégainée, continue à nous culpabiliser. Mais après ça, critiquer "l’arrogance" du communautarisme musulman devient ... difficile !


retour au voile islamique

On a tout dit et tout écrit ces derniers temps sur la "symbolique" du voile :  asservissement de la femme à l’homme, etc. Moi je trouve (pour une fois) qu’on "charge un peu la barque" de l’islam en oubliant le contexte historique de l’Hégire (VIIe siècle) où est apparu le Coran - et pour qui il a été écrit : des chameliers illettrés et rustiques dont il fallait (peut-être) freiner les réflexes de "mâles prédateurs" vis à vis des femelles ... En protégeant donc ces dernières ! Ce rapport inégal entre les sexes était d’ailleurs inscrit dans la culture commune de l’époque : si ça se trouve, le Prophète (vu les innombrables emprunts qu’il a faits à la Bible) a aussi "pompé" saint Paul dont la 1ère Epître aux Corinthiens - sortie de son contexte historique – susciterait un infarctus à n’importe quelle féministe du XXIe siècle (si elle oublie que l’apôtre écrivait pour la société de ses contemporains du 1er siècle ap. J-C).


Je le cite dans l’excellente traduction de Louis Segond (éditée par la Maison de la Bible à Genève) "Toute femme qui prie la tête non voilée déshonore son chef : c’est comme si elle était rasée (...). L’homme ne doit pas se couvrir la tête puisqu’il est l’image et la gloire de Dieu – tandis que la femme est la gloire de l’homme (...). L’homme n’a pas été créé à cause de la femme mais la femme a été créée à cause de l’homme. C’EST POURQUOI la femme doit porter sur la tête une marque de l’autorité dont elle dépend ... " Texte auquel fait écho le Coran : Sourate II, 228 : " Les femmes ont des droits (compatibles à leurs obligations et à l’usage). Les hommes ont cependant prééminence sur elles ..."
.


Quel "macho" oserait écrire ça en 2004 ? C’est quand l’islam se crispe sur une interprétation littérale de la charia - entre autres - qu’il confine pour nous à l’odieux : la "lapidation de la femme adultère" (pas de l’homme adultère, non !) et l’amputation de la main du voleur ... Alors qu’il s’agit de prescriptions destinées (voici quinze siècles !) à des Bédouins faméliques de la péninsule arabique - pour qui le vol de leur chameau était effectivement un drame (justifiant la vengeance sur le poignet du "criminel", quand on arrivait à le rattraper ...). Sauf qu’en 2004 en Arabie saoudite, la charia qui édicte cette barbarie est toujours appliquée ... aux voleurs de scooters !


"Mon voile, ma burqa, ma pudeur, ma liberté, c’est ma religion, etc."


1 – " ma pudeur... "


La répétition "en boucle" d’une absurdité n’en fait pas une vérité ... En quoi les cheveux féminins seraient ils plus indécents à la vue des hommes que l’inverse ? Je cite littéralement le président du Parti islamique de Malaisie : " Tout ce qui incite à l’adultère doit être interdit. Si une femme ne se voile pas, moi-même je risque d’être excité " J’ai lu ailleurs que "dans la tradition musulmane, les cheveux féminins seraient pour l’homme une évocation insupportable des poils pubiens (sic)". C’est n’importe quoi, voir le jugement lapidaire de Michel Houellebecq ...


Le voile (le mot faisant peur, on le détourne avec des litotes dérisoires : "foulard", "bandana") mais qu’est-ce d’autre qu’une pièce de tissu que des traditions "culturelles", fétichistes et machistes, imposent à la moitié féminine des populations en terre musulmane ? Pas partout d’ailleurs ! Il est plaisant de constater que de très jeunes filles d’origine tunisienne ou turque tentent en France d’imposer leur voile dans l’enceinte de l’école de la République... alors que ledit voile est proscrit dans leur pays d’origine (où personne ne se risquerait à contester !).


2 – " ... ma liberté "


Il serait bien intéressant dans l’absolu (car impossible à mettre en œuvre dans la pratique) d’organiser un referendum à bulletins secrets invitant les femmes de Kaboul à dire si le port de la burka résulte de leur plein gré ... Comme si une religion honorable pouvait conditionner ou réduire une "conduite juste" au port d’un carcan destiné à masquer l’œuvre du Créateur ...


Quel mâle afghan accepterait de ne se déplacer qu’à demi-étouffé (avec un été à 50° Celsius) par le port de cette burka, variante grillagée du voile mais imposée aux femmes exactement à partir des mêmes principes islamiques que le "foulard" ? Je ne désespère pas d’apprendre qu’un jour, dans tel collège du Val Fourré (ou des Minguettes), une de nos jeunes suffragettes musulmanes se sera pointée en "burqa". Rien que pour guetter les réactions des copines ...


Ce choix qui est refusé aux afghanes, les navigants d’Air France le constatent de facto dès que leur appareil décolle de l’escale de Téhéran pour regagner Charles de Gaulle : en un éclair les tchadors sont escamotés dans les bagages à main ! Au profit de la trousse à maquillage ...


En matière de conclusion ...


Il faut rappeler en passant que le Kosovo, terre chrétienne orthodoxe durant mille ans, a fait l’objet d’une immigration musulmane continue depuis l’occupation turque et que la majorité serbe-orthodoxe y est devenue minorité à l’époque moderne : certains y réclament déjà l’application de la charia. Alors que la "liberté" de chacun (si souvent invoquée à tort) doit trouver ses limites dans celle des autres, de ceux qui ont eux aussi le droit de penser !


Comment faire comprendre à nos nouveaux fondamentalistes que la religion, la relation de l’homme avec le sacré ne doit se pratiquer, s’affirmer, exister, que dans la sphère privée. Que la foi est affaire personnelle. Et qu’elle n’a donc rien à faire dans l’espace public.


ndlr : Qu'on se le dise ! Les unitariens, adeptes de la liberté de pensée individuelle, ne s'interdisent pas les coups de gueule ! Ils le font toujours en leur nom personnel et signent des textes d'auteur. De là leur franchise, parfois / souvent à contre courant des opinions publiques bien pensantes 

Jeudi 3 décembre 2009 4 03 12 2009 08:10
- Par Michel Jamet - Publié dans : l'islam en Europe
Communauté : Unitariens - Recommander

Extrait du discours de Mgr di Falco-Léandri à l’assemblée plénière de la Commission Épiscopale d´Europe pour les Médias (CEEM), Rome, le jeudi 12 novembre 2009, Source : CEEM, " la culture de l’Internet et la communication de l’Église ". 

" (...) l’émergence de la Web generation, les bouleversements dans l’organisation du temps et de l’espace, dans la manière de s’informer et de communiquer, les conséquences ecclésiologiques, les effets sur le gouvernement même de l’Eglise, la place de la religion sur le marché Internet, les manières d’y proclamer l’Evangile et d’y être Eglise.


Ne nous leurrons pas. Ne faisons pas l’autruche. Internet se transforme, transforme notre société et ne peut pas ne pas transformer l’Eglise, ne peut pas ne pas transformer notre manière d’être et d’agir en Eglise, au risque de ne plus être témoins du Christ dans le monde d’aujourd’hui !


Avec Internet, nous assistons à une révolution copernicienne qui a déjà ses effets sur notre manière d’être dans notre relation au monde, de nous situer dans le monde, d’interagir avec le monde. La prise de conscience par l’Eglise institutionnelle de l’importance d’Internet est là. Nul doute. La preuve en est encore aujourd’hui. Mais savoir surfer sur la vague Internet est une toute autre histoire.


Internet est un révélateur, un marqueur. Soit vous savez communiquer, soit vous ne le savez pas, soit vous êtes crédible soit vous ne l’êtes pas, soit vous répondez aux attentes soit vous êtes dans votre bulle, soit vous êtes prophète soit vous êtes le dernier des Mohicans, soit vous êtes vivant soit vous êtes fossile, soit vous connaissez la langue Internet soit vous ne la connaissez pas et vous ne pouvez pas communiquer.

Je compare souvent le mode de présence de l’Eglise dans le monde des médias et sur Internet à ce qui est demandé à un missionnaire devant partir vers des terres inconnues. Que demande-t-on à un missionnaire avant son départ ? De connaître la culture du pays dans lequel il se rend et d’en apprendre la langue. Ne devrions-nous pas avoir la même attitude pour ce qui est de la présence dans les médias ?


De nouveaux langages se constituent sur Internet, utilisés par les jeunes. Abréviations, photos et émoticons, fichiers audios et vidéos sont prépondérants. La culture digitale se dote de sa propre grammaire, d’une langue en constante et rapide évolution. (LOL, MDR)


Notre génération a trop tendance à considérer comme superficiel tout ce qui est bref, instantané, porté sur l’émotion. Serait-ce que nous serions plutôt tournés vers l’écrit, les longs développements, la qualité de l’argumentation par les épais dossiers que nous devons traiter, les livres de théologie et les thèses que nous avons lus ou que nous lisons encore ? Mais à y regarder de plus près, l’Eglise dans son histoire n’a pas considérés comme seuls vecteurs de vérité les longs traités de théologie. Elle a su exprimer sa foi de manière concise et percutante. Qu’il suffise de citer la proclamation du kérygme dans les Actes des Apôtres. Elle a su utiliser des formes de communication non-verbale. Qu’il suffise de penser aux icônes, aux fresques et mosaïques de nos églises, aux vitraux et aux sculptures sur les tympans de nos cathédrales.

Elle a su provoquer les émotions. Qu’il suffise d’écouter ses chants et ses musiques. Nous proclamons "une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père", mais il existe bien mille et une manières d’exprimer cette foi. Et l’aggiornamento demandé par le Pape Jean XXIII nous pousse à réactualiser sans cesse la manière dont nous proposons la foi aux nouvelles générations.


Nous sommes dans un monde pluraliste, où nombreux sont ceux qui, grâce à Internet, peuvent avoir accès à tout et donner leur avis sur tout. L’Eglise ne peut pas ne pas en tenir compte. Avec la sécularisation, la mondialisation, la montée d’Internet, notre vision du monde, de la vie, de la mort, et considérée par certains comme un produit parmi d’autres sur le marché des religions. L’Eglise ne peut pas communiquer comme si d’autres conceptions et interprétations du monde n’existaient pas. Elle a une Parole, un message d’amour à proclamer, mais elle se doit aussi écouter et Internet est une formidable chambre d’écho de la vie du monde.


(...) Il y a plus de 25 ans je disais que les cathédrales du XXIe siècle seraient médiatiques. Aujourd’hui ces nouvelles cathédrales sont à construire sur le Net. Dans l’histoire de l’Eglise, dans le même temps que la charité se faisait inventive pour répondre aux nouveaux besoins, les anciennes structures subsistaient. Pour nous aussi, tout en assurant la vie de nos paroisses et de nos diocèses, nous devons avoir le souci de continuer à être là où sont les gens, là où le monde change, et donc à nous rendre sur You Tube, My Space, Facebook et autres ...


Ce ne sont pas les jeunes qui ne viennent plus vers l’Eglise, c’est l’Eglise qui est loin de leur monde. En surfant sur le Net, en allant sur n’importe quel site de rencontre comme Facebook on se rend bien compte du besoin de communiquer, du besoin d’une rencontre et d’un dialogue authentiques. L’authenticité pour eux est signe de vérité. Nous devons donc promouvoir une présence chrétienne sur le web faite d’opérateurs, prêtres inclus, maîtrisant certes les techniques de communication, mais sachant aussi offrir des espaces pour la recherche, la rencontre, le dialogue, la prière.


Réfléchir au branding visant à travailler la notoriété et l’image.


Le pape Jean-Paul II savait poser des gestes symboliquement chargés de sens. Seule l’écoute du monde d’une part, et l’écoute du Dieu de l’Evangile d’autre part, peuvent permettre de nous positionner là on l’on ne nous attend pas, de surprendre, de faire tomber les idées fausses sur l’Eglise.


Ces diverses pistes ne doivent pas donner à penser qu’on peut résoudre les problèmes de communication de l’Eglise par de simples mesures de communication au risque d’être de ces "cymbales retentissantes" dénoncées par Saint Paul, de ces instruments qui sonnent creux. Il nous faut être d’abord et avant tout habité. "La forme, c’est le fond qui remonte à la surface" disait l’écrivain Victor Hugo. "L’agir suit l’être", disait saint Thomas d’Aquin, et avant lui Aristote. Nous agissons selon ce que nous sommes. Nous donnons à voir ce que nous sommes.


Certains croient qu’Internet n’est que du virtuel ou du superflu. Tous nous connaissons des prêtres, des évêques pour qui Internet est le dernier de leurs soucis et continuent leur pastorale comme si Internet n’existait pas. Or Internet fait de plus en plus partie intégrante de la vie quotidienne. En n’y étant pas présent on se coupe d’une bonne partie de la vie des gens. Et lorsqu’on y est ce que l’on y donne à voir est inséparable de ce que l’on est. D’ailleurs, d’une manière naturelle, à moins d’être complètement paranoïaque, on prend ce que l’on perçoit pour la réalité ; et à moins d’être un parfait manipulateur, on donne à percevoir ce que l’on est. Il ne peut y avoir dichotomie complète entre l’être et le paraître dans l’esprit des gens, et je pense que nos sites et nos blogs disent beaucoup plus sur nous que nous ne l’imaginons.


(...) Un site Internet chrétien doit s’occuper du monde et non se couper du monde. Il doit éviter la langue de bois, éviter d’être lui-même idéologue cherchant à imposer sa vérité. Un site doit être ouvert au dialogue et au débat tout en montrant qu’il ne transigera pas avec certains principes acceptés par tous et partout. Il doit se contenter de proposer la vérité du Christ, fermement, tendrement, humblement. Et s’il s’agit de rendre compte de l’espérance qui est en nous à ceux qui en demandent raison (cf. 1 Pierre 3, 15), que ce soit "avec douceur et respect " dit saint Pierre. […] Le site chrétien se doit d’être un éveilleur de consciences en misant sur l’attrait de tout homme à la bonté, à la vérité, à la beauté.


(...) A trop faire la distinction entre médias profanes d’un côté et médias intra-ecclésiaux de l’autre, on prend le risque de la ghettoïsation, de la victimisation, sans entendre ce que le monde a à dire de l’Eglise, ce qu’elle en comprend, comment elle le ressent, sans chercher non plus à savoir comment elle peut être présente à tous médias.


(...) Qu’un fidèle, ou que tout homme, se fasse son opinion par lui-même peut faire peur aux pasteurs que nous sommes. Nous aimerions protéger les plus faibles et les plus vulnérables. Mais il nous faut trouver des solutions autres que la censure et l’interdit pour cela. La censure est toujours une mauvaise réponse, même quand elle se pare des meilleures intentions du monde. Elle apparaît toujours comme erratique et arbitraire, et donc en fin de compte comme totalitaire. Or la vérité n’a pas besoin de nous pour s’imposer.


(...) Internet est un outil, et comme tel il n’est pas porteur de morale. Mais il est utilisé par des hommes porteurs de morale, capables d’en user en bien comme en mal. Comme tout outil démultipliant les capacités humaines, il est porteur de menaces comme de potentialités. Tout dépend de l’usage qu’on en fait. La moralisation d’Internet ne se fera pas sans la moralisation des hommes, et en premier lieu de nous-mêmes. Quel Christ donnons-nous à voir sur nos sites ?


(...) Avant de terminer je voudrais souligner un point d’attention tout particulier, celui des plus pauvres je cite : " L’une des (préoccupations) les plus importantes (…) se réfère à ce que l’on appelle aujourd’hui le "fossé numérique", une forme de discrimination qui divise les riches des pauvres sur la base de l’accès, ou du manque d’accès, aux nouvelles technologies de l’information."


(...) Pour terminer, permettez-moi de citer un écrivain français, Jules Renard : "Quelques gouttes de rosée sur une toile d’araignée, et voilà une rivière de diamants. " Puissent les quelques gouttes de rosées que nous déposons sur l’immense toile Internet la transfigurer aux yeux de tous en rivière de diamants.

 

† Jean-Michel di Falco Léandri, Évêque de Gap et d’Embrun, Président de la CEEM, Président du Conseil pour la Communication de la CEF

Vendredi 27 novembre 2009 5 27 11 2009 18:37
- Par di Falco Léandri - Publié dans : la culture Internet
Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

Extrait du discours de Mgr di Falco-Léandri à l’assemblée plénière de la Commission Épiscopale d´Europe pour les Médias (CEEM), Rome, le jeudi 12 novembre 2009, Source : CEEM, " la culture de l’Internet et la communication de l’Église ".

" Si les sites institutionnels avec leur lourdeur sont nécessaires, les électrons libres peuvent l’être aussi. Quelqu’un comme Napoléon est certainement diversement apprécié dans une assemblée comme la nôtre, mais permettez-moi cependant de parler de lui pour une comparaison. Napoléon savait user dans une bataille aussi bien de la cavalerie lourde comme les Dragons enfonçant les flancs de l’adversaire, que des Voltigeurs venant piquer ces mêmes flancs tels des mouches du coche.



Un site Internet devrait pouvoir mettre en contact avec Jésus-Christ et une Eglise vivante, une communauté où se vit l’unité et la charité. Loin de trouver cela, les internautes se trouvent bien des fois confrontés à un "système", qui certes a ses avantages une fois qu’ils en ont franchi le seuil, mais qui, dans un premier contact, fait davantage écran que courroie de transmission, n’ayant pas pour lui la souplesse de l’amour.

Ces voltigeurs de l’Evangile, je les vois dans les blogs créés par des laïcs. Cela entre dans le champ propre de leur activité, de leur vocation et de leur mission de baptisés dans l’Eglise et dans le monde.
(…) Les médias réduisent souvent l’Eglise au pape et à quelques cardinaux. Raison de plus pour que les évêques et les prêtres laissent toute leur place aux laïcs sur le net. L’Action catholique consistait à évangéliser le même par le même, l’ouvrier par l’ouvrier, l’étudiant par l’étudiant, la femme par la femme, le patron par le patron, etc. Il nous faut retrouver cette intuition en ce qui concerne le Net, et si ce n’est évangéliser le Net, du moins évangéliser par le Net. Seule la présence de chrétiens laïcs compétents et éclairés sur le Net, s’exprimant en tant que chrétiens, pourra montrer qu’on ne peut réduire l’Eglise à sa hiérarchie et au pape.


(…) Mais heureusement, plus que jamais, Internet redistribue les cartes, nous fait descendre de notre piédestal, de notre chaire magistrale, nous fait sortir de nos ghettos, de nos sacristies. Pape, cardinaux, évêques, prêtres, fidèles laïcs, nous intégrons avec Internet une agora, un espace libre et spontané où tout se dit sur tout, où tout le monde peut débattre de tout, une agora virtuelle où les internautes se font une idée sur tel ou tel sujet au gré de leur pérégrination, de leur recherche, voire de leur zapping.

L’internaute catholique ne déroge pas à cette règle. Tout en adhérant librement à la foi de l’Eglise, il veut se faire une opinion par lui-même, être le seul juge de là où se trouve son bien. Il surfe donc sur le net en fonction de ses centres d’intérêt, de là où il en est dans sa quête, et il exerce son jugement en fonction de là où il en est dans sa foi et ses connaissances.

Vendredi 27 novembre 2009 5 27 11 2009 18:24
- Par Mgr di Falco-Léandri - Publié dans : la culture Internet
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Extrait du discours de Mgr di Falco-Léandri à l’assemblée plénière de la Commission Épiscopale d´Europe pour les Médias (CEEM), Rome, le jeudi 12 novembre 2009, Source : CEEM, " la culture de l’Internet et la communication de l’Église ".

" Un ami a fait l’étude des sites chrétiens en français les plus consultés. Il en ressort que les sites catholiques en France viennent loin après les sites évangélistes [ndlr : plutôt "évangéliques" de l'anglais evangelical] alors même que les évangélistes sont une minorité par rapport aux catholiques dans notre pays. Comment cela se fait-il ? Pour lui les raisons en sont les suivantes :


La première, c’est que "Les évangélistes écoutent et les catholiques parlent". Par là, il veut dire que les évangélistes sortent d’eux-mêmes pour se mettre d’abord à la place des autres. Ils répondent aux besoins. "Que veux-tu ?" demande Jésus au paralytique, à l’aveugle-né. Autrement dit "De quoi as-tu besoin ? Quel est ton désir le plus profond ? Je peux y répondre". La communication commence toujours par l’écoute. D’où sa question : l’Eglise catholique parlerait-elle à partir d’elle-même sans prendre suffisamment en considération ce que vivent les gens ?
 

La seconde raison du succès des sites évangélistes par rapport aux sites catholiques, c’est que "les sites catholiques sont centrés sur eux-mêmes" et "considérés comme outils et non comme un monde à évangéliser". Par là, il veut dire que nos sites sont des extensions ou des duplicata de nos feuilles paroissiales, de nos bulletins diocésains. Ils sont à usage interne. Ils parlent la langue des initiés à l’usage exclusif des initiés. Les sites évangélistes, au contraire, veulent atteindre les internautes, utilisant Internet comme outil et vecteur d’évangélisation.


D’accord ou pas avec cette analyse, il n’en demeure pas moins que nous pouvons prendre pour notre compte la nécessité d’écouter le monde pour mieux l’aimer et lui parler ".

Vendredi 27 novembre 2009 5 27 11 2009 18:11
- Par Mgr di Falco-Léandri - Publié dans : la culture Internet
Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

Lorsque les fidèles d’une même confession sont assez nombreux pour former un groupe de proximité, résidant dans un même quartier, dans une même commune, dans une même agglomération, ils sont bien entendus heureux de célébrer le culte ensemble.

Mais, avec la déchristianisation qui raréfie les croyants et les militants et aussi l’individuation des croyances et des opinions qui pousse certains à vivre à l’écart des communautés de base de leur propre religion (par exemple chez les catholiques contestataires qui n’apprécient pas l’attitude de leur hiérarchie ou encore chez des musulmans qui préfèrent se tenir à l’écart de prêches intégristes, et bien sûr pour les hérétiques de tout poil qui décrochent pour des raisons de croyance, de dogme ou de doctrine), les fidèles isolés seront de plus en plus nombreux. Il leur restera alors la possibilité de se relier à distance grâce au téléphone, aux SMS et à l’Internet.

Jusqu’à quand dureront nos paroisses ? Est-ce la fin des assemblées de proximité ?

Du fait de leur faible effectif en France (environ 200) et du caractère récent de leur mouvement, sans l’appui de paroisses historiques (celles-ci existent mais en Transylvanie, en Hongrie, en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis et au Canada), les unitariens français se trouvent déjà dans cette situation ; d’où l’intérêt de leurs efforts pour s’organiser en conséquence, avec des associations nationales loi 1901, une instance de coordination nationale, un forum, un réseau et une Eglise (en l’occurrence une église linguistique sur la Toile, l’Eglise unitarienne francophone EUfr, lien). Et finalement, çà marche !  Dieu merci !

C’est là en quelque sorte un rôle de prototype ; une Eglise alternative ; une esquisse du futur qui vaudra pour de nombreuses autres mouvances religieuses ...


Ceci dit, la vie en réseau s’adresse plutôt à des internautes qui disposent d’une messagerie électronique pour recevoir des bulletins, des documents et des messages d’information, pour naviguer sur les sites de leur mouvance. Une fracture numérique s’instaure manifestement entre ceux qui s’y mettent et d’autres qui en restent au courrier postal et au téléphone.

Demain, le fidèle sera beaucoup plus actif, désireux de rencontrer d’autres personnes afin de partager sa foi, de faire action commune, plus ingénieux pour s’organiser, à la fois producteur de textes et émetteur de messages et consommateur de ceux des autres. Un fidèle décléricalisé !

Et puis heureux de rencontres ponctuelles, occasionnelles, et de grands rassemblements festifs, il ne rechignera plus à faire des kilomètres lors des rendez-vous importants. Un fidèle sans doute très différent dans son attitude du fidèle régulier et dévot d’aujourd’hui, quelque peu routinier.


Oui, Internet, ouvre à un autre type de sociabilité : de chez nous au monde entier !

Jeudi 19 novembre 2009 4 19 11 2009 19:15
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : la culture Internet
Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

La Commission épiscopale européenne pour les médias (CEEM), de l'Eglise catholique romaine, présidée par Mgr. Jean-Michel di Falco, évêque de Gap et d’Embrun (France) s’est réunie à Rome du 12 au 15 novembre, avec une centaine de participants venus de 29 pays, pour échanger sur " la culture de l’Internet et la communication de l’Église ". Les "maîtres du monde numérique" - Facebook, YouTube, Wikipedia et Twitter y ont participé. Voir le compte-rendu de cette rencontre sur le site du journal La Croix en date du 18 novembre ("l’Eglise dialogue à Rome avec les maîtres du monde numérique" par Frédéric Mounier).

D’emblée, Mgr di Falco a parlé de révolution numérique : " Sortons de nos ghettos, de nos sacristies ! De nouvelles cathédrales sont à construire sur le Net. La révolution du Net est proche de celle de l’imprimerie, qui a déclenché la Réforme puis la Contre-Réforme. Internet ne peut pas ne pas transformer l’Église ".

En effet, si l’Internet joue un rôle documentaire indéniable et admis jusque dans les établissements scolaires, c’est désormais sur le terrain de la sociabilité elle-même que les choses avancent le plus actuellement. Les gens ne se connectent pas seulement à des documents, à des jeux et à des films, mais de plus en plus à d’autres personnes. On parle d’un nouvel altruisme (le chercheur suisse Jean-François Mayer de l’Institut Religioscope), d’une conjonction entre l’individualisme et l’hyper-choix au niveau de réseaux (le père Éric de Beukelaer, porte-parole francophone des évêques de Belgique). La participation aux forums, à des réseaux thématiques ou de convivialité, sont désormais préférés à l’encartement dans la vie associative (les partis politiques, les syndicats, les associations citoyennes, les communautés religieuses, etc.).  L’Internet accentue la mobilité : on veut de l’immédiateté, de l’occasionnel, du temporaire, de la mobilité ...


Avec un groupe Yahoo d’information et de discussion Unitariens francophones (100 membres, plus de 800 messages chaque mois) et une Eglise linguistique, l’Eglise unitarienne francophone (avec notamment sa rubrique "nos faire-part",  et sa rubrique " nos cultes mensuels "), les unitariens se sont pas en reste sur ce versant convivial d’Internet.



Alors que beaucoup pensaient que la chaleur humaine, l’approfondissement des échanges, l’intimité fraternelle, la communion des êtres seraient réservés aux seuls groupes de proximité, l’expérience internaute rejoint la grande tradition des correspondances épistolaires de qualité en y ajoutant l’accélération de l’immédiateté. En s’accompagnant de photos, d’enregistrements audio et vidéo, en permettant les commentaires des visiteurs, les blogs et les sites sont interactifs et des relations s’y nouent.


Nous sommes désormais loin des sites institutionnels qui sont froids comme des vitrines, fixes dans leur présentation et parfois leur contenu (lorsqu’ils ne sont pas actualisés). Les blogs, quant à eux, excitent la curiosité par leurs nouveautés, par leur réactivité aux évènements, leur présence à l’actualité, par la diversité de leurs sujets, par la collaboration d’auteurs venus d’horizons divers, par leur accueil à l’expression des uns et des autres.


N’est-ce pas cela faire Eglise entre les hommes et sous le regard de Dieu ?

Jeudi 19 novembre 2009 4 19 11 2009 13:38
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : la culture Internet
Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

Du fait que les unitariens ne mettent en avant ni dogmes, ni credo, mais simplement une ouverture théologiquement libérale aux autres, ils peuvent proposer, lors de leurs cultes, un partage des prières, des méditations, des lectures de textes sacrés ou autres, des rituels, des gestes de communion, des intentions de prière et d’accompagnement spirituel, des actions de grâce, etc. Ce partage est transversal à nos fois diverses, à nos façons particulières et historiques de célébrer le culte, à nos appartenances religieuses.

C’est ce qui marque l’originalité des Eglises unitariennes : leur ouverture aux autres tout en gardant pleinement leur identité.


Un tel partage suppose une disponibilité et une attention à autrui, son ouverture à lui, l’osmose des spiritualités acceptée, l’enrichissement mutuel désiré, la conscience d’une Humanité non seulement commune mais communiquante et la capacité d'une expression personnelle et libre.


Non ! Dieu ne nous divise pas en des fois multiples et en des religions particulières, mais il nous réunit par une même synergie qui est celle d’une Création animée par un Dessein intelligent, ou encore celle d’une Humanité soulevée, transcendée, par une même espérance humaniste de fraternité mondiale. Dieu nous invite tous ensemble à faire assemblée, ekklésia, Eglise. Il nous invite à former un même égrégore.


Dans le cas de l’Eglise unitarienne francophone (EUfr), du fait que les fidèles se trouvent dispersés sur plusieurs pays et continents, elle a fait appel aux ressources de l’Internet pour procéder à ce partage d’une façon concrète.

Les cultes de cette Eglise se déroulent en deux temps : chaque premier dimanche du mois, chacun fait un culte de maison tout seul, ou avec sa petite famille, ou bien encore en invitant ses voisins, des amis, etc. ; il le fait selon sa propre tradition, unitarienne ou autre, puis, dans un second temps, il envoie un message au webmestre de l’Eglise pour une mise en ligne de ce qui a été fait. Son prénom, sa ville ou sa région, et sa photo en format vignette ou encore des photos de la célébration accompagnent le texte. Les messages sont très rapidement mis en ligne dès leur réception et ils sont lus par tous.


La modernité de cette Eglise à l’heure d’Internet en fait le prototype d’un nouveau mode de communication qui va jusqu’à la convivialité, laquelle est de mise dans les petites Eglises et les paroisses et que les fidèles recherchent. En plus, pour ceux qui souhaitent encore plus d’échanges – toujours dans la fraternité –un forum existe avec plus de 100 membres et une bonne douzaine de participants actifs y déposent chaque jour des messages (au rythme de plus de 800 par mois) : un groupe Yahoo intitulé Unitariens francophones

 

La force de cette Eglise sur la toile, c’est cette modernité qui permet un fonctionnement d’Eglise à distance et sans frais de construction ni d’entretien ou encore de personnel. Accessible à tous, elle est à moindre coût économique. Nous en avions déjà fait une première présentation le samedi 7 février 09 avec cette interrogation "Une Eglise sur la toile : est-ce possible ? " (lien)


Non seulement c’est possible, mais l’expérience montre qu’elle est le lieu d’échanges fraternels souvent très profonds et très émouvants.


Le partage avec tous les autres qui le souhaitent, chacun apportant sa spécificité, voilà ce que les unitariens peuvent proclamer de nouveau par rapport aux Eglises locales et confessionnelles qui réunissent des fidèles d’une même foi sur la base d’un credo communautaire. Transconfessionnelle et transreligieuse, mondialisée (pour nous au niveau de la Francophonie), oui, cette Eglise (l’EUfr) l’est assurément.


La cohésion des assemblées ne repose plus sur un credo communautaire mais sur cette éthique et cette dynamique du partage qui aboutit à une véritable communion. Et puis aussi, parce la tradition unitarienne propose des gestes communs : les uns et les autres sont invités à allumer leur calice (lien), ou une bougie à leur convenance, puis à lire la prière mondiale du mois qui est envoyée par une congrégation par le biais du réseau mondiale des unitariens qu’est l’International Council of Unitarians and Universalists (ICUU) (lien)


Enfin, chacun est invité à terminer son culte par une action de grâce à Dieu ou à la Vie selon ses propres convictions. C’est là un appel de la Vie qui est en nous, comme une espérance qui fleurit en nos cœurs, comme une conviction renforcée au fil des jours de par nos expériences, comme un cri jailli de nos tripes dans la mêlée des évènements vécues.

 

Mardi 17 novembre 2009 2 17 11 2009 19:03
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : interfaith
Communauté : Religions en toute liberté - Recommander

Certains partisans de Darwin voudraient enfermer le débat dans un cadre binaire : pour ou contre Darwin, Darwin ou Dieu, Darwin où les néo-créationnistes. Ce pro-darwinisme à tout crin est ridicule et fanatique.

Il est d'abord ridicule car toute théorie scientifique est amenée à être critiquée, contestée, améliorée, dépassée, remplacée, etc. C'est la dynamique scientifique que nul ne peut arrêter. Darwin n'a donc pas besoin de dévots fanatiques, mais tout simplement de la reconnaissance d'une oeuvre scientifique marquante en son temps, remarquable, immense. Donc un hommage appuyé à Darwin et haro parfaitement justifié sur l’occultisme de la plupart des Eglises de son époque cramponnées au récit de la Genèse comme une huître à son rocher.


Ce pro-darwinisme a tout crin est fanatique car il combat toutes les nouvelles hypothèses et nouveaux courants de pensée, comme par exemple celle du Dessein intelligent (à ne pas confondre avec le créationnisme et qui n’en est pas du néo-) ou encore la théorie cybernétique de l'Evolution de Roseline Chandebois qui met en avant les découvertes basées sur l’embryologie.


Fanatisme aussi du fait que, pour mieux combattre ses "ennemis", il ramène ceux-ci d'une façon arbitraire au créationnisme.

D’une façon générale, foin des dévots et des partisans unilatéraux, des fanatiques qui imposent leurs idées et refusent l’ouverture de débats comme si tout était dit une fois pour toute, des littératures anti- ou pro-, des positionnements dits de Droite ou de Gauche. On savait que l'homme était bipède, mais - lorsqu'il se laisse aller sans effort - il est volontiers binaire !

Que chacun apprenne à se dire enfin soi même sans avoir besoin de polémiquer ou de se trouver des adversaires ! Foin de la pensée binaire qui fait fi de la complexité des réalités et de la liberté de pensée individuelle.


Le meunier, après avoir reçu maints conseils contradictoires, continua sereinement son chemin avec son âne bien aimé, dixit La Fontaine.


La liberté de pensée et le respect de la démocratie dans les débats sont chers aux unitariens.

Pour un débat ouvert sur la question, voir une page consacrée à Michel Lefeuvre, philosophe des sciences (lien)

Lundi 16 novembre 2009 1 16 11 2009 19:18
- Par Jean-Claude Barbier - Publié dans : les dérives sectaires
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Après Adieu l’Eglise, chemin d’un prêtre-ouvrier, édité en 2004 chez L’Harmattan, Paris, Jacques MEURICE vient de publier un second ouvrage : Jésus sans mythe et sans miracle. L’évangile des zélotes. chez Golias, Villeurbanne, en juin 2009.

Jésus sans mythe et sans miracle. L’évangile des zélotes
est un essai, à tous les sens du terme. C’est l’essai d’un prêtre du diocèse de Tournai (Hainaut), d’abord vicaire en paroisse à Soignies, puis prêtre-ouvrier en sidérurgie à Charleroi, ancien d’Echanges et Dialogue, marié, père de famille, engagé politique et syndical. Ni universitaire, ni théologien, c’est à tous les niveaux, un simple militant de base. 

Ce qu’il a essayé, c’est de décrire, dans son milieu, un homme : Jésus, prophète d’amour et de lumière, témoin de la vérité, acceptable et compréhensible pour les gens de notre époque. 

Ce n’est pas un ouvrage historique, ni non plus un roman, cela reste un essai de remettre dans son contexte, avec les caractéristiques de son temps, celui qui pour nous a influencé en esprit et en vérité les vingt siècles qui ont suivi tout en étant le plus souvent mal compris et mal interprété. L’auteur a délibérément ignoré les dogmes qui ont été formulés par l’institution religieuse et tout le merveilleux qui a été accumulé sur ce personnage, considérant que la personne a toute sa valeur sans ce fatras. Qui le lui reprochera ?

Ce livre est une invitation à penser le christianisme comme autre chose qu’une religion, le Christ comme autre chose qu’un dieu parmi d’autres, l’Evangile comme un message qui donne un sens à la vie plutôt qu’un amas de liturgies, de rites et de sacrements, dont l’homme d’aujourd’hui n’a que faire. 

Jésus sans mythe et sans miracle. L’évangile des zélotes
est édité en juin 2009 par les Editions GOLIAS, à Villeurbanne (Lyon). Il est mis en vente et peut être commandé dans toutes les bonnes librairies. 164 pages. 16 €. Maison d’éditions : GOLIAS, BP.3045. 69605 Villeurbanne cx. France. tél. 04 78 03 87 47, Fax. 04 78 84 42 03, courriel  La distribution en Belgique est assurée par : DIFFUSION NORD-SUD, rue Berthelot,150, 1190-Bruxelles. Tel : 02/3431013, Fax : 02/3434291, courriel  Pour un contact avec l’auteur : courriel   

Vendredi 13 novembre 2009 5 13 11 2009 18:54
- Par éditions Golias - Publié dans : vient de sortir
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Dans le cadre de la Semaine de rencontres islamo-chrétiennes (SRIC) promue par le Groupe d’amitié islamo-chrétienne (GAIC) (lien), l’Association Les Amis de la paix 72 (72 = Sarthe) organise le lundi 16 novembre au Mans une conférence avec la participation du Secours islamique, du Secours catholique et l’Entraide protestante : "Islam et christianisme, fraternité et solidarité" (à 20h 30 à la salle Edith Piaf, rue de l’Esterel). Contact 

Cette conférence invite "Chrétiens et musulmans ... Croyants et non-croyants ...
Chercheurs de sens ... Artisans de paix ... ".

 

Les Amis de la paix 72 proposent par ailleurs un calendrier inter-religieux 2010 avec des prières de toutes les religions du monde entier. De toute beauté et pour ouvrir nos âmes ! A voir sur le site de l'association.

Coup de coeur : les Amitiés islamo-unitariennes (lien) vous recommandent l'acquisition de ce calendrier.

Mercredi 11 novembre 2009 3 11 11 2009 11:04
- Par Régis Pluchet - Publié dans : interfaith
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Fondé en 1993, le Groupe d’amitié islamo-chrétienne (GAIC) est une association loi 1901 composée à parité de croyants, chrétiens et musulmans. Ses membres oeuvrent pour une meilleure compréhension des deux communautés à travers une démarche concrète de rapprochement, de rencontres locales, de journées de réflexion et de groupes de travail. Ils promeuvent les valeurs éthiques et spirituelles communes à l'islam et au christianisme dans le cadre d'une laïcité ouverte et veulent favoriser des liens de convivialité et de proximité pour un vivre ensemble, engagés avec d’autres dans la cité pour plus de solidarité, de justice et de paix. Indépendant de toute hiérarchie religieuse, ce groupe n'est lié à aucun courant philosophique ni politique.

Depuis 2002, il organise chaque année une Semaine de rencontres islamo-chrétiennes (SRIC). Dans ce cadre, l’année dernière, pas moins de 112 manifestations se sont déroulées en France et à l’étranger. En France se sont ainsi tenus, en novembre 2008, 65 événements dans 47 communes. Ailleurs en Europe, en Allemagne, Belgique, Espagne, Finlande, Hollande, Royaume-Uni, Suède, se sont déroulées 46 rencontres, dans 18 communes. Et, hors d’Europe, à Alger, une rencontre sur le dialogue islamo-chrétien a été organisée.

La Semaine pour cette année aura lieu du 12 au 22 novembre 2009. Le suivi est assuré par le site  "semaineseric". Contact pour la Semaine 2009 : Antoine Poirier Saïd Ali Koussay, chef de projet Seric 2009, co-président et trésorier du GAIC.

En plus de ces Semaines, le groupe diffuse des messages à l'occasion des fêtes, ouvre une tribune libre à tous ses amis dans sa Lettre (deux fois par an) et sur son site

Contact - 92 bis boulevard du Montparnasse, 75014 Paris, gaicf@wanadoo.fr, tél/fax : +33 (0) 1 43 35 41 16

Les unitariens sont particulièrement sensibles à cette relation à l'islam. Les unitariens français viennent de mettre sur pied les Amitiés islamo-unitariennes, soit un groupe initial de près d’une dizaine de personnes, musulmanes, ou non pratiquantes mais de culture coranique et soufi, ou encore simplement sympathisantes de l’islam. Un manifeste a été rédigé et des articles seront publiés sur le site des "Amitiés" (hébergé par les Etudes unitariennes).

Mercredi 11 novembre 2009 3 11 11 2009 06:19
- Par Actualités unitariennes - Publié dans : interfaith
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